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 Un amour comme les autres - Alexiel

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YulVolk
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MessageSujet: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:32

Pseudo de l'auteur : Alexiel

Nombre de chapitres : 37
Rating de l'histoire :
Genre de l'histoire :

Résumé de l'histoire :

Où est la limite entre l'amour et l'amitié. Tomber amoureuse de sa meilleure amie, ça mène où...

Remarques diverses : /

Terminée et Corrigée
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YulVolk
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:36

Chapitre 1 - Le tout début d'une longue histoire

Bon ok j'avoue ce n'est pas la pire journée qu'il m'a été donné de voir sur cette terre… Mais tout de même, ça s'en rapproche… Cette prof, je ne sais pas pourquoi, elle me semble trop, je ne sais pas, trop, parfaite, si gentille, avec tout le monde… Apparemment, elle a reçu des fleurs l'an dernier car c'est une prof superbe. Pourtant, je ne m'y fais pas, elle ne m'inspire pas confiance. Ce lycée n'est décidément pas pour moi. Ha je crois que quelqu'un vibre... Oui un portable vibre… Pourquoi elles sont toutes tournées vers moi, elles rigolent ? Mince c'est mon portable, ouf ! La prof n'a rien entendu, ou a fait semblant… Merde mais qui c'est qui peut m'appeler, ils savent tous que je suis en cours… Merde il rappelle... Il faut que je sorte mon portable c'est peut-être une urgence. Moi et mon éternelle paranoïa. Claire ? C'est Claire qui m'appelle. Deux fois, à non trois fois, décidemment je vais finir par me faire repérer. Touchons du bois, trop tard la prof me regarde, elle m'adresse un sourire, mais pas un sourire genre que les marchants de glaces rendent aux enfants quand ils leurs achètent des glaces et qu'ils les remercient… Ou bien le marchand de glace, est une marchande, et en l'occurrence je dois être l'enfant, et elle n'a pas ce sourire là… Elle me fixe, elle ne me lâche plus, merde mon portable re-sonne. Mais pourquoi elle m'appelle, elle veut me faire renvoyer ou quoi. La prof en a marre et m'annonce gentiment que si je n'éteins pas mon portable je ne le reverrais jamais. Bon je l'arrête. Cinq appels en absences et trois messages sur la messagerie. Je m'inquiète, elle n'appelle jamais pour rien et encore moins quand je suis en cours. J'avoue que je n'aime pas spécialement les cours, mais là encore moins, il me tardait de sortir, pour rappeler Claire, et savoir le pourquoi de ses appels répétitifs et si peu espacés dans le temps, elle qui n'aime pas vraiment être dépendante d'un quelconque objet que la technologie nous a donné. Donc euh le cours parle de quoi ? Mince je n'ai rien suivi et la prof m'interroge. Elle m'en veut décidément. Ha enfin la sonnerie retentit, aiguë mais c'est une délivrance. " Allo ? Claire ? Ça ne va pas ? " " Ma mère, ma mère… " " Quoi ta mère, qu'est-ce qui se passe, dit-moi " j'avoue m'attendre au pire et c'est le pire qui arriva. " Elle a eu un accident, elle est… Je ne savais pas qui appeler, je sais même pas comment joindre Johan, je sais plus rien, je suis perdue. " " Attend, Claire tu es où là, j'arrive, dit-moi où tu es et j'arrive " " Mademoiselle, il faut rentrer en cours là, c'est bon vous aurez toute la récréation pour téléphoner, donc vous rentrez où je vous mets absente " " Bah mets-moi absente, de toute façon, non, je ne peux pas attendre la récréation, la mère de ma meilleure amie a eu un accident de voiture. Je ne sais pas si elle est dans le coma, ou si elle est… " " Morte… " " Claire dit pas ça, elle va s'en sortir, putain dit pas ça… " Le prof me parle, je n'entends rien, plus rien n'a d'importance exceptée Claire. " Non elle ne va pas s'en sortir, elle est morte… Elle est morte, Emilie, ma mère est morte… " " Je… Non… Pas elle… Ce n'est pas possible… Dit-moi à quel hôpital tu es, j'arrive. " " Non tu as cours " " Attends, tu m'appelles, tu me dis ça et maintenant tu veux que j'aille en cours, ne te fous pas de moi Claire. Quel hôpital ? De toute façon, tu sais très bien que si tu ne me le dis pas, je les ferais tous. Il y en a beaucoup mais je m'en fou, à force je trouverais bien. " St Georges... " " J'arrive tout de suite. Attends-moi, j'y suis dans un quart d'heure. " " Mademoiselle, revenez ou bien je vous mets absente " " Mets-moi absente, je suis déjà partie, good bye Mister " Bizarrement, à l'annonce de la mort de la mère de Claire, je n'ai pas pleuré tout de suite. Mes larmes ont attendu que je sois sur la route pour couler et mon cerveau a vraiment capté quand j'ai vu Claire effondrée se jeter dans mes bras. Je n'ai plus de jambes, on dirait qu'on me les a coupées, je ne sens rien, il faut que je m'assoie. Claire a finalement pu joindre son frère via son travail, il ne peut pas venir tout de suite. Quel genre de fils ne peut décommander un client parce que sa mère vient de mourir et que sa sœur est prête à se jeter d'un pont si elle en avait un en face d'elle. Et bien le genre de frère que Claire a. J'appelle ma mère, je lui explique vite fait ce qu'il se passe. Ce soir, je reste avec Claire. Elle doit dire adieu à sa mère, ce qui est dur, très dur, trop dur, je ne veux pas rentrer dans la pièce, c'est entre elle et sa mère. Mais l'état mental de Claire m'inquiète. Elle prend la main de sa mère, la serre fort, très fort, elle l'embrasse, puis approche sa tête et lui parle. Je ne sais ce qu'elle lui dit, et d'ailleurs je n'ai pas envie de savoir, c'est entre elles deux. Je regarde par le petit hublot (ça ressemble à un hublot) de la porte et je la vois. Elle continue de lui parler, non elle ne parle plus, elle tombe sur ses genoux et pleure tout en gardant la main de sa mère dans la sienne. Elle pleure de plus en plus, elle crie… Il est temps qu'elle sorte, me fait gentiment comprendre un médecin... Cela fait près de deux heures qu'elle est dedans, et il est maintenant temps de partir. Je prends Claire dans mes bras, à vrai dire, je la porte plus qu'autre chose. On ne peut pas aller chez elle car c'est encore trop la maison de sa mère, son odeur, ses affaires, sa chambre… On ne peut pas aller chez moi non plus. Alors, on va à l'hôtel pour une nuit. Je déshabille Claire et la couche dans le lit car elle est incapable de le faire elle-même étant toujours trop sous le choc. Je vais prendre ma douche. Ce soir, l'humeur n'est pas à la rigolade comme d'habitude. Elle sanglote, je l'entends. Je suis dans la salle de bain, je fais mine de ne rien entendre, je pense qu'il faut qu'elle reste seule un peu. J'en profite pour prendre un bon bain chaud. Mais le sort en a décidé autrement, mon téléphone sonne. " Oh tu as foutu quoi aujourd'hui là ? Le prof, il n'a rien dit. Tu es où ? T'es partie pourquoi ? T'abuses. " " Je n'abuse pas du tout, je suis à l'hôtel avec Claire et... " " Quoi ? Attends, tu es à l'hôtel avec Claire, tu as séché les cours pour te faire Claire ? " " Je reprends donc, je suis effectivement à l'hôtel avec Claire, mais on ne pouvait pas aller chez elle, ni chez moi car... " " Tu m'étonnes… Imagine si sa mère vous voit. " " Sa mère ne nous verra plus jamais... Elle ne verra plus jamais personne... " " Elle s'est tirée ? " " C'est trop te demander d'écouter les gens parler… Donc tu la fermes et tu écoutes, sa mère est décédée tout à l'heure et aller chez elle lui rappelle trop sa mère, aller chez moi ce n'est pas une bonne idée, donc l'hôtel c'est le mieux. " " Oh merde je suis désolée pour sa mère. Et tu penses revenir quand au lycée ? " " Ecoute, j'y vais là. Demain, je ne pense pas venir, et euh on verra pour mercredi bye. " Et je raccroche. Quelle conne celle-là. Je vais voir Claire, je crois qu'elle s'est endormie. Je finis de prendre mon bain. Je m'allonge à côté d'elle. Je ferme les yeux. Au bout de quelques minutes, je la sens bouger. Elle me prend le bras et le met sur sa taille, elle me demande si je peux m'approcher d'elle, qu'elle ne veut pas se sentir seule. Alors je m'exécute. Je passe un bras autour de sa taille et je me colle contre elle, mon autre bras lui caresse les cheveux. Je sens qu'elle pleure toujours. Je lui embrasse le front, mais je sais très bien que dans ces moments là, les mots sont superflus, alors je ne fais que la serrer dans mes bras et lui caresser les cheveux et le visage. Puis finalement, elle s'endort et je ne tarde pas à faire de même. On se réveille, j'ai toujours mes bras autour d'elle. Elle se tourne vers moi, elle a du se réveiller et pleurer dans la nuit car ses yeux sont encore plus rouges que la veille. Je l'embrasse sur le front et me lève. J'ouvre la fenêtre et j'allume une cigarette. Elle arrive derrière moi et me prend par la taille, elle me chuchote à l'oreille des remerciements sur le fait que je sois restée avec elle cette nuit, que je suis une personne géniale, elle pose sa tête contre mon épaule toujours derrière moi, et on reste comme ça sans parler, jusqu'à que j'ai fini ma clope. Puis, je lui fais couler un bon bain bien chaud, pour qu'elle puisse un peu, avant la visite à l'hôpital, se détendre, si c'est possible, ce que je doute, mais bon. Une fois lavées, habillées, on descend. Je paye la chambre et on file à l'hôpital. Son frère devrait être là normalement, il est 10h30. Je la tiens par la main car je sais que ça va encore être une épreuve et je ne m'étais pas trompée. Son frère a fait une fixation sur nos deux mains liées en arrivant. Mais aucune de nous deux n'a lâché l'autre. Elle embrasse son frère, je me contente d'un bonjour poli. Puis un médecin demande à voir Claire, et seulement Claire, et non son frère. Alors on se retrouve tous les deux. Il me pose des questions comme pourquoi je suis là, qu'est-ce que je faisais à venir main dans la main avec Claire, où on a passé la nuit car il est sur qu'on a passé la nuit ensemble, ce qui n'est pas faux. Qu'apparemment je le répugne encore plus qu'avant. Je ne pensais pas que c'était possible, et bien en fait si. Il ne parle même pas de sa mère, juste du " nous " qu'il s'invente entre Claire et moi. Bref, je lui explique clairement qu'entre elle et moi il n'y a que de l'amitié, que ce n'est pas parce que je lui prends la main parce que sa mère vient de mourir qu'on est forcement " lesbiennes ". Tout de suite, on est catalogué. Je le supporte décidément de moins en moins. Comment ils font pour être de la même famille. C'est pas possible je vous jure, plus odieux que lui, ça n'existe pas. Claire revient enfin, elle nous informe que sa mère aurait apparemment laissé un testament. Donc elle savait qu'elle allait mourir. Ce n'est pas étant jeune comme elle qu'on fait un testament juste pour le plaisir. Elle lègue tout à Claire, tout, de A à Z… On doit aller au notaire pour éclaircir tout ça. Pour l'heure, il faut régler quelques papiers que seul Claire accompagnée de son frère peuvent remplir. Je les laisse le temps de régler tout ce qui est à régler. Je vais faire un tour je reviendrais plus tard.
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YulVolk
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:37

Chapitre 2 - Il faut que je la voie

Ce matin, je me suis réveillée dans les bras d'Emilie. Je crois que sans elle, j'aurais pu faire une énorme bêtise mais heureusement, elle n'est pas du genre à laisser tomber ses amis. J'avoue que depuis hier soir, c'est assez confus dans ma tête. Je m'endors et me réveille dans ses bras, on part à l'hôpital main dans la main. Mon cher frère fait une fixation sur nos mains comme à son habitude il trouvera toujours en une de nous deux quelque chose qui ne lui plaira pas. Je crois que je ne serais jamais assez digne pour être sa sœur, et surtout depuis que je connais Emilie. On va donc voir le notaire ou l'avocat, je ne sais pas exactement. En ce moment, j'ai juste une envie : être avec Emilie. Mais je crois qu'elle est sortie, sûrement fumer une cigarette. Le notaire me parle, mon frère fait une mine horrible et moi je n'écoute rien, il faut que je sorte c'est trop tôt. C'est vraiment trop tôt. Mon frère demande à lire le testament, qu'il est techniquement impossible que sa mère ne lui lègue rien, comme si sa mère n'était pas la mienne… Son téléphone sonne, pour ne pas changer, ça me fait penser que hier soir quand Emilie été dans la salle de bain, son téléphone a sonné. J'espère que ce n'est rien de grave. Puis il faut qu'elle retourne en cours. Malgré qu'une pulsion égoïste de ma part souhaiterait qu'elle reste avec moi. J'ai besoin d'air. Ma mère est morte et on ne me parle que d'argent, d'héritage, et de qui gardera la maison. Johan veut la vendre, moi je veux la garder car c'est la seule chose, qui est à nos deux noms. Je n'ai vraiment pas envie d'en parler, je crois que là, si je reste dans ce bureau trop grand, mais à la fois étouffant, je vais tomber dans les pommes. J'appelle Emilie, pour savoir où elle est. Je me rends compte qu'il est quinze heures passé, elle a dû aller en cours. Ou être rentrée chez elle. Je ne laisse pas sonner le téléphone, je raccroche, je la rappellerais plus tard, je ne veux pas la déranger. " Alors t'appelle ta petite copine ? " Mon frère, avec le ton toujours aussi aimable. " Non je n'appelle pas Emilie… " Quoi ? Pourquoi j'ai dis ça, je deviens folle où quoi. Mais j'avoue qu'être dans ses bras, l'avoir près de moi, la sentir là… Non mais ma pauvre, tu délires complètement. Arrête tes conneries. " Tu vois ce qu'il y a de bien avec toi, c'est que tôt où tard, tu finis par avouer. Je savais que vous étiez de cette trempe là. " J'ai vraiment besoin d'elle. " Ah au fait, vu que je suis majeur et que je suis l'aîné, j'ai décidé que ma mère enfin maman, serait incinérée. Aller bye, je dois y aller, si je ne veux pas perdre mon travail. On se voit à l'enterrement " Que… De quoi… Je… Non… J'ai les jambes qui tremblent. J'ai besoin de voir Emilie. Il faut qu'elle m'aide, qu'elle soit là. Je marche tant bien que mal vers son lycée, il me semble qu'elle a dit à mon frère qu'elle retournait au lycée.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:38

Chapitre 3 - Retour en cours

J'arrive au lycée, les filles me bombardent de questions. Apparemment, elles sont toutes au courant que j'ai passé la nuit avec Claire. Je n'ai pas envie de répondre aux questions. Le médecin m'a dit qu'il fallait que je retourne en cours, que maintenant c'était une affaire de famille, que le testament l'enterrement, je ne devais pas m'en mêler, ça ne me concerne pas. Donc, j'ai laissé Claire et Johan et je suis venue au lycée. On a atelier artistique. En gros, c'est soit le chant, soit le dessin. Aujourd'hui, c'est chanson avec Natacha St Pier.

