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 Des jours meilleurs - Alexiel

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YulVolk
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MessageSujet: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:38

Pseudo de l'auteur : Alexiel

Nombre de chapitres : 12

Rating de l'histoire : G
Genre de l'histoire : Drame

Résumé de l'histoire :

Quand Lucy apprend que Anna sa compagne depuis des années la trompe avec sa patronne, elle sombre. Sa famille, ses amis l'aideront à surmonter cela... Une certaine Audrey va l'aider à remonter la pente...


Terminée et Corrigée
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YulVolk
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:41



Il est aisé de croire qu'une simple rencontre peut vous faire oublier un amour perdu. Je crois qu'on s'en persuade. Et c'est cela qui réellement nous aide. Croire qu'une rencontre nous rendra moins malheureux. Et c'est ce que ma cousine a décidé de faire avec moi. Je descends donc de Paris pour revenir " chez moi " pour qu'elle m'aide à passer à autre chose, à penser à autre chose que ma compagne se tapant ma boss dans mon dos depuis des mois. Elle vint me chercher à la gare n'ayant pas le droit de conduire et pris soin de taire ses motivations pour la soirée.

" Soirée entres filles, ça te branche ? Avec mes amies, tu verras elles ne sont pas prises de tête "

Si elle savait oh combien sa phrase prit tout son sens par la suite, et oh combien elle avait été faussée par ma faute. Mais ceci est le début de l'histoire et je ne dois pas en dire trop.


Chapitre 1 - Soirée entre filles


Arrivées chez elle, on se prépare en conséquence pour la fameuse soirée.

" Il te faut deux tenues, la première est dans la chambre d'amie sur le lit, et la seconde est dans mon sac, tu n'en as pas besoin pour le moment. "

" Ok… Bon et bien je vais me changer alors. Et je n'ai toujours pas le droit de savoir où tu m'emmènes ? "

" Non, file ! "

Je m'exécute telle une petite fille. Pantalon noir et chemise blanche.

" Diner de charité ou un truc comme ça ? "

" Tu ne sauras pas laisse tomber "

Bref, après une bonne heure à se préparer et à essayer (vainement) de lui faire cracher le morceau nous sommes parties à la fameuse soirée. Une grande maison proche de son ancien quartier, nous passons le portail et entrons dans l'allée qui nous mène dans un grand jardin où des oliviers nous tracent le chemin. On sonne puis on entre. Je me sens mal à l'aise d'entrer chez quelqu'un que je ne connais pas. Vu le bruit, elle n'est pas seule. Connaissant ma cousine ça ne m'étonnes pas. Elle me présente rapidement. Agathe, Justine, Clara.

" Salut les filles, je vous présente ma cousine : Lucy "

Les embrassades habituelles faites, celle qui ce nomme Agathe me fixe. On me sert un verre de vin et nous partons dans des discussions. Agathe me fixe toujours. J'apprends au fil des discussions qu'elle est infirmière et que nous sommes chez elle. Elle l'a acheté avec son compagnon. Au plus je la vois et au plus son regard me mets mal à l'aise. Déjà mal dans mes baskets en ce moment. Je la fixe à mon tour comme pour la supplier d'arrêter.

" Excuses-moi mais ton visage ne m'est pas inconnu, on s'est déjà vues quelque part ? "

" Euh… Peut-être je ne sais pas. Tu ne me dis rien. "

" A l'école peut-être ? Au travail ? Tu habites où ? "

" Euh… "

Voyant mon désappointement ma cousine reprend la conversation à ma place tandis que je me resserre un verre pour me donner de la consistance. Elle répond à ses questions, donnant le nom de mes différentes écoles, et lui expliquant que je vis depuis des années sur Paris. La discussion dérape donc sur mon retour prématuré et je me sens obligée de l'expliquer quand je suis sauvée par la sonnette qui retentit. Une grande blonde aux yeux bleus arrive, suivie d'une petite brunette.


" Hey, les filles ! On apporte le ravitaillement "

Ravitaillement en langage " soirée filles " c'est aussi de l'alcool. Je me lève donc pour embrasser la blonde ainsi que sa copine.

" Blondie, Mylène, Lucy la cousine de Tiff. "

Son surnom me fait sourire elle le voit et échange ce sourire avec moi. Elles s'assoient donc et pensant avoir échappé à mon histoire de cœur Clara me demande de continuer.

" Oh et bien ce n'est rien de très radieux. Je suis allée un soir chez une amie, j'ai retrouvé ma compagne et ma boss sortant de mon lieu de travail enlacées et je les ai suivies jusqu'à chez moi pour les retrouver dans mon lit. Ma compagne m'a ensuite laissée à mon triste sort dans notre maison légèrement souillée par leurs ébats tandis qu'elle allait continuer sa nuit avec ma boss. Puis est revenue le lendemain s'excusant et souhaitant garder la maison avec moi en temps qu'amies. Ce que j'ai refusé. "

" Et tu as bien fais. Elle ne te mérite pas. "

" C'est un autre débat. "

Ma cousine me tenait tête sur ce sujet, elle n'en démordrait jamais, elle me surprotégeait depuis lors. Le cœur rempli d'alcool nous sommes parties nous changer, soirée en blanc. Robe pour tout le monde. J'étais dans la chambre d'amie avec Blondie qui avait du mal à remonter la fermeture de sa robe.


" Est-ce que tu pourrais... ? "

Blondie tenant sa robe et me montrant la fermeture.

" Oui bien sûr, ne bouge pas. Relève un peu tes cheveux. Voilà. "

" Merci. "

Clin d'œil de sa part. Puis on part direction chez une autre copine qui fait sa crémaillère, en blanc. Grande maison, piscine, cuisine d'été. Musique d'ambiance alcool, et une ribambelle d'hétéros. Filles, garçons confondus. Autant chez Agathe je me sentais mal à l'aise, mais ici je ne me sens clairement pas dans mon élément. Je les vois tous s'amuser, discuter et moi je suis au bord de la piscine avec ma clope et mon verre.

" Tu veux tester la température ? "

Je me retourne, Blondie est à côté de moi me tendant un autre verre, le mien est vide depuis quelques minutes et perdue dans mes pensées je ne suis pas allée m'en rechercher un.

" Elle est loin d'être froide, merci pour le verre. "

" De rien, tu ne t'ennuies pas trop ? On ne te fait pas trop peur ? Je suis sûre que tu n'as jamais vu ta cousine comme ça. "

Voyant ma cousine danser sur un rythme endiablé.

" Effectivement, au moins elle s'amuse. "

" Et toi ? "

" Et moi, je bois alors ça va. "

Nous avons continué à parler comme cela un bon moment, les pieds dans l'eau nos verres à la main. Puis une chanson que Blondie aimait bien passa et elle m'entraina sur la piste de danse improvisée. Emportée par le tourbillon de l'alcool et de la fête je me suis laissée prendre au jeu, et me déhanchais au rythme de la musique. Un garçon en particulier se rapprochait de moi, dansait avec moi, je m'amusais, je dansais c'était cool. Puis il devint collant. Et apparemment ça n'échappait à personne.

" Romain je t'emprunte ta cavalière j'en ai besoin là. "

Merci à Agathe d'être venue me sauver des mains de ce crétin.

" Alors Lucy il parait que tu sais boire. Et bien nous aussi. "

Sourire de l'assemblée.

" Tu joues ? "

Me dis Blondie tout en me taquinant du regard.

" Expliquez les règles ? "

" Tequila sur la table, on court autours de la piscine on revient on boit, téquila citron sel. La plus rapide gagne. "

" Et qu'est ce qu'on gagne. "

" Tout notre respect "

" J'en suis ! "

" Cool, alors vous êtes prête ? "

Et c'est comme cela que je fus embarquée dans un jeu d'alcooliques. Il faut savoir que nous avons en moyenne 25ans, et qu'on continue ce genre de jeux qui nous font retomber à l'adolescence et ça fait du bien. Je me mets donc à courir, fais le tour de la piscine boit mon verre et repars Blondie et Tiff sont devant moi, quand à Clara elle a déjà perdue et remplit les verres. Agathe est derrière avec Mylène elles rigolent à n'en plus pouvoir. Quelques tours plus tard et de l'alcool jusque dans les cheveux je suis remontée jusqu'à Blondie et Tiff, cette dernière trébuche et nous fait tomber Blondie et moi dans la piscine.

Remontant assez vite à la surface on se regarde et on se met à rire aux éclats. Elle m'éclabousse, je fais pareil puis nous retournons vers le bord. Trempées et en blanc. Des serviettes nous sont rapidement apportées.

" Tu veux que je te réchauffe ? "

" Romain, elle est pas suffisamment bourrée pour te dire oui. "

" Je proposais c'est tout. "

" Elle préfère les blondes. "

Blondie me sourit et me fait un gros clin d'œil puis se met à rire.

" Aller viens suis moi. "

Elle passe parmi le monde pour trouver Nathalie chez qui nous somme, elle lui demande si on peut aller se sécher et se changer elle acquiesce.

" C'est pas qu'il fait froid, mais on sera mieux dans des vêtements secs. Ca va tu t'es pas fais mal ? "

" Non, et toi ? "

" Et moi j'ai froid. Monte on va trouver de quoi se changer. "

Je la suivais donc dans les escaliers, elle frottait ses cheveux de façon à les sécher, son mascara avait coulé, mais elle restait toujours aussi charmante. Arrivées dans la salle de bain, elle se sécha les cheveux prit une pince et les attacha. Puis voyant que je ne faisais rien d'autre que de les frotter avec ma serviette vint vers moi et prit les choses en main, ou plutôt mes cheveux et le sèche-cheveux. Une fois fait direction la chambre. Elle entreprit de se déshabiller et je me retournais pour ne pas que mon regard se pose sur elle. Par respect.

" Tu vas vraiment fixer la porte ? "

" Hein, Hein ! "

" Conneries. "

Elle était plus grande que moi, et bien sûr elle ne trouvait rien à sa taille. Elle dû se décider pour une robe quand elle me donna un jean et une chemise. Une fois habillée elle se débattait encore avec sa robe. La fermeture sur le côté lui posait des soucis.

" J'ai vraiment la poisse avec les fermetures. "

" Attends, laisse moi faire. Et voilà. "

" Je peux te poser une question ? Parce que je trouve ça vraiment très con. "

" Dis toujours. "

" Pourquoi tu t'es retournée quand je me suis changée ? Enfin, je veux dire, ça craint. Tu ne t'assumes pas ? à moins de préférer fixer une porte ? T'es sérieuse quoi ? "

Nous étions très proches l'une de l'autre et je sentais l'embrun de l'alcool nous recouvrir, ses mots m'avaient vexés.

" Je n'ai pas envie de te mettre mal à l'aise c'est tout. Et puis oui je suis sérieuse. "

" Et si j'ai envie que tu me mettes mal à l'aise. Que tu me regardes. "

Elle me fixait désormais. Et je ne comprenais pas où elle venait en venir, en fait si je le voyais trop, mais ne voulais pas le savoir.

" Ne prend pas peur. Laisses-toi faire. "

Elle avançait dangereusement ses lèvres de mon visage.

" C'est moi qui devrait dire ça plutôt. On devrait descendre. "

" Je ne te plais pas ? "

" Tu es une amie de Tiff, tu es complètement hétéro et aussi complètement bourrée. Donc non, ça ne m'intéresse pas. Cela dis je t'apprécie beaucoup. "

" C'est parce que je suis l'amie de ta cousine ? "

" C'est rien du tout on en a fini Audrey. On devrait descendre. Aller vient. "

Et c'est comme ça que ma soirée vira au cauchemar, entre alcool et autres choses. Je rigolais du comique de situation qu'il y avait eu entre nous. Mais elle ne m'adressait plus la parole pourtant elle continuait de lancer des regards vers moi. Puis vint un moment où tout le monde voulait sortir en " boite ", et où moi ça ne me disait strictement rien.

" Lucy, y'a Audrey qui rentre aussi, c'est sur son chemin, elle te dépose, ça te va ? "

Trop alcooliser pour construire des arguments contre le fait qu'elle doive me ramener chez moi j'acceptais.

"Alors Blondie, tu vas pas en boite ? "

" Pas ce soir. Aller monte. Tu m'indiques où tu habites ? "

" Roule, je te dirais quand il faut tourner. Ce n'est pas chez moi, c'est un appartement à mes parents. Je n'ai plus de chez moi. "

Ah ! Dépression quand tu nous tiens !

Arrivées devant chez moi, il lui fallait faire un demi-tour en reculant jusque devant la porte d'entrée de la résidence. Je la remerciais et m'en allait devant cette fameuse porte attendant qu'elle parte. Quelle ne fut pas ma surprise quand elle coupa le contact et qu'elle sortit de la voiture. Plantée devant moi, les yeux dans les yeux.

" Ne me rejette pas. "

Pas le temps de répondre, ses lèvres étaient déjà sur les miennes. Ce n'était pas le plus doux ni le plus beau des baisers, mais peut-être celui qui était emplit le plus de désir hétéroïque. (Mot inventé par mes soins)

Puis prise dans le feu de notre désir commun (et oui elle me fait quand même pas mal d'effet cette Blondie/Audrey) mes mains commençaient à se balader sur son corps en partie dénudé par sa robe trop courte. Ses cuisses étaient miennes, prisonnières de mes mains. Je la plaquais contre le mur. Mes gestes un peu plus brutes que d'habitude cherchaient à connaître sa peau. Puis nous fument interrompues.

" Excusez-moi mesdemoiselles, mais il est bien tard pour se genre de délicates attentions, n'auriez-vous pas une chambre pour continuer "

" Si, si bien sûr. Excusez-nous madame. Bonne soirée. Tu as une chambre, Lucy dis-moi que tu as une chambre et que tu vis seule. "

Je reprenais mes esprits, la petite vieille m'avait réveillé. Est-ce que j'étais vraiment en train de tripoter la copine de ma cousine dans la rue ?

Mais les mains d'Audrey et ses yeux plantés dans les miens me firent ravaler ma culpabilité. Et l'alcool aussi surement.

" Monte. "

Je la pris pas la main et l'emmenais donc dans le petit appartement que mes parents avaient préparés pour moi. Pas le temps de voir comment il était aménagé direction la chambre. Lumières éteintes, volets fermés seul la porte était entrouverte pour laisser un filet de lumière traversé la chambre. Je la poussais sur le lit, me mit à califourchon sur elle. Elle tentait de me déshabiller, je lui attrapais les mains et les mis au dessus de sa tête.

