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 Diane - Alexiel

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YulVolk
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MessageSujet: Diane - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 17:52

Pseudo de l'auteur : Alexiel

Nombre de chapitres : 8

Rating de l'histoire : G
Genre de l'histoire : Drame - Romance

Résumé de l'histoire :

Diane était parfaite, parfaite en tout point, mais aucun mot ne pouvait guérir ses maux. Pourtant Gabrielle la portera jusqu'à son dernier souffle, elle l'aimera au delà de tout.


Terminée et Corrigée
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YulVolk
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MessageSujet: Re: Diane - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 17:53

Chapitre 1 - Prologue



Elle est tout ce dont on peut rêver, la femme parfaite, la femme dont les films parlent mais qui n'existe pas. Tout bonnement la perfection du monde, de mon monde.

Bien plus jeune qu'elle, nous avons mis des mois à nous " rencontrer ", alors que nous savions en une seconde que nous allions nous aimer. Elle était autant que pour moi une évidence. Plus qu'une évidence un besoin vital.

Diane adorait l'art et partait souvent le soir en cocktail pour admirer des toiles qui ne voulaient rien dire pour moi. Je préférais un casque sur les oreilles et la musique dans le cœur.

" Mon âge " me disait-elle. Oui Diane était parfaite en tout point. Elle n'a, je le crois, jamais vraiment acceptée notre différence d'âge, malgré l'amour qu'elle me portait et que je lui portais. Oh ! Et quel amour.

Diane était professeur en lycée, moi je sortais du lycée et travaillais en école primaire.



Souvent Diane s'interrogeait, pourquoi elle… Et non quelqu'un de mon âge, pourquoi pas un homme ? Pourquoi pas quelqu'un avec une situation plus confortable, pourquoi pas quelqu'un de mon âge…

Oui elle était comme ça ma Diane, toujours à se poser des questions. A ses pourquoi, je répondais " parce que c'est ça l'amour ". Et dans mes bras elle s'abandonnait alors rassurée de mes mots, rassurée sur ses maux.

Jacques un collègue à elle avait accepté tout de suite notre relation, la trouvant touchante, envoûtante même. Oh oui Diane était envoûtante, dans sa robe légère l'été à couper les rosiers, dans son manteau beige épais et son écharpe immense l'hiver, dans ses bottes qui claquent dans les escaliers quand elle rentrait le soir. Diane était parfaite, parfaite en tout point, mais aucun mot ne pouvait guérir ses maux. Diane est morte, et c'est à travers vous que je lui écris mes maux d'amour.


Chapitre 1 - Début





Dans notre chambre, encore dans notre lit, Diane laisse toujours la porte de la salle de bain ouverte, je la contemple, Dieu qu'elle est belle, même au réveil.



" Tu devrais te lever, sinon tu sais très bien comment ça va finir, tu risques de te rendormir. "

" Tu es tellement motivée le matin, que ça m'en démotive. "

" Peut-être devrais-je te motiver alors ?"



De ses pas de louve elle s'avance vers moi et m'enlace me couvrant de baisers, oui Diane à une façon particulièrement agréable de me motiver le matin, aussi agréable qu'inutile.

Jusqu'au moment fatidique où elle se lève d'un bon m'agrippant pas le bras pour me soulever.



" Aller, dans cinq minutes tu es prête et dans dix on est parties. "

" A vos ordres chef ! "

Je sais qu'elle déteste ça, mais j'aime son petit sourire quand elle me le dit.

" Tu sais que je déteste ça. "

" Et tu sais que je t'aime. "

Double sourire, ma journée sera parfaite.

Dix minutes plus tard nous sommes parties chacune à notre travail, le sourire ancré sur nous, le monde parfait qui n'existe jamais.

Car oui aujourd'hui, tout ne va pas si bien, le monde n'est pas parfait, ça n'existe pas, tout ou partie de ma vie est un leurre. Et je ne suis pas encore au courant.
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YulVolk
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MessageSujet: Re: Diane - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 17:53

Chapitre 2 - Diane



Diane cache depuis des semaines entières une maladie grave et incurable, personne pas même son confident Jacques n'est au courant, et encore moins sa compagne, ô non surtout pas elle.

Ne pas lui faire de mal. Elle tient bon, fais bonne figure et personne ne remarque rien. Une nouvelle heure de cours commence, tout se passe bien, comme d'habitude. Jusqu'à ce qu'une douleur la fasse chavirer, se rattrapant sur le bureau elle regarde ses élèves, tout est flou, certains se lèvent, d'autres s'interrogent il y en a même une qui crie lorsque Diane s'écroule au sol comme si tout en elle venait de s'abandonner là sur place ne laissant qu'une coquille vide.


" Qu'est ce qu'il faut faire ? "

" Appelle les pompiers. "

" La directrice "

" Le CPE "

" Un prof "

" Quelqu'un "

" AU SECOURS "

" Madame, réveillez-vous. "

" Est-ce que j'ai le droit de la frapper pour qu'elle se réveille ? "

" Madame, vous m'entendez ? S'il vous plaît ? "

" AU SECOURS, A L'AIDE, QUELQU'UN VITE "

" S'il vous plaît… "


Les élèves déboussolés s'agglutinaient devant Diane inconsciente de tout ce vacarme. Elle qui n'aimait pas le trop plein de bruit. Les gestes de premier secours furent vite effectués, un simple malaise, sa compagne fut appelée.

" Vous devriez venir, Diane vient de faire un malaise, oh rien de grave ne vous inquiétez pas, mais quand même vous devriez venir la chercher. "

Ainsi prévenu elle se dépêchait de prendre la direction du lycée, après avoir pris le reste de sa journée auprès de son employeur.

Arrivée dans ce lycée qu'elle connaissait parfaitement, pour y être allée quelques années plus tôt en tant qu'élève elle fut vite reconnue par certains de ses anciens camarades de classes. Le pas ferme et rapide elle ne prêtait attention à rien d'autre qu'à Diane.

Arrivée devant l'infirmerie où était allongée sa compagne, elle ne prit pas le temps de frapper et entra directement. Livide, Diane était encore inconsciente et blanche… si blanche… Comment pouvait-elle être si blanche alors que ce matin elle avait encore son teint halé.


" Diane, chérie, c'est moi. "

" Elle s'est rendormie après que l'on vous ai appelé, elle peut rester là encore un peu, le temps qu'elle se remette. Mais elle est très fatiguée. "

" Merci, je vais m'en occuper. "


Elle la regardait, replaçait ses cheveux, ajustait son chemisier. Stressée elle répétait ses mouvements, à tel point qu'elle ne sentit pas qu'elle était réveillée.

" Alors comme ça tu me tripotes même au lycée. "

" Tu es réveillée. "

Grand sourire, et grand soulagement.

" Ce n'est rien qu'un malaise, ne t'inquiète pas pour si peu, ça arrive à tout le monde "

" Si ça pouvait ne pas t'arriver, je me sentirais mieux. "

Diane posa sa main sur sa joue et en une fraction de seconde elle oubliait tout.

" Tu m'as fais peur. "

" Je t'aime. "

Elle la regardait, Diane lui souriait puis s'impatienta.

" Tu m'aides à me lever ou il faut que je me débrouille seule ? "

Elle la tenait donc par la taille pour l'aider à sortir du lit trop haut de l'infirmerie.