Je te souhaite les étoiles
Je te souhaite la lumière
Et tout le bien sans le mal
Que je n'ai pas su tu faire

Je te souhaite des voyages
Je te souhaite de partir
Vers les plus beaux paysages
Que je n'ai pas su t'offrir

Je te souhaite d'être heureuse
Et tellement d'être aimée
D'en prendre tout ce que tu peux
Et autant que tu m'as donnée

Je te souhaite tellement fort
Je te souhaite tant d'amour
Prend la vie à bras le corps
Puisque les miens sont trop courts

Je te souhaite tant de rires
Je te souhaite tant de temps
De fuir avant d'en souffrir
Ce que je n'ai pas su comprendre…

© Natacha St Pier " Je te souhaite "


La porte s'ouvre. Je me demande qui ça peut être, surtout qu'il n'a pas frappé. Claire ? Oh mon Dieu. Même si je ne crois pas en toi, là je n'ai rien d'autre qu'il me vient à l'esprit. " Elle veut quoi, elle, à rester plantée là. Tu t'es trompée de classe, miss " Je me lève. " Ferme ta gueule Jérémy " " Un peu de tenue mademoiselle " Je n'écoute plus rien, je m'avance vers Claire. De mes mains, je caresse son visage rempli de larmes, je la prends dans mes bras. " Emilie pas de ça ici. " Je n'entends pas la prof qui m'engueule et me fait tout un discours sur le fait que je suis trop 'proche' de Claire et devant témoin. " Claire, qu'est-ce qu'il se passe ? C'est Johan ? Dis-moi… " Elle veut parler, mais aucun son ne se décide à sortir pour le moment. Je lui prends la main et on sort de classe. La prof me gueule encore dessus, je referme doucement la porte en prenant soin de tourner le dos à la classe et je pars avec Claire. La prof sort en furie, elle me hurle après, je marche pourtant lentement mais je fais semblant de ne rien entendre. Elle me fait comprendre que je ne reviendrais pas dans son cours, je passerais avant par le bureau du directeur. Et j'aurais un rapport. Peu m'importe, seule Claire est importante pour le moment. On reste dans les couloirs, je la pose sur un fauteuil. (Car oui dans notre lycée nous avons dans le couloir principal et dans les autres petits couloirs, de jolis fauteuils, où l'on peut s'asseoir et ils sont même très confortables.) Je m'adosse contre le mur, puis, voyant qu'elle ne peut toujours pas parler, je m'assois à ses côtés et la prends dans mes bras. Elle me sert fort. Elle arrive enfin à m'expliquer vaguement ce qui s'est passé. Je crois que plus j'entends parler de son frère, plus j'ai des envies de meurtre, allez savoir pourquoi. Je ne sais quoi dire. Nous restons un long moment dans les bras l'une de l'autre. Puis c'est la fin des cours. Ma classe sort, ils nous voient dans les bras l'une de l'autre et comme de bien entendu, la seule chose qui vient à l'esprit de ce cher Jeremy c'est " Oh les gouinasses sont encore là " Je ne sais pas pourquoi mais le fait qu'ils nous cataloguent comme ça ne m'atteint pas le moins du monde, car je ne pense pas que nous faisons quelque chose de mal. On est très proche c'est tout. Ma prof m'appelle, je n'ai pas envie d'aller la voir. Pourtant elle n'a pas le même regard que tout à l'heure. Là, en fait, il est plutôt du genre à être désolé. " Milie, écoute, je suis désolée, la prof allait te virer, j'ai dû lui expliquer, mais je n'en ai parlé à personne d'autre qu'à elle. Je suis désolée, ne m'en veux pas. " Ok alors là, j'ai compris. Maintenant la prof doit s'en vouloir, elle va me sortir encore que si j'ai besoin elle est là, même si ce n'est pas facile de parler à un professeur, mais que si j'ai besoin, et blablabla, et blablabla. De toute façon je ne peux laisser Claire toute seule. Je me lève pour rassurer Jess, elle me prend dans ses bras et me chuchote à l'oreille que sa maison sera toujours ouverte, et que si j'ai besoin, je peux la joindre à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Claire me prend la main et me tire vers elle…
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:40

Chapitre 4 - Jalousie

Je ne sais pas pourquoi mais d'avoir vu Emilie dans les bras de Jessica, et qu'elle lui ait donné un baiser, même sur la joue, me met en colère. Je lui prends la main et la tire vers moi…
Elle me regarde bizarrement. J'entends sa prof l'appeler, elle a l'air moins en colère que tout à l'heure, elle a même l'air mal à l'aise. Emilie me regarde toujours avec un air interrogateur. Je crois que pendant un court moment, j'ai été jalouse. " Ta prof t'appelle, tu devrais y aller " " Je ne vais pas te laisser là toute seule quand même " " De toute façon, on n'a pas cours maintenant, je peux rester avec elle pendant que tu vas parler à Mme Lacroix " C'est Jessica qui a pris la parole. Avec Emilie on s'est regardé, puis j'ai fait un oui affirmatif et je lui ai sourit. Je crois que depuis le décès de ma mère je n'ai plus souris. Et là tous les souvenirs, tout ce qui c'est passé ces deux derniers jours, tout me revient en tête. Les larmes coulent, elle me manque tant... Pourtant, être avec Emilie me fait me sentir un peu mieux. Il n'y a qu'elle qui me fait sourire. Elle me rend mon sourire, je la trouve tellement belle. Mais qu'est-ce que je dis moi. Elle se retourne et se dirige dans la salle de musique. Je ne quitte pas des yeux une seconde Emilie, jusqu'à que je ne la vois plus, mais malgré que la porte se soit refermée derrière elle, je reste figée à la regarder, comme si je pouvais deviner à travers cet épais mur où se trouvait Emilie. " Tu l'aimes ? " " Quoi ? " Je me retourne vers Jessica, elle me regarde, elle fait une tête bizarre. " Bah oui, tu l'aimes ? " " Euh… " Mais attends, de quoi je me mêle là. " Pourquoi me poses-tu cette question, on est juste… " " La façon que vous avez de vous regarder, vous vous comprenez sans parler, tu la cherches des yeux même à travers un mur, vous vous enlacez. Je ne sais pas, je pose ça comme ça. " " On se connaît depuis longtemps c'est normal, puis-je ne la cherche pas des yeux je… " Ce pourrait-il vraiment que je… Non quelle idée. " Tu sais, je ne vais pas aller le crier sur les toits, je ne suis pas comme ça, c'est juste que depuis quelques temps… " " Depuis quelques temps quoi ? " " Elle tient beaucoup à toi, c'est tout, et je voulais te dire que pour ta maman je suis vraiment désolée. La dernière fois, je l'ai appelé et je n'ai pas, enfin je ne savais pas, je suis désolée, vraiment. " Emilie revient, je la regarde, je ne sais pas, toutes ses questions, tout ce qu'il se passe... " Bon les filles je vous laisse, Jérémy m'attend, à plus " Elle me fait la bise, et fait uniquement une bise sur la joue droite d'Emilie, en lui posant la main sur l'épaule. Ca a le don de m'énerver. Il faut que j'arrête là, je deviens complètement cinglée. Avec Milie, on décide de rentrer chez moi. Cette fois encore, elle n'est pas allée en cours, mais elle m'a expliqué que sa prof ne donnerait pas suites aux menaces de renvoi et de rapports qu'elles lui avaient dit. Elle me fait savoir qu'elle n'ira pas en cours ni aujourd'hui ni demain. Par rapport à samedi. Samedi… L'enterrement de ma mère…
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:41

Chapitre 5 - Enterrement et Premier Baiser

Le samedi arriva à grande vitesse. Trop vite au goût des deux filles. Emilie est chez Claire depuis sa visite au lycée. Celle-ci est réveillée depuis une bonne quinzaine de minutes, mais elle ne veut pas se lever du lit, Claire est allongée à ses côtés. Comme la première fois à l'hôtel, Claire est dans les bras d'Emilie. Pourtant il le faut bien, elle essaie de la réveiller en lui embrassant le front et le cou. Claire se retourne, elle a encore du pleurer toute la nuit. Les filles se préparent dans la salle de bain. Claire réalise enfin que cette fois, tout est vraiment fini. Depuis l'annonce de la mort de sa mère, elle n'y avait vraiment réfléchie que le jour où à l'hôpital elle l'avait vue sur ce lit, inerte, et froide. Avec les cachets qu'elle avait pris, il était normal qu'elle ne puisse vraiment analyser la situation. Le médecin les lui avait prescrit quand Emilie lui avait fait part de l'état de Claire. Le jour où elle été allée voir sa mère à l'hôpital. Emilie ne sait pas vraiment quoi faire, elle sait très bien que rien ne pourra calmer Claire, rien ni personne. On frappe à la porte, c'est sûrement Johan car il n'a pas attendu qu'on vienne lui ouvrir, il frappe et rentre. Il monte, se doutant que les filles étaient en haut. Il a une mine terne mais il a toujours son air hypocrite qui ne le quitte pas. Emilie se demande s'il a pleuré. Peut-être, mais fier comme il est, il ne le montrera pas. Pourtant il devrait car c'était sa mère. Les filles et Johan descendent. Ils entrent dans la voiture, direction le four crématoire. Oui, il n'y a pas de cérémonie ou quoi que ce soit d'autre avant. Claire et Emilie arrivent main dans la main pendant que Johan détourne son regard et fait mine de n'avoir rien vu. Il part dans l'autre sens pour s'éloigner le plus possible de ses personnes qui lui font honte. Marion arrive en courant, avec de grosses lunettes noires, elle se jette littéralement sur Claire. Elles ont toujours été très proche toutes les deux. D'ailleurs, quand Marion avait des problèmes, c'est chez Catherine qu'elle venait. Tout le monde s'assoie, Claire est entourée d'Emilie et de Marion, toutes trois se tiennent les mains. Emilie se sent quand même un peu de trop, Johan est avec son cousin et son oncle. Puis ça commence, il y a le cercueil qui, peu à peu, entre dans le four, Claire crie de toutes ses forces, Emilie et Marion ne savent que faire. Claire crie de plus en plus, prête à bondir sur le cercueil. " Me laisse pas, j'ai besoin de toi, me laisse pas, je t'aime tellement, j'ai tant besoin de toi… " Emilie et Marion tentent tant bien que mal de la retenir. Marion, elle aussi, pleure. En fait, la seule personne qui ne pleure pas est Johan. C'est un supplice pour tout le monde de voir cette femme si belle, si pleine de vie, si joyeuse, tout simplement de voir Catherine partir en fumer comme ça. La voir brûler. Claire sert de plus en plus la main d'Emilie. Ca y est c'est fini. Le calvaire est passé, les cendres sont mises dans une urne. Et données à Johan. Claire est incapable de tenir quelque chose, elle ne tient même plus sur ses jambes. Tout le monde se retrouve chez Catherine, ils font un repas. Claire tient absolument à mettre la table. " Claire, il y a un couvert de trop " " Non c'est les couverts de maman. " Elles lèvent les yeux, les larmes ne cessent de couler. Trop c'est trop. Johan laisse faire, il monte à l'étage suivi par Emilie qui comprend que quelque chose cloche. Johan se dirige dans la chambre de sa mère, il y a une photo d'elle, posée sur la table de chevet. " Pourquoi tu nous a quitté. Claire a encore tellement besoin de toi, et moi aussi. Elle est trop jeune pour vivre sans toi. Pourquoi " Il prend la photo entre les mains et pleure, oui Johan pleure, il se lâche enfin. Emilie est accoudée au mur, elle n'ose plus bouger, voir Johan pleurer, l'entendre dire ces choses, ce n'est pas lui. Et pourtant. Elle se décide à entrer, il est effondré par terre, il ne bouge plus. Elle arrive derrière lui, le prend dans les bras. Il se retourne, la voit. Il ne s'insulte pas, il ne dit rien, il la regarde simplement, puis la prend dans ses bras. Il pleure comme un enfant, non il pleure comme un adulte qui vient de perdre sa mère et qui est malheureux. Il pleure comme Claire pleurait, il pleure de chagrin, de peine et de regrets. Jamais Emilie n'aurait pensé voir Johan dans cet état. Lui qui n'a d'yeux que pour son travail et pour personne d'autre, cache, en fait, une personne sensible et triste. Qui aime profondément sa sœur. Il s'approche lentement de la bouche d'Emilie mais se ravise très vite en tournant la tête et en la posant sur l'épaule de la demoiselle. Emilie arrive enfin à le calmer, elle lui essuie les larmes et lui tend un mouchoir. Elle aperçoit la photo de Catherine par terre, elle se relève, prend la photo, la tend à Johan, l'embrasse sur le front comme si c'était Claire puis commence à partir. " Pourquoi tu es si gentille avec moi, après ce que je t'ai fais " Elle se contente de le regarder et lui adresse un grand sourire, puis lui montre la photo. " Parce que tu ne peux pas être si méchant que ça en ayant une mère comme elle " Il ne bouge plus, il ne sait plus quoi dire, Emilie sort enfin. Le repas se déroule dans les larmes pour Emilie, Marion et Claire. Personne n'a vraiment faim. Puis Claire a insisté pour laisser l'assiette de sa mère. Personne n'a contesté. La famille discute, certains rient. Johan est descendu, il a sourit à Emilie puis c'est excusé auprès de Claire. Il l'a même embrassé. Les discussions vont bon train, on parle de travail, on parle de ce que Catherine a fait de bien dans sa vie, certains osent même la critiquer, mais pour une fois ce n'est pas Claire qui se met à contester, mais Johan. Ce qui jette un énorme froid sur la tablé pendant un court instant, pour qu'ensuite les discussions reprennent de plus belles. C'est insupportable pour Claire. Elle monte s'enfermer dans sa chambre. Emilie et Johan se lèvent en même temps. Emilie se ravise et se rassoie, Johan lui sourit encore une fois. Et il monte. Il va parler à sa sœur. Leur discussion dur pratiquement vingt minutes, où Johan lui dit qu'il l'aime plus que tout, qu'il travaille pour elle, tout ce qu'il gagne c'est pour elle. Qu'il n'a jamais su comment lui montrer, c'est pour ça que l'argent qu'il gagne, il est pour elle. Il lui explique que leur mère (l'une des rare fois où il ne dit pas ma mère mais maman) était tout pour lui. Qu'il n'a jamais vraiment accepté le fait de partager Claire avec quelqu'un d'autre, mais que aujourd'hui il a compris que Emilie était quelqu'un de bien, que désormais tout allait changer. Les larmes coulent de ses yeux, Claire ne se fait pas prier pour le prendre dans ses bras. Elle aime son frère et ne l'a jamais vu pleurer. Ils restent un bon moment comme ça. Puis Johan se décide à redescendre. Il embrasse sa sœur et, arrivé à la table, pose la main sur l'épaule d'Emilie, lui montrant ainsi que Claire l'attend en haut. Arrivée à l'étage, Emilie pousse la porte de la chambre de Claire, celle-ci est assise sur son lit, les mains sur la bouche, en train de pleurer, mais sans sanglots. Emilie s'assied délicatement aux côtés de Claire et lui prend les mains pour les ramener vers elle et ainsi les lui enlever de la bouche. Emilie regarde Claire dans les yeux, mais elle ne peut plus retenir ses larmes et elles coulent toutes seules. Claire étreint de ses mains le visage d'Emilie et s'approche doucement d'elle. Elle ferme les yeux et l'embrasse. Emilie ne cherche pas à se défaire de cette étreinte et de ce baiser volé, tout au contraire. On frappe à la porte de la chambre, dans une réaction presque immédiate, les deux filles s'éloignent et Claire regarde Emilie comme pour s'excuser en un regard. C'est Marion qui lui annonce que tout le monde part. Les filles descendent. Une fois les au revoir fait, Johan leur dit d'aller se coucher, qu'il s'occupait du rangement. Il embrasse même sa sœur. Emilie se sent gênée par rapport au baiser de tout à l'heure, elle ne sait comment réagir. Elle ne veut pas en parler ce soir. La nuit a été longue et agitée, Claire n'a pas arrêté de faire des cauchemars ou de se réveiller, de pleurer. Mais Emilie le comprend bien et ne fait que resserrer son étreinte.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:43

