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 Soleil de minuit, Aurore boréale - Tome 3 - Mack

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Mack
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A écrit : Rencontre sportive ; Home sweet Home ; A l'ouest de chez moi tome 1; Mouvement perpétuel; Soleil de minuit, Aurore boréale tome 1, 2 & 3 ; Galway
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MessageSujet: Re: Soleil de minuit, Aurore boréale - Tome 3 - Mack   Dim 22 Mai 2016 - 20:13

LILLEHAMMER – A l’heure du monde et du cœur
 


Lundi 6 juillet  2009 – 21h30
Championnat du Monde / Bilan 1ere phase de poule
 
Bonsoir à toutes et tous. Avant la reprise de la compétition et à la veille de ce jour de repos, je vous propose un petit récapitulatif de ce qu’il s’est passé ces 5 derniers jours.
 
Dans la poule A, Le Danemark, la France et l’Allemagne dans cet ordre quittent Aalborg (Danemark) pour rejoindre Herning (toujours au Danemark) avec respectivement 4, 2 et 0 point au compteur pour le tour suivant. Elles seront rejointes par les trois première de la poule B : la Russie 4 points, l’Autriche 2 points et la surprenante équipe de l’Angola avec 0 point.
Dans cette nouvelle poule, le Danemark à domicile semble bien parti mais la lutte sera sévère et elles devront laisser derrière la Russie et la France pour être sûres d’accrocher une des deux places qualificatives.
 
Dans la poule C, la Norvège va quitter son camp de base de Larvik pour Lillehammer avec 4 points dans sa besace. Elles seront accompagnées par la Roumanie et leur 2 points et par la Hongrie 0 point. Leurs adversaires seront : l’Espagne 4 points, la Corée du Sud 2 points et la Chine.
Le dernier match de la Norvège au tour précédent a été serré contre la Roumanie mais la rotation était importante chez les scandinaves. Elles vont recroiser dès demain les sud-coréennes et personne n’a oublié cette demi-finale au Jeux Olympiques où sur le buzzer ANDERSEN marquait le but qui qualifiait son équipe. La seule ombre au tableau pour l’instant est la blessure de LUNDE HARALDSEN touchée au coude gauche.
 
Dans les tribunes de l’Arena de Larvik, il était possible de voir des banderoles de bienvenue au quatuor en prévision de la saison prochaine.
Alors que pour le premier match toute l’équipe de Norvège portait un brassard noir en hommage à Hans KASLER, seule l’arrière droit le portait pour la suite de la compétition. Il a même été intégré à son maillot par l’ajout d’une bande noir au bas de sa manche gauche. Interrogée en conférence de presse Ikka SORENSEN a déclaré que c’était quelque chose d’important pour la joueuse et que c’était un moyen de ne pas oublier que sans lui, elle jouerait pour la France ou la Suisse.
 
Rendez-vous après demain pour la reprise de la compétition.
 
Bonne soirée !  
 
***
 
            Liv posa ses sacs avec les autres près du car avant de se diriger vers les supporters qui attendaient pour un autographe ou une photo. Il était huit heures du matin et ils étaient déjà là. Elle ne put s’empêcher de sourire en voyant que des maillots de Larvik avaient déjà été floqués à leurs noms et aussi à l’hybride devenu célèbre : KASSEN. En parlant du couple, elles étaient, depuis leur arrivée en Norvège, littéralement happées par les journalistes, les fans et autres. Solveig faisait de son mieux pour protéger Dane mais cette dernière n’était plus la petite nouvelle et était à présent une vraie star de l’équipe. Ses statistiques étaient impressionnantes sur la première partie des Championnats du monde. Elle fleurtait avec les 85% de réussite au tir. Et commençait à avoir une sérieuse réputation de tireuse au-delà des 9 mètres.
            Ikka donna le signal du départ et Liv capta le soupir de soulagement de Dane qui courut presque dans le bus pour se mettre à l’abri. Il y avait encore du travail pour qu’elle soit complètement à l’aise dans cet exercice. La gardienne s’installa derrière le couple et devant Katri qui était au téléphone avec Kjerstin. De son coté, Ellen avait été présente lors des deux derniers matchs mais avait dû partir hier soir car elle avait un rendez-vous. Elle ne lui avait pas dit où ou avec qui et la gardienne norvégienne sentait déjà comme un vide. Elle lui avait promis d’être là pour la rencontre face à la Corée du Sud mais elle aurait aimé partager son après-midi de libre avec la chirurgienne. Elle n’avait toujours pas réussi à lui parler et leurs différentes rencontres se traduisaient la plupart du temps par des séances de sexe torrides. Après les Championnats du Monde, elle devrait avoir cette conversation. Pour arrêter de réfléchir, elle appliqua la méthode de Dane, elle mit les écouteurs de son lecteur MP3 et lança U2.
 
***
 


Mercredi 8 juillet  2009 – 19h00
Championnat du Monde / Norvège – Corée du Sud
[…]
Mi-temps : 14 – 13
La Corée du Sud n’est vraiment pas une équipe qui réussit à la Norvège. Après leur bonne entame de match et leur +3
AAMODT
1
(2')
0
NØSTVOLD
2
(4')
0
KASLER
3
(6')
0
3
(6')
1
YU E
Les joueuses norvégiennes n’ont pas réussi à maintenir l’écart. ARLENSEN est en difficulté sur les tirs à 6m. La pivot sud-coréenne, très basse sur ses appuis, semble échapper aux bras des grandes défenseuses scandinaves. Seule KASLER arrive à l’attraper quand elle vient dans sa zone.
Du coté des buteuses, elles sont 8 à avoir marqué sur les 14 buts. KASLER mène les débats :
 
KASLER
4
AAMODT / NØSTVOLD / RIEGELHUTH
2
LARSEN / LOKE / ANDERSEN / BLANCO
1
La mobilité des joueuses sud-coréennes force les norvégiennes à jouer en passes rapides et elles ont du mal à trouver des intervalles. Les tirs à 8 ou 9 mètres sont compliqués par la montée rapide des défenseurs. 
Il va falloir trouver des solutions en deuxième mi-temps.
 
***
 
            Liv jeta encore un coup d’œil dans les tribunes derrière leur banc mais la place d’Ellen était toujours vide. Elle avait espéré qu’elle ne serait qu’en retard et pas complètement absente. La gardienne norvégienne était en colère contre elle-même car elle n’arrivait pas à occulter de son esprit la non présence de la chirurgienne et cela jouait sur sa concentration. Elle était dans la situation qu’elle redoutait. Sa vie personnelle venait interférer avec sa vie sur le terrain. Tous les moments qu’elle avait passés avec Ellen avaient été intenses sexuellement. Elle ne connaissait pas cette partie de sa personnalité qui voulait masquer sa peur par du sexe débridé. La chirurgienne avait répondu favorablement à toutes ses envies et demandes. Elle lui avait même demandé de la mordre. Elle avait craint que la trace soit encore visible lorsqu’elle avait rejoint l’équipe mais que la sensation avait été bonne. Elle ne raconterait à personne la fois où elle avait réveillé Ellen au milieu de la nuit en la pénétrant avec son pouce et en s’allongeant sur son dos pour la plaquer contre le matelas. Elle avait fait des mouvements de va et vient en elle tout en caressant son clitoris avec son index. Liv avait aimé entendre les gémissements et le cri de délivrance d’Ellen mais au matin, elle avait eu honte de son comportement. Elle avait essayé de s’éclipser mais la chirurgienne l’avait retenue et attirée dans ses bras, sous la couette, en lui murmurant :
« Si je n’avais pas aimé ce que tu me faisais, je te l’aurais dit. J’aime que tu me surprennes. »
            Liv était à présent assise dans les vestiaires. Elle n’arrivait pas à écouter le discours d’Ikka et encore moins relire ses notes sur les attaquantes sud-coréennes. Elle se demandait si se cogner la tête contre le mur, la ferait revenir à la logique. Elle sursauta presque en sentant la main de Dane sur son épaule
«  On va l’attraper cette pivot. Elle va arrêter de t’embêter. »
* Si tu savais qui m’embête vraiment…*
 
***
[…]
35ème minute : 16 – 13
SORENSEN a modifié sa tactique. KASLER est en strict sur KIM O et verrouille la pivot. ANDERSEN glisse au poste d’arrière droit. C’est aussi KASLER qui prend à son compte la préparation des attaques. Dans cette partie où le défi physique est peu présent mais la vivacité primordiale, la sélectionneuse norvégienne s’appuie sur la vitesse et la précision de passe de KASLER et cela paye en ce moment 
[…]
48ème minute : 22 – 20
Le match est un « à toi à moi » : un but pour un but ou un arrêt pour un arrêt. ARLENSEN est dans des stats tout à fait convenables pour cette compétition mais elle est en dessous de ses pourcentages d’arrêts à elle. Elle n’arrive pas à avoir le poids qu’elle a d’habitude sur le match. Ce qui montre bien l’importance qu’elle a dans l’effectif norvégien. 
 […]
59ème minute : 26 – 27
ARLENSEN est bien présente pour fermer le tir. Elle détourne la balle sur son poteau mais manque de chance, le ballon au retour tape son genou et rentre dans la cage. Ce n’est pas le jour d’ARLENSEN. La Corée du Sud prend l’avantage à 25 sec de la fin.
Fin du match : 27 - 27
KALSER s’appuie sur ANDERSEN avant de jouer les anguilles dans la défense pour aller maquer son seul but de la 2ème mi-temps mais qui permet à la Norvège d’accrocher le match nul.
 