" On rentre à la maison, tu vas te reposer. "

" Je vais bien j'ai pris un sucre. "

Décidément incorrigible Diane ne laissait rien passer. Elle ne voulait pas d'une fin de vie au lit.

Le reste de la semaine se passa sans malaise, Diane cachait sa fatigue à sa compagne, si bien, trop bien. Elle avait reprit les cours le surlendemain, et les élèves étaient d'un calme presque surnaturel.
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YulVolk
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MessageSujet: Re: Diane - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 17:55

Chapitre 3 - Jacques



Dans la salle des professeurs, Diane impatiente attendait Jacques, elle allait lui demander quelque chose. Souvent les gens nous disent qu'ils sont près à tout entendre, mais ont-ils réellement les épaules pour nous écouter… Diane savait que Jacques aurait du mal à entendre ce qu'elle allait lui dire, mais elle ne pouvait plus contenir ses maux. Il arrivait dans son costume cravate, toujours bien apprêté. Égal à lui-même. Dans la salle ils étaient tous les deux, entourés des immenses baies vitrées épaisses qui donnaient sur la cour. On voyait tout mais on n'entendait rien.


" Salut Diane, tu voulais me parler ? "

" Oui, tu devrais prendre un fauteuil Jacques, ce que j'ai à te dire… Enfin… Pardonne-moi de t'obliger à supporter ce que je vais te dire… "

" Tu es sûre que tout va bien Diane ? "

Diane avait perdu son flegme, elle se décomposait au fur et à mesure de ses mots, Jacques décontenancé par l'attitude de son amie ne savait s'il devait rester assis, ou simplement la prendre dans ses bras.

" Je te demanderais de m'écouter jusqu'au bout, de ne pas me couper, de n'en parler à personne, sous aucun prétexte, jamais, à personne, surtout pas à Gabrielle… "

Jacques ne savait plus ou se mettre, mal à l'aise il bougeait sur sa chaise tentant de s'apaiser comme il pouvait.

" Tu sais si tu la trompes, c'est toi mon amie avant tout. Enfin. Tu peux me faire confiance, je peux tout entendre. "

" Je ne pense pas que tu puisses tout entendre, mais au moins une partie. La totalité te serait trop lourde à porter. "

" Tu présumes de mes forces. "

" Je présume des miennes depuis quelques semaines. "

" Alors vas-y je t'écoute. "

" Il y a quelque semaines je suis allée à un contrôle de santé de routine, comme tous les ans. Ils m'ont trouvé une maladie, incurable, imprononçable, inqualifiable. Je suis en train de mourir, mon malaise n'en était pas un. Mon corps tout entier se bat contre lui-même, et s'autodétruit. Je ne peux me résoudre à en parler à Gabrielle, ni même à la préparer à tout cela. Je ne peux me résoudre à la laisser seule en vérité. Il faudra que tu prennes soin d'elle. Elle aura besoin de quelqu'un quand je ne serais plus là. Elle aura besoin de quelqu'un quand elle apprendra. Je me battrais jusqu'au bout, pour être digne jusqu'à la fin. Pour elle. Elle ne me pardonnera jamais."

Les mots fusaient à une telle vitesse qu'on aurait dit qu'ils ne finiraient jamais. Diane venait de vider son âme devant un Jacques affable, aphone. Il était resté coi devant cet aveu, elle tournait une mèche de ses cheveux attendant une réponse ou un geste de sa part. Inquiète incroyablement inquiète. Il n'eut aucun mot, aucune parole ne lui venait de toute façon, il se leva du fauteuil, se rassit puis se releva, se dirigeant vers elle, puis il la prit fermement dans ses bras, tendrement, amicalement. Il la tenait, accrochant l'espoir d'un instant que tous ses mots étaient faux. Pourtant il savait. Son amie ne mentait pas, elle n'aurait pas pu inventer quelque chose comme ça, les mots ne seraient pas sortis si naturellement.


" Gabrielle aura besoin de toi Jacques. Je te demande pardon de t'infliger cela. Mais je ne pouvais en parler à personne d'autre, tu es le seul en qui je crois suffisamment. "

" Gabrielle, Gabrielle tu n'as qu'elle a la bouche, c'est toi qui souffre, c'est toi qui m… c'est toi… "

Il la prit plus fermement encore étouffant un hoquet de sanglot.

" Tu sais très bien que cela va au delà de moi. "

Les élèves commençaient à s'agglutiner devant les baies vitrées se demandant pourquoi deux professeurs s'enlaçaient, de l'extérieur on aurait pu dire " tendrement ". Jacques se refusait à la lâcher, mais Diane se défit de son étreinte.

" Nous avons cours. "

C'est sur ces mots qu'ils se séparèrent en direction de leur salle respective.

Jacques cet homme commun en tout point, aimable en toute circonstance, simple venait de se voir attribuer le poids d'un monde sur les épaules. Quand bien même Diane lui aurait laissé le choix il l'aurait accepté. D'un homme ordinaire il venait de devenir celui dont dépendait désormais l'avenir de deux personnes. Gabrielle certes car il l'avait promis, mais surtout Diane. Aussi court soit son avenir elle en avait un, et il ne voulait le rater pour rien au monde.
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YulVolk
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MessageSujet: Re: Diane - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 17:58

Chapitre 4 - Gabrielle



M'étirant à prendre limite tout le lit je sentis que Diane était encore à mes côtés, elle dormait toujours. Les bras sur l'oreiller, les cheveux devant le visage on aurait dit un ange, mon ange. Jamais je ne me lasserais de ce spectacle, mais je ne lui en soufflerais pas un mot car je sais qu'elle n'aime pas que je la regarde dormir. Je m'attelais donc à lui préparer un petit déjeuner digne d'elle. Le plateau en main je m'accroupissais devant le lit en contemplant son corps parfait en parti caché par un drap qui épousait cependant parfaitement ses formes.


" Gabrielle, je sens ton regard sur moi… "

" Tu as senti l'odeur du café oui. "

" Aussi. "


Elle se retournait pour me regarder dans les yeux un sourire sur son visage quand elle vit le plateau tout préparé et agrémenté d'une rose rouge prise sur le balcon. J'avançais mes lèvres vers les siennes et vint m'asseoir à côté d'elle. Mais ses lèvres restaient accrocher aux miennes le plateau étant de trop je partais de ce paradis pour le déposer sur le chevet. Une fraction de seconde après elle m'attirait à elle. Je n'étais pas habituée à une si grande marque d'affection au réveil un jour d'école.

" Embrasse-moi au lieu de penser "

Elle me connaissait parfaitement, stoppant net mes pensées je l'embrassais, ne cherchant pas plus loin. Elle intensifiait ses baisers, ses mains dans mes cheveux, je lui appartenais totalement.


" J'ai envie de toi… "

Un sourire coquin sur les lèvres elle se mettait à califourchon sur moi.

" Diane ! "

" Gaby ! "

Un doigt posé sur ma bouche aucune réponse ne devait en sortir, elle le fit glisser dans mon cou sur ma peau sa bouche suivant le chemin. Ses baisers, ses caresses de plus en plus intenses. Ses mains se baladant sur mon corps, les miennes faisant de même sur le sien, le désir augmentant, nous allions, oui… Ce moment aurait pu être parfait, il aurait du être parfait… Diane se mit à tousser, son souffle haletant, ses mains tremblaient à présent. Elle tentait tant bien que mal de retrouver un rythme normal.