Chapitre 6 - Prise de conscience

Retour en cours, je n'en ai vraiment pas envie. Je n'ai pas vu Claire depuis dimanche, je suis partie assez vite le matin. Je me suis réveillée, habillée, elle dormait, je n'ai pas voulu la réveiller. C'est bizarre ce qu'il s'est passé ce week-end. On s'est embrassées. " Waouh Milie, tu fais une tête d'enterrement, c'est pas possible, qu'est-ce qu'il t'arrive ? " Jérémy et son tact légendaire. " Jérémy écrase… " " Je vois que vous êtes revenue Emilie, je voudrais vous parler à la fin de l'heure si c'est possible. " J'acquiesce simplement de la tête. Je n'arrive pas à suivre le cours et Jessica voit bien qu'il y a quelque chose qui cloche mais quoi, elle ne le sait pas. Elle essaie pourtant de me soutirer les informations mais impossible, je reste muette comme une tombe. Ha voilà, je refais de l'humour noir… Je n'ose pas lui dire que Claire et moi on s'est embrassées, comment le prendrait-elle. " Laisse-moi deviner, déjà je sais que c'est Claire, c'est obligé… Hum… " Apparemment, elle réfléchie vraiment sur le sujet, elle fronce les sourcils, mord son crayon. " Ca y est… " " Ca y est quoi ? " " Bah toi et Claire… " Je ne vois pas vraiment où elle veut en venir. En fait, si justement, je vois trop où elle veut en venir. Alors je lui lance un regard interrogateur. " Je suis sur que ce week-end, vous vous êtes embrassées. " Mais ce n'est pas vrai, on a un devin dans la classe, je n'y crois pas, comment elle sait ça. " J'en été sur, vous allez super bien ensemble, haaaa je suis trop contente pour vous " Je n'ai rien à lui répondre, juste un petit sourire timide. Et je replonge ou devrais-je dire plonge étant donné que je n'ai rien suivie du cours dans mon bouquin. " Mademoiselle Jessica Guiraud, je vous entends encore une fois lancer de petits cris stridents dans ma classe, c'est la porte assurée avec des heures de colles à la clé, me suis-je bien faite comprendre. " " Oui, excusez-moi, Madame, je ne le referais pas " Elle m'adresse un grand sourire. Je n'en démordrais pas, cette fille est complètement cinglée. Ca sonne, il nous reste encore une heure de cours avec cette prof. Je me prends à rêvasser en regardant par la fenêtre les feuilles qui tombent des arbres à moitiés morts, et je me prends surtout ou disons Jessica me prend en flag en train d'écrire sur la table le nom de Claire. Je la regarde puis je dévie sur la table, je ne sais pas quelle explication donner. " Elle te manque… C'est normal, appelle-la ". Tout a l'air tellement simple sortant de la bouche de Jessica. Oui si simple, juste un coup de fil, savoir comme elle va, lui parler, j'ai vraiment besoin de lui parler. Elle me manque, elle a raison, elle me manque terriblement. Mais le dire semble plus facile, aller la voir ou simplement lui téléphoner, est horriblement compliqué. Si elle avait fait ça sur le coup, comme ça, et qu'en fait, elle ne ressent rien, ça expliquerait pourquoi après elle ne m'a plus parlé. Mais alors pourquoi elle n'a rien dit quand je me suis allongée à ses côtés. Ou alors elle est vraiment amoureuse de moi et elle a fait ça parce qu'elle en ressentait le besoin, et qu'elle était tellement gênée qu'elle n'a plus osé me parler de la soirée. Mais dans ces cas là, elle va mal prendre le fait que je l'appelle, mais si en fait, elle ne ressent rien et qu'elle n'a rien dit, c'est peut-être qu'elle ne veut plus qu'on se voie… " RAHHHHHH " " Mademoiselle, ça ne va pas ? " Toute la classe se retourne vers moi, j'ai les mains dans les cheveux… " Bon je vois que tu te poses trop de questions, va la voir, au moins, là, tu seras fixée… Mais sache que si ça ne va pas je suis là, tu passes à la maison quand tu veux, y a pas de problème, sauf si c'est après minuit, tu fais sonner mon portable avant parce que, à cette heure-ci, je dors normalement. " Elle souligne le 'normalement'. La prof nous regarde et se racle la gorge pour nous faire comprendre qu'on la dérange. C'est décidé après les cours direction chez Claire.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:44

Chapitre 7 - Reviens-moi

Depuis qu'Emilie est partie de la maison, je ne bouge pas. Johan s'inquiète. Je crois que c'est la première fois qu'il s'inquiète autant. Depuis la mort de maman, il a changé du tout au tout. Il est extrêmement présent à la maison, il a même appelé son travail pour dire qu'il ne viendrait pas aujourd'hui, car il doit rester avec moi. Je ne comprends pas son soudain changement, mais en fait, je crois n'en avoir pas envie, juste qu'il reste comme ça. Emilie me manque terriblement. Mais comment a-t-elle réagi après que je l'ai embrassée. Si elle l'avait mal pris. Peut-être qu'elle ne voudra plus me revoir après ça. Mais pourquoi j'ai fais ça, je suis stupide. Je ne veux pas la perdre. J'ai déjà perdu trop de gens que j'aimais, je ne peux pas perdre Emilie. Il faut que je lui parle, mais comment lui faire comprendre. Si je lui mens, elle le verra, elle me connaît trop bien, mais si je lui dis la vérité, elle ne voudra probablement plus jamais me parler. J'ai tellement besoin d'elle. Je ne peux pas en parler à Johan, je ne sais pas comment il le prendrait. Mais il faut tout de même que je lui parle, on ne peut pas rester en froid comme ça éternellement, pas nous. Elle doit être au lycée, cette fois je ne débarquerai pas dans son cours comme la dernière fois, je l'attendrai devant la porte. Quelqu'un frappe à ma porte. C'est Johan, il voit que je ne vais pas bien et ça l'inquiète. " Ecoute, je ne sais pas ce qui se passe, mais tu peux tout me dire, même si ça vous concerne, toi et Emilie. J'ai perdu tout ce que j'avais dans la vie, il ne me reste plus que toi, je n'ai pas l'intention de te lâcher. Pour être franc avec toi, j'avoue qu'au début, je n'acceptais pas du tout le fait que tu sois avec elle, mais tu vois si tu es heureuse avec elle, alors je ne vous empêcherais pas d'être ensemble, car tu es ma petite sœur et je veux ton bonheur avant tout. Ne fais pas comme moi j'ai fait, ne gâche pas tout sous prétexte que les gens autour de toi n'acceptent pas la personne que tu aimes. Ne renie pas ton amour pour les autres, tu vis pour toi et non pour eux. " Je ne pensais pas que mon frère était si tourmenté, je ne comprends pas ce qu'il veut dire par ne fais pas comme moi, mais il a raison sur un point, je ne dois pas laisser les gens diriger ma vie. " Tu entends quoi par ne fais pas comme moi ? " " J'ai simplement gâché la plus belle chose qui peut arriver à un homme dans sa vie ". Je ne comprends toujours pas totalement ce qu'il entend par là, même si j'avoue avoir une petite idée. Pour le moment, le simple fait de savoir qu'il est avec moi me réconforte. De savoir que quelque soient mes choix, il sera là. J'avoue que je n'ai jamais vu quelqu'un changer radicalement de cette façon, c'est horrible comme les épreuves de la vie peuvent changer un homme. Johan redescend. Quelqu'un sonne à la porte d'entrée, je me demande qui ça peut être. Sûrement encore quelqu'un de la famille qui demande si ma mère a laissé un petit quelque chose pour lui. " Oui vas-y entre, elle est dans sa chambre " Ha c'est pour moi. Serait-ce possible que ? Non… bah finalement si… C'est bien Emilie. " Salut. " " Salut… " Je ne sais pas quoi dire. Ni quoi penser, je suis simplement contente, non heureuse de la voir, mais en même temps je ne sais pas si j'en ai le droit. Il y a un blanc terrible, où aucune de nous deux n'ose parler. Elle regarde mon étagère, scrute chaque parcelle de ma chambre, mais ne parle pas, ni ne me regarde. C'est bon j'ai compris, elle me hait. Il faut que je m'excuse. " Ecoute il faut qu'on parle " Elle m'a devancée. Vite, les excuses. " Oui je sais, je voulais te dire que je suis désolée… Je ne voulais pas… Enfin… Si… Mais je ne veux pas que notre amitié s'envole juste pour ça… Enfin pas juste… Mais si… Enfin non… Enfin… " Je m'embrouille, je m'enfonce, si seulement il y avait un trou, je me cacherais bien dedans. Et là, la question fatidique " Est-ce que tu regrettes ? " " Je… " Mais lance-toi, dis-lui que tu ne regrettes pas, que tu es folle d'elle, que tu l'aimes plus que tout, que tu ne peux pas supporter d'être loin d'elle, que ça te fait tellement de bien d'être entre ses bras, de la sentir là. Ou simplement d'entendre sa voix. " Ok j'ai compris. Bon j'y vais, j'étais juste venue pour savoir comment tu allais. " Elle se retourne et se dirige vers la porte. Elle a la main sur la poignée, elle est prête à partir, je ne veux pas que tu partes, je t'aime. " Non " Bah voilà c'est sorti tout seul. Elle se retourne vers moi, elle se contente de me regarder, elle ne parle pas. " Non je ne veux pas que tu partes, non je ne regrette pas, non je ne veux pas te perdre, non tu n'as pas compris… " Ok là, je crois qu'on ne peut pas être plus explicite que ça. Quoi que si en fait. Elle ne parle toujours pas décidément, elle veut m'achever. Elle sait très bien que je ne suis pas patiente, dis quelque chose n'importe quoi. " Pourquoi tu m'as embrassée ? " A la réflexion, dis tout, mais pas ça. " Parce que… Parce que… " Je vois bien qu'elle attend une réponse concrète, mais comment la lui donner, si je lui dis, elle voudra peut-être plus jamais me parler. J'hésite, et puis je me lance. " Parce que je t'aime, que j'en avais envie depuis très longtemps, même si ce n'est pas réciproque, je te jure que je ne le referai pas, tout ce que je veux c'est ne pas te perdre, je suis désolée. " Elle ne dit toujours rien, elle sourit, elle lâche la poignée de la porte s'avance vers moi, se met à côté de moi. Ses lèvres viennent délicatement se poser sur les miennes. Je sens qu'elle sourit encore, je ne veux pas que ce baiser se termine, il est si doux, si beau, si parfait. Magique, Indescriptible. Je sens une larme couler. Mais ce n'est pas la mienne. Je ne pleure pas. Emilie ? Emilie pleure, pourquoi elle pleure. " Pourquoi tu pleures ? J'ai fais quelque chose de mal ? Milie ? " " Je, non désolée, ce n'est rien, j'ai cru que j'allais te perdre et je ne le voulais pas, c'est l'émotion. Ne t'inquiète pas. Par contre, je ne peux pas rester, il faut que je rentre à la maison, désolée. Je t'appelle ce soir. " Là, j'avoue ne rien comprendre, mais alors rien du tout, je n'ai strictement rien compris. Elle s'en va, me laissant sur mon lit. Incrédule. Je m'allonge et j'attends son coup de téléphone…
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:47

Chapitre 8 - Tout recommence

Ca recommence, pourquoi il faut que ça recommence. Et avec Claire en plus. Mon téléphone sonne, j'ai complètement oublié de téléphoner à Claire, je lui avais pourtant promis. Je n'ai pas envie de répondre, mais ma curiosité me pousse à regarder qui m'appelle, et si c'était Claire. Aude ?... " Allo ? Y'a quelqu'un Allo Allo ? Je hais ton répondeur c'est horrible bon écoute ma belle, vu que je suis sur le répondeur et que ça me saoule, je te rappelle dans cinq minutes et si tu ne réponds pas, je débarque chez toi, voilà gros bisous ma belle, à tout de suite, et au fait change de répondeur il est vraiment pourri " Je crois qu'elle ne pouvait pas tomber plus mal. Je fais quoi moi maintenant avec Claire. Ha Aude rappelle. " Allo ? " " Ha bah enfin tu réponds, comment vas-tu la plus belle ? C'est horrible comme je n'aime pas ton répondeur, c'est qui la fille qui parle dessus ? " " Claire… " " Ha, houlà ça n'a pas l'air d'aller, qu'est-ce qui se passe ? " " Claire… " " Oui, non mais là j'ai compris que c'est Claire qui est sur ton répondeur… " " Non mais il se passe que… Je suis avec Claire. " " Ha ? Et ? C'est super cool pour toi ma belle. Non ? " " Oui c'est cool, enfin je ne sais pas. Je suis un peu perdue là. " " Tu veux que je vienne, qu'on en discute ? Tu pourras mieux parler, puis là mon forfait va se bouziller, après je ne pourrais plus t'appeler " " Ouais passe, je t'attends dehors. " Je me prépare, et je vais attendre Aude dehors. Elle ne tarde pas à arriver. " Alors raconte-moi, ma belle, que se passe-t-il ? Tu l'aimes ? Bien-sûr que non, tu ne l'aimes pas, vu que c'est moi ta chérie. Hé, hé. Ok, tu n'as pas envie de rire, alors dis-moi. " " Je l'ai embrassée. " " Et ? Elle t'a rejetée, elle t'a giflée, elle t'a insultée, elle t'a hurlé dessus ? " " Non… " " Ha ? Vous vous êtes fait prendre en flag ? " " Non… C'était magique, magnifique, c'était… Waouh !!! " " Ok, bah je vois ton problème, ma puce tu es amoureuse, mais c'est clair que c'est tragique, horrible, que tu en souffres horriblement… " Elle fait un oui ironique de la tête et j'avoue que j'ai envie de sourire " Arrête de te foutre de moi… Je me suis mise à pleurer… " Je la regarde, je cherche ses yeux. Elle a tout de suite compris ce qui n'allait pas... " Je ne sais pas pourquoi, ça ne me l'avait pas refait depuis que… " " Il est revenu ? Tu l'as revu ? " " Non… Je ne m'en suis pas rendue compte, c'est Claire qui a flippé. " " Tu m'étonnes, tu vois ta petite amie pleurer, c'est normal que tu flippes. Mais à part ça, tu lui as expliqué pourquoi tu pleurais ? " " Non je suis partie tout de suite après. " " Tu devrais l'appeler, lui expliquer, je pense qu'elle comprendrait. " Aude venait de perdre son éternelle joie de vivre. Elle était toujours en train de faire la folle, de faire des conneries, de délirer, mais là, elle gardait son calme, elle était sérieuse. " Peut-être, je ne sais pas, je me sens pas prête à en parler à quelqu'un pour le moment " " Mais ta copine ce n'est pas n'importe qui merde, tu la connais depuis longtemps, puis elle n'est pas bête, de toute façon elle doit s'inquiéter et culpabiliser à mort parce qu'elle doit penser que c'est sa faute. " Je n'ai pas eu le temps de répondre, elle m'a pris mon portable et a appelé Claire directement, moi j'étais incapable de bouger. " Claire ? Bonjour je suis une amie d'Emilie, et voilà il faudrait que je te parle, c'est assez important, et surtout urgent, est-ce possible de se voir ? " " Aude, putain, tu abuses… Passe-la-moi " " Merde, puce, t'inquiète pas ! Claire tu es toujours là ? Oui donc ce serait pour savoir si c'est possible qu'on puisse se voir ? " " Pourquoi tu appelles Emilie puce ? Tu es qui toi d'abord, tu veux parler de quoi ? Passe-moi Emilie " Et voilà, autant Aude est une amie formidable, mais pour arranger les choses entre les gens, elle est comment dire, nulle. " Milie ? Tu me fais quoi là, tu t'es mise à pleurer, parce que tu sors déjà avec quelqu'un ? Et en plus, elle se permet de m'appeler, mais tu joues à quoi là, putain, tu ne crois pas que je souffre assez en ce moment, là tu en rajoutes, mais putain mais… " " Puce, écoute-moi… Je ne sors pas avec Aude… " " Elle t'appelle puce comme ça pour le plaisir, c'est vrai qu'on appelle tout le monde puce. " " J'ai pleuré par rapport à mon père " " Maintenant c'est plus ta copine, c'est ton père, c'est qui bientôt, le père noël, les sept nains ? " Mais pourquoi elle ne me laisse pas m'expliquer. Aude prend les choses en mains, je me mets à pleurer, elle a encore une fois tout de suite compris. " Ecoute mistinguette là, tu me saoules vraiment, alors tu vas m'écouter attentivement, j'ai toujours appelé Milie puce et c'est pas le fait qu'elle sorte avec quelqu'un qui changera ça. Et oui, c'est à cause de son père et si tu la laissais parler, tu comprendrais peut-être, mais apparemment c'est pas dans tes cordes, alors écoute-moi bien, miss, là tu vas écouter ce que Milie a à te dire, et tu ne vas pas l'interrompre et je t'interdis de raccrocher. De toute façon, si tu raccroches, on débarque toutes les deux chez toi. Ecoute-la jusqu'à la fin, elle a besoin de toi plus que jamais, alors je t'en prie, écoute-la. Je te la passe " Je retire ce que j'ai pensé un peu plus tôt, elle peut aussi très bien parler, je crois que je n'aurais pas mieux fait, je reste conne là, je ne sais pas quoi dire. " Bah vas-y parle, sinon la psychopathe, elle va me tuer… " Un sourire se dessine sur mon visage, puis je me mets à lui parler, à lui expliquer le pourquoi de mes larmes, comment j'ai rencontré Aude, le rapport avec mon père. Et elle comprend pourquoi je n'en ai jamais parlé à personne… Et pourquoi je suis si proche d'Aude. Elle ne parle plus, je l'entends pleurer, je n'aime pas la sentir triste. " Je suis désolée, je ne savais pas. Pourquoi tu ne m'en as jamais parlé, pourquoi tu ne me l'as pas dit, j'aurais compris, je suis désolée. Pour toi, pour Aude aussi. Je suis trop conne, trop bête putain mais… " " Claire, tu n'es ni conne, ni bête, je t'aime et ne t'inquiète pas, tu ne pouvais pas deviner, tu n'y es pour rien. Je suis désolée, je dois te laisser, je t'aime " " Moi aussi " " Euh moi aussi je vous aime hein, n'oubliez pas !!! " Et voilà Aude est redevenue folle à lier, mais qu'est-ce que j'aime la voir toute folle !!! Elle me regarde avec son air de chien battu, je sais qu'elle va me demander quelque chose, elle me sourit. " Alala on ne te changera jamais toi hein !!! " " Nop on ne me changera pas, c'est pour ça que tu m'aimes, hein " " Ok tu veux venir à la maison ce soir, mais tu prends le canapé " " Quoi, mais c'est dégueulasse, tu prends le canapé je prends le lit, je suis l'invitée heu, ce n'est pas juste " Elle fait mine de bouder, je ne peux pas résister. " De toute façon, tu sais très bien que je n'ai pas le choix, tu vas devoir dormir avec moi " " Promis, je garde mes distances, et au fait, y'a à manger ? " " On va bien te trouver quelque chose, ma mère va être contente, ça fait quelques temps que tu ne lui as pas dévalisé le frigo " J'ai posé un temps d'arrêt sur le mot ma mère, j'ai encore quelque peu du mal à dire ma mère sachant que la fille que j'aime n'en a plus. Aude a compris, je lui en avais parlé, elle me sourit et me dit de ne pas m'inquiéter. On rentre à la maison, elle fait comme chez elle, elle a l'habitude, elle a même les clés de la maison, mais ne s'en ai jamais servis. Elle dévalise le frigo, je ne sais vraiment pas comment elle fait, elle mange et ne prend aucun kilo, ça relève de l'impossible et pourtant. Aude ou l'estomac ambulant.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:48