" Tu ne me touche pas. Laisse-moi faire. "

Elle ne discuta pas, se contentant de me regarder, et de fermer les yeux à chacun de mes baisers. Je la déshabillais avidement. Puis le feu de nos deux corps se fit sentir durant une bonne partie du reste de la nuit. A aucun moment elle ne pu poser autre chose que ses yeux sur mon corps tandis qu'elle se donnait à moi toute entière pour la première fois.
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YulVolk
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:42

Chapitre 2



Je me réveillai et la vis toujours endormie dans mon lit. Quelques unes y étaient passées, mais aucune comme elle. Ma cousine me tuerait. J'allais la réveiller quand elle se mit à bouger.

" Woh… "

" Mal à la tête ? "

" Un peu oui. "

" Tu devrais aller prendre une douche ça ira mieux après, je vais te faire du café puis tu devrais rentrer te reposer. "

" Je… "

" On parlera après, file. "

Elle ne répliqua pas, ce contentant d'ouvrir la porte de la salle de bain. Je m'attelais en cuisine à faire le café et à déjeuner tout en pensant. Il était hors de question qu'il se passe quoi que ce soit entre nous. Au mieux cette nuit serait la première et la dernière. Elle était juste une erreur de parcours lors d'une soirée trop arrosée. Quand Audrey sortit de la douche elle se dirigea directement vers moi.

" On peut parler maintenant ? "

" Oui. "

" Ce qu'il s'est passé hier, je… Tu étais la première. "

" Oh ! Et bien comme ça c'est réglé tu as eu ta petite expérience lesbienne, et tout rentre dans l'ordre. "

" Oui, en quelque sorte. J'aimerai que ça ne s'ébruite pas. "

" Muette je suis, muette je resterais. J'ai une réputation à tenir. "

" Donc il ne s'est jamais rien passé ? "

" Jamais Blondie ! Tu m'as raccompagné et tu es rentrée faire ce que tu avais à faire. Je ne t'ai pas revu depuis. Et puis comment pourrais-je, je ne te connais que depuis hier. "

" Merci. "

" De rien, maintenant tu devrais boire un café et filer. "

Ce qu'elle fit. Ce fut d'ailleurs très silencieux, des regards échangés, discrets, timides même. C'était bien mieux de ne pas parler de ce qu'il s'était passé.

Une fois Audrey partie, je m'attelais à mon ménage. La culpabilité refaisait surface. Pour disparaitre aussitôt que je me rappelais que de toute façon personne ne serait jamais au courant et que c'était juste l'histoire d'un soir.

Ma cousine prit le temps de m'appeler savoir si la soirée c'était bien passé, et comment je me sentais. Quand a moi je partis voir ma mère pour boire le café, et parler un peu de mon retour. Et ce fut comme cela pendant quelques jours, des aller et retour entre mes amis et ma famille pour penser à autre chose, pour voir du monde et sortir. Rarement seule je commençais à désirer cette solitude qui me faisait tant peur, que je redoutais dès qu'elle s'installait en moi ne serais-ce qu'une fraction de seconde. Un ami m'a un jour sorti une phrase toute faite mais sur laquelle je réfléchissais beaucoup ces derniers temps :

" Notre équilibre psychologique dépend d'un compromis entre notre adulte et notre enfant intérieur. C'est à l'adulte de pacifier l'enfant en nous. "

En effet mon adulte n'arrivait à calmer l'ardente douleur que mon enfant subissait de perdre son amoureuse. Perdue dans mes pensées en écoutant la musique au plus fort de mon poste je n'entendis pas mon portable sonner et vibrer. [Ben Harper - Amen Omen]

Puis ayant fini ma crise de choriste à deux francs cinquante (je chante très mal mais souvent) je m'écroulais en pleurs sur mon canapé (ça finissais constamment comme ça)

Mon téléphone sur la table basse je le prenais pour voir l'heure : Deux appels en absence, dont un message. Je composais le numéro de ma messagerie sans même chercher à savoir qui était la personne qui m'avait appelé.

" Salut, c'est… Audrey, tu dois sûrement être occupée mais je me disais qu'on pourrait se voir si tu as un peu de temps. Pour discuter, boire un café. Enfin… Je ne sais pas trop pourquoi je t'appelle en fait, j'ai juste envie de te voir, alors bah… Rappelle-moi si tu es d'accord et puis euh… A bientôt… Je me sens un peu conne de t'appeler, mais euh… Tant pis c'est fait maintenant ! "

Je souriais toute seule de sa voix hésitante, et de son timbre particulièrement attachant. Je m'étais jurée de ne plus la toucher, mais cela ne nous empêchait pas de boire un café ? Puisque c'est ce qu'elle voulait boire un café. Je suis tellement intéressante qu'elle veut me connaitre. (Humour). Je décidais après moult rebondissements dans ma tête de lui répondre mais pas de vive voix.

" Ton message m'a fait rire, ne t'inquiète pas je ne mords pas, tu as du t'en rendre compte. Passe boire le café quand tu veux. "

Réponse rapide de sa part, on convenait du lendemain. Il arriva très vite d'ailleurs, peut-être un peu trop impatiente. Je préparais le café et m'installais avec un livre en l'attendant. Je doutais jusqu'au dernier moment de son arrivée, et à en juger par sa tête elle aussi.

" Entre. "

Hésitation quant à me faire la bise ou non, je prenais les devants. Pendant qu'on allait s'asseoir.

" Tu en fais une tête Blondie on dirait que tu vas à l'abattoir. Ne t'inquiètes pas, je n'ai pas empoisonné mon café. Et je ne te mangerais pas, trop blonde pour moi. "

Sourire de ma part, tentant de la décoincer.

" Oh ! Alors tu devais être vraiment ivre. "

Et bien quelle réplique, si je m'y attendais. Si cela est possible elle est encore plus mal à l'aise.

" Effectivement, j'étais ivre. "

Elle me fixe, puis baisse les yeux. Quoi ce n'est pas ce qu'elle voulait entendre ? Elle commence à se lever de sa chaise.

" Ce n'était pas une bonne idée, je ne sais pas pourquoi je suis là, je devrais y aller. "

Comprenant parfaitement ce qu'elle voulait dire mais ne voulant pour autant pas qu'elle parte je l'attrapais par le bras, elle me fit face.

" Reste. "

" Tu n'es pas ivre. "

Je rigolais " Non. Mais je n'ai pas besoin d'être ivre. "

Ses yeux me transperçaient. Ils m'invitaient. Je déposais donc mes lèvres sur les siennes, ce qu'elles attendaient depuis qu'elle avait franchi le pas de ma porte. Pas le temps d'aller jusqu'à la chambre, le canapé fera l'affaire. Mon affaire.

" Pourquoi tu ne veux pas que je te touche. "

" Ca te rendrais lesbienne. "

" Tu te moques là. "

" Je n'en ai pas envie. "

" Tu boudes ton propre plaisir. "

" Vous êtes bien prétentieuse mademoiselle. "

" Laisse-moi essayer. "

Je me relevais et m'écartais d'elle par la même occasion.

" Tu veux toujours ton café ? "

" Je veux bien. "

Elle se rhabilla puis bu son café. Encore une fois en silence.

" Tu trouverais ça malsain si je te disais que je n'ai pas envie que ce soit la dernière fois ? "

" Probablement pas, compliqué par contre. "

" Pourquoi ? "

" On est pas du même monde. Et tu es une amie de ma cousine. "

" Disons que l'on ne se promet rien, on n'est pas en couple, mais qu'on s'appelle quand on a envie de se voir. "

" Je ne t'appellerais pas. "

" Moi si. "

" Tu sais que tu es en train de me proposer de te servir de jouet sexuel ? Ou de poupée gonflable un truc du genre. "

" Et que tu vas accepter. "

" Qu'est ce qui te fais dire ça ? "

" Si tu ne voulais pas tu m'aurais déjà dis non. "

Elle n'avait pas tort, on continuait donc durant l'après midi à statuer sur notre relation quelque peu bancale et complètement tordue.

" Me laisseras-tu te toucher ? "

" Non. "

" Aucune exhaustivité pour le moment. "

" Ouais. "

" On en parle à personne. "

" Encore heureux. "

Puis elle partit comme ça. Après qu'on ait mis cartes sur table. Ca promet d'être compliqué si je ne lui résiste pas. Je risquerais d'aimer le jeu auquel nous commençons à jouer. Au moins, elle accepte de ne pas pouvoir me toucher, et ne demande pas pourquoi. Ce qui pourrait être fortement compliqué avec d'autres. Alors ce n'est pas si mal.
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:44

Chapitre 3


Le jeu commençait à prendre grande place dans notre quotidien. A tel point que du côté de son groupe d’amis tout le monde se demandait qui pouvait accaparer les soirées de cette chère Audrey. Elle qui d’habitude aimait les histoires d’un soir, là ils avaient tous compris qu’elle voyait la même personne, et souvent. Ma cousine m’en faisait part.

« Comme tu es quelqu’un de neutre, tu n’aurais pas remarqué quelque chose ? Quelqu’un à la soirée ? Ou après dans la voiture elle n’a pas reçu de coup de fil bizarre ? »

Que de mensonge pour moi durant notre discussion.

« Non, puis tu sais je n’ai pas vraiment beaucoup parlé avec elle. Si elle ne veut rien vous dire, c’est peut-être pour une bonne raison, non ? »

« Oui. Mais on s’inquiète pour elle. La dernière fois qu’elle a eu une réelle relation ça c’est mal fini… Elle a eu des troubles alimentaires… On ne veut pas que ça recommence. »

« Oh… »

Il me fut impossible de dire quel que mot que ce soit de plus. Je ne m’attendais pas à ça. Troubles alimentaires ? Audrey ? L’inquiétude se lisait sur le visage de ma cousine… La culpabilité refit surface. Je pris congé rapidement après cette discussion, et m’empressais de supprimer le numéro d’Audrey et de le bloquer. Je savais que je ne l’appellerais pas mais il me fallait la sécurité de ne plus pouvoir le faire. Durant deux semaines je n’eus aucune nouvelle (quelle belle invention la black List des GSM). Puis ma cousine me proposa une autre soirée. Je demandais rapidement qui il y aurait pour bien entendu espérer entendre qu’elle ne serait pas là. Effectivement apparemment pas de Blondie à l’horizon.

« Mylène fait une soirée Martini. Elle a appris à faire des cocktails et veut nous les faire goûter autour d’un bon repas. Elle m’a dit que si tu voulais tu étais la bienvenue. »

Pas le temps de dire que je n’étais pas forcement en forme. Elle avait déjà dit que je venais.

« Du coup en fait tu ne me demandes pas mon avis ? »

« C’est exactement ça. »

« C’était juste pour être sûre. »

Sourire de ma cousine, fière d’avoir réussie. Nous nous sommes donc retrouvées chez Mylène, en compagnie de son compagnon, de celui de ma cousine, d’un gars célibattant et moi. (C’est quoi l’idée ? Me caser avec JCVD)

J’ai donc commencé à tester les cocktails de Mylène, car personne n’avait l’air emballé. Une fois goûté et approuvé, les autres se sont jetés dessus. Puis réunion Tupperware dans la cuisine pour les filles, et match de rugby pour les mecs. (Car oui dans une soirée, les filles se retrouvent toujours dans la cuisine pour les potins du village.)

Elles parlaient de Clara et de ses amours difficiles. Accrochée à un homme qui se jouait d’elle. Elles m’expliquèrent l’histoire pour que je puisse me familiariser avec leur discussion et donner mon point de vue. Qui radicalement fut : « Faut qu’elle passe à autre chose »

Moi ? Dire ça… L’hôpital se fout de la charité… Mais oui je l’ai dit.

On sonne à la porte.

« Ça doit être Blondie, elle m’a dit qu’elle passerait un peu plus tard. »

Aie ! Pourquoi elle doit être là. Je retourne devant le match de rugby et boit mon verre cul sec. (Pour me donner du courage). Elle voit tout le monde, dit bonjour de vive voix avant de venir embrasser chacun d’entre nous. Je me lève, me retrouve face à elle. Elle fait comme si de rien n’était.

« Salut, tu vas bien ? »

« Oui, bien, merci. »

Rien ne la trahit sur son visage. Dans ses gestes, dans ses paroles. Rien. Puis nous retournons en cuisine continuer notre discussion tandis que la miss Audrey s’installe avec les garçons devant la télé.

« Pourquoi il n’y aurait que les mecs qui ont le droit de regarder le rugby ? »

Quelques péripéties sur la vie de Clara plus tard on décide de descendre fumer. Blondie qui était toujours dans le salon souhaite nous accompagner, soit. N’ayant que des roulées je demande à Tiff, âme charitable qu’elle est de m’en descendre une. Elle accepte. Je descends la première suivie d’Audrey. Mylène & Tiff sont encore en haut à s’échanger des messes basses. Audrey me tend une cigarette quand Tiff arrive. Je lui réponds donc par la négative quand elle rétorque sèchement.

« Prends là, je te la dois. »

Je ne réponds pas, et la prends. Puis je regarde ma cousine.

« Audrey m’en a proposé une, je te la prendrai tout à l’heure. »

« Ok pas de souci. »

Apparemment ce petit interlude n’a affecté que moi. On finit vite et on remonte de froid.

Tout le reste de la soirée Audrey fut collée à Julien le fameux JCVD célibattant. Clairement il n’attendait qu’une chose d’elle. Je ne disais rien, cela ne devait pas m’atteindre. Puis au cours de la soirée Audrey s’adoucit, me parla plus facilement, me souriait même sans avoir de raison. Quand elle expliquait quelque chose elle me fixait moi. Elle restait cependant désespérément collée à ce Julien, qui ne se serait dérobé pour rien au monde. Tout en continuant à dire que ce n’était que de l’amitié. On ne touche pas les seins d’une amie. On ne fait pas de bisou dans le cou d’une amie. J’ose espérer que c’est en voyant mon malaise qu’elle déclara qu’il était temps pour une nouvelle cigarette, Julien ne fumant pas, et faisant trop froid dehors se désista. Personne ne voulait venir, sauf moi. On est donc descendue toutes les deux. Ça tombait bien, il fallait qu’on parle.

« Tu passes une bonne soirée Blondie ? »

« Pourquoi tu m’évites ? »

« Je t’évite les ennuis surtout. »

« Comment ça ? »

« Tes amis s’inquiètent de te savoir avec quelqu’un qui t’accapare autant. »

« C’est moi qui t’accapare plus que l’inverse. »

Elle se rapprochait de moi, jouant avec le col de ma chemise.

« Ne fais pas ça, pas ici. »

Je me reculais.