" Chérie, ça ne va pas ? "

" Je dois me faire vieille, je n'ai plus la même fougue qu'avant… "


Je lui touchais le front comme pour me rassurer, la soutenait, la regardait, inspectait cherchant quelque chose de suspect. Elle rigolait, tout ne devait pas aller si mal. Mais quand même.


" Ce sera pour une autre fois "


La main caressant ma joue, elle se levait pour aller à la salle de bain. Je m'allongeais sur le lit les bras en l'air me demandant ce qui clochait.


" Peut-être que tu es en surmenage, on devrait partir en week-end, qu'en penses-tu ? "


Dans la salle de bain


Diane était appuyée sur le lavabo tentant de reprendre son souffle, tentant de tenir debout. Se regardant dans le miroir elle avait le teint pâle et les cernes creusées.


" Ma pauvre Diane, tu ne ressembles plus à rien… "


" Peut-être que tu es en surmenage, on devrait partir en week-end, qu'en penses-tu ? "

Gabrielle toujours allongée dans le lit lui parlait.

Diane souffla à mi-voix.

" Pardon mon amour… "

Le flou venait de l'emporter, Diane s'écroulait une fois encore sur le carrelage froid de leur salle de bain immaculée.


Gabrielle



Un grand BOOM parvint à mes oreilles.


" Diane ? Chérie ? Ça va ? "


Pas de réponse.


" Diane ? Réponds-moi ou j'ouvre la porte. "


Toujours rien. Je pose ma main sur la poignée et entre.

" Chérie ? Chérie ? "

Je me suis jetée sur elle, lui prenant le visage et le posant sur mes cuisses. Les larmes me montant aux yeux.


" Diane ? Réponds-moi, s'il te plaît. "


Je me résignais à la laisser quelques secondes pour aller chercher le combiné téléphonique et appeler les pompiers.


Après avoir fait tout ce qu'ils m'avaient dit de faire, j'attendais leur venue en étant assise par terre à ses côtés, continuant de lui parler continuellement. Les hommes en rouge arrivèrent me dégagèrent d'à côté de Diane étant incapable de bouger.


" Madame, savez-vous comment ça s'est produit ? "

Je lui expliquais donc.

" Mais elle respire, je sens sa respiration, donc c'est qu'elle va bien. C'est juste un malaise, n'est-ce pas ? "

" Probablement rien de grave madame, mais il vaut mieux vérifier, on l'emmène aux urgences. "

" Pourquoi elle ne se réveille pas alors ? Diane, Chérie réveille-toi… "

" Écoutez Madame on n'en sait pas plus que vous, laissez-nous faire notre travail, il nous faut de l'espace pour travailler correctement, vous voulez qu'on la sauve ? Alors laisser nous faire. "


La sauver ? Probablement rien de grave ? Urgences ?


Sa voix était de plus en plus lointaine, je reculais les mains en arrière cherchant à me rattraper, je fini sur le lit.

" Madame nous sommes prêts à l'emmener, il faut nous dire si vous venez avec nous ou non. "

" Oui, je viens, je viens. Je suis là. "


J'essuyais d'un geste mes larmes et me ressaisissais. Dans le camion je lui tenais la main tandis qu'un pompier lui prenait les constantes. Personne ne parlait, on entendait juste la sirène raisonner au dessus de nous. Je sentis sa main bouger dans la mienne, ses lèvres bouger à peine et ses yeux finirent par s'ouvrir, bien que difficilement.

" Gaby ? Qu'est ce qu'il s'est passé ? "

" Tu as eu un malaise chérie, ce n'est rien on t'emmène à l'hôpital ".

" L'hôpital ? Non je ne veux pas, je vais bien, j'ai… j'ai glissé. "


Elle tentait de se relever du brancard mais le pompier présent la recoucha instantanément en posant une main sur ses trapèzes et une autre sur son bras.


" Vous devez rester allongée madame, nous sommes bientôt arrivés. "


Après de longues minutes, elle finit par se calmer et le pompier finit par la lâcher, je crois qu'elle était résignée.

Je ne pouvais l'accompagner plus loin il fallait que j'attende dans la " salle d'attente ". Son regard était plongé dans le mien jusqu'à ne plus l'apercevoir. De longues heures d'attentes s'en suivirent. J'en aurais usé le sol par mes cent pas. Puis un médecin vint me chercher.


" Mademoiselle Camus je suppose ? "

" Oui, oui c'est moi. Je peux la voir ? Qu'est ce qu'elle a Docteur ? C'est grave ? Comment va-t'elle ? "

" Votre amie est réveillée vous pouvez la voir, mais je pense que vous avez des choses à vous dire. "


Des choses à nous dire ? De quoi veut-il parler ? C'était à Diane de m'en parler, je le suivais donc jusque dans sa chambre, dans son lit le teint aussi blanc que les draps les cernes plantées dans ses yeux. Le regard perdu jusqu'à ce qu'elle me voit. Là elle prit un air grave, puis désolé. Je n'aime pas ça. Le médecin prit congés et nous restâmes comme ça les yeux dans les yeux quelques minutes jusqu'à ce qu'elle brise le silence.


" Il faut que je t'avoue quelque chose. Quelque chose que je te cache depuis quelques semaines. Quelque chose qui te fera du mal, quelque chose que tu ne me pardonneras pas. "


Oh mais si mon amour je pourrais tout te pardonner… Quand tu me regardes comme ça…

" Dis-moi. "

" Je… "

Puis ce fut plus fort que moi.

" Écoute si tu m'as trompé, je m'en contrefous, si tu me dis que tu m'aimes je te le pardonnerais, je te pardonnerais tout… Tout, toujours… "

Un petit sourire vint se dessiner sur ses lèvres. Elle levait la main vers ma joue que je lui tendis pour la ménager…

" Je ne te trompe pas Gaby, je suis… Je suis malade… "

Puis elle m'expliqua sa maladie, le caractère incurable et donc sa prochaine mort. Je savais qu'elle essayait de me rassurer de minimiser son mal, pour me protéger. Arrête de me protéger Diane… Je ne suis plus une petite fille, je ne suis plus cette ado… Je n'ai pas besoin d'être protéger, toi si… Je me sentais bête, conne, impuissante, désarmée… Je ne savais pas pourquoi j'avais pensé qu'elle me trompait. Quand on y pense c'est ridicule. Plantée dans mon fauteuil je ne pouvais plus bouger, je la regardais mes yeux plongés dans les siens des larmes perlant au coin de ses yeux.

" Gaby… Dis quelque chose… "

Rien ne sortait plus, rien n'émanait de moi. J'étais cruellement triste. Au fond de moi.

" Gabrielle… "

La peur se lisait sur son visage, elle attendait une réaction de ma part. Un mot. Je me ressaisissais encore une fois et m'avançais pour m'asseoir à ses côtés, elle se relevait difficilement. D'un doigt j'ôtais ses larmes, déposais un baiser sur son front. Un soulagement sur son visage se lisait mais l'appréhension était toujours aussi palpable. Je pris alors son visage dans mes mains et l'obligeait à me regarder droit dans les yeux, droit dans le cœur.