Chapitre 9 - Culpabilité

Je repense à ce que m'a annoncé Emilie au téléphone l'autre soir, je ne peux m'empêcher de culpabiliser. Heureusement qu'Aude était là. Et moi qui l'ai engueulée, insultée, je m'en veux tellement. On n'en a pas reparlé, je crois que c'est mieux, mais je me sens vraiment coupable. Pourtant, depuis, tout va très bien entre nous. Mon frère est au courant, il a vraiment changé, je ne sais pas comment, pourquoi et je m'en moque. Emilie ne m'a pas reparlé d'Aude. Je crois que malgré tout l'attachement qu'elle a pour cette fille, ça lui fait mal de la voir ou simplement de l'entendre car tous les mauvais souvenirs reviennent, même si c'est grâce à elle qu'elle est en vie. Je n'ai jamais rencontré Aude, mais du peu que je lui ai parlé ou plutôt engueulé, c'est quelqu'un de bien et qui tient vraiment à Emilie. J'ai envie de la voir, de la prendre dans mes bras, de l'embrasser, de plus. Je vais la chercher au lycée cet après-midi. Il me tarde déjà d'y être, mais je n'aime pas qu'on soit en public, je préfère notre intimité. Quand nous sommes dehors, j'ai l'impression que je dois partager Emilie, soit avec ses amis, soit avec ses profs, soient simplement avec les gens qui la regardent, et tout spécialement les hommes. J'ai peur qu'elle me quitte pour être avec l'un d'eux. C'est peut-être bête. J'ai confiance en elle, plus qu'en n'importe qui, une amitié de quatre ans ne s'oublie pas comme ça mais je ne sais pas, j'ai peur, peur de la perdre, peur qu'elle me quitte, peur de ne pas être à la hauteur, peur de l'avenir, de notre avenir, ou peut-être que l'on n'a pas d'avenir. Car oui deux filles ensembles, on ne pourra pas avoir d'enfants, on ne pourra pas se marier, puis ce n'est pas parce que mon frère m'accepte que forcément sa famille nous acceptera, et si justement, ils ne nous acceptent pas. En fait, je m'aperçois qu'Emilie connaît toute ma famille mais que je ne sais rien de la sienne. Je ne savais pas que son père avait fait ses choses atroces, je ne savais même pas qu'il n'était plus chez elle. Elle ne parle jamais de sa famille. En quatre ans, elle n'en a jamais parlé que deux ou trois fois tout au plus. J'avais déjà entendu parler d'Aude, que c'était tout comme sa sœur, qu'elle l'avait sortit d'une mauvaise passe, mais sur le coup je n'avais pas fait le rapprochement. Maintenant, je peux mettre un nom sur cette mauvaise passe. C'est vrai, je n'y avais jamais réfléchi mais elle ne parle jamais d'elle, ni photo, ni mot, même dans son téléphone, il n'y a pas le numéro de sa mère, d'un quelconque parent à vrai dire. Donc, je ne sais ni comment elle vie, ni avec qui, ni comment sa famille le prendrait pour nous. Mais dans un sens, je ne sais pas comment le reste de ma famille le prendrait non plus. Ils étaient trop occupés à critiquer ma mère ou au contraire à faire ses éloges ou à pleurer sur leur sort parce qu'elle ne leur a rien légué, qu'ils n'ont sûrement pas remarqué qu'Emilie n'était pas de la famille. Prise de conscience, je ne connais rien d'Emilie, en quatre ans d'amitié, je ne connais rien de sa vie en dehors de ce que je vois, de ce qu'elle veut qu'on voit. Et là, je trouve qu'il y a quelque chose qui cloche, ce n'est pas normal qu'en quatre ans, elle n'ai jamais mentionné sa famille. Mais tout de même, c'est vraiment bizarre, voire impossible, je me fais des films. Allez, creuse-toi la cervelle, il doit bien y avoir un moment où, en cours, vous parliez de famille, un cours, un papier à remplir, un rendez-vous. Et effectivement quand il y avait un rendez-vous avec les parents, elle trouvait toujours une excuse à sa mère. Toujours, je ne l'ai jamais vu aller à une réunion parents-profs. Quand on parlait de la famille, elle ne prenait jamais part au débat, elle ne voulait jamais y être mêlée. Je comprends pourquoi avec un père comme ça, ce n'est pas étonnant. Mais je ne comprends pas pourquoi elle ne nous a jamais parlé de sa mère, plus précisément pourquoi elle ne m'en a jamais parlée, moi sa meilleure amie, enfin sa petite amie. Pourquoi elle n'a jamais rien dit. Elle ne se confie jamais, elle ne montre que très rarement sa peine, elle est même froide parfois. Quand on ne la connaît pas, elle paraît parfois très froide. Mais je la connais, elle n'est pas comme ça, elle n'est pas sans cœur, elle n'est pas froide, elle ne montre juste pas les sentiments qu'elle a. Sauf quand elle me dit qu'elle m'aime. Je voudrais tout connaître de sa vie, tout savoir, tout comprendre, je pourrais tout accepter, tout entendre. Si seulement, elle m'en donnait le droit. Si seulement, elle laissait l'accès à son cœur, mais elle ne le veut pas, je le comprends, mais j'en souffre beaucoup. J'ai besoin d'elle, de la savoir avec et près de moi. De sentir son odeur, son parfum, sa peau, son corps contre moi. J'ai besoin d'elle, je ne supporte pas les secrets entre nous. Même si, elle a le droit à son jardin secret comme tout le monde. Mais je voudrais ne faire qu'une avec elle, être pour moi ce que je suis pour elle. Elle serait moi et je serais elle, un " nous " parfait.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:49

Chapitre 10 - Tant que c'est toi

La sonnerie retentit, j'ai déjà rangé mes affaires depuis longtemps, j'ai rendez-vous avec un ange, mon ange. Jessica voit que depuis quelques temps, je suis heureuse et épanouie, je suis plus assidue, plus concentrée ou peut-être moins. Je souris, je suis assidue surtout sur la sortie des cours, je suis la première sortie, même mes profs ont remarqués le changement, et m'en félicitent tous, ils m'informent juste sur le fait que je rentre trop rapidement mes cours et que je suis trop impatiente de partir. Ils pensent que c'est l'amour et ils ont raison. Je sors donc le plus vite possible des cours, j'ai la chanson de Natacha St Pier "Tant que c'est toi", je la chante à voix haute. Je danse, je cours, je vole, j'ai l'impression d'être sur un nuage et je n'ai vraiment pas envie d'en redescendre. Parce que si le paradis portait un autre nom, il s'appellerait Claire, c'est con, c'est cliché mais c'est tellement vrai.

Peux-tu comprendre
Le chemin que c'est d'attendre
Tant que c'est toi
Tant que c'est toi

D'un moment à l'autre
Ou l'autre à tout moment
Qui attendra
Tant que c'est toi

D'aller l'une vers l'autre
Peut importe le temps
Que sa prendra
Tant que c'est toi.

© Natacha St Pier " Tant que c'est toi "


Toute une journée, rien que Claire et moi. Je ne sais pas ce qu'on va faire, ce qu'elle veut faire. C'est sa journée aujourd'hui. On a rendez-vous au bar, réflexion faite, je dirais un café, ça fait moins alcoolique. Donc j'ai rendez-vous avec un ange au café. Ha mon portable vibre. Johan ? Tiens. " Allo ? " " Allo Milie, c'est Claire… " " Heu... ça va ? " " Oui oui, juste pour te dires que je serais un peu en retard, je suis avec Johan là et euh monsieur a voulu me montrer les petites rues et il s'est perdu… " " Je ne me suis pas perdu, je fais une visite guidée, puis ces rues, elles se ressemblent trop " J'entends Johan s'énerver, un petit sourire se dessine sur mon visage. En fait, j'ai envie de rire, je suis tellement heureuse que Johan ne soit pas le gros con que je pensais et que tout se passe bien entre lui et Claire. " Bon ma puce je te laisse on arrive bientôt quand Johan sera sortit de là " " Ok à tout de suite je t'aime " Bon et bien on dirait que le temps est à la rigolade et surtout à la patience. Je ne tiens plus en place j'ai trop hâte de la voir, de la prendre dans mes bras. Cela fait longtemps que je n'ai pas maudit Johan, mais là je crois que c'est le pire. Les voilà enfin, Claire descend de la voiture, mais Johan ne reste pas. Il repart aussitôt, il n'a même pas pris la peine de s'arrêter sur une place, il a juste klaxonné et m'a fait un signe de main que je lui ai rendu et est parti. Claire est là, je traverse la route, la prends dans mes bras. J'ai envie de l'embrasser, de la sentir. Mais elle me fait comprendre que nous sommes en public et que ce n'est pas le bon endroit pour s'embrasser. Mais je n'en peux plus, je réussi tout de même à lui voler un petit baiser. Personne n'a rien remarqué et elle en avait envie aussi, je le sais. Bon, on prend toutes les deux un café et après shopping. Et après je ne sais pas. " On va chez toi après ? " Je ne m'attendais pas à ça. Chez moi, on ne peut pas. " Euh… " Trouve une réponse vite, n'importe laquelle " y'a du monde, ma famille vient d'arriver, c'est trop blindé, on ne peut pas. Désolée, une autre fois " Super, tu as assuré, quel beau mensonge félicitation. Soupire. " Ça me fera une occasion de rencontrer ta famille. Allez, s'il te plait. " Elle me prend vraiment au dépourvu, et pourquoi elle me demande ça maintenant. " Non, on ne peut vraiment pas, une autre fois, mais pas aujourd'hui " " Demain, je passe te chercher chez toi, alors, comme ça on va au lycée ensemble " Pourquoi elle complique tout. Je bois mon café et ne répond pas. " C'est bon, tu ne peux pas m'en vouloir de rencontrer ta famille. " Si justement ma famille, il ne vaut mieux pas que tu la rencontres. " Laisse tomber " " Non, je ne laisserais pas tomber, dis-moi ce qu'il y a " " Y'a rien, on ne peut pas aller chez moi, c'est tout. Merde, tu vas pas en faire une histoire parce que tu peux pas voir ma famille " " Oh, excusez-moi, mademoiselle, de m'intéresser à votre vie et de vouloir connaître votre famille, je suis navrée " Re-Soupir " J'ai des trucs à faire, laisse tomber, j'y vais, je paye et je me tire ". Je laisse un blanc, il faut que je me change les idées, je suis énervée. De toute façon, c'est toujours comme ça, dès qu'on parle de ma famille, rien ne va plus. Pourquoi ils veulent absolument rencontrer ma famille. Elle n'a rien de spécial, rien à envier, rien à vouloir, rien du tout, y'a pas de famille, ce mot n'existe pas. J'ai besoin d'être seule, je la laisse là, seule, avec son air interrogateur, toujours cet air. Il faut que je me défoule, mais où ? Je vais à la salle de gym, il y a un punching-ball, ça va me détendre. Sur le chemin, j'allume une clope, ça fait longtemps que je n'en ai pas fumé, en fait, depuis que je suis avec Claire, je ne fume plus. Je n'y pensais même plus. Je n'en avais plus besoin, mais là si. Alors j'en allume une et je vais à la salle de gym. J'y reste environ deux heures. Il est six heures, je me sens coupable. Pourquoi ma famille gâche toujours tout, même quand ils ne sont pas là, indirectement ils gâchent tout. Je l'appelle, elle ne répond pas, elle est vraiment vexée. Ce soir, je ne peux pas aller chez elle, je la rappelle, lui laisse des messages sur le répondeur, lui envoie des sms. Toujours aucune réponse. Ha enfin ! Merde. C'est Aude. Je lui explique ce qu'il se passe, connaissant ma situation avec ma famille, elle comprend tout de suite où je veux en venir. Pour Claire, je ne sais plus quoi faire, puis je suis coincée chez moi ce soir. Aude me propose de descendre. Je refuse poliment. Elle me conseille vivement de la rappeler jusqu'à qu'elle daigne me répondre. De toute façon, au bout d'un moment, elle sera forcée de répondre à force d'entendre son portable sonner dans tous les sens. Et si elle l'arrêtait… Je fais quoi si elle l'arrête. Je ne veux pas la perdre, je ne veux pas perdre la seule personne qui me raccroche encore à ce monde. J'ai reçu un message de Claire pendant que j'étais au téléphone avec Aude. " Ecout jsai pa koi penC de cet aprèm ; j'pense kil fo kon ce sépar jen é mar. Pa la pein de map jcoup mon port. By Claire. " Ce n'est pas très français, j'ai toujours eu du mal avec le langage sms mais là j'ai compris l'essentiel, elle me largue. A cause de cette après-midi, elle me largue. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, la chose de trop, l'impossible… Je tente de la rappeler, je tombe à chaque fois sur la messagerie, elle a effectivement éteint son portable. Je ne sais pas pourquoi, mais je me précipite dans la salle de bain, je fouille de partout, je cherche des cachets antidépresseurs, somnifères, et j'en passe et des meilleures. Je tombe sur une lame de rasoir, je la prends, je vais chercher la bouteille d'alcool. Je ne sais pas encore ce que je vais en faire, j'en ai besoin. Je crois que je deviens folle. Je commence à boire une gorgée puis une autre, encore une autre. Je descends facilement la bouteille entière de whisky. Puis j'ouvre la boite d'antidépresseurs, merde elle est vide, ce n'est pas grave, il y a les somnifères. Putain, quelle garce, elle a tout pris, il n'y a plus rien, c'est tout vide. Je me lève, j'ai laissé la lame de rasoir sur le bureau alors je vais la chercher. Je retourne sur mon lit, je manque de tomber à plusieurs reprises, le whisky fait vite effet, ça tourne, mais je ne tiens plus, je n'en peux plus. Elle m'a quittée, plus rien n'a d'importance. Je commence à enfoncer la lame du rasoir dans ma peau, j'ai mal, ça saigne, je continue. Je tire un trait, je ne le fais pas d'un coup sec, je fais durer la douleur. J'enfonce de plus en plus, tout en tirant la lame à moi. Ca brûle, ça saigne de plus en plus, j'ai mal. Le whisky fait de plus en plus effet, j'ai la tête qui tourne de plus en plus. J'empoigne de plus bel la lame de rasoir et dessine un C comme Claire, comme coupable, coupable d'être venue au monde, d'avoir vécu ça, comme… comme je l'aime. Oui je l'aime, c'est pour ça que j'ai envie d'en finir, pour elle et d'autres choses, mais lentement, je veux sentir la douleur me parcourir. Je ne peux plus garder tout ce mal en moi. Mon père, ma mère, mon petit frère, et maintenant Claire. Je ne supporte plus rien, je suis coupable de tout ça, coupable de mon viol, coupable de la dépression et de l'alcoolisme de ma mère, coupable de la mort de mon frère. Il faut que je l'écrive, oui que j'écrive une lettre d'adieu pour mon ange. Je n'ai pas le courage ni la force alors je l'enregistre sur sa messagerie. Je laisse un message à Aude aussi. Demain ils me retrouveront morte.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:50

