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 Le Combat d'Exister - Okashi

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Okashi

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MessageSujet: Le Combat d'Exister - Okashi   Jeu 25 Juin 2015 - 18:14

Pseudo de l'auteur : Okashi

Nombre de chapitres : 22

Rating : G
Genre: Romance, drame, comédie

Résumé de l'histoire : "Je m'appelle Sam et j'ai une histoire à raconter.. En fait c'est une excuse pour vous raconter ma vie... Mon histoire avec Elly, mes amis, ma famille et le reste... A voir si ça vous intéresse... Wink"

Terminée et Corrigée


Dernière édition par Okashi le Ven 26 Juin 2015 - 16:25, édité 2 fois
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Okashi

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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Jeu 25 Juin 2015 - 18:19

PARTIE 1


Chapitre 1 : Elle

INT. CAFE – JOUR

Je suis en train de m’activer derrière le comptoir pour servir mes quelques clients du mieux possible quand je me retourne et la vois pour la première fois. Elle s’installe à une table et mon collègue va s’occuper d’elle. Automatiquement, je ne parviens plus à me concentrer. Elle semble si calme et confiante que ça en est désarmant. Elle tourne la tête et ses yeux passent sur moi, s’arrêtent une seconde puis se lèvent pour lire le tableau au-dessus de ma tête… Sérieusement, c’en est assez pour que j’en aie le souffle coupé. J’ai eu une seconde de jalousie envers mon collègue car j’aurais aimé être à sa place pour la servir, mais honnêtement, je crois que c’est mieux ainsi sinon je serais passée pour une attardée mentale.

INT. CHEZ EVELYNE : CHAMBRE JOHAN – SOIR

Je suis avec Johan, mon meilleur ami, mon frère presque...

- Je te jure que je ne savais plus où j’étais.
- Sérieux, à ce point ? Me demande-t-il.

Je hoche la tête.

- Si elle m’avait adressé la parole, je serais passée pour une conne.

Johan ricane.

- Pourquoi ?
- J’aurais bafouillé, bégayé et autres mots en –é pas très mignons.

Johan rit de son rire chaleureux que j’aime tellement.

- Et ça aurait fait quoi ?
- T’es sérieux là ?!
- Bah quoi ?
- Si elle revient, elle ne m’adresserait plus jamais la parole avec ce genre de truc.
- …
- Quoi ?
- Je sais pas, tu l’as vue une seule fois. Pourquoi tu t’excites comme ça ?

C’est à mon tour de ne pas avoir de réponse. Il a raison. Je l’ai vue une fois dans ma vie, je ne lui ai même pas parlé, je ne sais pas du tout pourquoi je m’emballe comme ça. Je soupire et Johan passe un bras autour de mes épaules et avec son légendaire charisme arrive encore une fois à dire la meilleure chose au meilleur moment.

- Il n’y a pas de hasard, ce qui doit arriver, arrivera. Ne te prends pas la tête.

Oh Johan, si tu savais comme je t’aime. Il me sourit de son plus beau sourire et m’embrasse sur la joue.

- En tout cas si elle revient quand je suis au café, t’as intérêt à me la montrer.

Je hausse les sourcils.

- On ne sait pas encore de quel bord elle est !

Je ne peux m’empêcher de lui donner un léger coup de poing dans l’épaule et de lui présenter mon sourire le plus faux-cul :

- Asshole !
- Je t’aime aussi.
- T’en es certain de ça ? J’ai des doutes parfois !
- Mais oui ! Moi sans toi, c’est plus moi.

Je ne peux m’empêcher de le serrer dans mes bras. C’est lui le meilleur.

Mon regard se tourne vers son réveil : 23:25. Soudain je me lève un peu affolée. J’ai une classe demain à la première heure et je dois rendre un devoir que je n’ai pas encore fini. Je l’embrasse sur la joue et sors de sa chambre rapidement.

INT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE – SUITE

Je m’installe à mon bureau devant mes cahiers, mais je commence par écrire un texto: « DSL, devoir à finir. J’avais pas vu l’heure ». Et je reçois un texto quelques secondes plus tard : « J’aurais dû m’en douter Wink ».


Dernière édition par Okashi le Ven 26 Juin 2015 - 13:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Jeu 25 Juin 2015 - 18:22

Chapitre 2 : Allez, je peux le faire !

INT. CAFE – JOUR

Oh putain, Oh putain, Oh merde, merde, merde ! … Je la vois entrer et elle se dirige vers moi. Le café est très calme aujourd’hui et je suis seule.

- Bonjour, me dit-elle nonchalamment.

Je la dévisage pendant un instant. J’étudie son visage. Ses traits fins, ses yeux clairs et éclatants et puis la fossette qui apparaît sur sa joue droite quand elle me sourit. Oh My God, elle est en train de me sourire…

- Bo… Bonjour, balbutie-je tant bien que mal.
- Je peux prendre un thé Rooibos s’il-vous-plaît.
- Bien sûr.

Je me retourne pour lui préparer ça et c’est là que je réalise que je n’avais pas respiré pendant quelques secondes puisque l’air sort finalement de mes poumons. Je me retourne de nouveau pour déposer le thé sur le comptoir et elle continue de me sourire. Je me demande même si elle a pas mal au visage en souriant comme ça… Peut-être qu’elle est habituée, elle a un visage rieur et…

- C’est combien ?
- Hein ?
- Le thé, combien je vous dois ?

Oh merde ! Combien de temps est-ce que j’ai bien pu la reluquer comme ça ? En plus je devais avoir l’air bête au possible. Elle vient de me poser une question en plus. C’était quoi déjà ?? Ah oui…

- 2€40.

Elle me tend la monnaie, prend son thé et s’en va tout en continuant de me sourire. J’ai la nette impression qu’elle connaissait le prix de son thé. Attends ! Elle savait ?! C’était quoi ce cirque alors ? Pourquoi est-ce qu’elle ne m’a pas juste donné la monnaie direct’ ? Trop de questions…

INT. ECOLE : GYM – JOUR

Je joue au basket avec quelques potes, Gaspard et Manu contre Johan et moi. On est en train de se prendre une raclée parce que Gaspard joue depuis qu’il a 6 ans et que ni Johan, ni moi ne jouons au basket.  Heureusement, Manu est tellement mauvais que même si Gaspard porte tout le jeu, on n’est pas non plus complètement au tapis. Mais il est trop doué et j’ai eu du mal à m’y faire. J’aime pas perdre, surtout pas en sport. S’il y a bien une chose en quoi je suis douée, c’est le sport. J’ai quand même dû me faire une raison, je ne peux pas être bonne dans tous les sports et surtout pas quand j’ai un pro devant moi… C’est la vie.
Après un moment, on s’arrêtent et retournent vers les gradins pour boire un coup.

- Tu l’as revue ? Me demande Gaspard.
- Une fois seulement.
- Et tu lui as parlé ? Ajoute Manu.
- Ça dépend de ce que tu entends par parler, ricane Johan.

Une fois de plus il reçoit mon poing dans l’épaule. De toute façon, il ne craint plus rien depuis le temps.

- Vas y, raconte ! Continue Manu.
- Putain, pire que des meufs ! Je m’exclame.
- Allez Sam, tu peux bien nous le dire.
- OK, je lui ai juste servi un thé et bafouillé trois mots.

Johan éclate de rire à côté de nous et les gars le regardent avant de reposer leurs yeux sur moi.

- Sam ! Accouche ! S’énerve Gaspard.
- J’ai passé plus de temps en conversation dans ma tête et à la regarder comme une conne plutôt que de lui parler. Content ?!

J’attrape mes affaires et me dirige vers les vestiaires.

INT. ECOLE : VESTIAIRES – SUITE

Là, seule sous l’eau chaude, je peux enfin me détendre. Quelle bande de commères. Mes potes sont pires que des meufs de 14 ans. C’est incroyable. Surtout depuis que je ne suis plus avec Camille, ils veulent tout savoir. Après, je ne m’en plains pas trop non plus, ces trois-là se sont mes hommes à moi. Je sais que je ne risque rien avec eux. Et je ferais tout ce que je peux pour eux aussi.

EXT. ECOLE – SUITE

Quand je sors des vestiaires, propre et fraîche, les garçons m’attendent. Gaspard passe un bras par-dessus mes épaules et s’approche de mon oreille.

- Je suis sûr que tu vas t’améliorer avec le temps. Tu sais, je peux t’apprendre à parler aux femmes si tu veux.

Je ne peux m’empêcher de sourire et je remarque en même temps que deux filles qui passent près de nous me lancent un regard noir. Ah oui, j’ai oublié de dire que Gaspard est LE mec le plus convoité du lycée parce qu’avec sa belle gueule et son physique d’enfer, il ne laisse pas insensible. Et à cause de ça, la plupart des filles sont jalouses de moi parce qu’en plus, il est super tactile et qu’il passe son temps à m’entourer de ses bras, me chatouiller, etc, et elles savent qu’il n’est pas mon genre. Ce qu’elles ne savent pas, c’est qu’elles ne sont pas le sien non plus : il les aime un peu plus matures.

- Je m’en sortirai Gas, mais merci de me proposer ton aide si gentiment.
- Toujours ! Rétorque-t-il.


Dernière édition par Okashi le Jeu 25 Juin 2015 - 18:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Jeu 25 Juin 2015 - 18:26

Chapitre 3 : J’arrive à parler, youhou !

INT. CAFE – JOUR

Un nouveau shift au café, un nouveau super ennuyeux shift au café. Je n’aime pas travailler le lundi soir. C’est le début de ma semaine, j’ai plein de devoirs et malgré tout j’ai accepté. En même temps, j’ai besoin d’argent. Je ne peux pas ne rien payer chez Evelyne. Elle a fait tellement de trucs pour moi depuis environ deux ans et je préfère participer. Elle me dit toujours qu’elle m’aime comme sa fille et que je n’ai pas à faire ça mais je me sens mal à l’aise sinon. Nom de Dieu, ce shift est à mourir… d’ennui ! Il y a juste deux personnes dans la salle. D’un côté ce n’est pas plus mal, ça me donne le temps de travailler un peu sur mes devoirs… Je regarde ma montre : 18:25. J’ai encore une heure à tirer, je laisse tomber ma tête sur le comptoir. C’est désespérant !

Ma tête est toujours sur le comptoir (je réalise que je ne sais pas depuis quand elle y est en fait) lorsque j’entends un léger raclement de gorge. Je me redresse et elle est là ! Elle me regarde avec un sourire et une lueur amusée dans les yeux. OMG, qu’est-ce qu’elle est belle.

- Dure journée ? Me demande-t-elle.
- Vous n’avez même pas idée.

Oh wow, je m’améliore. Je suis surprise par ma propre clarté. Gaspard a peut-être réussi à m’inculquer certains trucs, sans le vouloir, après tout.

- Peut-être on peut se tutoyer, ça fait pas mal de temps que je viens maintenant.

Je hoche la tête, agréablement surprise. Puis je lui tends la main.

- Sam, je lui lâche.
- Et moi c’est Elly.
- Très beau prénom.
- Merci. Je… Umh… Je peux récupérer ma main ?

Je peux presque voir le rouge de mes joues éblouir toute la salle. Quelle balourde je peux être parfois. Je me tourne un peu brusquement et bien sûr… Je renverse mon gobelet d’eau.

- Holy fucking fuck ! Shit.

J’attrape une serpillière qui n’est pas loin et l’étend sur l’eau puis attrape le verre et le met à la poubelle. Il n’est pas sans se douter que je sens toujours la chaleur s’échapper de mon visage et que je suis super mal à l’aise. Quand je me redresse et finis par la regarder, elle semble amusée, mais pas comme si elle se foutait de moi. Au contraire, c’est comme si, comme si… N’importe quoi !

- Je peux commander ?
- Hein ? Oui, pardon.
- Je peux avoir un thé Bau Mu Dan.

Et classe avec ça… Je hoche simplement la tête et me retourne doucement pour faire son thé sans un mot. Je ne fais plus confiance à ma voix dans l’immédiat. Quelle honte ! Lorsque je me retourne, je croise son regard et j’y lis seulement de la sympathie. Je lui tends son thé et elle me passe un billet de 5€.

- Garde la monnaie.

Génial, elle a pitié en fait !

- Vraiment, ce n’est pas nécessaire, dit-je en fouillant dans la caisse et en lui tendant la monnaie.
- Mais si, y a pas de soucis.
- Vous êtes…?
- Tutoie-moi, me coupe-t-elle en me faisant un clin d’œil.

Pardon ? C’était quoi ça ? Elle me fait quoi elle ? Nom de Dieu, j’ai chaud. Elle tourne les talons et s’en va. Pfiou, j’ai rien compris. Comment est-ce qu’il est possible de perdre le contrôle comme ça ?!

INT. CHEZ EVELYNE : SALON – SOIR

Quand je rentre, Evelyne et Johan sont à table. Je pose mes affaires près de la porte et m’installe avec eux. Apparemment ma tête indique que quelque chose s’est passé parce qu’en cœur, ils me demandent si ça va.

- Ouais, ça va. Et vous ?

Ils froncent les sourcils et continuent de me regarder.

- Quoi ?
- Rien, me répond Evelyne. Tu veux des légumes ou du riz ?
- Un peu des deux.

Elle prend mon assiette et me sert. Johan continue de me dévisager.

- Sérieux, quoi ?
- T’as vu ta tronche ?!, et tout ce qu’il me répond.
- Bah quoi ?
- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Je récupère mon assiette que me tend Evelyne et commence à manger.

- Sam, crache le morceau !
- Je me suis tapée la honte de ma vie devant Elly.
- Qui ?
- Elly ! La fille du café.
- Comment tu connais son nom ?
- Elle me l’a dit.
- Elle a pas vraiment dû s’offusquer alors, intervient Evelyne.
- La honte est arrivée après. J’ai foutu carnage dès que …
- Que ? Demande Johan.
- Que je lui ai serré la main.

Evelyne rit ouvertement et je la regarde interdite.

- C’est pas grave, me dit-elle.

Pas grave ? Mais elle est ouf ou quoi ? Je viens de me taper une honte internationale devant cette fille et elle doit penser que je suis tellement débile qu’elle ne voudra plus jamais m’adresser la parole.

- Ouais, je parviens à marmonner.

Evelyne passe sa main sur mon dos et me le frotte quelques secondes pour me réconforter.

- Je te promets que ça n’est pas bien grave.


Dernière édition par Okashi le Jeu 25 Juin 2015 - 19:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Jeu 25 Juin 2015 - 18:35

Chapitre 4 : 17 ans, des gamins…

INT. ECOLE : SALLE DE CLASSE – JOUR

Je regarde l’énoncé et j’ai juste envie de me pendre. C’est pas possible, qu’est-ce que ça veut dire ?



...


Ça a l’air de paraître tellement simple pour certains. Quand je me tourne et les regarde, ils sont à fond dedans. Moi j’ai juste l’impression d’être stupide quand je vois ça. Les maths me font ce qu’un examen approfondi de ma vie pourrait faire,  ça me rend super anxieuse. Mon rythme cardiaque accélère, mes mains deviennent moites, la salive déserte ma bouche… Et merde, je vais encore me taper une sale note.

En sachant que je ne peux rien faire pour changer la situation dans laquelle je suis, je laisse aller mes pensées… Je commence à penser à Elly. Ça fait maintenant plusieurs semaines que je ne l’ai pas vue. Je ne sais pas si elle ne vient plus ou si elle évite juste de venir pendant mes heures. C’est bizarre cette obsession que j’ai. Je lui ai parlé une fois. Une seule malheureuse fois ! Et c’était un désastre. Arrête de penser à elle, ça ne va pas aider ton cas ! J’essaye de changer de « sujet »… Mon futur ! Pas vraiment mieux. Je n’ai aucune idée de ce que je peux faire. Mes notes (sauf pour les sciences) ne sont pas mauvaises, mais je ne me vois pas rester mon cul sur une chaise pendant encore plusieurs années. En plus, ce que j’aime, c’est l’activité ! Bouger ! Être à l’air libre… Qu’est-ce que ça peut être compliquée la vie parfois !

La sonnerie retentit et je lève la tête. Certains de mes camarades se dépêchent d’écrire deux trois autres trucs, d’autres se lèvent et donnent leur copie au prof. Je me penche vers ma feuille et je pousse un soupir désespéré. La catastrophe ! J’ai écrit mon nom, mon prénom, ma classe, la date et recopié l’énoncé de la première question. Peut-être ça me vaudra 0,20 point… Who fucking cares anyway ?!

Je me lève, donne ma copie au prof qui lève un sourcil en la voyant et je m’éclipse rapidement avant qu’il ne m’arrête. On ne sait jamais, je ne prends pas de risques. Quand je passe la porte, Gaspard m’attend. Il m’attend toujours de toutes façons. Une fille de première parle avec lui et se colle presque à lui de manière langoureuse. Ça me fait sourire… Quand il lève les yeux, je lui fais un signe et il sourit en me voyant. Vite fait, il expédie la fille, qui m’aurait tuée si elle avait des lasers à la place des yeux, et me rejoint. Il passe un bras sur mes épaules et on s’en va.

- Alors ?
- D’la merde ! Et toi ?
- Probablement vers 16/18.

Il sourit de toutes ses dents. Crevard !

- Bravo.
- Chacun son truc. Je ne parle pas un mot d’anglais moi.
- Ça c’est clair !
- Bon, on rejoint les gars au café ?
- Yup ! Let’s go.

Il me fait un clin d’œil et m’embrasse sur la tempe. Si j’étais hétéro, je serais la plus chanceuse ! Héhéhé…

INT. CAFE – JOUR

Gaspard et moi entrons dans le café, Sophie est au comptoir et je vais la saluer pendant que Gaspard s’installe avec Johan et Manu. Quand je reviens, je me laisse lourdement tomber sur les genoux de Johan, l’entoure de mes bras et laisse ma tête aller dans son cou.

- T’as foiré ton DS ?
- Oui, c’était pitoyable.
- J’ai foiré celui de physique hier alors…
- On est bien tiré à nous deux.

Je reste un peu sur ses genoux et il me serre dans ses bras. Sophie s’approche pour nous demander ce qu’on veut. On commande et alors qu’elle s’en va, Elly entre.

- Holy fuck !

Les garçons me regardent super bizarrement maintenant. Après quelques secondes figée à la regarder, elle tourne la tête, devant sentir un regard sur elle. Je lui lance un sourire crispé et réalise, lorsqu’elle nous tourne le dos pour aller au comptoir, que je suis toujours sur les genoux de Johan. Rapidement, je me place sur la chaise libre entre Manu et Johan, essayant de faire comme si tout était normal, mais bien sûr, ce n’est pas possible. Ils me regardent tous avec insistance, attendant une quelconque réponse.

- Elle est là, dis-je.
- Non ?! C’est laquelle ? Me demande Johan
- La seconde avant le bar.

Ils essayent tous de tendre le cou pour la voir mais elle nous tourne le dos. On est tous les quatre fixés sur elle et quand elle se retourne avec son thé, elle semble gênée par l’attention qu’on lui porte. Il ne faut que quelques secondes pour que nous ayons l’air aussi gêné qu’elle. On n’est pas benêt non plus, on sait que fixer quelqu’un comme ça, c’est pas très fin ! Rapidement on reporte notre attention sur nos mugs.

- Elle est canon ! Réagi Manu. T’es sure qu’elle est de ton bord ?
- Manu, sérieux ?! D’abord, j’en sais rien et puis c’est pas parce qu’elle serait gay qu’elle ne pourrait pas être hot.

Il n’a pas l’air certain.

- Quoi ? Tu les vois comment les lesbiennes ? Je m’empresse de lui demander.
- Garçon manqué, cheveux courts, tatouages, piercings… Le cliché quoi !
- Sympa pour moi…et toutes les autres qui ne sont pas dans ta boîte !

Je vois à son sourire qu’il me fait marcher, mais je ne peux pas m’empêcher de lui lancer ma petite cuillère qui atterrit… (Et merde !)… aux pieds d’Elly. Je me dépêche de me lever pour aller la chercher, mais elle l’a déjà récupérée et me la tend.

- Merci.
- De rien. Hum… Qu’est-ce que vous aviez à me regarder comme ça ?

Oh wow, elle est super directe en plus. Ce n’est carrément pas commun et c’est super… Chut ! Sam, reprends toi !

- On… Ils te trouvent pas mal, je tente de dire, car je n’ai pas trop envie de lui faire peur

Elle lève un sourcil, pas très convaincue. Je pense qu’elle a relevé mon bafouillage du début. Elle finit par me sourire et sort du café en nous faisant un petit signe. Je retourne m’asseoir. J’ai grave l’impression de m’enfoncer un peu plus chaque fois que je la croise. Je crois que je vais la fermer dorénavant.

- Elle est définitivement pas mal, avoue Gaspard.
- Grave, ajoute Johan.
- En plus elle a l’air un peu plus âgée que nous, sourit Gaspard.
- Alors toi, de suite hein ?!

Il me fait un sourire en coin.

- Prem's ! Nous lance-t-il en me poussant.
- Gamin, dis-je en lui tirant la langue.
- Gamine, ajoute-t-il en venant sur mes genoux et en cachant mon visage de ses mains.
- Oula, commence Johan, ça vole bas les gars… Et si vous continuez comme ça, vous n’aurez aucune chance ni l’un ni l’autre, parce qu’elle vous observe à travers la vitre.

Gaspard et moi, nous retournons vite pour vérifier les dires de Johan et… Merde ! Effectivement, elle est devant la vitre et arbore un sourire en coin. Je me retourne et secoue la tête. La seule chose qui me réconforte un peu, c’est que Gaspard ne fait plus le malin non plus. Mais par contre, Manu et Johan sont morts de rire.

- J’abandonne ! Dis-je en laissant reposer ma tête sur Gaspard.

EXT. PROMENADE : BORD DE MER – JOUR

Je fais mon jogging, il fait bon, les oiseaux chantent et les vagues font un bruit apaisant. S’il y a bien quelque chose que j’adore, c’est courir sur la promenade. Ça me calme quand je suis à cran, me booste quand je suis fatiguée… Je commence à sentir la sueur qui coule le long de mon dos et qui perle sur mon front et je me sens bien. Mon souffle est régulier ainsi que mes foulées. Courir… Courir !!!

EXT. CHEZ EVELYNE : JARDIN – PLUS TARD

Je m’arrête 45 minutes plus tard devant la maison d’Evelyne. Johan est en train de taper dans son sac de frappe et lorsqu’il me voit, il attrape une paire de gants qui est sur une chaise derrière lui et me les lance. Je soupire…

- Les bandes ?!

Il attrape les bandes et me les lance à leur tour. J’enroule mes poignets et mets mes gants puis Johan et moi commençons à nous battre. Ça fait maintenant plusieurs années que nous faisons des sports de combat. Quand on était gamin, on a harcelé nos parents pour qu’ils nous inscrivent au Taekwondo et on en a fait jusqu’à nos 15 ans. Une fois que je suis arrivée ici, que mes parents m’ont poussée hors de leur vie, on a arrêté et on s’est mis à la boxe. On n’est pas entré dans un club de suite parce que je ne pouvais pas payer et que je ne voulais pas qu’Evelyne paye quoi que ce soit, même si elle me l’a proposé. Par contre, on s’est acheté des gants et on a appris des techniques qu’on a trouvées sur internet et qu’on a perfectionnées ensemble.


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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Jeu 25 Juin 2015 - 18:39

Chapitre 5 : On fait quoi plus tard ?

INT. BIBLIOTHEQUE – JOUR

Johan et moi sommes en train de regarder des magazines lorsque je tombe sur une publicité de la Gendarmerie. Ils disent qu’ils recrutent et bizarrement, j’ai la sensation que c’est peut-être une bonne idée pour moi. Je fixe la page me demandant si ce serait une bonne idée…

- Qu’est-ce qu’il y a ? Me demande Johan.

Je tourne le magazine pour qu’il soit en face de lui.

- Qu’est-ce que tu penses de ça ? Je le questionne.
- Je sais pas. Et toi ?
- Je sais pas non plus, mais ça m’intéresse.
- Ok, viens.

Il m’entraîne vers les ordinateurs et on commence à faire nos recherches. Moi sur la Gendarmerie et je réalise qu’il se renseigne sur l’armée. L’armée ? Mais pourquoi ? Son père est décédé au combat…

- Johan ?
- Oui ?
- Pourquoi tu te renseignes sur l’armée ?
- …
- Ça t’intéresse ? Je croyais que tu voulais plus entendre parler d’eux ?
- Je me renseigne, c’est tout.
- Vraiment ?
- Oui.
- Et ?
- L’armée n’est pas là pour tuer mais pour défendre. On n’est pas envoyé dans des pays pour faire notre loi, mais pour défendre des civils en danger. Je suis de plus en plus attiré par l’idée…
- Même avec ton père qui…
- Oui !

Ça a le mérite d’être clair.

INT. CHEZ EVELYNE : SALON – SOIR

Evelyne et moi sommes devant la télévision lorsque Johan descend et s’installe entre nous deux.

- Vous avez commencé à réfléchir à votre orientation après le BAC ? Nous demande Evelyne.
- Un peu, répond vaguement Johan.
- Et ?
- Ba… On est encore en train d’y réfléchir.
- Et vous avez pas des idées, quelque chose à me dire où quoi ?
- Pas trop.

J’ai l’impression qu’il est mal à l’aise.

- Et toi Sam ? Me questionne Evelyne.

Oh non ! J’avais espéré qu’elle ne me demanderait pas. Je ne peux pas vraiment parler de moi sans parler de Johan là et il n’a pas l’air prêt à lui dire.

- J’en suis un peu au même point que Jo, je lui annonce.
- Vous êtes un peu trop discrets tous les deux, poursuit-elle.
- Je… Euh… C’est que…, je bégaye.

Je suis forcément cramée.

- Allez, dîtes moi tout.
- Maman ! S’exclame Johan. Y a rien à dire pour le moment.
- Johan, ne me prends pas pour une ignorante. Je vous connais assez.

Johan me regarde mais, je hausse les épaules et je me refocalise sur la TV. Oui, j’avoue, je ne suis pas tout le temps une grande courageuse. Mais ça, ce n’est plus à prouver.

- On pense s’engager, admet-il.
- Où ?
- Dans l’armée pour moi.
- Oh… Et toi Sam ?
- Gendarmerie.

Evelyne devient silencieuse et Johan ne semble pas très virulent actuellement.

- Ok ! Finit-elle par dire.

Quoi ? C’est tout ? Les gens peuvent être surprenants. Connaissant Evelyne, je m’attendais à une leçon et compagnie. Je suppose que je ne dois pas la connaître tant que ça. Tant mieux en fait.

- Maman ? Tente Johan.
- Oui ?
- T’es pas fâchée ?

Elle entoure les épaules de Johan de son bras.

- Ça ne me plaît pas, mais c’est ton choix mon chéri, lui répond-elle.

Et elle l’embrasse sur la joue. Johan a la meilleure mère qui existe ! Des fois (ça ne me plaît pas d’admettre ça), je ressens comme une pointe de jalousie envers leur relation. Evelyne a remplacé la mère que je n’ai plus, mais c’est quand même la mère de Johan avant tout.

INT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE – JOUR

Je suis seule dans ma chambre. Mon casque sur les oreilles en train d’écouter de la musique. La chanson qui commence est Warrior de Demi Lovato. Je ne suis pas super émotionnelle (ou alors c’est ce que je veux faire croire), mais là, je pleure comme un bébé avec ces paroles.


Dernière édition par Okashi le Jeu 25 Juin 2015 - 19:05, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Jeu 25 Juin 2015 - 18:53

Chapitre 6 : Fausse idée…

INT. CAFE – FIN D’APRES-MIDI

Je suis seule à travailler au café. Il fait froid dehors, car l’hiver est arrivé et il y a seulement une autre personne en plus de moi dans la salle. Je me fais chier à mourir, je n’ai rien à faire. Pas de devoirs, pas de magazines à lire, pas un bouquin, c’est long... Alors tout ce que je peux faire, c’est rêvasser en regardant dehors. Mes pensées se perdent dans mes souvenirs.

J’avais 14 ans quand mes parents et moi étions allés dans les Alpes pour faire du ski/snow pendant une semaine. Ça faisait déjà quelque temps que je faisais du snow, j’adore ce sport, les sensations qu’il procure sont tout simplement grandioses. Je me souviens d’une journée qui était magnifique et, en bas des pistes, alors qu’on allait commencer la journée, on avait croisé Camille, ses deux grand-frères et leurs parents. Une chose en ayant entrainé une autre, nos parents étaient partis ensemble d’un côté, ses frères d’un autre et nous deux ensemble. On avait passé des heures à snowboarder/skier toutes les deux et c’était génial. Comme on avait nos casse-croûtes avec nous, on s’était arrêtées sur un sommet pour manger en milieu de journée. Camille avait le nez rougi par le froid, c’était mignon, et ses yeux bleus brillaient. Alors qu’elle allait mordre dans son sandwich, ses yeux se posèrent dans les miens et je ne pouvais juste pas les détourner. A ce moment, elle me sourit, mit son sandwich de côté et s’approcha de moi.

- Ça va ? Me demanda-t-elle.
- Hu huh, fût tout ce que je pus répondre.

Je savais que Camille était lesbienne (même si peu de monde le savait), mais ça ne m’avait juste pas effleurée l’esprit que je pouvais l’être aussi. Et pourtant, lorsqu’elle posa ses lèvres sur les miennes et m’embrassa avec une infinie douceur à ce moment-là, les sensations que j’avais ressenties étaient surdimensionnées comparées aux quelques baisers que j’avais pu partager avec deux/trois garçons du collège. Lorsqu’elle éloigna son visage du mien, je ne pus retenir un sourire et un soupir. C’était beau, délicat, sensuel… J’avais aimé. J’en voulais plus…

- Hey !

Je viens d’être ramenée à la vie par un son. Je relève la tête et… Encore une fois Elly me surprend ailleurs. Il faut toujours que les choses soient bizarres quand je croise cette fille.

- Tu vas bien ? Me demande-t-elle.
- Pas trop mal et toi ?
- Ça va aussi.

Je suis déterminée à ne pas passer pour une conne aujourd’hui et je prends donc une inspiration discrète et lui souris comme si tout est normal dans mon cerveau. Je ne veux pas qu’elle sache qu’on est plusieurs là-dedans.

- Alors quoi de neuf ? Suis-je capable de lui demander.
- Toujours la même chose. Les études, les pauses-cafés et de nouveau, les études.
- Ça m’a l’air fun comme vie.

Elle pousse un petit rire.

- Chaque chose en son temps, rétorque-t-elle. Et toi alors ?
- Les études, le boulot au café et les études.

Elle hoche la tête en me souriant.

- Tout aussi fun que moi alors ?!
- J’en ai bien peur, je conclus.
- Qu’est-ce que tu me proposes ? Me demande-t-elle.
- Euh, je…, je balbutie. De sauter de mon côté du comptoir et m’embrasser passionnément, est ce qui me vient en tête mais, … Le thé Rose, Jade et Oolong est très bon.
- Va pour ça ! Clame-t-elle.

Je me retourne en souriant, fière de moi. J’ai réussi à articuler plus de deux phrases cohérentes et sans bégayer ainsi que sans rien casser. Il m’a fallu pas mal de temps, mais bon, mieux vaut tard que jamais. Une fois que j’ai terminé de lui préparer son thé, je lui donne, elle me paye et part s’installer à une table tout en me lançant un grand sourire et en me remerciant. Cette fille est super charmante ! … Arrête de rêver Sam !

Je me replonge dans mes pensées, ou du moins, dans mon téléphone, tout en la zieutant de temps en temps. Quelques minutes plus tard, alors que je réalise que je viens de passer plus de temps à la regarder qu’à m’occuper de mon jeu (je suis morte depuis un bout de temps), Johan entre. Il s’approche de moi en ouvrant grand ses bras, malgré qu’il soit encore un peu loin.

- Serre moi très fort avant que je ne tombe ! Dit-il.

Et il « tombe » dans mes bras. J’aperçois Elly qui nous regarde un instant avant de se replonger dans son bouquin.

- Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Je lui demande tout en me décollant un peu de lui.
- Ma vie m’arrive !

Je hausse un sourcil.

- Manu m’a ruiné au poker et Gaspard m’a démonté au basket. Je suis maudit.
- Emmène-les sur le ring, ils verront qui fait la loi.
- Je savais qu’il fallait que je vienne te voir.

Il m’embrasse sur la joue.

- Sinon, toi ? Me demande-t-il.

Je lui fais un signe de tête en direction d’Elly tout en souriant. Il me taquine de son coude.

- Alors ? Alors ?
- Rien de spécial. J’ai juste réussi à parler correctement.

Il appuie ses coudes sur le comptoir et me regarde avec des yeux doux et en clignant des yeux comme une actrice américaine des années 50.

- Et de ce côté-là ?
- Je n’en sais pas plus !
- Un jour peut-être… Chantonne-t-il.

J’acquiesce. Johan s’installe sur la chaise derrière le bar et attrape mon téléphone.

- Oh putain t’as fait mourir Sam Jr. !

J’éclate de rire en levant les yeux au ciel. Johan en a toujours des comme ça en réserve.

- C’est un jeu de merde de toutes façons, je l’utilise que parce que tu me l’as installé.
- Un jeu de merde ? Mais t’es ouf ou quoi ?!

J’essaye de lui prendre mon téléphone des mains mais il est plus rapide et met sa main en l’air. Je sautille pour essayer de l’atteindre, en vain. Du coin de l’œil, je peux voir qu’Elly nous regarde, amusée.

Un peu plus tard, Johan est calmé et joue avec son téléphone, toujours assis sur MA chaise (soit dit en passant) et moi, je trifouille le mien, accoudée au comptoir. Elly se lève et pose sa tasse sur le comptoir. Elle m’a vraiment ramené la tasse là ?

- T’as pas mal de petits-copains toi ?!
- Pardon ?

Elle me fait un clin d’œil et sort du café. Je me tourne vers Johan, interloquée, et il semble aussi surpris que moi. C’est là que je réalise qu’elle doit parler de Gaspard rapport à l’autre fois. MERDE ! Double fuck…

- « Petit copain » ?! C’est quoi ce terme-là ? Questionne Johan.
- C’est tout ce que t’as retenu ?
- Attends, ça se dit plus ça.  C’est plutôt mec ou keum ou jule…

Je ne peux m’empêcher de le regarder comme s’il sortait d’un asile et c’est là qu’il me flash un sourire moqueur. L’enfoiré me faisait marcher…


Dernière édition par Okashi le Jeu 25 Juin 2015 - 19:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Jeu 25 Juin 2015 - 18:56

Chapitre 7 : Un peu plus « friends »

INT. CLUB DE BOXE – SOIREE

Aujourd’hui, il y a un tournoi de boxe féminin au club. Je dois monter sur le ring dans 10 minutes et je me sens comme Jennifer Lawrence quand elle dit : It feels like I’m a Chihuahua! You know when they get so excited they shake and pee? Johan est à mes côtés et me parle, mais j’entends rien de ce qu’il dit. Disons que je n’écoute pas en fait. Je suis super stressée, c’est abominable. Je sais que je suis pas trop mauvaise, mais je vais me battre contre une fille plus forte que moi, à ce qu’on m’a dit, et il y a plein de monde qui va regarder… Est-ce qu’en fait, on est complètement masochiste en faisant ce genre de trucs ? Soit tu gagnes, soit tu perds. Mais si tu perds, ne cherches-tu pas l’humiliation d’un côté ? La sonnerie retentit, me tire de mon monologue interne et Johan me pousse sur le ring.