Un match compliqué comme à chaque fois contre la Corée du Sud. Le match nul est un moindre mal et il faudra gagner toutes les autres rencontres de la poule. KASLER vient de déclarer en interview d’après match : « que pour être championne du monde, il faut battre tout le monde. C’est toujours ce que nous avons en tête. Pas de calcul. La Corée du Sud est une équipe que j’aime rencontrer car elle a un jeu très différent et cela évite de s’endormir sur ses acquis. C’était un bon défi. »
Il faudra attendre le prochain match pour savoir si ce résultat n’était qu’un accro dans le parcours.
 
Prochain match : Chine – Norvège le 8 juillet (demain)
 
***
 
Liv était la dernière dans les vestiaires. Son match avait été tellement merdique qu’elle ne voulait pas parler aux journalistes. Elle terminait avec 31% d’arrêt. Son plus mauvais score depuis au moins cinq ans en sélection nationale. Elle était émotionnellement fatiguée. Elle venait de ramasser son sac quand elle entendit frapper à la porte, elle vit la tête de Sol apparaître.
« Ça va ? »
       Oui, j’arrive.
Solveig rentra complètement dans le vestiaire.
       Je suis là si tu as besoin de parler. Je sens bien que quelque chose ne va pas.
       Je me suis mise dans la merde toute seule et je ne vois pas trop comment tu pourrais m’aider.
       Tu peux toujours essayer de m’expliquer. Je ne trouverai peut-être une solution miracle mais peut être un petit truc pour aider.
       Dane ne va pas t’attendre ?
       Ne t’inquiète pas pour Dane, elle est occupée de son côté aussi. Elle essaie de convaincre Katri de ne pas faire le mur pour rejoindre Kjerstin qui dort chez mes parents.
       Ho ! C’est vrai que cela risque de lui prendre du temps surtout si elle doit l’attacher à son lit.
       Si elle doit en arriver là, rappelle-moi de prendre des photos. Ellen doit aussi loger dans le chalet familial mais elle n’est pas encore arrivée.
Solveig avait sciemment évoqué la chirurgienne pour voir l’expression de son amie. Et elle ne s’était pas trompée. Le visage de Liv s’était complètement fermé.
       Vous vous êtes disputées ?
       Non, même pas.
       Comment ça même pas.
       Pour s’engueuler, il faut se parler.
       Il me semblait que vous vous étiez vues pendant le stage et avant de venir ici.
       Oui mais…
Liv ne termina pas sa phrase. Elle n’était pas prête à avouer à Solveig ce qu’elle avait fait avec Ellen lorsqu’elles s’étaient retrouvées. Elle dut même fermer les yeux pour empêcher d’autres souvenirs de remonter à la surface. Elle avait déjà été assez ébranlée par ses pensées à la mi-temps du match.
       Mais vous étiez occupées à autre chose.
       Oui.
Liv laissa tomber son sac et s’écroula sur le banc.
       Liv tu as le droit d’avoir une vie sexuelle. Ce n’est pas un drame. Et ça n’a tué personne dans l’équipe.
       Oh non ! s’exclama la gardienne en cachant son visage dans ses mains. Je ne voulais pas avoir ce genre de conversation avec toi quand nous étions en sport étude et je ne veux pas l’avoir non plus aujourd’hui.
       Nous ne sommes pas obligées de parler de sexe. Je ne suis pas Katri. Nous pouvons juste parler de sentiments.
Solveig alla s’asseoir à côté de Liv et posa sa main sur son genou. Elle vit son amie inspirer un grand coup, avant de parler.
       Comment tu as fait ?
       Comment j’ai fait quoi ?
       Pour gérer ta relation à distance avec Dane, pour la convaincre de te rejoindre.
       Tu sais très bien que je n’ai pas vraiment bien géré et que je ne gère toujours pas bien l’absence de Dane. Tu m’as surprise plusieurs fois à regarder les vols pour Genève. Et tu étais assise dans mon canapé à me tenir la main quand elle était chez son Grand Père. Quand tu aimes quelqu’un il n’y a pas de recette miracle quand cette personne n’est pas là. Et en ce qui concerne le fait de convaincre Dane, il a fallu beaucoup parler…
       Et comment on fait pour parler ?
       On arrête le sexe !
       Sol…
       Je me moque mais c’est tout de même un début ou alors il faut parler après.
       Sol !
       Ok. Prends le temps de te poser avec Ellen. Vous n’êtes pas obligées de prendre une décision dans la semaine. Tu n’as même pas encore déménagé de Copenhague. Termine les Championnats du Monde et tu auras toutes les vacances pour clarifier la situation.
       Oui. Tu as raison. J’en ai marre de me prendre la tête.
       Il était peut-être temps que ça t’arrive, non ?
       J’aurais préféré plus tard, après le hand.
       Je ne suis pas sûre que la vie nous laisse le choix du moment.
       Elle fait chier la vie !
       Je ne te le fais pas dire. Je te propose de sortir de ce vestiaire et d’aller voir ce que Dane et Katri font.
       Ok.
Les deux jeunes femmes se levèrent et avant de passer la porte, Liv retint Solveig.
       Merci.
       De rien. On remet ça quand tu veux. Ou quand tu en as besoin.
La capitaine poussa légèrement son amie en dehors de la pièce. C’était le moment de se changer les idées. Elle espérait que sa petite amie ait dû attacher Katri pour vraiment détendre l’atmosphère.
 
***
 


Jeudi 9 juillet  2009 – 19h15
Championnat du Monde / Chine  – Norvège
[…]
Fin du match : 19 - 34
La Norvège s’impose +15 et encaisse moins de 20 buts. ARLENSEN termine avec des stat à 53% d’arrêts. Le match d’hier n’était qu’un accro dans le parcours de la gardienne internationale qui remonte à 49% sur l’ensemble de la compétition.
AAMODT, KASLER et ANDERSEN s’en sont données à cœur joie, nous offrant même un kung fu à 3 : aile droite, aile gauche et remise au centre.
 
Demain dernier match de poule conte l’Espagne qui déterminera le 1er de la poule. Dans l’autre poule cela se jouera entre la Russie et la France.
 
Bonne soirée.
 
***
 
            Katri piaffait d’impatience pour être libérée. Elles avaient quartier libre ce soir et elle voulait aller rejoindre Kjerstin. La veille, Dane l’avait séquestrée dans sa chambre. Quand Solveig et Liv les avaient rejointes. L’arrière droit venait de la plaquer au sol pour l’empêcher de sortir par la fenêtre. Une interview et elle pourrait s’éclipser. Elle devait retrouver la photographe chez les ANDERSEN à qui elle avait laissé l’organisation de leur soirée.
 
            Dane en avait fini avec les journalistes et s’était mise à l’écart pour essayer de joindre Ellen. Elle ne l’avait pas vue depuis qu’elles avaient quitté Larvik et Liv ne semblait pas avoir plus de nouvelle. Sur son portable, elle tomba directement sur sa messagerie et quand elle prit contact avec le CMS, sa secrétaire lui indiqua qu’elle était à Oslo.
 