" Tu vas m'écouter attentivement. Tu ne peux pas m'évincer comme ça, tu ne peux pas me protéger de tout, tout le temps. J'ai grandi Diane, je ne suis plus une adolescente. J'ai grandi à tes côtés, je vieillis à tes côtés. Cette maladie on va la combattre, il doit bien y avoir des traitements. On va la combattre ensemble, parce que je t'interdis de me laisser, je t'interdis de baisser les bras ou bien d'abandonner. Tu ne peux pas me faire ça après tout ce qu'on a traversé, tout ce qu'on a enduré. Alors à partir de maintenant tu ne me caches plus rien, et ensemble on va réussir et tu sais pourquoi ? Parce qu'on n'a jamais été plus forte que lorsque l'on est toutes les deux. Je vais m'occuper de toi, je vais prendre soin de toi. Et lorsque tu seras fatiguée je serais éveillée pour deux, et si un jour tu as une faiblesse je serais forte pour deux. Mais ne me fais plus jamais ça. Ne me mets pas en touche, ne me laisse pas en chemin… Laisse-moi être là pour toi. Et ce n'est pas une demande, c'est un ordre indiscutable. "


Elle avait tenté de baisser la tête mais je ne la lâchais pas, je voulais qu'elle me regarde, qu'elle me voit, qu'elle m'écoute et qu'elle m'entende. Jamais je ne la laisserais tomber.

" Je t'aime. "
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MessageSujet: Re: Diane - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:00

Chapitre 5 - Eden


Diane avait signé une décharge, et donc contre avis médical elle était sortie de l'hôpital, étant " condamnée " ils n'avaient pas le droit de l'empêcher de rentrer chez elle, ni même de lui interdire de reprendre les cours. Sa maladie n'était pas suffisamment avancée pour cela. Gabrielle prenait donc grand soin de la santé de Diane, à tel point que cela l'exaspérait de se sentir si dépendante. De voir Gabrielle se démener pour elle. Diane qui dans sa maladie avait des jours en dents de scie était dans une période plutôt bonne. Le traitement qu'elle avait enfin accepté de prendre lui faisait du bien, et elle n'avait plus de malaise. Juste quelques vertiges de temps en temps et encore cela s'atténuait. Gabrielle avait prit un congé sans solde à son travail pour pouvoir être le plus présente possible pour sa dulcinée. En parlant de ça.

" Chérie, c'est moi, dis tu es à la maison ? "

" Oui, ça ne va pas ? Tu veux que je vienne te chercher ? "

" Si mais j'ai oublié un dossier dans mon bureau, pourrais-tu me l'amener s'il te plait ? C'est un dossier bleu. "

" Oui, je le vois, je t'apporte ça tout de suite. "

" Merci, tu es un ange. "

" Grace à toi, à tout de suite. "


Ce faisant Gabrielle prit le dossier, et partie en voiture jusqu'au lycée. Prit une place devant, sortie de sa voiture, croisa deux, trois adolescents passa l'immense portail jaune, traversa la cour et arriva dans le bâtiment où Diane était. Dans le couloir des vitres donnaient à voir dans les salles de classes elle n'eut donc aucun mal à trouver celle de sa bien aimée. Elle frappa à la vitre puis à la porte et attendit que Diane lui dise d'entrer. Son cours était des plus informels, assis sur les tables à faire du tricotage et autres babioles contre le SIDA.

" C'était celui là ? "

" Oui, merci. "

Sourire de Diane qui passe sa main sur le bras de Gabrielle qui a pour réflexe de regarder autour d'elle et de se reculer.

" Excuse-moi, je ne voulais pas… "

" Non, ne t'inquiète pas c'est moi, je… Ici j'ai du mal à passer outre le fait que je ne suis plus une ado et encore moins que je ne suis plus ton élève surtout dans ses conditions. "


En parlant des ados tellement absorbés par leur envie de faire quelque chose en faveur du SIDA, ils n'ont prêtés attention à aucun des mots des deux jeunes femmes.


" Bon j'y vais à tout à l'heure. "

Sourire de Diane, puis Gabrielle s'éclipse. Pas à l'aise dans cet environnement qui lui avait pourtant offert le bonheur aujourd'hui, il lui avait offert l'enfer des années auparavant. Dans le couloir elle soufflait prête à repartir quand…

" Gaby ? "

Elle se retournait, et tomba nez à nez avec une jeune fille qui lui fonçait droit dessus. "

" Gaby c'est bien toi ? "

" Euh… Oui, qui la demande ? "

" Tu ne te souviens pas de moi ? Anna ? La sœur d'Eden ? Bon j'avoue j'étais bien plus jeune mais quand même. J'ai tant changé que ça ? "

Eden. Première petite amie de Gabrielle, premières conneries, premier amour, premières déceptions. Mais c'est aussi grâce à elle qu'elle avait pu se rapprocher de Diane.

" Eden… Oui… Si… Anna, je me souviens, effectivement tu as changé, tu es devenue une jeune femme. Comment vas-tu ? "

Puis la discussion se continua comme ça, comme si toutes deux venaient du même monde. Gabrielle adossée au mur comme quand elle était adolescente, Anna faisant des grands gestes pour lui expliquer sa vie. Gabrielle lui racontant la sienne tout en omettant son idylle avec Diane. Anna lui parlait d'Eden, et du temps où elles étaient ensemble. Gabrielle rigolait de certains comique de situations dont elle se souvenait. Puis la sonnerie retentie, l'heure de cours fut finie. Elles étaient tellement dans leur discussion qu'elles n'en bougèrent pas. Puis les yeux de Gabrielle se dirigèrent sur ceux de Diane en train de passer la porte de sa salle et s'arrêtant net voyant toujours sa femme avec une jeune adolescente. Anna sentie Gabrielle changer et se retourner.

" Oh... Oh… OH ! "

" Quoi ? "

Gabrielle regardait Anna qui fixait Diane et ne comprenait pas ses " oh. "

" Vous êtes donc encore ensemble. C'est bien, c'est beau. C'est…cool. "

" Et vous êtes ? "

" Quelqu'un qui devrait aller en cours. Dépêches-toi, files de là. "

Anna regardait Gabrielle lui faisant les yeux noir, elle partie vite fait sans rien demander de plus.

" Gaby ? C'était qui ? "

" Personne. "

" Gabrielle. "

" Anna, la sœur d'Eden. C'est la sœur d'Eden. "

" Oh. "

" Oui comme tu dis "

" Je vois que tu as toujours autant d'influence sur elle. Et qu'elle est au courant pour nous."

" Je n'y suis pour rien, tu le sais très bien. "


Les élèves passant dans le couloir se demandaient ce qu'il se passait, de quoi parlaient les deux femmes. En connaissant au moins une des deux.