Et voilà, je suis en face de cette fille un peu plus grande que moi, apparemment un peu plus frêle, mais un tas de nerf. Johan me place le protège-dent dans la bouche et je commence à sautiller. La fille fait de même puis une autre sonnerie retentit et là… son poing part sans prévenir. J’ai juste le temps de me baisser pour l’éviter, mais quand je me redresse, son autre poing vient se planter dans ma face ! Bam ! Ça fait mal, ça brûle ! Mais j’arrive à esquiver les quelques prochains coups et je lui donne un bon jab dans le ventre suivi d’un hook dans le menton. Elle recule, je souris (intérieurement). Et là, elle revient à la charge, me faisant reculer dans les cordes alors que je protège ma tête de ses coups. La sonnerie résonne. Je vais m’asseoir dans mon coin. Johan me donne à boire et j’essaye tant bien que mal de reprendre ma respiration.

- Je ne fais pas le poids à côté d’elle !
- Mais si, ne te dénigre pas comme ça, s’offusque Johan.

La sonnerie se fait entendre à nouveau. Johan replace le protège-dent et je me redresse. On recommence le combat et j’arrive à lui donner quelques coups, mais elle semble ne rien sentir. Face à ses assauts, je tente tant bien que mal de rester OP, mais alors que je recule sous un choc et que je ne protège plus mon visage, elle me colle une droite qui me met au tapis. Je tente de me relever, j’y suis presque, je crois que je suis debout quand tout commence à tourner autour de moi…  Et je suis de nouveau au sol. J’ai perdu, je suis démontée. J’avais probablement raison en disant qu’on cherche l’humiliation…

INT. CHEZ EVELYNE : SALLE DE BAIN - MATIN

Je rentre dans la salle de bain avec la tête dans le c** et un mal de tête abominable. Je me passe de l’eau sur le visage et en touchant ma joue gauche, je sens une douleur vive me parcourir le visage. C’est quand je me regarde que je réalise l’ampleur du problème. Je pousse un cri de stupeur en me voyant. J’ai un hématome énorme qui part de sous mon œil et qui s’arrondit en dessous pour terminer à la base de mon nez. Il est verdâtre/violacé et c’est … J’hésite entre dégueulasse et effrayant. Un peu des deux en fait. Bon, je n’ai pas le choix, il faut que je fasse avec.

EXT. ECOLE – JOUR

Johan et moi, nous dirigeons vers Gaspard et Manu qui nous attendent à l’entrée du lycée. Je porte une paire de lunettes assez grosses, qu’Evelyne m’a prêtée, pour cacher le bleu, mais elles ne sont pas vraiment mon style alors les gars le remarquent direct.

- T’as fait un cambriolage chez quelqu’un et tout ce que t’as trouvé c’est ça ? Se moque Gaspard.
- T’as gueule ! Je maugrée.
- Oula, pas d’humeur, continue Manu.
- Sérieux, les gars !
- Bah quoi ? On s’inquiète pour ta santé mentale, ajoute Gaspard.

Johan ricane et je lui lance un regard noir, mais ça ne l’arrête pas.

- Elle a définitivement perdue quelques neurones hier soir, dit-il.

Je lui enfonce mon poing dans l’épaule de toutes mes forces cette fois et il grogne.

- Tu l’as cherché !
- Bon, allez-y, racontez ! S’impatiente Manu.

Comme je n’ai pas envie de raconter quoi que ce soit, je retire mes lunettes et leur regard accompagné d’un mouvement de recul impressionnant me confirme que c’est pas allé en s’améliorant. Et merde, ça ne va pas être une partie de plaisir.

INT. ECOLE : SALLE DE CLASSE – PLUS TARD

Je suis à côté de Gaspard en cours de socio et je porte toujours mes lunettes de soleil quand le prof entre et me repère de suite en passant son regard sur nous.

- Le week-end a été dur ?! S’exclame-t-il sans nécessairement me viser… mais quand même, je suis pas débile…

Je grogne, j’ai envie de répliquer quelque chose de cassant parce que je ne suis pas d’humeur, mais j’aime bien ce prof, M. Tonia. Il est jeune, dans la trentaine, sympa avec nous, il possède une énergie communicative et un plaisir d’enseigner qui nous donne envie d’apprendre. C’est rare et c’est fun ! Je me retiens donc, je lui fais un sourire en coin et il me fait signe d’enlever mes lunettes. Je baisse la tête en le faisant et ne la relève pas pendant un moment. Lorsque plus tard, je me décide à regarder le tableau et que son regard se pose sur moi, il fait un, on ne peut plus évident, arrêt sur image. C’est déstabilisant et je rougis un peu, même si je sais que c’est pas pour ma « belle gueule » qu’il me regarde actuellement. Mais quand même, si j’étais hétéro, je serais probablement cramoisie et cette pensée me fait sourire.

Plus tard, la sonnerie retentit et tout le monde rangent leurs affaires et se dépêchent de sortir de la classe. Quand je passe la porte, j’entends mon nom et je me retourne. M. Tonia me regarde avec compassion, intensité et intérêt… Je m’approche de son bureau et il me fait signe de m’asseoir en face de lui, ce que je fais. Une fois que le dernier élève sort, il me demande :

- Est-ce que tout va bien ?
- Euh ouais, pourquoi ?

Il désigne mon œil. Je rougis un peu car j’avais oublié parce que je suis en train de m’habituer à la légère douleur presque imperceptible si je ne touche pas à mon visage.

- Est-ce que tout va bien à la maison ? Est-ce qu’il y a quelque chose que tu as besoin de dire ?

Il est « mignon », il a l’air gêné alors je le laisse parler un peu.

- Parce que si tu es… victime… d’abus, tu peux m’en parler si tu veux, termine-t-il.
- C’est rien, monsieur Tonia, je fais de la boxe et je me suis pris un violent revers hier soir pendant un combat.

Il me dévisage avec intensité, probablement en train de me sonder pour savoir si je dis la vérité et ne semblant rien déceler d’anormal (logique, je dis la vérité), il ajoute quand même :

- T’es sure ? Parce que si c’est autre….
- Non, je vous jure que c’est que ça ! Je n’étais pas de taille, je me suis faite démolir. Rien de grave !

Il hoche la tête, semblant convaincu. J’espère qu’il l’est vraiment. Qu’il n’aille pas fouiller dans ma situation. Ce serait vraiment chiant en sachant que je suis bientôt majeure et que je n’aurai plus besoin de parents, gardiens, tuteurs ou tout autre adulte pour me « garder ».

INT. CAFE – APRES-MIDI

Je n’avais pas cours pendant les deux dernières heures de l’après-midi et j’ai donc réussi à négocier avec la CPE (qui d’ailleurs cette année est une jeune particulièrement cool) pour partir plus tôt pour pouvoir bosser et j’ai pu échanger mon shift avec Sonia qui avait des trucs à faire pour la fac. C’est cool parce que c’est plus calme à cette heure-ci et en plus, je ne croiserai peut-être pas (j’espère vraiment pour une fois) Elly. Je n’ai pas envie qu’elle me voit avec une tête comme ça. Je ramasse quelques tasses par-ci par-là et nettoie les tables quand quelqu’un entre. C’est Gaspard. Il va s’installer derrière le comptoir, sur la chaise et sort quelque chose de son sac.

- Viens, me dit-il.

Intriguée, je m’approche de lui. Il tient une pochette de glace et me l’applique sur l’œil. J’ai un mouvement de recul à cause du froid, mais il me tient par l’épaule.

- T’aurais du faire ça plus tôt, mais ça devrait soulager un peu.
- Merci. Mais je l’ai fait plus tôt, Evelyne est infirmière, tu te souviens ?
- C’est vrai, mais ça ne te fera pas de mal de poser ça dessus pendant un moment. Assieds toi !

Il se lève de la chaise pour me laisser la place et je m’assoie. Il attrape le chiffon que je tiens encore de mon autre main et il va nettoyer les quelques tables inoccupées. Le froid me gèle le cerveau, mais je sens que ça fait du bien, ça me calme en tout cas et j’en viens même à fermer les yeux quelques instants. Quand je les ouvre à nouveau, je vois Elly qui passe devant la vitre et qui regarde à l’intérieur. Elle ralentit son allure en me voyant et entre (mais quelle poisse !).

Gaspard revient poser le chiffon, attrape ses affaires et va s’installer un peu plus loin, me faisant un clin d’œil en passant. Elly s’approche et son regard est de plus en plus concerné à mesure qu’elle s’approche de moi. Je n’enlève pas la poche de glace de mon œil pour ne pas qu’elle voit l’hématome.

- Ça va ? Me demande-t-elle.
- Hun hun.

Elle plisse les yeux peu convaincue et fait le tour du comptoir pour s’approcher de moi. Doucement, elle attrape ma main (OMG ! Mais c’est qu’elle me touche là. Pourquoi est-ce qu’elle me touche ? Depuis quand a-t-on passé ce stade ?), et l’éloigne de mon visage. Elle aperçoit alors le bleu et un regard inquiet me dévisage. Elle passe un doigt léger sur ma joue et un frisson parcourt ma colonne vertébrale.

- Qu’est-ce qui t’es arrivée ?

Est-ce que c’est une note d’inquiétude dans sa voix ?

- J’ai perdu un combat.
- Un combat ?
- Un match de boxe.
- Tu fais de la boxe ?

Je hoche la tête et elle prend la poche de glace pour la poser délicatement sur mon visage. Je la laisse la tenir un instant avant de reprendre les commandes quand je commence à me sentir mal à l’aise avec cette proximité. Ça fait maintenant plusieurs semaines qu’on se connaît, on a pas mal discuté, un peu rigolé, on se tutoie, on se fait même la bise et une fois en partant, elle m’a serré dans ses bras, mais là, j’ai l’impression que c’est un autre niveau et mon corps réagit bizarrement et je n’ai pas envie d’avoir à dealer avec ça dans l’immédiat. Ma tête me fait déjà assez mal comme ça. Je me lève alors et lui demande ce qu’elle veut boire.

- Rigoles pas !? S’exclame-t-elle.
- Euh, non, quoi ? Pourquoi ?
- Je veux juste un verre d’eau chaude avec du jus de citron.

Je ne peux pas m’en empêcher, je souris.

- T’avais dit que tu ne rigolerais pas !
- Je rigole pas, je souris.

Elle me regarde, j’ai raison, elle le sait.

- C’est pour ta voix ? Tu vas faire la sérénade à quelqu’un après ça ? Je m’entends dire.

Elle rit. J’aime bien son rire. Il est chaleureux… et doux.
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 12:39

...


Dernière édition par Okashi le Sam 27 Juin 2015 - 14:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 12:46

Chapitre 8 : Les choses avancent… ou je croyais

INT. CAFE – SOIREE

La journée a été longue. J’avais une tonne de DS au lycée. Johan est malade donc il est resté à la maison et Gaspard avait un match de basket dans une autre ville et il est absent depuis hier. Heureusement, Manu était là, mais on n’est pas dans la même classe donc c’était un peu chiant aujourd’hui…

La journée touche à sa fin. Je suis au café, c’est un peu mort aussi, il fait froid et les gens rentrent vite chez eux après le taf ou les cours. Je nettoie quelques tables quand j’entends la porte qui s’ouvre. C’est Elly. Je ne peux retenir un généreux sourire en la voyant. Elle s’approche de moi et me fait la bise.

- Tu veux boire quelque chose ? Je lui demande.
- Non, c’est bon, je vois que tu fermes.
- J’avais pas dit quelque chose de chaud, je la taquine.

Elle rigole.

- Qu’est-ce que tu me proposes alors ?
- Umh… Un verre d’eau ?!

Elle me pousse légèrement.

- Non, c’est bon. J’apprécie ton hospitalité !

Je lui fais un clin d’œil et je vais derrière le comptoir pour lui préparer un thé. Je regarde l’heure, 18:55. Je décide de fermer le café pour être tranquille, de toute façon, personne ne viendra plus et je vais donc verrouiller les portes.

- Tu fermes déjà ? Me demande-t-elle.
- On ferme plus tôt aujourd’hui. Mais assied-toi, y a pas le feu.

Elle s’installe donc pendant que je nettoie un peu quelques autres trucs. Une fois que j’ai terminé, je vais m’asseoir avec elle et je réalise alors que c’est la première fois qu’on est seules, juste elle et moi. Ça me rend un peu nerveuse d’ailleurs et je n’arrive pas à poser mon regard plus de quelques fractions de secondes sur elle.

- Ça va ? Demande-t-elle.
- Hun ? Ouais, bien sûr.
- OK. Sinon, parlons de choses sérieuses…

Oh boy ! Ça veut dire quoi ça ?!

- Tu fais de la boxe ?

Pfiouu… Elle m’a fait peur.

- Oui.
- Ça fait longtemps ?
- Presque deux ans.
- Ah quand même. Et pourquoi la boxe ?

Pourquoi elle me pose tant de questions comme ça ? C’est juste de la boxe quand même. Le problème, c’est que je veux lui faire confiance, ce qui me donne envie de lui dire tout, du genre TOUT. Mais je n’y arrive pas. Je suis bloquée sur ce point. Je n’arrive pas à en parler, je préfère ne pas y penser, ne pas ressasser le passé et juste avancer avec ce que j’ai et ce n’est pas en, en parlant que ça va marcher… et donc… Pourquoi la boxe, elle m’a demandé ?

- Parce que c’est moins cher que le Taekwondo.
- Quel rapport ?
- J’ai fait du Taekwondo pendant longtemps mais ça revenait trop cher.
- Oh wow, tu dois savoir te défendre.
- Je m’en sors pas mal.
- « La femme est sans défense mais pas non sans attaque ».

J’ai fait un arrêt sur image. Mon cerveau n’a pas enregistré ce qu’elle m’a dit. Je dois la regarder bêtement parce qu’elle me sourit et ajoute.

- C’est une citation de Jean Prévost. Je sais pas si elle te correspond par contre, je pense que tu dois avoir de très bonnes défenses...
- Oui, et c’est tout ce que j’utilise.
- Jamais d’attaque ?

Je secoue la tête négativement quand mon téléphone sonne. Je me lève rapidement et je vais le chercher. C’est Evelyne. Je m’excuse auprès d’Elly et réponds. Evelyne veut juste savoir à quelle heure je rentre pour manger parce que Johan va pas top et qu’il veut aller se coucher tôt. Je lui dis de ne pas m’attendre, je jette un œil à Elly qui sourit en regardant sa tasse, et je raccroche.

- Tout va bien ?
- Oui, pas de problème.
- Est-ce que t’es attendue ?
- Plus maintenant.
- Ah ?
- Tu veux aller manger un morceau dans une pizzeria ou quoi ? Je lui demande incertaine.

Elle me regarde, hésitante elle aussi. Elle semble timide d’un coup et rougit un peu. C’est drôle, je ne pensais pas pouvoir remarquer ce genre de choses.

- Si tu veux on peut acheter des pizza et les manger chez moi ?

Chez elle ? Hein ??? Oh, je ne sais pas quoi dire, je bafouille quelques mots puis j’essaye de me reprendre.

- Euh, OK.

C’est tout ce que je parviens à dire.

INT. CHEZ ELLY : SALON – SOIR

Elly me laisse entrer dans son appartement. C’est petit mais très bien organisé et décoré. C’est personnel. Je peux voir ici et là quelques photos de famille et d’amis. Elle a une affiche du film Fight Club. What ?? Serait-elle une geek énervée dans le fond ? C’est… hum… intéressant. Est-ce que c’est son film favori ? Je lui demanderai éventuellement. Il y a aussi une très belle photographie en noir et blanc d’une femme marchant sous la pluie et tenant un parapluie qui cache son visage. C’est très beau. Il y a également une belle photo avec une citation : « You Only Live Once But If You Do It Right, Once Is Enough ». J’aime ça aussi. J’ai l’impression de la découvrir un peu plus en observant son appartement.

Je suis tirée de mon état second en sentant sa main sur mon bras. Je la regarde et elle me sourit.

- On la commande cette pizza ? Me demande-t-elle.

Je hoche la tête en souriant.

Plus tard alors qu’on déguste notre pizza sur le canapé, je ne peux m’empêcher de demander :

- Fight Club hun ?
- Quoi ?
- Est-ce que c’est ton film préféré ? Je la questionne en faisant un signe de tête en direction du poster.
- Non, pas vraiment. J’aime beaucoup, mais de là à dire que c’est mon préféré…
- C’est Brad alors ? Je demande en lui faisant un clin d’œil.
- Non, j’aime le poster !

Elle pose son regard sur l’affiche, puis sur moi à nouveau.

- C’est quoi ton film préféré alors ?
- Danse avec les Loups.
- Vraiment ?

Je n’en reviens pas. Je m’attendais à... J’en sais rien en fait, mais il faut vraiment que j’arrête de sous-estimer les gens.

- C’est si surprenant que ça ?
- Euh… non.
- Menteuse !

Je lui tire la langue et elle me fait un clin d’œil en riant.

- Et toi alors ?
- Karate Kid, celui de 1984.
- Oh, OK !
- C’est si surprenant ?
- Je m’attendais plus à… je sais pas, La Belle et la Bête !
- Hey, c’est la meilleure des princesses.
- C’est pas une princesse.

J’attrape un coussin et lui lance, elle l’évite en riant.

- Ne critique pas Belle !
- Amoureuse ? Elle me demande.

Je m’arrête et m’éclaire comme un far puis balbutie quelques mots. Elle éclate de rire et gênée, je souris en me frottant la joue.

- Je te taquine, conclut-t-elle.

Je grimace quand son téléphone portable, qui est sur la table, s’éclaire et sonne. La photo qui s’affiche sur l’écran est une photo d’elle souriante avec une autre fille qui la tient par le cou et l’embrasse au coin des lèvres. Mal à l’aise, je détourne vite les yeux alors qu’elle le prend et décroche. Elle me fait un signe d’excuse et se lève. Je hoche la tête pour lui assurer que c’est bon, mais un sentiment de déception s’empare de moi. Est-ce que cette fille est sa copine ? Où sont-elles juste de très bonnes amies ? Pourquoi m’a-t-elle invitée ce soir ? Avait-elle quelque chose derrière la tête où je suis juste là en tant que … que quoi d’abord ? Connaissance ? Pote ? Eventuellement plus ? Je suis un peu larguée. Lorsqu’elle revient, j’essaye de me replonger dans l’ambiance dans laquelle on était juste avant, mais le cœur n’y est plus à cet instant. Je prétexte un bâillement pour pouvoir partir.

- Je commence à fatiguer, je pense que je vais y aller.
- Déjà ? Demande-t-elle.
- Oui, désolée, j’ai pas mal de trucs à faire demain et…

Gros bobard, demain, c’est samedi et j’ai rien à faire ! Je ne sais même pas comment continuer... Je ne sais pas mentir. Je peux omettre de dire les choses, mais je n’arrive pas à inventer des mensonges. Je me lève donc, j’attrape mes affaires et je m’avance vers la porte. Elle me suit et me serre maladroitement dans ses bras. Mais pourquoi ????

EXT. RUE – NUIT

Je marche en silence. Je ne croise personne. Je me sens seule. J’ai envie de pleurer.
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Okashi

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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 12:54

Chapitre 9 : And it all falls apart

INT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE - MATIN

Quand je me réveille, il me faut quelques instants pour me reconnecter à la réalité, mais une fois chose faite, les évènements (si on peut appeler ça comme ça) de la veille avec Elly me reviennent en tête. Je ne comprends pas pourquoi je me sens comme ça ? Pourquoi je pense à elle autant. C’est trop souvent, beaucoup trop souvent ! Ne voulant pas m’attarder sur mes questions, je me lève.

INT. CHEZ EVELYNE : CHAMBRE JOHAN -  SUITE

Je rentre doucement dans sa chambre pour ne pas le réveiller s’il dort, mais il regarde la télé. Il a encore l’air malade, caché sous sa couette, son front est un peu humide et il est pâle.

- Ça va ? Me demande-t-il.
- C’est pas plutôt à moi de te demander ça ?
- Alors demande, me dit-il en souriant.
- Ça va ?
- Comme-ci comme ça.
- Pousse-toi.

Il me regarde bêtement et je lui fais un geste de la main pour accentuer ma demande. Il se pousse et je grimpe dans le lit avec lui et me blottis dans ses bras.

- Sam, j’ai la crève.
- Je m’en fous, nous c’est à travers la santé et la maladie jusqu’à ce que la mort nous sépare.
- Je le veux.

Il m’embrasse sur le front.

- Qu’est-ce qu’il se passe ?

Je tarde à répondre et il me serre un peu l’épaule pour m’encourager.

- Je crois qu’elle est avec quelqu’un.
- Ah.

Je vois bien qu’il n’a rien à répondre pour le coup alors je lui prends la télécommande des mains, monte le son et on finit par regarder une série pourrie ensemble.


{Trois Jours Plus Tard}

INT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE – JOUR

J’ai soulagé Johan de sa grippe en la récupérant et c’est à mon tour de devoir rester au lit. A travers la fièvre, je switche du sommeil au réveil. Je suis dans le gaz complet, mais au moins je sais que d’un côté, ça me repose mentalement.

A un moment donné, alors que je suis plus ou moins réveillée, j’entends la porte qui s’ouvre, Evelyne entre et s’assoie à mes côtés. Elle passe sa main sur mon front.

- Encore fiévreuse. Comment tu te sens ma belle ?
- Fiévreuse, je lui réponds en souriant.
- C’est bien, tu n’as pas perdu le sens de la répartie.
- Si seulement hein ?!
- Non, ne le perds jamais.

Elle prend ma main et m’attire à elle. Je n’ai plus de forces et elle me retient pendant qu’elle remonte mes oreillers et me replace en position assise. Puis elle prend un truc sur la table de nuit et me le présente. C’est un container en carton avec une paille.

- Tiens, bois ça, c’est une bonne soupe chaude.

Je prends le bol et apporte la paille à mes lèvres. Un violent frisson me fait presque renverser le liquide, mais Evelyne a le réflexe de le retenir. Je porte la paille à mes lèvres et goutte. C’est délicieux. Un velouté de carottes à la coriandre. J’adore ! Alors que le liquide descend le long de mon œsophage, une douce chaleur m’envahit temporairement et ça fait du bien.

- C’est malin de te coller à un fiévreux quand même.
- C’est pas grave.
- T’as vu l’état dans lequel tu es ?
- J’avais pas envie de travailler de toute façon.
- Y aurait peut-être eu d’autres façons d’avoir un jour de congé, non ?!

Je secoue la tête par la négative tout en buvant plus de soupe. Evelyne me regarde comme une mère regarde son enfant et la voir comme ça me réchauffe le cœur également.

INT. CHEZ EVELYNE : SALON  - SOIR

Johan et sa mère sont en train de manger lorsque je descends, tant bien que mal, sur mes jambes flageolantes.

- Qu’est-ce que tu fais ? S’exclame Evelyne
- Je viens manger avec vous.
- Retourne te coucher, je vais t’emmener de la soupe.
- Non, c’est bon, je suis là maintenant.

Je me soutiens au mur et prends une grande respiration avant de m’élancer vers la table. Oula, ça tourne… Je manque de m’asseoir à côté de la chaise et Johan me rattrape avant que j’atterrisse au sol.

- Sérieux, tu peux pas t’arrêter des fois ?!
- Pourquoi ?

Il secoue la tête en me souriant. Je frissonne et Evelyne attrape un châle sur le canapé et le pose sur mes épaules. Johan va à la cuisine et revient avec un bol de risotto.

- Tu penses pouvoir avaler ça ?
- Oui, ça a l’air trop bon pour être gaspillé.
- C’est bien, tu ne mourras pas de faim toi, ajoute Evelyne.

Je secoue la tête et commence à manger.

- Johan, commence Evelyne, est-ce que tu pourras demander à Gaspard de passer pour rapporter les cours et les devoirs pour Sam ?
- Bien sûr.
- T’inquiète pas Evelyne, c’est pas nécessaire.

Je rigole, mais ça ne doit pas se voir sur ma tronche de Voldemort car elle plisse les yeux.

- Sam, je sais que tu sais déjà ce que tu veux, mais le BAC, c’est important.
- Euh, je…
- Je suis sérieuse, Sam.

Je souris et elle n’a pas l’air de trouver ça drôle. Merde, elle doit penser que je me fous d’elle. Je lance un coup d’œil à Johan qui s’occupe de son assiette.

- Je rigolais, c’est tout. Je voulais pas être…

Mon téléphone sonne (ah tiens, je l’avais oublié dans le salon hier soir ?!) pour m’indiquer l’arrivée d’un message. Johan se lève, le récupère sur la table basse et me le tend. Je regarde et découvre un numéro que je ne connais pas. Je fronce les sourcils et ouvre le message : « Hey, un de tes amis m’a dit que t’es pas au top et il m’a donné ton numéro. Remets-toi vite qu’on se voit ! » Y a pas de nom, je ne sais pas qui c’est. Je dois avoir vraiment l’air confus car Johan et Evelyne me demandent en cœur si ça va.

- Euh, oui, ça va. J’ai juste reçu un texto de je ne sais pas qui, qui semble savoir que je suis malade, mais…
- C’est peut-être Elly ! S’exclame Johan.
- Quoi ?
- On l’a croisée au café après les cours. Elle nous a demandés comment t’allais et comme on lui a dit pourquoi t’étais pas là, elle nous a demandé ton numéro.
- Et vous lui avez donné ?
- Gaspard s’en est même empressé, grimace-t-il.
- Génial, je marmonne.

Je ferme le téléphone et retourne à mon assiette en silence. Je sens Evelyne qui me regarde incompréhensive et puis elle reporte son attention sur Johan qui hausse les épaules.

INT. CAFE – APRES-MIDI

Je suis de retour au boulot après ma première journée de lycée depuis la grippe. Je ne suis pas au top de ma forme, encore un peu pâle et dizzy, mais ça va mieux. Le café est normalement calme, je n’ai pas le temps de m’ennuyer et ce n’est pas non plus la foire.

Je me tourne quand Elly entre. Elle me sourit et s’approche de moi lorsqu’elle me voit. Elle va pour me faire la bise, mais je me recule brusquement. Elle semble peinée de ma réaction.

- Je suis sur la fin d’une grippe, je me dépêche d’ajouter, j’ai pas envie de te la refiler.
- Mais c’est plus contagieux sur la fin.
- J’ai dit la même chose à Johan et je viens de passer une semaine au lit.
- Ah, OK. Ça va sinon ?

On se dirige vers le comptoir pour que je la serve.

- Ouais, je m’en remets, je lui réponds. Tu veux la même chose que d’habitude ?

Elle hoche la tête et je commence à me mettre à la tâche.

- T’as jamais répondu à mes textos. Y a un souci ?
- Tes textos ?
- Je t’ai envoyé un ou deux sms la semaine dernière. Un de tes amis m’a donné ton numéro.
- Ah, oui, je me souviens… vaguement…

Elle me lance un coup d’œil confus. Je dois pas être convaincante du tout (encore une fois, je ne sais pas mentir), alors je m’empresse d’en rajouter une couche. Please, faites que je sonne sincère.

- J’étais trop à l’ouest avec la fièvre, je me souviens l’avoir lu mais j’ai zappé après.

Elle continue de m’observer quelques instants de plus puis elle semble accepter mon excuse. Elle me paye, prend son thé et s’en va.

- A plus, termine-t-elle.
- Yup.

Je n’ai jamais oublié de lui répondre, je ne savais juste pas quoi répondre. Pas que c’était compliqué, mais je ne me sentais pas. Et j’ai dû être méchamment distante ce soir parce qu’elle n’a pas insisté sur quoi que ce soit. J’espère que je pourrais mettre ça sur le compte de la fatigue… J’espère qu’elle ne m’en voudra pas de mon attitude bizarre… J’espère qu’elle ne voudra plus me voir… J’espère des choses et leurs contraires… Je ne sais pas ce que je veux. Je ne sais pas où j’en suis. J’en ai marre.

La grippe et maintenant le contre coup de tout ça qui me rend super fatiguée, je me sens déprimée. Perdue. Je pense à mes parents. Je leur en veux tellement pour ce qu’ils m’ont fait et… J’aimerais tellement qu’ils soient là… Je souhaite qu’ils n’aient jamais fait ce qu’ils ont fait. J’aimerais être encore chez eux, avec eux et ayant leur support et soutien.

Je me frotte le visage et réalise que je pleure, génial ! Je m’essuie les yeux d’un revers de manche en me tournant vers la fenêtre et je réalise qu’Elly me regarde à travers la vitre. Vie de Merde !

EXT. RUE – SOIR

Il fait froid et je me les gèle, mais je préfère rentrer en marchant. Quand j’allume mon mp3, la première chanson, c’est Perfect de Simple Plan. Tout pour en rajouter à ma bonne humeur du jour. D’un côté, ça me conforte. Je ne suis pas la seule à vivre des trucs qui font mal. On a tous quelque chose qui nous affecte. C’est juste plus ou moins grave ou plus ou moins important pour soi.
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 13:08

Chapitre 10 : Je tombe… Et puis…

EXT. PLAGE - JOUR

Ça fait maintenant bientôt trois semaines que j’ai été malade et deux semaines depuis que j’ai vu Elly pour la dernière fois. Je pourrais dire que tout est normal et que ça va en ce moment, mais ce serait un gros mensonge. Je me sens vide, j’arrive à rien. Et ce n’est pas parce que je me focalise sur Elly, même si le fait de ne pas la voir me fait comme un vide et que nos dernières rencontres étaient plutôt brèves et assez froides. Mais c’était ma faute de toute façon…

Je regarde l’étendue d’eau en face de moi. Le soleil brille, les mouettes se chamaillent, c’est beau et calme. Et je m’en veux parce que je n’arrive pas à remonter la pente, comme si j’étais tombée dans un gouffre et qu’il n’y a pas d’échappatoire. En tout cas, je ne l’ai pas trouvé, parce qu’il y a toujours une sortie. Je ne veux pas m’avouer vaincue. Je ne peux pas…

Je me lève et commence à remonter vers la promenade. Et mes pensées, pour me torturer, remontent le temps…

C’était il y a 7 ans, pour mon 11ème anniversaire. Mes parents m’avaient organisé une fête. Il y avait quelques camarades de classe que j’appréciais, il y avait Johan et Camille aussi. La journée était fun, il y avait de l’ambiance, de la musique, pas de parents à part ma mère pour superviser un peu et on s’était amusés. A la fin de la journée, une fois que tout le monde étaient partis, mes parents et moi avions pris notre repas et je me souviens ne mettre jamais arrêté de parler. Je disais que la fête était super et que tout le monde avait l’air content, que j’avais eu des cadeaux sympas et tout… Mes parents souriaient. Ils avaient l’air heureux de me voir si contente de leur fête. Et puis après le repas, on a mis un film, c’était Karate Kid, ils m’avaient acheté la cassette vidéo. Je me suis blottie dans les bras de mon père, ma mère s’est assise à côté de moi et on a regardé le film. Ensemble… Ce qui était rare mine de rien.

EXT. CHEZ EVELYNE – APRES-MIDI

Je réalise que je suis devant chez Evelyne et ça me sort de ma torpeur. Je m’approche de la maison et constate qu’il y a du monde à l’intérieur, car je vois du mouvement à travers la fenêtre. Je ne veux voir personne. Je ne veux rien faire. Je veux juste être seule. Je m’installe alors sur le banc devant l’entrée et je reste au soleil. Mes lunettes cachant mes yeux humides.

J’entends des coups frappés à la fenêtre. Je me tourne légèrement et vois Johan qui me sourit et me fait signe de rentrer. Je secoue la tête et lui tourne le dos. Quelques secondes plus tard, il sort et vient s’asseoir à mes côtés. Il passe un bras sur mes épaules.

- Ça va ?

Je ne peux pas répondre alors je regarde mes pieds. Je le sens soucieux. Il se tourne vers moi et m’enlève mes lunettes de soleil. L’inquiétude se lit instantanément sur son visage à la vue des larmes qui coulent le long de mes joues. Il me sert alors dans ses bras et je ne peux me retenir plus longtemps, j’éclate en sanglot. Je discerne à peine des voix derrière moi. Je m’en fous de toute façon. Je ne sais pas combien de temps on est restés comme ça. Moi, blottie contre lui, lui m’enserrant dans ses bras, voulant me protéger de la peine.

Finalement, on rentre à la maison.

INT. CHEZ EVELYNE : SALON - SUITE

Je découvre, avec stupéfaction, la scène. Gaspard et Manu sont là, j’aperçois Evelyne, quelques autres potes du lycée et à ma plus grande surprise, Elly. Pourquoi a-t-il fallu qu’elle soit là ? Je n’ai pas le temps de me plonger plus dans mes pensées qu’Evelyne s’avance vers moi, essuie mes larmes et me serre dans ses bras.

- Met la musique, dit-elle à Johan.

Elle passe un bras par dessus mes épaules et me guide à l’étage. La musique démarre.

INT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE – SUITE

Je suis assise sur mon lit, Evelyne à mes côtés.

- Ils n’ont même pas envoyés un sms…

Ma voix se casse légèrement alors je m’arrête de parler pour retenir les larmes.

- Ils ne te méritent pas ma belle.
- Qu’est-ce que j’ai fait pour qu’ils me haïssent autant ?
- Tu n’as rien fait. Rien du tout. Dis-toi bien que ce sont leurs propres démons. Tu n’y es pour rien.
- Je les déteste !

Je la regarde et vois qu’elle veut dire quelque chose, mais il n’y a pas grand chose à ajouter.

- Le pire c’est mon père. Parce que je sais qu’il n’est pas d’accord avec ma mère, mais il ferme sa gueule. Il est lâche…

Evelyne me caresse les cheveux puis m’embrasse sur la joue.

- Allez, rafraîchis toi un peu et redescends. Tes invités vont t’attendre.

Je n’ai pas envie, mais je ne peux pas dire non à Evelyne qui fait de son mieux pour me rendre la vie plus facile.

INT. SALON – PLUS TARD

Après être redescendue, j’ai posé un masque de moyenne humeur. J’ai fait la causette aux gens pendant un bon moment, puis j’ai pris une bière et je suis allée me rasseoir dehors pour respirer.

C’est là où je suis depuis une dizaine de minutes quand Elly me rejoint et s’installe sur le banc avec moi.

- Tout va bien ? Me demande-t-elle pleine de sincérité.
- On a fait mieux.

Je suis honnête. Je n’ai juste pas envie d’entrer dans les détails.

- Tu m’en veux d’être venue ?

Je me tourne vers elle et la regarde. Elle semble inquiète et nerveuse. Je lui fais alors un sourire en coin (probablement le plus honnête que j’ai fait depuis un moment) et pose ma main sur son bras.

- Non, je suis contente que tu sois là. Je ne suis juste pas la meilleure compagnie en ce moment… Et puis j’avais pas envie de fêter mes 18 ans.
- Et pourtant 18 ans, c’est important ! Conclut-elle en souriant.

Je hausse les épaules puis nous restons silencieuses quelques instants.

- Je ne savais pas que Johan était ton frère. Est-ce que… vous avez un père différent ?
- Johan n’est pas mon frère. C’est mon meilleur ami.
- Mais j’ai cru comprendre qu’Evelyne est sa mère.
- Elle l’est.
- Je ne…

Elle semble tellement perdue que ça en serait presque comique sauf qu’il faut que j’explique et ça, ça ne me fait pas plaisir.