            Liv avait espéré voir Ellen aujourd’hui mais sa place était encore restée vide. Les appels sur son portable et son fixe étaient restés sans réponse. Sol lui avait proposé d’aller boire un coup ce soir mais elle ne se sentait pas de jouer la comédie. Elle avait juste envie d’être seule. Ses statistiques étaient bons mais c’était un leurre. Elle ne s’était pas sentie dans le tempo et avait dû sa réussite qu’à la maladresse de ses adversaires. Elle avait marché dans les rues de Lillehammer mais elle avait croisé trop de fans qui lui avaient demandé des autographes. Elle était allée frapper chez les ANDERSEN et Marit lui avait ouvert. La mère de Solveig lui avait fait une bise sur la joue et ne lui avait pas posé de question. Elle lui avait précisé que sa fille et Dane étaient sorties et que Katri était avec Kjerstin dans leur chambre. Elle lui précisa que si elle le voulait, elle pouvait s’installer dans la chambre qu’elle avait occupée la dernière fois qu’elle était venue.
            Voilà comment elle se retrouvait allongée sur le dos à regarder le plafond depuis une demi-heure en entendant des bruits significatifs venant de la pièce d’à-côté. Alors qu’elle commençait à somnoler, elle dériva dans un de ces rêves-souvenirs. Ellen l’avait rejointe après sa garde et comme souvent ces derniers temps, elles s’étaient vite retrouvées nues dans son lit. Les préliminaires étaient bien avancés et la température avait fortement monté quand Liv ouvrit le dernier tiroir de sa table de chevet en rougissant. Elles n’avaient pas échangé un mot alors qu’Ellen s’équipait sous le regard mi gêné mi impatient de la gardienne. Elle avait laissé la chirurgienne prendre les rênes de leur ébat et elle l’avait laissée la pénétrer profondément. Profitant de la monté du plaisir avant d’étouffé dans son oreiller le cri accompagnant son orgasme. Elle se réveilla en gémissant, sentant son entrejambe à nouveau humide. Elle étouffa un gémissement de frustration cette fois-ci. Elle se leva et alla prendre une douche. Froide.
 
***
 
« A notre qualification pour les demi-finales. » dit Katri en levant son verre de Coca Cola. Même si elle préférait la bière, elle n’en consommait jamais pendant les grandes compétitions et encore moins avant un entrainement. Après son interview pour TV3 Norvège, elle avait rejoint Sol, Dane, Liv et Kjerstin dans un des restaurants de Lillehammer. Elles étaient encore libres jusqu’à 15 heures avant leur entrainement.
« Du coup, vous rencontrez qui en demie ? demanda la photographe. »
        La Russie, répondit Liv.
        Comme aux derniers Championnats d’Europe ?
        Heu, oui… Mais comment tu le sais, demanda Katri. Il me semblait que tu ne suivais pas le handball.
Kjerstin se saisit de son portable et fit une rapide recherche sur le net avant de présenter une photo de Katri en extension juste avant de lâcher son bras.
        Cette photo vous dit quelque chose ?
        Bien sûr, Katri l’a envoyée à tout le monde par mail au cas où nous ne l’aurions pas vu en première page du journal, expliqua Solveig.
       Un ami journaliste m’a demandé si je pouvais remplacer son photographe en Macédoine. Je me suis retrouvée là-bas pour les demi-finales et la finale. Et j’ai pris, entre autres, cette photo.
Leur expliqua-t-elle en leur indiquant les initiales KZ pour Kjerstin ZIGER.
        Comme quoi le monde est petit parfois, commenta Solveig en poussant Katri avec son coude.
 
***
 
            Comme la veille, Liv était la dernière dans les vestiaires. C’était presque devenu une habitude de traîner ici. En ce moment, elle avait besoin de solitude. Ikka avait prétexté une gestion de la fatigue, suite à la blessure de Katrine LUNDE HARALDSEN, pour alléger son entraînement de cet après-midi. Mais elle pensait que la sélectionneuse avait compris que quelque chose n’allait pas et qu’elle lui laissait un espace de repos mental. Mais que ce soit Solveig ou Ikka personne ne pouvait lui apporter la solution.
            Alors qu’elle entendit frapper à la porte, elle pensait comme la veille voir la tête de sa meilleure amie apparaître. Elle fut étonnée de croiser le regard d’Ellen.
« Que fais-tu ici ? demanda Liv en se levant. »
       Je t’attendais dehors mais tu ne sortais pas. Et puis j’ai croisé Solveig qui m’a dit de te rejoindre ici. Donc me voilà.
       Tu as raté plusieurs matches.
       Je les ai vus à la télévision.
       Alors tu as vu une grande part de mon fiasco personnel. C’est sans doute mieux comme ça.
La gardienne ramassa son sac et prit la direction de la sortie. Ellen l’arrêta dans sa fuite en posant sa main sur son bras lui faisant lâcher son sac.
« Liv, si enfin tu me parlais de ce qui ne va pas ? »
La question avait été presque murmurée.
       Je ne peux pas, je ne suis pas encore prête.
       Prête à quoi ?
*Allez parle !* s’invectiva mentalement Liv.
       A te perdre.
L’internationale s’éloigna de la chirurgienne et lui tourna le dos.
       Comment ça ? Pourquoi tu me perdrais ?
       Parce que si je te parle de ce qui me met dans cet état, tu auras envie de partir.
Ellen s’approcha de Liv et l’enlaça plaquant sa poitrine conte son dos.
       Dis-moi.
       Je veux plus.
       Plus ?
Liv ferma les yeux et inspira à fond. Le parfum d’Ellen l’enveloppait. Sa chaleur contre son dos lui donna la force de continuer.
       Quand j’ai pris la décision de signer à Larvik, je me disais que j’arriverai à gérer une relation à distance avec toi. Que tu pourrais être à Copenhague et moi à Larvik et ça me suffirait de te voir de temps en temps. Mais c’est faux. Je te veux tous les jours. J’ai besoin de te sentir quand je me couche ou quand je me lève ou les deux c’est encore mieux. J’ai besoin de nos petits déjeuners ou nos dîners tardifs quand tu rentres de garde. Je me suis rendu compte que je te cherche dans les tribunes après chaque arrêt. Je savais que je ne saurais pas gérer mais je ne pouvais pas te garder à distance. Et je sais que tu n’aimes pas les sportifs, que tu ne souhaites pas gérer les bébés que nous sommes et qu’il n’a jamais été question de sérieux dans notre relation mais…
       Hey… Et si tu me laissais le loisir d’avoir mes propres souhaits ?
Ellen resserra son étreinte. Le discours de Liv était un peu décousu mais elle en avait saisi l’essentiel.
       Oui je n’aime pas les sportifs mais il semblerait que les sportives ont un autre effet sur moi. Solveig, Dane, Katri et toi vous m’avez montré que le sport n’était pas qu’individualisme. Et je me suis rendue compte que j’aimais m’occuper de ton coté bébé pas si douillet que ça. Si tu veux tout savoir, notre relation a été sérieuse pour moi dès que tu m’as embrassée dans l’avion. Et peut-être même avant quand tu faisais de la résistance. Moi non plus je n’aime pas quand je m’endors ou me réveille seule. J’aime chaque moment que je passe avec toi. Tu es la première personne que j’autorise à rester dans mon bureau en attendant la fin de ma garde. Je ne pensais jamais dire ça un jour mais j’apprécie de regarder un match de handball. Tu es Liv ARLENSEN, gardienne internationale et je t’aime.
Liv se retourna dans les bras de cette femme qui ébranlait son monde. Elle cacha son visage dans son cou et murmura :
       Je t’aime aussi mais comment allons-nous faire ?
Ellen posa un baiser sur sa tempe avant de la rassurer.
       Choisir une maison ou un appartement assez grand pour nous deux.
       Comment ça ? demanda Liv en relevant la tête.
       C’est pour trouver une solution à mon problème géographique de cœur que j’ai dû m’absenter. J’ai dû rencontrer plusieurs personnes. Discuter de nombreuses heures. Participer à plusieurs dîners mais tu as devant toi et dans tes bras la future chirurgienne d’une partie des sportifs et sportives norvégiens. Je pourrais en même temps commencer mes études sur les blessures et leurs conséquences chez les sportifs de haut niveau. Et votre cher quatuor a été désigné volontaire.
Ellen avait le sourire en finissant sa phrase mais leva un sourcil devant l’air perdu de Liv.
       Tu n’es pas contente ? demanda la chirurgienne.
       Heu si mais ça veut dire que tu me suis ? Tu ne restes pas à Copenhague ?
       Non je ne reste pas à Copenhague, je serai basée à l’hôpital de Larvik où je ferai des gardes comme actuellement au CMS. Je serai en partie rattachée au club. Il faudra que j’anime des conférences mais rien de trop contraignant. Je pourrai donc être là pour les petits déjeuners le matin ou les repas tardifs.
       Et tu veux vivre avec moi ?
       Oui sauf si tu trouves que c’est trop tôt et que tu veux que l’on attende ou que…
       Oh non ! Je veux tout, tout de suite. Nous allons trouver une maison. Pour nous.
Liv conclut en posant ses lèvres sur celles d’Ellen. Son cœur battait à cent à l’heure alors que son cerveau se relâchait. Elle croyait la perdre alors qu’elle cherchait une solution pour qu’elles soient ensemble. Elle aurait sûrement rit des bêtises que son manque de confiance en elle lui faisait faire si à cet instant, elle n’avait pas senti la langue de la chirurgienne demander l’autorisation de caresser la sienne. Liv était à deux doigts d’oublier où elle se trouvait quand elle entendit frapper à nouveau à la porte. Les deux jeunes femmes se séparèrent avant que la gardienne réponde.
« Oui ? »
Elles virent la tête de Solveig passer par l’entrebâillement de la porte.
       Désolée de vous déranger. Juste pour dire qu’Ikka te redonne quartier libre ce soir Liv. Elle compte sur Ellen pour je cite : « te détendre » et que toi tu sois là à dix heures demain pour le réveil musculaire. Enfin Liv soit au reveil musculaire pas toi Ellen .
       Merci, répondit Liv en souriant à son amie.
       De rien. Je vous laisse. A demain.
Solveig referma la porte et se retrouva face aux regards interrogateurs de Danielle et Katri.
       Je crois que tout va mieux.
       Cool. Mais tu aurais pu demander un quartier libre pour moi aussi, se plaignit Katri.
       Tu en as eu un hier et à mon avis tu en as bien profité. Heureusement que nos chambres chez mes parents sont à l’opposé du reste de la maison.
       Mouais mais moi je n’ai pas ma copine dans ma chambre à l’hôtel.
       Arrête de te plaindre et allons rejoindre les autres.
Katri marmonna encore alors qu’elles prenaient toutes les trois la direction de la sortie.
            Dans les vestiaires, Liv reposa son front contre l’épaule d’Ellen.
« Il semblerait que j’ai ma soirée et ma nuit de libre. »
       Il semblerait que j’ai du travail en perspective aussi, sourit la chirurgienne. Nous y allons ?
       Oui.
Liv glissa sa main dans celle d’Ellen, puis ramassa son sac et suivit la chirurgienne dans le couloir. Elle se fit la réflexion que si elle avait été moins concentrée sur ses interrogations, elle aurait vu plus tôt le laisser-passer qu’Ellen portait autour du cou et qui lui donnait accès à l’ensemble des installations. Son accréditation était tout ce qu’il y avait de plus officiel.
 