Chapitre 11 - Grosse Bêtise

Il est deux heures du matin et je n'arrive pas à dormir. J'allume mon portable, histoire de savoir si Emilie m'a rappelé malgré que je lui ais dit que ça ne servirait à rien. Oui 12 appels en absences. Ils ne viennent pas tous d'elle. Y'a aussi Aude ? Elle me fait chier, à se mêler de ce qui ne la regarde pas. Elles m'ont laissées des messages sur le répondeur. Je les écoute, elle a essayé de se suicider. Vite réveiller Johan, aller directement chez elle. Mais je ne sais pas où elle habite, ça non plus, je ne me rends pas compte. Elle ne m'a jamais dit où elle habitait. Mais j'y pense, Aude m'a appelé. J'écoute ses messages, elle est paniquée, elle a aussi reçu un message d'adieu de la part de Claire, elle est déjà sur la route. Elle arrive chez moi dans une heure. Je regarde ma montre et l'heure d'appel, elle ne devrait pas tarder. Je ne réveille pas Johan, je laisse un mot sur le frigo et sur mon lit au cas où. Puis je m'habille et je sors attendre Aude. J'entends une voiture qui arrive à toute vitesse qui freine et une voix qui m'appelle. Je comprends tout de suite que c'est elle. Direction chez Emilie. Sur le trajet, je lui explique pourquoi j'ai décidé de faire un break. Elle me regarde et me fait remarquer que j'ai été bête. Mais que je comprendrais pourquoi elle ne veut pas que je vois sa famille une fois chez elle. En un quart d'heure on y est. Elle a les clés de chez Emilie alors qu'elle ne veut même pas que je rencontre sa famille, elle ne veut même pas m'en parler. On rentre. On passe par le salon, on monte directement à l'étage dans la chambre d'Emilie. Elle est là, étendue par terre, inerte, couverte de sang. Il y a une bouteille de whisky à ses côtés. Vite. Appeler les secours, mais je n'arrive pas à bouger. Je m'écroule par terre, la tête dans les mains, je hurle, je pleure, je crie, je suis désemparée. Aude prend les devant. Elle appelle les pompiers, ils arrivent. En attendant, elle prend un foulard et l'enroule sur son poignet. Je ne peux plus bouger je ne veux pas revivre ça, je ne veux pas. Emilie pourquoi, pourquoi… Je t'aime tant. Prise de conscience, c'est ma faute, c'est moi. Aude me parle, je ne réponds pas, elle me gifle. Je reprends mes esprits, je me fais engueuler. Les pompiers arrivent, on redescend. Aude me dit de rester là, je suis au salon. Je ne sais plus quoi faire. Je regarde un peu partout, il y a une femme qui dort sur le canapé, mes cris ne l'ont pas réveillée. Il y a des bouteilles d'alcool fort de partout. Toutes vides, certaines cassées. D'autre simplement tombées. Aude revient, elle regarde la femme et m'informe que c'est la mère d'Emilie. Je crois que je commence à comprendre. On monte dans le camion avec les pompiers. Aude m'explique ce qu'il se passe. " Même si c'est pas à moi de te le dire, tu dois le savoir quand même. Comme tu le sais, Emilie s'est faite violer par son père, il y a quelques années. Il était alcoolique. Il frappait sa mère. Un jour, il l'a ruée de coups, surtout dans le ventre, elle a perdu le bébé. Et tout ça sous ses yeux. Après avoir battu sa mère, il a violé Emilie. Puis il s'est tiré parce qu'il a entendu quelqu'un arriver, en l'occurrence moi. Rassure-toi, je n'étais pas seule. Et c'est pour cette raison que la première fois que vous vous êtes embrassées, elle s'est mise à pleurer. Mais ça tu le sais déjà. Ce que tu ne sais pas c'est que depuis ce jour, elle culpabilise énormément. Pour tout. Si elle ne veut pas te montrer à sa famille, c'est par honte. Elle voudrait te montrer une famille modèle. Mais tout ce qu'elle a, c'est une mère alcoolique et dépressive. Et là, c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Tu lui as fait comprendre qu'elle t'avait perdue. Et tu es la seule chose qui la raccroche à ce monde. Si tu regardes bien son poignet, elle se l'ai ouvert en écrivant la lettre C… Claire, ou Christian son père. Au choix, ou peut-être les deux. C comme coupable aussi. Je la connais tellement bien… Si elle meurt, je… " Je culpabilise, Aude pleure, je n'ai plus de larmes, plus de jambes, plus rien. " Je suis… désolée " Je ne sais plus quoi dire, je ne sais plus où je suis, je l'aime tellement, je ne voulais pas qu'elle fasse ça. On arrive à l'hôpital, elle est transférée d'urgence. On ne peut pas venir, il nous faut attendre. Alors on attend. Ils n'ont pas prévenu la mère d'Emilie, elle était pourtant à la maison. Je crois qu'Aude a dû leur dire quelque chose pour qu'ils ne la préviennent pas. Je me pose sur une chaise et les larmes ne me quitteront pas tant que je ne la saurais pas saine et sauve…
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:50

Chapitre 12 - Entre le rêve et la réalité (partie 1)

Et voilà, retour, Claire me manque déjà. Tout va tellement bien entre nous. Le lycée me semble différent depuis que je suis avec elle. Et surtout depuis que nous n'avons plus à nous cacher. Tout le monde est au courant, et ils nous acceptent tous, même nos profs, même ma mère. Aie j'ai mal à la tête, pourtant, je ne me suis pas cogné . Bon, on rentre en cours. Je jongle entre deux états de consciences, rêvasser en pensant à Claire ou suivre le cours tout en pensant à Claire. La deuxième solution me parait quand même plus appropriée. La journée de cours passe extrêmement vite, je n'ai pas vu Claire aujourd'hui, je passerais chez elle ce soir. Je l'amènerais bien au restaurant. Bon, allez, direction le car. Pourtant, je n'ai jamais pris aucun transport en commun. Mais ça me semble normal de le prendre. Rah encore ce mal de tête. Je ne sais pas, en fait, cette journée est très bizarre. Tu penses trop Emilie, tu penses trop, il vient de là ton mal de tête. Allez, détends-toi et pense à Claire, oui seulement à elle. Je rentre chez moi, je dis bonsoir à ma mère, monte dans ma chambre, fais mes devoirs. J'appelle Claire. Marion est chez elle, elle vient d'avoir une petite fille. Tiens, je ne savais pas que Marion était enceinte, je suis heureuse pour elle, j'achèterais un petit quelque chose pour le bébé. Je ne reste pas très longtemps au téléphone avec Claire. Je la laisse en famille. Décidément, cette journée est vraiment bizarre, je ne sais pas pourquoi. Re mal de tête. Il faut que je prenne un cachet, c'est très désagréable. Je me dirige machinalement vers la salle de bain. Je pousse les produits de beauté de ma mère. Tiens je croyais qu'elle n'en achetait plus depuis… Antidépresseurs, somnifères, elle a refait le plein. Au moins, on a de quoi dormir. Je pousse le tout, je tombe sur les lames de rasoirs. Elles m'attirent, je ne sais pas pourquoi, elles brillent, je les prends dans les mains, il y a du sang dessus, je les lâche. Mes mains tremblent, les larmes coulent, mais pourquoi je pleure ? Je ne sais pas pourquoi, mes yeux se dirigent d'eux-mêmes sur mes poignets, ils sont en sang, mais pourquoi je saigne. J'ai mal, ça brûle, je tremble, je ne peux m'arrêter de pleurer. Mais qu'est-ce qu'il m'arrive. Je retourne en courant dans ma chambre, je m'enferme à clé. Ma mère me fait la réflexion, elle n'aime pas que je m'enferme. Non, ce n'est pas vrai, elle ne s'en est jamais rendue compte. Elle avait toujours trop bu pour s'en rendre compte. Quoi ! J'ai de l'alcool dans ma chambre. Du whisky, je ramasse la bouteille, mes mains se remettent à trembler, la bouteille m'échappe, elle s'éclate par terre, pourtant elle ne casse pas, j'aurais jurée qu'elle était pleine, pourtant elle est vide. Mes poignets ne saignent plus, la bouteille a disparu. En fait non, tout a disparu, tout est redevenu normal, enfin je crois, j'espère. La nuit se fait agitée, le mal de tête ne me quitte pas, j'arrive enfin à m'endormir. Le lendemain, je retourne en cours comme si de rien n'était. Quelques amies de Claire passent devant moi et rigolent, je ne comprends pas. Je reçois un sms pratiquement en même temps, c'est Claire, elle me dit qu'elle me quitte qu'elle ne m'aime pas, qu'elle ne veut plus entendre parler de moi, tout est de ma faute. Je n'ai plus de jambes, chaque partie de mon corps tremble. Je tombe au sol. Jessica arrive, elle me relève, on va parler un peu, puis on rentre en cours. La journée se passe très mal. Claire ne répond pas au téléphone, j'ai même essayé avec le téléphone de Jessica et de Jérémy, mais rien n'y fait, elle ne veut pas répondre. Dix huit heures, je retourne à l'arrêt du car. Il arrive, je monte. Les amies de Claire, celles de tout à l'heure, sont là. Elles rigolent toutes très fort, mon mal de tête revient mais il ne fait pas aussi mal que Claire. Je m'assoie. J'entends une conversation, c'est Claire qui est au bout du fil. Merde, elles ont raccroché. Je me lève de mon siège, prétendant de prendre mon sac, mais par où on passe. Je ne connais pas cette route, la montagne ? Mais où sommes-nous ? Claire les rappelle, je les supplie de me laisser lui parler, j'ai les larmes aux yeux et les nerfs dans les poings. Une des quatre pimbêches pose la main sur le téléphone comme si ma voix allait déranger son interlocuteur qui n'est autre que Claire. " Non désolée, on est occupée " Puis elle se remet à rire pour rien. " Ecoute, j'ai vraiment besoin de lui parler, dis-lui que c'est moi, Emilie " Finalement après avoir analysé pendant une bonne minute, elle me tend le téléphone. C'est bien Claire au téléphone, je lui parle, lui explique tout, il y a du monde mais ce n'est pas grave, je ne veux pas la perdre, je lui explique tout de A à Z. Elle ne veut rien entendre, je lui dis que je l'aime, je pleure, je crie que je ne veux pas la perdre, c'est la seule personne qui me raccroche à la vie. Je m'avance, toujours avec Claire en ligne, vers le chauffeur pour voir où il nous emmène. Il y a un virage plus loin, il fait grand soleil. Merde, mais qu'est-ce qu'il fait, il fonce tout droit, le car dérape, on tombe, on tombe, on tombe, il a raté le virage. Pourtant, je n'ai pas l'impression de tomber, je suis juste là, avec Claire à l'autre bout du fil, je lui crie que je suis en train de tomber dans un fossé, elle ne réagit pas, je le sais car c'est elle qui est à la place que j'occupais il y a quelques secondes. Je suis toujours dans le car, pourtant moi je ne tombe pas, on dirait que je vole, je ne sais pas, ça ne s'explique pas, ni la chute. Je crois que pour le comprendre, il faut le vivre. La chute est longue, on tombe, je… enfin Claire… enfin non… c'est moi qui lui parle, comme si elle était toujours chez elle, je lui dis et répète, je le hurle, je le pleure, je le meurs, je l'aime. On tombe toujours, j'ai le temps de tout lui dire. On tombe et je lui avoue mon amour, puis sa voix s'éloigne, elle aussi, son image, sa voix, son parfum, son regard, tout. Elle s'éloigne de moi, je perçois pourtant un petit son, " Je t'aime, reviens-moi, je suis désolée " Non ce n'est pas possible, ce n'est pas la Claire que je vois dans le car qui me dit ça. Je ne comprends pas, je rêve. Oui c'est ça, je rêve, mais je n'arrive pas à sortir de ce rêve, pourquoi suis-je ici ? Je n'ai rien à y faire. Laissez-moi retourner dans la réalité. Puis tout me revient enfin, elle m'a vraiment quittée, je n'ai jamais pris le bus, ma mère est une alcoolique complètement cinglée et moi, je suis une adolescente qui a tenté de se suicider avec les boites de cachets, le whisky et les lames de rasoirs. Peut-être que finalement, je veux rester dans mes rêves, oui j'arriverais peut-être à les contrôler. A avoir la vie que je voulais, ici je ne souffrirais peut-être plus. Car si c'est un aperçu ou une projection de ce qui pourrait se passer dans la réalité alors je suis mieux ici. Je ne veux plus partir. Je veux être avec Claire. Ici je le pourrais sûrement… Je décide de rester…
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:51

Chapitre 13 - Désarroi

Une semaine, les médecins disent qu'il n'y a qu'elle qui peut s'en sortir, mais que si on lui parle, elle peut nous entendre. Elle ne bouge plus, elle a un air si serein. Aude vient lui rendre visite tous les jours. Elle passe chez Emilie aussi. Sa mère est venue lui rendre visite, je crois qu'elle n'avait plus d'alcool, ni d'argent, elle pensait peut-être qu'elle en trouverait ici. Aude l'a ramenée chez elle directement, elle commençait à faire une crise de je ne sais quoi. En fait, je ne m'occupais pas trop de sa mère. Emilie est beaucoup plus importante pour moi. Je lui tiens la main et ne la lâche pas, je lui parle, de tout, de rien, de nous, de ma prise de conscience, de mon erreur, je pleure aussi. Elle est si paisible, si belle… Une larme se dessine au coin de l'œil d'Emilie pour redescendre et s'éteindre sur le drap. Elle pleure ? Je vais voir le médecin, je croyais qu'elle ne pouvait avoir aucune réaction, pourtant elle pleure vraiment.
Il m'explique une grosse théorie complètement bidon sur les poussières dans l'œil, je n'en démordrais pas, je l'ai vu, elle pleurait vraiment, je ne suis pas folle, ou peut-être que si, je suis folle, oui folle d'elle. Je sors, je téléphone à Aude, elle ne peut pas venir tout de suite, mais elle y croit, elle est confiante, Emilie va bientôt se réveiller. Je ne sais pas si confiante est le mot juste, je pense plutôt qu'elle se le dit, et se le redit jusqu'à venir s'en persuader, jusqu'à y croire pour que ça fasse moins mal. Je retourne dans l'hôpital. Je me prends un café. Une infirmière vient et me demande si ça va, je ne dors pas beaucoup… J'acquiesce et retourne dans la chambre de ma bien-aimée… Elle ne bouge toujours pas. Je m'avance vers elle, enlève une mèche qui lui tombe sur les yeux, j'ai envie de l'embrasser. Je l'aime tant, je ne veux pas la perdre, pas comme ça, pas maintenant, jamais. Je me rapproche et lui donne un baiser sur le front, comme ceux qu'elle me donnait, ceux que j'aimais tant, ça me réchauffait le cœur quand j'allais mal, me calmait quand j'étais trop excitée, me redonnait le sourire, me faisait rire, me rendait heureuse. Ce baiser peut-être insignifiant, mais qui voulait dire tellement pour moi.


" Et si je m'en sors sans bleus au corps
Être normal pour être bien effacé
Quelques lignes de ma main.
Et si je m'en sors je veux encore sentir
La chaleur de ce beau matin,
Ensemble allié contre un drôle de destin
Sans toi je n'existerais pas,
Sans toi je ne me connais pas.
Quelques silences au fond de moi,
Y'a des silences et c'est comme ça.
Et si je m'en sors… "

© Julie Zennati, " Et si je m'en sors "
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:52

Chapitre 14 - Entre le rêve et la réalité (partie 2)