- Je vis chez eux.
- Ah ?
- Ça fait deux ans. C’était la meilleure solution…

Je m’arrête quelques secondes. Dois-je en dire plus ? Je n’ai pas envie. Elle semble attendre, mais ne me presse pas, semblant sentir mon hésitation. Finalement je baisse les yeux et je n’ajoute rien. Elle accepte ce qui est. Un jour peut-être, j’arriverai à le dire à haute voix. Personne, à part Evelyne et Johan, ne sait ce qui en est vraiment. Quand tout est arrivé, qu’Evelyne m’a recueillie, on a changé mon adresse dans les papiers du lycée en faisant croire que mes parents avaient déménagé pour le boulot de mon père et que comme je voulais finir ma scolarité ici, ils avaient accepté de laisser Evelyne s’occuper de moi.

INT. ECOLE : BUREAU CPE – JOUR

Je suis dans le bureau de la CPE pour, je crois, recevoir un savon. Elle est sympa et elle m’aime bien parce que je ne suis pas du genre à créer des problèmes et je suis même sympa avec elle et tout, mais elle ne semble pas rigoler aujourd’hui. Je suis de l’autre côté du bureau et je la regarde me regarder.

- Sam, est-ce que tu as conscience de la chute de tes notes au cours du dernier mois ?

Je secoue la tête négativement.

- Tu sais qu’à ce rythme-là, ça ne va pas être bon pour ton BAC ça.

Je hoche la tête, mais je ne réponds pas. Elle a raison, je le sais. Mais les notes m’ont suivie dans ma « descente ». J’ai perdu le contrôle et remonter est difficile. Métaphoriquement, je n’ai trouvé que très peu de prises pour remonter le gouffre et la force me manque alors que l’épuisement me gagne.

- Sam !

Elle claque des doigts pour me ramener à la réalité.

- Qu’est-ce qui se passe ?
- Rien.

Je baisse les yeux pour éviter son regard compatissant sur moi.

- Sam ? Reprend-t-elle doucement. Est-ce qu’il y a quelque chose en ce moment qui t’empêche d’avancer ?

Je veux me défiler. Je veux partir en courant et je lance un regard vers la porte, mais je me retourne vers elle et je ne vois que de la douceur et de la sympathie dans son regard. J’ai envie de lui faire confiance. J’ai envie de tout lui raconter, mais… ça ne veut pas sortir. Pourtant, ce serait tellement bon de finalement tout raconter à quelqu’un d’autre. Mais qu’est-ce qu’elle peut faire de toute façon.

- C’est juste le stress.
- Vraiment ?

Elle n’est pas convaincue.

- Y a trop de trucs à penser. Avec l’arrivée du BAC, l’inscription pour la Gendarmerie, le boulot au café… J’ai  l’impression d’en avoir un peu trop sur le dos.
- Peut-être faudrait-il que tu démissionnes de ton emploi au café.
- Je sais pas, je…
- Sam, tu arrives à la fin de ta terminale. Il faut que tu étudies autant que tu peux pour passer tes examens.

Je ne réponds rien.

- Réfléchis-y au moins.

Je hoche la tête.

- Tu peux y aller.
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 13:13

Chapitre 11 : Je trouve les prises

INT. CHEZ EVELYNE : SALON – SOIR

Evelyne, Johan et moi mangeons notre repas.

- La CPE m’a appelée plus tôt dans la journée, commence Evelyne.

Johan et moi, nous tournons vers elle au même moment et on se lance un coup d’œil en attendant la suite.

- Et ? Demande Johan.
- Elle s’inquiète pour toi Sam. Elle pense que tu devrais te concentrer plus sur les examens qui approchent en ce moment.
- Oui, je sais, je murmure.
- Je veux dire par là que je suis d’accord avec elle et que tu devrais quitter ton job.
- Mais…
- Sam, ne t’inquiète pas pour l’argent.
- Evelyne…
- Tu veux savoir ce que j’ai fait avec tout ce que tu m’as donné depuis que tu bosses ?

Je la regarde, curieuse.

- J’ai ouvert un compte à ton nom et j’ai tout mis dessus.
- Pourquoi ?
- Parce que tu es très têtue et que je n’ai pas besoin de ton argent pour nous faire vivre mais que toi tu en auras besoin un jour.

Elle m’observe un instant.

- Quitte ton boulot et concentre toi sur tes études. Ils te restent juste quelques mois. Fais ce que tu as à faire pour ton avenir.

J’acquiesce et lui offre un léger sourire.

- Et montre nous ce sourire plus souvent. Ça nous manque.
- Grave ! Ajoute Johan.

INT. CAFE – APRES-MIDI

Je suis avec le manager pour poser ma démission. Il comprend et accepte en me souhaitant bonne chance pour les examens et en me disant qu’il espère me revoir quand même. Je lui dis que oui, car ce café est mon QG de toute façon.

Après je retourne avec Gaspard, il doit m’expliquer quelques trucs en maths avant que Johan et Manu arrivent et qu’on aille faire un basket. Pendant qu’il m’explique un truc sur des limites, je reçois un texto. Je regarde, c’est Elly : « Coucou, ça va ? Je me demandais juste comment tu vas puisqu’on ne s’est pas vu depuis ton anniversaire… xx A bientôt ». Je souris, je lui réponds rapidement que ça va mieux et reporte mon attention sur Gaspard qui me regarde avec intensité.

- Quelqu’un d’intéressant ?
- Juste quelqu’un.
- Hun Hun.

Il me fait une « danse des sourcils » et je lui donne un léger coup de poing dans l’épaule.

EXT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE– SOIR

Je suis en train d’essayer de réviser un cours de bio, mais mon cerveau est plein. Je pense pouvoir sentir la vapeur s’échapper de mes oreilles. Je mets donc ma « Feel Good Compil » et je m’allonge sur mon lit. Je me suis fait cette compilation de chansons qui me motivent, je l’écoute tous les jours depuis quelques temps et mon moral remonte petit à petit. Je trouve enfin les prises pour remonter. La dépression passagère est passée et moi, je me sens redevenir moi et ça fait du bien.

Mes pensées reviennent sur Elly. Ça fait maintenant près de cinq mois qu’on se connaît. Enfin, qu’on s’est rencontrées. J’ai l’impression de ne pas connaître grand chose sur elle de toute façon. La pensée qu’elle ait quelqu’un me fait un pincement au cœur, mais bon, je l’aime bien et j’aimerais qu’on soit au moins amies si je ne peux avoir plus. Peut-être qu’un jour… Bref, j’en ai marre de m’entendre alors je décide de lui passer un coup de fil, j’ai quelque chose à lui demander. La tonalité se fait entendre trois fois puis elle décroche.

- Salut, s’exclame-t-elle dans un sourire que je peux entendre (je me comprends).
- Hey, ça va ?
- Très bien. Et toi ?
- Oui. Je voulais te demander. Tu vas au festival de musique ce weekend ?
- Euh… Oui. Je... Oui.

Méchante hésitation !

- Je te dis pas ça pour me servir de toi comme bouche trou, je voulais te demander quand même de toute façon… Enfin. Johan et Gaspard devaient tous les deux venir avec moi, mais ils m’ont plantée et je voulais savoir si ça te tente d’y aller ensemble.

Elle met du temps à répondre. Un peu trop peut-être.

- Je veux bien. C’est juste que j’y vais avec des amis et… enfin, je sais pas si…
- Non, mais je demandais ça comme ça. Si tu veux pas y a pas de soucis.
- Je veux que tu viennes, mais est-ce que ça te gêne que mes potes et… Que mes potes soient là quoi ?

J’ai la nette impression qu’il y a un gros sous-entendu dans le mot « mes potes et… » à ce moment-là. Et puis ça a l’air de la mettre mal à l’aise. Pourquoi ça ? Je vais faire comme si de rien n’était pour le moment.

- Non, pas du tout, je suis partante.
- Cool, claironne-t-elle.

Elle semble contente de la tournure des choses. Moi aussi. Si c’est ce qu’il faut pour apprendre à la connaître et bien, c’est ce que c’est. Je vais essayer de couper les pensées perverses de mon esprit pour me concentrer sur de l’amitié. De toute façon, ça ne peut que m’être bénéfique en ce moment.

- On se retrouve là-bas vers 20:30 alors ?
- Impec, conclu-t-elle. Passe une bonne soirée.
- Merci, toi aussi.

Et on raccroche. Je me sens bien et enfin, pour la première fois depuis plusieurs semaines, je sens une douce chaleur m’envahir parce que les choses se mettent en place en ce moment.

INT. ECOLE : GYM – JOUR

Avec les gars, on fait un basket. Cette fois, je suis avec Manu et Johan et Gaspard sont ensemble. On est en train de se faire démonter… Pas cool du tout ! Et Manu ne m’aide pas. Il aime jouer, et même s’il s’est amélioré, c’est pas encore ça. Faut pas que je le critique de trop parce que je ne suis pas bien meilleure que lui de toute façon.

Après le jeu, on se pose sur les gradins. Je m’allonge de tout mon long. Je suis claquée, en sueur et j’essaye de retrouver ma respiration.

- Alors, t’as trouvé quelqu’un pour aller au festival demain ? me demande Gaspard.
- Ouais, lâcheur, j’ai trouvé des amis pour m’accompagner.
- T’as d’autres amis ? Demande Manu avec un sourire moqueur.
- Ta gueule !

Je lui lance mon plus mauvais coup d’œil, mais il voit bien que c’est que du faux.

- T’y vas avec qui alors ? Me demande Johan.
- Elly et des amis à elle.
- Woo Woo Woo ! S’exclame Gaspard.
- Attention les yeux, rajoute Manu. C’est qu’elle s’échauffe la petite.
- Sérieux les gars ?!

Gaspard s’approche, me redresse et me serre dans ses bras. C’est le hug le plus collant et dégueulasse de ma vie.

- On est contents pour toi.

EXT. FESTIVAL – SOIR

Avec Elly on s’est donné rendez-vous à l’entrée du festival pour pouvoir se retrouver facilement. Je suis arrivée un peu en avance au cas où. La musique est déjà forte et le monde commence à se bousculer.

Puis je la vois. Elle porte un haut noir avec une jupe rouge longue et légère qui vole derrière elle à chaque pas. Elle tient une autre fille par la main et je me fais un point d’honneur de passer outre ce détail. Je suis là pour m’amuser. Je la vois regarder autour d’elle et lorsqu’elle m’aperçoit, elle sourit et s’approche avec ses amis. Elle s'avance, me fait la bise et nous présente.

- Maddie, voilà Sam, dit-elle en me présentant sa copine.
- Enchantée, je dis.
- De même, ajoute Maddie.
- Voilà Aurore, Claire et Olivier.
- Salut, dis-je a tous et à personne en particulier.

Une fois les présentations faîtes, on entre dans le festival. L’ambiance commence à monte avec la musique, les gens crient, sautent, c’est d’enfer et ça défoule. Elly et Maddie sont légèrement devant moi, sur ma droite et je ne peux m’empêcher de les regarder. Maddie à son bras autour des épaules d’Elly et elles se balancent au même rythme. Claire me met à l’aise, m’attrapant la main d’un côté et celle d’Olivier de l’autre et se met à sauter, nous avec.

Lorsque je vois Elly et Maddie s’embrasser passionnément, je ne peux m’empêcher de détourner le regard et je remarque à ce moment le regard d’Aurore sur moi. Elle n’a pas l’air de m’aimer beaucoup elle. Je la regarde aussi et elle ne détourne pas son regard de suite, comme si elle cherche à m’intimider, puis elle reporte son attention devant nous.

La soirée continue et malgré des détails, je m’amuse énormément. Lorsqu’il est tant de rentrer, Maddie et Elly proposent de me ramener. Comme je suis à la limite de me coucher dans un buisson pour y dormir et rentrer demain matin, j’accepte.

INT. VOITURE – PLUS TARD

On est garé devant chez Evelyne. Elly et Maddie me regardent.

- Merci pour le ride. Et merci pour ce soir.
- Pas de problème, me dit Maddie. C’était un plaisir de te rencontrer.
- De même.

Je sors de la voiture et me penche à la porte du conducteur.

- Passez une bonne soirée, à bientôt.

Elles me saluent et partent. Elles ont l’air bien ensemble. Tant mieux pour elles. Je vais me coucher. J’en peux plus.

INT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE – MATIN

Quand je me réveille, il est environ 10:30. Bon, c’est samedi matin, je m’en fous un peu. Je réviserai dans l’après-midi. Je vais avoir un peu du mal, mais comme je n’ai pas bu hier soir, ça va quand même aller. Je prends mon téléphone et remarque un texto de Johan me demandant quand il peut venir me voir. Je lui réponds qu’il peut maintenant. Quelques secondes plus tard il entre dans ma chambre et vient se mettre sous la couette avec moi.

- Alors, comment c’était ? Me demande-t-il.
- Génial.

Il semblerait que mon manque de détails lui semble suspicieux, mais je viens juste de me réveiller, pour ma défense.

- Juste génial ?
- Non, c’était cool. La musique était d’enfer, l’ambiance était au top.
- Comment était Elly ?
- Bien.

Il plisse les yeux en attente.

- Avec sa copine.
- Oh non…
- C’est pas grave, ses potes étaient cools.
- Mais au moins tu sais qu’elle est de ton bord, dit-il en me faisant un clin d’œil.

C’est vrai, il a raison…  Smile

- Et toi alors, comment était ta soirée ?
- On est allée au ciné avec Flo mais elle n’arrêtait pas de texter, ça m’a gavé et je suis parti. J’ai joué à des jeux vidéo toute la nuit.
- Pas cool, dis-je en passant mon bras autour de sa taille et en l’embrassant sur la joue.
- Mais au moins je savais que je pourrais avoir un câlin au matin pour me faire consoler.
- Toujours.

On reste blottis l’un contre l’autre en silence pendant un moment.

- Au fait, commence-t-il, j’ai reçu les dates pour le concours.
- Ah ouais ?
- Ce sera début juillet.
- Au moins t’auras encore les restes du BAC. Je devrais bientôt recevoir la mienne pour la gendarmerie.
- C’est ce que je me suis dit. Il va quand même falloir qu’on revoit un peu notre culture générale et qu’on s’entraîne plus.
- Alors c’est ce qu’on fera, mais pas aujourd’hui.

Je conclus ça d’un énorme bâillement, Johan se retourne, je me serre contre lui et on se rendort.
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Okashi

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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 13:23

Chapitre 12 : Disons que les études avancent au moins…

Pendant quelques mois, c’est de la révision et l’entraînement si on n’est pas en cours. Pas de vie sociale ou presque. Boxe avec Johan, basket avec Manu et Gaspard et révisions, avec Gaspard principalement puisqu’on est dans la même classe. Je vois à peine Elly. On s’est croisé quelques fois par hasard au café et quelques fois, on a attrapé un bout à manger ensemble. Parfois juste toutes les deux, parfois avec sa copine et/ou Johan.

EXT. PROMENADE : BORD DE MER – MATIN

Avec Johan, on fait notre jogging comme tous les samedis matin. Alors qu’on continue de courir, je crois apercevoir Elly et Maddie près de la rambarde qui donne sur la plage. Elly est appuyée dessus et regarde l’océan, Maddie est derrière elle et à ses mains appuyées sur la rambarde de chaque côté d’Elly. Je trébuche légèrement en perdant ma concentration, mais je me reprends rapidement. Johan me lance un coup d’œil, mais je secoue la tête du genre, « c’est rien ». Alors qu’on se rapproche, il les voit aussi et me lance un petit sourire désolé. Je hausse les épaules et continue. J’espérais vraiment passer à côté d’elles en faisant mine de rien pour deux raisons : 1. On est en train de courir, je n’aime pas m’arrêter. 2. Même si je sais qu’on est juste amies, j’ai l’impression de remuer le couteau dans la plaie à chaque fois que je les vois ensemble. J’ai beau dire à ma tête d’arrêter de penser à elle et à mon cœur de se calmer quand je la vois, ils ne m’écoutent pas alors je me punis moi-même en acceptant de la voir. Mais je préfère ça à ne pas la voir du tout parce que… Fuck, elle me manque quand je ne la vois pas. C’est quoi ces sentiments bizarres qui me parcourent ? Bref, Maddie tourne la tête quand on passe et…

- Hey vous, ça va ? Demande-t-elle.

On s’arrête, mais on trottine sur place. Pas question de se refroidir.

- Génial et vous ? Renchérie Johan.
- Oui, très bien.

Ni Elly, ni moi ne parlons. Nous nous regardons seulement. Heureusement, comme on trottine sur place, ça donne l’impression (c’est plus qu’une impression dans mon cas) qu’on ne veut/peut pas s’arrêter.

- Vous avez l’air à fond, allez y, termine Maddie.
- Passez une bonne journée. A plus, conclu Johan.

Et on repart. Elly me lance un dernier coup d’œil et je lui fais un timide signe de la main.

EXT. CHEZ EVELYNE : JARDIN – PLUS TARD

Après notre jogging, Johan et moi faisons des étirements, des abdos, des pompes et ensuite, on passe à la boxe.

- T’étais particulièrement silencieuse tout à l’heure.
- Ouais. J’étais concentrée sur ma course.

Il lève un sourcil pas convaincu et je décide d’ignorer son insinuation en lui donnant un coup. On reprend notre combat.

- Est-ce que tu l’aimes ? Me demande-t-il.

Je n’ai pas d’autre choix que de m’arrêter après cette question parce que mon corps ne me répond plus. Est-ce que je l’aime ? Oh, non… Je crois que oui. Je ne me le suis juste jamais dit comme ça. La réalisation est brutale. Je suis amoureuse d’une fille qui n’a jamais vraiment montré d’intérêt pour moi et qui en plus est casée… Quelle poisse. Finalement, je sors de ma torpeur et je hoche la tête. Johan ne sait pas quoi me répondre parce qu’il sait très bien que ce n’est pas gagné. Alors on continue de se battre en silence.

INT. SALON – APRES-MIDI

Je suis installée à table et je suis en train de réviser des cours d’anglais. Heureusement que là je maitrise grave parce qu’après il faut que je passe aux maths et là… Et bien je vais galérer. J’en aurais presque envie de me pendre avec une corde à sauter. Merci Florence Foresti pour cette grande idée !

Alors que je suis devant un cours sur (j’aimerais déjà comprendre son titre) les Fonctions exponentielles, mon esprit « wanders » et je me retrouve à penser à Elly. Je me souviens quand un jour elle m’expliquait qu’elle étudiait en fac de lettres, qu’elle commençait en licence d’histoire et philosophie. Et qu’elle voulait ensuite passer un master en philo et psychologie et souhaiterait être prof ou instit’ plus tard. Elle avait l’air tellement passionné par ce qu’elle me racontait qu’elle avait réussi à captiver toute mon attention en parlant de philosophie. Si c’était elle ma prof, je suis sure que je suivrais les cours… Et si je suis les cours en suivant juste son corps qui se déplace devant le tableau, ça compte ?

CLAP ! WTF ? Je lève la tête et vois Evelyne à côté de moi qui me regarde.

- Quoi ?
- T’es pas concentrée.
- C’est des maths, j’y comprends que dalle.
- Fais un effort.
- Je peux faire des efforts dans beaucoup de trucs mais là, je sais pas… Tu me réponds quoi si je te dis : La fonction ln est une bijection de sur R. Si x est dans , il existe donc un unique y de R tel que ln y =x. Par définition, le nombre y s'appelle exponentielle de x, et se note exp x ?
- …
- Exactement ! C’est du chinois écrit avec des lettres. Y’a même plus de chiffres.

Evelyne rigole un peu et me frotte le dos. Dans un grognement, je laisse tomber ma tête sur mes livres. C’est désespérant. Heureusement que j’ai quand même de la facilité dans presque tout le reste.

Je reçois un sms et regarde de qui ça vient. Elly. Evidemment, pas moyen de faire quoi que ce soit ce soir, elle est omniprésente que ce soit dans mon imagination ou en réalité. Arghh… « Hello toi, ça va bien les révisions ? Je sais que t’es à fond là-dedans en ce moment, mais… ça te tente qu’on essaye de ce voir un peu un de ces jours ? ». Si ça me tente ? Oui ! Non ! Ça dépend ! « Oui, bien sûr. Quand ? ». La réponse ne se fait pas attendre. « Tu fais quelque chose demain ? C’est dimanche alors… ». « Ok pour demain. Lunch ? ». « Lunch ! 11h00 au café et on verra pour la suite ?! ». « Impec ». Et juste comme ça, j’ai eu un « rendez-vous » avec Elly. Un rendez-vous ! Nan, mais faut que j’arrête de me faire des films, je me fais du mal pour rien !

EXT. CAFE – 10:55

Je suis un peu en avance (5 min) pour retrouver Elly, mais en fait, elle est déjà là. Quand elle me voit, elle se lève du banc qui est devant la vitre et s’approche de moi avec grâce (même en portant un simple jean et un haut basique, elle est à tomber), pour ensuite me faire la bise.

- Ça va ?
- Nickel, et toi ? Me demande-t-elle.
- Ouais, j’ai la tête comme une baudruche mais ça va.
- Justement, on peut peut-être percer la baudruche pour faire tomber la pression aujourd’hui.
- Je sais pas si je peux encore être normale…
- Un héros est une personne ordinaire qui trouve la force de supporter et de persévérer en dépit d'obstacles écrasants.
- Quoi ?
- Je pensais juste au stress et…
- T’es sure que ça va ? Je la taquine. C’était quoi ça ?
- J’aime les citations.

Elle me pousse gentiment en rigolant.

- Alors on va où ?
- Chez Coco, ça te va ? Je réponds.
- Connais pas.
- Les meilleures pizzas de la ville, tu ne connais pas ?!
- Nope.
- On va remédier à ça.

Machinalement, je lui attrape la main et la tire pour se mettre en route. Je réalise bien vite mon geste et un peu gênée, je la lâche.

- Comment va Maddie ?

Mais pourquoi j’ai posé une question sur sa copine ? Mon cerveau, tu débloques grave. Non seulement, tu ne peux pas te la sortir de la tête, mais en plus tu creuses ta tombe. Bravo !

- Ça va. Elle passe le weekend avec sa famille.
- Ils sont en ville ?
- Non, elle a emménagé ici pour l’université. Ils sont à Toulouse.
- Ok.

On arrive à la pizzeria et j’ouvre la porte pour la laisser entrer. Il n’y a pas grand monde dans la salle, il est encore tôt pour un dimanche, et lorsque Coco me voit, elle ne peut pas s’empêcher de crier mon prénom haut et fort. Je m’approche du comptoir et la serre dans mes bras malgré la farine qu’elle a partout.

- Ça fait un bout que je t’avais pas vue ! S’exclame-t-elle.
- Je suis noyée dans une masse de révisions.
- C’est ça d’être jeune ! Me taquine-t-elle.

Elle lance un coup d’œil à Elly.

- Nouvelle copine ?

Je pique un fard et lance un furtif coup d’œil à Elly et je remarque qu’elle n’est pas mieux.

- Non… (je regarde Elly qui ne dit rien), juste amies.
- Dommage, en rajoute Coco.

Elle tend sa main farineuse à Elly qui la serre sans hésitation.

- Coco.
- Elly, enchantée.
- Allez-vous asseoir, j’arrive.

On y va. Coco revient, on commande nos boissons et nos pizzas.

- Vous avez l’air proche, commence Elly.
- C’est une amie de la fa… longue date. C’était ma voisine en grandissant. Je l’aidais quand j’étais un peu plus jeune pour me faire deux trois sous et manger des pizzas gratos.

Je lui fais un clin d’œil et elle rigole.

On passe un bon moment à discuter et rigoler, et même… On a partagé nos pizzas. Oh boy ! Héhé…

EXT. PLAGE – PLUS TARD

Bien pleines, on a décidé de se promener sur la plage. On se rapproche de l’eau pour marcher sur le sable humide. Ça fait du bien. Ça relaxe, ça repose, ça me rebooste… ^^

Elly se rapproche de plus en plus de l’eau et je la regarde. Elle a remonté son jean jusqu’en haut des mollets comme si elle allait à la pêche aux moules et sur elle et bien, c’est sexy ! Je ne peux pas détacher mes yeux d’elle. Elle sautille dès qu’une vague arrive, c’est trop mignon. Sans me regarder, je l’entends m’appeler. Mon cerveau se remet en marche, je lâche mes chaussures et m’approche d’elle en courant. En arrivant, je ne peux résister, je l’attrape, la soulève et m’approche de l’eau. Elle crie et s’accroche à moi. Je voulais pas vraiment l’y mettre alors je la repose quelques secondes plus tard en riant. Elle rit aussi et encore une fois, je suis frappée par son rire. Mais ce qui me frappe le plus, c’est la proximité qu’on a à cet instant. Elle est collée à moi, tellement près que je peux voir les détails de ses yeux intenses qui me regardent. Je peux voir ses fossettes alors qu’un léger sourire est encore sur son visage, je peux presque toucher ses lèvres avec les miennes… Non ! Off-limit. Elle est avec quelqu’un. Je ne peux pas faire ça. Je me recule bien vite, heureuse d’avoir pu m’approcher si près, déçue de devoir revenir à la réalité. Je me racle la gorge et me frotte un bras, mal à l’aise.

- Pardon, je marmonne.

Je retourne chercher mes chaussures et on continue d’avancer. Je reste à une distance sure et j’évite de la regarder. Quelle conne ! C’est déjà pas évident pour moi d’être amie avec elle, mais si je lui fais peur, elle ne voudra peut-être même plus que je m’approche d’elle. Je suis trop conne ! Merde, putain ! Je sens une main sur mon épaule. Je lève les yeux, c’est elle. Elle n’a pas l’air en colère ou quoi. Elle me sourit même.

- C’est bon, t’inquiète pas, me dit-elle.

Je ne fais pas confiance à ma voix, je me contente d’un hochement de tête.

INT. VOITURE – PLUS TARD

Elly m’a ramenée en voiture. On est devant chez Evelyne. Je pose ma main sur la poignée et m’apprête à ouvrir la porte quand je sens sa main sur mon épaule. Je me retourne et elle m’embrasse, délicatement et longuement (Est-ce possible que le temps se soit arrêté ??)… sur la joue. Elle me sourit ensuite, d’un sourire confiant.

- J’ai passé une bonne journée, conclut-elle.
- Moi aussi.

Et je sors. Je me retourne et lui fais un sourire léger et un signe de main après avoir fermé la portière.
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Okashi

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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 13:25

Chapitre 13 : C’est les vacances…

Après quelques mois de tourmente, on a passé le BAC et… j’ai réussi ! Johan et moi avons passé nos concours respectifs pour l’armée et la Gendarmerie… on attend la réponse. Maintenant, là de suite, c’est mi-juillet et que j’ai réussi ou non le concours, c’est les VACANCES !!! Et pour la première fois depuis presque trois ans, je vais prendre des vacances SANS avoir un job.

Je vais profiter, sortir, faire du sport et voir mes potes avant la reprise. Surtout que Gaspard par aux Etats-Unis fin Août car avec ses notes de fou et son talent au basket, il a été accepté dans une université là-bas et que Manu part à Paris pour ses études d’ingénieur du son. Je suis bien contente que tout marche bien pour eux en tout cas.

Pour ce qui est de voir Elly, je la vois régulièrement ! Elle et Maddie sont en plein break et elle est triste, je peux le voir même si elle essaye de le cacher quand on traîne ensemble, probablement pour ne pas descendre l’ambiance.

EXT. CHEZ EVELYNE : JARDIN– JOUR

Johan et moi sommes en train de boxer lorsqu’Elly se gare dans la rue. Elle sort de sa voiture… Elle va me tuer. Elle porte un mini short moulant et un t-shirt noir avec le logo prisme des Pink Floyd. Comme je m’arrête de combattre au moment où je l’aperçois, Johan (sans le vouloir pour sa défense) me donne un bon coup de poing dans la face ! Outch, heureusement qu’il a les gants parce que même avec, ça secoue !

Ils sont tous les deux sur moi dans la seconde qui suit.

- C’est bon, je vais survivre.
- S’cuse moi !
- C’est pas grave, Jo. C’est pas comme si ça ne m’était jamais arrivé avant.
- Tu veux de la glace ou quelque chose ? Demande Elly.
- Nan, ça fera casse cou, j’aurai peut-être plus de succès auprès des femmes.

Johan ricane et me pousse doucement. Elly arbore un air blasé.

- Ça va, je rigole, lui dis-je.

J’enlève mes gants et lui tends. Elle les prend, intriguée...

- Vas y, à ton tour !

Elle ouvre des yeux tellement grands, j’ai peur qu’ils lui sautent hors de la tête.

- Non merci !
- Allez quoi, juste pour le fun.
- Non.
- T’as peur ?!

Et là, elle me regarde, d’un regard noir, mais relevant le challenge. Elle pose les gants et me tend les mains pour que je lui donne les bandes.

- Je te les mets !

Et délicatement, je lui pose les bandes. J’y vais doucement, en profitant (sans trop le montrer) pour effleurer la peau douce de ses poignets. La chair de poule se forme après mon passage et je souris. Et pas juste intérieurement, mais vu la situation, ça passe facile, elle peut croire que je suis satisfaite d’avoir pu faire ce que je voulais d’elle. Une fois les bandes posées, je lui enfile les gants.

- Prête ? Je lui demande.
- Non.
- T’inquiète, Johan va y aller mollo. Positionne-toi comme ça, lui dis-je en lui montrant.

Comme elle galère un brin au niveau coordination, je me place derrière elle pour la mettre en position. J’ai les mains sur ses hanches et lui montre les mouvements du bassin qu’il faut qu’elle fasse. J’aimerais qu’elle en fasse d’autres de mouvements du bassin ! Ta gueule cerveau ! Pas le moment... On lui montre quelques trucs et puis elle ne se débrouille pas trop mal. Johan y va doucement, mais je vois bien que ce n’est pas son truc quand même.

INT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE – PLUS TARD

Alors que je sors de la douche et retourne dans ma chambre enroulée dans juste une serviette, je trouve Elly allongée sur mon lit en train de lire un magazine de la Gendarmerie. Ça pourrait presque être normal si je n’étais pas aussi tendue à ce moment-là. Elle discutait avec Johan en bas quand je suis montée prendre ma douche et je ne m’attendais pas à la retrouver là. Quand elle me voit/ m’entend arriver, elle pose le magazine et me regarde un instant. Je crois que je rougis et alors elle me montre le magazine et demande :

- Des nouvelles ?
- Pas encore. Bientôt, j’espère.

Je me tourne vers ma commode pour prendre des sous-vêtements et là, je réalise la situation, je ne peux pas me changer devant elle. J’attrape vite quelques fringues et je me dirige vers la salle de bain à nouveau. Quand je reviens, elle est allongée sur le ventre et regarde dans ma direction.

- Tu pouvais te changer là, ça ne me dérangeait pas.

Euh, excuse me ?! Je hausse les épaules, les joues un peu rosées, et je vais m’asseoir à côté d’elle. Elle m’observe et prend mon menton dans sa main pour me tourner la tête vers elle.

- Tu commences à avoir un bleu, dit-elle en glissant un doigt à l’endroit désigné.

J’ai des frissons, la chair de poule, le cœur qui bat à cent à l’heure, les mains moites et la bouche sèche. Tous les symptômes que je ne souhaite pas avoir en sa présence parce que je ne peux rien faire. Je veux détourner la tête, mais mes muscles ne m’obéissent pas. Je veux dire quelque chose pour alléger l’ambiance qui vient de s’installer, mais je n’ai pas de mots en tête. Elle ne parle plus, ne sourit plus et ses yeux sont brillants et passent des miens à mes lèvres. Vas-y, embrasse-moi ! S’il-te-plait ne me fait pas une fausse joie ! Fais tout ce que tu veux de moi ! Ne me brise pas le cœur en retournant avec Maddie… Elle se rapproche, je me rapproche, on est tellement proche maintenant que je peux sentir son souffle contre mes lèvres. Mes yeux se ferment et… Des pas dans les escaliers…

- Sam, t’as fini avec cette douche ? Crie Johan.

Retour à la réalité. On se recule. Elle baisse les yeux. Je bafouille une réponse à Johan. Je cherche son regard, mais elle m’évite. Elle regrette. Elle ne veut pas. Je la veux. Ses lèvres, sa peau, elle ! Ne tenant plus, je me lève pour aller « ranger » un peu mon bureau. Après quelques instants un peu gênants (c’est le moins qu’on puisse dire), je mets un peu de musique et me rassieds à côté d’elle sur le lit.

- C’est qui ?
- De quoi ?
- La musique ?
- Tegan and Sara.
- Connais pas.
- Pardon ?

Elle secoue la tête complètement inconsciente de ce qu’elle vient de me dire. Alors là, je me lève et attrape tous - je dis bien TOUS – les albums du groupe. Et je lui tends.

- Je te prête ça, tu écoutes et m’en redis des nouvelles.

Elle sourit et les prend.

- OK. Et Tegan and Sara c’est pour quoi ?
- C’est leurs prénoms, elles sont jumelles, de Calgary. Elles déchirent !

On écoute les paroles pendant un moment. Je profite de sa présence et de sa proximité sans parler…

- Tu n’as pas peur de rentrer dans la Gendarmerie ?

Il me faut une seconde pour analyser la question pour donner une réponse du genre :

- Non.

Oui, je suis pleine de surprises…

- C’est costaud  quand même.
- Non, enfin oui, mais bon… C’est… Je sais pas, c’est ça quoi.
- Bonne réponse.
- Je sais, je suis une pro !

Elle rit…

EXT. DEVANT LE CINEMA – SOIR

Ce soir-là, au milieu de l’été, on n'avait rien à faire et comme Johan et moi étions un peu d’humeur à sortir de la maison, on a décidé d’aller au cinéma. On a appelé Gaspard et Manu qui se sont empressés de venir nous rejoindre et Johan m’a poussé à appeler Elly. Et donc on est tous les cinq devant le cinéma à regarder les six affiches des films présentés et il n’y en a pas UN qu’on a envie de voir tous ensemble.

EXT. PLAGE - SOIR

On se retrouve donc sur la plage, dans un coin reculé de la promenade pour ne pas se faire virer, à partager quelques bières.

Bien plus tard, alors qu’il fait nuit (la seule lumière qui nous éclaire, c’est la pleine lune) et que les gars sont en pleine conversation sur je ne sais quoi, qui ne m’intéresse pas du tout (I zoned out a while back already), je décide de me lever et je vais vers l’eau en titubant un peu. Je suis, je dois bien admettre, un peu bourrée. Ça tourne un peu et si je prends juste une autre bière, je vais passer de « un peu pompette » à « complètement déchirée ». Je regarde l’horizon, la lune qui reflète sur l’eau. C’est beau. Elly arrive et s’arrête à côté de moi. Alors là me vient une idée géniale de quelqu’un de bourrée… Je vire mes fringues.

- Tu fais quoi ? Demande Elly.
- Je vais prendre un bain de minuit.
- Comme ça ?
- Ouais.

Je ne suis pas totalement déchirée, je garde mes sous-vêtements. Une fois prête, je regarde Elly et lui flash un sourire beurré et je cours dans l’eau. C’est froid, j’ai comme l’impression de décuver d’un coup, mais ça fait du bien. Une fois immergée, je me mets sur le dos et me laisse flotter.

- Viens, elle est bonne.