***
 
            La soirée était bien avancée, Ellen venait de finir de masser Liv qui jouait les guimauves sur le lit. Elles avaient mangé avec les ANDERSEN et Kjerstin qui était sortie juste après pour faire des photos semi-nocturnes de la ville et qui n’était pas encore rentrée. Si la gardienne norvégienne n’avait pas vu l’énergie dépensée par Dane pour garder Katri dans sa chambre, elle aurait pu penser que les deux jeunes femmes s’étaient retrouvées. Mais Liv avait d’autre projet en tête à cet instant. Elle regardait Ellen qui se lavait les mains dans la salle de bain attenante à leur chambre. Elle avait laissé la porte ouverte et comme lorsqu’elle découpait sa viande, la suédoise avait une manière très médicale d’accomplir ce simple geste. Elle l’observait effectuer des ronds autour de ses mains puis frotter entre ses doigts avant de finir par les pouces. En y repensant, lors de leur première rencontre après s’être rendu compte qu’elles faisaient la même taille, son regard avait été attiré par les bras croisés de la chirurgienne et la main droite qu’elle voyait dépasser. Mais surtout ses longs doigts. Alors qu’elle luttait pour garder une distance émotionnelle avec Ellen ces mêmes mains l’avaient mise à la torture. A présent, elle les voulait sur elle mais pour un acte pas du tout médical. Elle avait cru perdre la jeune femme qu’elle aimait. Son cœur avait été rassuré mais son corps voulait sa part des réjouissances.
Ellen vint s’asseoir sur le lit le dos calé contre le montant au pied du lit. Faisant face à Liv qui était dans la même position à la tête.
« Comment te sens-tu ? demanda la chirurgienne. Tu as mal quelque part ? »
       Non, je suis bien. Complètement détendue. A tous les niveaux.
       Tu aurais dû me parler plus tôt, au lieu de te passer la rate au court bouillon.
       En connaissant la réponse, oui il est vrai que j’aurais dû aborder le sujet avant de signer à Larvik.
       J’aurai peut-être pu aborder le sujet aussi mais je ne pensais pas que tu me trouvais si distante. Il est vrai que je n’exprime pas beaucoup mes sentiments, ni ce que je ressens mais je pensais être assez explicite dans mes actes. Comme quoi, les mots sont toujours importants.
       En parlant de mots, si Katri pose la question, ne lui avoue jamais que c’est dans des vestiaires que je t’ai dit « je t’aime » pour la première fois.
       Pourquoi ?
       Elle a toute une théorie là-dessus. Depuis qu’elle a appris que Dane l’a dit à Sol pour la première fois dans les vestiaires de l’Arena, elle a échafaudé une réflexion comme quoi les lieux où l’on avouait ses sentiments étaient représentatifs de notre personnalité.
       Ça peut se défendre mais je pense que c’est surtout lié aux lieux que nous sommes amenés à fréquenter le plus. Et si une enquête était faite, je pense que le lieu qui arriverait en tête serait un lit.
       Qu’est ce qui te fait dire ça ?
       L’état dans lequel les gens sont après avoir fait des trucs dans un lit.
Ellen sourit et fit un clin d’œil à Liv qui rougissait légèrement.
       Mais promis, je ne dirai rien à Katri, continua la chirurgienne. Tu dois tout de même reconnaître qu’en plus d’avoir le même palmarès avec Solveig, tu as les mêmes endroits pour avoir des discussions importantes. Vous êtes un peu comme les Demoiselles de Rochefort.
       Qui ?
       C’est un film français des années soixante ou par là. Dedans il y a deux sœurs, l’une blonde, l’autre brune.
       Et ça raconte quoi ?
       Je ne sais plus trop. Je ne me souviens que de ce trait de caractère.
       Tu aimes les films français ?
       Oui, surtout les vieux films de François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol…
       Je ne connais pas.
       Je te ferai découvrir en même temps qu’Imar Bergman.
       J’aime beaucoup sa femme.
       Tu m’étonnes mais Ingrid Bergman n’est pas sa femme. Mais elle n’en est pas moins magnifique.
       Oh ! Oups. Alors je préfère l’intégral d’Ingrid.
       Et voilà une jolie femme montre le bout de son nez et mademoiselle est prête à se faire un marathon de film en noir et blanc.
       Et alors, j’ai du goût. Et en parlant de jolie femme, il y en a une dans ce lit et elle est trop loin.
Ellen fit demi-tour dans le lit et vint prendre Liv dans ses bras.
       Et qu’attends-tu de la jolie femme allongée dans ton lit ?
       J’ai bien une idée.
       Elle t’écoute.
       Je vais plutôt lui montrer.
       Avant que tu ne me le montres, j’aimerai te dire quelque chose.
       Oui, répondit doucement la gardienne qui refusait que l’atmosphère de ce moment change.
       A un moment j’ai cru que notre différence d’âge commençait à te poser un problème et que c’était pour me tester que tu pimentais nos relations sexuelles
       Tu as pensé ça ? Je ne sais même pas quel âge tu as ?
       J’ai dix ans de plus que toi.
       Et ?
       Et ça aurai pu te déranger.
Liv enjamba Ellen et vint s’asseoir à califourchon sur son bassin.
       Ellen, ton coté posé et sérieux, c’est ce que j’aime chez toi car c’est ce qui me rassure. Qui me donne confiance en moi et en nous. Et si j’ai « pimenté » nos relations sexuelles, c’était pour combattre ma peur de te perdre. C’est comme si je voulais tout prendre avant que ça s’arrête. Je ne suis jamais aussi bien que quand tu me prends juste dans tes bras et que tu me gardes contre toi. Même si je ne te cache pas que j’ai aimé tout ce que nous avons fait, ce n’est pas ce que je veux être tout le temps.
       Je comprends et je suis d’accord avec toi. J’aime aussi quand tu es dans mes bras et que tout est calme.
Liv s’allongea sur le corps d’Ellen et vint doucement poser ses lèvres sur celles de la chirurgienne. Elle n’avait pas envie de quelque chose de sauvage. Elle voulait faire l’amour en douceur. Elle passa les mains sous la chemise d’Ellen et lui caressa doucement le ventre. Elle défit les boutons lentement en commençant par le bas tout en accompagnant sa remontée de tendres baisers sur la peau de la jeune femme. Elle détacha les deux agrafes sur le devant de son soutien-gorge et vint lécher la pointe de ses seins déjà dressés d’excitation.
       Qu’en pense la belle jeune femme ? demanda Liv un petit sourire aux lèvres
       Elle dit qu’elle aime et que tu devrais continuer.
       Continuer comme ça ?
Liv venait de glisser sa main dans le pantalon de toile d’Ellen et de trouver le point sensible de la femme qu’elle aimait. Elle variait la pression de ses doigts. Jouant avec la respiration d’Ellen. Etouffant ses gémissements sous de profonds baisers. Ellen s’accrocha au montant du lit pour ne pas gêner les mouvements de la gardienne. Cette dernière se mit à genoux pour faire glisser le pantalon et la culotte d’Ellen. Elle voulait la mettre dans le même état qu’elle était quand la chirurgienne lui faisait un cunnilingus. Elle s’installa entre les cuisses d’Ellen et recommença à la caresser doucement. Elle devait prendre sur elle pour faire durer. Elle voulait la gouter à pleine bouche mais continuait de juste l’agacer avec le bout de ses doigts. Croisant le regard de l’autre jeune femme qui lui demandait de continuer. Liv remplaça son pouce par sa langue et commença à la déguster. Ellen se cambra pour accentuer le contact et passa sa main dans les cheveux de l’internationale pour l’encourager à continuer. Liv passa ses bras autour de ses cuisses et posa ses mains sur son bassin pour limiter ses mouvements. Sur son clitoris, elle alternait entre coups de langue précis, mordillements et longues caresses. Ellen se mordait la lèvre inférieure pour limiter ses gémissements. Elles étaient tout de même chez les parents de Solveig. Mais elle dut se mordre le poing quand Liv appuya plus fort sa langue. La délivrance pour la suédoise se traduisit par un long frisson qui lui parcourut tout le corps et lui fit soulever les hanches. L’internationale suivit le mouvement pour profiter jusqu’au bout de l’orgasme d’Ellen.
 