" Je vais rentrer, je n'ai rien à faire ici. A tout à l'heure. "


**Aparté**

Effectivement ce lycée avait abrité bien des amours, bien des émois, bien des peines et bien des pleurs. Il avait aussi abrité en son sein l'amour interdit d'une jeune professeur pour une de ses élèves. Elles n'avaient pas une si grande différence d'âge. Elles avaient appris à se connaitre. Le professeur affectionnant la maturité et en même temps la fragilité de cette adolescente en mal d'amour. La jeune fille elle idolâtrant cette femme forte, puissante, pleine de vie et d'envies. Celle qui l'aide à mettre des mots sur ses maux. Celle qui un jour l'avait prise dans ses bras quand après avoir bu elle avait tenté de détruire la classe, celle qui l'avait calmé en lui caressant les cheveux et en l'embrassant sur le front. Celle qui lui apportait des lectures pour l'aider à avancer, à comprendre son mal être. Celle avec qui elle discutait après les cours. Celle qui plus tard était devenue sa femme et sa raison.
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MessageSujet: Re: Diane - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:02

Chapitre 6 - Anna


Les semaines passaient et Gabrielle prenait de plus en plus de temps avec Anna allant jusqu'à la chercher au lycée quand celle-ci finissait les cours tôt pour ensuite rentrer avec Diane. Elle qui n'avait jamais été jalouse d'aucunes des fréquentations de sa belle, se voyait désormais munie d'une boule au ventre quand Gabrielle voyait cette jeune fille qui avait tout de plus proche de sa femme, qu'elle-même…

La maladie de Diane n'avait pas empirée, au contraire elle était plutôt en voie de stagnation et cela rassurait tout le monde. Diane pouvant continuer d'exercer et Gabrielle satisfaite de voir la femme qu'elle aimait en meilleure santé.

" Mademoiselle CAMUS ? Gabrielle ? "

" Euh… Oui ? "

Gabrielle se retourna pour faire face à la voix rauque et masculine qui avait prononcé son nom.

" Je vous vois souvent par ici en ce moment. Devant le lycée, ou même à l'intérieur du lycée. "

Le CPE. Elle se voyait dans ses yeux ayant l'impression d'avoir 17ans, prise sur le fait d'une connerie faite sans mauvaises pensées. Et comme à son habitude elle perdait ses moyens.

" Je… Oui… Je euh… "

" Oh, non je ne vous collerait pas de rapport si c'est de cela que vous avez peur. Au contraire j'aimerai vous parler, accepteriez-vous de me suivre ? Dans mon bureau ? "

" Je… "

Il lui sourit, elle baissa les yeux et le suivit. Arrivés dans le bureau il lui montra la chaise où elle s'assit. Elle retournait dans sa tête une phrase d'excuse quand à son entrée dans le lycée sans autorisations sans pour autant griller Diane. Mais il fut plus rapide.

" Bon écoutez, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je vais vous parler comme à une adulte car je pense que c'est ce que nous sommes tous les deux… Je vous vois venir dans notre lycée, attendre la petite Anna Dumontel. Je me souviens de la relation que vous entreteniez avec sa sœur et je dois vous avouer qu'Anna est la digne sœur d'Eden. Elle la surpasserait presque. "

" Est-ce réellement à moi d'entendre cela ? Ne serais-ce pas plutôt à ses parents ? Ou à Anna elle-même ? "

" Ils sont au courant ne vous inquiétez pas. Seule Anna n'est pas encore au courant, et malgré ce que vous pensiez vous avez à entendre ce que j'ai à dire. Bref. Depuis quelques semaines Anna suit les cours, arrive à l'heure en classe, reste calme et posée la plupart du temps. Elle arrive même parfois à esquisser un sourire à ses professeurs qui en sont que plus ravis. Son attitude change, et nous en avons déduit que vous en étiez la cause. "

Reprenant son assurance d'adulte et non de jeune adolescente dominée Gabrielle se releva sur sa chaise.

" Je ne vois pas où vous voulez en venir. Et qui vous dit que c'est à " cause " de moi qu'Anna est comme cela. "

" Elle-même. Elle est allée s'excuser auprès d'un de ses professeurs pour sa mauvaise conduite, puis quand son professeur lui a demandé à quoi était dû son subit changement de comportement elle a simplement regardé en votre direction en souriant. "

" Venez-en aux faits ? "

" Au vue du temps que vous passez ici, soit vous avez beaucoup de temps libre dans votre travail, soit vous ne travaillez plus. Je pensais vous proposer d'accepter un poste ici. En intérim. "

" Vous vous foutez de moi ? "

Rire incontrôlé de la part de Gabrielle qui n'avait pas pour habitude de parler comme cela mais c'était sorti tout seul.

" Aucunement, vous faites du bon travail avec elle. Je pense que vous pouvez en aider d'autres. Et que grâce à la particularité de votre relation avec Anna vous pourrez la ramener sur le droit chemin. "

" Vous vous rendez-compte que vous voulez engager une ancienne élève qui était le vilain petit canard du lycée et qui se débrouille encore à l'heure d'aujourd'hui pour frauder et entrer dans le lycée comme dans un moulin ? Vous vous en rendez-compte au moins ? Hein ? Non ? C'est une blague ? "

Le visage grave du CPE était sans équivoque. Il se leva suivit de Gabrielle puis il prit congés en lançant tout de même une petite phrase. " Pensez-y tout de même. J'y tiens fermement. Et la direction aussi. Peu importe votre passé avec Mlle DUMONTEL. Vous étiez jeune et perdue. D'autres sont perdus et vous êtes justement je le pense la mieux placé pour les aider. "

Gabrielle sourit puis s'en alla se dirigeant rapidement vers la sortie. Arrivée devant le grand portail elle s'assit sur un mur et attendit. Elle ne savait pas quoi mais elle attendait. Le regard dans le vide un sourire sur les lèvres, plus un rire même repensant à sa discussion précédente.



" Gaby, Gaby… Ô Gaby… "

Anna venait de se jeter dans ses bras, les yeux emplis de larmes. Ses bras se refermaient donc sur les larmes d'Anna. Lui caressant les cheveux elle lui parlait.

" Que ce passe-t-il Anna ? Pourquoi pleures-tu ? "


Anna lui expliqua qu'elle s'était disputée avec sa sœur, et qu'elle ne pouvait rentrer chez elle ce soir. Qu'elle ne savait pas où aller et qu'elle avait peur. Ne voulant en dire plus, Gabrielle n'insista pas et se contenta de la bercer en lui caressant les cheveux et le dos. Diane passa devant elles à ce moment là. Elle détourna son regard de ses deux jeunes filles, l'une adolescente l'autre en sortant depuis si peu de temps. On aurait dit deux amoureuses. Si Diane ne voyait pas sa belle dans les bras d'une autre elle aurait pu simplement croire à de la tendresse amoureuse entre deux êtres. Une vague entra en elle bousculant son corps, elle aurait tout donné pour être à la place d'Anna, une seconde de haine la parcouru. Gabrielle lui sourit, Diane détourna le regard de ses deux personnes qu'elle ne pouvait décidément pas accepter de voir ensemble. Anna fini par se calmer et partie chez une amie à elle, Diane par retourner en cours, Gabrielle par réfléchir à la proposition du CPE avant de donner une réponse sans en avoir parlé à Diane au préalable. Dans la voiture en rentrant Diane ne parlait pas. Gabrielle attendrait donc d'être à la maison ne souhaitant pas de dispute. Elle entra la première et entreprit de faire chauffer de l'eau pour proposer une infusion à sa compagne. Hochement de tête de sa part signifiant oui. Installée dans le canapé Diane bouillonnait de l'intérieur. Gabrielle apporta les tasses et s'assit à côté de Diane posant sa main sur sa cuisse.

" Chérie ça va ? "

" Mh… "

Diane fixait la main de Gabrielle sur son corps.

