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 Mon autre chemin - Numache

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YulVolk
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Age : 38
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MessageSujet: Mon autre chemin - Numache   Mer 20 Avr 2016 - 20:24

Pseudo de l'auteur : Numache

Nombre de chapitres : 1

Rating de l'histoire :
Genre de l'histoire :

Résumé de l'histoire :  

Une jeune fille réalise son rêve : entrée à la Star Ac. Mais à quel prix...


Terminée et Corrigée
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YulVolk
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MessageSujet: Re: Mon autre chemin - Numache   Mer 20 Avr 2016 - 20:26

Je savais que j'avais eu raison de prendre Coxy avec moi pour cette audition. Voilà que la directrice du casting vient de m'appeler : je suis prise ! Je rentre " au château " la semaine prochaine. Le plus dur, ça va être de tenir ma langue jusque là. Surtout que je l'ai bien pendue, ma langue - même que ça en arrange plus d'une !
C'est la sixième saison de la Star Ac. Bien sûr, on en a vu défiler des soit disant artistes, venus juste là pour se faire remarquer. Qui se souvient encore du nom des premiers éliminés, même de l'an dernier ? Et même les vainqueurs de certaines éditions sont retombés dans l'anonymat le plus total.
Moi, c'est différent. J'y vais pour gagner. Je suis sûre de mon talent. C'est vrai que du haut de mes presque 19 ans, il me reste tout à prouver. Mais je sais depuis toute petite que mon destin sera exceptionnel. Ma grand-mère l'a lu dans les étoiles. Et si ma grand-mère l'a dit ! Et puis, c'est elle qui m'a offert cette coccinelle, peu avant sa mort. Elle a dit qu'elle veillerait sur moi lorsqu'elle sera partie. Pour moi, ma grand-mère était immortelle et n'avait aucune raison de partir, puisqu'elle m'avait, moi. Mais j'ai grandi. Et personne n'est éternel. Même ma grand-mère.
Bien sûr, la concurrence sera rude. Mais je n'ai peur de personne ! Toutes les personnes de mon entourage sont du même avis : j'ai une voix exceptionnelle. J'ai bien tenté de suivre quelques cours de chant, afin d'acquérir un minimum de technique, mais ces vocalises m'ont vite ennuyée. Moi, ce que je veux, c'est chanter : du Brel, du Piaf, du Obispo, du Céline Dion, du Goldman (surtout du Goldman, d'ailleurs). N'importe quoi, mais chanter. Des textes qui veulent dire quelque chose, si possible. Et des mélodies harmonieuses, tant qu'à faire. Mais chanter.
La première fois que je me suis retrouvée sur une scène, je devais avoir 5 ans. C'était lors d'une fête pour les parents à l'école. Classique. Depuis ce jour, toutes les occasions sont bonnes : mariage de copains, cérémonies familiales, karaoké entre amis. Dès qu'on me regarde, et qu'on m'écoute, je suis au Paradis. Alors quand le moment est venu de choisir mon orientation scolaire, après mes humanités, c'est tout naturellement que j'ai répondu : " je veux devenir chanteuse ". Ma mère a tout fait pour m'en dissuader. Mon père s'en fout, il s'est barré quand j'avais 2 ans. Pour elle, chanteuse, c'est pas un métier. Coiffeuse, secrétaire, avocate ou vendeuse, oui. Mais chanteuse, non. Donc, dans ma crise d'adolescente tardive, je me suis inscrite à la Star Ac à son insu. C'est pour ça que je n'ai pas pu y aller auparavant. Son accord était indispensable tant que je n'avais pas atteint la majorité.
Mais aujourd'hui, ça y est, je suis enfin sur le tremplin que j'attendais. Rien ne pourrait mieux me lancer sur mon orbite de la gloire que la Star Ac. Tu verras, maman. Tu ne crois pas en moi. Tu as tort. Je vais tous les écraser, ces prétendus doués. Et tu seras enfin fière de moi. Je sais déjà que Nany l'est, quoi que je fasse. Pour elle, j'étais la meilleure. Et de là où elle est, elle veille sur moi, par l'intermédiaire de ma petite Coxy. Dans quatre mois, je serai une star, une vraie. Celle sur qui tous les regards se tournent, celle qui est demandée dans toutes les émissions de télé, celle qui remplit les salles de concert dès le premier jour de mise en vente des billets.
Ce qui va être le plus difficile à gérer, c'est mon homosexualité. Ma mère n'est pas au courant. Et même si elle s'en défend corps et âme, elle regardera la télé le plus souvent possible. Elle s'est même abonnée au satellite depuis peu. C'est vous dire ! Ça m'embêterait franchement qu'elle l'apprenne ainsi. Maintenant, il me reste une semaine pour le lui dire. Si je le veux vraiment. Est-ce que je le veux vraiment ? Je n'en sais rien. J'ai toujours imaginé le lui annoncer en lui présentant ma copine, la sérieuse, celle avec qui je veux finir ma vie. Mais bon, je ne l'ai pas encore trouvée. En une semaine, ça va être court ! Surtout que je vais avoir plein de trucs à faire avant de partir. Et chercher une petite copine ne fait pas vraiment partie de mes priorités. Une pour passer la nuit pendant mon dernier week end de liberté, oui. Ça, c'est indispensable si je ne veux pas être en manque dès la première semaine au château. Et je me vois mal embarquer en salle CSA la première venue. Surtout que je suppose qu'aucune ne sera homo ! Ils ont déjà leur quota avec moi…