***
 
            Le lendemain à dix heures, Liv était au rendez-vous pour le réveil musculaire avec un magnifique sourire que Katri ne manqua pas de relever mais fut bâillonner par Solveig avant de pouvoir dire quoi que ce soit.
 
***

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MessageSujet: Re: Soleil de minuit, Aurore boréale - Tome 3 - Mack   Dim 29 Mai 2016 - 21:25

NORVEGE – Transition
 


Dimanche 12 juillet  2009 – 17h45
Championnats du Monde - Finale  / France  –  Norvège
 
Bonjour à toutes et tous. Nous sommes à 1/4 d’heure du début de cette finale des Championnats du Monde qui va opposer la France à la Norvège.
Les françaises ont éliminé les espagnoles en demi-finale en faisant la différence en 2ème mi-temps.
Les norvégiennes, elles se sont défaites des russes en creusant l’écart dès les 20 premières minutes et elles ont ensuite contrôlé en s’appuyant sur une ARLENSEN des grands jours.
Deuxième opposition entre les deux équipes en finale des Championnats du Monde. La 1ère, en 1999, avait tourné en faveur des scandinaves 25-24 après 2 prolongations.
KASLER était en conférence de presse ce matin et à un journaliste qui lui faisait remarquer qu’il n’y avait aucune polémique sur sa nationalité cette fois-ci, elle a répondu qu’elle devait enfin être norvégienne pour tout le monde.
[…]
Mi-temps : 11 – 14
La Norvège rentre aux vestiaires avec un avantage de +3 acquis dès la 8ème minute. ARLENSEN a arrêté 2 jets de 7m et KASLER et ANDERSEN sont à 100%.
 
 
            Liv claqua dans la main de Solveig avant de s’asseoir à sa place dans le vestiaire. Elle se sentait tellement bien qu’elle n’avait pas envie que la mi-temps arrive. Elle prenait un vrai plaisir sur le terrain. Depuis son explication avec Ellen, elle était libérée. Elle avait l’esprit complètement centré sur le jeu. Après ses deux arrêts sur les jets de sept mètres, elle avait cherché le regard de la chirurgienne et cette dernière lui avait répondu par un sourire.
            Dane aussi avait le sourire. Elle, pour qui toutes les oppositions avec la France avaient été compliquées, semblait s’éclater sur le terrain. Elle avait retrouvé plusieurs joueuses avec lesquelles elle avait évolué à Lyon. Et surtout Isabelle GADAGNE, celle qui lui avait cassé le nez aux Jeux Olympiques était absente. Le sélectionneur avait changé aussi et il n’avait pas argumenté sur la triple nationalité de Dane. Il avait même reconnu que son prédécesseur avait sûrement fait une erreur en ne la sélectionnant pas pour les Championnats du Monde en France en 2007 pour couper l’herbe sous le pied des norvégiens. Il a reconnu aussi que l’arrière droit avait pris un énorme volume de jeu depuis son arrivée dans le championnat danois et que l’étoile filante semblait bien accrochée dans le ciel.
 
***
 […]
59ème minute : 22 – 31
La 2ème mi-temps aura fait très mal aux françaises qui vont probablement finir le match à 9 buts des norvégiennes. En plus sur une relance rapide d’ARLENSEN, AAMODT, KASLER et ANDERSEN s’offrent un kung fu à 3 en clôture de ce match.
[…]
Fin du match : 22 – 31
Ikka SORENSEN est portée en triomphe par ses joueuses et son staff. Elle rend les clés de la sélection norvégienne sur un nouveau titre de championne du monde. Depuis son arrivée en 1994, Ikka SORENSEN c’est ça : (CE Championnat d’Europe, CM Chapionnat du Monde, JO Jeux Olympiques)
1994
CE 3ème
2000
CE 6ème
JO 3ème
2006
CE 1ère
1995
CM 4ème
2001
CM 2ème
2007
CM 1ère
1996
CE 2ème
JO 4ème
2002
CE 2ème
2008
CE 1ère
JO 1ère
1997
CM 2ème
2003
CM 6ème
2009
CM 1ère
1998
CE 1ère
2004
CE 1ère  
1999
CM 1ère
2005
CM 9ème  
Au niveau international, elle a un des plus jolis palmarès. Elle a su, sur la durée, instaurer une méthode de travail. Nous garderons en mémoire cette finale des Championnats du Monde en 1999 remportée après deux prolongations. Ainsi que les debuts d’ANDERSEN et d’ARLENSEN en 2001 qui ouvraient la voie à cette génération en or qui a tout gagné. La médaille d’or (justement) à Pékin. Sans oublier l’émergence de LØKE, LARSEN, AAMODT, RIEGELHUTH plusieurs fois citées dans les équipes types et KASLER dernière pépite lancée par SORENSEN.
Elle laisse à Thia HAMERSEN un joli groupe qui aime vivre ensemble et qui aura à cœur de défendre chacun de ses titres dans les années à venir.
 
Je vais vous dire au revoir ici, à Lillehammer, en terre norvégienne, après ce nouveau titre pour la vague rouge. Le moment n’aurait pas pu être meilleur. Cette aventure s’arrête mais une autre commence. J’espère que vous continuerez de suivre le handball féminin, peu importe l’équipe.
Je vous souhaite une bonne fin de journée et vous dis à bientôt sur TV2 et TV3 Norvège.
 
Ha det bra.
Sees snart.
 