Je l’entends qui se déshabille et quelques secondes plus tard, elle est dans l’eau à côté de moi. Elle m’asperge d’eau, je me redresse et la pousse en rigolant. On lutte un peu. On est collé l’une à l’autre, encore une fois, c’est trop bon, je ne m’en lasserai jamais mais, en même temps, je ne l’aurai peut-être jamais…
On nage un peu et on s’éloigne du bord. Pas trop non plus, mais juste assez pour avoir la sensation de calme que l’océan apporte tout en gardant pied. Elly se laisse flotter à son tour.

- C’est magnifique, chuchote-t-elle.

Je m’approche d’elle et prends sa main. Elle se redresse, me regarde et je sens son pouce caresser ma main. Elle se rapproche… Encore… Toujours plus près. Je ne peux plus détacher mon regard de ses lèvres. Je les veux. Je veux les sentir sur les miennes. L’alcool m’aide. Je m’avance à mon tour. Je la regarde dans les yeux maintenant. Elle semble nerveuse mais décidée… Je pose mes lèvres sur les siennes, doucement, et elle répond à mon baiser. Ses lèvres sont douces, chaudes. Ses mains sont maintenant dans mon dos et elle me serre contre elle. Je passe mes bras derrière sa nuque. Je ne peux plus m’arrêter. Je sens sa langue chercher un passage vers la mienne alors je la laisse faire et notre baiser s’approfondit. Quand on se sépare, à bout de souffle, on ne parle pas. Mais on se regarde. Je ne peux empêcher mon plus grand sourire de s’afficher sur mon visage. Elle arbore un petit sourire aussi, mais je détecte un autre sentiment derrière, que je n’arrive pas à identifier.

- Enfin ! Hurle Gaspard.
- Youhou Sam, ça fait des mois qu’on attendait ça ! Ajoute Manu.
- On est en première ligne en plus, renchérie Johan.

L’audience ne me gênerait pas si je savais à quoi m’en tenir pour la suite, mais Elly vient de s’extraire de mon emprise et retourne vers la plage. Alors voilà, avoir à dealer avec ses propres sentiments solo, c’est pas facile, mais alors quand y a tes potes qui ont une idée de ce qui se passe et qu’ils te regardent avec pitié, c’est moins cool.

Je me dirige vers la plage à mon tour. On attrape nos fringues, mais comme nos sous-vêtements sont trempés, on se les gèle et on commence à trembler. Johan me prête sa veste et Manu prête la sienne à Elly. On se rassied sur les rochers et je prends une autre bière. Elly reste en retrait, mais prend la bière que je lui tends puis elle s’installe à l’opposé de moi, à côté de Gaspard. Ma gorge se sert et j’ai les larmes aux yeux. Ce qui est bien, c’est que dans la nuit et avec les cheveux mouillés, je peux toujours faire croire que c’est juste de l’eau si on me demande. Mais finalement, personne n’a remarqué mon état. On a tous un peu d’alcool dans le sang et on ne fait plus vraiment attention aux uns et aux autres. Je reste silencieuse le reste de la soirée, mais je continue à boire…
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Okashi

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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 13:38

Chapitre 14 : Yoyo… Qui remonte vers le haut

INT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE - MIDI

La première chose qui me vient à l’esprit, c’est EAU. Juste de l’eau. Je me retourne et attrape ma bouteille sur ma table de chevet. Elle est vide, j’ai bu un litre et demi d’eau dans la nuit ?! Je pousse un grognement et me renfonce dans mon oreiller, mais ma gorge pleine de « sable » et de résidu d’alcool me pousse à me lever.

INT. CHEZ EVELYNE : CUISINE – SUITE

J’arrive dans la cuisine, je me serre un pichet d’eau (un verre n’est plus assez à ce point là) et m’affale sur une chaise. J’ai une gueule de bois de fou. En fait, je réalise que je n’ai aucun souvenir de comment je suis rentrée. La dernière chose dont je me souviens clairement (et encore que…) c’est Elly et moi qui nous nous embrassions et les gars qui nous applaudissaient. Ce souvenir me laisse un goût amer… Et il n’y a pas que le souvenir qui cause ça en ce moment.

Je réalise que la maison est particulièrement silencieuse. Evelyne doit être au travail, mais où est Johan ? Même quand il fait la fête, il ne se lève pas si tard. Je me lève, emmène mon pichet avec moi, et je vais dehors.

EXT. CHEZ EVELYNE : JARDIN – SUITE

Johan est couché dans l’herbe, en train de prendre le soleil. Ce con à l’air frais comme … J’ai rien en tête. Il a juste l’air super bien. Ça m’énerve qu’il ne craigne pas l’alcool. En même temps, il n’est probablement pas allé aussi loin que moi hier soir. Le connaissant, il a vite remarqué mon état d’esprit et n’a pas continué à boire pour me laisser cette chance. Je ne sais pas ce que je ferais sans lui… Smile

- Ça va ? Je lui demande.
- Moi oui, mais toi ?

Je pousse un grognement et m’assieds à côté de lui.

- Qu’est-ce qui s’est passé hier soir ?
- Je sais pas.
- Allez, te fous pas de moi.

Je hausse les épaules.

- Sam, sérieux ?!
- Je crois qu’elle s’est laissée aller sur le moment, l’alcool aidant, mais elle ne veut pas…

Il pose sa main sur mon genou en signe de réconfort. Je lui fais un sourire (un peu faible et faux) pour essayer de le rassurer, je bois un grand coup d’eau et je m’allonge aussi.

Tillit Tillit… Un message. Je prends mon téléphone et regarde. Elly : « On peut se retrouver au café dans l’après-midi ? » Pfouu… Elle me fait tourner en bourrique. C’est bien une fille. Et moi aussi d’ailleurs : « OK. Vers 15h00 ? ». « OK ».

INT. CAFE – APRES-MIDI

J’arrive au café un peu en avance et en entrant je vois que c’est Sophie qui est en charge aujourd’hui. C’est cool…

- Hello So, ça va ?
- Pas trop mal et toi ? Les vacances ?
- Ça se passe. Tu me sers un citron/eau chaude s’il te plaît.

Elle me regarde avec un sourire moqueur et je vais m’asseoir sur le tabouret derrière le bar.

- Quoi ? Je demande.
- Je vois que les vacances se passent même très bien.
- Pourquoi ?
- Citron/Eau chaude ? Tu t’es pris une mine hier soir toi, non ?!
- Hun Hun.

Je hoche la tête en souriant. Mais mon estomac ne semble pas voir le côté amusant de la chose. Sophie voit mon changement de tête et s’empresse de me faire mon jus.

- Sinon, comment ça va ? Me demande-t-elle.
- Je profite un peu. Beaucoup de sport en fait.
- C’est ça profiter pour toi ?
- On n’a pas toutes les mêmes capacités de patience pour rester à griller au soleil à rien faire.

Elle me fait un clin d’œil et se tourne vers un nouveau client quand je vois Elly arriver devant le café. Elle s’assied sur le banc qui est devant la vitre et sort son téléphone. Je prends une seconde avec de me diriger vers la sortie.

- Bye So, à plus.
- Ciao, profite de tes vacances.

A mi-chemin vers la sortie, je vois Maddie qui arrive. Elle s’arrête à côté d’Elly qui la voit et se lève. Maddie la serre dans ses bras et l’embrasse sur la joue et Elly la laisse faire et ne la repousse pas. Une boule dans ma gorge apparaît et les larmes montent. L’alcool encore présent dans mon système et la fatigue aidant, je ne peux pas les refouler. Je ne sais pas ce qu’elles se disent, mais à cet instant, je réalise que je ne peux plus me faire souffrir comme ça.

EXT. CAFE - SUITE

Je sors en trombe du café et me dirige à l’opposé d’elles.

- SAM !

C’est Elly. Je jette mon gobelet en papier dans une poubelle et accélère le pas.

- Sam, attend !

Je tourne au coin de la rue et quelques mètres plus loin, je n’arrive plus à me contrôler. Je m’appuie contre le mur pour me soutenir et éclate en sanglots. Un instant plus tard, je sens une main sur mon épaule et relève la tête. Elly. Elle semble concernée et inquiète.

- Hey, ça va…
- Je peux plus continuer comme ça.

Elle ne dit rien et ne semble pas comprendre. Alors à travers mes sanglots, j’arrive à peu près à exprimer mes pensées :

- J’en ai marre de… de me faire du mal alors si tu voulais me voir aujourd’hui pour… me dire qu’on doit juste être amies, c’est pas la peine. Je préfère ne plus te…

Je suis arrêtée par ses lèvres sur les miennes. Elle me pousse contre le mur, pose ses mains de chaque côté de mes épaules et continue de m’embrasser. Une fois le gros du choc passé, je passe mes bras autour de sa taille, l’attire à moi et réponds vivement à sa demande. Elle finit par se reculer, à bout de souffle, et me sourit.

- J’étais venue pour te dire ça.

Je pleure encore, mais ce sont des larmes de joie qui commencent à remplacer les autres. Elle passe ses mains sur mes joues et essuie mes larmes de ses pouces avant de m’embrasser à nouveau, mais doucement cette fois. Ses lèvres glissent sur les miennes, sa langue les effleure, je sens des frissons remonter tout le long de ma colonne vertébrale. J’en veux plus, mais la raison reprend les devants.

- Et Maddie ?
- Je ne sais pas ce qu’elle faisait là. C’était un hasard.
- Il n’y a pas de hasard.
- Alors c’est parce qu’il faut que j’aille lui confirmer qu’elle et moi c’est fini.

Je ne peux retenir un sourire et elle me sourit aussi.

- Alors vas-y, vas lui dire.
- Tu viens avec moi ?
- Non, je vais rentrer. Je vous laisse discuter, mais tu peux venir après si tu veux.

Elle s’approche de moi et je franchis la distance entre nos bouches pour m’emparer de ses lèvres une fois de plus.

- Ça fait des mois que je rêve de t’embrasser comme ça, j’annonce.
- Je te laisserai le faire tant que tu veux tout à l’heure.

Elle me fait un bisou sur la joue et retourne sur ses pas pour aller parler à Maddie. Et je pars dans l’autre direction en arborant un énorme sourire. Je suis heureuse, Elly veut être avec moi !

EXT. CHEZ EVELYNE : JARDIN – PLUS TARD

Le retour m’a complètement vidée. Je suis contente, mais avec la gueule de bois, je n’ai plus d’énergie. Je suis donc affalée de tout mon long dans l’herbe, les yeux fermés et proche d’un coma quand Elly arrive.

- Ça va ? Me demande-t-elle.
- Oui ! Et non…

J’ouvre un peu les yeux pour la regarder… Elle est canon !  Elle s’allonge à côté de moi, sur le ventre.

- Vive l’alcool.
- M’en parle pas, ça fait mal.
- T’es sure que rester en plein cagnard comme ça c’est bon ?
- Je tire mon énergie du soleil.

Elle passe sa main sur mon bras nu.

- Jusqu’à quel point ? Parce que tu commences à virer rouge.

Je lève la tête pour regarder mon bras. Ouais, ça commence à ne plus être très beau là. Je m’assieds et la regarde. Elle se mord la lèvre inférieure en me regardant aussi. Inconsciemment, on s’avance au même moment et quand nos lèvres se touchent, je ressens une délicieuse décharge électrique dans tout le corps.  Je passe ma main derrière sa nuque pour faire pression sur ses lèvres… Elle goûte tellement bon !

- On monte ?, me demande-t-elle.
- Ok.

INT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE – SUITE

J’aurais pensé que mon état irait en s’améliorant dans la journée, mais j’ai l’impression d’être de plus au plus nauséeuse. On est allongées sur le lit côte à côte. J’ai les yeux fermés, mais je la sens contre moi et je savoure les caresses qu’elle me fait sur le bras.

- Elly ?
- Hun ?
- Tu es vraiment là ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Pour être sure que je peux commencer à briser le mur qui entoure mon cœur…

Elle ne me répond pas, mais je sens sa bouche sur ma clavicule puis dans mon cou, sur la ligne de ma mâchoire et qui termine sur la mienne. Je souris dans le baiser, j’ai eu ma réponse.

On reste longtemps (j’ai perdu toute notion du temps) à se faire des câlins, s’embrasser, rigoler. Ça reste tout de même soft pour le moment. Comme tout début (ou presque ?!). Plus tard, des coups sont frappés à la porte et Johan entre. Il tient des lettres dans la main.

- On les a.
- De quoi ?
- Ce sont les lettres du ministère de la défense.

Je me redresse – un peu trop vite pour mon organisme.

- Ça dit quoi ?
- Je les ai pas ouvertes, me dit-il en me tendant la mienne.

Je la prends et la regarde. Je suis un peu nerveuse à l’idée de l’ouvrir. Je regarde Johan et même s’il sourit, je vois l’appréhension sur son visage aussi.

- Ensemble ?
- Ok, répond-il.

Je commence à déchirer l’enveloppe. Elly me frictionne le dos. J’ai presque envie de l’ouvrir trèèèès lentement pour qu’elle continue… héhé. Comme je veux quand même savoir, j’ouvre la lettre et j’entends Johan déchirer son enveloppe aussi. Je lis : « Mlle Baquet, nous avons le plaisir… » YAY, YAY, YAY ! Je lève la tête pour regarder Johan, il me regarde au même moment, un grand sourire affiché sur son visage. Comme je souris aussi, il comprend directement et me sert dans ses bras.

***

Le reste des vacances se passe presque comme le début excepté qu’Elly et moi passons plus de temps ensemble (avec nos potes ou pas) et qu’en plus, on est ensemble !!!

INT. CHEZ EVELYNE : SALON – SOIR

Demain, c’est l’anniversaire de Johan. 18 ans pour lui aussi. Ce soir, on se fait juste un repas avec Evelyne, lui et moi. En privé. Evelyne a fait un gratin de ravioles, un délice ! Quand elle revient avec le gâteau, que j’ai fait tant bien que mal (je suis pas douée en pâtisserie), elle le pose sur la table et on met les 18 bougies une a une.

- Vous êtes obligées de toutes les mettre ?
- Oui, répond Evelyne.
- Parce que demain je ne les aurais pas encore soufflées à ce rythme-là.
- Chut Johan ! Sinon t’auras pas ton cadeau et pas de soirée demain.

Johan se tasse sur sa chaise, faisant mine d’être renfrogné. Une fois qu’on a terminé, on les allume et il souffle. Et puis finalement mon gâteau a beau avoir une sale tête, il a super bon goût.

Après le dessert, Evelyne va chercher le cadeau de Johan. C’est un gros paquet et je vois bien qu’il essaie de deviner ce que ça peut bien être. Il l’ouvre rapidement et y trouve un gros télescope. Celui qu’il voulait depuis au moins 2 ans sans jamais pouvoir l’avoir. Et finalement, on s’y est mis à deux avec Evelyne pour lui acheter. Ça fait plaisir à voir parce qu’il est tellement heureux qu’il est excité comme un jeune enfant.

EXT. CHEZ EVELYNE : JARDIN – PLUS TARD

Johan a voulu de suite utiliser le télescope. On est donc allé chercher des couvertures et une couette et on s’est calé dehors pour la nuit.

MATIN

Je suis bien emmitouflée dans la couette quand j’entends  le bruit de la porte de la véranda qui s’ouvre. Probablement juste Evelyne qui va étendre du linge. Je me retourne et sentant le dos de Johan, j’en profite pour appuyer mon front sur lui pour bloquer un peu la lumière. Malheureusement, mon répit est de courte durée, car mon mouvement le fait bouger et il se redresse. Alors je me mets sur le ventre, enfonce mon visage dans le coussin et attrape la couette que je passe par-dessus ma tête. Et là, j’entends le rire qui me fait rêver depuis plusieurs mois.

- Personne n’a dit que dormir dehors c’était bien pour faire la grasse matinée.

Je souris et ne bouge pas de sous la couette, mais je lui tends la main qu’elle prend et elle vient se glisser contre moi. Finalement garder les yeux fermés n’est plus nécessaire quand elle est dans mon champ de vision. Elle me fait un petit bisou sur les lèvres et plonge son visage dans mon cou. J’entends Johan qui se lève et se dirige vers la maison.

- C’est la première fois que je te vois au réveil, murmure Elly.
- Tu n’as rien manqué.
- Non parce que je ne savais pas que ça pouvait être si mignon. Ça me manquera probablement à partir d’aujourd’hui.

Je grogne et embrasse son front.

- Comment tu peux dire ce genre de choses et rester totalement sérieuse ?
- Je te dirai un jour. En attendant lève toi, Evelyne partait quand j’arrivais, mais il faut qu’on prépare la soirée. Il est quand même déjà 11:30.
- 11:30 ? Et Johan dormait encore ?! On a vraiment dû se coucher tard.
- Et tu vas encore te coucher tard ce soir, mais à ton âge ça devrait aller quand même.
- J’espère qu’au tien ça va aussi. 21 ans, ce n’est pas le bout du monde.
- 22 dans un mois.
- Bon OK, tu passes en pré-sénior, je conclus en lui faisant un clin d’œil.

Je lui souris puis me lève et attrape les couvertures. Elly me suit avec les coussins… D’ailleurs, je viens de m’en prendre un derrière la tête ^^…

INT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE – SUITE

On arrive et je pose tout sur le lit en faisant signe à Elly de faire pareil. Finalement, je me laisser tomber face sur le lit, au milieu du bordel.

- Qu’est-ce que tu fais ?
- J’attends.
- Le dégel ?
- Presque. Johan est dans la douche et je voudrais en prendre une aussi avant de commencer quoi que ce soit.

Elly s’installe au bureau (le lit est un peu en bordel) et feuillette dans mes affaires alors que je retourne dans un état de semi-comatage. Après un bout de temps, j’entends Johan sortir de la salle de bain. Je me lève, attrape quelques affaires, me retourne vers Elly, j’ai envie de lui demander de venir avec moi, mais je ne sais pas si ça le fait trop. Je la regarde un instant, probablement bizarrement parce qu’elle en vient à me demander :

- Quoi ?
- Je… Euh… Non, rien.

Finalement, je tourne les talons et vais à la salle de bain.

INT. CHEZ EVELYNE : SALLE DE BAIN – SUITE

Je suis déjà dans la douche quand j’entends des coups frappés sur la porte puis elle s’ouvre et se referme.

- T’as oublié quelque chose ?
- Je… Hum…, marmonne Elly.
- Pardon, je croyais que c’était Johan.

Elly rit.

- Il rentre souvent comme ça quand t’es dans la douche ?
- Euuhh, parfois. Tu as besoin de quelque chose ?
- Non… Est-ce que je peux venir avec toi ? Me demande-t-elle abruptement, son ton trahissant sa nervosité.

Je tire un peu le rideau pour passer ma tête et la regarder. Elle a l’air anxieux, c’est mignon.

- J’avais pas osé te le demander plus tôt.
- C’est bien ce qu’il m’avait semblé, répond-elle en se déshabillant.

Elle vient sous l’eau et se colle immédiatement à moi. Sa peau brûlante contre mon corps contraste méchamment avec l’eau tiède voir fraîche qui coule sur nous, mais ça me permet de la sentir encore plus. Mon cœur bat la chamade et je me demande si elle peut le sentir. Je suppose que oui, car elle pose sa main à cet endroit, la laisse pendant un instant et me sourit. Elle se penche pour m’embrasser, passant ses bras autour de mon cou pour m’attirer encore plus à elle. Je glisse les miens autour de sa taille et tire son bassin à moi. Ma respiration devient de plus en plus saccadée alors que notre baiser gagne en intensité et Elly n’est pas mieux que moi. Je descends mes mains le long de son dos, passe sur ses hanches et remonte le long de ses côtes pour arriver sous sa poitrine. Elly passe les siennes sur mes joues alors qu’on s’embrasse, puis elle les glisse le long de mon cou avant de les poser sur mes épaules. Elle commence à m’embrasser dans le cou et remonte jusqu’à mon oreille. Elle suçote mon lobe, cette action me tire un gémissement et je la sens sourire. Je pose délicatement mes mains sur ses seins et les caresse légèrement puis je me tourne pour positionner Elly dos au mur. C’est à mon tour de la couvrir de petits bisous dans le cou, je descends jusqu’à sa clavicule que je mordille tout en accentuant mes caresses sur sa poitrine. Je la sens gémir sous mes caresses ce qui augmente mon excitation et je sens une douce chaleur se répandre en moi.

- Sam, t’as pas vu l’enveloppe que ma mère a laissé pour la soirée ? Demande Johan.

Putain, je ne l’avais pas entendu entrer. Elly et moi, nous figeons en l’entendant.

- Je… C’est sur le buffet dans la cuisine.
- Merci. Je vais faire les courses avec Gaspard, tu veux quelque chose de spécial ?
- Non, c’est bon, merci.
- Même pas de la chantilly ou quelque chose comme ça ? Demande-t-il d’un ton moqueur.

Je sens Elly étouffer un rire dans mon cou.

- Euh, non, pourquoi ?
- Pour rien, ajoute-t-il.

J’entends son sourire dans ses paroles.

- Profitez de la douche alors ! Je reviens dans une heure, ça vous laisse assez de temps ?
- Quoi ?

Je passe ma tête derrière le rideau pour le voir. Le con, il tient nos deux pantalons devant mon nez et arbore un énorme sourire satisfait et fier de lui. Moi, je sens le rouge me monter aux joues.

- Allez, ne me laissez pas vous couper dans vos élans, ricane-t-il. J’y vais. A plus Elly !
- Bye Johan, conclu Elly.

Johan s’en va et Elly éclate de rire. Je suis super gênée, mais j’arrive à esquisser un sourire en la voyant rire comme ça. Elle me sert contre elle et nous attire sous l’eau fraîche.

INT. CHEZ EVELYNE : SALON - SOIR

La fête est lancée. Il y a Gaspard et Manu, Elly est là aussi bien sûr. On a plein de potes du lycée qui sont venus avant de partir pour la suite de leurs études et c’est super cool. La musique nous fait bouger et l’ambiance est bonne.

Je suis en train de discuter avec deux trois potes quand je sens des mains s’immiscer sur mon ventre et m’attirer contre un corps. Sachant Elly dans mon chant de vision, je me dis que ça ne peut pas être elle, mais je confirme mon doute en lançant un regard dans sa direction. Mon cerveau ne parvient pas à analyser la situation et je la vois qui me regarde bizarrement. Je sais que tout ça n’a pris qu’une fraction de seconde, mais ça m’a paru une éternité. Je sors finalement de ma transe et me retourne. Camille est face à moi, arborant un grand sourire. Elle me sert dans ses bras, mais je ne lui rends pas la pareille et la repousse.

- Qu’est-ce que tu fous là ?

Son sourire s’évapore en entendant mon ton plus sec que ce que j’avais prévu.

- C’est l’anniv’ de mon Johan. Je ne pouvais pas rater ça.
- Ah non ? C’est sympa d’avoir pensé à lui, dis-je en faisant demi-tour.

Elle me suit et m’attrape le bras pour m’arrêter.

- Qu’est-ce qui se passe ? Demande-t-elle.
- Vraiment ? Tu ne te doutes pas un peu ?
- …
- Tu m’as largué par texto !
- Mais c’est à peine si on était encore en couple à ce moment-là.
- Et je ne méritais pas un peu plus de considération ?

Mon ton monte et les gens payent un peu plus attention à nos propos.

- Je ne pensais pas que tu allais le prendre comme ça ?
- Et comment tu pensais que j’allais le prendre ? En sautant au plafond ?

Elle semble prendre conscience du monde autour, me prend par le bras et m’attire dehors.

EXT. CHEZ EVELYNE : JARDIN – SUITE

Camille m’entraine jusqu’à un coin tranquille du jardin.

- Ecoute, tu voulais que je fasse quoi ? Mes parents ne voulaient pas nous voir ensemble. On passait tout notre temps à s’engueuler et en plus, j’étais déjà partie à l’Université.
- Déjà tu aurais pu tenir tête à tes parents…
- Et finir comme toi ?!

Ses mots me frappent comme si j’avais pris un coup-de-poing dans l’estomac. Ma gorge se serre et les larmes me montent aux yeux. Je les retiens et avale pour me donner de la contenance avant de continuer.

- Non, juste pour être honnête avec toi-même…

J’ai touché une corde sensible.

- Rassure toi, je ne t’en veux pas d’avoir rompu. Je crois que c’est la meilleure chose qui me soit arrivée.

Elle relève la tête et me regarde. Je vois dans ses yeux de la tristesse et de la culpabilité. Je continue quand même.

- Ce que j’ai du mal à digérer c’est comment tu t’y es prise. Je suis un être humain qui a des sentiments, et même si ça n’allait plus sur la fin, j’ai été amoureuse de toi. Je sais pas si c’était réciproque, mais je m’en fous maintenant. Ce que je veux dire, c’est que même si tu ne pouvais pas venir jusqu’ici pour me le dire, un coup de fil aurait été le bienvenu au moins.

Elle hoche la tête, coupable.

- Si ça doit se reproduire avec quelqu’un, retiens au moins ça.

Je presse son épaule et recule.

- Tu peux rester pour la soirée si tu veux, je conclus d’un ton un peu froid.

Puis je rentre.

INT. SALON – SUITE

Je retourne à l’intérieur et cherche Elly. Lorsque je la vois, elle est en pleine discussion avec Johan. Je me hâte d’être à leur côté et je me glisse dans ses bras en profitant pour lui faire un bisou sur la joue puis en blottissant ma tête dans son cou et en humant son odeur. C’est réconfortant.

- C’était qui ? Me questionne-t-elle.
- Mon ex.

Je la sens se crisper et elle s’extirpe de mon emprise.

- Et ?
- Et elle m’a larguée comme une merde par texto et j’avais des comptes à régler.
- C’est tout ? Demande-t-elle incertaine.
- Oh que oui !

Mon ton était abrupt et clair, ce qui la fait sourire, mais je vois le doute dans ses yeux. Je l’embrasse tendrement.

- Tu n’as rien à craindre du tout. Je pourrais te faire une liste longue comme mon bras pour essayer de te convaincre, mais…

Finalement, je l’embrasse avec toute la passion, la tendresse et… l’amour que j’ai pour elle. Elle répond à mon baiser. J’entends la chanson Love They Say de Tegan and Sara, qui commence et je souris. Johan doit y être pour quelque chose parce que je lui avais dit que cette chanson me fait penser à Elly. Lorsqu’on se sépare pour respirer (c’est nécessaire au bout d’un moment), je laisse glisser mon regard autour de nous. Tous nos potes nous regardent. Johan est effectivement près de la sono, Manu et Gaspard applaudissent en entrainant les autres et je vois Camille un peu à l’arrière qui nous observe, déconfite. Je l’observe quelques instants avant de me retourner vers Elly et d’approcher ma bouche de son oreille.

- Je t’aime.

Je la regarde dans les yeux et sans qu’elle me le dise immédiatement, je vois que c’est réciproque. Je me mords la lèvre inférieure pour m’empêcher de l’embrasser à nouveau, mais c’est elle qui le fait. Et les émotions que je ressens avec ce baiser, c’est tout ce qu’elle ne m’a pas dit, mais que je pouvais lire dans ses yeux.


Dernière édition par Okashi le Ven 26 Juin 2015 - 16:28, édité 1 fois
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Okashi

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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 14:07

PARTIE 2


Chapitre 15 : Un autre nouveau début

INT. CHEZ EVELYNE : MA CHAMBRE – MATIN

J’ouvre les yeux et souris, cette journée est un nouveau commencement. Il y a une semaine, j’ai officiellement terminé mon année de formation de gendarme et aujourd’hui, j’emménage avec Elly. On ne l’a pas fait plus tôt parce qu’avec la formation, je n’étais pas tout le temps ici et Evelyne aimait bien me voir rentrer quand je pouvais puisque Johan ne peut pas. Il est à Collioure, dans les Pyrénées-Orientales pour faire sa formation en commando et il est plus ou moins coincé là-bas pour le moment. On a réussi à se voir seulement trois fois cette année, c’est bizarre, j’avais jamais passé plus d’une semaine sans le voir depuis la maternelle. Il me manque... Mais il devrait rentrer bientôt pour au moins deux semaines avant de repartir et on va avoir un peu de temps pour nous. Surtout que de mon côté, j’ai été prise à la gendarmerie de la ville et je n’ai pas besoin d’être mutée ailleurs. C’est une bonne chose, Elly ayant trouvé un emploi comme institutrice là aussi, on n’a pas besoin de déménager comme ça.

Bon, au lieu de ressasser mes pensées, je me lève, je m’habille avec des fringues pourries et emballe les derniers trucs que j’ai utilisés depuis hier dans un gros sac de sport. Je regarde autour de moi, il me semble que j’ai tout. La chambre est rangée et je suis fin prête.

INT. CHEZ EVELYNE : CUISINE – SUITE

Quand j’arrive, je vois qu’Elly est en train de boire un thé avec Evelyne. Elles arrêtent de parler quand j’entre.

- Tranquillou pépère les filles ?! Je leur demande… Je dérange ? Peut-être que je devrais revenir plus tard ?
- En fait, maintenant que tu le dis, continue Elly en s’approchant de moi.

Elle m’embrasse rapidement.

- Je te fais le bisou pour la route, mais tu peux y aller.
- Genre…
- Ben quoi, tu déranges !
- Evelyne, si tu veux je te laisse emménager avec Elly et je garde la maison ?
- Oui, bien sûr, on peut faire ça. Je vais bien dormir moi au chaud sous les draps d’Elly. Tu imagines…

Elle « joue » avec ses sourcils comme fait Johan habituellement. Rhaaa ces deux-là…

- NON ! Ça va… Je te laisse la maison, je conclus en passant mes bras autour d’Elly. Et je te garde, toi ! Personne dans ton lit… Except me !

Elly finit sa tasse et va la poser dans l’évier.

- Allez officier, en route, on va descendre tes cartons.
- T’as déjà loué la fourgonnette ?
- Non, mais j’ai pris le pick-up de mon père, il est garé devant la maison.

INT. CHEZ ELLY… ET MOI : CHAMBRE – SOIR

Bon, euh… Comment dire... Je suis pauvre en fait. Je n’ai pas beaucoup de choses en ma possession. Mes fringues, quelques livres, quelques trucs par-ci par-là et mon ordinateur… Ça me coûtera pas cher d’assurance comme ça. Aaah la facilité !

Donc voilà, tout est rangé puisqu’on avait acheté ensemble une armoire et une commode plus grandes et qu’elle avait assez de place pour mes bricoles. « Comment emménager rapidement chez sa copine 1.1 » par Sam Baquet.  Je me fais rire moi-même dis donc. C’est économique, pas besoin de payer un ticket pour aller voir un spectacle d’humour. Bon Sam, arrête tes conneries !

J’entends la porte d’entrée s’ouvrir, ce doit être Elly qui rentre.

INT. CHEZ NOUS : SALON – SUITE

J’arrive au salon quand elle pose un grand sac en papier rose sur la table.

- Re ! S’exclame-t-elle. T’as faim ?
- Oui, mais je croyais que t’étais allée chercher un truc à manger justement, pas des sex-toys !
- J’ai pas demandé de quoi t’avais faim tu sais.
- OK, certes. Donc tu me sers quoi ? Une Elly chauffée à point sur un lit de draps de satin avec une pointe de joujoux plastifiés ?

Elly éclate de rire.

- Quelle poète tu es.
- T’as vu ça. J’ai loupé une carrière en fait.
- Mouais…
- Quoi ? Je t’en vois pas convaincue…

Mon estomac choisit ce moment pour se déclarer.

- Allez, viens manger. J’ai trouvé des plats indiens…
- Oh, merci mon cœur.

Je m’approche d’elle et l’embrasse.

- C’est pour quelle occasion ? Je lui demande de manière un peu simplette.
- Hey Nemo, t’as déjà fait le tour de ton bocal ?!
- Moi c’est Dory ma chérie.

Je lui fais un grand sourire débile et lui envoie un bisou dans les airs. Mais mon estomac étant plus réveillé que je ne le pensais, c’est sur la nourriture que je me jette et non sur elle. Son tour va arriver de toute façon…

INT. CHEZ NOUS : CHAMBRE – PLUS TARD

J’ai tenu promesse… Enfin, je me suis tenue ma promesse (puisque ce n’était une promesse faite à personne) et Elly m’a servi de dessert. Je suis allongée sur le dos et elle est contre moi, sa tête près de ma poitrine et son bras autour de ma taille.

- Je suis heureuse avec toi Elly. Merci de m’avoir demandé d’emménager avec toi.
- Merci d’avoir accepté mon cœur.
- J’avais aucune raison de ne pas le faire… Quoi que…

Elle se redresse...

- Quoi ?
- Cette manie que t’as de bouger quand tu dors et de donner des coups tout le temps…
- Je fais pas ça…
- Ah bah ça c’est parce que je te l’ai jamais dit avant, mais… T’as jamais vu les bleus que j’ai parfois ?
- Les bleus ?!

Elle commence à détailler mon corps.

- Quels bleus ?

Elle ne marche plus, elle court et je ne résiste pas à la tentation de la titiller encore un peu.

- Tu te souviens pas ?! Arrête !
- Sam, sérieux !?
- Mais tu te souviens pas ? Tu m’avais demandé ce qui m’était arrivé même ? J’en avais un juste en haut des côtes.
- C’est pas moi. C’est à la boxe que tu avais eu ça !

Je n’arrive plus à continuer sérieusement et un grand sourire s’affiche sur mon visage. Tout de suite, elle voit que je la taquinais. Elle commence à me chatouiller et comme je crains, je me mets à me tortiller et à essayer de m’extraire de son emprise. Elle agit rapidement et se met à cheval sur mon ventre. Arrêt sur image… Respiration coupée… Corps en ébullition… Concentration stoppée net… Un petit sourire en coin apparaît sur son visage… Putain, elle savait ce qu’elle faisait…

- Tricheuse !
- Que veux-tu ?! Tu peux me faire marcher comme tu veux, mais je sais comment t’arrêter direct.
- Ouais, genre c’est ce que tu croiââââââ

Ses mains trouvent la direction de mes seins et encore une fois, elle m’arrête dans ma lancée.

- Alors, qu’est-ce que tu disais ?
- Rien…
- J’aime mieux ça, conclut-elle en se baissant pour m’embrasser.

Tout en l’embrassant, je nous redresse rapidement et elle se retrouve assise sur mes cuisses. J’entoure sa taille d’un bras pour la tenir pendant que je nous fais faire un demi-tour pour l’allonger sur le lit.

- Et moi j’aime mieux ça…

Je baisse mon visage vers elle et je reste assez proche pour pouvoir frôler ses lèvres, mais assez loin pour ne pas l’embrasser. Elle lève la tête pour se rapprocher alors je recule la mienne et je l’entends grogner, ce qui me fait sourire. Elle passe rapidement ses jambes autour de ma taille, me plaque contre elle et nous refait faire un demi-tour. Elle attrape mes mains qu’elle place au-dessus de ma tête sans me lâcher.

- Et maintenant ? Demande-t-elle.
- Maintenant ? Laisse moi réfléchir… You can use me as your toy all night long if you want…

J’adore lui parler en anglais parce qu’il faut qu’elle réfléchisse à ce que je dis et j’adore la regarder quand elle se concentre, elle a un rictus trop mignon.

- Tu parles trop vite.
- Use me !

Comprenant, elle me sourit et ne se faisant pas prier plus longtemps, elle plonge sur ma bouche. Le reste est un corps-à-corps torride qui me permet de satisfaire mon désir d’elle et je suppose le sien de moi au vu de ce qu’elle me fait ressentir.