« Julien serait ravi de t’avoir dans son lit ce soir. »

« Et moi c’est toi que je veux. »

« Tu es ivre ? »

« Ivre de toi oui. J’ai envie de toi, depuis le moment où j’ai passé la porte. »

« Impossible ici. »

« Alors on se casse. »

« Non, c’est pas possible. Va t’amuser avec quelqu’un d’autre. »

« Je ne joue plus. »

Puis sans même opposer de résistance elle m’embarqua avec elle un peu plus loin, à l’abri des regards. Elle m’embrassait, fougueusement, je sentais son corps s’apaiser de ses soubresauts au contact du mien. Et encore une fois le feu en nous commençait à nous consumer. Je ne pouvais le nier son corps m’appelant m’avait terriblement manqué. Saisie de tremblement elle avait la tête en arrière, les yeux fermés, la bouche ouverte d’où une brume chaude sortait. On ne ressentait plus le froid. Je n’avais pas besoin qu’elle me touche pour ressentir du plaisir, elle était très communicative. Ce n’était plus les mêmes ébats qu’à nos débuts, ils étaient désormais passionnés, animés, parfois même tendres et affectueux.

« Audrey, chut ! Tu fais trop de bruit. »

« Ne t’arrête pas. »

Avec réticence je m’écartais cependant d’elle.

« Tu es une grosse sadique »

Je déposais un doigt sur ses lèvres.

« J’ai entendu du bruit. Et ce n’était pas toi. »

En effet des voix se faisaient entendre. Mon cœur battait de plus en plus fort, comment trouver une explication plausible. Comment trouver une explication tout court. A la question fatidique…

« Les filles vous êtes où ? »

Tiff… Audrey me regardait, puis vint déposer un baiser sur mes lèvres, sa langue passa sur celles-ci.

« A charge de revanche. Tu vas me le payer »

Clin d’œil de sa part.

Nous sortîmes toutes les deux de notre « coin sombre ». Je n’eus même pas le temps de chercher à trouver une excuse que lorsque la question tomba, la réponse d’Audrey sortit naturellement.

« On est allées fumer un pétard. »

« Ah. Ok. J’étais descendue vous dire qu’on passe à table. Lucy ça va ? »

Audrey était rouge, mais ça pouvait facilement passer pour le froid.

« Vous devriez rentrer, Blondie tu trembles. Et Lucy tu as une sale tête. »

« Merci »

Nous sommes donc passées à table. J’eus le loisir de regarder Audrey se resservir encore et encore, et avoir une ligne parfaite. Des questions restaient donc dans ma tête. Le gâteau fut rater mais très bon (il n’avait pas gonflé) on en rigolait. Une demi-heure plus tard. Julien décida qu’il était temps pour lui de rentrer.

« Je vais y aller moi aussi. »

Blondie le suivrait donc. Et moi je resterai là, pour ne pas nous découvrir comme si de rien n’était. L’envie d’elle était présente malgré le mal que je me donnais pour le rejeter.

Une fois tous les deux partis les discussions allaient bon train, les pronostics aussi.

« Julien est raide dingue d’Audrey. »

« Ils sont partis ensemble, ce n’est pas pour rien. »

« J’en connais un qui va être content. »

Ne comprenant pas où ils voulaient en venir, et commençant à être agacée je m’incrustais dans la conversation.

« Pourquoi il serait content ? »

« Oh, tu sais Audrey et Julien ce n’est pas qu’une histoire de cul, c’est plus que ça. Et là ce soir s’ils sont partis ensemble ce n’est pas pour aller enfiler des perles. »

« Audrey elle est un peu comme ça. »

Et ils continuèrent. A spéculer sur la relation de Julien et Audrey, que peut-être c’était lui finalement qui accaparait son temps. Seule ma cousine était de « mon » côté.

« Vous l’avez entendu il nous a parlé de sa copine Anne, toute la soirée. Il a même dit qu’il était amoureux. »

« Julien il est amoureux de tout le monde »

Puis la discussion fut close car personne ne trouvait un terrain d’entente, pendant que les uns jouaient à la console, les autres rangeaient ce qu’il y avait à ranger, moi je pensais. Audrey se servait de moi comme d’un jouet, comme il en avait été convenu au départ, ça n’avait pas changé. Je n’étais qu’un jouet, comme apparemment beaucoup d’autres. Sauf que j’étais la seule fille. Et elle devait avoir des sentiments pour ce Julien. J’étais malgré moi touchée par ces révélations. Encore une fois je m’étais attachée, et encore une fois il ne le fallait pas. Vers une heure du matin on est parti. Le copain de ma cousine a absolument voulu prouver à ma cousine qu’Audrey était bien chez Julien. En une heure de temps elle devait encore être là. Garés sans feu en pleine nuit dans un petit refuge, on attendait. Jonathan était rentré par le jardin pour observer. De la voiture on voyait que Julien était avec quelqu’un mais sans savoir qui. Mon cœur battait fort. Priant pour que ce ne soit pas elle. Puis Jonathan revint déconfit.

« Bon c’est bon vous aviez raison les filles, ce n’est pas Audrey, c’est Anne. »

« On te l’avait dis, puis de toute façon y’a même pas sa voiture. »

« Ouais. »

Déçus on repartit, ils me ramenèrent chez moi puis partirent chez eux. Le temps d’ouvrir la porte d’entrée du hall de l’immeuble et j’eus la peur de ma vie.

« Qu’est ce que tu fais là ? »

« On m’a ouvert. La petite vieille de la dernière fois. »

« Et elle t’a ouvert comme ça ? »

« Non, je lui ai dit que j’étais follement amoureuse de toi et elle a ouvert avec sa clé. »

« Et elle t'a cru ? »

Pour seule réponse, Audrey se leva des marches et se jeta sur moi, ses bras m’enlaçant, puis ses mains sur mon visage et enfin ses lèvres rencontrant les miennes. Je commençais à me laisser emporter par les émotions quand je me délivrais de cette douce étreinte.

« Julien ne t’as pas suffit ? »

« De quoi ? »

« Pourquoi tu es partie avec lui ? »

« Tu es jalouse ? »

« Apparemment ce n’est pas la première fois toi et lui. »

« Donc tu es jalouse. »

Elle retentait une approche vers moi posant ses mains sur mes hanches.

« On est dans un couloir en pleine nuit ça raisonne et il fait froid, tu ne veux pas plutôt qu’on en parle chez toi ? »

Après une mini réflexion j’acceptais. A peine avais-je refermé la porte qu’elle commençait à parler à une vitesse affolante.

« Ecoute, dans un sens tu as raison, j’étais partie pour coucher avec lui, pour te faire payer parce que ça fait deux semaines que je n’ai aucune nouvelles de toi, que tu filtres mes appels. Et même si ce n’est censé être qu’un jeu, je ne crois pas que s’en soit un pour moi. Parce que ce soir je n’ai eu qu’une idée en tête te rejoindre. Je t’ai attendu pendant une heure dans le froid, parce que c’est toi que je voulais voir, et c’est avec toi que j’avais envie d’être, et ça peut paraître stupide. »

« Je dirais puéril… »

« Puéril ou stupide, mais ne prends pas peur, et ne me rejette pas. Je sais que j’ai l’air d’une hystérique là mais ce soir il n’y avait que toi dans ma tête. Et depuis le début je suis inconditionnellement attirée par toi. Pas seulement physiquement, c’est bien plus que ça. C’est charnel. »

« Je t’aime bien. »

Je lui dis en lui souriant. Puis l’attirant à moi pour la faire taire je l’embrassais. Ce soir on ne baisera pas. Ce ne sera pas qu’une histoire de sexe ou de jeu. Ce soir il n’y a plus de jeu. Il n’y a que nous deux.
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YulVolk
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:44

Chapitre 4


Après la nuit que nous avions passé, le réveil ne fut pas difficile. Car nous ne devions plus nous obliger à nous séparer du corps l’une de l’autre. Nous pouvions rester l’une contre l’autre. Nous avions à demi mots acceptées toutes les deux hier soir de passer un autre cap de notre relation. Nous ne savions pas vraiment où cela nous mènerait.

« Je ne sais pas comment tu as fais, mais je suis très attachée à toi Lucy. »

« Tu veux un café. »

« J’ai remarqué que tu te défilais souvent en me proposant du café, non là ce que je veux c’est toi. C’est que tu restes avec moi encore un peu et que l’on profite de cet instant. »

Elle s’approcha de moi et posa ses mains par-dessus mon t-shirt. Cherchant à découvrir ma peau que je ne laissais entrevoir. Puis elle se releva et se mit à califourchon sur moi. M’embrassa. Au-delà des nuits que je pouvais lui faire passer, la frustration de ne pas être touchée commençait à faire crier mon corps. Et elle le ressentait, jouant de ses charmes, de ses atouts charnels. Elle était nue, mais de ses regards je me sentais mise à nue moi-même. Elle me voulait. Elle voulait que je la laisse faire. Ses baisers se faisaient de plus en plus passionnés, de plus en plus insistants, descendant dans mon cou, tirant sur le col de mon t-shirt pour marquer un peu plus ma peau que je tentais de cacher. Je la laissais faire. Le désir montait en moi, prêt à exploser. Je passais mes mains sur son corps, mais rapidement elle me les ôta.

« Aujourd’hui, c’est toi qui ne me touches pas. »

Je ne dis rien, mon corps enflammé de désir pour elle. Je tentais de me contrôler. Je ne devais pas céder. Je ne pouvais pas céder. Mon esprit me le répétait, alors que mon corps tout entier ne souhaitait qu’une chose se donner à elle. Ses mains étaient descendues à la lisière de mon t-shirt et de mon survêtement, effleurant une mince ligne droite. Mes flancs frissonnaient et je savais que je devais l’arrêter. Mais mon corps refuser de bouger, mes lèvres de parler. Elle s’arrêta elle-même. M’embrassa sur la bouche puis enfila un peignoir tout en rigolant.

« C’est ma vengeance pour hier soir. »

« Très drôle. On est quitte maintenant ? »

« Non, mais presque. »

« Comment ça ? »

« Tu m’as laissé faire. Pour une fois. »

« Ça n’arrivera plus. »

« C’est pas ce que me fais ressentir ton corps. »

A chacun de ses contacts mon corps frissonnait de plaisir et de désir.

« Bon on le boit ce café ? »

« Et si pour une fois on le buvait sans être deux étrangères ? »

« Que proposes-tu ? »

« Canapé, café, dans tes bras, devant la télé. »

Je lui tendais donc mes bras après avoir pris le café. Il est vrai que depuis le début de notre petit jeu, le café était de mise après chaque rapport, mais nous ne parlions pas, nous ne nous regardions pas. C’était comme s’il était une formalité. Nous avions passé le cap de la tendresse. Sans m’en rendre compte pendant qu’elle était dans mes bras, je lui caressais les cheveux. Elle laissait voler sa main sur ma jambe. Nous étions passées bien au-delà du jeu.

« Je ne vais pas tarder à devoir aller travailler. »

« Ça tombe bien j’en profiterais pour aller faire deux trois courses. »

« Ta voiture n’est pas chez tes parents ? »

« J’ai une moto ici. »

« Oh, et ce n’est pas un peu dangereux ? »

« Pas que je sache. Je sais conduire. »

« Oui mais les autres. »

Son inquiétude m’agaçait.

« Tu parles comme Elle… »

Elle avait compris, et n’avait rien rajouté, avait pris rapidement une douche, et s’était contentée d’un bisou sur la joue furtif comme au revoir.

« Je t’appelle. »

« Ok. »

Tout, tout me ramenait toujours à Elle… Quoi que je fasse, quoi que je tente, il m’était impossible de l’oublier. Elle était ancrée en moi. Les rares moments où je n’y pensais pas c’étaient quand j’étais avec Audrey. Sauf quand elle prenait les mêmes airs réprobateurs qu’elle, sur les choses dangereuses de la vie. La vie est dangereuse, que ce soit en moto, en voiture, en vélo, à pieds ou en déambulateur. La vie est un fardeau que l’on porte en soi jusqu’au jour où il est décidé qu’on en serait libéré. Je ne conçois pas la vie, si la vie doit être faite de frustration sous peine de dangerosité. Car le plus dangereux c’est de vivre. Je prenais donc ma moto, la tête remplie d’images, de flashs, et de ses paroles. Il ne me fallait pas grand-chose, bière et pain. Le camion qui arrivait à droite à lui non plus il n’a pas fallu grand-chose pour griller le feu rouge et m’envoyer tout droit sur le bitume encore frais d’avoir été refait. Allongée par terre je ne bougeais pas, entendant déjà des voix s’approcher de moi. Une en particulier.

« Oh putain, merde, Lucy. Dis-moi que tu m’entends. Serre-moi la main. Je vais ouvrir la visière pour que tu me regardes, mais surtout ne bouge pas. Tu as mal quelque part ? »

« Ma hanche. Mais ce n’est rien. »

« J’ai vu l’accident, j’ai tout de suite appelé les secours, je vais ouvrir ton blouson et soulever ta chemise, pour voir comment ça se présente. Ne t’en fais pas, reste avec moi. Parle-moi. »

« Pourquoi tu es là ? »

« Je sors de chez toi, tu ne t’en souviens pas. »

« Si, mais pourquoi tu as pris cette route. »

« Je devais passer chez moi avant d’aller au travail, ne bouge pas je soulève ta chemise. »

Je mis instantanément ma main sur la sienne pour l’empêcher de faire ça. Je ne voulais pas qu’elle voie ce corps.

« Ecoute que tu ne veuilles pas dans l’intimité je m’y suis faite, mais là ce n’est pas celle que tu baises qui te parle c’est l’infirmière alors tu vas me faire le plaisir de retirer ta main ou je demande à des personnes autour de moi de te les tenir. »

« Je ne baise pas avec toi. »

Ce fut les dernières paroles après un black-out total. Je me suis réveillée en chemise d’hôpital dans une chambre aux urgences. Ma cousine était là, ainsi que ma mère.

« Elle se réveille. Appelle le médecin. Elle se réveille. Ça va ? »

« Ça pourrait aller mieux, qu’est ce que je fais ici ? »

« Tu ne te souviens pas ? Tu t’es fait renversée par un camion qui a grillé le feu rouge, heureusement qu’il y avait Blondie à proximité elle a pu donner des informations sur toi car tu étais inconsciente. Et puis apparemment elle t’a aidé aussi. »

« Comment ça ? »

« En desserrant tous les points d’habits qui pourraient faire un problème d’affluence du sang. Ta ceinture, ta chemise. Elle a trouvé directement que tu avais une hanche déplacée. »

« Tu veux dire qu’elle m’a déshabillée en pleine rue ? »

« Elle t'a peut-être sauvé la vie. »

« C’est un miracle qu’elle ait été là. Je ne la connais pas, mais elle a sauvé ma fille. »

« Ouais. Je sors quand ? »

Mon père revint avec le médecin, et une petite brune en blouse blanche.