Vendredi, après mon entraînement de basket hebdomadaire (encore un qui va me manquer…), je prends mon portable et décide d'envoyer un texto à toutes mes copines. Sans leur expliquer pourquoi (je suis toujours tenue au secret), il faut que j'arrive à les convaincre de faire une teuf d'enfer demain soir. Ça m'aidera franchement à ne plus voir personne pendant quatre mois ! Et puis, même si je rencontre des gens sympas, que je vais faire ce que j'aime, que je vais avoir la chance de côtoyer de vrais artistes, mon " monde " va me manquer. Plus de sorties dans les boîtes lesbiennes, plus de verres pris à la terrasse d'un bar à mater les nanas qui passent, plus de folles soirées d'amour avec les canons que j'arrive à mettre dans mon lit toutes les semaines.
Rendez-vous est donc pris. Au programme : dîner au " Deux folles ", un resto gay trop cool ; quelques verres au " Gwiny ", notre bar de prédilection et soirée à " L'Autre Bord ", la boîte de gouines la plus branchée de la capitale.
Nous nous retrouvons les six habituelles : Clara, Manon, Barbara, Anne, Céline et moi, Alex. Le début de la soirée se passe sans grand événement. Je dois tenir ma langue, impossible de leur dire pourquoi j'ai voulu qu'on se retrouve aujourd'hui. Si cela venait à s'apprendre, je pourrais être éliminée avant même d'entrer au château…
Barbara me regarde bizarrement. J'ai toujours eu un faible pour elle, mais elle m'a toujours royalement ignorée. Parmi les cinq filles assises autour de cette table, quatre sont passées dans mon lit. Et la seule que j'ai jamais vraiment désirée a inflexiblement refusé toutes mes avances. Aujourd'hui, alors que je m'apprête à partir pour quatre longs mois loin de toutes ces filles, à la fois amies, amantes, confidentes, rivales et complices, celle que j'ai convoitée sans succès semble me voir différemment. A-t-elle deviné que je suis sur le point de les quitter ? Comment pourrait-elle savoir ?
Lorsque nous nous retrouvons à " l'Autre Bord ", nous nous installons dans notre coin habituel. Il faut dire que les patronnes commencent à nous connaître, depuis six mois que nous venons ici presque toutes les semaines, elles ont fini par nous repérer et nous avons sympathisé. Après cinq minutes, les jambes commencent à bouger toutes seules ! Il est temps d'aller se défouler sur la piste de danse. Et puis, rester dans mon coin ne va certainement pas m'aider à trouver une meuf pour la nuit ! Pourtant, je n'ai pas envie de draguer ce soir. Ces regards de Barbara me troublent. Je voudrais éclaircir ce point avec elle. Mais elle n'est pas du genre causante et je me fais peut-être des idées. Je me suis déjà pris tellement de râteaux avec elle, je ne voudrais pas essuyer un nouvel échec. Et puis, ce n'est pas le moment de me prendre la tête avec une histoire, quelle qu'elle soit !
Je me dirige donc vers la piste et repère un groupe de filles que je n'avais jamais vues ici auparavant. Toutes plus mignonnes les unes que les autres. Lentement, l'air de rien, je glisse vers elles. Certaines me regardent avec curiosité, d'autres avec envie, il y en a même une qui me fait littéralement du rentre-dedans. J'ai à peine le temps d'arriver à quelques mètres d'elle qu'elle se met devant moi et commence à danser de manière très sensuelle. Ses hanches se balancent, elle se caresse le corps, tout en bougeant au rythme langoureux de la musique qui passe. Malheureusement pour elle, je n'aime pas son genre du tout. C'est moi qui choisis. Elle n'a aucune chance !!! Et puis, il y en a de bien plus mignonnes dans le lot.
Lorsque je me retourne pour voir où en sont Clara et Céline qui ont décidé de trouver une fille pour leur trio de cette nuit, je me rends compte que Barbara n'est qu'à quelques mètres de moi et qu'elle me fixe intensément. Je n'en peux plus. Il faut que je sache.
Je m'approche d'elle d'un pas ferme et décidé. Je plonge ma main dans ma poche et sens ma petite coccinelle. J'ai oublié de la laisser dans la voiture. D'habitude, je ne la prends jamais en boîte : j'ai bien trop peur de la perdre ou qu'elle tombe et que cela casse mon image de séductrice sûre d'elle. Cette présence me trouble. Un signe ? Arrête un peu de délirer… c'est juste un porte-bonheur, juste parce que tu as décidé qu'il en serait ainsi…