Nous voilà de retour en cours. J'avoue que ce rêve m'a vraiment troublée, je ne sais pas quoi en penser, vraiment je suis désemparée. Je crois que je suis en sécurité au lycée. On rentre donc en anglais, en fait, c'est en anglais, mais avec le prof de français. Il doit sûrement être absent, ne te prends plus la tête, arrête de chercher toujours le pourquoi du comment du parce que du qui que quoi dont où… Donc nous allons en franglais, au moins il n'y aura pas de confusion possible. On écoute toutes attentivement pour une fois, lorsque le prof sort tout seul, sans savoir pourquoi. Je le suis de près, je veux savoir ce qu'il se passe, j'avance de plus en plus près. Tous les profs sont là, ils discutent. Je crois qu'ils parlent d'une fille qui n'est pas du lycée, petite brunette aux yeux bleus. Minute de réflexion. C'est Claire, j'en suis sûre. Les profs me repoussent, je me débats, je crie son nom, j'arrive à passer outre les profs, je la vois. Elle est là, étendue par terre, entourée de sang, de son sang. Il y en a de partout, c'est horrible. Elle a les yeux grands ouverts. Elle est morte, oh mon dieu ! Je me précipite vers elle. Non, on me retient, je crie, je me débats encore et toujours, de plus en plus, on me porte, mais je repousse, je balance des pieds comme si ça allait la faire lâcher plus vite. " Ecoute Emilie, tu ne nous aides pas en restant là. Allez, va dehors te calmer, les pompiers vont s'occuper de ton amie " Elle n'a jamais rien compris, elle n'a jamais rien voulu entendre autre que ce qu'elle voulait entendre, autre que ce qui était beau et doux à ses oreilles. " Pauvre prof, tu n'as donc toujours pas compris, tu ne comprendras vraiment jamais rien. " Elle me regarde, elle est interloquée, elle ne sait pas quoi répondre. Je n'ai pas pour habitude de la tutoyer. A vrai dire, je ne tutoie qu'un prof et c'est quand je vais mal. Il fait d'ailleurs de même avec moi. Elle m'entraîne vers les filles, elle me lance littéralement par terre. Les filles me demandent ce qui se passe, je ne peux pas parler, je pleure, Claire, Claire, Claire, rien d'autre n'a d'importance. Elles essaient de me relever, je les pousse, je retourne dans cet amas de profs, il faut que je passe, que je la voie. Je n'ai pas le choix. La prof se jette sur moi, elle m'entraîne dehors, je ne peux me débattre, ils sont trois sur moi. Finalement, je me dégage de l'étreinte de ma prof d'économie, je la gifle et que se passe-t-il quand on gifle un prof ? Les deux autres profs me lâchent pour voir comment va la troisième. Quelque fois, j'aime la solidarité, ça sert à quelque chose, mais trêve de plaisanteries. Je retourne contre ce troupeau, les bouscule. J'arrive enfin devant elle, la prends dans mes bras, je pleure. Les larmes coulent et recoulent, se mélangent à son sang, je lui prends les mains, les poignets. Je prends un foulard et je bande ses poignets. Je l'embrasse sur le front, comme à mon habitude, mais cette fois, aucune réaction. Ma prof revient et hurle encore, une hystérique qui finira psycho maniaco-dépressive. Mais cette fois, aucun autre prof ne la laisse passer, elle reste bouche bée. Les pompiers arrivent enfin. Je me retrouve dans la cour, ils l'ont mise sur un brancard. Moi je suis là et je ne peux pas bouger. Le camion part. Je retrouve Claire devant moi, elle me parle, mais elle est pâle, je la prends dans mes bras, si heureuse qu'elle n'ai rien. Je lui demande comment elle fait pour être là alors que je viens de la voir partir à moitié… morte… Elle me fait un signe de tête qui veut dire non… Mais non quoi ? Elle me regarde, me sourit. Elle ne parle pas. Pourquoi j'enchaîne les questions, j'en ai tellement que je ne comprends même plus ce que je dis. Mais pourtant, je sais qu'elles sont toutes importantes. Je lui parle, je pleure encore et toujours, elle continue de me sourire, j'aime tant quand elle sourit. Elle ne répond toujours pas. Mais qu'est-ce qu'il se passe. Claire, réponds-moi. Je la vois s'éloigner, toujours avec ce hochement de tête qui signifie non… Elle s'éloigne toujours plus. Je veux lui courir après, la rattraper, mais quelque chose m'en empêche, ce n'est pas quelqu'un, mais bien quelque chose, d'invisible, je ne peux pas bouger, je ne sais pas pourquoi, je ne peux pas bouger. Non reviens, je t'aime, ne pars pas, ne me laisse pas, je t'en prie, reviens, je ne comprends, pas reviens, j'ai tant besoin de toi. Claire… Et là, je me rends compte que je suis toujours enfermée dans mes rêves et que, même à l'intérieur, je ne peux éviter de souffrir et de la perdre. Et dans chaque scénario, c'est toujours pareil, d'une façon ou d'une autre, je finis toujours par la perdre, toujours. Et je ne peux qu'être une stupide spectatrice qui pleure encore et toujours. Je veux la revoir, oui la revoir, elle, et non pas une projection de mon esprit qui lui ressemble, qui a son visage, sa voix, son corps, ses manières, qui a son sourire, qui a tout d'elle, sauf que ce n'est pas elle. C'est juste un rêve, et ce rêve, je n'en peux plus, je veux me réveiller. Je veux me réveiller pour pouvoir encore une fois voir son sourire, mais le sien et uniquement le sien, même si je n'en suis pas la cause. Je ne veux plus le rêver, l'imaginer, je veux retourner dans ce monde, que j'ai eu envie de quitter.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:52

Chapitre 15 - Réveil

Je m'en veux tellement de ce qui s'est passé. Aude revient encore tous les jours, parfois cinq minutes, parfois plusieurs heures. Je les laisse quelque fois seules, toutes les deux, je sais très bien ce que Emilie représente pour Aude. Elle lui parle énormément, hier je crois que je l'ai entendue pleurer, je n'ai pas voulu m'en mêler. La mère d'Emilie n'est pas revenue. Je suis retournée en cours, mais je n'ai pas du tout la tête à ça. Alors je sèche parfois, je trouve des excuses pour sortir de cours. Je ne peux rester cloîtrée dans cette salle remplie de gens souriants et pleins de vie, alors que la fille que j'aime est sur un lit d'hôpital entre la vie et la mort et ce en partie de ma faute. Je m'en veux, je m'en veux tellement. Je ne me le pardonnerai jamais. J'ai été tellement stupide, je ne voyais que mon propre bonheur, j'ai été égoïste. Je sens quelque chose qui bouge, je soulève la tête, j'ai du m'assoupir, car je suis avachie sur le lit et sur le bras d'Emilie. Je la regarde, je pense avoir rêvé, je passe mes mains dans mes cheveux. Je lui prends la main, elle la serre faiblement, oui mais elle la serre quand même, elle est en train de se réveiller. J'appelle vite un médecin.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:53

Chapitre 16 - Retour à la réalité

J'ai mal au bras. On dirait que quelqu'un y fait pression dessus. Je tente de bouger ma main endolorie. J'y arrive un peu. Mon poignet me brûle, mes yeux me piquent. J'arrive à peine à les entrouvrir, la lumière est trop forte, puis tout ce blanc. J'entends des voix lointaines, la pression sur mon bras s'estompe, je ne distingue pas vraiment, mais je crois que c'est une fille, peut-être Claire ? Non ma pauvre, tu rêves, peut-être pas, mais peut-être quand même. Comme on dit l'espoir fait vivre, j'ai mal de partout. Quand j'arrive enfin à ouvrir les yeux, il y a quelques personnes qui me fixent. Je reconnais Aude à son odeur, un médecin à sa blouse. Le médecin me parle, je ne comprends pas tout, je fronce les sourcils et je le vois partir et emmener Aude avec lui. Pourtant la troisième personne reste, elle ne veut pas partir apparemment. Elle s'avance vers moi, je distingue beaucoup mieux son visage. C'est Claire et elle avance vers moi. Elle se pose sur le coin du lit, me replace une mèche. Je sens son parfum, son doux parfum, je sens aussi sa main se poser sur ma peau. Elle me sourit, je revois enfin son sourire, son beau sourire et il est pour moi, mais accompagné de larmes. " Je suis tellement désolée Emilie, je t'aime tant je ne voulais pas… je ne comprenais pas… je ne veux pas te perdre, j'ai été bête, je te demande pardon " Tout s'enchaîne dans ma tête, tout s'embrouille, entre rêve et réalité, je ne sais plus faire la différence. Est-ce que je rêve encore, vais-je encore une fois la perdre ou est-ce vraiment la réalité ? Je ne sais plus, pourtant elle semble si réelle. " Est-ce que je rêve ? C'est bien toi ? Claire ? " Elle acquiesce et m'embrasse. J'ai attendu tellement longtemps ce moment, ce n'est que de courte durée. Le médecin revient pour mettre gentiment Claire dehors, je dois me reposer à ce qu'il dit. Mais je n'ai aucune envie de dormir alors que dans mes rêves, je perds Claire et que dans le réel, elle est à mes côtés. Mais finalement, la fatigue me gagne très rapidement, je suis épuisée, je m'endors très rapidement. J'ai dû, depuis mon réveil, subir quelques examens, puis, des psychologues sont venus me voir. A vrai dire, deux psys, un homme et une femme. Mais je n'ai eu envie de parler à aucun d'eux. Je ne suis pas folle, puis leurs questions, pourquoi j'ai fais ça ? Y a-t-il des problèmes dans ma famille ? Comment se passe les cours, est-ce que je subi une quelconque pression, un trop grand poids sur les épaules… ? Je n'ai vraiment pas envie de leur parler, pourtant c'est eux qui décideront si je suis apte ou non à pouvoir rentrer chez moi, à choisir la date de ma sortie. Et surtout, c'est eux qui décideront si j'ai besoin d'un suivi psychologique plus approfondi ou non. Mais si je leur dis tout, ils m'enlèveront ma mère, car malgré le fait qu'elle soit alcoolique et parfois méchante avec moi, qu'elle ne remplisse pas son rôle de mère, c'est quand même ma maman et je ne peux lui faire ça ; il ne lui reste que moi, elle ne pourra pas se débrouiller toute seule, et moi je ferais quoi sans elle. Puis, s'ils m'enlèvent d'ici, je ne verrais plus Claire, alors j'ai décidé de mentir à ses psys qui croient m'aider en voulant que je me confesse. Si je parle de mon père, de mon frère, de tout, peut-être serais-je libérée de tout ça, peut-être qu'il arrêtera de me hanter, de m'empêcher tous les ans à la même période de dormir. Seul Claire me donne l'envie de vivre, elle m'apprend à respirer, à aimer cette vie, ou du moins, elle m'apprenait. Depuis mon réveil, elle n'est venue qu'une fois, elle ne m'a pas embrassée, rien, juste des sourires. Je crois qu'elle veut qu'on soit amies, mais je veux plus, tellement plus de sa part. Je ne pourrais me contenter d'une simple amitié avec elle, je la désire trop. Tiens, Mme la psy revient, je vais faire semblant de dormir, peut-être qu'elle repartira.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:54

Chapitre 17 - Perdue

Depuis qu'Emilie s'est réveillé, je n'ai osé aller la voir qu'une seule fois. Je ne veux pas la brusquer ou qu'elle pense que je veux être avec elle à cause de ça et par pitié. Je ne veux pas qu'elle croie que mon amour pour elle ne dépend que de ça. J'ai appris par Aude qu'elle était suivie par des psychologues, il me semble qu'il y en a deux. C'est peut-être pas plus mal, elle pourra enfin parler à quelqu'un d'extérieur, demander un avis. Ou peut-être pas justement, je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue. Je me sens tellement coupable et je ne peux plus le raconter à ma mère. Ca fait quelques mois déjà qu'elle est décédée, je ne suis pas allée au cimetière depuis. Johan y retourne régulièrement, je refuse à chaque fois. Tout me tombe dessus en ce moment, depuis la tentative de suicide d'Emilie, Johan est redevenu un peu distant avec moi, même s'il me console chaque fois que je rentre à la maison. Je ne sais plus quoi faire, aller la voir, lui parler, attendre qu'elle sorte, ou ne rien lui dire, faire comme si. Non je ne peux pas, ni attendre, ni me taire. Ce silence me pèse trop, il faut que j'aille lui parler, au moins la voir, lui dire quelque chose, je ne sais pas quoi, mais être avec elle. Quand je n'allais pas bien, elle était là, dans tous les coups durs, elle était là, mais moi je suis incapable d'être avec elle au moment où elle en a le plus besoin. Je voudrais tellement faire quelque chose mais quoi. Que pourrais-je bien faire ? Puis les profs au lycée qui me demandent ce que j'ai, ma classe. Tous… Que leur dire ? A qui ? Comment ? Pourquoi ?… Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdue.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:55

Chapitre 18 - Séance avec le psy

J'ai enfin eu le droit de me lever, mais pas pour sortir et je n'ai même pas le droit de fumer une cigarette. Ca me manque terriblement, ils me mettent des patchs, mais je ne les supporte pas. Bref, j'ai une permission pour sortir de mon lit et pour aller direction un bureau voir le psy. Super, je suis trop enthousiaste. C'est justement ce qu'il me fallait, une séance de psychothérapie. Je rentre dans son bureau, je ne cherche même pas à regarder partout, je me pose sur un fauteuil et j'attends qu'il me parle. Je sais qu'il veut que je me dévoile, que je lui déballe ma vie et tout ce qui ne va pas, et pourquoi je comptais les régler en mettant fin à mes jours. Mais je le fixe uniquement, je veux qu'il parle en premier. Vas-y, pose tes questions. Je ne veux pas entrer dans ton jeu.
" Bien mademoiselle, je vois que vous n'êtes pas très bavarde. Alors pourquoi pensez-vous être ici ? "
" Parce que vous m'avez obligée, parce que c'est vous qui avez mon passe droit pour sortir d'ici. Parce que j'ai essayé de me suicider. "
" Je vois que vous avez du caractère. Allons bon, parlons de vous. "
" Y'a rien à dire, j'ai pas envie de parler de moi. "
" Voilà ce que nous allons faire, je vous pose des questions et vous y répondez franchement. Ca vous va ? "
" Est-ce que j'ai le choix ? "
" Bien, vous êtes intelligente et avez compris rapidement que seul moi peux donner l'autorisation de votre sortie, alors si vous voulez bien coopérer. "
Houlà un psy qui fait du chantage, on aura tout vu ! Finalement, je suis peut-être vraiment cinglée. Je fais un oui affirmatif.
" J'ai cru comprendre que la jeune fille qui vous a amenée ici et vous, êtes très proche. "
De qui parle-t-il, de Claire ou d'Aude ? Comment sait-il ?
" Oui. "
" Parlez-moi un peu plus de cette jeune personne. "
Il parle bien de Claire, plus aucun doute.
" C'est juste une amie " Que pouvais-je dire d'autre. C'est ma petite amie ou mon ex, je ne sais pas vraiment, et c'est l'une des raisons de ma présence ici. Je ne pouvais pas.
" Bien, bien, juste une amie, d'accord. Et l'autre demoiselle ? "
" Aude ? C'est ma sœur "
" J'ai vu votre dossier, vous n'avez pourtant pas de sœur. " Il me regarde à travers ses lunettes légèrement baissées sur son nez. Mon dossier, quel dossier, j'ai un dossier ?
" Oui, mais elle est très importante pour moi, c'est tout comme "
" Tout comme, bien, bien. Votre sœur. D'accord " Il note tout sur un papier, et pourquoi il répète toujours ce que je dis ? Ca a le dont de m'énerver, je ne supporte pas les perroquets.
" Et donc euh, vous vous connaissez depuis longtemps, vous et votre 'sœur' ? "
" Je ne compte plus les années, mais oui, assez. "
" Donc euh avez-vous un petit ami ?"
" Pardon ? " Pourquoi il demande ça comme ça lui.
" Simple question, aucune des deux jeunes filles, n'est plus proche de vous, que ce que vous venez de me dire ? "
Mais, mais… Il cherche quoi ? Il entend quoi par là ? Il veut me faire dire quoi ? Je…
" Pourquoi toutes ces questions ? "
" Bien, bien, vous répondez à une question par une autre question. De cette façon, vous évitez ma question, intéressant. "
" Quoi ? " Ok, il m'a dit de coopérer. Alors coopère, Emilie ! Tu sortiras plus vite d'ici après. " Je n'ai pas de petit copain et Aude est comme ma sœur depuis longtemps, Claire est une amie depuis près de quatre ans. "
" J'ai ouïe dire que vous étiez extrêmement proche et que vous l'affichiez dans votre lycée, je me trompe ? "
Je n'y crois pas, il est aller parler à mes professeurs.
" Oui on est très proche, je ne vois pas le problème. Je l'ai prise dans mes bras parce qu'elle venait de perdre sa mère, je ne vois pas où est le mal. "
" Bien, un de vos camarades de classe m'a pourtant affirmé que vous étiez plus que de simples amies. "
" Et ? Désolée mais je ne vois pas où vous voulez en venir et je ne crois pas que cela vous regarde, c'est notre vie, c'est entre elle et moi. Vous n'avez rien à y dire ou à en parler, ce ne sont pas vos affaires. Si un camarade de ma classe vous a dit ça, il peut penser ce qu'il veut. Oui, je suis amoureuse de Claire. Et alors, où est le problème ? " Voilà je me suis emballée, j'en ai encore trop dit. Il a l'air satisfait, il sourit et note toujours sur son petit cahier.
" Vous savez, chez les jeunes homosexuels, autant filles que garçons, le suicide est très fréquent et… "
" Houlà je vous vois venir avec votre théorie pourrie sur le suicide des homosexuels, que ce n'est pas une maladie, qu'il faut que je m'accepte, je suis comme ça, je n'y peux rien etc etc "
" Je voulais simplement vous dire que parfois, ça peut être très dur à vivre et que le suicide n'est en aucun cas une solution. "
" Réfléchissez bien, si je n'acceptais pas cette situation, pensez-vous que j'embrasserais ma copine devant témoins. Non, mais, je sais pas c'est ridicule quoi, puis vous êtes bien beau avec votre diplôme et tout, mais je ne suis pas folle, ni malade, ni rien, je me rends bien compte que j'ai fait une énorme connerie, que je suis une imbécile et que je ne le referai jamais. Que c'est puéril et que je passe pour une lâche, que de toute façon, mourir ne changera rien, au contraire, les gens souffriront encore plus. Merci, mais si je suis venue pour que vous me fassiez un sermon sur l'homosexualité difficile à vivre, sur mon enfance, sur mes fréquentations et sur le pourquoi de ma tentative de suicide. Bah merci, mais non merci. " Fiou ça défoule drôlement, j'y suis peut-être allée un peu fort là.
" Je ne suis pas là pour vous juger mademoiselle, seulement pour vous écouter et si besoin est, vous aider. Mais je pense que vous n'avez pas besoin d'aide et surtout pas de la mienne, il vous faut retrouver les gens qui vous sont chers. Je ferai les papiers d'autorisations de sortie. Dites à votre représentant légal de venir pour les signer et samedi, vous serez chez vous. Par contre, je voudrais vous revoir. "
" Je suis émancipée, je les signerai moi-même. "
" J'ai pourtant cru comprendre que votre mère est venue vous rendre visite et que vous vivez chez elle. "
" Oui c'est vrai, mais je ne suis pas à sa charge. Vous m'apporterez les papiers quand ils seront prêts ? " Il acquiesce, puis je sors. Je me sens soulagée même si je ne lui ai pratiquement rien dit, je ne sais pas pourquoi. Tout ce que je sais, c'est que samedi je serai enfin sortie d'ici.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:55