« Vous pouvez sortir, je peux parler à la patiente seul à seul ? Nous devons faire des examens. »

« Bien sûr »

Tout le monde s’exécuta.

« Je vais être très franc avec vous, nous vous avons auscultée, vous n’avez rien de physiquement grave, vous serez sur pieds très rapidement un vrai miracle, vu la violence du choc. Cependant ces marques sur votre corps ne sont pas anodines. »

Il m’ôta la blouse pour me montrer les cicatrices sur mon ventre, ainsi que sur le haut de mes bras. C’est ce moment là que choisi Blondie pour rentrer dans la chambre, mes parents et ma cousine étant partis à la machine à café. Elle resta figée devant ce spectacle, devant les marques sur ce corps que j’aurais voulu ne pas être mien. Devant ce corps qu’elle avait pu désirer caché derrière des vêtements et qui désormais ne lui ferait plus aucune envie. Je tentais de remonter le drap tant bien que mal sur moi pour me cacher d’elle, à aucun moment je ne croisais son regard, mais je le sentais me transpercer de part en part.

« Audrey, pouvez-vous sortir s’il vous plait. »

« Oui, bien sûr Docteur, je ne savais pas… Enfin… Je repasserai tout à l’heure. »

« C’est plus sage en effet. »

Elle ressortit aussitôt.

« Suivez-vous une psychothérapie ? »

« Non. »

« En avez-vous suivie une ? »

« Non. »

« Vos parents nous ont mis au courant de votre situation… C’est à cause de cela toutes vos marques… »

« Pas seulement. »

« Accepteriez-vous de consulter ? »

« Non. »

« Savez-vous que l’acceptation de sa pathologie fait aussi partie de l’une des conditions pour votre sortie ? Et aussi pour la guérison. Il me semble que cela fait ressortir un certain mal être. »

« Vous êtes médecin, donc vous savez aussi bien que moi que ces cicatrices sont vieilles, et qu’il n’y en a pas de neuves. Maintenant j’aimerais savoir quand je pourrai sortir. »

« Je vais vous laisser sortir, ne vous inquiétez pas. Cependant vous devrez au préalable accepter de venir voir ici même une collègue psychologue aujourd’hui, mais aussi de revenir la semaine prochaine pour une autre consultation. De là vous pourrez aisément décider d’arrêter ou de continuer. »

« C’est du chantage ? »

« Du marchandage ? Votre sortie, contre deux séances avec ma comparse. »

« J’accepte. »

« Vous sortirez donc demain. Les sorties se font à partir de 16h, vous pourrez récupérer vos affaires à l’accueil. Ma collègue viendra vous voir dans l’après midi. Je vous ai prescrit des calmants pour la douleur à la hanche mais ce n’est rien d’autre qu’un gros hématome. »

« Merci. »

Puis lui et la petite brune prirent congé. Blondie, accompagnée de ma cousine, et mes parents réapparurent. Ils l’avaient apparemment affublée de toute leur gratitude.

« Une chance réellement que tu aies été là à ce moment là Audrey. »

« Oui… » Elle baissait la tête

« Le hasard fait bien les choses, parfois. » Je ripostais pour essayer de brouiller les pistes.

Puis tout le monde prit congé il fallait que je me repose vu que l’après midi je voyais la psy, et que le lendemain je serai dehors. Ne restait qu’Audrey et moi.

« Tu veux que je te ramène demain ? »

« Non merci, ma mère va venir. »

« Je peux venir te voir un peu plus tard ? »

« Je ne préfère pas. »

« Pourquoi ? »

Je ne répondais pas.

Elle s’approcha de moi. Posant une main sur mon ventre par-dessus la blouse à l’endroit où étaient mes cicatrices.

« Si c’est par rapport à ça. Je n’en ai pas peur, je m’en fiche. Ça ne m’arrêtera pas. »

Elle déposa un baiser sur mon front.

« Je passerai demain soir chez toi, si tu ne veux pas me voir tu n’auras qu’à faire semblant de ne pas m’entendre sonner. »

Puis elle partit elle aussi. Je pris le temps de dormir un peu, jusqu’à ce que je sois réveillée par la psychologue. Vite remise à sa place je lui rappelai qu’on m’avait percutée et que je ne m’étais pas jetée sous ses roues pour me suicider. Que je n’en avais aucune envie, et que c’était du passé. Elle en conclut alors assez rapidement qu’elle n’obtiendrait rien de moi. Le reste du temps jusqu’au lendemain 16h arriva vite. Je pus reprendre mes affaires, ma mère m’ayant apporté quelque chose qui ne me serrait pas trop au niveau de la hanche, je me retrouvais avec un jean dix fois trop large faisant office de baggy. C’était bien la seule fois qu’elle acceptait de me voir habiller comme ça. Elle resta jusqu’à 18h, puis je la virais de son omniprésence. Vers 20h, la sonnerie retentit. J’étais devant prête à décrocher le combiné. Puis on arrêta de sonner. Dans le doute j’appuyais sur le bouton pour ouvrir la porte. Elle frappa à la porte, je lui ouvris. Elle me souriait. Je la fis entrer.

« Je ne savais pas si tu aurais mangé, donc j’ai quand même pris du chinois au cas où. Et ce soir tu n’as qu’une chose à faire : te détendre, je prends tout en main. »

« Tu joues à quoi ? »

Elle s’approcha de moi, m’embrassa.

« Je te l’ai dis, je ne joue plus. Donc, tu as mangé ? »

« Non, mais je n’ai pas faim. »

Je dus quand même obéir à sa majesté et manger. Puis une fois fini, elle s’approcha de moi m’embrassa, ses mains à la recherche de mon corps, sa langue à la recherche de ma langue.

« Non, arrête. »

« Tu n’en as pas envie ? »

« Je… »

« Laisse moi faire, pour une fois, fais moi confiance. »

Elle me poussa sur le lit, toutes les lumières étaient éteintes, seules quelques rares bougies laissaient planer les ombres.

« Ne prends pas peur »

Elle sortit deux foulards.

« Tu ne veux pas que je te vois c’est ça. Alors je ne te verrai pas, mais laisse moi te toucher. Tu ne me verras pas non plus. Pourquoi il n’y aurait que toi qui pourrais profiter. »

Au départ loin d’être convaincue et un peu réticente, nos deux corps étaient malgré tout en parfaite harmonie, n’ayant aucun besoin de se chercher. Ils étaient déjà en communion. Je sentais le désir monter en moi. Je passais mes mains sous son t-shirt sentant son corps brûlant. Je lui ôtais celui-ci en un rien de temps. Je commençais à prendre le dessus, quand elle reprit les rênes, plaquant mes mains au dessus de ma tête. Laissant parcourir ses lèvres et sa langue dans mon cou, tirant sur mon t-shirt prête à me le déchirer s’il le fallait, son désir était ardent. Elle laissa ses mains s’aventurer sous mon t-shirt, je ne sentais plus mes cicatrices, mais ses doigts délicats sur ma peau qui l’avait tant attendue. Chaque parcelle de mon corps était un feu étincelant sous ses doigts sous sa bouche. Elle ne mit pas longtemps à m’enlever mes vêtements ne restant que mes sous-vêtements.

« Je peux ? Tu m’autorises ? »

« Je t’autorise tout ce que tu veux. »

Elle s’exécuta nos corps parfaitement nus l’un devant l’autre. Sans même se voir, nous nous contemplions par nos caresses, découvrant l’autre d’une façon différente. J’étais totalement conquise par son petit jeu dans le noir. Ce soir je la laissais pour la première fois me toucher, pour la première fois ce n’était pas moi qui menait la danse, c’était elle. Et elle l’avait divinement bien menée. Un peu plus tard dans la nuit, malgré l’épuisement de nos ébats elle était éveillée.

« A quoi tu penses Audrey ? Tu regrettes ? »

« Oh, non pas du tout. Juste que… »

« Dis-moi ? »

Je me retournais vers elle, plaçant une mèche de ses cheveux dorés derrière son oreille.

« Tout à l’heure tu as dit que tu m’autorisais tout, tu te souviens ? »

« Euh. Oui peut-être, c’était sur le coup de l’excitation. »

« Tu le pensais ? »

« Oui. »

« D’accord. »

« Pourquoi cette question ? »

« Je crois que je suis amoureuse de toi. Autorise-moi à t’aimer… »
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YulVolk
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:45

Chapitre 5

Sur ses mots je restais de marbre. « Amour », « aimé », des mots que je voulais bannir de mon vocabulaire. Que je ne pouvais plus entendre. Que je ne souhaitais plus entendre. Des mots dont elle ne pouvait connaitre le réel poids, sans quoi elle ne les aurait pas prononcés.

« Tu te trompes, on s’amuse bien c’est tout. »

« Pour toi on ne fait que s’amuser ? »

« Ce n’est pas ce qui était prévu ? »

« Si… Bien sur que si… »

« Donc voilà, ce n’est pas de… Enfin c’est autre chose. Un jeu. Ou je ne sais pas. »

« Je te l’ai pourtant dis que je ne jouais plus. »

« Va voir Julien, il te comblera bien mieux que moi, et lui il… enfin tu le sais déjà. »

Sur mes mots, elle se leva, prit ses affaires, et commença à bougonner dans son coin.

« Tu sais quoi, je crois que tu es en train de te persuader que tu es un être incapable d’aimer. Incapable de le prononcer. Ce n’est pas parce qu’une petite pute t’a fait souffrir qu’on en est toutes. Et puis merde à la fin, tu fais chier. Tu sais très bien que ce n’est pas Julien ou un autre que je veux. Tu as peur de te l’avouer, mais tu es attachée à moi. Je ne te demande pas de m’aimer, ni même de me le dire, mais au moins d’avouer que pour toi aussi le jeu c’est terminé. »

Elle me fixait, ses mots partaient comme des flèches, toutes dans une seule et même direction.

« Tu en deviens vulgaire. »

« Je t’emmerde. »

Elle prit son sac et commençait à s’en aller. Et là en moi tout fut chamboulé, elle n’avait pas tort, bien que je ne sois pas amoureuse d’elle, j’aimais le temps que nous passions ensemble. J’aimais bien sa présence. J’aimais bien être à ses côtés. Et puis c’était indéniable, elle me plaisait, elle m’attirait.

« Je t’aime bien. »

Audrey resta figée, sûrement partagée entre le fait de prendre ça pour une énième blague ou bien pour la vérité. Venant de Lucy elle savait que c’était le mieux qu’elle pourrait avoir comme mots d’affections.

« Ecoute moi bien Blondie, tu me plais, c’est un fait. Le jeu est terminé pour toutes les deux, parce qu’on a passé le cap de l’affection l’une pour l’autre. Ca ne nous rend pas pour autant d’être un couple, puisqu’on reste quand même aux yeux des autres des personnes qui se connaissent à peine. Je garde en mon for intérieur l’intime conviction que je ne suis qu’une expérience pour toi, et que tôt ou tard tu retourneras vers ton Julien ou un autre. Et oui je déteste tous ses mots qui sont totalement inutiles et utilisés à tout bout de champ. Ils ne servent à rien d’autre qu’à emprisonner l’autre dans nos mots. Et je ne veux pas être prisonnière de tes mots, ni de ceux de personne d’ailleurs. Je ne t’appartiens pas, et tu ne m’appartiens pas. Je ne te le dirais donc pas, et tu ne me le diras pas non plus. N’essaies pas de trouver des stratagèmes ça ne marchera pas. Je réfute toute forme quelle qu’elle soit de ses mots là. Ils n’existent pas. »

« Pour toi ils n’existent pas, pour moi ils sont des mots utilisés avec sincérité et sentiments. »

« Foutaises. »

« Laisse-moi finir. On n’est pas toutes comme elle, je ne suis pas comme elle. Laisse-moi te le prouver… »

« Audrey, rends-toi à l’évidence on ne fait que baiser ensemble, rien de plus. »

« Tu es vraiment trop conne quand tu t’y mets. »

Sa dernière phrase fut aussi rapide que ses pas vers la sortie. Je ne tentais pas de la rattraper. Après tout elle devenait trop entreprenante avec ses sentiments qui étaient plutôt encombrants. Je hais ces sentiments. Ca ne sert à rien. Je m’en persuadais tout du moins. On sonnait à la porte, je pensais que c’était Audrey qui revenait et je n’avais pas particulièrement envie de continuer la discussion. Elle s’était très bien arrêtée. Je suis une grosse conne, et elle, elle reste avec ses sentiments à deux francs.

« Quoi ? »

« C’est Tiff… »

« Oh… Attends je t’ouvre. »

J’attendais qu’elle monte, embarrassée de lui avoir répondu si sèchement à l’interphone.

Je cherchais une justification mais je n’en n’eus pas besoin.