" Eden va bien ? "

" Quoi ? "

" Tu lui as parlé n'est-ce pas ? Tu l'as vu, comment vas t'elle ? "

" Diane… chérie… "

" Oh oui c'est ça. Chérie hein ? Alors tu ne réponds pas ? Quoi ? Ca te pèse tant que ça d'être avec la mourante ? Il te faut du sang frais ? "

" Diane… Mais qu'est ce que tu… "

" Quoi quoi ? Alors dis-moi. "

Les yeux de Diane s'obscurcirent de colères à mesure que ceux de Gabrielle devenaient rouges de larmes retenues. Diane criait désormais.

" Tu pourrais éviter de le faire sous ma gueule. Avec ta petite trainée. Eden non plus n'est plus à ton goût ? Il faut en plus que tu te tapes la petite sœur ? Ou alors tu les baises toutes les deux ? Tu m'étonnes que tu ne me touches plus depuis des semaines. "

" Diane mais qu'est ce que tu racontes ? On a… Hier soir… Comment peux-tu penser qu'il me vienne à l'idée de te tromper… Diane ça va? "

Le regard de Diane était vide, elle était absente d'elle-même. Elle ne regardait même pas Gabrielle alors qu'elle semblait lui parler. Ses phrases devenaient incohérentes, les mots sortaient dans le désordre, les instants se mélangeaient. Puis soudain son corps se figea, les yeux retrouvèrent ceux de Gabrielle.

" G.. Gra... Ga... "

Son corps se mis à trembler et elle hurla de douleur avant de s'écrouler dans les bras de Gabrielle.
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MessageSujet: Re: Diane - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:04

Chapitre 7 - Justine


Diane fut transportée d'urgence à l'hôpital. Le médecin expliqua alors à Gabrielle que son cerveau été déconnecté. Que sa maladie commençait à réellement empirer. Il la prévint aussi qu'elle pourrait avoir des moments d'absences, des mots ou des phrases incohérentes, dire des choses qu'elle n'avait jamais dis avant, avoir des excès de colère, de vulgarité, mais qu'elle ne contrôlerait rien, et qu'elle ne s'en souviendrait probablement pas tout le temps. Il lui faudrait donc plus de repos, voire même qu'elle arrête désormais son travail. Qu'il y ait sur elle une surveillance constante.

Malgré que Gabrielle sache désormais que les mots de sa dulcinée avaient été prononcés par la maladie, elle n'avait de cesse de repenser à ses mots.

Diane n'était pas restée longtemps à l'hôpital, à peine trois jours, le temps de faire toutes les analyses et elle pu repartir chez elles.

Comme à son habitude Gabrielle prenait grand soin d'elle.

" Gaby, je n'ai pas besoin d'être couvée, je peux faire les choses moi-même. "

" Oui mais j'ai envie de m'occuper de toi, de prendre soin de toi. Et puis le médecin à dit que… "

" Le médecin toujours le médecin… Je me sens bien, et je ne suis pas encore morte, je peux bouger pour me faire un café ou pour allumer la télévision. Et je crois que je suis d'ailleurs encore suffisamment vivante pour lire un livre, et même pour faire ça. "

Elle attrapa Gabrielle par la manche de sa chemise et l'invita à se mettre sur elle puis commença à l'embrasser. D'abord inquiète Gabrielle fini par se laisser aller aux caresses de sa compagne. Un corps à corps amoureux ce joua en cet instant, elles s'aimaient bien plus encore que tout ce qu'elles auraient pu imaginer. Elles étaient comme deux parties d'une même âme qui se sont rencontrées un jour au hasard de la vie. De mondes différents rien ne les avaient séparées, elles avaient tout surmontées. L'âge, les mœurs, les lois, les désapprobations de leurs entourages respectifs. Elles s'aimaient d'un amour passionnel.

Quelques heures plus tard dans l'intimité de leur appartement elles étaient enlacées dans le plus simple appareil quand Gabrielle brisa le silence.

" J'aimerai que tu ne dises plus ce que tu as dis tout à l'heure. "

" Qu'ai-je dis ? "

" Que tu n'étais pas encore morte. Ce mot me glace le sang, je ne peux me résoudre à l'entendre surtout quand je te vois. J'ai l'impression que c'est un mauvais rêve. "

" Très bien petit ange, je ne le dirais plus. Mais il faudra t'y confronter tôt ou tard Gaby. Parce que c'est ce qui va m'arriver. C'est ce qui est en train de m'arriver. Et on y peut rien. "

" Le plus tard possible. "

" Gaby… "

" On a dit qu'on en parlait plus. "

Pour seule réponse Diane embrassa sa compagne et la serra un peu plus dans ses bras.

Diane avait reprit le travail encore, ne voulant pas abandonner jamais. Et Gabrielle avait fini par accepter l'offre du lycée. Elle pouvait désormais prendre soin tout le temps de sa compagne. Elle avait un bureau a elle ou elle pouvait recevoir les jeunes pour parler de ce qui n'allait pas. Anna et elle se voyaient souvent. Elles parlaient longuement de tout ce qui pouvait faire souffrir l'adolescente. La vie avait repris son cours. Comme si tout allait bien. Comme si rien ne s'était jamais passé. Un jour alors que Gabrielle rentrait d'avoir fait quelques courses Diane l'attendait sur le canapé toute excitée. Elle ne pu se retenir lorsqu'elle vit sa belle passer la porte et lui sauta dessus comme une enfant. Gabrielle en lâcha délicatement les sacs et enlaça Diane.

" Hey, que me vaut ce magnifique accueil. "

" J'ai une surprise pour toi. "

" Oh "

Grand sourire de la part de Gabrielle qui pose ses mains sur les hanches de sa compagne.

" Pour notre anniversaire, je nous ai offert une croisière… Je sais que tu en rêvais depuis quelques temps, alors je l'ai fais, j'ai pris 10 jours de congés, on part… "

Diane avait un sourire béat sur les lèvres. Bien que ce ne fut pas leur anniversaire, encore la maladie qui faisait confondre les jours, voire même les années. Gabrielle n'en dit rien et embrassa sa compagne.

" Et nous partons quand ? "

" Ce week-end. "

" Oh. Si vite ? Alors nous devons préparer des affaires ? "

" Oh oui oui oui ! "

Diane était enjouée comme une enfant. Gabrielle appréciait le fait d'être enfin l'adulte dans leur couple si particulier. Durant la semaine Diane disparaissait des après midi entiers. Sans jamais dire où elle allait, mais revenant toujours à heures régulières. Elle avait quelques rares moments de défaillances, mais surtout le soir après une journée fatigante. Et cela n'altérait donc pas son travail. Diane s'était remise à écrire le soir sur son bureau éclairé par sa seule lampe de chevet. Elle était belle, simplement belle, avec ses lunettes sur le nez quand elle réfléchissait un crayon de papier dans la bouche et le regard vers le ciel. Gabrielle aimait ses moments ou la plus belle de toutes les femmes à ses yeux était sereine. Ces moments où elle n'avait plus conscience de la dure réalité qui affligeait cette femme si forte… Diane ne partageait pas ses écrits avec Gabrielle, ni même ce qu'elle faisait de son temps libre. Diane paraissait cependant apaisée, elle souriait constamment, et avait reprit un peu de poids, et avait même bronzée. Ses joues n'étaient plus creuses, elle n'avait plus ses grandes cernes autours des yeux qui auparavant étaient creusées. Elle avait regagné de la force et était plus combative que jamais. Gabrielle lui ayant demandé de ne plus parler de la mort ou de sa maladie, n'osait pas lui demander ce qui la rendait si gaie, et d'un côté elle appréciait le fait que sa femme soit bien sans plus d'explications. C'est en rangeant des affaires de Diane déjà couchée que Gabrielle trouva sur un bout de papier un numéro de téléphone puis un nom… : Justine.
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MessageSujet: Re: Diane - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:07

Chapitre 8 - Fin


Ce soir là elle se coucha comme si de rien n'était aux côtés de sa compagne. Elle ne voulait pas gâcher les moments si particuliers avec elle, ne voulait pas en faire des scènes de ménages, de larmes, de cris. Alors elle enlaça comme tous les soirs Diane et s'endormit contre son dos en lui murmurant un je t'aime à l'oreille.