Dernière édition par Okashi le Ven 26 Juin 2015 - 16:30, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 14:15

Chapitre 16 : J’avais rien vu…

EXT. PROMENADE : BORD DE MER – MATIN

Dimanche matin. 6h00. La promenade est calme. Je peux courir librement sans personne au milieu. L’air est parfait en cette fin septembre et je me vide la tête. La course, c’est ma méditation active, j’ai la capacité de me concentrer uniquement sur ma respiration quand je cours et donc pas besoin d’aller m’asseoir sur un rocher dans la position du lotus. Ce qui est parfait au vu de ma patience légendaire en cas d’inactivité… Et aussi en ce moment du fait qu’il y ait quelques tensions à la maison et que je n’arrive pas à comprendre pourquoi.

INT. CHEZ NOUS : SALON – PLUS TARD

Quand je rentre Elly est à table en train de prendre son petit-déjeuner. Je peux voir direct qu’elle ne doit pas être levée depuis plus de cinq minutes. Je m’approche d’elle et laisse glisser mes doigts sur sa joue. Pas de mouvement de recul, c’est bon signe de bon matin.

- T’as encore la marque de l’oreiller.
- Et moi qui voulais te faire croire que je suis debout depuis des lustres.
- C’est loupé…

Je l’embrasse sur la joue et prends sa tasse pour boire une gorgée de son thé qui est… OMG !

- Ooh wow, c’est quoi ton truc de bon matin ?
- Thé noir sans sucre.
- Comment tu peux boire ça ?
- Je sais pas. Comment tu peux déjeuner œufs et fromage le matin ?
- Je sais pas… C’est comme ça.
- Pareil…

Je lui souris et m’apprête à aller à la salle de bain quand Elly m’interrompt.

- Johan a appelé.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Il pourra être là pour la crémaillère.
- Sérieux ?

Elly hoche la tête affirmativement et comme une gamine, je me mets à faire une petite dance à la con en allant à la salle de bain.

INT. SUPERMARCHE – JOUR

Les courses… Oulalalala, les courses ! Les mômes qui pleurent, les parents qui crient plus fort qu’eux, les vieux qui n’avancent pas… C’est la 8ème dimension ici. Pourquoi est-ce qu’on est venues un samedi encore ? Ah oui, parce que ma très chère et tendre copine a oublié d’acheter… son thé ! Mais bien sûr, c’est vital ! Je lui ai dit que je pouvais y aller lundi matin, mais non, parce que si on n’a pas de thé pour demain matin, on est… dans… la… miarde !

- T’es sure que t’as tout pour ce soir ? Je demande. Parce que comme on est là, autant être sure d’avoir rien oublié.

Elle me lance un regard noir. Un peu comme si j’avais insinué quelque chose… J’ai rien insinué moi ! J’ai juste dit ce qui est. Et comme je suis une emmerdeuse et ben ça sonne comme tel… Tant pis, elle s’en remettra. Je sais quoi faire pour ça. Mais ce sera plus tard. Pour le moment, je fais ce qui doit être fait, je la suis et je ferme ma gueule… Mais Elly au supermarché quoi… Un sketch. Je meurs d’envie de la taquiner, mais je ne veux pas la mettre encore plus en rogne. Je sais pas si c’est la soirée de ce soir qui la stresse, son job ou les hormones, mais ça fait quelques jours que je danse (oui oui, je danse moi) sur des œufs. Je ne sais jamais si ce que je vais dire ou faire va me valoir un bisou ou une torgnole. Bon, je ne vais pas râler de trop, ça me permet de ne pas m’endormir sur mes lauriers et de toujours être au taquée… Oh, elle s’est arrêtée net et me regarde bizarrement. Quoi encore ?!

- Pourquoi tu souris comme ça ?
- Je souris comment ?
- Comme ça !
- Oui mais je vois pas là.
- Comme une débile.
- Oh, merci babe, le compliment est foudroyant.
- T’es chiante à ne jamais rien prendre au sérieux.

Elle tourne les talons et continue sa route.

- Mais je sais être très sérieuse. Je suis sérieuse là.
- Sam, arrête !

Je me place en face d’elle pour l’arrêter.

- Quoi ? Elly, sérieux, quoi ?
- On fait notre crémaillère ce soir et on dirait que tu t’en fous.
- Je m’en fous pas.
- Pourquoi t’agis comme ça alors ?

Je ne la comprends pas. Je ne la suis pas. Je n’arrive pas à voir en quoi je suis différente de d’habitude. Elle doit lire l’incompréhension sur mon visage.

- Tu vois même pas de quoi je veux parler ?

Je secoue la tête négativement.

- Tu tournes toujours tout à la dérision.
- Non, pas tout ! Je lui réponds… sérieusement. Tu vois, je suis sérieuse là.
- Mais arrête !
- Elly, je comprends pas.
- Parce que tu veux pas comprendre.
- Non, on fait notre crémaillère. Nos amis et la famille viennent ce soir et on sait qu’ils apporteront tous quelque chose. Tout est en place et toi ça fait plusieurs jours que tu stresses alors j’essaie juste de te détendre. Tu veux quoi ? Qu’on se prenne la tête ? Tu crois pas qu’il y a plus important qu’une crémaillère ? C’est juste une soirée !
- C’est notre soirée…
- Et elle sera réussie, lui dis-je avec le plus de confiance possible.

Elle me regarde un instant, me lance un petit sourire de « pas certaine » puis repart à l’assaut de la caisse. Je la suis, perdue dans mes pensées. Il doit y avoir autre chose. Un truc qui la stresse au boulot, ce n’est pas possible. Je ne la reconnais pas. Est-ce que c’est parce qu’on habite ensemble ? Et si c’est moi qui la stresse ? Et si en fait, elle regrette totalement de m’avoir demandé d’emménager avec elle, mais qu’elle ne sait pas me le dire. Une boule se forme dans ma gorge. Non Sam ! Ne fais pas de suppositions. Tu n’en sais rien ! Strictement rien !

INT. CHEZ NOUS : SALON – PLUS TARD

On est rentrées des courses, on a rangé l’appartement et cuisiné ce qu’on avait prévu. Tout est fait, mais ça a été fait dans une ambiance plutôt morose. J’arrive pas à m’enlever cette foutue idée de la tête et Elly ne fait rien pour m’aider. Pourtant, je ne comprends pas, ça fait trois mois qu’on a emménagé ensemble (je sais pour une crémaillère, c’est un peu tard, mais je voulais tout le monde alors on a attendu) et ça fait que quelques jours qu’Elly me « craque » entre les mains. Ça ne peut pas être moi !? Mais…

- SAM ! Je l’entends crier.

Je sursaute.

- Ça fait trois fois que je t’appelle.
- Pardon, j’étais dans mes pensées.
- J’ai vu ça, me répond-elle sèchement. Viens m’aider à déplacer le canapé.
- Un s’il-te-plait serait le bienvenue tu sais.

Elle ne me répond pas alors je vais l’aider, la tête basse. Pourquoi est-ce qu’elle agit comme ça en ce moment ? On pousse le canapé jusqu’au mur pour qu’il y ait plus de place au centre de la pièce. J’essaie de me repasser les dernières semaines dans ma tête. Est-ce que j’ai dit ou fait quelque chose qui ne lui convient pas ? Une fois qu’on a terminé, je reste prostrée au bout du canapé, perdue dans mes pensées. Lorsque je lève la tête, je réalise qu’elle me regarde. Je l’observe un instant, mais ne décelant rien qui pourrait m’aider, je baisse la tête et fais demi-tour. Je prends mon téléphone sur la table et je vais dans la salle de bain pour m’y enfermer.

INT. CHEZ NOUS : SALLE DE BAIN – SUITE

Je regarde mon téléphone. Mon fond d’écran est une photo d’Elly et moi. C’est une photo qu’on avait prise quand on était allé dans les calanques de Cassis un weekend. Elle me tient par le cou et sourit à la caméra alors que je l’embrasse sur la joue. On était bien là…

Qu’est-ce qu’il s’est passé depuis ? OK, je sais que je suis un peu bordélique contrairement à elle et qu’elle râle à cause de ça. Mais elle n’est pas maniaque non plus et je fais attention, alors je ne pense pas que ce soit ça. Réfléchis, Sam ! C’est quoi le problème ? Le problème, tu devrais lui demander à elle au lieu de supposer et de te torturer pour rien ! Je sais que c’est ce que je devrais faire. Et je réalise que je ne sais pas si j’ai plus peur de lui demander ou d’avoir une réponse. Je fais quoi moi si sa réponse c’est qu’elle ne veut pas que je vive avec elle en fin de compte ? Je fais quoi si elle ne veut pas qu’on reste ensemble ? Cette pensée fait monter les larmes alors je serre les dents pour me contrôler. Pour le moment rien n’est concret, ce sont juste des suppositions ! Et si ce n’en était pas ? Sam, nom de Dieu, arrête !

Je me recentre et décide de contacter Johan : « T’es dispo avant ce soir ? ». Je reçois sa réponse quelques instants plus tard : « Oui, j’ai rien de prévu. Ça va ? ».   « On peut se retrouver quelque part ? ». « Viens chez ma mère ». « OK, j’arrive ».

EXT. CHEZ EVELYNE : SALON – PLUS TARD

Johan m’accueille dans la maison où j’ai passé les meilleures années de mon adolescence. Dès que la porte d’entrée se referme derrière nous, je lui saute au cou et je sens ses bras dans mon dos qui me serrent contre lui. C’est réconfortant de l’avoir près de moi.

- Tu m’as trop manqué tu sais ça, je lui dis.
- Tu m’as manqué aussi.

On reste encore dans les bras l’un de l’autre pendant un instant. Ça fait trop longtemps qu’on n’a pas été ensemble et je pense parler pour nous deux quand je dis que cette proximité est réconfortante. Sans Johan près de moi, il y a comme un vide, un manque que personne d’autre ne peut combler et ne pas pouvoir le voir pendant de si longues périodes de temps est difficile. Heureusement qu’il y a le boulot sur lequel je peux me concentrer et surtout, heureusement qu’il y a Elly. Enfin… Je sais pas…

Il relâche un peu la pression de ses bras puis finit par me libérer pour me prendre la tête et m’embrasser sur le front.

- Alors ? Quoi de neuf ? Je lui demande.
- Comme d’habitude tu sais. Entraînement, entraînement et entraînement. Les jours off, en général, je les passe à dormir en ce moment.
- T’es en forme en tout cas.
- Merci !

Il me détaille un instant.

- Toi, t’as pas l’air bien par contre. C’est quoi le problème ?

Je vais m’asseoir sur le canapé et Johan me suit. Je me cale contre lui et il passe son bras autour de mes épaules.

- Je suis paumée. J’arrive pas à comprendre Elly.
- Pourquoi ?
- Elle est bizarre en ce moment. Elle me repousse, elle est toujours énervée et… Je sais pas, elle est pas comme d’hab.
- Est-ce qu’il y a un problème dans la famille ou au boulot ?
- Pas dans la famille, pas à ce que je sache en tout cas. Et au boulot… Je sais pas, ça fait un moment qu’elle ne me parle plus du boulot alors qu’avant elle me racontait tout.

Elle me racontait tout… Ça fait tilt.

- Tu crois que c’est un problème au boulot ?
- Possible, me répond-il. Tu devrais lui poser la question. Tu sais, y a rien de mieux que de communiquer.
- Oui, mais la crémaillère est ce soir, et il y a tellement d’électricité entre nous quand on est dans la même pièce que je ne sais pas comment ça va se passer.
- Ça va aller. Déjà le fait que tout le monde soit là, ça va vous permettre de penser à autre chose, de vous détendre un peu et peut-être même de  pouvoir discuter dans la foulée.
- J’espère... J’espère surtout que ce n’est pas moi le problème…

Les larmes que je retiens depuis ce matin coulent enfin. Mais dans les bras de Johan, c’est mieux que seule dans mon coin.

INT. CHEZ NOUS : SALON – DEBUT SOIREE

Avec Johan on entre dans l’appartement. Comme il est encore tôt, personne ne devrait être arrivé. Je suis nerveuse en entrant parce que je ne sais pas ce qu’il m’attend avec Elly. Je l’entends arriver de la chambre.

- T’étais où bordel ? On devait finir de tout préparer.
- Tout était déjà prêt quand je suis partie.
- Tu fais chier ! On dirait une gamine.
- …

Johan qui était resté un peu en retrait s’approche de moi et se place à mes côtés.

- Salut Elly.
- Salut Johan, réagit-elle en prenant conscience de sa présence.

Il s’approche d’elle pour lui faire la bise.

- Comment tu vas ? Lui demande-t-il.

Dans son ton, je peux discerner un sous-entendu. Je ne suis pas certaine qu’Elly l’ait perçu, mais elle me lance un coup d’œil et je hausse simplement les épaules.

- Ça va, merci. Et toi ?
- Nickel. Je suis content d’être avec vous ce weekend.

Je cherche à m’éclipser rapidement mais Elly m’arrête dans ma progression calculée vers le chemin de l’invisibilité.

- Tu vas où ? Viens plutôt m’aider !
- Pourquoi ?
- Je veux pousser le canapé un peu plus et mettre la table à côté pour mettre les plats.
- Pourquoi tu t’acharnes comme ça ? C’est très bien comme c’est.
- Aide moi et pose pas de questions.

Je reste con un instant. J’ai envie de hurler, de lui dire qu’elle ne peut pas me traiter comme ça, mais les mots ne veulent pas sortir de ma bouche. Je regarde Johan qui ne semble pas comprendre non plus.

- Je vais t’aider Elly, intervient-il.
- Merci.

Cette fois, je peux me retirer vers la salle de bain sans être arrêtée.

INT. SALLE DE BAIN – SUITE

J’entre, je me déshabille et grimpe sous la douche. L’eau chaude sur ma peau me permet de me détendre un peu. Seulement physique la détente, mais c’est mieux que rien. Cette situation avec Elly me renvoie à mon adolescence. Ça me rappelle ce que j’ai vécu avec ma mère, ce rejet constant, les petites réflexions qui font mal. Je suppose que c’est pour ça que je n’arrive pas à l’ouvrir avec Elly en ce moment, parce que d’habitude, je suis plutôt du genre à savoir m’exprimer quand j’en ai besoin.

Quand je sors de la douche, Elly est dans la salle de bain en train de se maquiller. Elle m’observe à travers le miroir et quand je croise son regard, je détourne les yeux en reportant mon attention sur la serviette qui est accrochée au mur pour l’attraper. Je m’enroule dedans et puis je reste prostrée, fixant le dos d’Elly. Ma tête, mon cœur et mes peurs sont en pleine bataille à l’intérieur de moi. La première veut parler, le second veut être aimé et les autres foutent la merde.

Quand elle se tourne quelques instants plus tard, je n’ai pas bougé d’une semelle.

- Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Me demande-t-elle doucement.

Elle m’a parlé normalement et ce retournement de situation soudain me serre la gorge et les larmes me montent aux yeux. Je les empêche de couler et je parviens, tant bien que mal, à parler.

- Je suis désolée si j’ai fait quelque chose qui t’a pas plu. Je voulais pas, je…

Ça y est, je ne peux plus parler. J’aime pas quand je faiblis. J’aime pas que les gens pensent que je ne sais pas me maîtriser. J’ai toujours voulu me montrer forte et voilà, je suis un peu perturbée et je ne contrôle presque plus rien. Elly s’approche de moi et me serre dans ses bras. Je me raccroche à elle comme si je me raccrochais à une bouée de sauvetage.

- Je suis désolée, je réussis à dire entre deux sanglots étouffés.
- C’est pas toi mon cœur… Je te promets que c’est pas toi. Je suis désolée, je suis stressée et c’est toi qui subis.

Elle s’écarte un peu, prend ma tête entre ses mains et m’embrasse délicatement.

- Excuse moi, finit-elle par dire.

INT. CHEZ NOUS : SALON – PLUS TARD

La soirée est bien avancée, l’ambiance est sympa, il me semble que tout le monde s’amuse. Manu est descendu de Paris avec sa copine. Evelyne est venue. Il y a aussi les parents d’Elly ainsi que ses amis, Aurore, Claire et Olivier. Finalement les choses se sont arrangées avec Aurore. Elle me voyait comme un gamine qui allait tirer Elly vers le bas, mais on a appris à se connaître et elle a bien compris que celle qu’elle voyait, ce n’était pas vraiment moi. Il y a aussi quelques collègues de la gendarmerie pour moi et de l’école pour Elly.

Je lance un coup d’œil sur ma montre et quand je vois l’heure, 22:00, je vais chercher Manu et Johan. On doit se faire un Skype avec Gaspard. Il est 13:00 en Californie et c’est la première fois qu’on peut faire ça depuis qu’on a fini le lycée et qu’on a tous continué sur différents chemins.

INT. CHEZ NOUS : CHAMBRE – SUITE

On est installé sur le sol, appuyé contre le lit avec l’ordinateur devant nous et on attend que Gaspard se connecte. La très distincte musique d’un appel Skype, se fait entendre et je décroche. Il apparaît à l’écran avec un grand sourire.

- Salut french Golden Bear, je commence.
- Hey guys, comment vous allez ?
- Nickel et toi ? Demande Manu.
- Que demander de mieux. J’ai tout ce qu’il me faut ici.
- Même des cougars je suppose, intervient Johan.

Eclats de rire général.

- Surtout des cougars !
- Y’en a qui ne changent pas à ce que je vois, j’ajoute.
- Ce serait trop dommage, dit-il. Elles se jettent sur moi après les matchs. Imaginez, la stature, la musculature, le talent et en plus… l’accent français. Les collègues sont super jaloux.
- Ouais, on n’en doute pas…
- Mais toi Johan, t’en es où chez tes militaires, lui demande Gaspard.
- Nul part, c’est pas l’idéal pour débuter une relation quand tu te lances dans l’entraînement pour les commandos de l’armée.
- One night stands man !
- Fais pas le malin Gaspard, ton anglais n’est pas si bon que ça, je le taquine.
- C’est ça, je mettrais ma main au feu qu’il est meilleur que le tien maintenant.
- Get lost !

Il me fait un clin d’œil et on reste sur Skype une bonne demi-heure. Après ça il doit partir et il faut bien qu’on retourne faire acte de présence pour la soirée.

INT. CHEZ NOUS : SALON – SUITE

On sort de la chambre et je me mets à la rechercher d’Elly. L’appartement n’est pas grand et je la trouve dans la cuisine avec une de ses collègues de boulot.

INT. CHEZ NOUS : CUISINE – SUITE

Je m’arrête net à l’entrée de la cuisine quand je les vois. Sa collègue est en train de laisser sa main glisser le long du bras nu d’Elly. Elly essaie de la repousser et ne semble pas à l’aise, mais l’autre se rapproche encore un peu. Elly fait un pas en arrière, mais l’autre continue de la coller. C’est quoi ce bordel ?

- Marianne, arrête…
- Qu’est-ce qu’il y a ma puce ? Murmure l’autre tordue, sensuellement.

Ma puce ? Je vais aller lui faire bouffer sa sensualité vite fait moi… Ni une ni deux, je me retrouve de l’autre côté de la cuisine, j’attrape cette conne par le colback et la pousse contre le mur opposé. Elle est surprise de l’intrusion… (Tu m’étonnes…), mais reprend vite le dessus, ce qui ne fait qu’augmenter mon état de nerfs.

- Tu joues à quoi Sam ? Me demande-t-elle.
- D’où tu te permets de me tutoyer, on se connaît pas.
- C’est une question d’âge.
- Et tu crois que du haut de ta quarantaine, tout t’est permis.
- Sam, arrête, commence Elly. Laisse faire…
- Ouais Sam, tu ne devrais pas mettre ton nez là où tu y as pas la place.

Je reste con, j’avoue que je ne l’attendais pas celle-là. Mettre mon nez là où il n’y a pas la place ? Cette connasse est en train de draguer ma copine et je n’ai pas la place ? J’hésite entre rire ou lui décrocher une bonne droite. Mais j’ai « grandi », je suis un peu moins impulsive et surtout, je ne peux plus me permettre à cause de mon métier, mais elle, je vais me la faire. Mais pourquoi Elly me demande de lâcher l’affaire ? Est-ce qu’elle est attirée par cette femme ? Est-ce qu’elle aime l’attention qu’elle lui donne ? Je relâche un peu la pression sur la Marianne, mais sans la lâcher officiellement. Je prends une grande respiration et essaie d’analyser la situation rapidement : Elly est stressée au boulot, mais elle me disait que le job va bien. Elle s’en est prise à moi et elle semblait nerveuse dernièrement. Et là, je vois cette bonne femme qui la drague alors qu’Elly la repoussait et semblait mal à l’aise… Cette petite « étude » fait vite le tour dans ma tête et je crois que je comprends.

- Elly ?
- Hun ?
- Est-ce qu’il y a un problème au boulot avec notre chère Marianne ?
- Euh… Je… Non… Pourquoi ?

Trop d’hésitation. Je regarde Elly qui regarde Marianne puis je me tourne vers elle et elle sourit à Elly.

- Elly ?
- …
- Tu joues au petit toutou protecteur Sammy ? Du haut de tes 20 ans, tu penses pouvoir faire quoi ? Dit-elle en reprenant mes mots.

Encore une dérangée, je commence à en avoir l’habitude, mais pas quand ça me touche directement. Je l’ignore et me reconcentre sur Elly qui ne semble pas bien du tout.

- Elly, babe ? J’ai besoin de savoir, là de suite, s’il y a un problème !?
- Je pense que ta copine serait mieux avec quelqu’un de plus mature…

Putain le coup de tête que j’ai envie de lui mettre. Je lui rentrerai bien le nez dans la face pour qu’elle la ferme enfin cette salope.

- Elly, parle nom de Dieu !
- Oui, il y a un problème, dit-elle d’un coup avant de sortir de la cuisine en trombe.

J’ai envie de la suivre, mais je vais surtout aller foutre l’autre tarée dehors.

INT. CHEZ NOUS : CHAMBRE – SUITE

Je reviens dans la chambre et je trouve Elly allongée sur le lit, la tête dans son coussin, avec Aurore et Claire près d’elle. Quand elles me voient entrer, les filles se lèvent et sortent de la pièce. Je leur souris et les laisse aller. Je vais m’allonger près d’Elly et comme je vois que son visage est caché par ses cheveux, je le dégage avant de la serrer dans mes bras.

- Je suis désolée de ne pas avoir compris plus tôt qu’il y avait un problème au boulot.
- Tu pouvais pas savoir, j’ai tout fait pour que ça se voit pas.
- Sauf dernièrement, tu ne pouvais plus le cacher, mais je l’ai pris pour moi. J’aurais dû chercher à comprendre et pour ça, je suis désolée.
- C’est pas de ta faute.

Je caresse son visage et lui fais plein de petits bisous délicats.

- Elly, ça dure depuis combien de temps ?
- …
- Elly ?
- Quelques mois.
- C’est du harcèlement moral, c’est ça ?
- Oui, mais… physique aussi parfois.

Là, je me tends encore plus, mais j’essaie de rester calme pour Elly.

- Physique ? C’est-à-dire ?
- Des mains baladeuses, parfois elle me coince dans la salle des profs et…
- Et ?
- Et elle en profite pour… pour me… caresser un peu. Pas partout, mais…
- On va aller à la Gendarmerie demain à la première heure pour poser une plainte pour harcèlement.
- T’es sure ?
- Oui !

Je l’embrasse.

- Pourquoi tu ne m’en as pas parlé avant ?
- J’avais peur.

Et je la comprends puisque je sais exactement ce qu’on peut ressentir quand quelque chose du genre nous arrive et qu’il est si difficile d’en parler aux autres,  à ceux qui nous entourent et nous veulent du bien. Alors sans rien ajouter, je la serre encore plus contre moi et on reste comme ça pendant quelques minutes.

- Il est relativement tôt. Tu veux pas qu’on aille rejoindre la soirée qu’on a organisée au lieu de rester là et de commencer notre nuit ?!
- Oui, mais elle… ?
- Elle est dehors et ne t’inquiètes pas qu’elle a compris où je me tenais dans l’affaire.
- T’as rien fait qui…
- Non, j’ai juste utilisé des mots. Tu sais mon cœur, je sais parler aussi.

Je lui fais un clin d’œil et me redresse avant de la tirer pour qu’elle se mette debout aussi. On rejoint la soirée !
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Okashi

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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 15:56

Chapitre 17 : Tout va bien… Mais il suffit de peu…

EXT. GRECE : ILE DE SANTORINI – JOUR

Mon Dieu que ça fait du bien. Des vacances. On a décidé de se prendre une semaine loin du quotidien pendant les vacances de Février. On a trouvé le coin parfait sur l’île de Santorini en Grèce. Je me sens comme dans le film Quatre filles pour un jean (ouais, je sais, vive la référence !). Les maisons blanches aux toits bleus, les rues pavées qui montent et descendent au rythme des reliefs de l’île, c’est magnifique.

- Tu veux pas qu’on emménage ici pour toujours ? Me demande Elly de façon enjouée.
- Si, on pourrait traîner tout le temps au soleil, manger du poisson avec des fruits et légumes frais tous les jours. Si, viens, on reste…
- On apprend le Grec et on se fait notre place ici.

On arrive enfin près d’une falaise où il est possible de se jeter dans la mer. D’ailleurs, d’autres jeunes sont déjà là. On s’assoit un peu en retrait pour profiter du moment. Je dois bien avouer qu’après plusieurs mois un peu compliqués, je suis bien contente de me poser quelques jours, que ce soit juste Elly et moi, pas de boulot, pas de prises de tête, pas de quotidien. Juste Elly, moi, le soleil et la mer.

- On pourrait monter un business. Tu vois quoi ? Resto français ?
- Non, j’ai mieux, ajoute Elly. Cours de pétanque…
- Grave, là on va faire fureur ! Tous les grecs vont se précipiter à notre porte pour apprendre LE jeu, quoi !
- On va devenir riches et célèbres sur cette île.
- On s’y met de suite ?
- On va y réfléchir... Viens, on va sauter.

Elle se lève et me prend la main pour me tirer et me mettre debout. On se dirige vers le rocher où sont les autres personnes. On s’incruste un peu en les saluant et au fur à mesure qu’ils sautent, notre tour arrive. On saute ensemble en se tenant la main. On sympathise avec quelques uns d’entre eux dans l’après-midi et on finit tous dans un bar à boire des cocktails à la fin de la journée.

INT. HOTEL : CHAMBRE – NUIT

J’ouvre la porte et pousse Elly a l’intérieur avant de rentrer à mon tour et de refermer la porte derrière nous. Je plaque Elly contre le mur le plus proche et pars à l’assaut de sa bouche. Je n’ai rien d’autre en tête qu’elle à ce moment-là. Je vois juste ses yeux, son visage et je devine son corps que je n’ai pas encore dévêti. Je l’embrasse passionnément, utilisant mes lèvres pour ouvrir les siennes et glisser ma langue entre nos bouches pour aller trouver la sienne. Mes mains enserrent son cou et je les laisse glisser sur ses clavicules, ses seins, sur lesquels je reste un peu plus longtemps en mettant un peu plus de pression jusqu’à lui extirper un gémissement. Puis je continue ma descente le long de son ventre pour finir par attraper le tissu de son t-shirt et le lui enlever. Elly n’est pas en reste et fait de même avec le mien et on se retrouve finalement peau contre peau. Juste être à son contact comme ça m’électrise, je passe mes mains sur ses fesses et l’encourage à sauter dans mes bras, ce qu’elle fait. Je nous guide jusqu’au lit et la laisse tomber sur le dos une fois arrivées. Avant de m’étendre sur elle, je me dépêche de lui enlever son pantalon et son boxer puis j’enlève les miens. Je monte ensuite sur le lit, je l’embrasse sur le ventre et remonte le long de son buste en l’embrassant. Je m’arrête sur chaque sein sur lesquels je passe quelques instants avant de remonter encore pour l’embrasser. Je glisse mes mains sur son corps et je laisse aller mes envies, je veux l’aimer comme jamais et je vais faire tout ce qu’il est possible de faire pour lui montrer à quel point je l’aime. C’est donc tout naturellement que je m’attelle à faire monter le désir en elle pour l’emmener au bout du plaisir…

***

Je suis réveillée par quelques coups sur la porte. Je lève la tête et regarde l’heure. 10:30. Quoi ? Déjà ? C’est vrai qu’on avait demandé le petit-dej dans la chambre pour le dernier matin, ça doit être ça… Je m’extirpe de sous le corps d’Elly qui dort à poings fermés… Cette capacité qu’elle a de ne pas se réveiller, ça m’impressionne toujours. Si on devait avoir des enfants un jour, je me demande comment elle ferait. J’aime à me dire que son instinct maternel se réveillerait… Wow, mais dans quoi partent mes pensées de bon matin… J’ai 20 ans… Pas prête à avoir des mômes moi ! Enfin… J’attrape une robe de chambre que j’enfile et vais ouvrir. Je tombe nez à nez avec un gars qui doit être dans la même tranche d’âge que nous et qui me flashe son plus beau sourire. Je le laisse entrer et il va poser le plateau sur la table. Une fois le plateau posé, il peut à nouveau lever les yeux, puisqu’il n’a plus à se concentrer pour ne rien renverser et c’est là qu’il voit Elly. Je le vois qui se retourne d’un coup comme pour être certain que… Que quoi ? Que je sois toujours là ? Que je sois la fille qui ait ouvert la porte et pas celle qui dort ? Ou que je sois un gars ? (Il a dû se dire qu’il avait vraiment la tête dans le c** quand j’ai ouvert et qu’il m’a vue, hihihi)... Il réagit un peu comme si quelqu’un lui avait fait une drôle de blague. Mais son cerveau se réveille enfin et c’est en rougissant qu’il me bafouille un « Goodbye and have a good day » et qu’il quitte la chambre. Moi qui voulais lui donner un pourboire, j’ai loupé le coche je crois.

Peu importe, je vais me glisser contre Elly et je commence à dessiner des formes invisibles sur son dos ainsi qu’à déposer de légers bisous sur sa peau nue et douce. Je peux sentir grâce au changement de rythme de sa respiration qu’elle commence à se réveiller. Il lui faut quelques secondes pour bouger et elle se retourne et vient s’accrocher à mon cou. J’embrasse son épaule et me tourne un peu pour être sur le dos et l’attirer sur moi.

- T’as bien dormi babe ?
- Oh que oui…
- Tant mieux… Le petit-dej est arrivé.
- Déjà ?
- Et oui, il est 10:30 passé…
- Nooon, ça veut dire qu’on doit rentrer.
- On a encore quelques heures.
- Oui, mais c’est aujourd’hui qu’on doit rentrer.
- Oui, mais c’est pas encore fini. Reste dans le moment présent et il nous reste encore quelques heures. C’est mieux que de penser déjà à « dans quelques heures »… Tu vois ce que je veux dire ?
- Oui officier, je vois ce que vous voulez dire.

Elle rapproche son visage du mien et fait glisser ses lèvres sur les miennes.

- Tu m’embrasserais là maintenant ? Me demande-t-elle.
- Pourquoi tu poses la question ?
- Parce que je veux que tu m’embrasses. J’aime quand tu m’embrasses.
- Alors je vais me forcer à assouvir les désirs de madame.

Elle me donne une petite claque.

- Moi c’est mademoiselle encore.

Je pensais que j’avais reçu la claque parce que j’avais dit que j’allais me forcer et c’est même pas ça qu’elle a retenu. Elle me fait marrer. Mais c’est pas grave, je relève un peu la tête, capture ses lèvres et je guide le baiser en allant doucement au début. Je veux juste la goûter puis au fur et à mesure, j’y mets de plus en plus de passion et je nous retourne pour être au dessus d’elle.

- Tu fais pas partie de toutes ces « madames » qui veulent se faire appeler madame et pas mademoiselle alors ?
- Non, pour moi c’est dans la tête et à 25 ans, je suis pas une madame.
- Bien m’dame.
- Arrête !
- Sinon quoi…
- Sinon… Tu te souviens d’hier soir ?
- Hun hun…
- Sinon ça…
- Je vais peut-être pas m’arrêter alors…
- A tes risques et périls mon amour.

INT. AEROPORT – SOIR

Quand on arrive à l’aéroport, c’est Evelyne qui nous attend. Quand elle nous voit, elle nous accueille à bras ouverts.

- J’en vois deux qui sont bien bronzées. Vous avez bien lézardé au soleil ?
- Oui, et moi j’en vois une qui a la marque des lunettes. La neige a été bonne ?
- Oh que oui… Johan vous passe le bonjour d’ailleurs.
- Comment il va ?
- Bien. En ce moment, ils ont les missions d’entraînement dans la montagne, c’est pas facile, mais ça va.
- Cool.
- On y va ? Nous demande-t-elle.
- C’est parti…
- Vous reprenez le boulot quand ?
- Lundi pour moi, je réponds.
- Je reprends la semaine qui suit, quand les vacances scolaires se termineront, ajoute Elly.
- Y a des chanceuses, taquine Evelyne.
- Et oui, pour approuver ce que tout le monde pense, j’ai choisi mon métier pour les vacances scolaires.
- Une vrai flemmarde ma chérie, dis-je en l’embrassant sur la joue.
- Que voulez-vous ?! Conclu Elly.

INT. CHEZ NOUS : CHAMBRE – NUIT

Evelyne nous a déposées et on a juste posé nos affaires, sauté dans la douche et au lit… En tout cas pour moi. J’ai juste une envie, c’est de dormir. Depuis le réveil, ce matin, on a passé une demi-heure en bus, quarante-cinq minutes entre Santorini et Athènes, un peu plus de six heures entre Athènes et chez nous plus la route jusqu’à l’appartement. Je suis cassée… J’ai même pas eu la force de manger en sortant de la douche. Elly a décidé d’aller prendre un morceau et j’étais déjà en route vers l’autre monde quand elle est venue se mettre au lit parce que je l’ai à peine sentie se glisser entre les draps, éteindre la lumière et me serrer dans ses bras. Et à partir de là, plus rien…

***

Quand je me réveille, il est 6:15 environ. Je sors du lit sans réveiller Elly, j’enfile rapidement mes affaires de sport, attrape mon sac de sport qui est prêt (je l’avais préparé avant le départ pour Santorini, je suis une barge) et je pars.

INT. CLUB DE BOXE – PLUS TARD

Depuis que je travaille officiellement, j’ai joint un bon club de boxe. Je n’ai pas encore fait de combat officiel, mais j’ai pris un entraîneur avec qui je m’entraîne deux fois par semaine dont une fois le samedi matin. En plus de ça, je fais des entraînements seule ou avec des gars du club. Et j’ai progressé. Je peux vraiment sentir la différence. Ça a été particulièrement difficile par contre parce que j’ai dû désapprendre ce qu’on avait appris avec Johan pour repartir sur de nouvelles techniques.

Ce matin, ça va être tendu parce que j’ai la tête dans le c** et que le père Grumpy Bear (c’est comme ça que j’appelle mon entraîneur à cause de sa carrure, de sa mauvaise humeur constante et surtout du fait qu’il a un air du grumpy cat ^^) semble particulièrement de mauvaise humeur. Beh tiens donc, pour changer ! Je vais me faire gueuler dessus, je n’ose même pas imaginer comment.

Bon ben, c’était ça… Après m’avoir gueulé dessus pendant 1h30 (je ne le prends plus perso), mon cher entraîneur vient me voir pour me dire que j’ai fait un bon entraînement. Ben voilà, ça, c’est dit, il a enfin admis ce qui coule de source… Je ne me vante jamais...