« Je viens de voir Blondie sortir en courant de chez toi, elle est venue te voir ? »

« Euh… Ouais, pour savoir comment j’allais. »

« Elle n’avait pas l’air bien elle en tout cas. »

« Je crois que c’est son copain elle a dû se disputer avec, elle était un peu tendue aujourd’hui. »

« Ah… Ok… J’irais la voir tout à l’heure si elle est là. Et toi comment tu vas ? »

« En pleine forme. »

« Ecoute, ta mère m’a dit qu’elle avait reçu un coup de téléphone d’Anna… »

« Quoi ? Comment ça ? »

« Vous êtes pacsées, ton hospitalisation, elle a été prévenue… »

« Oh… »

« Ouais… »

« Et elle voulait quoi ? Savoir si j’étais bien morte ? »

« Non, prendre des nouvelles. Mais ta mère lui a dit qu’elle ne la laisserait pas te parler et qu’il fallait qu’elle arrête de faire semblant… »

« Hum… »

Les yeux me piquaient, et les larmes montaient malgré moi sous mes yeux, coulant sur mes joues. Anna mon ex… Celle qui m’a aidé à me construire, et qui m’a détruite en une fraction de seconde. Celle qui a écartelé mon âme, brisé mon cœur, piétiné mon corps… Embrumé mon esprit… Celle pour qui corps et âme j’étais tombée en amour… Tombée oui… Et je ne m’en suis pas encore relevée… Je ne m’en relèverais peut-être jamais…
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:46

Chapitre 6


J’aurai pu rester des semaines au fond de mon lit bien au chaud à ne rien faire d’autre que pleurer sur mon triste sort, mais le monde en avait décidé autrement. Je prenais des douches à m’en faire saigner, pour faire sortir Anna de ma peau. Elle était encrée en moi comme une tâche incandescente et indélébile. Mon corps brûlait à la simple évocation de son nom. Impossible de fermer les yeux, je les voyais elles, toutes les deux. Impossible de faire un pas, sans que quelque chose me fasse penser à elle. Une coccinelle… Elle adore les coccinelles. Une soudaine brutalité m’envahit, je pourrais la tuer, simple petit être sur cette terre. Quand je pris conscience de la fragilité de sa vie, que je détenais entre mes mains. Je me sentis alors bien plus proche d’elle, cette infime bête, que tout être ici bas. Aussi fragile qu’elle, aussi futile qu’elle, aussi effrayée qu’elle pouvait l’être dans mes mains, je l’étais au souvenir d’Anna. A la différence que la coccinelle avait une échappatoire, elle pouvait s’envoler, elle pouvait s’échapper et vivre une autre vie loin du bourreau que j’aurai pu être en l’emprisonnant auprès de moi pour avoir une compagne de solitude. Elle pouvait dans un simple battement de ses ailes partir loin et recommencer ailleurs. Je m’approchais de la baie vitrée, l’ouvrait en grand malgré le froid la coccinelle toujours au creux de mes doigts. Et emmenais mes mains au ciel en déployant mes doigts pour lui offrir une piste d’envol. Elle dut sentir ma solitude, et mon envie. Oh oui je l’enviais cette coccinelle. Avant qu’elle ne s’envole je fis un vœu, puis elle partit. Jamais plus je le crois, nous ne nous reverrons, et c’est tant mieux pour elle. Je n’aurai pas été un bon compagnon. Je n’aurai été rien d’autre qu’une coquille vide au milieu de ce monde. Je tournais et retournais dans cet appartement qui désormais devait être mon chez moi. Je ne reconnaissais rien. Rien de ma vie d’avant, c’était probablement mieux, rien d’elle, rien de nous. Tout était fait pour démarrer une nouvelle vie. Alors pourquoi ? Pourquoi me faire ça ? Pourquoi appeler, et demander après moi ? Pourquoi faire comme si elle s’inquiétait pour moi ? Pourquoi ? Et c’est dans un tourbillon de questions que je m’effaçais au fur et à mesure dans cet appartement que je trouvais désormais immense. Puis on frappa à ma porte. Encore une fois. Cela faisait des jours que l’on frappait à ma porte. Que je ne répondais pas. A quoi bon je ne veux voir personne. Je veux que personne ne me voie comme ça. Mais j’avais à faire à un coriace il ne cèderait pas.

« Lucy si tu ne m’ouvres pas tout de suite je défonce ta porte, je te préviens je ne céderais pas. Ouvre-moi s’il te plait. »

« Blondie… » Dans un murmure à moi-même.

Je lui ouvrais comme elle me l’avait demandé, sans même un regard je repartis je ne sais où, faire je ne sais quoi. Je mourais à petit feu. Mais Blondie venait pour rallumer la flamme en moi.

POV Audrey

J’entrais dans cet appartement que je connaissais désormais par cœur, pour y avoir passé plusieurs nuits, mais je ne reconnaissais rien. Des vêtements de partout, des tasses de café sur le sol. Je ramassais au fur et à mesure que j’avançais vers elle. Lucy me tournait le dos, perdue dans ses pensées sûrement. J’ouvris la poubelle pour y mettre les déchets, et le frigo pour voir ce qui lui restait. Rien n’avait bougé.

« Tu t’alimentes au moins ? »

Elle ne me répondit pas, me tournait toujours le dos, et regardait fixement la baie vitrée entrouverte.

« Tu as pris une douche aujourd’hui ? Tu as dormi ? »

Mais rien n’y faisait elle était sourde à tout ce que je lui disais. Puis elle se mit à courir vers la baie vitrée qui donnait sur le balcon. Je compris instantanément. Je lâchais tout ce que j’avais en mains pour arriver à sa hauteur le plus rapidement possible. Tout ce passa en une fraction de seconde, mais cela me parut des heures. Elle avait le bras sur la rambarde et un pied prêt à l’enjamber. Elle allait sauter, quand je la pris par la taille et la repoussais avec moi. On tomba sur le béton de son balcon. Puis sans même réfléchir je la pris dans mes bras, les larmes coulaient sur son visage, et je savais que je ne pourrais rien y faire, alors je restais là sans rien dire. Jamais je n’avais vu quelqu’un en aussi grande détresse, quelqu’un que j’aimais. Parce que malgré le jeu, malgré tout, je l’aimais.

« J’aurai pu y arriver tu sais… A voler… Comme toi, j’aurai pu… Si j’avais été… »

Elle ne me parlait pas à moi, et je ne comprenais pas un traitre mot à ses supplications. Ses sanglots étaient de plus en plus fort, ses larmes de plus en plus grosses. On aurait dit que son corps craquelait sous mes bras.

« J’aurai pu y arriver, si je n’avais pas été moi… Si seulement je pouvais faire comme toi… Juste sauter, et m’envoler… Oublier… Tout oublier… Mais je ne peux pas… Parce que je suis coincée dans ce corps… Humain… Empli d’émotions… Comme je regrette de n’être que moi-même… »

Puis son visage changea, elle me regardait pour dans un murmure m’avouer un « merci » timide. Je la relevais.

« Viens avec moi on va prendre une douche, et tu vas mettre des vêtements propres, puis je te ferai un repas et tu vas manger, ce n’est pas une proposition, c’est un ordre. »

Je crois qu’elle n’était même pas en état de protester, mais je voulais m’affirmer au cas où.

Elle était à peine en état de tenir debout seule. Je commençais donc à la déshabiller, après avoir commencé à faire couler l’eau du bain. Je la laissais s’installer dans le bain et allais lui chercher des vêtements propres. Une fois fait, je lui frottais le dos tout en lui parlant de tout et de rien, mais surtout pas de ce qui venait de se passer. Pour ne pas la brusquer. Elle reprenait peu à peu ses esprits, comprenant ce qui s’était passé surement. Une fois propre, on passa au repas, simple et efficace. Des pâtes. Elle mangeait le regard dans le vide, pendant que j’essayais de rendre son appartement un peu plus habitable. Je me souvenais de ses mots « rends-toi à l’évidence on ne fait que baiser ensemble, rien de plus. » Comment les oublier. Mais comment rester insensible lorsque l’on est confronté à une telle détresse. Vers le canapé je remis la couverture en place. Elle n’avait pas dû aller beaucoup dans sa chambre. Je sentais son regard sur moi. Elle se leva du tabouret je m’avançais vers elle. Elle trébucha je courus pour ne pas qu’elle tombe. Elle était dans mes bras.

« Audrey ? »

« Oui. »

« Qu’est ce que tu fais ici ? »

« Je suis venue aider, parce que tu ne réponds à personne. »

« Tu peux repartir tu vois, je suis vivante. Tu as très certainement mieux à faire. »

« Tu n’as toujours pas compris. Je n’en ai pas envie. »

« Ouais. »

« Je ne suis pas comme elle, je ne te laisserais pas tomber. Je suis là parce que j’ai envie d’être avec toi. Parce que je veux t’aider. Parce que je veux te prouver que l’on peut t’aimer. »

« Tais-toi. »

Elle tentait de fuir mon étreinte.

« Tu ne veux pas l’entendre. Mais ce ne sont pas tous des mensonges. Pas tous les je t’aime sont faux. Pas tous les sentiments. Pas pour tout le monde, pas les miens. Je ne partirais pas. »

Elle avait commencé par ce débattre puis finit par s’abandonner dans mes bras à bout de force, à bout de tout.

« Audrey… » Toujours de sa voix faible.

« Oui ? »

« Ne me laisse pas tomber. »

Je l’embrassais sur le front.

« Je t’emmène dans ta chambre, tu dois te reposer. »

Une fois installée dans son lit, je me relevais mais elle tenait fermement ma main.

« Tu pars ? »

« Je peux rester si tu veux. »

« Merci. Tu veux bien me serrer dans tes bras ? Comme si j’étais quelqu’un d’unique. Comme si c’était la première fois. Comme si je n’étais pas moi. »

« Tu es unique, et c’est la première fois, puisque c’est toi qui l’a demandé, mais je ne peux pas faire comme si ce n’était pas toi, car la seule personne que je veux tout contre moi c’est toi, et personne d’autre. »

Elle commença à somnoler.

« Merci. »

« De ? »

« D’être toi. »

« Merci à toi. Lucy. »

J’attendis d’être certaine qu’elle soit endormie pour déposer au creux de son oreille les mots qu’elle ne voulait pas entendre mais que j’avais eu tant besoin de lui dire aujourd’hui.

« Je suis amoureuse de toi Lucy. »
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:47

Chapitre 7

Je me réveillais alors qu’il faisait encore nuit. Audrey n’était déjà plus là mais j’avais retrouvé un semblant d’existence. Armée d’un pull, d’une cigarette et de mon briquet je m’installais sur mon balcon. Il faisait froid. Tout était recouvert d’un manteau blanc dehors. Les oliviers gelés, tout était figé dans l’instant. J’aimais ces moments là, où l’obscurité est adoucie par les centaines d’étoiles au dessus de ma tête, alors qu’en bas mes pieds fusionnent avec le brouillard environnant. Je faisais partie intégrante de ce brouillard en cet instant. Je n’étais rien d’autre que cela. Quand je sentis une présence derrière moi, quelqu’un venait tout contre moi, un corps qui ne m’était pas étranger m’étreignait. Je n’avais nul besoin de me retourner pour savoir que c’était Audrey. Finalement elle était restée. Je prenais ses mains dans les miennes pour qu’elle m’enlace encore plus fort, pour qu’elle m’enlève de se brouillard, pour qu’elle me réveille. Je voulais me sentir vivre au-delà de tout ce qui était fixé en cet instant. Je voulais sentir son cœur contre le mien.

« Tu n’as pas froid ? »

« J’ai crû que tu étais partie. »

« Je suis là, et je resterai tant que tu ne me diras pas de partir. »

« Reste. »

Sans plus un mot, elle est restée, posant sa tête sur mon épaule, une cigarette échangée. Nous ne faisions qu’une dans ce monde qui ne bougeait pas. Je sentais pour la première fois depuis longtemps mon cœur battre à nouveau. Puis elle prit ma main.

« Viens, suis-moi. »

Je la suivais, je n’en demandais pas plus. Le contact de ses lèvres fraiches sur les miennes me fit frissonner. Elle m’enleva délicatement mon pull, faisant passer ses mains doucement son mon corps, tout en m’emmenant jusqu’à la chambre. Elle ôtait les unes après les autres, les barrières vestimentaires de nos deux corps. D’une délicatesse presque divine. Mon désir pour elle grandissait, d’une manière que je découvrais au fur et à mesure. Je n’avais jamais ressenti pareille sensation. La brutalité qui m’avait habité ces derniers mois m’avait quitté. Audrey. Chacun de ses gestes de douceur, m’enlevait un peu plus la douleur.

« Aies confiance en moi. »

Je plongeais mon regard dans le sien et l’embrassais. Je m’abandonnais complètement sous ses caresses, sous ses gestes, dans ses mots. J’appréciais le contact de ses mains sur mon corps, celui de sa bouche. Mon corps entrait en complète résonnance avec le sien. J’avais l’impression de lui appartenir, elle aurait pu faire ce qu’elle voulait de moi. Je ne m’en sentais pas faible pour autant, mais au contraire sous ses caresses je reprenais mes esprits, je me sentais forte du regard qu’elle posait sur moi. Si j’osais, de l’amour que je trouvais dans chacun de ses mouvements. De nos mouvements. Je m’étais inconditionnellement laissée aller avec elle ce soir là.

Je me réveillais pour la seconde fois, sereine, dans les bras d’Audrey qui cette fois était encore là. Je la regardais dormir et je la trouvais particulièrement belle. J’approchais ma main de son visage pour ranger une mèche quand je m’arrêtais net. Je me remémorais la nuit que nous venions de passer. Ma faiblesse. Je m’étais promis de ne pas céder. De garder mes distances, de ne pas tomber dans le piège de la tendresse, de l’affection, de l’amour même… Je me levais, pour aller me rafraichir les idées à la salle de bain. De l’eau fraiche sur mon visage. Je me voyais dans le miroir. Je me dégoutais, et pourtant je me voyais rayonner. Mon esprit était en totale contradiction avec ce que me faisait ressentir mon corps. Je voulais que les deux soient en accord. Impossible. J’allais donc me faire un café, résignée. Je me triturais l’esprit pour trouver un peu la paix mais rien n’y faisait. La magie de cette nuit avait disparu, le soleil avait repris ses droits, et avait fait fondre le givre, tout était illuminé, tout était en mouvement, le bruit de la vie était revenu. Devant la cafetière j’attendais que le café coule dans un bruit assourdissant avec de la fumée en prime. C’est ce moment qu’Audrey choisit pour venir derrière moi. Ma réaction ne fut pas la même que celle que j’avais eu quelques heures plus tôt. Je sursautais.

« Oh. Désolée de t’avoir fais peur. »

« Je… »

Sans même prendre le temps de finir ma phrase je me détournais de ses bras.

« … Ok… »

Je me retournais elle me regarda avec son air interrogateur. Je savais que ma réaction était bizarre, qu’elle ne pouvait pas avoir de sens pour elle.

« Tu veux un café ? »

« Tu es vraiment en train de faire ça ? »

« Faire quoi ? »

« Comme si on était des étrangères. »

Elle s’approcha prenant mes mains.

« Lucy, regarde-moi. »

Mes yeux restaient baissés, mais elle en avait décidé autrement. Sa main releva mon visage pour que je la fixe, je tentais de fuir mais ce n’était pas possible.

« Je suis une étrangère ? Regarde-moi ! Je suis une étrangère ? »

Je ne voulais confronter mon regard au sien.

« Je lâcherai pas Lucy. Je ne suis pas comme elle, je ne suis pas ELLE. Je ne lâcherai pas l’affaire. Je ne te laisserai pas tomber. Je… »

« Je suis déjà tombée… »

« Je serai là pour te relever alors. »

« On est même pas ensemble. »

« C’est ça qui te fait peur ? Que ce ne soit pas officiel ? Tu crois que je vais me défiler ? »

Je ne répondis pas. Elle m’obligeait à la fixer. Mes yeux l’imploraient.

« Les personnes qu’on aiment finissent toujours par partir. »

Un sourire vint illuminer son visage au son de mes mots.

« Hein, hein ! Ca veut dire que tu m’aimes ? »

« Ce n’est pas ce que j’ai dis. »

« Ah si c’est ce que tu as dis. »

Elle rigolait se rapprochant de moi. Détaillant mes lèvres, elle m’embrassa furtivement.