Le lendemain matin Diane n'était déjà plus dans le lit conjugal quand Gabrielle ouvrit les yeux. Elle se leva pour découvrir l'état catastrophique de la cuisine, des œufs par terre, de la farine sur le plan de travail, le lait en train de déborder… Quand elle le vit elle se précipita sur la casserole pour l'enlever et éteindre le feu. Puis elle trouva sa compagne la tête dans les genoux les mains dans les cheveux en train de pleurer.


" Hey, amour, qu'est-ce qu'il t'arrive ? "

Elle posa alors délicatement sa main sur celle de Diane pour relever son visage mais Diane eut un mouvement de recul.

" Diane, c'est moi, c'est Gaby. N'ai pas peur, ce n'est que moi. Regarde-moi amour. "

Les yeux rouges de larmes elle releva lentement la tête pour faire face à Gabrielle agenouillée devant elle.

" Gaby… "

Sourire de la part de Gabrielle, espérant un retour de sa compagne, elle n'eut pour seule réponse que des mots qui la transpercèrent…

" Gaby, je deviens complètement folle… Je suis folle… Je… Gaby… "

" Ne dis pas ça. Tu n'es pas folle, tu es juste un peu déboussolée. Tu t'en fais à cause de l'état de la cuisine ? "

" J'ai voulu te préparer un petit déjeuner, faire du pain. Je ne sais plus faire, plus rien. Rien. J'oublie tout. J'ai l'impression de ne plus être moi, de ne plus être normale. "

Doucement Gabrielle aida à relever Diane puis la prit dans ses bras.

" Si tu ne sais plus faire, on le fera ensemble. Par quoi veux-tu commencer ? "

Quand Diane découvrit l'état de la cuisine ses yeux s'ouvrirent en grand, elle ne pu que constater l'état des dégâts, ce qu'elle-même avait fait. Ce que la maladie engrangeait.

" C'est une catastrophe. C'est moi qui ai fait ça ? "

" Diane chérie, ce n'est rien, on va nettoyer. "

" Oui commençons par nettoyer. "

Diane avait retrouvé sa pleine conscience et elles avaient donc tout astiqué. Puis Gabrielle entreprit de préparer le petit déjeuner avec Diane, en l'assistant pour que celle-ci voit qu'elle était encore capable de faire les choses seule. Un grand moment de complicité et d'amour fut échangé. Diane avait peu à peu retrouvée sa sérénité. Elles partirent donc une heure plus tard au travail ensemble. Gabrielle mit au courant la direction et elle pu rester auprès de Diane durant la matinée de cours.

" Ecoute Gaby je dois voir Jacques, tu pourrais aller me chercher ma sacoche dans la voiture s'il te plait ? "

" Oui, bien sûr, je te rejoins si tu veux. "

Diane ne répondit pas, elle esquissa juste un sourire. Puis Gabrielle partit à la voiture chercher sa sacoche. Arrivée sur le parking elle tomba nez à nez avec…

" Eden ? "

" Salut Gaby, comment vas-tu ? "

" Mais qu'est-ce que tu fais là ? "

" C'est Diane qui m'a appelé. Elle voulait qu'on se parle, qu'on s'écoute. Et je crois bien qu'elle aimerait qu'on se pardonne. "

" Diane t'as appelé ? Tu te moques de moi là ? "

" Non, et d'ailleurs elle m'a dit qu'elle ne m'en voulait pas. Qu'elle comprenait même. "

" Elle comprend que tu nous ais balancé à mes parents ? "

" J'étais amoureuse, et jeune. "

Puis Gabrielle ne prit pas le temps d'aller jusqu'à la voiture fit demi-tour prête à partir.

" Elle m'a dit pour sa maladie. "

Gabrielle fit volte-face.

" N'essaie pas de m'atteindre comme ça tu n'y arriveras pas. "

Les larmes lui montaient aux yeux.

" Gaby, je t'en pries écoutes moi au moins. "

Puis elle ne pu les retenir et éclata en sanglots. Eden lui tendit ses bras qu'elle ne su refuser.

" Gaby. Je suis désolée, vraiment. J'aurais tout fait pour te récupérer. Tout. Et je l'ai fais. Et je suis heureuse aujourd'hui que rien ne vous ai séparé. Parce que vous êtes la preuve que l'amour est au dessus de tout et de tout le monde. Et je refuse de croire que quoi que ce soit puisse vous séparer un jour. Donne-moi une chance de réparer mon erreur. Mes erreurs. J'ai quelqu'un à te présenter, quelqu'un qui entend parler de toi depuis maintenant 6 ans. Quelqu'un qui a besoin de toi. Quelqu'un que je n'aurai jamais du t'arracher. Quelqu'un qui t'attends depuis toujours. "

" Océane… "

Puis Gabrielle releva la tête et fixa nerveusement Eden.

" Accepterais-tu de rencontrer ta fille ? "

Gabrielle eut un sanglot étouffée puis sourit malgré elle au son de ce mot. Une bulle venait de ce former. Explosée par le son des sirènes qui s'approchaient. Leurs regards se posèrent sur le camion de pompiers qui s'était garé juste au milieu de la cour. Gabrielle se mit à courir vers le camion espérant vainement que ce ne soit pas pour Diane. A mesure qu'elle courait ses larmes s'envolaient. Elle se jeta sur le brancard où était allongée Diane. Elle était consciente mais parlait très vite et de façon incompréhensible. Elle posa une main sur la joue de Diane qui la regarda sans la voir.

" Diane chérie c'est moi. Qu'est-ce qu'il se passe. "

" Qui êtes-vous ? "

" Sa femme. "

Diane reprit à ses mots un regard fixe.

" C'est ma compagne, c'est ma Gaby, Gabrielle. C'est ma compagne. A moi. La mienne. "

" Oui chérie. A toi. "

Dans le camion elle tenait fermement la main de Diane tandis que celle-ci continuait dans ses paroles incohérentes. Jusqu'à un moment où entre deux divagations elle eut un moment de lucidité.