            Sur le terrain, juste après la remise des medailles et du trophée,  les supporters ne savaient plus où donner de la tête ou plutôt de l’appareil photo. Dès la descente du podium, Dane avait sauté dans les bras de sa petite amie devant le banc norvégien. Elle l’avait embrassée sans aucune retenue. Et avait à présent sa tête blottie dans le cou de sa capitaine.
Pendant ce temps Katri avait couru dans les tribunes pour rejoindre Kjerstin. Si après la finale de la Ligue des Champions, elle avait éprouvé le besoin de partager la victoire avec la photographe aujourd’hui l’envie était encore plus forte. Elle était chez elle, en Norvège, et elle voulait que tout le monde sache qu’elle l’aimait. Le baiser fût à l’image de Katri sans détour. Kjerstin aimait ce côté intense qui débordait parfois chez la handballeuse. Elle voulait bien être embrassée devant toutes les caméras de télevision si cela lui permettait de voir ce sourire qu’elle aimait tant.
De son côté Liv attendait sur le terrain, se sentant dans la même position qu’un mois et demi plus tôt. Elle fixait Ellen. Elle creuvait d’envie de la rejoindre, de faire comme Katri, de partager comme Dane et Sol. Elle voulait avancer mais ses pieds semblaient collés au sol. Tout avait été mis à plat avec la chirurgienne. Elles allaient vivre ensemble à Larvik. Elles s’étaient avouées qu’elles s’aimaient. De quoi avait-elle besoin en plus pour se lâcher. Elle en était encore à s’interroger quand elle vit Ellen descendre les gradins, enjamber les panneaux publicitaires et s’approcher d’elle. Comme d’habitude, sa petite amie avait compris sa bataille intérieure. Ses pieds se libérèrent enfin pour lui permettre de faire le dernier pas. Au moment où elle sentit les bras d’Ellen s’entourer autour de sa taille, Liv comprit tout ce que les autres avaient essayé de lui expliquer au fil des années sur le fait de partager les évènements avec la personne que l’on aimait. Elle avait déjà été championne du monde, même championne olympique mais ce titre-là, aujourd’hui, avait une saveur toute particulière. Elle ne manqua pas le clin d’œil que lui fit Solveig par-dessus l’épaule de Dane et elle ne savait plus pour quelle victoire elle souriait. Celle du terrain ou celle du cœur.
  
***
 
            Les six jeunes femmes étaient installées dans les salons des ANDERSEN. Elles avaient passé une partie de la nuit à fêter le titre avec le reste de l’équipe et du staff. Leurs yeux brillaient autant de fatigue que de joie mais elles ne voulaient pas aller se coucher. Elles étaient toutes ou presque en train de siroter un café, refaisant encore le match. Kjerstine et Ellen leur racontaient l’ambiance côté spectateur. Ça avait été de la folie. Les trois quarts de la salle étaient en rouge. Les tribunes avaient tremblé sous les battements de pieds des supporters. Il y avait eu aussi plusieurs ola mais le mieux avait été quand tous les spectateurs norvégiens avaient remercié toutes les joueuses en scandant leur nom. Ils avaient même fini par KASSEN en hommage au couple vedette de leur équipe. Il y avait eu une très grande communion entre les joueuses et leurs supporters  plus d’une heure après la fin du match les tribunes étaient encore pleines et tout le monde chantait sous la houlette de Katri, impressionnante en chef de cop. Personne ne voulait quitter l’Aréna de Lillehammer. Tous avait le sentiment que c’était la fin d’une période, un jour important et qu’il fallait en profiter.
            Peu avant cinq heures du matin, vaincu par la fatigue, chaque couple avait rejoint leur chambre respective. Chacune des joueuses avaient posé sa médaille sur sa table de nuit. La saison 2008-2009 était terminée mais avant le début de la suivante, elles avaient, chacune, encore beaucoup de choses à faire. Une nouvelle aventure les attendait à Larvik.
 
***
 
Trois semaines s’étaient écoulées depuis la fin des Championnats du monde. Danielle et Solveig avait visité plusieurs maisons dans Larvik et en dehors et avait eu le coup de cœur pour une maison dans le quartier de Byskogen. Leurs meubles et cartons devaient arriver d’ici une semaine. Bones qui était en pension à Lillehammer depuis le stage de préparation aux Championnat du monde était resté au calme au nord d’Oslo. Pendant leurs vacances, elles avaient fait un petit tour d’Europe. Elles étaient retournées à Trondheim, étaient passées voir ses parents et sa petite sœur à Lausanne puis Andy. Mais Dane avait aussi insisté  pour retourner sur les Iles Lofoten et profiter du soleil de minuit.  Elles avaient passé neufs jours à se détendre sur la terrasse de leur rorbure en regardant le soleil suivre sa course et venir au trois quart disparaître à l’horizon. Solveig avait initié Dane au bain scandinave qui consiste à se tremper dans de l’eau chaude puis d’aller faire quelques brasses dans la mer avant de revenir dans l’eau chaude. Les cris aigus que l’arrière internationale avait poussé en entrant dans la mer avaient dû être entendus jusqu’à Copenhague au moins. Après son bain plutôt animé, Dane avait vite sombrée dans une sieste réparatrice, écroulée sur le ventre en travers de leur lit.
Liv de son côté avait passé un peu de temps à Copenhague attendant qu’Ellen ait fini de transmettre ses informations à son successeur.Tout le corps médical avait été triste du départ de la chirurgienne. Ils savaient qu’ils perdaient quelqu’un d’un grand talent aussi bien sur le plan humain que sur le plan du travail. Les deux jeunes femmes étaient ensuite venues à Larvik pour visiter des appartements et des maisons. Elles s’étaient mises d’accord sur une maison où Ellen pourrait avoir un bureau dans lequel elle pourrait travailler tranquillement à son étude. Il y avait aussi une grande buanderie dans laquelle Liv pourrait mettre à sécher toutes ses affaires de sport. Elles avaient aussi beaucoup apprecié la grande cuisine ouverte sur le salon et les chambres très lumineuses. Fait du hazard, leur maison se trouvait à deux pas de celle de Solveig et Danielle.
Katri et Kjerstine avait filé directement sur les îles Baléares pendant  deux semaines  avant que la photographe ne doive rentrer pour rencontrer un client intéressé par certaines des photos qu’elle avait faîtes à Lillehammer.
Le quatuor ainsi qu’Ellen étaient attablés dans un petit restaurant de Larvik.
« Qu’est ce que tu cherches depuis tout à l’heure sur ton portable ? demanda Solveig »
       Je cherche si une compagnie aérienne propose un abonnement pour faire Larvik Copenhague.
       Tu ne penses pas qu’il serait plus simple de lui demander de venir vivre ici ? commenta Liv.
       Tu crois ?
       Katri, tu as couru dans les tribunes à deux reprises pour rejoindre cette jeune femme, tu ne penses pas que cela veut dire quelque chose. Essaya de l’aiguiller Ellen.
       Tu crois que je devrais lui demander ?
       A toi de voir ce que tu veux vraiment, continua Solveig.
       Je veux la voir tout le temps. J’en ai marre de tenir la chandelle entre vous quatre.
       C’est juste pour cette raison que tu veux qu’elle soit là ? s’étonna Danielle.
        Non. J’aime quand elle me montre ses photos, quand elle se met en cuisine car c’est toujours délicieux et moins insipide que mes assiettes, quand elle me vole mes pulls et qu’elle disparaît presque dedans, ou quand elle m’envoie un message juste avant que je m’endorme et puis quand nous regardons la télévision, elle promène ses doigts sur ma nuque et ben ça, ça me manque.
Les quatre autres jeunes femmes se regardèrent, regardèrent Katri, se regardèrent à nouveau et se mirent à rire.
       Quoi ? s’insurgea l’ailière.
       Rien, c’est bien de te voir amoureuse.
       Hein ! Ah ! Euh… Oui.
Katri se reconcentra sur son téléphone. Après moins d’une minute, elle annonça fièrement.
       C’est fait !
       Ôte-moi d’un doute, tu ne lui as pas demandé de vivre avec toi par SMS ? demanda Solveig inquiète de déjà connaître la réponse.
       Si. Pourquoi ?
       Si elle répond positivement, fais en sorte de bien la garder, répondit Ellen.
 
***
 
A Copenhague, Kjerstin sourit en voyant qui venait de lui envoyer un message. Elle ne put cacher sa surprise en le lisant. Avant d’éclater de rire. Elle était à la supérette au coin de sa rue et attendait pour payer ses achats. Tous les clients se retournèrent vers elle. Elle leur fit un sourire d’excuse et se concentra à nouveau sur son ecran. Il n’y avait que Katri pour poser une question aussi importante de cette manière.
 