- Je pense que t’es prête à commencer des combats de temps en temps.
- OK. Tu me proposes quoi ?
- Le weekend prochain, samedi soir, il y a un évènement dans un club du coin. Je pense qu’il y a une candidate qui peut te convenir et que tu peux mettre au tapis.
- Tu peux m’inscrire direct ?
- Oui. Si t’es OK, je les appelle dès l’ouverture et je signe ton nom.
- OK, alors. Tu m’envoies un texto quand c’est sûr ?
- Oui, allez, va te détendre. Et pense à aller faire un massage à l’occasion. Il faut que tu relaxes un peu tes muscles, t’es tendue comme une arbalète.
- Oui chef !

INT. CHEZ NOUS : SALON – PLUS TARD

Je rentre dans l’appartement et je trouve Elly emmitouflée dans la couette, sur le canapé, à regarder… tadaaam… Frozen. Je vais vers elle et embrasse le dessus de sa tête.

- Tu gardes ma place au chaud, j’arrive.
- Oui, mais si t’es trop longue je la donnerai à la première venue.
- Je serai rapide comme l’éclair… Dans l’infini et l’au-delà.

Je l’entends rire alors que je vais vite à la salle de bain. Je reviens quelques instants plus tard, fraiche et à nouveau en pyjama, j’attrape une banane dans le panier à fruit et vais m’allonger sur le canapé, ma tête sur les cuisses d’Elly. Elle se met à me masser la tête et un truc est sûr, je n’ai pas regardé le film bien longtemps, je me suis rendormie…

Je suis réveillée à la fin du film quand Elly se met à bouger. Elle soulève ma tête, se lève et remplace ses cuisses par un coussin.

- Tu vas où ?
- Juste me refaire un thé. Tu veux quelque chose ?
- Un chocolat chaud s’il-te-plaît babe.

Je referme les yeux et je l’entends s’éloigner. Quand elle revient, je m’assieds, écarte un bras avec la couette pour qu’elle vienne s’installer et récupère le chocolat qu’elle me tend avec l’autre main. Côte à côte en train de savourer nos boissons chaudes de ce matin de fin d’hiver, on profite du moment ensemble et on décide de se mettre un autre dessin animé. Allez, cette fois notre choix se porte sur Les Cinq Légendes qui est un dessin animé que je pourrais regarder une fois par mois.

INT. AUTRE CLUB DE BOXE – SOIR

Le jour du tournoi… Grumpy Bear a réussi à m’inscrire et me voilà prête, enfin tout est relatif, à combattre pour la première fois depuis que je me suis faite démonter quand j’étais encore au lycée. Encouragée par mon entraîneur et par la foule, je grimpe sur le ring en même temps que mon opposante. Et là, ô ironie du sort, c’est la même fille que j’ai combattue cette dernière fois. Celle-là même qui m’a éclaté la face. Cette fois-ci, je suis bien déterminée à la vaincre et j’ai l’entraînement adéquat pour ne pas me faire miner. C’est MOI qui vais mener la danse, c’est comme ça ! Et c’est tout !

Elly est venue ainsi qu’Aurore, Claire et Olivier. J’aurais aimé que Johan soit là pour me voir combattre, mais je vais faire avec… ou sans plutôt. Timéo, un collègue avec lequel je m’entends bien, a décidé de se joindre à nous pour la soirée…

Quand la sonnerie résonne dans la salle, le combat commence. Je ne sais pas si elle m’a reconnue, mais elle attaque d’un coup comme cette fois-là. Je ne me suis pas laissée avoir. Une petite feinte et un bon coup dans les reins et c’est elle qui commence par avoir mal la première. Elle revient à la charge, mais j’arrive encore à l’esquiver et elle se prend un bon uppercut sous la mâchoire ce qui la fait reculer de quelques pas. J’ai le temps grâce à ça de fondre sur elle et de lui mettre quelques coups qu’elle ne parvient pas à bloquer totalement. La seconde sonnerie retentit et je vais dans mon coin. Grumpy Bear m’enlève le protège-dent et me donne à boire.

- C’est bien, tu arrives à la tenir loin de toi et t’es assez rapide. Continue comme ça et essaie de la fatiguer si tu peux pour ce round. Economise toi pour le dernier.

Je hoche la tête, il replace le protège-dent dans ma bouche et un instant plus tard la sonnerie résonne à nouveau. Je me redresse rapidement et me place au centre du ring. Quand le deuxième round est lancé, elle me fait le même coup que la première fois. Au lieu de l’éviter, je protège ma tête de ses coups pour la laisser se fatiguer un maximum. Elle peut taper comme elle veut, elle ne me fait pas mal… Et je sens sa puissance diminuer après quelques instants comme ça alors dès que je perçois une ouverture, je lui décroche un bon jab dans le ventre, ce qui lui coupe le souffle et l’arrête dans ses mouvements. La sonnerie retentit quelque temps plus tard et j’ai toujours l’avantage. Je retourne vers Grumpy Bear qui s’occupe de moi.

- C’est nickel, tu sais ce qu’il te reste à faire. Mets-y le paquet.

Quand la sonnerie nous donne le signal pour le troisième et dernier round, je ne lui laisse pas le temps de comprendre ce qui lui arrive, je lui envoie un bon jab dans la face suivi d’un hook qui la transporte. La pauvre, je pourrais presque voir le ralenti comme dans un film. Mais je ne me laisse pas attendrir, elle a eu son tour, à moi. Et donc pour ne pas lui laisser de répit, je lui décroche un second hook. Elle recule sous l’impact, mais elle n’est pas assez sonnée et elle revient à la charge. Je l’esquive encore une fois et décroche un jab, mais elle se colle à moi. On reste comme tel quelques secondes avant que l’arbitre vienne nous séparer. J’observe la fille sans baisser les yeux et c’est du coin du regard que je vois le signal de l’arbitre qui nous dit de repartir. Je vois ses yeux m’analyser et avec la concentration, je peux presque voir quel sera son prochain move. Et j’ai raison, elle balance un jab que je contre, suivi d’un uppercut que j’esquive et je lui décroche le dernier hook qui va la mettre au tapis. Une fois au sol, elle n’est pas K.O., mais elle ne se relève pas. L’arbitre finit de compter ses secondes au sol en même temps que la sonnerie annonce la fin du combat. Je sors vainqueur de ce combat. L’arbitre attrape mon bras et le met en l’air. Bon, je dois avouer, heureusement qu’il tient mon bras parce que je ne pense pas pouvoir le tenir en l’air moi-même. C’est que j’ai moins d’énergie là…

Je m’échappe du ring et je suis félicitée par Grumpy Bear qui me sert dans ses bras et c’est la première fois depuis que je le connais que je vois un sourire complet sur son visage. Ça me fait tout bizarre de savoir que j’en suis la cause. Elly et les potes s’approchent de moi pour me féliciter, mais cette fois, aucun d’eux ne me sert dans leur bras, pourtant ce n’est pas faute d’essayer de les attraper, mais ils se défilent tout le temps... Je fais la moue boudeuse, mais ça ne marche pas… Pourtant, j’ai pris une douche avant le combat, j’le jure… Hahaha, je suis trop drôle…

- Bon, je vais me laver et on se retrouve au bar ?
- OK, dit Aurore.

Aurore et Timéo sont les premiers à partir. Est-ce qu’on aurait un nouveau petit couple en vue ? Match maker sans le vouloir… Smile .

- Je t’attends, dit Elly.
- T’es sure ? Tu peux y aller aussi si tu veux, je vous rejoins.
- C’est bon, ajoute Olivier. On reste là le temps que tu finisses.
- Bon, je me dépêche alors.

Je prends mes gants et les bandes que j’avais enlevés et je pars vers les vestiaires. Après quelques pas, je fais demi-tour et reviens vers Elly.

- T’as vu, j’ai gagné ?! Je lui dis comme une gamine.

Elle me sourit, je lui fais un bisou rapide et pars vite aux vestiaires.

INT. BAR – PLUS TARD

Le bar est gay friendly. Thank God pour nos potes parce que je ne suis pas d’humeur à me retenir envers Elly ou à gérer les regards des autres. Trop d’adrénaline et d’endorphine circulent encore dans mon corps, je pourrais monter au créneau rapidement et je n’ai pas envie de mettre les autres dans l’embarras…

On va s’installer avec Aurore et Timéo qui sont déjà en grande conversation et on commande à boire. Je prends une bière, ça me suffira pour la soirée, je pense et je le fais savoir à Elly.

- T’es sure que tu ne veux pas t’amuser un peu ?
- Je m’amuse babe, t’inquiète pas, profites en. Avec le sport, je ne le sens pas trop de toute façon.
- OK, je me fais plaisir alors…
- Ouais ouais, vas-y. Je ferai Sam pour changer.
- T’es con.
- Ah ouais ?! Fais toi pardonner pour ça…

Elly m’embrasse alors sans retenue.

La soirée est sympa, tout le monde s’amuse, l’ambiance est bonne. Je suis contente du groupe dans lequel on est. Tout le monde est ouvert et fun, ça permet de se détendre comme il faut sans se prendre la tête. Simplement vivre en fait… Et ce que je constate, c’est que Timéo c’est bien intégré à notre groupe. Hum… Il est en train de se faire manger la bouche par Aurore qui est un peu imbibée. Je donne un léger coup de coude à Elly et lui montre le nouveau couple d’un signe de tête.

- Pas trop tôt, j’allais l’inscrire à un truc de speed dating, dit-elle.
- Je l’avais déjà inscrite à un site de rencontre en fait, ajoute Claire.

Elly a les yeux comme des billes et j’éclate de rire. Claire a de ces idées parfois, elle est extra. Elle fait ce qui lui passe par la tête, c’est hallucinant. Pas de chichis, les choses doivent être faites. MDR !

Après la passe DJ, un groupe s’installe. Quand ils commencent à jouer, je suis tout de suite branchée par le genre de musique qu’ils jouent. Je me lève pour aller danser et j’attire Elly avec moi. Elle se laisse faire, mais une fois debout, elle se tourne pour attraper Claire et Aurore qui attirent les deux mecs à leur tour. Le son déchire, je suis à fond, les autres aussi, c’est le top. Quelques chansons plus tard, ils entament un rythme plus lent. J’attire Elly pour me coller à elle. Elle place sa tête dans mon cou et je sens son souffle chaud sur ma peau. Elle a une jambe entre les miennes et je deviens vachement plus consciente de sa poitrine contre la mienne. Tout ça m’électrise et je me serre encore plus contre elle. Quand elle relève la tête et croise mon regard, elle doit voir tout le désir que j’ai pour elle, car elle m’embrasse avec tendresse comme pour me dire de patienter…

INT. CHEZ NOUS : SALLE DE BAIN– MATIN

Le réveil est dur. Pourtant, je n’ai pas bu plus que ma première bière et un shooter un peu plus tard. Mais le combat d’hier soir doit jouer sa part dans mon état de ce matin. Je suis un peu courbaturée avec quelques points douloureux. J’arrive dans la salle de bain comme un zombie et je trouve Elly endormie à côté des toilettes. Wow, je n’avais même pas remarqué qu’elle n’était pas au lit, je crains. Je m’approche d’elle et lui caresse l’épaule tendrement pour la réveiller. Elle bouge et je peux voir au regard qu’elle me lance qu’elle a une méchante gueule de bois. La journée va lui paraître longue…

INT. CHEZ NOUS : CHAMBRE – SUITE

J’aide Elly à s’allonger et quand elle se retrouve sur le lit, elle m’attrape par le cou et m’attire à elle. Je me retrouve étalée de tout mon long sur son corps.

- Je me sens pas bien.
- Je vois ça, mais lâche moi avant de me vomir dans le cou.

Elle me lâche et se blottit dans les oreillers. Juste le temps pour moi de me redresser et je réalise qu’elle s’est rendormie. Ça va lui faire du bien. Je l’embrasse sur la joue et lui écris une note rapide que je pose de mon côté du lit.

EXT. PROMENADE : BORD DE MER – PLUS TARD

Je cours, la brise fraîche du matin sur ma peau ravive tout mon corps. C’est le seul moyen pour me réveiller correctement, autant sur le plan physique que psychique. J’avais trop du mal ce matin et une petite course lente me fait le plus grand bien…

INT. CHEZ NOUS : SALLE DE BAIN – PLUS TARD

Je rentre dans la salle de bain sans chercher à savoir où est Elly, la pensant encore au lit, mais je la trouve dans un bain chaud.

- Et moi qui espérais prendre une bonne douche chaude pour me réchauffer.
- Le bain est chaud aussi tu sais, dit-elle avec un sourire coquin dessiné sur le visage.
- Hmm, qu’est-ce que tu insinues là ?

Je m’approche du bain, me mets à genou à côté d’elle et me place à quelques centimètres de son visage.

- Qu’est-ce que tu crois ? Continue-t-elle en venant caresser mes lèvres des siennes.
- C’est ce que je pensais, je voulais juste en être certaine.

Je me lève, enlève mes vêtements et me plonge dans le bain avec elle. Je me glisse derrière elle et la serre dans mes bras. Je lui caresse les bras et lui fais des bisous dans le cou, mais je ne cherche pas plus parce que je sais qu’elle n’est pas en état. Je profite juste de sa présence, de sa peau contre la mienne, de son odeur, de sa chaleur et je sais qu’elle est bien, c’est tout ce qui m’importe.

- Je t’aime, murmure-t-elle doucement alors que je l’embrasse derrière l’oreille.

J’aime quand elle me dit ça, mon cœur se met à battre la chamade et ma respiration s’accélère légèrement. Je me demande constamment si elle aura cet effet sur moi pendant longtemps encore. J’espère que ça ne s’arrêtera jamais…

- Ça va ? Me demande-t-elle.
- Oui.

Je prends quelques secondes pour calmer ma respiration.

- Pourquoi ?
- Ton cœur s’emballait.
- Tu as cet effet sur moi sans rien faire. Imagine quand tu me dis des choses comme ça.

Je sens son corps vibrer avant que le son de son rire ne se fasse entendre.

- Je peux te le dire encore si tu veux ?!
- Tu peux le dire autant que tu veux !

Elle tourne sa tête vers moi au maximum de ses capacités « hibou » et alors qu’elle s’apprête à me redire ces deux mots magiques, je l’embrasse. Je ne pouvais pas résister plus longtemps. Elle répond à mon baiser en disant à travers lui, ce qu’elle n’a pas eu le temps de me dire de vive voix.

On reste dans le bain un bon moment. Elly s’est même assoupie alors que je dessinais toutes sortes d’arabesques sur sa peau. Je commence à en avoir marre, et même à avoir un peu froid, je la « réveille » donc…

- Babe, redresse-toi, je sors.
- Déjà ?
- Ça fait bien deux heures qu’on est là-dedans.
- Mais noneuhhh…
- Mais sieuhhhh…

Je l’embrasse et la repousse pour sortir. J’attrape une serviette et m’enroule dedans.

- Tu ne devrais pas rester trop longtemps encore. Tu vas attraper la mort.
- Aide moi alors.

Elle me tend les bras. Comme un enfant ferait pour qu’on le soulève. Je l’aide donc à se redresser et l’attire à moi pour la serrer dans mes bras et la sortir du bain.

- Une vraie môme, je lui murmure à l’oreille.
- J’aime quand tu t’occupes de moi.

Sans la lâcher, j’attrape le peignoir à portée de main et lui place sur les épaules.

- T’as de la chance, j’aime m’occuper de toi…

Je vois de la malice dans ses yeux et un sourire charmeur apparaît sur son visage.

- Et avec une tête comme ça, tu vas me hurler d’arrêter parce que je m’occuperai tellement de toi que tu n’en pourras plus.

Elle me retourne, face vers la porte et me pousse en retenant ma serviette. Je me retrouve donc nue face à elle. Je me retourne en lui faisant un regard mi-amusé/mi-noir, mais elle semble encore plus joueuse…

- Passe devant, me dit-elle, je regarde le paysage.
- Et toi, tu restes là ? Lui dis-je, provocante.

Toujours face à elle, je marche à reculons en passant mes mains sur mon ventre puis en les descendant très lentement vers mon entrejambe. Je lui lance un regard séducteur et passe ma lèvre inférieure entre mes dents. Quelques secondes plus tard, elle est collée à moi et me pousse jusque dans la chambre…

INT. CHEZ NOUS : CHAMBRE – SUITE

On y a passé le reste de la journée jusqu’à ce que la faim nous pousse à commander une pizza en fin de soirée.

Alors que ça sonne à la porte, j’enfile vite le peignoir d’Elly, attrape mon portefeuille et vais à l’entrée.

INT. ENTREE APPART./COULOIR EXT. – SUITE

En ouvrant, je tombe nez à nez avec une jeune femme d’à peu près mon âge. Elle me tend la pizza… Je la prends et la pose sur la table près de la porte.

- Merci, dis-je. C’est combien ?
- 15€85.

Je récupère l’argent dans mon portefeuille et réalise que je n’ai que dix euros.

- Elly, t’as pas dix euros, s’il te plaît ?
- Une seconde !

Elly arrive quelques secondes plus tard, en sous-vêtements, et m’apporte le reste de l’argent.

- Merci.

Elle lance un « bonsoir » à la fille et va au salon en emmenant la pizza. Alors que je donne l’argent à la livreuse, je remarque son regard sur Elly. C’est un regard dédaigneux et dégouté.

- Quoi ?

Elle me regarde de haut en bas avant de répondre.

- Rien !
- Ouais, c’est ça…

Je m’apprête à fermer la porte quand je l’entends marmonner. Je rouvre la porte violemment et m’approche d’elle.

- Répète ça !
- T’approches pas de moi !
- Pourquoi, t’as peur de quoi, hein ?!

Le ton monte. Je sais que je peux faire peur quand je m’énerve et je la vois reculer, mais j’en prends un malin plaisir pour une fois.

- Mon cœur ?

Elly sort de l’appartement alors que je me trouve à quelques centimètres du visage de cette fille.

- Qu’est-ce qui se passe ici ?

Il n’en faut pas plus pour que je recule, réalisant ce que je m’apprêtais à faire, c’est-à-dire lui coller mon poing dans la gueule ! La livreuse s’éloigne rapidement en marmonnant.

- Sale gouinasse !

C’en est trop, je me retourne et en quelques secondes la rattrape et la colle au mur, mon avant-bras sur sa gorge.

- Je vais pas être violente, lui dis-je d’un ton mal maîtrisé, mais si je te revois et que tu ne fais que lancer un regard dans ma direction, j’te démonte.

Je sens une main sur mon bras qui assouplit l’emprise que j’ai sur la fille. Celle-ci me regarde, défiante, mais s’éloigne à reculons.

- Je connais du monde, ajoute-t-elle.
- Et moi je suis Gendarme ! Cours !

Je fais un pas en avant, elle tourne les talons et s’en va rapidement. Je sens les mains d’Elly sur mes épaules et elle me guide vers l’appartement. Je fulmine, j’ai les poings et la mâchoire serrés et j’essaie de réguler ma respiration qui s’était emballée.

INT. CHEZ NOUS : SALON – SUITE

Une fois que nous sommes de nouveau dans l’appartement et que la porte est refermée, Elly me sert dans ses bras et me caresse le dos. Je suis particulièrement tendue et il me faut du temps pour que je commence à me relaxer. Finalement, c’est un baiser qui finira le job.

- Ça va mieux ?
- Oui, lui dis-je. On la mange cette pizza ?!

Elle me prend la main et me tire vers le salon.

Finalement, le reste de la soirée est détendue et agréable. On s’amuse, on rigole et on arrive même à rire de l’incident de plus tôt…

On regarde un film, mes jambes sont nonchalamment posées sur les genoux d’Elly. Je peux la voir regarder le TV, absorbée par ce qu’il se passe à l’écran. En ce qui me concerne, je n’arrive pas à me concentrer. La haine de cette livreuse de pizza envers nous me torture l’esprit. Je me repasse les images en boucle dans la tête, mais je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi certaines personnes éprouvent tant de haine envers les homosexuels. Qu’est-ce qui, en nous, peut les déranger autant ? On ne fait rien de mal, on ne vit pas avec ces gens et donc on ne peut pas les gêner dans leurs vies de tous les jours. J’ai beau me poser les mêmes questions régulièrement depuis mes quinze ans, depuis que je ne suis plus dans la vie de mes parents, mais je ne trouve pas de réponse. Je ne comprendrai jamais je suppose. Je suis tirée de mes rêveries en sentant une pression sur ma jambe.

- Ça va ? Me demande Elly.
- Hun hun.

Je me tourne vers la télé histoire de ne pas engager la conversation.

- Mon cœur, qu’est-ce qui se passe ?

C’est sans compter la ténacité de mon amour… Je l’aime, je l’aime à la folie, passionnément… Mais quand elle veut quelque chose, quand elle veut une réponse, elle va faire tout pour l’avoir… Et là, je marche sur des œufs. Et oui, je ne lui ai toujours pas avoué pour mes parents. Elle ne m’a jamais posé de questions. Je ne sais pas si elle se doute de quelque chose. Je ne sais pas ce qu’elle pense… Rien. Et pourtant, je veux lui dire, mais j’ai toujours cette appréhension. Cette peur du jugement, du rejet, de ne pas être celle qu’elle veut, celle qu’elle pense connaître… Je sens qu’il va falloir en parler plus tôt que tard maintenant… Mais pas de suite… Un jour !

- Tu peux tout me dire tu sais.
- Je n’arrive pas à me sortir cette connasse de la tête.
- Je comprends…
- Qu’est-ce qui répugne les gens comme ça ? Qu’est-ce qui est si différent en nous que ça suscite la haine de ces gens ?
- Je sais pas mon cœur, murmure-t-elle.

Elle vient se placer par-dessus moi, posant son corps contre le mien, mais tout en gardant son poids sur le côté. Je viens finalement croiser son regard et je caresse sa joue doucement. On ne dit rien pendant un instant. Elle n’a pas plus la réponse que moi. Je réalise que si je veux des réponses, il faudrait probablement que je demande à ces mêmes personnes qui nous détestent. Ceux-là même qui seraient prêts à tuer les homosexuels, à les torturer, les emprisonner. Ceux-là doivent savoir ce qui les gêne en nous, ce qui en nous les rend mals à l’aise et violents.

- Hey, chuchote Elly.

Je sens ses doigts glisser dans mon cou et ses lèvres joignent les miennes en un baiser chaste.

- Ne te prends pas la tête. Ces gens sont juste préhistoriques.

Mes parents, ma mère, particulièrement, sont des sauvages préhistoriques alors. Peut-être que je devrais aller la voir un jour pour avoir mes réponses. Elle devrait savoir. Quoi que, ma mère me dira probablement que c’est contre la religion, mais elle n’aura pas ses propres arguments. Parce qu’elle ne sait pas. Elle ne sait pas pourquoi elle ne m’aime pas, pourquoi elle ne m’accepte pas. Je me demande d’ailleurs si elle pense à moi, si elle m’aime en tant que  « sa fille », mais qu’elle n’accepte pas qui je suis.

- Mon cœur ?

Je la regarde à nouveau et je vois l’inquiétude dans ses yeux.

- Ça va, dis-je.

Elle ne me lâche pas du regard.

- Vraiment ! Ne t’inquiète pas, c’est… ça fait juste remonter de mauvais souvenirs. Ça va passer.

Cette fois, c’est moi qui relève la tête pour l’embrasser. Un jour, je lui expliquerai tout. Un jour, je me ferai assez confiance pour parler… Un jour…
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Okashi

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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 16:00

Chapitre 18 : Dans ma gueule !

Et ce que je n’avais pas réalisé, c’est que ce jour allait arriver plus vite que prévu…

INT. CHEZ NOUS : SALON – MATIN

Comme à mon habitude, je rentre de mon jogging et je suis fraîche. Littéralement. Il fait assez frais ce matin que ma peau est super froide. Quand j’entre dans le salon, je vois Elly, en pyjama, c’est-à-dire en boxer, qui est debout en train de récupérer du linge sur l’étendoir. Je vais me coller contre elle et elle a un mouvement de recul alors je passe vite mes bras autour d’elle pour la maintenir contre moi.

- Sam, lâche moi !

Elle essaie de se débattre, mais je ne bouge pas.

- Mais je t’aime, lui dis-je avec une voix de gamine.
- M’en fous, lâche moi !

Je desserre un peu mon emprise sur elle et fait glisser mes mains sur son dos jusqu’à ses fesses. Elle ferme un peu les yeux et soupire. J’approche ma bouche de son oreille, prends son lobe en bouche et le suçote avant de descendre le long de sa mâchoire en lui donnant de petits baisers. Je sens qu’elle lâche prise doucement, mais il y a toujours une résistance alors je la retourne et colle ma bouche contre la sienne. Elle répond à mon baiser avant de se détacher.

- On a dit qu’on allait tôt au marché aujourd’hui.
- Non, tu as dit.
- T’as accepté.
- Et là je pensais faire autre chose, dis-je avant de l’embrasser à nouveau.

Elle résiste et me repousse encore alors je continue de lui caresser les fesses d’une main et remonte l’autre pour la placer sur sa nuque et l’attirer à moi. Et encore une fois, elle se défile.

- T’es une vraie rabat-joie ce matin.
- C’est pour ton bien. Sinon tu ne penses qu’à ça.

Elle se libère de mon emprise et se dirige vers la chambre. Je la suis tout en me déshabillant.

- Personne n’a dit que c’était un problème.
- Si, moi quand ça devient extrême.
- C’est pas extrême d’abord, dis-je boudeuse.
- Oh ? Vraiment ?

Elle a son petit sourire en coin de « madame, je sais tout », j’ai juste envie de l’attraper et de la pousser jusqu’au lit. Comme elle me connaît, elle a dû le voir sur mon visage et fait un mouvement de recul.

- N’y pense même pas.
- T’es nulle !

Je croise les bras et la regarde d’un air affligé.

- Ne fais pas cette tête gamine. Je t’achèterai des fraises va…
- Je suis pas enceinte.
- Encore heureux… Allez, va te préparer, qu’on y aille.
- J’ai pas envie d’aller au marché.
- T’as envie de rien.
- Si, de toi !

Et je m’avance vers elle et la pousse contre le mur qui est derrière elle.

- Tu sais, tout ça s’est de ta faute, lui dis-je.
- Ah ouais ? Le fait que tu sois une obsédée, c’est ma faute ?
- Si t’étais pas désirable comme ça aussi…
- Allez, bouge !
- Donne moi un instant !
- Non !
- Je sais utiliser ma langue rapidement et efficacement.
- Dégage !
- T’es vraiment pas drôle… Allons-y au marché, que je t’achète des aiguilles à tricoter et de la laine.

J’ai juste le temps de reculer pour éviter sa main. Je lui tire la langue et vais dans la salle de bain.

EXT. EN VILLE – PLUS TARD

Le marché est blindé de monde et j’ai envie de partir en courant. Mais je suis avec Elly alors je prends mon mal en patience en me concentrant sur elle. Je l’observe, je détaille ses mouvements, sa façon de se mouvoir dans la masse. Ça m’occupe et ça me permet de ne pas trop penser à l’endroit où je suis. S’il y a bien une chose qui nous rend différente, c’est cette aisance qu’elle a dans la foule alors que ça me met mal à l’aise et que ça me fatigue. Beaucoup plus que de passer des heures à faire du sport d’ailleurs.

Elly avance tranquillement alors que mon regard est attiré par des bonnets sur un stand. Je m’arrête pour regarder un peu les modèles et lorsque je lève les yeux, je réalise qu’Elly n’est plus dans mon champ de vision. Je me retourne un peu rapidement et percute quelqu’un.

Lorsque je relève la tête pour m’excuser, mon sang ne fait qu’un tour. Je le regarde, il me regarde. Il a l’air aussi mal à l’aise que moi. Mon cœur bat la chamade et je sens ma tête qui tourne. Je recule d’un pas sans le lâcher des yeux. Mon esprit est vide. Je ne sais plus quoi faire… Les secondes paraissent des heures…

- Arthur ?

Cette voix… J’ai l’impression d’être prise à la gorge. Je ne peux plus respirer. La nausée me prend. Elle apparaît dans mon champ de vision. Elle me regarde. Elle n’a pas l’air heureuse de me voir. Le temps semble suspendu entre nous trois pendant un instant. Des souvenirs et des sentiments m’envahissent. La peur… La violence… La haine… L’abandon… J’ai quinze ans à nouveau et je suis paumée… Puis mon cerveau reprend un peu de contrôle. Je fais à nouveau un pas en arrière puis je pars en courant.

- Sam ! Crie-t-il.

Je ne m’arrête pas. Je traverse la foule, peu m’importe qui je bouscule. Après quelques minutes, une fois sortie de la cohue, je trouve une allée isolée et m’y engage. C’est là que je me laisse aller. Les sanglots me prennent et je ne contrôle rien. Je ne parviens plus à respirer, j’ai la tête qui tourne et je tombe à genoux. Quelques instants plus tard, je sens une main sur mon épaule. Quand je me retourne, il est là. J’ai un mouvement de recul, mais il me retient cette fois. Je vois à travers mes larmes son visage peiné et ses yeux humides.

- Laisse-moi…
- Je suis désolé Sam.
- S’il-te-plaît, laisse moi…

Il ne bouge pas pendant un instant puis me sert dans ses bras. Les sanglots me reprennent. Ça fait des années que j’attends ça… Des années que je voulais être tenue dans ses bras… Des années que j’avais besoin de me sentir protégée par lui… Mais j’ai mal, je lui en veux et je n’ai que ma colère pour me faire tenir. Je le repousse et essuie mes larmes violemment.

- T’as pas le droit de me dire que t’es désolé maintenant... Pas comme ça alors qu’on se revoit par hasard. T’aurais pu essayer de me trouver avant pour me le dire. T’aurais pu faire ça…

Les larmes coulent de nouveau. Il s’approche, mais je recule. Mon téléphone sonne, c’est Elly. C’est sa chanson favorite que j’utilise pour sa sonnerie et celle-ci me redonne un peu d’énergie.

- T’as été lâche !
- Je sais. Je m’en veux un peu plus chaque jour.
- Je suis sensée prendre ça comment ? Avoir pitié ?
- Non, je ne le mérite pas.

Je le regarde un instant et je peux sentir qu’il lutte. Contre quoi ? Je ne suis pas sure… Peut-être contre lui-même… Sa vie… Ma mère…

- T’étais le seul qui pouvait changer les choses, mais tu l’as laissée faire.
- Je suis désolé.
- Moi aussi !

J’ai le sentiment qu’il veut dire quelque chose alors j’attends. Je n’ai rien à ajouter de toute façon.

- Est-ce que… Est-ce que c'est trop tard pour… pour me donner une seconde chance ?

Si je m’attendais à ça... En fait, ça ne me surprend pas. Mon père sans ma mère, c’est un homme bien. C’est dès qu’elle est autour de lui qu’il n’a plus de personnalité. Même pas assez pour me soutenir alors que je sais qu’il le ferait. Pas assez pour m’aimer comme il le voudrait…

- Je sais pas, lui dis-je honnêtement.
- Je comprends.

Il prend son portefeuille dans sa poche, en sort une carte de visite et me la tend.

- Si tu penses que tu peux et si tu veux qu’on discute de… tout… appelle moi. Je serai là !

Je prends la carte et hoche la tête. Un faible sourire apparaît sur son visage. Il fait un pas vers moi, dépose une bise sur ma joue puis s’en va. Je regarde la carte un instant puis relève la tête pour le regarder partir. Mon téléphone sonne à nouveau, je le prends et décroche.

- Oui ?
- T’es où ? Me demande Elly.
- Je…, dis-je en regardant autour de moi. Je me dirige vers la voiture.
- Ok. Ça va ?
- Hu-huh, pourquoi ?
- T’as une voix bizarre.
- C’est rien. A de suite.

Quand je rejoins Elly, je pense qu’elle voit tout de suite que ça ne va pas. Elle s’approche de moi rapidement et me regarde, inquiète.

- T’étais où ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
- Rien d’important. Viens, on rentre !

Je crois que je sonne plus sure de moi que ce que je suis vraiment à cet instant. Je sens l’adrénaline qui redescend et je tremble, je suis épuisée et je n’ai plus de force. Je donne les clés à Elly qui me regarde bizarrement. Il faut dire ce qui est, j’aime conduire et c’est souvent moi qui prends le volant puisque ça ne la gêne pas de me laisser faire, alors ce retournement de situation doit lui sembler suspect. Malheureusement, je n’ai pas le choix, je ne peux pas conduire dans cet état.

INT. CHEZ NOUS – CHAMBRE - NUIT

Je me vois dans une pièce sombre et je sens que je m’affole. Je cours partout pour trouver la lumière, mais il n’y a que les ténèbres. C’est quand je suis au bord de l’évanouissement que j’entends un rire maléfique et une lumière qui passe sous une porte. Ça attire mon attention et je réalise que la porte est en hauteur. Je suis dans une cave, mais il n’y a pas d’escalier. Le rire ne s’arrête pas, et même s’il me glace le sang, je suis attirée par ce son qui se trouve derrière la porte. Alors j’essaie de grimper en m’accrochant à la terre humide des parois de la pièce, en vain. En plus, je retombe toujours au fond du trou en ayant l’impression de me retrouver plus loin de la porte à chaque fois. La panique augmentant, je sens que je ne parviens plus à respirer. L’envie de pleurer et de crier me prend, mais il n’y a aucun son qui sort de ma bouche et je ressens une pression sur la gorge comme si deux mains m’enserraient comme un étau.

Je me réveille en sursaut, haletante, transpirante et désorientée. Je me redresse rapidement et sans le vouloir, j’embarque toute la couette ce qui réveille Elly.

- Ça va ? Me demande-t-elle d’une voix endormie.

Je ne réponds pas, je me tourne pour m’asseoir sur le bord du lit et je prends ma tête dans mes mains. J’essaie de focaliser toute mon attention sur ma respiration pour me calmer et ça me prend quelques longues secondes avant d’y arriver. Je sens Elly qui m’entoure de ses bras et je sens la chaleur qu’elle dégage. Ça m’aide à reprendre pied, mais rapidement, je me mets à trembler. Elly sort du lit, me prend par la main et me traîne jusqu’à la salle de bain.

INT. CHEZ NOUS : SALLE DE BAIN – SUITE

Elly ouvre l’eau de la douche, attend un instant qu’elle soit à la bonne température puis elle me pousse à l’intérieur et m’y rejoint immédiatement. Elle me sert dans ses bras puis me caresse doucement le dos. Je pose ma tête contre son épaule, mon visage dans son cou. L’eau chaude m’apaise, mais comme je suis à fleur de peau, ce relâchement ouvre les vannes et je commence à pleurer. Ce sont d’abord seulement des larmes, mais une chose en entraînant une autre, je me retrouve rapidement prise de sanglots incontrôlables. Je n’ai même plus la force de tenir sur mes jambes et Elly est obligée de me soutenir tout en nous laissant glisser sur le sol de la douche. Il me faut de longues minutes pour reprendre pied. De longues minutes pendant lesquelles Elly reste près de moi et ne me lâche pas. Une fois que je suis calmée et réchauffée, Elly se lève, ferme l’eau et me tire pour m’aider à me mettre sur mes jambes, puis on sort de là. Elle attrape un des peignoirs qu’on laisse toujours sur le chauffage mural et me le met sur le dos. Mmh, qu’est-ce que ça fait du bien. Elle attrape l’autre qu’elle enfile tout en me regardant, mais je baisse les yeux. J’ai un peu honte d’avoir perdu le contrôle comme ça et de n’avoir rien pu faire d’autre que de la laisser faire.