" Gaby ? Dis-moi que vous avez parlé. Que tu lui as pardonné. L'as-tu vu ? La verras-tu ? Elle a besoin de toi, tu le sais. "

" Diane, ne parlons pas de ça. Comment te sens-tu ? "

" Des papillons de partout, oh qu'ils sont beaux. Toutes les couleurs. Les chenilles sont des garces, et la soupe c'est pas bon. "

Accablée Gabrielle retenait ses larmes elle caressait la joue de sa compagne tout en l'écoutant parler. Puis elle se tordit de douleur et se mit à hurler, sans comprendre en quelques instants Gabrielle était contre les portes du fourgon sans plus pouvoir bouger avec des hommes en rouge s'affairant autours de Diane. Des phrases s'éparpillaient dans le grondement sourd de la rue.

Arrivés en urgence à l'hôpital Diane fut prise en charge immédiatement, des heures interminables s'écoulèrent avant que quelqu'un vienne accompagner Gabrielle jusqu'à la chambre de sa compagne. Elle s'installa alors dans le fauteuil et regarda quelques instants Diane paisible. Puis se leva et alla vers elle.

" Mon amour, ne m'abandonne pas. Pas maintenant, on doit partir ce week-end tu te souviens ? Et puis j'ai encore tant de choses à apprendre de toi, tant de bons moments à passer avec toi. Je t'en supplie, ne m'abandonne pas. "

Une larme perla sur sa joue puis elle se contenta d'aller se rasseoir. La tête dans les mains ses espoirs s'envolaient. Le médecin lui avait dit. C'était la fin. Diane ne se réveillerait probablement plus. Elle était dans le coma et s'en irait très certainement définitivement dans celui-ci. Gabrielle entreprit de s'allonger auprès de sa compagne et lui susurra à l'oreille.

" Nous avons parlé. Je lui ai pardonné mon amour. Je ne l'ai pas encore vu, mais Eden m'a proposé d'aller la voir ensemble, j'irais. Et j'essaierais d'être la mère que j'aurai pu être pour elle. Eden lui parle de moi apparemment. J'appréhende un peu, je voudrais que tu sois avec moi ce jour là. Comme tu l'as été quand Eden est partie avec elle. Comme tu l'as été tous les jours d'après. Comme tu l'es encore toujours… J'aurais besoin de toi, je le sais. Tu as été mon seul et unique amour, et tu le seras à jamais. Tu as été la meilleure chose qui me soit arrivée. Un bonheur parfait. Une vie parfaite. "

Bien qu'ayant entendu le bip de fin, Gabrielle continuait de lui parler, comme si Diane était encore là. Comme si elle l'entendait encore. Comme si son âme était restait accroché pour continuer.

" Tu as fais de moi quelqu'un de meilleur. Et je paraissais dans tes yeux être quelqu'un d'extraordinaire. Mais c'était toi. C'est toi mon amour qui me rend extraordinaire. C'est toi qui es extraordinaire et sublime. Qui est parfaite. Je me souviens du premier jour où nous avons arrêtées de nous cacher, je suis certaine que toi aussi. J'aimerai encore entendre ta voix que tu me la racontes. Comme tu sais si bien le faire. Je veux te revoir le matin faire la moue parce que je regarde ton corps nu sous les draps. Je veux encore voir ton sourire quand je me brûle le matin avec le café que tu as trop fais chauffer…. Je veux… "

Une main se posa alors sur son épaule et Gabrielle malgré toutes ses larmes discerna Jacques.

" Je ne peux pas la laisser partir comme ça. J'ai encore tant de choses à lui raconter tu sais… Tant de choses… Je… "

" Je sais Gaby. Je sais. "

Puis Gabrielle reprit ses mots en laissant sur chacun d'eux ses maux. Jacques prit part au monologue comme pour dire adieu à son amie. Les médecins étaient habitué à ce genre de procédé et laissaient souvent soin à la famille de garder quelques heures avec leur défunt. Ils passèrent donc encore quelques heures à se raconter des souvenirs pour qu'ils aient l'impression que Diane partait avec un collectif de leurs plus beaux souvenirs.

Les jours qui suivirent Gabrielle reçut une lettre avec pour en-tête écrit Justine elle l'ouvrit et découvrit deux lettres, l'une écrite de la main de Diane, l'autre dactylographiée avec pour signature Justine.

Elle s'empressa de lire celle de Diane.


" Gabrielle, si tu lis cette lettre c'est que c'est la fin pour moi. Je suis d'ailleurs déjà peut-être partie. J'espère avoir pu convaincre Eden de venir te parler car elle est entêtée. Et que vous pourrez trouver un terrain d'entente pour la petite Océane. Vous devriez parler toutes les deux, et tu devrais lui pardonner. Elle regrette je pense ses actes. Et elle est fière que ce soit toi qui aies prit sa place les premiers mois de la vie de sa fille, votre fille. A 16 ans tu sais comme ça peut-être difficile. Quand elle s'est rendue compte que tu prenais sa place dans le cœur d'Océane et que tu ne reviendrais pas vers elle, elle n'a pas supporté. Vous étiez si jeunes. Il faut que tu comprennes qu'elle n'a pas su gérer autrement. Elle t'aimait. Et elle a apprit à aimer sa fille.

Elle m'a pardonné tu sais, d'être tombée éperdument amoureuse de toi. Tu as été ma plus belle histoire, ma seule grande histoire d'amour. J'aurai aimé pouvoir encore me réveiller à tes côtés. Te voir encore si maladroite, si attentionnée, si pleine de bonne volonté. Voir encore dans tes yeux combien je comptais pour toi. Combien tu m'aimais. Mais je ne suis plus. Toi si. Tu es encore là Gaby. Et tu as une petite fille et sa mère qui ont besoin de toi. Tu as une famille qui t'attends en dehors de cette bulle que tu seras je le sais tentée de te construire. Ne t'enferme pas. Tu es bien trop jeune pour ça. Tu as tellement d'amour à donner, et de joie de vivre à communiquer. Tu as tellement de vie en toi. Je resterais toujours à tes côtés. Vis ta vie, vis la vie que je n'ai pas pu vivre. Amuses-toi, aime, ô oui mon amour, aime du plus fort que tu pourras. Il faut que tu vives pleinement ta vie, car elle est devant toi. Elle est toute devant toi, elle vient de commencer. […]

Tu devrais avoir dans l'enveloppe la lettre d'une certaine Justine, elle t'expliquera tout mieux que moi. Elle viendra te voir dans les jours suivant la réception de cette lettre.

Je t'aime mon amour. "

Gabrielle ne pu empêcher ses larmes de couler, de tomber, son corps entier pleurait. Elle lu et relu la lettre de Diane, en long en large, elle buvait chacun de ses mots, s'arrêtait sur certains et imaginait sa voix les lui dire. Elle imaginait Diane lui parlant encore et encore. Puis elle se résolut à lire celle de cette Justine. C'était une lettre expliquant à Gabrielle que Diane avait souscrit une assurance vie quelques mois avant de mourir. Gabrielle était aussi l'héritière légale de tous les biens de Diane. Bien que rien de tout cela ne l'intéresse elle s'attarda sur quelques mots.

" 22% iront à Mlle Océane DUMONTEL fille de Gabrielle CAMUS, le reste ira à Mlle CAMUS elle-même dont 25% de la totalité ira à l'état. "

Diane avait pensé à tout. Depuis des semaines. Puis on frappa à la porte. Une jeune femme qui ne lui était pas inconnue se présenta devant Gabrielle, une petite fille lui tenant la main.

Un sourire indéfectible sur les lèvres la petite fille s'approcha et prit instantanément Gabrielle dans ses bras.


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