Chapitre 19 - Retour à la maison

J'ai très mal dormi, enfin si on peut appeler ça dormir, je n'ai pas fermé l'œil de la nuit, trop pressée d'être à demain, enfin aujourd'hui. Car c'est Samedi et c'est aujourd'hui qu'Emilie sort de l'hôpital. Avec Aude, on va la chercher. Je fais les cents pas dans ma chambre en l'attendant. Johan, lui, est retourné au travail. Tiens, j'entends une voiture, je me précipite dehors, c'est bien Aude. Je suis tellement impatiente de la revoir, enfin, et pas entre quatre murs. Je hais ces murs, je hais cet hôpital, mais trop souvent, j'aime les personnes qui y sont dedans… On ne passe même plus par l'accueil, Emilie nous attend déjà devant l'ascenseur, elle vient juste d'en descendre. Elle aurait pu rester là haut, je lui aurais pris ses affaires. Elle a un grand sourire en nous voyant, je m'avance vers elle et l'enlace. Aude prend les affaires d'Emilie et apporte tout ça à la voiture, on la suit de très près. Aude et Emilie s'échangent un long regard. Je me demande de quoi elles parlent, car oui elles parlent avec leurs yeux. Emilie sourit. " Ok j'ai compris, c'est partie, on y va ". Oui. Oui, moi aussi, j'ai tout compris. En fait, non, je n'ai rien compris, mais ce n'est pas grave. Emilie ne parle pas beaucoup, pendant le trajet. On fait un arrêt. Emilie est malade en voiture. Aude va chercher dans la boutique de l'eau et à manger. Moi je reste avec Emilie, je l'accompagne aux toilettes. Faut descendre des escaliers, y'a des grands miroirs partout. On est entourée, c'est beau, mais bon c'est un peu spécial. Emilie va aux toilettes. Je me lave les mains, machinalement. Emilie ressort, elle pleure… Elle s'écroule par terre, la tête dans les mains. " Laisse-moi, arrête, arrête, je t'en pris arrête… je t'en pris… " " Emilie, c'est moi, c'est moi, tu n'as rien à craindre c'est moi… " Sur ces mots, elle me repousse violemment… " Pourquoi, Pourquoi tu m'as fais çà, pourquoi ? POURQUOI ? " " Emilie… C'est moi, c'est Claire " Je me baisse pour la prendre une nouvelle fois dans mes bras, que nos regards se croisent. " Ne me regarde pas, ne regarde pas ce que je suis… " Je… Je ne sais plus quoi dire, qu'est-ce qu'il lui arrive. " Emilie, Emilie, je… " Des gens commencent à arriver, ils nous demandent ce qu'il se passe, ils veulent nous aider, mais Emilie refusent toute aide, elle me repousse encore. Que dois-je faire ?… Que lui arrive-t-il ?… Emilie regarde moi, c'est Claire, je t'aime… Emilie. Quelqu'un est arrivé et a tendu sa main à Emilie. " Viens puce, n'aie plus peur, je suis là maintenant " Emilie prend la main de la personne, c'est Aude. La sécurité arrive, on leur dit que tout va bien. On part vite dans la voiture. Plus personne ne parle, la radio en fond, j'ai une mine affreuse, Emilie a arrêté de pleurer mais a toujours de petits sursauts à causes des sanglots qui reviennent parfois, mais de moins en moins. Aude se retourne souvent voir comment va Emilie. Je me demande ce qu'il s'est passé. Même si je pense savoir déjà, ça a un rapport avec son père, j'en suis sûre. Aude nous dit qu'on est bientôt arrivées. Je m'inquiète tellement pour Emilie. Depuis tout à l'heure, je la fixe, elle a le regard perdu, le visage contre la vitre, elle regarde, le vide. Elle ne parle plus, elle ne bouge plus. On dirait qu'elle n'est plus là. Je ne l'ai jamais vu comme ça. Je n'aurais pu imaginer la voir un jour dans un tel état, autant mental que physique. On arrive devant une jolie maison de campagne. Aude prend les affaires et m'explique où sont les chambres. Puis elle revient à la voiture m'aider à porter Emilie. Arrivée dans la chambre, elle nous laisse. Je couche Emilie sur le lit, la déshabille, j'hésite à redescendre ou à rester avec elle. Je m'inquiète tellement pour elle. Finalement, je décide de sortir. Je dépose un baiser sur le front de cette inconnue qui porte pourtant le nom de ma bien aimée et je sors discrètement de la chambre. Aude est là, dans le salon, accoudée à la fenêtre avec une clope. Elle aussi a désormais le regard vide. Je ne veux pas la déranger, je pense que la journée fut assez éprouvante pour toutes les trois, je dépose un mot sur la table et je sors faire un tour. C'est beau, l'horizon, les bateaux, la mer, le bruit des vagues, le chuchotement du vent. C'est vraiment magnifique. J'aimerais venir ici avec Emilie, mon Emilie. Je me pose sur les rochers, je ne sais pas exactement combien de temps je reste assise là, à regarder le lointain, à rechercher ce vide que j'ai vu dans ses yeux. Je me perds dans mes pensées, me remémore ce qu'il s'est passé ces derniers mois. Tout est arrivé tellement vite, tellement tout en même temps. Une petite rafale de vent me ramène à la réalité, je dois rentrer, il se fait tard. Je rentre. Aude m'attendait, enfin je crois, elle est sur le canapé, elle me sourit comme pour me demander si je vais un peu mieux. On monte chercher Emilie, on va manger. On s'installe à la table, je me lève pour aider Aude, elle me fait signe de m'asseoir, elle s'occupe de tout. Alors je m'exécute, je ne quitte plus Emilie des yeux, j'ai peur pour elle. Je crois que, en fait, je n'ai pas peur de la perdre, non j'ai peur qu'elle se perde elle-même. " Je… Je suis désolée… Pour tout, de vous avoir fait peur, de… de tout… Je… " " Tu n'as pas à t'excuser Puce, tu n'as pas à t'en faire " Aude lui sourit, je suis incapable de répondre. Je ne sais pas quoi lui répondre, en fait, si j'aimerais simplement lui dire que je l'aime. Le repas se fait calmement, parfois on a le droit à quelques petites anecdotes de la part d'Aude qui l'égaille un peu et qui nous font sourire, parfois un peu rire. On est toutes épuisées, on va rapidement se coucher. Emilie se couche la première, moi j'ai oubliée quelque chose en bas, il faut que je redescende… Quand je remonte, elle est endormie en boule tout près du lit. Je pense qu'elle ne veut pas de moi alors je me couche de mon côté et ferme les yeux, un peu triste de ne pas pouvoir l'avoir entre mes bras. Elle me manque, elle est si proche, mais à la fois si loin. Je n'arrive pas à dormir… " Claire… Est-ce que tu dors ? Je suis tellement désolée… Pourquoi tu es si loin de moi… Je te fais peur ? Tu ne veux plus être avec moi ? Tu m'en veux ? " Après ces quelques paroles, je m'approche d'elle, je prends sa main dans la mienne et la pose sur son cœur, je la sers fort contre moi. " Ne t'inquiète pas mon cœur, jamais tu ne me perdras, tu n'as rien fait de mal, je ne voulais simplement pas te réveiller, tu as l'air fatiguée. Tu ne me fais pas peur, oublie, oublie tout le temps d'un rêve, je suis là et je ne te laisserais pas, parce que je t'aime, endors-toi mon ange " " Je ne peux pas dormir sans toi, tu sais Claire, je t'aime. " Alors nous nous endormons comme ça. Je suis bien seulement quand je suis dans ses bras. Seulement quand je suis avec elle.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:56

Chapitre 20 - Emilie es-tu là ?

J'ai bien dormi, oh oui, très bien, j'étais dans ses bras, je sentais son odeur, sa chaleur, son souffle dans mon cou. J'ai envie d'aller de l'avant, de retrouver celle que j'étais… De vivre pour moi, pour Claire et moi, pour nous. Je ne veux plus me torturer avec mon passé, ce passé pour qui j'ai bien cru mourir, ce passé qui, à petit feu, me suicide. Ces couteaux dans mon cœur qui, avec le temps, creuse et s'enfonce encore plus dans ce cœur qui saigne à n'en plus finir, ce cœur du passé, ce passé du cœur. Je n'en peux plus, je m'en veux plus. Je ne veux plus vivre avec cette image de toujours être sur mes gardes de peur de voir mon père débarquer, de voir ce violeur, ce tueur, cet homme si violant, capable de tuer, de tuer sa propre famille… je ne veux plus fermer les yeux en revoyant encore et encore cette scène, me disant que j'aurais pu, que j'aurais du faire quelque chose… Je ne veux plus rouvrir les yeux, être chez ma mère, descendre la voir sur son canapé, endormie, entourée de bouteilles toutes vides et sentir l'alcool dans toute la maison. Qu'elle ne s'occupe pas de moi, qu'elle ne me voit pas. J'en ai marre de prendre son rôle de mère. De tout faire pour la rendre fière, alors qu'elle ne voit même pas que j'existe. J'en ai marre de faire souffrir Claire, de faire souffrir Aude. De l'aimer tellement, oui j'en ai marre de l'aimer, et en même temps de la détester. Je la déteste d'être arrivé au bon moment, de ne pas l'avoir laisser me tuer, parfois j'aurais préférée… Je la déteste de ne pas être arrivée plus tôt, elle l'aurait peut-être sauvée… Je la déteste de m'aimer comme ça, de m'aider… Je la déteste, je ne mérite pas tout ça… Oui je la déteste, mais je l'aime encore plus… C'est ma mère, ma sœur, mon père, mon frère, elle a tout ces gens en elle, tous ceux que je n'ai plus, c'est elle. Tout ceux que j'ai perdus, je les retrouve en elle. Mon autre, mon moi, mon âme sœur, une partie de mon cœur, une partie de ma vie que je déteste, une partie de ma vie que jamais je ne pourrais oublier, mais en même temps, je lui suis tellement redevable, pour tout, pour tellement, pour beaucoup, pour trop. Car j'ai remis il y a de ça quelques années, ma vie entre ses mains, elle a fait de moi la personne que je suis aujourd'hui. Elle a fait de moi une personne et non pas un nom sur une pierre tombale. Elle m'a soutenue dans tous mes choix, m'a acceptée sur tout. M'a consolée, m'a prêtée son épaule pour pleurer, sa chambre pour dormir, sa vie pour grandir. Car oui, elle m'a consacrée une partie de sa vie, elle m'a donnée une partie de sa vie, elle m'a dit que j'en faisais partie, que j'étais une partie d'elle. Aude est pour moi plus qu'une simple sœur, c'est celle qui m'a sauvée, c'est cette main qu'elle ma tendue, c'est cette lumière quand au fond du trou, il n'y avait plus que désespoir et noirceur, c'est cette voix de la raison. Quand à Claire, c'est devenue ma vie. Alors, si je ne peux pas vivre pour moi, si je n'y arrive plus, si je n'y crois plus, je n'aurais simplement plus qu'à penser à elles. Qu'à me dire que je dois vivre pour elles, parce qu'avec ce qu'elles ont fait pour moi, je n'ai pas le droit de tout gâcher maintenant. Alors je vais rechercher cette fille qui a disparu, cette fille que j'étais avant cette dépression, avant cette connerie, je vais la chercher, partout, je la retrouverais, et ce soir, je tuerais celle que je suis devenue ou plutôt, je tuerais mon passé, pour simplement vivre mon présent et exister pour mon futur. Alors ce matin, je me réveille, elle est à mes côtés et je l'aime, je la sers fort contre moi, je lui chuchote à l'oreille tout ce qu'elle représente pour moi puis je me lève, j'ai envie de leur faire un petit déjeuné. J'ai envie de regarder le ciel, de voir le soleil et qu'enfin je puisse me dire que je le trouve beau, qu'enfin je puisse apprécier cette vie, qui il y a des années m'a salie. Enfin me dire que la vie est belle. Moi ma vie s'appelle Claire. Ma conscience s'appelle Aude. Et le soleil est beau ce matin. Il me caresse le visage et me montre une nouvelle vie, pleine de bonheur en perspective. J'aimerais ne jamais avoir à me dire que tout n'est qu'éphémère et qu'un jour ça se finira. Je me plais à croire à mon rêve et à sourire à ce soleil, qui aujourd'hui, est pour mes yeux, rempli d'espoir. Je me plais à dire " je t'aime " à l'élue de mon cœur, à le crier, à le chanter, à lui murmurer, à lui montrer. Parce qu'aujourd'hui, j'ai décidé d'exister.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:57