## Au fait j’ai oublié de te demander, tu voudrais venir vivre avec moi ? ## 
 
            Elles avaient passé dix jours de vacances ensemble et l’ailière avait plusieurs fois parlé des voyages entre Copenhague et Larvik mais elle n’avait jamais abordé le fait de vivre ensemble. Et là par un simple message, elle lui demandait de la suivre. Kjerstin abandonna les trois courses qu’elle avait fait et sortit du magasin. Une fois rentrée chez elle, elle appela sa petite amie. Dès qu’elle l’entendit décrocher, elle dit :
« Il va me falloir une chambre noire. »
Katri s’était levée dès que son téléphone avait vibré sur la table et s’était un peu éloignée de ses amies.
       Je peindrais la chambre de la couleur que tu voudras
       Pas notre chambre. La pièce pour développer mes photos.
       Oh ! ça veut dire que tu es d’accord ?
       Bien sûr. Je te l’aurais dit plus tôt si tu m’avais posé la question.
       Je ne voulais pas te forcer la main et t’obliger à quiter Copenhague et ton frère.
       Kevin ne sera pas loin, tu m’as assez répété qu’il y avait des vols Larvik Copenhague. Et les photos je les fais partout et je peux les retravailler encore plus n’importe où.
       Tu es sure ?
       Oui.
       Tu veux me rejoindre pour que nous trouvions notre appartement ?
       J’aime bien ce mot.
       Appartement ?
       Notre.
       Oh ! Je te reserve une place sur un des vols de demain ?
       Demain ? Pourquoi pas en fin d’après midi ou ce soir.
       Je regarde et je te confirme l’heure du décollage.
       Merci. A ce soir…
Il y avait un rire dans la voix de Kjerstin ce qui finit de rassurer Katri sur sa venue.
Avec, elle aussi, le sourire aux lèvres et le nez sur son portable, elle rejoignit ses amies.
« Alors ? demanda Solveig. »
       Il faut que je lui réserve un billet pour ce soir. Elle vient m’aider à trouver un appartement.
       Ne merde pas avec elle Katri. C’est une perle rare. Conclut Liv.
       Non, je ne vais pas merder. Promis.
Toutes eurent la même pensée :
 
*Si même Katri devient grande…*

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MessageSujet: Re: Soleil de minuit, Aurore boréale - Tome 3 - Mack   Dim 5 Juin 2016 - 20:46

LONDRES - 2012
 
« Vous êtes sur TV2 Norvège en mode OLYMPIC GAMES LONDON 2012. Nous allons dès à présent retrouver Johanne ADONSEN qui va vous faire suivre en direct la finale de handball féminin. Bonsoir Johanne qu’elle est l’ambiance à la Basketball Arena de Londres ? »
       Bonsoir Roald et bonsoir à toutes et tous. L’ambiance ici est olympique. Les supporters norvégiens sont en nombres et alors que les échauffements vont se terminer, ils ont déjà commencé à faire trembler les gradins. Comme vous le savez, mon collègue Gus OLSEN a dû être opéré de l’appendicite en urgence juste après les demi-finales. Trop d’émotions s’en doute. J’en profite pour lui souhaiter à nouveau un prompt rétablissement. Pour le remplacer et m’accompagner au cours de cette soirée de handball féminin, j’ai l’honneur d’accueillir la non moins célèbre Solveig ANDERSEN.
       Bonsoir à tous ! C’est un réel plaisir d’être là ce soir. Bien que me retrouver aux cotés de Johanna, que j’ai connue à Copenhague alors qu’elle faisait ses études de journalisme, me donne un petit coup de vieux mais je ne peux que la féliciter de son propre parcours.
       Avant que je ne vire au rouge cramoisi, parlons un peu de toi Solveig. Pour ceux qui auraient iberné ces trois dernières années, permets moi de faire une petite mise à jour. Depuis les Championnats du Monde en 2009 pas mal de choses ont changé dans ta vie. Et le premier gros changement après ton retour à Larvik a été que tu t’es mariée avec Danielle KASLER en juin 2010.
       Oui, beaucoup de mes coéquipières avaient parié sur la date. Les plus obtimiste avait prévu ça pour fin 2009. Les moins avaient mis une pièce pour cette année après les Jeux.
       En 2010, toujours, le calendrier des compétitions internationales changent, elles se dérouleront à présent toutes en décembre sauf les Jeux bien sûre. Tu n’es pas au Championnat d’Europe, à nouveau remporté par la Norvège, pour la très bonne raison que tu es enceinte. Au mois de mai une jolie petite fille vient au monde. Karoline, de son prénom, a aujourd’hui un an et trois mois. Avant que l’on reçoive des messages te traitant de mère indigne, où est la petite merveille en ce moment.
       Dans les tribunes avec ses quatre grands parents, sa tante Zoé et son parrain Andy. Elle est bien surveillée et prête à supporter Dane. Bien qu’elle se soit endormie pendant la demi-finale.
       En 2011, tu es à nouveau Championne du Monde.
       Je n’ai pas fait grand-chose. Ce sont surtout mes coéquipières qui sont allées chercher le titre. Mon temps de jeu n’a pas dû dépasser les  deux heures sur toute la compétition.
       Après la victoire contre les française 32 à 26, tu as décidé de prendre un peu de recul avec la sélection nationale pour t’occuper de ta famille. Cela ne te manque pas trop du coup ? Tu n’as pas envie d’être sur le terrain ce soir ?
       Non, la saison a été bien pleine à Larvik entre le Championnat et la Ligue des Champions. Ikka SORENSON ayant décidé de laisser la coupe de Norvège aux jeunes pousses de l’équipe qui se sont inclinées en finale. J’ai passé beaucoup de temps sur les terrains pour apprécier faire autre chose en dehors et voir grandir Karoline. C’était devenu compliqué de la laisser pour partir en stage.
       Après l’hégémonie de Copenhague sur le handball européen pendant plusieurs saisons, vous vous êtes dit ARLENSEN, AAMODT, KASLER et toi que continuer votre moisson à Larvik était logique. Le triplé pour les saisons 2010 et 2011. Ainsi qu’un joli doublé pour 2012. « Le quatuor » comme vous avez été surnommées a écœuré bon nombre d’équipes.
       L’équipe de Larvik a une solide base et je pense que même sans nous, elles gagneraient. J’ai eu la chance de vivre énormément d’émotions grâce au handball et je pense qu’à 32 ans, il est temps de laisser un peu la place aux autres. Ne pas vouloir en faire plus que ce que le corps est en mesure de faire.
       En parlant des autres, faisons un petit bilan de la campagne olympique de l’équipe de Norvège. Elles ont fini quatrième de leur poule avec deux victoires, un nul et deux défaites contre la France et l’Espagne. En quart, elles ne battent le Brésil que de deux buts sur un petit 21-19. La demie face à la Corée du Sud est beaucoup moins accrochée que le match de poule qui s’était soldé sur un match nul. Elles privent à nouveau les sud-coréennes d’une finale en s’imposant 31-25. Quel est ton sentiment sur ce parcours ?
       Le groupe n’est pas le même qu’à Pékin. C’est une transition de génération. Certaines anciennes ont arrêté, d’autres jouent ici leur dernière compétition internationale comme Liv. Et il y a les petites jeunes qui arrivent. Il faut le temps que la mayonnaise prenne bien. Mais j’ai confiance, elles ont su réagir à la sortie des poules pour élever le niveau de jeu.
       Pour preuve du changement, ARLENSEN porte le brassard de capitaine et KASLER joue demi-centre.
       Ça me fait toujours sourire de t’entendre les appeler par leur nom de famille alors que tu utilises leur prénom quand nous te croisons dans les rues de Larvik.
       Question de professionnalisme Madame KALSER-ANDERSEN. 
 
***
 
            Ellen était assise à l’extrémité du banc norvégien à l’opposé de la table de marque. Depuis 2010, elle avait participé à toutes les campagnes européennes et mondiales de l’équipe de norvège comme le stipulait son contrat. Elle avait retrouvé l’effervescence de ses années dans le ski. Bien qu’à cette époque les spectateurs étaient bien plus éparpillés sur la piste qu’à présent entassée sur des gradins. Mais elle n’allait pas se plaindre pour autant cela lui permettait de suivre Liv en déplacement, de veiller sur elle et de poursuivre ses études de cas. Leur vie à Larvik était très tranquille et si elle avait crain de trouver un troupeau de fans devant le portaille, cela n’était jamais arrivé. Parfois faire les courses prenait un peu plus de temps que d’ordinaire mais tout cela restait très bon enfant. Liv allait arrêter sa carrière internationale à la fin de ce match. HARALDSEN avait arrêté après les Championnat du Monde en 2011 suite à une énième blessure au genou. GRIMSBO montait en puissance au poste de gardienne remplaçante et Liv était rassurée de pouvoir partir en laissant les cages bien gardées. Elles avaient prévu de se marier l’année prochaine en juillet. En Norvège ou en Suède, elles n’avaient pas encore fait leur choix. Si un jour on lui avait dit qu’elle craquerait sur une joueuse de handball, elle aurait bien rit. Aujourd’hui, elle se rendait compte que ça n’avait pas vraiment d’importance. Elle avait trouvé en Liv la femme qui lui fallait : indépendante, pas toujours sûre d’elle mais forte quand il le fallait, belle, douce et posée. Dans moins de vingt minutes, elle serait peut être à nouveau Championne Olympique et si elle n’était que médaille d’argent, elle ne l’en aimerait pas moins. Elle lui ferrait juste un plus gros calin pour la consoler.
 