- Qu’est-ce qu’il se passe en ce moment Sam ?

J’ai envie de lui dire. J’ai même besoin de lui dire maintenant, mais j’ai l’impression d’avoir tellement gardé tout ça au fond de moi, que je ne sais même pas par où commencer. Elle doit voir la lutte qui se passe à l’intérieur de moi parce qu’elle me pousse vers le salon.

INT. CHEZ NOUS : SALON – SUITE

Elle m’indique le canapé, sur lequel je vais m’installer telle un robot pendant qu’elle va à la cuisine. Je l’entends s’agiter et elle revient quelques instants plus tard avec deux tasses de tisane. On commence par boire en silence…

- Sam ?

Je lève les yeux vers elle. Je peux lire dans les siens l’inquiétude, le besoin de comprendre et surtout l’amour qu’elle me porte. Si seulement ce regard pouvait toujours être le même une fois que j’aurai parlé... Je pose ma tasse et je me blottis dans ses bras, un peu brusquement parce qu’elle en renverse presque sa tisane.

- Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Ça fait deux semaines que t’es plus la même. J’ai l’impression que tu disparais sous mes yeux et que je peux rien faire pour t’aider.
- … J’ai peur.
- De quoi ?
- … Je sais pas exactement… J’arrive pas à mettre de mots dessus.
- Alors raconte-moi !

Je lève les yeux vers elle. Je sais ce qu’elle me demande. Ce « raconte-moi », ce n’est plus juste lui parler de mes peurs. Elle veut connaître Sam. La Sam qui a été enfouie profondément. Elle veut la connaître pour pouvoir la comprendre... C’est le moment…

Alors je lui raconte tout… De mon enfance avec une mère religieuse/pratiquante/sectaire qui a toujours préféré écouter les sermons des curés que les besoins de sa fille et de son mari. Je lui raconte toutes les fois où, sans raison, je me suis retrouvée enfermée dans la cave ou allongée sur le lit, le dos en sang d’avoir reçu une « correction » à la ceinture. Je lui raconte les réflexions que j’ai reçues toute mon enfance et le fait d’avoir été forcée d’aller vers l’église et de « la subir ». Je lui explique que mon père était tout pour moi, mais qu’il n’avait pas le caractère assez solide pour tenir tête à ma mère. J’en viens alors à la découverte de mon homosexualité et ce que j’ai traversé à ce moment-là. Le rejet immédiat de ma mère, la violence qui a été accentuée, le défilé des prêtres qui venaient à la maison pour « me soigner » ou « m’exorciser ». Je lui explique que malgré tout ça, je n’ai pas lâché qui j’étais parce que je sentais qu’à ce moment-là, c’était la seule chose que je savais de moi qui me rendait « moi ». Je finis par lui raconter que j’ai fui la maison familiale et qu’après quelques temps à traîner dans la rue, j’ai fini par ranger le peu de fierté qu’il me restait et je suis allée voir Evelyne et Johan (que je connaissais depuis la maternelle) et que chez eux et grâce à eux, j’ai pu me rouvrir aux autres et à la vie. Qu’ils m’ont aidée et sauvée et que je leur dois tout ce que je suis aujourd’hui.

Bien sûr, je finis encore en pleurs, mais cette fois, c’est en grande partie la pression qui redescend. Le soulagement d’avoir enfin raconté mon passé à quelqu’un, à Elly surtout. Mais il y a encore une boule au creux de mon estomac. Une appréhension pour la suite… Pour le moment, aucune de nous deux ne parle, je suis juste dans ses bras et je profite du moment… Va-t-il durer ? Je ne sais pas… Je ne sais pas si le fait de connaître cette partie de moi va changer la manière dont elle me voit. Je ne suis pas prête à la perdre, mais j’ai retenu ces mots pendant tant d’années de peur d’être à nouveau rejetée que je crois qu’une partie de moi est, en fait, prête à subir le rejet à nouveau…

- Pourquoi tu ne m’as rien dit avant ? Demande Elly, me tirant de mes pensées.
- … J’avais peur que tu me vois différemment, que tu penses que…
- Oui, je te vois différemment…

Je retiens mon souffle et ferme les yeux. Nous y voilà…

- Je te vois forte et courageuse, encore plus que ce que je voyais déjà. Tu es sortie de tout ça par ta force de caractère. Je te vois comme quelqu’un qui sait qui elle est et peu importe ce qui est arrivé avant, tu es là aujourd’hui à vivre ta vie et construire ton avenir. Que tu le crois ou non, je t’aime toujours autant Sam, si ce n’est encore plus de savoir que tu as enfin pu t’ouvrir totalement à moi.

Avec ces mots, la pression redescend encore d’un cran. Les sanglots montent et je pleure dans ses bras. Je me libère d’un poids que je transporte depuis plusieurs années et il me faut de longues minutes pour me calmer. Mais ça fait du bien, et je suis avec la femme que j’aime plus que tout.
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Okashi

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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 16:07

Chapitre 19 : Les vents du changement ?

EXT. NATURE – JOUR

Malgré le fait que je me suis enfin ouverte à Elly, elle a dû trouver que je ne suis tout de même pas « moi-même », car elle a appelé Johan et comme il a eu deux semaines de congés, il est venu les passer ici et il a décidé de m’embarquer pour deux jours de rando. On est arrivé hier matin dans les Cévennes et directement, on est parti et on a marché toute la journée. Aujourd’hui, on y va un peu plus tranquille, mais ça avance quand même. En tout cas, je peux voir que grâce à son entraînement, Johan carbure parce que j’ai plus de mal à le suivre qu’avant et pourtant, je suis en forme aussi…

Ce que je trouve bizarre et qui fait que je suis un peu sur mes gardes, c’est qu’il n’a toujours pas abordé le sujet de mes parents et pourtant, j’ai le feeling qu’il a quelque chose derrière la tête. Après, comme je ne suis pas sensée savoir que c’est Elly qui l’a appelé, je fais quand même genre que je ne sais pas le pourquoi du comment et je reste normale. Heureusement que je le connais et que je lui fais confiance, parce que sinon, j’aurais peut-être lâché la rando pour m’enfuir… loin.

On est en train de grimper pour arriver au sommet de ce pic et aucun de nous ne parle. Une fois en haut, on s’installe sur l’étendue rocheuse, à quelques mètres des falaises.

- Ça va en ce moment ? Me demande-t-il comme si de rien n’était.
- Crache le morceau Johan !

Il feint l’étonnement. Gros malin !

- Je sais pourquoi t’es là.
- Je suis venu parce que je suis en vacances et ça faisait longtemps qu’on n’avait pas fait une rando comme ça en plus…
- Johan, je le coupe. Je sais qu’Elly t’a appelé.
- Comment tu sais ça ? T’as mis des micros dans le téléphone de ta copine ?

MDR… Toujours le mot pour rire.

- Oui, tout à fait, j’ai que ça à faire…
- Alors quoi ?
- C’est vraiment le plus important ?
- Non, mais j’ai envie de savoir.
- T’es relou… En fait Elly ne réalise pas toujours qu’elle parle fort au téléphone. Je suis rentrée pendant qu’elle parlait et elle ne m’avait pas entendue… Tu vois, il n’y a pas plus simple.

Il hoche la tête.

- Effectivement… Bon sinon, les choses sérieuses puisque t’as pas répondu la première fois : comment tu vas ?
- Aussi bien que possible.
- Sam, ne fait pas ta warrior avec moi.
- …
- Je veux savoir ce qu’il se passe dans ta tête. J’ai déjà ma petite idée, je te connais assez, mais je veux que tu le dises.

Il me faut un instant pour rassembler mes idées. Je ne suis plus à fleur de peau comme avant que je raconte tout à Elly, mais j’ai quand même l’esprit encombré.

- Je sais pas, qu’est-ce que tu veux que je te dise ?, je demande pour gagner du temps

Il ne répond pas…

- Elly a dû te dire que j’ai croisé mes parents et voilà… Je sais pas ce qu’il se passe exactement dans ma tête, moi-même, j’ai du mal à suivre. Je dirais que ça m’a fait revenir en arrière… Enfin presque… Tu vois quoi. J’ai du mal à rester concentrée, je fais de nouveau des cauchemars et j’en suis là…
- Est-ce que t’es allée discuter avec ma mère ?
- Non, je n’ai pas envie de l’embêter avec ça.
- Sam, bordel !
- Quoi ?
- Tu sais très bien que t’es comme sa fille et que tu peux aller la voir quand tu veux et quand t’as besoin.

Je baisse la tête. Oui, je le sais. Je ne voulais pas avoir l’impression de tout « revivre » comme la première fois.

- J’irai, dis-je penaude.

Aucun de nous deux ne parle pendant un instant. On regarde juste le paysage en profitant du moment, chacun dans nos pensées.


- Comment… Comment ça s’est passé la « rencontre » ? Hésite-t-il.
- Un peu du genre « Hey parents que je n’ai pas vus depuis des lustres, what’s up ? On va boire un verre ? »…
- Tu tournes toujours tout en dérision.
- Je dédramatise quand j’y arrive, nuance.
- Mouais…

Je prends une grande inspiration pour redevenir sérieuse un instant.

- Si ma mère pouvait tuer avec ses yeux, je n’aurais pas survécu dix secondes… Mon père a tenté de s’excuser et m’a demandé de lui donner une seconde chance.
- Quoi ? Sérieux ? Et tu comptes faire quoi ?
- Je sais pas… Franchement, je ne sais pas du tout. Tu ferais quoi toi ?

INT. CHEZ NOUS : SALON – SOIR

- Je sais pas ce que je ferais Sam ! Je n’arrive même pas à imaginer totalement ce que tu as pu vivre !

Ça fait une semaine que je bassine Elly avec cette question : qu’est-ce qu’elle ferait à ma place ? Elle n’a pas de réponse à me donner et personne n’a de réponse d’ailleurs… Et je ne sais toujours pas quoi faire… Je me tais donc et Elly retourne à la correction de ses copies.

Je me laisse tomber sur le canapé, vaincue. Est-ce que je le saurais un jour ce que je dois faire ? Je la lui donne sa seconde chance ? Et s’il me donne un nouveau « coup de poing », est-ce que je me relèverais ? S’il entre de nouveau dans ma vie, est-ce que ce sera avec ou sans ma mère ? Ai-je envie de le voir revenir pour commencer ? J’ai un million de questions, zéro réponse et ça fait maintenant plus de trois semaines que ça tourne dans ma tête. Plus de trois semaines et je peux encore sentir la carte de visite dans ma main lorsqu’il me l’a donnée et que je peux me souvenir vivement de son regard à ce moment-là. Il semblait sincère…

J’en ai marre de penser alors j’essaie de me recentrer sur Elly. Elle est belle quand elle est concentrée, elle est belle tout court en fait. Ce que j’aime, c’est qu’elle n’en a pas totalement conscience, donc elle n’en joue pas et elle est simple… Smile

- Elly ?
- Quoi Sam ? Demande-t-elle exaspérée.

Je l’observe toujours, elle n’a pas relevé la tête. J’ai dû aller trop loin…

- Non rien, c’est pas grave…
- Quoi ?
- Plus tard, je te dis que c’est pas grave…
- Sam ! Qu’est-ce qu’il y a ?
- … Je voulais juste te dire que je t’aime.

Son expression change, elle me sourit. J’aime quand elle me sourit comme ça. J’ai l’impression d’être importante, de ne pas exister pour rien. Quand elle me sourit comme ça, j’ai pas l’impression d’avoir à me battre pour exister… J’ai l’impression que c’est simple et que tout est normal.

- Viens, me dit-elle.
- Pourquoi ?
- Viens, j’te dis.
- Et tes copies ?
- Sam, nom de Dieu, viens !

Je me lève et m’approche d’elle. Quand je suis assez près, elle attrape ma main et m’attire sur ses genoux. Elle pose sa main sur ma joue et je me penche pour savourer encore plus le contact de sa main sur ma peau. Elle s’approche de moi, je ferme les yeux et je sens qu’elle m’embrasse quelques secondes plus tard. Je réponds immédiatement à son baiser.

- Je t’aime aussi Sam, me dit-elle lorsqu’on se sépare pour reprendre notre souffle.

Cette fois, c’est moi qui me penche pour l’embrasser et j’y mets toute la passion que j’ai pour elle, c’est-à-dire beaucoup. Elle se recule brusquement après un moment alors que je commence à caresser son ventre par-dessus son t-shirt.

- Lève toi !
- Quoi ? Je demande confuse.
- Bouge, j’te dis.

Je me lève, perdue.

- Qu’est-ce qu’il se passe ?
- J’ai envie de toi ! Dit-elle en me prenant la main et en me tirant vers le canapé.

Ça a le mérite d’être clair… Je ne me fais pas prier bien sûr !

INT. CHEZ NOUS : CHAMBRE – NUIT

Elly dort sur le ventre, contre moi. Je l’observe dans la pénombre, la chambre étant légèrement éclairée par les lumières extérieures. La couette ne recouvre son dos nu que partiellement et connaissant la texture de sa peau, il me suffit simplement de passer délicatement ma main le long de son dos sans réel contact pour la « toucher » sans la toucher et recréer la sensation dans mon esprit. Je continue mon manège un instant, mais j’arrête lorsque je la sens bouger…

Je n’arrive pas à dormir, toujours torturée par le million de questions qui passe dans mon esprit. De longues minutes plus tard, je rabats mes oreillers contre la tête du lit et attrape mon ordinateur sous le lit pour aller traîner un peu sur internet. Je farfouille çà et là sans rien chercher de particulier, j’essaie juste de penser à autre chose… Je tombe sur une citation intéressante au premier abord, mais c’est comme si mon esprit n’arrivait pas à l’assimiler parce qu’il faut que je la lise plusieurs fois pour qu’elle prenne tout son sens : « Pardonner ne veut pas dire oublier, mais on ne peut jamais guérir sans pardonner. Le pardon est un acte qu’on fait d’abord pour soi-même afin de mieux avancer ». Et là, c’est la révélation que j’attends depuis quelques semaines… Je sais enfin ce qu’il faut que je fasse par rapport à mon père ! J’ai l’impression qu’un poids vient d’être lifté de mes épaules et que je respire mieux. Je repose finalement l’ordi sous le lit et me rallonge, me collant à Elly qui est maintenant couchée sur le côté, son dos face à moi, et passant mon bras autour de sa taille… Et enfin, je m’endors…

MATIN

Je sens que j’émerge doucement. Je prends quelques instants pour moi dans le calme du matin avant d’ouvrir les yeux et de me tourner vers le côté d’Elly. Je la cherche à tâtons et lorsque je réalise qu’elle n’est plus dans le lit, je me réveille vraiment. Il doit être encore tôt, où est-ce qu’elle peut-être ? Je me lève alors et sors de la chambre.


INT. CHEZ NOUS : SALON - SUITE

La luminosité est particulièrement forte, ce qui me surprend, car c’est un sacré contraste avec la chambre qu’on plonge dans le noir complet pour dormir. Je trouve Elly en train de bouquiner sur le canapé.

- Alors, tu fais la grasse mat’ maintenant ?
- Il est qu’elle heure ?
- 11h15.
- Nan ?! Tu te fous de moi !

Elle pointe l’horloge murale et je suis son doigt. Effectivement, il est bien 11H15. OMG ! Qu’est-ce qu’il m’est arrivé ?

- Pourquoi tu m’as pas réveillée ?
- Pourquoi est-ce que je t’aurais réveillée ? C’est le weekend et pour une fois que tu dormais bien, j’allais pas changer ça.

Je lui souris.

- Merci babe.

Je me dirige vers le canapé et elle soulève la couverture pour que j’aille me glisser contre elle.

- Tu te sens reposée au moins ?
- Oui, franchement là oui et ça fait du bien.

Elly pose son bouquin, allume la télé et commence à zapper jusqu’à tomber sur une redif de Franklin la Tortue. Ça me fait marrer, ma copine est une grande enfant (qui enseigne aux enfants). Quand la pub commence, un peu plus tard, je décide de lui parler de ma décision.

- Je pense que je vais rappeler mon père pour le voir…
- Sérieux ?!

Je hoche la tête.

- Et ça va, tu le sens bien ?
- Ça me stresse grave là, mais je pense que ce sera une bonne chose.
- Alors c’est le principal.

Elle m’embrasse sur la joue.

- Tu vas le contacter quand ?
- Aujourd’hui… Ou dans les jours qui viennent.

Elle me regarde en souriant.

- Quoi ?
- T’as quand même besoin d’un peu de temps pour te donner du courage non ?!
- Ouais… Mais tu me connais trop, c’est même plus drôle.
- Ça te dérange pas pour d’autres choses hein ?! Me dit-elle en me faisant un clin d’œil.
- Arrête de dire des conneries, y'a Franklin qui recommence.
- Hahaa, ça te fait bizarre quand ça ne vient pas de toi !

Je recentre mon attention sur la télé en souriant… Et on regarde la suite du dessin animé.

- On fait quoi aujourd’hui ? Demande Elly quand le générique de fin défile.
- Je sais pas, tu veux aller faire un peu de sport ou quoi ?
- Sam, tu m’enquiquines avec ton sport. Journée off aujourd’hui, on se pose !
- Bon OK… Je t’invite à prendre un petit brunch et après on peut aller se promener sur la plage, main dans la main, en amoureuses, dis-je fière de moi.

Je vois avant même qu’elle réponde que l’idée lui plaît.

- Tu vois, quand tu veux, tu en as de bonnes idées.
- Elles sont toujours bonnes mes idées. Tout dépend de l’humeur de môdame.
- Et là, c’est qui, qui dit des conneries.
- Toi ! Aller zoouuu, on se lève et on va se préparer.

Elle me tend les bras et je lui prends les mains pour la tirer sur ses jambes. Une fois debout, je la serre dans mes bras pour l’embrasser. Elle commence par se laisser faire, mais je peux sentir qu’elle sourit dans le baiser, puis, petit à petit, elle y met du sien et je me dis que j’aurais jamais dû commencer ça… Mes mains vont se placer au creux de ses reins, je l’attire plus à moi et, ne perdant pas le nord, j’attrape la base de son t-shirt pour le lui enlever. Mon regard est attiré par ses seins et je les laisse mes mains remonter le long de son dos pour ensuite venir les poser sur sa poitrine. Elly pousse un petit gémissement et m’entoure de ses bras pour me coller à elle, ce qui fait que je ne peux plus bouger mes mains. Je la regarde alors et je réalise que c’est exactement ce qu’elle voulait.

- Tu ne penses qu’à ça !
- Non, je ne pense qu’à toi, c’est différent ! Je lui dis pour me défendre.
- Et le brunch ?
- Il est déjà dans mes bras…

Je ne lui laisse pas le temps de répliquer, je prends possession de sa bouche… Si je pouvais me nourrir d’elle, je le ferais. Bien sûr, oublié notre petite sortie en amoureuses, moi ce que je veux dans l’immédiat, c’est lui faire l’amour…

INT. GENDARMERIE – JOUR

Je suis seule dans la salle de pause depuis dix bonnes minutes à regarder mon portable que j’ai posé sur la table basse devant moi. Je suis en train de pratiquer la méthode Couet : « Je peux le faire, je peux le faire, je peux le faire… ». Mon téléphone sonne alors que je suis sur le point d’être prête et je sursaute avant de l’attraper. C’est Johan et je décroche.

- Salut, je commence.
- Coucou toi, quoi de neuf ?
- Je suis au boulot et toi ?
- Rien, je suis en pause. Et toi, tu réponds pendant que t’es au taf ?
- Je suis en pause aussi.
- Tu fais quoi ?
- J’étais en train de me motiver pour contacter mon père.
- Oula… Et je viens de casser l’auto-motivation à son pic, là, non ?!
- Un peu oui !
- T’es vache ! T’aurais pu me dire « mais non Jo, tu me déranges jamais, je suis toujours contente quand tu m’appelles »…

Il me fait rêver.

- J’aurai pu, c’est vrai… Bon alors je suis toujours contente de t’entendre mon Jo… Mais tu me déranges quand même.
- Toi, si je t’avais eu sous la main, là…

Je ricane…

- Heureusement que j’en ai qu’une comme toi.
- Je préfère aussi, j’aime pas la compétition.

On discute quelques minutes de plus et quand on raccroche, je ne prends pas le temps de reposer mon portable, j’appelle mon père directement pour ne pas avoir à me remotiver. Il faut quelques sonneries avant qu’il décroche.

- Allo ?
- Papa ?
- Sam ?
- Oui.
- Je suis heureux de t’entendre. Comment tu vas ?
- Ça va… Tu veux toujours qu’on se voit ?
- Oui, bien sûr !
- Quand ?
- N’importe quand.
- On commence par un café, ça te va ?
- Absolument…
- Demain matin vers 7h à la Brasserie de Lulu sur Gambetta ?
- J’y serai.
- OK, a demain alors.
- A demain Sam…

Je suis sur le point de raccrocher…

- Sam ?
- Oui ?
- Merci !

Je hoche la tête comme s’il était en face de moi et quelques secondes plus tard, il raccroche. C’est à ce moment-là que je réalise à quel point j’étais tendue. Ma respiration tremble, mes mains sont moites et mon cœur bat à 100 à l’heure. Je prends un instant pour respirer comme il faut et me calmer avant de rejoindre Timéo pour partir pour notre patrouille de l’après-midi.

INT. BRASSERIE – MATIN

Il est 6h50 quand j’entre dans la brasserie… Je suis encore plus nerveuse qu’hier au téléphone. Et je ne saurais pas dire si j’espère qu’il soit déjà là ou si je veux être la première arrivée pour avoir le temps de me poser, mais je réalise que je n’ai pas à approfondir cette question parce que je l’aperçois un peu plus loin, près d’une fenêtre. Il lève la main pour me faire signe et il se lève quand je m’approche. Il paraît aussi gêné que moi et il ne semble pas trop savoir quoi faire… Comme j’en suis au même point, je ne suis pas d’une grande aide et la situation est un peu embarrassante, mais on finit par se faire la bise maladroitement. On se place ensuite face à face et un silence gênant s’installe un instant.

- Tu veux boire quelque chose ? Me demande-t-il.
- Non, merci. Ça fait longtemps que t’es arrivé ?

C’est à cet instant qu’on vient lui porter un expresso.

- Merci, dit-il au serveur. Non, juste avant toi, le temps de m’asseoir et de commander mon café.

Il me regarde intensément.

- Comment vas-tu ?
- Ça va… Et toi ?
- Toujours pareil. Le boulot… Et toi, t’en es où ? Tu fais quoi maintenant ?

Je l’observe et je sens qu’il veut vraiment savoir. Malgré ça, j’ai un peu peur, mais je l’ai appelé pour renouer, essayer en tout cas, alors allons-y…

- Je suis gendarme. C’est cool, j’aime mon métier et j’en suis fière.
- C’est très bien ça. Je suis content pour toi… Tu vois toujours Johan ?
- Oui, mais il n’est plus ici. Il est entré dans l’armée et il a dû aller dans les Pyrénées.
- OK. Vous avez quand même suivi quasiment le même cursus.
- Oui.
- … Et sinon ?

Voilà, on y arrive… Il est mal à l’aise… Mais je le laisse s’empêtrer pour le moment… Je veux savoir où il se positionne et jusqu’où il peut aller pour me connaître.

- Tu es… Tu es toujours attirée par… les filles ?

Alors là, chapeau, ça aurait pu être pire… Je hoche la tête.

- As-tu une copine ? Me demande-t-il plus sûr de lui.
- Oui.
- Vous êtes ensemble depuis longtemps ?
- Plus d’un an.
- C’est bien. Est-ce que tu me la présenteras un jour ?

Et là, je crois que ma mâchoire a bloqué. Si je m’attendais à ça… Je suis positivement surprise, mais je croyais honnêtement que le sujet n’allait pas être abordé au cours de ce premier contact.

- Oui, éventuellement, je lui réponds en souriant.

Il me sourit aussi et je pense qu’on réalise tous les deux que le plus gros de la tension est parti et qu’on vient de faire un grand pas en avant. Mon père veut revenir dans ma vie et il est ouvert vis-à-vis de mon homosexualité… Et il veut déjà rencontrer ma copine. Tout ça aurait pu être pire ! Je suis finalement bien contente de comment vient de se passer ce premier rendez-vous avec le paternel…
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Okashi

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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 16:12

Chapitre 20 : Un jour ça va s’arrêter… J’espère !

EXT. PROMENADE : BORD DE MER – MATIN

Je fais mon jogging tranquillement dans la fraîcheur de ce matin de début d’été. En courant, je repense à ces dernières semaines et au fait d’avoir renoué avec mon père. On s’est revu plusieurs fois depuis et le contact est devenu de plus en plus facile, on a même commencé à retrouver une certaine complicité et ça fait du bien…

Je freine un peu pour ralentir mon souffle et c’est là que j’entends mon téléphone sonner, indiquant qu’un message vient d’arriver. Je le récupère et lis : « A quoi tu joues ? Tu reviens pour me le piquer ? Tu pouvais pas rester loin ? ». Qu’est-ce que c’est que ça ? Il doit y avoir un sacré règlement de compte amoureux là… Et je réponds pour leur dire qu’ils se sont trompés de numéro… Je reçois un nouveau message dans les secondes qui suivent : « Oh non Sam, je ne me suis pas trompée de numéro ! Reste loin de nous avec tes aberrations ? ». Sérieux, c’est quoi ce bordel ? Qui c’est qui m’agresse comme ça sans raison ? Je décide de ne pas répondre et je reprends ma course… Mais ces textos me restent en tête…

INT. CHEZ NOUS : CUISINE – SUITE

Quand je rentre à l’appart, Elly est à la cuisine en train de finir son petit-dej. Je passe à côté d’elle et l’embrasse sur le sommet du crâne puis je vais à l’évier pour me servir un grand verre d’eau.

- Bonjour mon cœur, me dit-elle.
- Je t’ai pas réveillée ce matin ?
- Je t’ai entendue te lever, mais j’avais quelques copies de plus à corriger pour les rendre aujourd’hui donc il fallait que je me bouge.

Je hoche la tête et reporte mon attention sur mon verre en repensant aux messages que j’ai reçus plus tôt.

- Ça va ? J’entends au loin quelques instants plus tard.

Je reprends pied avec la réalité.

- Ouais… Enfin… J’ai reçu des textos bizarres tout à l’heure.
- Comment ça ?

Alors je lui explique et je lui montre les sms. Elle est aussi perplexe que moi.

- Peut-être c’est un faux numéro, mais l’autre personne s’appelle Sam aussi, tente Elly.
- Tu crois vraiment ? Je lui demande avec un ton qui indique déjà que j’ai ma réponse.
- Non.
- On est d’accord !
- Laisse filer pour le moment et si t’en reçois encore, on verra à ce moment-là.

Elle se lève, met son bol dans la machine et m’embrasse sur la joue avant d’aller finir de se préparer pour partir au boulot.

INT. RESTAURANT – MIDI

Je suis en pause pour le déjeuner et j’ai un rendez-vous avec mon père. C’est la cinquième ou sixième fois qu’on se voit depuis cette première fois au café. Je suis la première arrivée et je vais m’installer près de la fenêtre. Quand je le vois passer devant la vitre, il tourne la tête et je lui fais un signe. Il entre et s’approche de moi et on se fait la bise normalement avec de s’installer l’un en face de l’autre.

- Ça va ? Je demande.
- Oui et toi ?
- Pas mal… Quoi de neuf ?
- Oh, comme d’hab. La routine quoi.

On discute un peu de choses et d’autres le temps que nos plats arrivent et qu’on commence à manger. Une fois terminé, il décide de prendre un café et je me surprends à poser une question que je n’avais pas prévu de poser.

- Comment va ma génitrice ?

C’est sorti de ma bouche un peu vite et je réalise après coup que j’ai posé cette question… Mon père est soudainement mal à l’aide, moi aussi, et on s’évite du regard.

- C’est… compliqué, finit-il par dire après plusieurs secondes de silence.

« C’est compliqué » ! Tu m’étonnes… Vivre avec une folle pareille… Par choix… Et rester !?! C’est sûr que ça complique la vie…

- En fait, hésite-t-il. Ta mère a été diagnostiquée comme maniaco-dépressive…

Il arrive à capturer mon attention…

- Une partie de ce qu’elle est, c’est dû à la maladie.

Il a parlé avec un ton défensif et de suite, ça me fait monter le sang ! Non mais sérieux quoi ! La défendre ? Devant moi en plus ?

- Tu penses que ça excuse ce qu’elle nous a fait ? Ce qu’elle M'A fait ?
- Sam, j’ai pas dit ça.
- Non, pas directement, mais le ton avec lequel tu as parlé insinuait ça.
- Sam, arrête…
- Non, j’ai connu des gens bipolaires, ils ne sont pas forcément « fous ».
- Elle n’est pas si pire, tu sais…
- Si elle est si pire ! Elle est profondément malade et c’est dans un hôpital psychiatrique qu’elle devrait être !
- Sam ! S’énerve-t-il au point de taper du poing sur la table, ce qui fait tourner des têtes dans notre direction.

Je me calme un peu, extérieurement, mais je bous intérieurement… Je me sens prête à exploser et je sens que je vais devoir relâcher la pression d’une manière ou d’une autre, j’espère juste qu’il ne va pas me sortir un truc qui va faire sauter le bouchon maintenant.

- Ecoute, je ne la défendrais pas. Ce qu’elle t’a fait est difficile à pardonner… Je sais que c’est pas facile… En plus, sa maladie et sa « folie » sont deux choses séparées, je le sais…
- Pourquoi t’es resté ? Je le coupe brusquement.
- … Parce que je suis lâche Sam ! Parce que contrairement à toi, j’ai préféré subir plutôt qu’aller vers l’inconnu. Et puis le diagnostic est tombé et… Je suis resté pour…

Il ne termine pas sa phrase… Est-ce que seulement, il savait ce qu’il allait dire ? Il y a un moment de silence entre nous.

- Elle n’a pas toujours été comme ça, tu sais…
- Elle a commencé à changer quand alors ?

Il me regarde avec des yeux remplis de tristesse puis fuit mon regard.

- Je sais pas exactement, dit-il en se tordant les mains.
- Tu mens !

Il me regarde d’un air interrogateur.

- J’ai appris à lire le langage du corps. Tu mens ! Dis-moi quand elle a commencé à changer… S’il-te-plaît…

Il ouvre la bouche puis se ravise. Il hésite… Ça prend un moment… Il lutte… Je patiente pour une fois…

- Un peu après… ta naissance.

Quoi ? Il me faut un instant pour enregistrer la nouvelle, comme si mon cerveau essayait le plus possible de repousser ces quelques mots. Puis ça me frappe de plein fouet. Je suis la raison qui fait que ma mère est devenue folle ? Elle a changé à cause de moi ? Je le regarde, abasourdie, puis, comme un robot, je me lève et me dirige vers la sortie.

- Sam ?! J’entends mon père m’appeler.

Je ne réagis pas… J’avance…

INT . CHEZ NOUS : SALON – SOIR

Je rentre épuisée émotionnellement et physiquement ce soir. Je suis allée à la salle de boxe et j’ai frappé le sac et combattu avec des gars du club pendant deux heures.

- Tétais où ? Je me suis inquiétée ! Me lance Elly depuis le canapé.
- A la salle de sport.
- Pourquoi tu rentres si tard ?
- J’avais besoin de me défouler et puis j’ai pas vu le temps passer.

Je m’entends parler, j’ai l’air éteinte… Elly m’observe bizarrement. J’ai l’impression qu’elle veut me poser une question, mais qu’elle se retient.

- Je vais me laver et je reviens t’expliquer.

Elle acquiesce et je tourne les talons, direction la salle de bain.

Je reviens quelques instants plus tard, fraîche et un peu plus détendue. Merci l’eau chaude ! Je vais m’installer sur le canapé à côté d’Elly et focalise mon attention sur la TV. C’est quand je sens une main sur mon genou que j’émerge et que je lève les yeux pour observer Elly… « Alors ? », me demande son regard. Alors je lui explique le rendez-vous du jour avec mon père et les révélations faîtes.

- Ce n’est pas de ta faute mon cœur, me dit-elle en passant ses bras autour de moi.
- Mais je…
- Non,  « tu » rien du tout ! Elle devait être prédisposée ou même la maladie était déjà là, mais elle s’est déclarée à ce moment-là. Mais tu n’en es pas la cause. Sors-toi cette idée de la tête. Tu n’es pas responsable de l’état de ta mère !

Elle s’énerve et j’ai l’impression qu’elle en veut à ma mère à cet instant. Qu’elle lui en veut pour ce qu’elle m’a fait avant et d’une certaine manière, pour ce qu’elle me fait maintenant encore.

- Sam, tu comprends ce que je veux te dire ?
- Oui babe, je comprends. C’est juste… difficile à digérer, tu sais.
- Je peux comprendre… Mais tant que tu lâches cette idée que c’est de ta faute, c’est le plus important !
- Ok.
- Et je ne te lâcherai pas. Je te promets que je vais pas te laisser te mettre cette idée en tête au point de te perdre à nouveau.
- Merci.

Je me retourne un peu pour l’embrasser puis je cale ma tête dans son cou et je la sens resserrer ses bras autour de moi. Je me sens protégée à cet instant. Comme si rien ne pouvait m’atteindre…

INT. CHEZ NOUS : CHAMBRE – FIN DE SOIREE

Elly est en train de lire. De mon côté, je me sens trop épuisée pour me concentrer sur un bouquin alors j’ai décroché et j’essaie de m’endormir. Mais ce soir, mon mental en a décidé autrement et je n’arrive pas à me vider la tête. Je repense à ces dernières semaines et puis mes pensées m’emmènent jusqu’aux textos que je continue de recevoir régulièrement. Le dernier reçu n’était d’ailleurs pas plus tard que dans la soirée et disait : « Je sais que tu comptes me l’enlever, que tu veux nous séparer… Tu vas aller en enfer, là où tu vas retrouver tous ceux comme toi ! ». Les messages sont toujours agressifs, et plus ou moins haineux suivant les fois. Il semblerait bien qu’ils soient dirigés vers moi, mais par qui et pourquoi ? Les pensées tournent dans ma tête jusqu’à ce qu’une petite étincelle prenne feu.

- Oh putain, l’enfoirée ! Je grogne en me redressant.

Je sors du lit comme une furie et j’enfile mes vêtements.

- Qu’est-ce qu’il se passe ? Me demande Elly visiblement inquiète.

Je suis hors de moi et comme d’habitude, mes mains tremblent, ma respiration est saccadée et mes mâchoires sont contractées. Je vais l’exploser…

- C’est ma mère !
- Quoi ?
- Les sms, c’est ma tarée de mère !

Je finis de m’habiller et je sors de la chambre.

INT. CHEZ NOUS : SALON – SUITE

J’arrive près de la porte en quelques enjambées et j’attrape les clés dans le bol sur le meuble de l’entrée. Quand ma main se pose sur la poignée de la porte, je sens celle d’Elly sur mon avant-bras qui m’empêche de continuer.

- Qu’est-ce que tu comptes faire ?
- Aller la tuer ! Je rétorque entre mes dents.
- Sam, s’il-te-plaît, reste ici et calme toi avant de faire une bêtise.

Je sens la tension et l’appréhension dans sa voix malgré le fait qu’elle essaie de ne pas trop le montrer.