Chapitre 21 - Journée à plage

Je me réveille. Emilie n'est plus là. Je sens son odeur. Je me lève et vais directement dans le salon. Par la baie vitrée, je vois Aude en train de déjeuner avec mon cœur pour compagnon. Emilie se lève et me sourit, elle a préparé le petit-déjeuner spécialement pour nous. On déjeune, donc, dans la bonne humeur, avec vue sur la mer et les voiliers au loin. Entourée de palmiers et de fleurs de toutes les couleurs, quel magnifique paysage. Le soleil tape déjà beaucoup, une belle journée s'annonce. Je me mets à rêvasser. Emilie a apparemment prévu tout le planning de la journée. On va à la plage, donc après avoir déjeuné, nous nous préparons. Arrivées à la plage, il y a énormément de monde, mais un emplacement nous attend, oui il est fait pour nous. Ni trop près de la plage, au cas où les vagues deviennent trop fortes et que la mer décide d'avaler nos serviettes, ni trop loin pour ne pas faire un slalom de dix minutes pour aller à l'eau. Donc l'emplacement idéal nous tend les bras. On se pose, Aude saute littéralement à l'eau, elle a trop chaud. Le temps de poser tout l'attirail, magazines, lunettes de soleils, stylos, portables, baladeur MP3, et tout ce qui va avec. Et nous voilà toutes les trois à l'eau. En fait, pas tout à fait, l'eau est un peu fraîche, je mets bien un quart d'heure à y entrer, et encore, c'est parce qu'Aude et Emilie se sont amusées à me lancer de l'eau dessus. Donc maintenant, je suis trempée, mais bon, trempée dans l'eau donc c'est, disons… Normal… Non ? On s'éloigne un peu de toute la population en transe et on va discuter un peu plus loin. Moi qui n'aime pas trop m'éloigner du bord, je fais un effort. J'ai encore pied, c'est l'essentiel. On discute, on rigole. On me coule aussi. Les filles me taquinent parce que je ne suis pas rassurée d'être loin du bord. Alors elles commencent à partir vers les bouées jaunes, me laissant seule avec les petits poissons et les algues et l'eau pas bien propre, et les méduses… haaaa des méduses, ha non c'est un sac, les gens sont sales, c'est pas possible. Ha c'est quoi ça ? Ouf un poisson. Quoi ? Non je ne suis pas une peureuse n'importe quoi. Respire, respire, tu es juste entourée de poissons qui te bouffent les pieds, d'algues toutes gluantes et assez grandes pour t'accrocher le pied et te couler, et des rochers glissants ou au contraire qui te coupent les pieds, tu es juste entourée de milliard de mètres cubes d'eau dans lequel tu peux facilement te noyer et tu y es seule, car tes amies te font une blague, qui ne fait pas rire, enfin qui ne te fait pas rire. Donc Claire, relativise, tout va bien, tout va très bien. Aude et Emilie se sont arrêtées de nager vers les bouées, toutes deux alternent entre me regarder et se regarder, puis voyant que je pique une crise (enfin c'est elles qui le disent, je ne piquais pas ma crise, c'est faux, je parlais juste un peu fort pour leur demander de revenir que ce n'était pas drôle) elles explosent de rire. Malgré mon insécurité certaine autour de toute cette eau trop profonde et pas assez transparente, de voir Emilie rire de bon cœur, me fait sourire, je suis heureuse de la voir comme ça. J'ai vraiment eu peur. Je ne les vois plus, je commence à crier leurs noms, personne ne répond. Haaaa mon Dieu, on m'attrape le pied, un requin, un requin, un " haaaaaaaa " Je vois deux têtes sortir de l'eau, c'est Aude et Emilie, elles continuent à rire, à n'en plus finir, moi je commence à taper Aude gentiment. " Non mais ça va pas, vous voulez que j'ai une crise cardiaque " " Non mais, c'est marrant de te voir hurler au beau milieu de l'eau " " Je ne vous parle plus, voilà " " Oh madame est fâchée, c'est con, bon moi je sors, je vais me faire bronzer. Bisou Miss Boudeuse " " Je ne boude pas " En fait, si je boude, mais non, mais aussi, elles l'ont cherché, voilà. Emilie s'approche de moi, je fais semblant de tourner la tête pour continuer le jeu, je suis censée être fâchée. Elle continue de s'approcher de moi, je sens ses mains dans l'eau qui me cherche, elle me prend dans ses bras, me sert fort, très fort. On reste comme ça, sans rien dire, entourées par cette mer immense qui me faisait peur, maintenant elle me semble insignifiante, car dans ses bras, je suis en sécurité. Je suis protégée de tout. Je me sens capable de tout affronter. " Je t'aime Claire, pardonne-moi " Lui pardonner ? Lui pardonner de quoi ? De m'avoir prise dans ses bras, alors qu'il y a du monde. Il y a des milliers de gens autour de nous, mais plus personne, seulement elle et moi. " Tu n'as pas à te faire pardonner, je fais semblant, je ne suis pas fâchée ne t'inquiète pas " " Non pas pardon pour la blague, pardon pour tout. " Elle se détache de moi et me regarde dans les yeux, elle a perdu cette lueur de joie qu'elle avait tout à l'heure, elle a une lueur de pardon dans les yeux, elle est désolée. Mais désolée de quoi ? " Je t'aime, tu n'as pas à te faire pardonner de quoi que ce soit, je t'aime " Elle me sourit simplement, j'ai envie de l'embrasser, j'ai envie de la retrouver contre moi, j'ai envie de la sentir contre moi, d'avoir son souffle dans mon cou, ses baisers sur ma peau. Elle s'approche de ma bouche et y dépose un baiser, je ne veux pas quitter ses lèvres, je me rapproche et l'embrasse de nouveau, de plus belle, je l'aime. Un petit garçon arrive à ce moment là devant nous. Il nous dévisage. Il a envoyé son ballon vers nous, il n'ose pas nous approcher. Emilie prend le ballon, lui sourit et lui relance. Il continue à nous regarder quelques instants puis repart. Puis Emilie et moi partons sur une discussion. J'ai envie de la voir rire, alors je dévie sur la petite blague pas marrante de tout à l'heure. Le petit garçon revient, cette fois il n'a pas envoyé son ballon, il l'a sous lui, il s'en sert de bouée. Il nous regarde longuement. On le regarde, puis retournons à notre conversation. " Vous êtes sœurs ? " Quoi ? Il parle à nous ? Tiens c'est le petit garçon de tout à l'heure. Emilie répond avant que j'ai compris quoi que ce soit. " Non, nous ne sommes pas sœurs. Pourquoi ? " " Bah, vous vous êtes embrassées et vous êtes deux filles, alors je croyais. " " Tu vois, nous deux, on s'aime. " Il nous regarde avec un air interrogateur. Il doit se demander ce qu'elle dit. " Vous êtes amoureuses, toutes les deux ? C'est ton amoureuse ? Vous n'aimez pas les garçons alors ? " Que de questions pour un petit bout de chou comme lui. " Oui voilà, on est amoureuses " " Mais alors vous ne pouvez pas vous marier ? " " Pourquoi tu poses toutes ces questions ? " " Parce que vous êtes belles, ensembles, que c'est beau l'amour, moi mon papa et ma maman, ils sont plus ensembles, mon papa, il est parti avec une autre dame et ma maman avec un autre monsieur, donc j'ai deux familles, c'est super pour les cadeaux et tout, j'en ai deux fois plus. Mais mon papa et ma maman, ils sont plus ensembles alors je bouge tout le temps et mon amoureuse et moi on est loin, c'est comme mon papa et ma maman, on a divorcés, mais nous on s'aime encore, mais mes parents ils se disputaient toujours, ils hurlaient, ils s'aimaient plus, alors ils se sont séparés. Alors je me dis que c'est beau deux personnes qui s'aiment et qui se disputent pas, qui rigolent, comme quand j'étais petit avec mon papa et ma maman. Alors vous êtes belles toutes les deux, vous êtes ensembles et c'est beau. Mais je suis très curieux c'est pour ça que je pose des questions, désolé si je vous dérange " Ce petit garçon, il vient de dire des choses qui m'ont touchée, avec Emilie, on est main dans la main, elle a serré ma main très fort. " Tu ne nous a pas dérangées, je suis désolée pour ton papa et ta maman, mais même s'ils sont séparés, ils sont toujours là et ils ne se disputent plus. " " Au fait, comment vous vous appelez, parce que si je vous croise je veux bien vous appelez mes amoureuses mais d'autres personnes risque de se retourner aussi donc voilà ? " " Claire, et ma chérie c'est Emilie, et toi ? " " Vous avez des très jolies prénoms, moi c'est Dylan " Ca m'a chamboulée un petit bout de chou nous dire tout cela, sans nous juger, parler comme une grande personne en gardant son innocence d'enfant. J'en reste sans voix, je ne sais plus quoi dire. On retourne sur la plage, on va quand même se faire bronzer, on met la crème solaire, Aude s'est endormie. La bonne humeur est revenue, ce soir, on sort faire la fête.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:57

Chapitre 22 - Les vacances, c'est fini

Et voilà, les vacances, c'est fini. On retourne chez nous. Aude retourne chez elle mais avant, elle nous dépose chez Claire. Je la remercie pour ce long week-end, ces courtes vacances. Elles m'ont permises de me retrouver, de retrouver celle que j'étais avant. J'ai pu faire le tri dans ma tête, garder les bons souvenirs et vivre avec eux uniquement, pour effacer les vieux souvenirs qui font mal… Si mal… Donc, on va retourner en cours, il faut faire un mot d'absence. Les cours, décidément, je ne veux vraiment pas y retourner. Mais bon, j'y suis encore pour 2 ans donc, autant y aller avec un minimum de bonne humeur, mais uniquement un minimum parce que trop d'enthousiasme, tue l'enthousiasme. Je reste un peu avec Claire, puis commence à partir pour rentrer chez moi. Mon portable sonne. Tiens, ça fait longtemps qu'il n'avait pas sonné lui. Ma mère ? Quoi ? Elle sait encore se servir d'un téléphone ? " Allo ? " " Allo, Emily, tu es où là ? Pourquoi tu n'es pas à la maison ? Je m'inquiète. " Oulà ma mère qui s'inquiète, on aura tout vu. Elle vient juste de remarquer que je suis partie, sachant que j'étais à l'hôpital, que j'en suis sortie il y a quand même une petite semaine, que je lui ai dis que je partais chez Aude pendant ces 5 jours… Oui il y a un gros problème. " Je sors de chez Claire là, j'arrive à la maison dans une bonne quinzaine de minutes, mais tu sais très bien que j'étais chez Aude cette semaine, tu ne te souviens pas ? " " Ah si, c'est vrai, bon attends-moi chez Claire, je viens te chercher " " Maman, tu n'es pas en état de conduire puis je fais souvent le trajet, je ne risque pas de me perdre, je connais bien la route " " J'ai pas bu et arrête de croire que je ne peux pas venir chercher ma fille chez sa meilleure amie, je sais encore où elle habite, attends-moi j'arrive et ne discute pas " Je ne discute pas, je raccroche. Même si je pouvais mettre en avant qu'elle n'a plus aucun droit sur moi, m'ayant émancipée, je ne le fais pas car quelque part, cela me fait plaisir d'exister pour elle. Alors je m'assois sur la murette et j'attends ma mère, espérant qu'elle n'ait pas un accident ou je ne sais quoi. Elle ne tarde pas à arriver. Effectivement, elle a l'air bien, pas totalement sobre, mais quand même, cela fait longtemps que je ne l'ai pas vu comme ça. " Salut M'man " " Salut, tu vas bien ? Alors cette semaine chez Aude ? Elle va bien ? Et Claire tout se passe bien entre vous deux ? " " Oui je vais bien, merci de t'en inquiéter… Aude va bien, Claire va bien, tout le monde va bien. Semaine un peu fatigante mais ça va, j'ai pu me ressourcer vu que je sortais de l'hôpital. Sinon oui, ça va bien entre Claire et moi. Et toi, ta semaine ? " Je pose la question sachant très bien qu'il s'est passé quelque chose, mais quoi ? Elle est limite sobre, assez pour conduire, je le précise, elle est habillée et elle s'inquiète pour moi, elle voit que j'existe. " Oh tu sais, la routine, si j'ai fait les petites annonces, j'ai cherché un travail " Elle veut travailler, non, ce n'est pas ma mère, on me l'a échangée, ce n'est pas possible, ce n'est pas ma mère, impossible. On arrive à la maison, il n'y a plus de bouteilles sur le sol, la vaisselle est faite, elle a passé un coup de serpillière et d'aspirateur. " Waouh le changement, elle t'est venue quand la lubie de faire le ménage et de virer les bouteilles ? " " J'ai simplement fait un peu de rangement, c'est plus agréable, tu ne trouves pas ? " " Si. Bon, je monte dans ma chambre, je vais réviser, demain j'ai cours. " J'ai révisé un peu, je suis aussi allée sur l'ordinateur, via MSN. Les filles de ma classe m'ont donné un peu les devoirs et surtout les cours. J'ai mangé avec ma mère, ce qui ne s'était pas produit depuis longtemps, trop longtemps. On a discuté un peu, elle croit toujours que Claire est ma meilleure amie. Elle n'a rien du entendre de ce que je lui avais dit. Bref, peu m'importe, ce soir, je m'endors avec le sourire, malgré que les vacances soient finies et que demain, je retourne en cours.
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:58

Chapitre 23 - Passé

" Arrête, arrête de crier, pourquoi tu cries "
" TAIS-TOI, TU N'AS PAS D'ORDRE A ME DONNER "
L'homme frappa de toute sa force la jeune femme déjà à terre, elle ne se débâtait plus, elle n'en avait plus la force, rien que les mots qui sortaient de sa bouche, étaient pratiquement inaudibles. Ils sortaient au rythme des sanglots et des coups. Elle était enceinte de 7 mois, elle allait avoir un petit garçon. Elle avait beau essayer de crier de toutes ses forces à l'aide ou bien de lui demander simplement d'arrêter de la frapper, l'homme continuait de frapper encore et encore, toujours…
Il était saoul, il voulait prendre une gorgée dans la bouteille de whisky mais celle-ci était vide. Il la balança contre le mur ce qui l'éclata, la jeune femme toujours à terre ne disait plus rien, elle pleurait mais ne bougeait pratiquement plus. Il attrapa le haut de la bouteille cassée, prit la jeune femme par les cheveux, la leva du sol comme on lèverait un pantin et lui mit les bouts de verres sous la gorge en lui criant qu'il la tuerait, qu'il le ferait, qu'il lui arracherait tout ce qu'elle aimait et que ce petit homme ne verrait jamais le jour. Il la lâcha et la lança contre le mur, elle était maintenant la tête face au sol, le ventre vers l'homme. Vert de rage, il prit de l'élan et lui lança des coups dans le ventre, tous plus forts les uns que les autres. Une petite fille arriva à ce moment là. L'homme complètement fou, gifla l'enfant qui s'écroula par terre, on aurait dit qu'il jetait une plume par terre. Il s'avança rapidement vers elle, lui demandant de ne pas s'en mêler, qu'il l'aimait, il l'embrassa lui demandant pardon. Il la raccompagna dans sa chambre. Il revint vers la jeune femme, il prit un couteau, tapa encore la jeune femme de toutes ses forces jusqu'à ce que celle-ci, d'épuisement, s'effondre, elle était maintenant inconsciente. Il se dirigea dans la chambre de la petite fille.
" Mon cœur, c'est fini, viens, viens voir Papa, c'est fini "
La petite, apeurée par tout cela, se précipita dans les bras de son père. Celui-ci la consola puis la déshabilla, pour la coucher dans son lit. La jeune femme toujours inconsciente dans la pièce d'à côté, venait de perdre le petit homme, comme ce monstre l'avait promis.
Il se coucha à côté de la petite fille, nue, se déshabilla à son tour.
" Mon cœur, on va jouer à un jeu, comme Papa et Maman font, tu veux bien ? "
Elle reprenait son sourire ne comprenant pas que le diable allait la salir, que le diable allait la marquer à vie, qu'il allait la tuer, qu'il n'était autre que son propre père.
La porte se refermait. Cette chambre, elle allait la maudire.
Il avait réussi, en une simple soirée, à faire ce qu'il avait promis. Pendant que le petit homme mourrait sans avoir vu le jour, la jeune femme partait en même temps. Elle allait rester en vie, certes, mais ce soir là, elle est partie en même temps que ce petit homme. Il salissait en même temps sa propre fille, il jouait, il la traumatisait, il était en train, elle aussi, de la tuer. Il avait tué, en une simple soirée, toute une famille. Il avait décimé une famille… En une simple soirée… Une jeune fille, accompagnée d'une plus âgée, sûrement sa mère, entrèrent dans l'appartement. Ils devaient être des amis de la famille, assez proches pour ne pas frapper à la porte quand ils entrent. La jeune fille se précipita sur la jeune femme, encore inconsciente, dans le salon. Sa mère prit le téléphone et appela la police et les pompiers. Pendant ce temps, la jeune fille couru dans la chambre de la petite fille. Le père se rhabillait, apparemment fier de lui, ayant le sourire aux lèvres. Le couteau était posé sur la table de nuit, elle le saisit fermement.
" Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce que tu lui as fait ? "
" Pose ce couteau, gamine, tu ne peux rien faire, tu ne me toucheras jamais, je suis plus fort que toi, donne-moi ce couteau, j'ai encore quelque chose à faire. "
Il continuait avec son air arrogant, il en jouait. Il pensait vraiment que la jeune fille n'aurait jamais le courage de pointer le couteau vers lui et de s'en servir.
La petite fille dans son lit, encore nue et en larmes, demanda ce qu'il se passait. La jeune fille lui demanda de venir vers elle.
" Viens puce, n'aie plus peur, je suis là maintenant "
La petite fille vint se cacher derrière elle, ne la lâchant pas. Visiblement, son père lui faisait peur.
Il ne la retint même pas. Il souriait, fier d'avoir pu tuer autant mentalement que physiquement chaque membre de cette famille.
L'homme fit un mouvement brusque, la jeune fille lui planta le couteau dans le bras, prit la petite fille dans ses bras en le laissant là.
La petite fille a désormais bien grandie, elle n'eut plus de contact avec ce monstre. Sa mère perdit effectivement le bébé. D'ailleurs, pendant un bon nombre d'années, elle fut incapable de prendre soin de sa fille, la laissant seule, ne la voyant plus. Elle était déconnectée de la réalité. Alors la jeune fille et sa mère prirent la petite fille dans leur maison, lui donnèrent la vie qu'elle méritait, lui donnèrent tout simplement un avenir.
Ce soir là, Aude et sa mère sauvèrent Emilie, d'une mort certaine.
Ce soir là, Aude donnait une nouvelle vie à Emilie. Mais…
Ce soir là, une part d'Emilie mourut…
De ce soir là, Emilie en a pratiquement tout oublié…
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MessageSujet: Re: Un amour comme les autres - Alexiel   Mer 5 Nov 2014 - 20:59

Chapitre 24 - En mémoire de mon frère

Petit ange voulait grandir, connaître la vie...
Maman, touchait son ventre, il bouge, il bouge...
Il vit, il vit...
Petit ange dans sa bulle s'agite et sourit...
Maman rit, elle est heureuse, très heureuse...
Petit ange est prêt, il voudrait bien sortir…
Maman crie, elle a mal...
Elle voudrait la délivrance…
Le monde s'ouvrira bientôt à lui…
C'est un petit garçon... Un bel ange... Le plus beau...
Il a rejoint Dieu... Mort de cet enfant...
Par la faute d'un monstre…
Toi mon frère...
Vit... Encore au travers de mes yeux...
Voit ce monde qui aurait pu te rendre heureux...
Vit... Encore au travers de mon cœur...
Pour y voir...
Tout l'amour que j'ai pour toi...
Protège-moi de ton nuage...
Tel le petit ange que j'imagine...
Petit ange aux yeux océans...
Car mon frère...
Je t'imagine comme ça...
Je te connais comme ça...
Au travers de ces rêves que tu m'envoies...
Je m'endors en rêvant de toi...
Les yeux pleins de larmes...
Que chacune te soit dédiée...
Comme un millier de baisers...
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