***
      
            Kerstin était installée derrière la cage du Monténégro. Depuis sa rencontre avec Katri, elle avait pris gout aux photos de sportif dans l’effort. Elle avait suivit plusieurs compétition internationales et c’est tout naturelement qu’elle avait demandé son acréditation pour le tournoi olympique. Elle ne resista pas à capturee la famille KASLER-ANDERSEN assise dans les tribunes en face d’elle. Elle avait plusieurs fois gardé Karoline quand ses deux mamans étaient retenues en interview ou à l’entrainement. Elle et Katri vivait ensemble depuis maintenant trois ans. Elle était partie plusieurs fois en reportage photo mais si avant, elle aimait trainer avant de rentrer chez elle à présent elle sautait dans le premier avion qui pouvait la ramener en Norvège. Elle allait souvent à Copenhague pour voir Kévin et sortir avec des amies. Son frère venait aussi souvent à Larvik. A un moment, elle s’était presque demandé s’il n’avait pas flashé sur une des joueuses car il venait presque deux fois par mois. Katri était toujours aussi déroutante mais c’était assagit. Elle avait du composer avec une longue blessure au coude qui avait géné toute son année 2011. Elle avait pris ça avec phylosophie à la grande surprise de tout le monde et avait suivit tous les conseils et recommandations d’Ellen pour revenir plus forte en 2012. L’ailière lui avait bien peint une chambre noire dans leur maison et elle aimait lui montrer ses photos une fois qu’elle les avait développées. La handballeuse en avait fait encadrer plussieurs qu’elle avait accroché un peu partout chez elles.
 
***
 
            « C’est fini ! La Norvège concerve son titre olympique sur ce dernier arrêt d’ARLENSEN. Solveig ANDERSEN m’a déjà abandonnée pour aller rejoindre ses ex-coéquipières et sa moitié sur le terrain. Elles battent les monténégrinnes 26 à 23. Un gos match de défense dans lequel KASLER a su tirer son épingle du jeu en finissant meilleure marqueuse avec dix buts. Depuis les Championnat du Monde en 2011, elle a pris un énorme volume de jeu dans la selection norvégienne et a su remplacer ANDERSEN au poste de demi-centre. Avec  la fin de carrière internationale d’ARLENSEN, elle est précentie pour devenir la nouvelle capitaine de la vague rouge lors des Championnat d’Europe en décembre. Je vais redonner les commandes à Roald pour les interviews en attendant la remise des médailles. Je vous souhaite une bonne soirée et je finirais par un Norsk mester[url=#_ftn1][1][/url] !
 
***
 
            Solveig était à coté de Thia face au podium. Elle regardait Dane recevoir sa deuxième médaille d’or. Ses trois années à Larvik l’avait beaucoup fait évoluer handbalistiquement. Elle ne se cachait plus. Elle était rodée à tous les types d’interviews et connaissait presque tous les journalistes sportifs de Norvège. Elle était devenue grande. Alors que l’offitiel du CIO donnait son bouquet à sa demi-centre, Solveig se rappelait la periode où elle cherchait un moyen de demander en mariage Dane. Alors qu’elle cherchait le bon moment, sa petite amie lui aviat coupé l’herbe sous le pied. Comme à Pékin quand elle lui avait offert l’anneau, elle l’avait eu par surprise. Elle avait organisé un long week end au Cap Nord et c’est sous une aurore boréale qu’elle lui avait demandé d’offitiellement partager sa vie. Plus tard, elle l’avait interrogée sur ce qu’elle aurait fait s’il n’y avait pas eu son phénomène lumineux préféré. Elle lui avait répondu qu’elle aurait attendu car c’était important. Elles avaient fait le choix de porter leur alliance sur une chaine autour du cou car d’une part c’était plus pratique pour le hand pour Dane et parce que Solveig ne voulait pas remplacer son anneau.
 
***
 
            Liv claqua dans la main de Dane avait de se tourner vers les drapeaux pour l’hymne norvégien. Elle terminait sa carière internationale sur une medaille d’or olympique. Que demander de plus ? Rien car même le plus elle l’avait. Sa vie avec Ellen était tout ce qu’elle avait toujours souhaité. La chirurgiène avait parfaitement compris ses peurs et savait les apréhender sans heurt. Tout ce qui lui paraissait insurmontable dans la vie de couple avant était devenu très simple. Un jour Danielle avait dit en interview que « Solveig rendait le hand facile » et Ellen faisait de même avec leur vie à deux. Elle lui laissait l’espace dont elle avait besoin mais était juste derrière elle quand elle avait besoin d’un soutient. La suédoise avait trouvé sa place dans sa vie régie par le handball. Il lui restait un an de contrat et ensuite elle commencerait sa nouvelle vie. Elle s’était laissé un an pour mettre en place sa reconversion et avait déjà reçu plusieurs propositions pour entrainer et former les futurs gardiens et gardiennes du pays. Elle ne voulait pas prendre de decision attive et se laissait le temps de la réflexion. Elle n’était pas encore complètement à la retraite.
 
***
 
            Katri regardait sa médaille d’or quand elle sentit deux bras s’enrouler autour de sa taille. Sans se retourner, elle savait déjà qui c’était. Elle reconnaissait le parfum de sa photographe préférée. Ce même parfum qui rendait ses réveilles bien plus agréable ou était-ce le contact du corps doux et chaud de la jeune femme qui partageait ses nuit peut-être aussi. Quand elle jouait à Copenhague, elle ne pensait pas se caser avant de nombreuse années mais Kjerstin avait tout changé. Plusieurs fois ses amies lui avaient demandé si elle allait demander la jeune femme en mariage par SMS en référence à sa demande d’emmengement qu’elle avait fait par ce biai. Avec le recule tout cela manquait de romantisme et elle comptait bien se ratrapé pour cette demande bien plus importante. Elle ne savait pas encore coment mais quand ça serait le bon moment, elle le saurait. En attendant, elle passa sa médaille autour du cou de Kjerstin et l’embrassa tendrement.
 
***
 
            Dane avait rejoint sa famille et plus particulièrement Solveig et Karoline. Elle tenait l’enfant dans ses bras qui ne voulait que jouer avec sa médaille. Tout le monde était là, ses parents, sa petite sœur Zoé qui venait d’avoir vingt ans et poursuivait ses études de journalisme à Copenhague. Elle disait être tombée amoureuse de cette ville la première fois qu’elle était allée voir Dane. Elle n’était plus l’adolescente surexitée qui traversait le parking de la salle des sports de Bale. Elle était devenue une vrais femme ce qui devait provoquer quelques nuits blanches à Helena. Andy était venu aussi. Son bar tournait très bien. Si bien qu’il pouvait se payer un gérant mais il aimait toujours autant être derrière son bar. Cela lui permettait juste d’avoir plus de temps pour venir voir sa filleule. Danielle sentait la main de son ex-capitaine sur le bas de son dos, protectrice. Même si elle n’avait pas fait cette campagne olympique avec elle, elle n’avait jamais été très loin. Tout comme leur fille qu’elle avait pu voir tous les jours. Quand Sveig avait abordé le projet bébé, Dane avait du prendre sur elle pour ne pas montrer qu’elle paniquait à cette idée. Sa femme n’arrivait pas à se défaire d’une tendinite à l’épaule et elle sentait au fond d’elle que c’était le bon moment pour avoir un enfant. Elle l’avait regadée porter leur fille et même si Karoline ressemblait beaucoup à Solveig l’effet du hazare avait fait qu’elle avait les yeux de la même couleur qu’elle. Aujourd’hui alors qu’elle souriait en entendant sa fille pousser des cris de joie en se trémoussant, elle devait reconnaitre que cette expérience était sa plus grande aventure. Bien plus grisante que toutes les médailles d’or toute olympique qu’elle soit.  
 
***
 
            Les six jeunes femmes s’étaient retrouvées à la reception donnée en l’honneur des nouvelles championnes olympiques. Elles tenaient chacune une coupe de champagne à la main et elles trinquères :
« A la famille, à l’amitié et au handball ! »
       Et aux …
       Katri ! s’exclamère toutes ensemble.
       Amours. Tout de suite vous pensez à mal.
Elles rigolèrent toures les six, heureuses, à l’image de leur vie.
***


 



[url=#_ftnref1][1][/url] Norvège championne

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