« Je n’attends aucun mot de ta part. Je me satisfais de ce que tu me donnes. Et si pour te rassurer, il faut que nous formions un couple officiel je le ferais. Parce que j’ai envie d’être avec toi. »
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:48

Chapitre 8


La semaine passa. Tout le monde pensait que j’allais mieux. En effet j’étais « en vie » donc la vie avait repris son cours normal. Le monde retournait à sa vie qui n’était pas la mienne. Le soleil à peine levé je marchais dans la rue encore déserte de toute population, le froid me glaçait les membres, mais j’étais bien. J’étais une ombre parmi les ombres, un rien parmi le monde qui formait le tout. J’étais invisible. Je voulais rester invisible. Je marchais mes propres mains m’enlaçant. Petit à petit j’écoutais le bruit sourd d’une ville qui se réveille. Les oiseaux qui malgré le froid glacial chantaient implorant le soleil de revenir les réchauffer. J’aurai aussi voulu chanter pour que le soleil vienne me brûler jusqu’à m’en consumer. Consumer mon cœur. Je n’étais pas prête. Non vraiment pas prête à ses mots, à ses gestes envers moi. Surtout pas ses mots.

« J’ai envie d’être avec toi » « un couple officiel » « un couple »

Son attachement me faisait peur, autant que mon mutisme face à elle. Alors quand elle m’avait dit tout cela, je l’avais simplement raccompagné en silence jusqu’à la porte, elle n’avait rien dit de plus, et je ne voulais rien entendre de plus. Quand on me demandait si j’allais bien je répondais constamment et mécaniquement un « oui » bref qui ne laissait aucune place à mon interlocuteur pour tenter une quelconque réponse. Et ça permettait à tout le monde de se rassurer sur mon état de santé. Autant mental que physique. Je cachais mes bras, hiver oblige, je cachais le sang, je prenais cachets sur cachets de façon à aller mieux, mais rien n’allait mieux. Quand j’avais le malheur de les oublier je tremblais de tout mon corps, le corps foudroyé par des spasmes incontrôlables. J’avais froid et chaud en même temps, ma tête me brûlait. Dans chaque veine je sentais mon cœur taper comme un tambour qui voudrait exploser. Je me réfugiais donc dans la seule drogue à ma portée, la cigarette. Je me brûlais souvent à cause des tremblements et ça ne passait pas tant que je n’avais pas ma « dose ». Une heure durant je devais attendre les effets d’apaisements qu’elles me procuraient, jusqu’aux prochaines heures où j’en aurai besoin. Perdue dans mes pensées je ne m’aperçus pas directement où mes pas m’avaient porté. C’est en regardant autour de moi que je compris. Ces ruines. Ce fleuve. Ce vide. J’étais au seul endroit où je pouvais me sentir vivante tout en essayant de me donner la mort. J’étais vivante et morte à la fois en ce seul endroit sur terre. Encore dans la pénombre, le fleuve était recouvert d’un film protecteur nuageux. En le remontant, les ponts taillés dans la pierre étaient encore illuminés tout en étant flous à cause du brouillard environnant. Quant aux ruines, elles étaient là malgré les années, malgré la destruction. Je m’y installais, face à ce vide qui m’attirait, je pouvais y rester des heures. Le vent me transperçait de part en part et pourtant je n’avais pas froid. Je savais que tout pourrait être fini en une fraction de seconde. Suffisamment haut, suffisamment écorché et abrupt pour ne pas survivre. Assise là, j’attendais. Ecoutant les éléments se déchainer sur moi. Je passais par-dessus la rambarde de sécurité des ruines. Debout les bras en l’air je pouvais entendre le vent hurler, le fleuve calme se réveiller, les canettes oubliées rouler, l’eau se fracasser contre les tonneaux ou les arbres déracinés. Le vent voulait m’accompagner dans ma chute me poussant encore plus proche du bord, toujours plus proche de ce vide. En d’autres temps j’aurai été terrifiée, j’aurai eu le vertige, mais là non. Je ressentais simplement dans ma tête un tourbillon vertigineux, une envie de se laisser emporter par le vent et de m’envoler. Pourtant je ne le fis pas. Au lieu de ça je suis descendue doucement, j’ai allumé une cigarette et je suis repartie dans la ville désormais entièrement réveillée avec un soleil tapant à peine, préférant se cacher derrière les nuages. Je suis donc allée à l’hôpital pour parler. Parce que c’était aujourd’hui le fameux rendez-vous. Avec une demi-heure de retard. Elle m’attendait quand même. Elle me parlait, encore et encore, pourtant d’habitude c’est aux patients de parler, mais là non. Elle m’expliquait qu’elle connaissait d’autres personnes comme moi, que je n’étais pas seule. Elle doit savoir de quoi elle parle, c’est son métier.

« Souhaiteriez-vous vous exprimer ? »

« Dois-je revenir ? »

« C’est à vous d’en juger. »

« Pourtant c’est vous la juge. »

« Je ne juge pas, j’accompagne. »

« Je ne reviendrais pas. »

« Est-ce là le discours que vous portez à toute personne ? »

« En quoi c’est important ? »

« C’est une simple question. »

« La mienne aussi »

« Dialogue de sourd. Vous ne me direz rien pour cette fois, je pense. »

« Vous avez la certitude que je vais revenir ? »

« Sinon vous ne seriez pas là. »

« Au revoir. »

« A bientôt. »

Elle me raccompagna, en m’ouvrant la porte elle me fit un sourire, que je lui rendais par politesse. Je rentrais chez moi, ce manque encore et toujours me tiraillant le ventre, puis la tête, me polluant l’esprit et le corps. Je recommençais à trembler. J’avais chaud tellement chaud. A peine arrivée je me déshabillais, armée d’un simple t-shirt, d’un short d’une cigarette et de mon briquet j’allais m’aérer sur le balcon. Les tremblements ne cessaient pas. Ils étaient de plus en plus forts. A plusieurs reprises je perdis le contrôle de mes doigts et me brûlais les jambes en faisant tomber ma cigarette. J’étais dans un monde à part à ce moment là, tellement que je n’entendis pas qu’on était entré chez moi. Audrey avait les clés.


POV AUDREY

Je frappais à plusieurs reprises mais personne ne répondait. Pourtant je savais qu’elle était là, le balcon était ouvert et de la fumée s’en échappait. J’avais pu le voir depuis le parc en bas. J’utilisais donc ses clés pour la première fois. J’étais pourtant venue les lui rendre comprenant très bien que ce qui s’était passé hier était notre dernière conversation. Mais en entrant je ne m’attendais encore une fois pas à voir ce qui était sous mes yeux, ses vêtements dans l’entrée éparpillés de partout. Le balcon entrouvert je m’avançais jusqu’à la voir. Elle tremblait de tout son corps. Il gelait dehors et elle était en t-shirt. Je pris un plaid sur le canapé pour le lui mettre sur les épaules.

« Salut Lucy. »

Quand elle s’est retournée vers moi elle était absente. Des cernes creusaient ses yeux qui étaient encore plus noirs que d’habitude. Je fis un rapide tour d’horizon. Ses jambes étaient marquées par des ronds rouges, semblables à ceux qu’une cigarette fait quand elle vous tombe dessus, de partout. Elle tremblait tellement. Je passais un bras dans son dos comme pour tenter de la réchauffer, mais je compris bien vite que ce n’était pas le froid qui la rongeait.

« Tu penses pouvoir te lever ? »

Aucune réponse de sa part, je passais un bras sous son aisselle pour essayer de la lever quand elle vacilla.

« Ok, ça va ? On va essayer autrement. »

Je me mettais face à elle pour la prendre dans mes bras, après avoir jeté sa cigarette par le balcon (oui je sais ce n’est pas très écologique). Je la maintenais droite, et commençais donc à la porter, je savais que je n’arriverai pas jusqu’à sa chambre et entrepris de l’emmener jusqu’au canapé.

« Essaie de tenir encore quelques secondes on y est presque. »

Son visage face au mien elle me dévisageait. Puis elle se crispa.

« J’ai tellement mal. »

Elle se tapa la tête avec la paume de sa main.

« Ca me brûle. »

Elle tenta d’ôter son t-shirt.

« Ca va passer ne t’inquiète pas, ca va passer. »

Je l’installais difficilement sur le canapé.

« Allonge-toi. Je reviens.»

Je cherchais un gant dans sa salle de bain et pris un seau. Je fis bouillir de l’eau pour lui passer sur le visage.

Je m’asseyais parterre tout en lui épongeant le visage.

« Ca va aller je suis là. »

Je lui caressais les cheveux tentant de l’apaiser du mieux que je pouvais. Les spasmes finirent par s’estomper pour enfin entièrement se dissiper. Je remontais la couverture sur elle, la crise passait. Elle s’endormit. Son sommeil était pourtant loin d’être paisible. En travaillant à l’hôpital j’avais déjà eu à faire plusieurs fois à des personnes dans sa situation. Et le mieux à faire selon mon chef était de les faire suer pour évacuer toute drogue plus rapidement de leur organisme. Le chemin du sevrage restait cependant le plus difficile. J’avais passé des nuits entières ici sans jamais m’apercevoir de quoi que ce soit. Je me relevais pour essayer de chercher ce à quoi elle pouvait être accro quand elle se mit à parler.

« J’ai besoin d’être aimée, même si je refuse les mots d’amour, j’ai besoin d’être enlacée même si je dis que je ne ressens rien, j’ai besoin de m’échapper même si je refuse de partir. Pourquoi tu m’as dit tout ça Audrey. Tout aurait pu être si simple, si tu avais simplement joué le jeu. Si tu avais simplement fait ce que tu avais dit, juste du sexe, juste une expérience. Si tout s’était arrêté au moment où ça avait commencé. Je ne serais pas tombée dans ton piège. Dans ton affreux piège. Je ne me perdrais pas dans tes yeux bleus azur dont je rêve toutes les nuits. Je ne souhaiterais pas ta peau si fort chaque jour, je ne voudrais pas tes lèvres si ardemment. Si seulement tu avais juste joué le jeu. Si seulement… Alors je ne serais pas tombée amoureuse de toi. Mon cœur aurait pu rester arrêté. Mon cœur aurait pu rester de marbre. J’aurai pu continuer comme ça. »


Je savais qu’elle ne me parlait pas directement, que c’était dans son rêve mais pourtant ils m’étaient tous dédiés. Je lui avais dis que je me satisfaisais de ce qu’elle m’offrait, que je n’attendais aucun mot de sa part. Pourtant en vérité j’attendais qu’elle ait ne serait-ce que de l’affection pour moi. Je me rendais compte que l’amour n’était pas salvateur pour tout le monde, pas pour elle, pas en ces instants.

« Parce que maintenant je suis prisonnière. Non pas de tes mots, mais des miens. Je suis prisonnière de mes maux d’amour pour toi. »
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:49

Chapitre 9


Réveil difficile, le corps cassé de part en part, c’était comme si l’on m’avait écrasé. Crispée, chaque parcelle me faisait souffrir. Je regardais cependant autour de moi, j’étais dans le canapé, deux couvertures sur moi, je ne me souvenais pas être venue jusqu’ici. Essayant de me lever malgré tout, mes jambes tremblaient. Direction ma chambre prendre ces petits cachets blancs qui arrêteraient tout. J’ouvrais ma table de nuit, en pris un puis.

« Bonjour Lucy, tu vas mieux ? »

Audrey… Elle sortait de la salle de bain.

« Apparemment. »

« Je me suis permise de prendre une douche. Tu ne m’en veux pas. »

« Non. Mais, tu es ? Enfin je veux dire. »

« Restée à ton chevet toute la nuit ? Quasiment. Je me suis assoupie. »

« Pourquoi ? »

« Tu le sais pourquoi. »

« Ouais. Comme tu peux le voir, je vais mieux. »

« Parce que tu viens d’en reprendre. »

« C’est prescrit par mon médecin. »

« Il n’empêche que c’est une drogue. »

« J’en ai besoin. »

« Pour quoi faire ? Eviter de sauter du haut de ton balcon ? Te scarifier ? Ou encore t’écraser des cigarettes sur les jambes ? Tu fais quoi d’autre encore ? De ce que je vois ça ne t’aide pas trop. »

Ses mots étaient emplis de colère, elle criait presque. Les larmes au bord des yeux.

« Tu es entrain de te tuer à petit feu avec cette merde. »

« Cette merde comme tu dis, est donnée sous prescription médicale pour la dépression. Et je t’interdis de me parler comme ça. »

« Je m’inquiète pour toi. »

« Vas t’inquiéter ailleurs, personne n’a besoin de toi ici, je n’ai pas besoin de toi. Garde tes sermons, ravale tes mots. »

Elle allait dire quelque chose mais je n’avais pas fini.

« Ravale tes sentiments par la même occasion, cours t’amuser avec quelqu’un d’autre. »

Puis on vint sonner à la porte. J’allais répondre coupant court à toute possible réponse de sa part.

« Oui ? »

« Lucy ? C’est Anna… »

Figée devant mon combiné, je ne savais quoi faire. Audrey arrivait derrière ayant entendu. Derrière moi, elle installait ses bras autour de moi.

« Je peux ravaler mes mots, je peux taire mes sentiments, mais je ne peux pas cacher mon attirance pour toi. Sur ce je te laisse. Je crois que vous avez des choses à vous dire. »

Sans m’en rendre compte je lui serrais la main, peut-être trop fort. On est restée comme ça quelques secondes, elle ne bougeait pas non plus.

« Bon tu m’ouvres il gèle dehors là. Tu comptes me faire poiroter longtemps comme ça ? »

J’avançais mon doigt vers le bouton mais je n’arrivais pas à appuyer.

« Bon aller Lucy c’est bon là arrête de te foutre de ma gueule putain tu vas l’ouvrir cette porte ? »

Audrey eu un geste très simple, elle prit ma main dans la sienne puis l’avança vers le bouton.

« Tu vois, tu n’as rien fais de mal c’est moi qui l’ai laissé entrer. Tu veux que je parte ? »

Je ne répondais toujours pas, mon autre main la serrant toujours autant si ce n’est plus. J’étais figée devant mon combiné, impossible de bouger, de parler. Pourquoi était-elle venue.

« Tu sais Lucy que j’ai encore besoin de ma main ? Tu pourrais juste un peu desserrer pour que je puisse encore l’utiliser ? »

Elle me sortait de mes pensées.

« Désolée. »

« Elle t’attend je crois. »

« Reste… »

Elle me souriait. Apparemment l’idée lui plaisait. J’ouvrais donc à Anna. Qui entrait sans même attendre que je me pousse de devant la porte pour aller s’installer au bar comme avant, attendant son café.

« C’est ton grand délire de me faire poiroter dans le froid ? »

« Tu es venue pourquoi Anna ? »

Et là, j’eu un rire intérieur.

« Bonjour, je suis Audrey, c’est plus plaisant de commencer par un Bonjour, et par les présentations. »

Anna me fixait, alors qu’Audrey avait un sourire sur ses lèvres.