- Rester calme ?! Je m’énerve quand même. T’as lu tous les messages, comment tu peux me demander ça ?
- Je sais que tu souffres, qu’elle t’a blessée et qu’elle continue, mais si tu fais quelque chose comme ça, non seulement tu vas le regretter, mais tu vas gâcher ta propre vie…

Je l’entends, mais ne me détends pas pour autant. Je suis sur le point d’ouvrir la porte quand elle ajoute…

- Et la mienne par la même occasion…

Avec ces mots, je sens ma main lâcher la poignée. Elly prend les clés dans mon autre main, les repose dans le bol et me tire pour m’éloigner de la porte.

- Merci, me dit-elle en prenant mon visage dans ses mains et en m’embrassant délicatement.

Elle me sert ensuite dans ses bras et je passe les miens autour d’elle puis pose ma tête sur son épaule, enfouissant mon visage dans son cou.

- Je fais quoi maintenant ?

Elle réfléchit un instant.

- Demain, tu appelles ton père et tu lui expliques la situation d’abord… Ce que tu peux lui demander de faire, c’est d’effacer ton numéro du portable de ta mère et de mettre le tien sous un faux nom dans le sien pour ne pas qu’elle le prenne à nouveau, puisque c’est comme ça qu’elle l’a eu, je suppose.
- OK…

EXT. VILLE – JOUR

Je suis avec Timéo et on patrouille un peu en ville. Ce weekend, il y a une féria et il faut qu’on soit vigilent pour prévenir les potentiels agressions et débordements… Pour le moment, c’est calme, des stands sont en train d’être montés et rien de spécial ne se passe.

- C’est quand ton prochain combat ? Me demande Timéo.
- Dans quelques semaines.
- Ton meilleur ami sera là ?
- Oui, pourquoi ?
- Parce que depuis le temps que tu me parles de lui, j’aimerais bien rencontrer l’homme qui a fait chavirer ton cœur.

Je souris de sa bêtise.

- Je te le présenterai. Fais attention par contre, il est jaloux mon homme…, j’ajoute mi-figue, mi-raisin. Pas de PDA avec moi quand il est autour.
- Quoi ? S’offusque-t-il avec ironie. Je ne vais pas pouvoir te prendre dans les bras et t’embrasser ?
- Je crains que non.
- Quel malheur… Bon, tant pis ! Conclut-il en haussant les épaules.

On marche en silence pendant un moment.

- Tu as revu ton père sinon ?

Je ne lui réponds pas de suite, mais je repense à tout ça. Non, je n’ai pas revu mon père depuis cette dernière fois au restaurant. Mais comme me l’avait suggéré Elly, je l’avais contacté pour lui expliquer la situation et lui demander de faire les changements sur les téléphones. Depuis ce jour, je n’ai plus reçu de textos tordus et je n’ai quasiment plus eu de nouvelles de mon père excepté pour quelques échanges de sms par-ci par-là.

- Non, je réponds alors à Timéo.

On patrouille encore jusqu’en fin de journée quand la musique et les lumières commencent à animer les rues et que d’autres patrouilles nous remplacent pour les shifts de nuit.
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 16:17

Chapitre 21 : Elly, tu es la femme de ma vie…

INT. CHEZ NOUS : CHAMBRE – MATIN

Je regarde Elly dormir, elle est sereine et affiche même un léger sourire. Je ne sais pas de quoi la vie sera faite, tout peut changer tellement rapidement, mais il y a une chose dont je suis certaine, c’est que je veux être avec elle. Je veux profiter d’elle et je veux continuer à l’aimer… Sa présence dans ma vie est une des quelques meilleures choses qui me sont arrivées et aujourd’hui, je sais que je ne pourrais plus me passer d’elle.

Je me retourne pour attraper une rose blanche (pour pas faire comme tout le monde !) et une enveloppe qui sont sur ma table de nuit puis je me re-concentre sur Elly. Je caresse sa joue du bout des doigts et je l’embrasse délicatement. Elle remue légèrement et grogne doucement, mais je vois un sourire apparaître sur son visage.

- Bonjour mon amour, je lui murmure à l’oreille.

Son sourire s’agrandit et elle passe ses bras autour de moi tout en gardant les yeux fermés.

- Salut toi !

Elle vient caler son visage dans mon cou et je sens ses lèvres effleurer ma peau, ce qui me donne des frissons.

- T’as bien dormi ?, je lui demande.
- Oui, j’ai rêvé de toi.

Tout ce qu’on rêve d’entendre de la part de sa copine au réveil. Je souris de toutes mes dents…

- Et toi, t’as rêvé de moi ?
- Je rêve toujours de toi, même quand je dors pas.

Elle me regarde dans les yeux et m’attire à elle pour m’embrasser, jusqu’à ce qu’elle recule brusquement en couinant.

- Aïe… qu’est-ce que…

Je réalise que la rose a glissé entre nous. Elle la prend et me regarde avec étonnement.

- Tu sais quel jour on est ? Je lui demande.
- Non…

J’attends un instant avant de lui répondre… Je vois qu’elle cherche et ses yeux trahissent son inconfort de ne pas savoir.

- Je devrais…, commence-t-elle en paniquant. Je sais que je devrais savoir, mais ça vient pas… Je suis désolée…

Je viens l’embrasser délicatement.

- C’est pas grave, ça rend ma surprise encore meilleure.

Je lui tends l’enveloppe, qu’elle prend, le regard plein d’interrogation, puis elle sort la lettre de l’enveloppe. Elle la déplie et commence la lecture.

« Elly, je vais commencer cette lettre par une petite phrase un peu kitch, ne te moque pas de moi, OK !? En fait, depuis la toute première fois où je t’ai vue, j’ai flashé sur toi. Je t’ai trouvée magnifique et tu m’impressionnais, au point que je me sentais gourde à côté de toi. Bon Ok, j’avoue, je l’étais… Wink . J’ai appris à te connaître et puis on est devenue amies, mais malgré mes espoirs les plus fous de « t’avoir » un jour, je pensais que je ne pourrais jamais avoir cette chance… Heureusement, par je ne sais qu’elle erreur de la vie, tu as fini par tomber amoureuse de moi aussi (je crois ? ^^)… Ça fait deux ans aujourd’hui qu’on est ensemble, deux ans que je peux te tenir dans mes bras, deux ans que tu me rends heureuse, ou totalement folle (de toi aussi ^^) et plus de deux ans que je t’aime ! Je te remercie de me supporter et de rester, de me soutenir et tout simplement d’être TOI ! Parce qu’avec toi, je me sens moi, je me sens bien, en sécurité, comblée, j’espère que ça va durer (t’as vu, je fais des rimes encore ! ^^) et je vais tout faire pour que ce soit le cas de toute façon… Elly, je t’aime à la folie ! ».

Quand elle termine, elle me regarde avec les yeux humides et un sourire aux lèvres. Elle repasse ses bras autour de mon cou, m’attire à elle et m’embrasse. Elle m’embrasse comme j’aime qu’elle m’embrasse, c’est-à-dire le genre de baiser qui me fait oublier tout le reste…

- Je t’aime aussi, dit-elle. Et juste une chose, la vie n’a pas fait d’erreur, la vie nous a fait un cadeau !

Je souris aussi et c’est quand elle passe ses doigts sur mon visage et essuie quelques larmes, que je réalise que je joue aussi à l’émotionnelle à cet instant.

EXT. PARKING MINI-GOLF – JOUR

Je viens de garer la voiture et je vois Elly qui regarde l’entrée du mini golf comme une gamine excitée par un nouveau jouet… ^^.

- Tu as décidé de m’emmener au mini-golf ?
- Ça fait longtemps que tu m’em…quiquine alors…
- C’est ça, rattrape-toi !
- Pourquoi ? Je demande innocemment.
- Pour rien. Et je vais avoir droit à mon repas au fast-food après ?
- Au fast-food, jamais ! Mais tu veux que je te paye à manger aussi ?
- Ben t’espérais pas t’en tirer avec seulement le mini-golf ?
- Bah si…

Je sors de la voiture rapidement avant de recevoir « la claque » et je fais le tour pour aller lui ouvrir la portière.

- Mademoiselle ! Je dis en tendant la main qu’elle prend.

N’étant pas du tout « moi » dans le rôle du gentleman, une fois que les deux pieds d’Elly sont sur le sol et que son derrière est toujours sur le siège, je la tire d’un coup et la rattrape dans mes bras.

- Après le golf, c’est la surprise en fait, je lui dis dans l’oreille.

Je lâche Elly, referme la portière et on se dirige vers l’entrée.

EXT. MINI-GOLF – PLUS TARD

Ça fait bien deux heures qu’on est là et alors que je peux voir Elly s’amuser comme une petite fille, je commence à être grave frustrée par ce « jeu ». J’essaie de le cacher pour ne pas gâcher le moment, mais je crois qu’Elly commence à s’en rendre compte. Elle vient se placer derrière mois et met ses mains par-dessus les miennes sur le club.

- Il faut que tu tiennes le manche de cette façon, avec tes deux mains, commence-t-elle en joignant le geste à la parole. Ensuite, tu écartes les jambes et tu recules un peu tes hanches…
- Babe, j’ai dû te prouver que je suis bien lesbienne depuis le temps non ?!, je lui chuchote à l’oreille le plus sérieusement du monde.

Elle me regarde bizarrement et je vois les rouages tourner dans ses yeux jusqu’à ce qu’elle se mette à rire.

- T’es con Sam !

Je lui fais un clin d’œil et l’embrasse sur la joue.

- J’aurais pas dit ça comme ça…
- Comment alors ?!
- Je te le dis pas puisque tu l’as pas en tête apparemment…
- Tu pensais à « obsédée » c’est ça.
- Merde, démasquée…
- Ça fait bien longtemps que ce n’est plus une surprise pour moi.
- Ça te va quand même, ne dis pas le contraire…
- Je fais avec…
- C’est plus facile de blâmer l’autre c’est sûr, je lui dis de manière boudeuse.
- Pauvre Caliméro !
- Oui, c’est trop’injuste !

Elle m’entoure de ses bras et dépose un baiser derrière l’oreille, là où la peau est très sensible… Où JE suis très sensible… Et elle le sait…

- C’est qui, qui pense à quoi là ?
- Toujours la même, moi et mon innocence te faisons juste un petit bisou.
- Tricheuse !

Elle me tire la langue.

- Allez, joue avant que l’hiver arrive, conclut-elle en me faisant un clin d’œil.

Cette fois, c’est moi qui lui tire la langue.

***

Alors qu’on est sur le point d’aller rendre les clubs de golf à l’entrée, on est arrêté dans notre élan par de grands applaudissements. Elly et moi, nous tournons en même temps et on peut voir un homme, un genou à terre qui est en train de se relever en tenant la main de sa « now-fiancée ». Elle regarde sa main un instant encore puis lui saute dans les bras. Je commence à reprendre ma marche, mais je réalise vite qu’Elly continue de les regarder… Shit ?!

- Babe ? Tu viens ?

Elle se tourne vers moi et les regarde une dernière fois avant de me suivre.

INT. RESTAURANT – SOIR

J’ai emmené Elly dans un petit restaurant que j’avais découvert au hasard au détour d’une rue pendant que je travaillais. Ils ont une carte simple et intéressante avec le genre de plats de légumes qu’elle aime particulièrement.

Jusque-là, on a mangé en discutant de tout et de rien, en rigolant ou en étant sérieuses. Alors que le serveur vient récupérer nos assiettes, un silence s’installe quelques instants jusqu’à ce qu’il revienne avec la carte des desserts puis qu’il reparte…

- Tu penses quoi du mariage ? Me demande Elly.

Olààà… LA question qui tue ! J’y avais échappé jusqu’ici… Ma vision des choses peut être assez extrême sur ce point-là et j’ai déjà eu des conversations assez folklo avec Johan, Gaspard et Manu à ce propos. En plus, ils disaient toujours que j’étais brusque et sur la défensive quand on parlait de ça alors je vais essayer d’y aller mollo. Aussi mollo que moi, Sam, je suis capable de faire en tout cas…

- Le mariage, je pense que c’est le début des emmerdes... Je vois ça comme un cliché de la société aujourd’hui et aussi une manière d’entraver l’autre pour se rassurer. Souvent, une fois que les gens sont mariés, ils se relâchent, arrêtent de romancer l’autre et basta, ça part en couilles. Et bien sûr comme on pense toujours que c’est la faute de l’autre, personne ne fait d’efforts pour améliorer les choses…
- Mais ça, c’est aussi la manière personnelle de l’aborder, non ?!
- Oui, bien sûr, mais ça me perturbe ce fonctionnement. J’arrive pas à m’imaginer suivre le mouvement... Et c’est pas parce que je t’aime pas ou parce que j’ai peur d’être enfermée, je tiens à préciser, mais le mariage est devenu une banalité que les gens ne prennent pas au sérieux, qui n’a plus aucune valeur alors je préfère ne pas m’engager sur cette route et continuer de t’aimer à ma manière…

Je réalise que même si au début, j’ai commencé à parler de ma vision du mariage en général, je suis automatiquement venue à nous… Je regarde Elly qui me sourit puis je reprends…

- En plus même si je ne critique pas les gens qui croient au mariage et qui le considère, je pense que maintenant qu’on peut se marier, on peut aussi divorcer… Enfin, on pouvait se pacser et se séparer avant aussi... Mais en acceptant le mariage, on accepte le divorce et, je sais pas… J’ai du mal à m’exprimer, mais j’ai l’impression qu’en se mariant, c’est « leur » donner un droit, vous l’avez voulu, vous l’avez eu et c’est nous qui vous y autorisons… J’ai l’impression que ce que je dis n’a aucun sens… Tu arrives à me suivre un minimum ?
- Je crois que oui…
- T’es pas sure ?!
- Je vais devoir laisser mon cerveau analyser tout ça.
- Je t’ai pas fait peur, si ?! Je lui demande un peu inquiète.
- Non, ça va, je vais m’en remettre…
- Mais ?
- Je n’avais pas la moindre idée de ce que tu pensais. En même temps…
- Quoi ? Je la coupe.
- Bah laisse moi finir… Je disais qu’en même temps, ça ne m’étonne même pas venant de toi.

Elle se penche et m’embrasse sur la joue.

- Ça t’embête ?
- Quoi ?
- Ma vision des choses ? Comment tu le vois le mariage toi ?
- Plus simplement pour être honnête.
- C’est-à-dire ?
- Que j’ai grandi en regardant Disney et comme les princesses qui trouvent leurs princes charmant et qui « se marièrent et vécurent heureux », je pensais que j’allais trouver ma princesse et vivre heureuse… Jusqu’à y a très peu de temps, de toute façon, je pensais même pas qu’on aurait eu l’espoir de voir le mariage pour tous passer alors je m’étais faite une raison.
- Mais maintenant qu’on pourrait, tu en penses quoi ?
- Je pense que j’ai trouvé ma princesse et que je suis heureuse…
- C’est tout ? Ça te pose pas de problème que… ?

Elle m’observe avec attention pendant un instant.

- Toi, commence-t-elle. Tu stresses parce que tu penses que je vais réagir comme dans un film à la con et te quitter parce que tu veux pas te marier, non ?!
- Euh…

Je réfléchis un instant et je réalise qu’elle a raison. Bizarrement à ce moment-là, mon corps tout entier se détend et je réalise qu’effectivement, je devais penser à quelque chose comme ça et que je flippais grave…

- Ouais, un truc du genre, j’ajoute.
- Bon, sois rassurée, je ne vais pas te lâcher comme ça. Si un jour, tu changes d’avis, on avisera, mais en attendant, je te veux toi et je vais pas te quitter juste parce que tu ne considères pas l’idée du mariage. C’est juste une signature sur un bout de papier dans le fond, conclut-elle.

Elle me sourit et je la regarde, heureuse de l’avoir trouvée… Heureuse que la vie l’ait mise sur mon chemin. Je vois une lueur traverser son regard quand le serveur nous emmène nos desserts… Il repart, mais la lueur reste dans les yeux d’Elly.

- Quoi ?
- Mange qu’on rentre.
- Pourquoi ?
- Parce que c’est à moi de t’offrir ton cadeau pour nos deux ans, murmure-t-elle en souriant malicieusement.

OMG, la température vient de monter d’un coup ou c’est moi ?! … :’D
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MessageSujet: Re: Le Combat d'Exister - Okashi   Ven 26 Juin 2015 - 16:23

Chapitre 22 : Coup de feu final !

INT. CHAMBRE – APRES-MIDI

Je suis en train de me préparer rapidement quand j’entends des pas précipités arriver vers moi. J’ai à peine le temps de me retourner que je suis percutée de plein fouet par une masse plus volumineuse et plus forte que moi qui me serre dans ses bras… Johan ! Il me tient à m’en étouffer, mais me relâche à temps.

- Bon t’es prête ?
- Salut Jo ! Comment tu vas ? Moi ça va, merci ? je commence ironiquement.
- Salut Sam, Ça va bien, merci. Et toi ? Ajoute-t-il sur le même ton.
- Oui, je suis prête. Je crois…

Il s’assied sur le lit pendant que je termine de m’habiller.

- Elle est balaise la fille, non ?
- Oui, un peu trop.
- Tu vas gérer.
- On verra bien…

Elly arrive dans la chambre et s’assied à côté de Johan. Elle tire une tête bizarre comme si elle était un peu stressée ou quoi. Je l’observe, mais elle regarde ses mains qui sont sur ses genoux. Je remarque que Johan l’observe aussi. Il passe un bras autour de ses épaules.

- Ça va m’dame ?
- Hein ?… Euh ouais.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Je lui demande.
- J’ai… euh… un sentiment bizarre.
- Comment ça ?
- Je sais pas, un pressentiment par rapport à ce soir.
- Pour le combat ?
- Je sais pas trop… Ça doit pas être important.
- Au pire, Sam se fait juste éclater la gueule par son opposante !, ajoute Johan en rigolant.

Ça a le mérite de faire rire Elly, mais on dirait que ça ne fait pas passer sa sensation, parce que je peux voir sur son visage que ça la perturbe…

INT. CLUB DE BOXE – SOIR

Ce soir il y a du monde… Beaucoup de monde. Il y a plusieurs combats déjà, mais en plus, je ne sais pour quelle raison, mes proches sont plus nombreux que d’habitude. En plus d’Elly et Johan, il y a Timéo et Aurore qui sont officiellement ensemble et Claire et Olivier. Manu est là avec sa copine puisqu’ils devaient descendre de Paris. Mais il y a aussi les parents d’Elly, Evelyne et je vois aussi mon père qui se tient à l’écart des autres. Je lui fais un petit signe auquel il répond puis je me recentre sur moi pour me concentrer avant de monter… C’est vrai que ça fait pas mal de monde qui est là pour voir mon combat et ça fait autant de fois plus de pression que de personnes…

Il y a cinq combats avant moi et je suis la dernière. Quand mon tour arrive enfin, je monte sur le ring en écoutant les dernières directives de Grumpy Bear pendant qu’il me met les bandes, les gants puis le protège-dent... Le combat commence facilement, mais la fille en face et rapide et forte. Malgré toute la concentration dont je fais preuve et en donnant le maximum de moi, je finis par perdre le combat en gagnant, par contre, une belle entaille à l’arcade sourcilière.

Quand je descends, Grumpy Bear me dit que j’ai bien combattu et il enlève le protège-dent pendant que je retire mes gants et les bandes. Mes proches se rapprochent de moi pour discuter cinq minutes. Je cherche mon père des yeux, mais ne le trouve pas, il a du s’éclipser pour ne pas s’imposer.

Evelyne a organisé un apéro dinatoire pour la suite et on doit tous se retrouver chez elle alors ils veulent m’attendre.

- Non, allez-y, je vous dis ! Evelyne habite à côté, je vais aller prendre une douche tranquillement pour me détendre et je vous rejoins.
- On peut t’attendre, dis Johan.
- Allez-y je vous dis. Ça va aller !
- Je…, commence Elly qui semble inquiète.
- Toi aussi vas-y… Ça va, je vais juste aller prendre une douche et j’arrive.

Je parviens à les convaincre au bout d’un moment et je tourne les talons pour aller à la douche une fois que je suis certaine qu’ils sont tous partis.

Quand je sors des vestiaires, le club est calme, surtout que les premiers combattants sont partis et les spectateurs aussi. Je trouve étrange par contre le silence pesant qui règne dans la salle. Grump aurait dû être là au moins. Je regarde vers son bureau et je vois de la lumière... J’ai un mauvais pressentiment, mon cœur s’emballe alors je ralentis et adoucis mon pas tout en m’approchant. Quand je passe la porte, je reste scotchée sur place… Grumpy Bear est assis sur le sol contre un mur près de son bureau et ma mère, un pistolet à la main, est assise sur le canapé face à lui. En entrant dans la pièce, je me retrouve entre eux deux…

- Qu’est-ce que tu fais là ? Je bafouille d’une voix tremblante.
- Je t’attendais !
- Pourquoi ?
- J’ai des trucs à régler…

Elle se lève et je ne peux détacher mon regard du pistolet qu’elle tient. Je devrais savoir comment la désarmer, j’ai appris des gestes pour devenir gendarme, mais la situation et le fait que je suis directement « visée » me déstabilise et je reste figée. Elle se rapproche de moi, lève son arme pendant que je fais un léger pas en arrière, mais en une enjambée, elle se retrouve près de moi, son pistolet sur ma gorge. Je déglutis difficilement…

- Alors t’as pas compris qu’il fallait que tu t’éloignes de lui ? De nous ?

Je ne réponds pas, mais je la regarde dans les yeux et je peux y voir de la folie pure. Ça me fait peur… Elle me fait peur…

- Réponds-moi !

Je ne réponds encore pas… Je ne peux pas parler de toute façon, ma gorge est trop serrée pour ça. Je la sens sur les rotules, tremblante et psychotique… L’énergie qu’elle dégage et ses gestes trahissent sont état et je ne sais pas quoi faire…

- Tu es impure, tu es une aberration et tu dois te tenir loin de nous.

Je ne dis toujours rien… Je la sens tellement nerveuse et à fleur de peau. Elle m’empoigne par la gorge et place son arme sur ma tempe. Mon corps tout entier se tend… Je ne sais pas quoi faire, je n’arrive même plus à réfléchir. Je ne suis pas loin de la panique intérieure. J’ai l’impression que je suis prête à exploser, mais la tétanie m’en empêche… Du coin de l’œil, je vois Grump qui commence à se relever… Alors qu’elle l’entend, elle se retourne d’un coup et pointe l’arme sur lui sans me lâcher… Elle tire plus vite que ce qu’elle pouvait imaginer, c’est parti tout seul et je la vois surprise par son geste. Le problème, c’est que ça la rend encore plus agitée... Grumpy s’écroule à terre, se tenant l’abdomen. Du sang coule entre ses doigts et il pousse des râles de douleur qui font mal au cœur.

- Tout ça c’est de ta faute, hurle ma mère en reportant son attention sur moi une fois qu’elle réagit.

Elle me pousse violemment contre le mur derrière moi, ce qui me coupe la respiration, mais je reste sur mes jambes, gardant mon regard dans le sien.

- Tout a toujours été de ta faute ! Tu ruines tout ce que tu touches ! Tu devrais aller en enfer, tu devrais mourir pour ce que tu fais, ce que tu es….

Elle déraille totalement. Ce qu’elle dit n’a aucun sens et malgré le fait que ses mots devraient faire mal, ce sont juste des mots à cet instant. La situation elle-même les rend anodins…

Mon téléphone sonne et je la vois qui pose les yeux sur la poche de mon jean dans laquelle il est.

- Prends-le et éteint-le ! Crie-t-elle en remuant son arme pas loin de moi.

En lui montrant ma main libre, je récupère mon téléphone dans ma poche avec l’autre. Je vois que c’est Johan et au lieu de l’éteindre, j’appuie sur le bouton vert, puis je le pose sur le meuble le plus proche. J’espère qu’elle y a vu que du feu…

- Tu l’as éteint ?
- Oui.
- C’était qui ?
- Johan.
- Ton ami d’enfance ? Demande-t-elle soudainement plus calme.
- Oui.
- Vous êtes ensemble ?

Je sais pas dans quel sens elle voit ce « ensemble », mais je vais tenter le tout pour le tout…

- Oui.
- Tu n’aimes plus les…

Elle n’arrive même pas à le dire le mot « femmes »… Je secoue la tête négativement. C’est pas le moment de lui tenir tête… Elle me scrute, soudainement incertaine… On se regarde pendant un moment, jusqu’à ce que les gémissements douloureux de Grump me fassent réagir.

- Laisse-moi le voir.
- Non.
- Il risque de mourir !

Elle l’observe un moment puis reporte son attention sur moi. Elle fait un signe affirmatif de la tête, mais pointe le pistolet dans ma direction. Je me précipite sur Grump, j’enlève mon sweat et appuie sur sa blessure avec. Il est mal en point, sa respiration et lente et je pense qu’il est sur le point de perdre connaissance. Je prie intérieurement pour qu’un miracle arrive…

- Depuis quand t’es avec Johan ? Reprend l’autre tordue.
- Je sais pas, longtemps.
- Quand on aime, on sait.
- Je sais plus !
- Alors tu me mens. T’aimes toujours les filles, c’est ça ?

Je me fige quand je sens le canon derrière mon oreille. Je ferme les yeux...

- Dis-moi la vérité !
- Tu ne veux pas la connaître la vérité !
- C’est plutôt toi qui ne veux pas me la dire.

Haha, très drôle, mother, bien sûr que j’ai pas envie de te dire la vérité, là de suite !

- Tu as peur d’aller en enfer !
- J’y suis déjà, je murmure.
- Quoi ?
- Rien.
- Si, tu as dit quelque chose. Répète !

Je secoue la tête.

- Dis-moi ! Maintenant ! Hurle-t-elle.
- J’ai dit que j’y suis déjà en enfer ! Je gronde. Ma propre mère est en train de pointer un pistolet sur ma tête…

Je me relève et me tourne brusquement, ce qui la surprend, et je sens la douleur qui me transperce avant même d’avoir entendu le son de la détente. Je la regarde dans les yeux, je déglutis difficilement puis je baisse le regard vers ma poitrine. Du sang commence à se répandre sur mon t-shirt. Je relève la tête faiblement et je vois ma mère qui recule, horrifiée par son geste. La douleur est tellement vive à cet instant que j’ai l’impression de ne pas sentir mon corps, je sens simplement le vide qui m’entraîne pendant que je tombe… Mais j’ai l’impression de tomber encore et encore sans m’arrêter, même après avoir touché le sol… Les minutes sont des heures dans ma tête et c’est quand je vois des hommes entrer dans la pièce, désarmer ma mère et la restreindre puis que je vois le visage de Johan au-dessus de moi, que je lâche prise et sombre dans l’inconscience.

INT. HOPITAL – PLUS TARD

Je sais qu’on arrive dans l’hôpital parce que les bruits ne sont pas les mêmes que dans l’ambulance… Les vibrations non plus… Mais la douleur dans mon corps n’a pas changé, elle est toujours aussi violente… Je suis revenue à moi en route vers l’hôpital, j’ai plus ou moins conscience des choses, mais je ne parviens pas à ouvrir les yeux et je peux à peine serrer la main de Johan qui me tient depuis le début. J’entends des voix autour de moi, je sens qu’on s’occupe de moi, mais je ne comprends pas tout ce qu’il se passe…

INT. HOPITAL : CHAMBRE – JOUR

Les yeux toujours fermés, je reprends pied avec la réalité. Je me sens vide et engourdie… J’entends des voix et je reconnais celle de Johan et celle d’Elly parmi quelques autres. Une porte s’ouvre et se referme, plus personne ne parle, mais j’entends des pas sur le sol. Je reporte toute mon attention sur ces pas et je pense reconnaître la démarche de Johan. Petit à petit, sortant de mon « engourdissement » physique, je sens quelque chose sur mon bras, de légères caresses d’abord puis en mettant toute ma concentration sur ça, je peux les sentir de mieux en mieux et je reconnais cette fois le toucher d’Elly, la douceur de ses mains… J’essaie de bouger ou d’ouvrir les yeux, mais je n’y parviens pas… Alors je me concentre sur eux, sur leur présence et malgré le silence qui dure, les savoir près de moi me réconforte…

- Jusqu’au bout elle lui aura fait mal ! Déclare Johan la voix tremblante… Si elle… Si Sam… Je la tue !

« Si Sam quoi ? », j’ai envie de hurler. « Sam quoi ? »… Je ne comprends pas ce qu’il se passe. Je suis là, avec eux, j’ai juste tellement mal que je ne peux pas bouger, mais pourquoi cette douleur dans sa voix.

- Ça ne la ferait pas revenir Jo.
- Mais l’autre saurait ce que c’est que de souffrir.
- Concentre-toi sur Sam au lieu de sur sa mère.
- C’est ce que je fais.
- Non, tu rumines le négatif.
- Et tu crois que c’est positif de la voir dans le coma ? S’énerve Johan.

Quoi ? Coma ? Je ne comprends pas ! Je suis dans le coma ? … J’entends Elly qui se met à sangloter.

- Pardon, murmure Johan.

D’un coup, je me sens comme prisonnière de mon corps. J’essaie de bouger, mais je n’y parviens pas… Et l’énergie que j’y mets me vide psychologiquement. J’ai envie de hurler… J’ai envie de prendre la main d’Elly que je sens toujours sur ma peau… J’ai envie de la prendre dans mes bras, de la rassurer, de lui dire que ça va aller, que je vais m’en sortir…

***

Je ne sais pas exactement le temps qui s’est écoulé depuis que je suis dans ce lit d’hôpital, mais je me sens différente maintenant. Plus légère, plus encline à bouger (littéralement)… Je me concentre sur mon corps en entier pour le ressentir puis je décide de me focaliser sur certaines zones de mon corps. Je commence d’abord par ma main droite, parce que c’est dans cette main que j’ai senti celle d’Elly le plus souvent alors si elle est proche, je veux la toucher à mon tour… En mettant toute mon attention dans ma main, dans mes doigts, je parviens, au bout d’un moment, à bouger mon index. Je le sens… Je souris intérieurement… Après un long, très long duel avec mon propre corps, je réussis à bouger la main, mais surtout à ouvrir les yeux… Je réalise alors que je suis seule dans la chambre et je me laisse aller, épuisée par cette activité.

Quand je me réveille à nouveau et pour de bon, cette fois, Elly, Johan et un docteur sont autour de moi. Ils me regardent et je les observe à tour de rôle, mais c’est quand je pose mes yeux sur Elly que je m’arrête. Elle pleure et tout ce que je veux faire, c’est la prendre dans mes bras. Ne pouvant pas encore bouger, j’essaie de parler, mais je n’y parviens pas plus…

- Prends ton temps Sam, commence le docteur. Tu as été dans le coma quelques jours et ton corps va avoir besoin de retrouver sa vitalité petit à petit.

Je l’entends, mais je suis frustrée de ne pas pourvoir parler…

***

J’ai appris que ma mère a fini en hôpital psychiatrique dans une zone sous haute surveillance. Elle fait partie des fous pathologiques qui sont classés comme dangereux pour les autres. No kidding ?! Ça me peine pour elle, mais ça me soulage pour moi et surtout pour Elly… Je sais pas jusqu’où elle aurait pu aller parce qu’elle est déjà allée particulièrement loin. Et j’ai pas envie qu’elle vienne s’en prendre à elle.

Grumpy Bear a succombé à ses blessures. Les secours sont arrivés trop tard pour pouvoir le sauver. Je n’ai pas pu aller à ses funérailles, mais Elly et Johan y sont allés pour moi.

Je ne sais pas si je hais encore ma mère, mais je veux me détacher de tout ça. Quant à mon père, je sais qu’il est venu plusieurs fois me voir quand j’étais dans le coma et il est revenu me voir une fois depuis mon réveil. Suite aux derniers événements, je ne sais pas comment notre relation va évoluer… Je pense qu’il culpabilise pour ce qu’il m’est arrivé et qu’il préfère se tenir à distance par peur de me blesser à nouveau. Je ne lui en veux pas, mais je pense que pour le moment, c’est une bonne chose de remettre un peu de distance… Je sais que je vais avoir besoin de temps.

Depuis que je me suis « réveillée », je n’arrive pratiquement pas à dormir, sauf quand les infirmières craquent et m’envoient une dose de calmant. Quand je suis seule, je panique presque, et ils ont décidé de me coller un psy sur le dos pour, soi-disant, m’aider à traverser cette épreuve… Je n’aime pas l’idée d’être suivie pas un psy, mais bon, au fond, ça ne me fera peut-être pas de mal. En tout cas c’est ce que semblent penser Elly et Evelyne alors je me suis inclinée… Pour une fois j’arrête de faire la tête de mule...

***

Je suis en train de terminer une séance avec le kiné lorsque Johan et Elly arrivent accompagnées d’Evelyne et des parents d’Elly. Le kiné me fait faire les derniers mouvements allongée sur le lit puis s’en va.

Je me redresse et m’assied sur le bord du lit alors qu’Evelyne s’approche. Elle m’embrasse sur le front puis reste près de moi. Depuis l’accident, et plus particulièrement depuis que je suis réveillée, je la sens particulièrement protectrice envers moi. Ce n’est pas pour me déplaire, elle est la seule mère que j’ai dans ma vie et j’aime pouvoir me dire que je peux compter sur elle comme telle.

- Tu as besoin de quelque chose ? Me demande-t-elle.
- Non, ça va merci. Il faut que je fasse quelque chose par contre.
- Oui ?

Le fait qu’ils soient plusieurs dans la chambre me stresse un peu, mais ce sont les personnes qui me sont le plus chers alors je me dis que c’est le meilleur moment.

- Elly, tu peux t’approcher, s’il-te-plaît ?

Elly s’avance doucement vers moi, un peu inquiète. Je lui offre mon sourire le plus réconfortant possible puis je sors une bague (en plastique de la cafétéria, je précise) de ma poche. Je prends la main gauche d’Elly dans la mienne et je glisse la bague à son annulaire.

- Elly, est-ce que tu veux passer le reste de ta vie avec moi ?

Elle me regarde, bouche-bée, ne sachant probablement pas si c’est du lard ou du cochon.

- Tu me demandes en mariage ? Demande-t-elle un peu émotionnelle.
- Disons que c’est une demande d’engagement pour le moment.

Elle sourit, pas le moins du monde surprise par ma réplique.

- Oui, je veux passer le reste de ma vie avec toi !

Je prends son visage dans mes mains et je l’attire à moi pour l’embrasser. Les autres autour de nous se mettent à applaudir et ils s’approchent de nous pour nous serrer dans leurs bras. Je suis d’abord enlacée par Johan et Evelyne pendant qu’Elly deal avec ses parents. Puis c’est le contraire avant que l’on se retrouve dans les bras l’une de l’autre.

Ils restent encore un peu puis finissent par nous laisser seules. Quand la porte se referme sur eux, Elly se focalise sur moi…

- Je peux te demander quelque chose ? Commence-t-elle.
- Euh, oui ?!
- Est-ce que tu voudrais des enfants ?

Il me faut une seconde pour y penser…

- De toi, absolument !

Je la tire à moi sur le lit et, ayant retrouvée assez de force, je parviens à l’allonger sur le lit et à me placer au-dessus d’elle.

- On peut commencer de suite.
- Tu ne changeras jamais !
- Probablement pas…

Je lui fais un clin d’œil et je me baisse pour l’embrasser…


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