« C’est qui elle ? »

Je ne répondais pas, Audrey avait l’air d’avoir envie de la titiller un peu.

« Sa compagne. Audrey, je suis sa compagne. Et toi tu dois être ? Qui ? »

« Anna, elle ne t’a pas parlé de moi c’est bizarre. »

« Jamais entendu parler, Chérie, tu aurais pu m’en parler. »

« Je… »

« Ouais, apparemment tu t’es remise bien rapidement de notre rupture à ce que je vois. Nous faire tout ce cinéma pour rien. La prochaine fois évite. »

« Je… »

Aucun mot ne voulait sortir, je restais muette devant elle. Incapable de réagir, elle aurait pu me frapper à grand coup de marteau que je n’aurai pas réagit. Audrey elle, réagissait pour deux. Elle me prit par la taille posa sa tête sur mon épaule après un rapide baiser sur la joue.

« Ecoute moi bien petite conne, si tu es venue pour la mettre plus bas que terre tu prends tes clics et tes clacs et tu te casses fissa avant que je ne te mette dehors. Le cinéma c’est toi qui lui as fait en baisant ta pute alors que tu étais encore avec Lucy. En lui faisant croire je ne sais trop quoi et en la rabaissant comme une sous merde quand tu lui as dis que tu voulais quand même continuer à vivre avec elle. Et oui elle s’est vite remise de votre rupture et heureusement parce que tu n’es qu’une petite gamine pourrie gâtée qui a fait son caprice de la 20aine, alors tu vas t’éclater dans tes parties de jambes en l’air avec ta connasse, et tu laisses Lucy tranquille, et pour ta gouverne, elle est bien plus heureuse sans toi, elle est entourée de gens qui l’aiment et qui veulent son bonheur. »


Anna, se levait prête à riposter non pas par les mots mais par les gestes, je me mettais inconsciemment face à elle protégeant Audrey.

« Pourquoi tu es là Anna, tu veux quoi ? »

« Tu la laisses m’insulter ? »

« Tu veux que je dise quoi, que je te bénisse de m’avoir trompée avec mon patron ? D’avoir foutue ma vie et mes rêves en l’air en une fraction de seconde ? Que je te baise les pieds ? Tu t’attendais à quoi en venant ici sincèrement ? Que j’allais t’accueillir à bras ouverts après ce que tu m’as fait ? Vas-y Anna enfonce le couteau dans la plaie, vas-y. »

« Tu as changé, avant tu n’aurais jamais laissé personne m’insulter, et tu ne m’aurais pas parlé comme ça. Je pensais qu’on pourrait repartir sur de bonnes bases, être amies… »

« On a jamais été amies, et on ne le sera jamais. Il n’y aura aucune base, juste des souvenirs, que tu ternis par ta présence, et par tes fautes. »

« Tu n’es pas toute blanche non plus. »


Audrey prenait un malin plaisir à jouer avec mon corps, tantôt à prendre une mèche de mes cheveux entre ses doigts, tantôt à les faires glisser sur mon bras, à poser une main sur ma cuisse et tout cela toujours avec un grand sourire qui en disait long. Elle jubilait de la situation ce qui la rendait moins pénible pour moi.

« Tu es venue pour quoi ? »

« Vu que personne ne me répond plus dans ta famille, tu as des honoraires à payer, et je voulais savoir comment tu allais après ton accident. Je voulais reprendre contact. »

« Si je puis me permettre d’interrompre votre charmante discussion, la poste ça existe pour les honoraires, et les répondeurs pour les nouvelles. Mais bon je dis ça je dis rien, ou plutôt si je le dis. La prochaine fois utilise la poste. Ou n’utilise rien du tout. Ne reviens pas.»


Audrey montait en pression, et je prenais machinalement sa main dans la mienne. Puis me retournais vers son visage je la regardais. Elle m’embrassait.

« Ouais. Toi tu n’as pas à t’en mêler. Lucy ? On peut parler seule à seule ? »

« Je crois qu’Audrey a été assez claire, tu as les papiers sur toi ? »

« Dans la voiture. »

« Tu as finalement enfin passé ton permis ? »

« Ouais. »

« Je croyais que tu n’avais pas d’argent. »

« Elle m’a avancé les frais. »

Audrey bouillait je le sentais, c’était une sensation bizarre mais très agréable que je n’avais jamais ressentie avec Anna. J’avais l’impression de pouvoir ressentir son corps à travers moi, chaque émotion qu’elle ressentait m’était transmise.

« Bon tu vas les chercher ces papiers qu’on en finisse et que tu te casses ? »

« Audrey… »

Son ton était bien plus énervé qu’il n’aurait du l’être. Mais ce n’était pas pour me déplaire, toute la colère que j’avais et qui ne sortait pas elle la sortait à ma place.

« Ah oui… Bon s’il te plait, tu peux aller chercher ces putains de papiers ? Qu’on en finisse vite, et que tu repartes ? On était occupée et tu nous déranges un peu, tu vois ce que je veux dire ? »

J’étouffais un rire, qui se transformait en sourire sur mes lèvres. Anna était à bout de nerfs.

« Je te préviens je ne poirote pas trois plombes dehors, tu m’ouvres dès que je sonne, comme ça vous pourrez baiser tranquillement après je partirais. »

Audrey voulait rajouter quelque chose mais je fus plus rapide.

« On ne baise pas, on fait l’amour. On n’est pas des putes. »

« Pfff. »

« C’est bien tes propres mots non ? »

« Ouais, bref. »

Elle sortait de l’appartement rouge de colère, je l’entendais dévaler les escaliers. Je me retournais vers Audrey.

« Tu as été méchante. »

« Réaliste. »

« Tu es jalouse ? »

« Oh non, je suis vachement plus sexy qu’elle. »

« Mouais… »

« Quoi ! Tu oses nier mon sexe appeal ? »

« Non je n’oserais pas, tu es bien mieux qu’elle. Et merci. Merci de ce que tu as fais. »

« Embrasse-moi. »

Je ne me fis pas prier. Je l’embrassais comme jamais je ne l’avais embrassée avant. Je l’embrassais avec envie, mais surtout avec amour. Puis Anna sonna une seconde fois.

« Vite qu’elle s’en aille. »

« Pourquoi ? Je lui paye le café quand même ? »

« Non, le café il m’est réservé. Et puis non, qu’elle parte vite. »

« Jalouse. »

« J’assume »

« Donc j’avais raison. »

« Un peu. »

Sourire de notre part à toutes les deux, mes bras autour de son cou je l’embrassais encore et encore, Anna entra sans frapper comme si elle était chez elle, je ne me décollais pas pour autant des lèvres d’Audrey, je tenais à terminer mon baiser correctement, à ne pas l’interrompre. Pour rien au monde.

« Je vous gène pas ? »

« Si un peu. Pose les papiers et casse-toi. »

Audrey était de plus en plus énervée. Elle me regardait puis tout doucement me glissa à l’oreille.

« Si tu lui proposes un café je lui fais manger la tasse… »

Je l’embrassais tout en la traitant de jalouse. Puis elle partie dans la chambre prétextant je ne sais trop quoi. Comprenant qu’il fallait que je sorte des mots à Anna seule. Bien qu’elle les entendrait quand même par la force des choses.


« Merci. Pour les papiers. Et l’accident il y a eu plus de peur de que de mal. Je n’ai rien de grave, que quelques contusions. Les plaies les plus difficiles à refermer sont les tiennes, celles que tu m’as faites, mais je suis épaulée, et bien entourée. Si bien que tu ne me fais plus aucun effet. Je suis guérie Anna, je suis guérie de toi, et ça fait du bien de ne plus être emprisonnée par un amour destructeur. Je te souhaite d’être heureuse avec elle, et de trouver ce que je n’ai jamais trouvé avec toi. Je te souhaite une belle vie. Une vie sans moi, sans plus aucune nouvelle de moi, sans plus aucun contact avec moi, sans plus rien de moi. Oublie tout de moi, efface tout de moi, brûle tout de moi, jette tout de moi, comme moi j’ai fais pour toi. Je t’avais dans la peau, mais je me soigne, mon corps ne te réclames plus, mon cœur ne te pleure plus, mes yeux ne te voient plus. Je t’ai effacé de ma peau. Ou plutôt Audrey t’as effacé de ma peau. Tu ne fais désormais plus partie de moi. Tu n’es qu’un souvenir qui a fait mal mais qui désormais ne fais plus rien. Tu es un souvenir encombrant, par les années, mais je garde de bons moments avec toi en tête. Mais pas suffisamment pour te garder dans mon cœur. Donc ton amitié je n’en veux pas. Je ne veux rien de toi. Ou plutôt si je ne veux qu’une chose, disparaitre à jamais de ta vie. Fais comme si je n’avais jamais existé, ou a défaut comme si je n’avais été rien d’autre qu’un passage éphémère dans ta vie. Je te dis Adieu ici et ne te raccompagne pas, tu as l’air de connaître le chemin. »

Elle partie sans plus un mot. Quant à moi je rejoignais Audrey dans la chambre. Je savais qu’elle avait tout entendu. Je la regardais, elle ne bougeait pas. Elle aussi me fixait. Ma bouche s’entrouvrit puis se referma. Je voulais dire quelque chose mais je ne trouvais pas les mots. Et puis, le plus simplement du monde ils sortirent.


« Je t’aime… »
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:50

Chapitre 10

Elle voulu me répondre, mais je ne lui laissais pas la possibilité de le faire. Puis des larmes coulèrent sur mon visage. Une colère indescriptible m’envahit, traversa mon corps de part en part et m’électrisa. Je laissais Audrey là, debout dans la chambre, prise encore dans notre baiser. Pour m’enfuir. Je n’avais jamais ressenti une telle vague m’envahir, engloutir. Je n’étais plus que haine. Envers elle, mais surtout envers moi. Je n’assumais pas mes mots, je n’assumais pas mon jeu, je n’assumais pas de l’avoir revue, de la voir si rayonnante tout en sachant que c’était grâce à quelqu’un d’autre que moi. Je n’eus pas le temps de sortir de chez moi que la haine sortit. Ce n’est jamais je le sais la meilleure façon de régler les choses, mais ça m’apaisa. Au moins sur le coup. Mon poing partit s’écraser tel un missile contre le mur en béton, une fois deux fois, trois fois. Je frappais encore et encore laissant aller mes larmes, laissant aller mon dégoût de moi-même, je hurlais. Je criais tout en continuant de frapper de mes deux poings cette fois. Je ne vis même pas Audrey sortir de la chambre et se précipiter vers moi. Je posais ma tête contre le mur et me laissais tomber. Eclatant encore plus en sanglots. Audrey s’accroupit derrière moi et me prit dans ses bras sans rien dire elle prit dans ses mains les miennes pour voir l’étendue des dégâts. M’embrassa sur la joue et m’enlaça, je me laissais aller dans ses bras qui se voulaient protecteurs.

« Je suis là. »

Elle savait que je ne répondrais pas, mais je resserrais l’étreinte qu’elle avait sur moi. Je me sentais bien dans ses bras, plus rien ne me faisait mal, plus rien n’avait d’importance, puisqu’elle était là avec moi. Puis j’eus un éclair de lucidité. Je refaisais le cours de ma vie depuis que j’étais arrivée, et tout ce qu’elle avait endurée à cause de moi. Je m’écartais d’elle, la regardait le regard tremblant, elle avait toujours ses yeux si bleus, qui me regardaient avec tant de tendresse. Je ne comprenais pas comment elle faisait pour avoir tant d’affection pour moi. Comment faisait-elle pour encore être là avec moi, pour m’enlacer, pour avoir de la compassion pour quelqu’un comme moi.

« Je suis infecte… »

Même les mots ne voulaient pas de moi. Aucun mot n’était assez fort pour me décrire. Je me haïssais encore plus. Audrey me fixait encore. Ne me lâchant pas du regard, ne comprenant pas ce qu’il m’arrivait. Je me reculais me plaquant contre le mur, j’aurais voulu y entrer, m’y fondre, pour ne plus la voir me regarder.

Elle me ramenait à elle, tandis que je continuais à la fuir, elle ne rajouta rien, elle se leva et aller chercher de quoi me soigner, je me laissais faire. Le brouillard revenait me consumer et embrumer mon esprit. Je regardais ses mains délicates me soignant quand je me relevais d’un bon. Ce qui la déstabilisa.

« Tu devrais partir. C’est fini Audrey, tout est fini. Ne revient pas, ni demain ni jamais. Adieu. »

Elle ne chercha même plus mon regard, se contenta de se relever, de m’embrasser sur le front de prendre ses affaires et de partir. Elle ne se retourna pas. Je ne le voulais pas non plus. Le brouillard était en moi et ne me quitterait plus. Il m’envahissait, me tuait. Et je le méritais.

Les jours passaient et je n’avais pas eu de nouvelles d’elle. De personne d’ailleurs. Je me perdais dans mes pensées. Au départ ce fut Anna qui me revenait constamment à l’esprit, puis très vite elle fut soustraite par Audrey. Ce que je lui avais fait, ce que j’avais accepté de lui faire. Ce que j’avais laissé venir.

Ma cousine m’avait trouvé un travail quelques heures par semaine chez des personnes âgées, je devais leur faire la lecture, pour stimuler leur mémoire. Je m’échappais de moi-même dans ses moments là. Et cela dura des semaines, Audrey ne disparaissait pour autant pas de mon esprit, toujours présente. Ses lèvres inscrites dans ma peau. Mon semblant de vie reprenait le cours des choses normales. J’allais mieux pour le monde, ce monde qui était lui en perpétuel mouvement alors que moi je me sentais fixée à mon passé. Enterrée avec. Quelquefois j’aurai eu besoin de ses bras, pour m’endormir, pour me calmer, pour cesser de penser, mais jamais je ne l’avais appelé. Quelle prétention que de croire que tout aurait pu être facile. Quelle prétention que d’avoir voulu l’emprisonner avec mon Je t’aime. Je me haïssais chaque jour un peu plus. Mais je continuais de marcher, d’être, de survivre. Mon corps me portait malgré tout, puisque lui ne voulait pas me laisser m’envoler.

Puis un jour ce fut la détresse totale dans mon corps et dans mon cœur. Je la croisais dans la rue, en sortant une mamie dehors pour aller faire quelques courses. Elle me sourit, et tout en moi se réveilla, je sentais le sang couler dans mes veines, mes yeux pétillaient devant sa beauté et ne voulant pas me décrocher d’elle, mon corps se réchauffait à son simple sourire. Pour autant je ne fis que baisser la tête et avancer. J’avais encore trop honte de moi pour me laisser aller à un simple sourire en retour. Je ne pus que l’ignorer.

Mais ma tête ne cessait de penser à elle encore et encore son image gravée en moi, devant mes yeux, je ne voyais plus qu’elle.
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:53

Chapitre 11


Les jours passaient et mon travail me prenait de plus en plus de temps, ou plutôt mon bénévolat au-delà du travail. Je prenais le temps qu’il fallait auprès d’eux, pouvant échapper à la vie que je ne voulais pas. Je n’avais pas revu Audrey, et n’avait pas cherché à lever les yeux pour la trouver. Mon portable restait silencieux. Marguerite voulait tous les jours aller faire ses courses, ou bien se balader, dès que j’étais là elle voulait m’emmener dehors.

« Tu sais la petite jeune de la dernière fois. »

« Laquelle ? Il y a tellement de jeunes qui viennent travailler ici Marguerite, je ne les vois pas tous vous savez. »

« Oh mais elle ne travaille pas ici. Je te parle de celle que nous avons croisée dans la rue. La petite blondinette, bien mignonne d’ailleurs, qui ne te lâchait pas du regard. »

« Et bien ? »

« Tu la connais ? »

« Vaguement, vous vouliez sortir pour acheter quoi ? »

« Pour discuter, on ne peut pas juste discuter ma chère Lucy ? »

« Si bien sûr. »

« Alors explique moi ce qu’il s’est passé pour que toutes les deux vous ayez eu le regard si triste en vous voyant ? Tout en ne la connaissant que vaguement ? »

« Je… »

« Ecoute moi bien petite, cette gamine a eu le regard qui s’est illuminé en te voyant, et toi aussi, puis tu as baissé les yeux et tu as boudé tout le reste de la journée. Depuis elle t’attend désespérément tous les jours au même endroit, alors c’est que tu dois avoir de l’importance pour elle. »

« Marguerite, je ne peux pas… Vous ne comprendriez pas… Et puis… »

« Et puis quoi Lucy ? Ca crève les yeux que vous vous aimez toutes les deux. Ne gâchez pas ça. Tu sais j’ai perdu mon mari à la guerre, et j’aurai aimé avoir l’opportunité de le garder encore longtemps avec moi. Qu’il vienne m’attendre comme il le faisait jadis, et comme elle peut le faire avec toi. »

« Ce n’est pas ça… Disons que je l’ai faite souffrir. Et que je ne peux pas me le pardonner. »

« Et bien sache petite, qu’elle a su te pardonner sinon elle ne t’attendrait pas. Tu l’aimes ? »

« Peut-être… je sais pas… Non… Oui… »

« Dis le lui. Et arrête de faire la gueule. Vous les jeunes vous avez le don de tout dramatiser. Vas lui dire. Vas la voir ou j’irai à ta place ! »

« Euh… »

« Ce n’est pas négociable. »

Puis elle se leva et de son pas incertain elle traversa le parc pour retourner dans sa chambre, me laissant seule avec ses mots sur le banc. Je ne m’expliquais pas comment Audrey avait pu me pardonner, pas plus qu’elle m’attende tous les jours devant la petite épicerie à 300m de la maison de retraite. Je finissais donc ma matinée de bénévolat, et allais jusqu’au dit endroit. J’allumais une clope, puis deux, elle n’était pas là. Marguerite m’avait raconté des cracks surement. Je commençais donc à avancer quand je la vis. Elle engagea la conversation tandis que mon regard redevenait fuyant à son contact.

« Salut Lucy. »

« Salut Audrey. »

« Tu vas bien ? »

Et puis je ne sais pourquoi au lieu de répondre je lui posais la question suivante :

« C’est vrai que tu viens ici tous les jours depuis qu’on s’est croisées ? »

« Euh… »

« C’est Marguerite la dame avec qui j’étais qui me l’a dit. »

« Oh, oui c’est vrai. »

« Tu me suis ? »

« Non, j’espérais juste pouvoir te voir, voir même te parler. Quand tu aurais été prête. »

« Prête à quoi ? »

« A te pardonner. »


Elle avait du faire psy dans une autre vie.

« Moi je t’ai pardonné, de ne pas m’aimer. De t’avoir trop demandé, j’ai eu ce que je méritais. »

« Tais-toi. »

Ces mots entraient en moi comme dans du beurre. De ne pas l’aimer ? Quelles conneries allait-elle encore me sortir. Je m’approchais violemment d’elle et l’embrassa.

« Arrête de dire des conneries. »

« Pourquoi tu as fais ça. »

« Parce que je t’aime pauvre idiote, et que tu n’aurais jamais du subir mon malheur comme tu l’as fait. »

« Tu quoi attends répète ? »

« Non. »

« Répète ! Je n’ai pas entendu. »

« Tu te fous de moi ? »

« Embrasse-moi. »

Je l’embrassais de nouveau beaucoup plus passionnément beaucoup plus amoureusement. Je passais ma main dans ses cheveux, collais mon corps contre le sien. Je l’avais tant attendue, tant désirée pendant toutes ces semaines.

« Tu veux un café ? »

« Suis une étrangère ? »

« Non, pas cette fois. »

« Avec plaisir. »

Allongée la tête sur ses genoux après avoir bu notre café nous discutions, de choses et d’autres, de ce qu’elle avait fait durant toutes ses semaines. Du fait qu’elle n’ait pas réussi à m’enlever de sa tête.

« Ah et ta cousine m’a grillé. »

« Comment ça ? »

« Elle sait pour nous deux, enfin du moins elle sait pour moi. »

Je me relevais. La regardais droit dans les yeux.

« Explique. »

« Et bien Marguerite n’est pas la seule à avoir vu que je venais souvent devant l’épicerie, c’est le trajet pour le travail de Tiff, et donc un jour elle m’a demandé pourquoi je campais littéralement ici, je n’ai pas répondu, puis on a continué à parler et elle m’a avoué que tu travaillais en face, ce que je savais mais je me suis mise à rougir, alors elle m’a grillé. »

« Et ? »

« Et elle s’est foutue de ma gueule… »

« Pourquoi ? »

« Elle voulait essayer de voir si je te plaisais du coup, et quand je lui ai plus ou moins dit que je savais que ce n’était pas le cas elle m’a demandé comment je pouvais en être sur. »

« Tu lui as dis qu’on a couché ensemble ? »

« Oui. »

« Ok… Au fait, tu me plais, tu me plais beaucoup. »


Elle rougit. Me pris la main et enlaça ses doigts dans les miens. M’embrassa, bascula sur moi et se mit à califourchon commençant à m’embrasser le cou, puis revenant sur mes lèvres. Puis elle se recula tout en gardant ses mains sur mes cuisses.


« Au fait Tiff fait une fête ce soir tu es au courant ? »

« T’es sérieuse, tu t’arrêtes pour me parler de ta soirée ? »

« Oui. »

« Non je suis pas au courant, mais si tu es pressée vas-y. »

« Oh oui très pressée. »

Elle se jeta sur moi et m’embrassa fougueusement.

« Pressée de retrouver ton corps »

Et ce n’était pas pour me déplaire, je sentais son corps bouillir sous mes doigts, à mesure qu’elle se déshabillait le désir montait, elle ne tarda pas à être nue et à me mettre à nue moi aussi. Sa bouche descendait redécouvrir chaque parcelle de mon corps, je m’imprégnais de ses gestes. Puis son téléphone sonna. Une fois, deux fois, trois fois. Elle finit par répondre me montrant l’écran c’était ma cousine.


« Je suis avec Lucy, j’te rappelle, tchao ! »

Vite expédiée, elle balança son téléphone pour reprendre où elle s’était arrêtée, mon ventre, ses mains parcourant mes flancs, découvrant mes jambes, tandis que sa langue s’employait dans mon entre-jambes. Mon corps l’avait tant attendu que je fus parcouru d’un frisson en plus de ceux qu’elle me faisait ressentir. Puis son téléphone resonna, une fois, deux fois, trois fois.


« Rah putain ! Oui quoi ? »

« On vous attend pour manger ou vous venez après ? »

« Tiff tu es sérieuse là ? »

« Je vous dérange ? »


Audrey raccrocha. Je me rhabillais.


« Connaissant ma cousine elle nous laissera pas, on devrait y aller. »

« On peut aussi couper les téléphones. »

On se regarda dix secondes, puis elle commença à s’habiller. Nous dîmes à l’unisson :

« Elle serait capable de débarquer avec tout le monde. »

« On prend une douche pour euh… Remettre les idées en place ? »

« Séparée la douche, séparée ! »


Puis prise d’un fou rire je la laissais y aller en première.

« Et tu sors habillée Audrey, ne pas provoquer la tentation ! Tant qu’à faire. »

Puis une fois prête toutes les deux, nous partîmes chez Tiff pour ce fameux repas, sans penser que nous y allions comme si c’était tout à fait normal qu’on arrive toutes les deux et que nous affirmions par là même notre couple. Pendant le trajet Audrey avait sa main sur ma cuisse. Elle me regardait me caressait la nuque.

« Tu vas me rendre folle Audrey arrête. »

Elle en était presque venue à m’enlever mon haut en passant sa main dessous.

« Ma nuque est de l’autre côté Audrey. »

Sa main frôlant mes seins.

« Audrey je suis au volant, arrête ! Tu vas me rendre folle. »

J’arrêtais la voiture sur le bas côté et la regardais.

« Oui ben je me calme comme je peux, ce n’est pas ma faute, tu t’expliqueras avec ta cousine. »

« J’ai un moyen radical pour t’aider. »

J’éteignais les phares, je coupais le contact, je mettais son siège au plus loin du tableau de bord et lui montait dessus, je la déshabillais sans même l’embrasser juste en plongeant mes yeux dans les siens. Je lui fis l’amour sur le siège passager. Puis elle me bascula délicatement sur le tableau arrondit et défit les boutons de mon jean. (Et oui ça fait comme dans Titanic plein de buée)

Puis je repris ma place après m’être rhabillée convenablement et elle aussi.

« Ca va mieux ? »

Pour simple réponse je n’eus qu’un baiser de sa part et un grand sourire. Le reste du trajet se passa plus sereinement de son côté mais mon corps continuait de brûler pour elle. Sa main toujours posée sur ma cuisse était un feu ardent de désir pour elle. On arrivait devant l’interphone de ma cousine pour répondre d’une seule voix : c’est nous. Puis en entrant dans l’appartement nous étions côte à côte et là nous avons pris conscience que nous venions inconsciemment de faire comprendre à tout le monde que nous étions ensemble par le simple fait que nos doigts étaient restés enlacés. Julien était là, s’avança vers nous comme si de rien n’était et la pris tendrement dans ses bras avant de lui faire la bise et de me lancer un « salut tu vas bien » de conférence. Je m’avançais vers ma cousine et tout le petit monde qui était là pour laisser aux deux amoureux transis l’occasion de se parler. Tiff me servait un verre tandis qu’Audrey revenait avec un Julien un peu nerveux. Je ne demandais rien. Elle vient s’asseoir à mes côtés, prenant appui sur ma jambe pour prendre un verre sur la table. Le premier verre passa bien jusqu’à ce que Tiff et Mylène nous regarde toutes les deux à tour de rôle.

« Quoi ? » Avons-nous dit d’une même voix

« On vous a dérangé tout à l’heure ? »

Avec Audrey on s’est regardées. Puis d’un rire nous avons répondu.

« Non on faisait des papiers pour le travail tout ça. » pour ma part

« Oui j’étais entrain de lui monter dessus » pour celle d’Audrey

Puis on eut tous un grand fou rire sauf Julien pour qui la nouvelle venait de monter au cerveau.

« Attendez ! Audrey pourquoi tu lui montais dessus ? »

« Tu veux un dessin Ju’ ? » dit le copain de ma cousine.

« Pour les mêmes raisons que tu peux vouloir monter sur une fille Julien. »

« Tu te fous de moi ? » Il venait de se lever, le sang lui montant aux joues. Il fixait Audrey qui avait sa main collée à ma cuisse.

« Depuis quand tu es… pff tu me dégoutes… » Il prit son verre et lui balança dessus avant de se prendre une bonne claque par les garçons qui l’entrainèrent dehors pour le calmer. Heureusement le verre était presque vide et en plastique quelques gouttes sur son jean rien de grave. Incompréhension totale de la part de toutes.
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MessageSujet: Re: Des jours meilleurs - Alexiel   Dim 9 Nov 2014 - 18:55

Chapitre 12

Après la soirée, Julien vint s’excuser auprès d’Audrey et moi, il avait bu et n’avait pas su gérer, mais il acceptait, sans comprendre, sans la comprendre, mais il acceptait, puisqu’effectivement elle avait l’air heureux avec moi. En tout cas moi je l’étais avec elle.

Il est aisé de croire qu’une simple rencontre peut vous faire oublier un amour perdu.

Et c’est surtout vrai.

Quand je l’ai perdu j’avais l’impression de souffrir à en mourir, d’avoir le cœur serré à chacune de mes inspirations ou expirations. Je revoyais toutes les images de tous nos bons moments passés avec elle, quand je fermais les yeux je la voyais face à moi, c’est comme s’il ne c’était jamais rien passé, comme si je pouvais la toucher, la sentir, sa peau contre moi, sous mes doigts, ses lèvres sur les miennes, son regard amoureux. Je ne voyais plus la souffrance qu’elle m’avait fait endurer, puis j’ouvrais à nouveau les yeux, et il n’y avait que son absence, ainsi que toute ma souffrance, tout mon mal de vivre sans elle. L’impression de n’être rien, de n’avoir plus rien. Je n’étais plus qu’une coquille vide, rongée par la solitude et le manque d’amour, le manque d’elle…

Puis un jour sans m’en rendre compte je suis tombée dans les bras d’une autre… Non je ne suis pas tombée, je me suis relevée dans les bras d’une amie, pas à pas j’ai repris pieds grâce à elle, pas à pas j’ai retrouvé confiance en moi, pas à pas j’ai réappris à aimer, à faire confiance, à sourire, à vivre tout simplement.

J’étais tombée en amour pour Anna, et je me suis relevée en amour pour Audrey, avec Audrey. Elle rend ma vie bien plus facile de jour en jour, et malgré tout ce que nous avons traversé, malgré tout ce que je lui ai fais endurer, elle m’aime quand même encore et toujours. Ce n’est pas une fin à l’histoire, ce n’est pas une fin tout court, car cela ne fait que commencer. Je n’ai plus envie de me laisser abattre j’ai compris qu’il ne fallait pas donner sa vie pour quelqu’un, mais qu’il fallait se battre pour soi-même, pour continuer d’être avec les autres, et que même lorsque l’on tombe et qu’on pense ne jamais se relever il y aura toujours quelqu’un pour nous relever.

On croit mourir d’amour… Et puis un jour sans s’en rendre compte : on guérit…

On guérit de tout. Même de l’amour.


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