Je suis obligée de me pencher vers elle pour lui parler. La musique est devenue assourdissante tout à coup. A quelques centimètres de son oreille, son parfum m'enivre. Un mélange fort et fruité à la fois. Mon nez frôle ses cheveux blonds et l'odeur de shampoing se mélange à son parfum. Ma tête tourne. Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ?
-" Ça va ? "
-" Ouais, ça va. Pourquoi ? "
-" Parce que je te trouve étrange depuis tantôt. "
-" Moi ? Non, tout va bien. "
-" Si tu le dis. Mais j'ai des doutes. "
-" A quel niveau ? "
-" Je ne sais pas. Je te trouve pensive et assez secrète. Mais c'est vrai que t'es toujours ainsi, tout compte fait… "
-" Tu ne veux pas sortir quelques minutes ? Y'a beaucoup de bruit ici. J'ai du mal à t'entendre. "
Je suis étonnée de sa proposition. C'est elle qui me demande de sortir ! Le monde à l'envers. Mais contrairement à la réponse que j'aurais donnée à n'importe qui d'autre, je la suis. Avec plaisir et curiosité.
-" Qu'est-ce qui se passe ? " me demande-t-elle d'emblée.
-" Quoi, qu'est-ce qui se passe ? C'est toi qui as l'air bizarre et qui n'arrête pas de me regarder depuis tout à l'heure. Ce serait à moi de te poser la question. "
-" Effectivement, depuis qu'on s'est retrouvées toutes ensemble tantôt, je n'arrête pas de me poser des questions à ton sujet. Et je n'ai pas trouvé de réponse. Je sais que tu manigances quelque chose, mais je n'arrive pas à trouver quoi. "
-" Moi ? Mais qu'est-ce que je pourrais bien manigancer ? C'est une soirée comme une autre. Comme on en a déjà eu plein et comme il en aura encore beaucoup ! "
-" Non. Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas comme d'habitude. Quelque chose se passe dans ta tête. Tu es différente. Tu essaies de garder ton rôle de crâneuse, mais tu es morte de trouille et j'aimerais savoir pourquoi. Tu joues mal, cette fois, Alex. "
Cette réflexion me met sur le cul. Jamais je n'aurais imaginé que quiconque aurait pu me connaître aussi bien. Et surtout pas elle. Celle qui s'est toujours refusée à moi. Celle qui a toujours tout fait pour m'éviter. Celle que je croyais la plus éloignée de moi et de mon monde. A force de me sentir rejetée par elle, j'aurais même fini par la détester… si mon attirance pour elle n'avait pas été aussi forte ! Un peu prise de court, je n'ai rien d'autre à lui répondre que :
-" Mais non, je ne joue pas. Je suis moi, comme d'habitude. "
-" Tu feras croire ça à qui tu veux, mais pas à moi. Je te connais mieux que tu ne crois. Peut-être même mieux que toi-même ! Et ça m'embête vraiment de te voir dans cet état. "
-" Mais quel état ? Je ne comprends rien à ce que tu dis. "
-" Rectification : tu ne veux rien comprendre. Ce n'est pas pareil ! Evidemment, il y a certainement une excellente raison à tout ce cinéma. Et la plus évidente c'est que tu ne veux pas que qui que ce soit te découvre. Soulever le voile de ton armure, ça te fait peur. Mais pourquoi plus aujourd'hui qu'avant, c'est ça qui m'inquiète. "
-" Qui t'inquiète ? Tu te soucies de moi, maintenant ? "
-" Depuis bien plus longtemps que tu ne crois. Pourquoi crois-tu que je n'ai jamais voulu sortir avec toi ? "
-" Parce que je ne t'intéresse pas. Je ne suis pas ton genre. Je suis trop moche. Je suis trop 'coureuse'. Je ne sais pas moi. Ce serait peut-être à toi de me le dire, ça ! "
-" Justement, on y vient. Juste parce que je ne veux pas sortir avec une fille qui se fait passer pour quelqu'un qu'elle n'est pas. Tu me plais beaucoup trop pour ça ! "
-" Je te plais ? Mais pourquoi, alors ? J'ai tellement l'impression que tu te fiches complètement de moi. Je suis bleue de toi depuis des mois. Peut-être même des années. Tu es la première qui m'a fait vraiment craquer. Tu ne vas pas me dire que tu ne l'avais pas remarqué ! Je t'ai bien demandé dix fois de sortir avec moi et je me suis toujours heurtée à un mur de refus. "
-" Tu n'as pas compris pourquoi ? J'ai une véritable attirance pour toi. Tu me rends folle. Chaque fois que tu es dans les parages, je perds toute notion de réalité. Mais je suis parvenue à garder suffisamment le contrôle de moi pour ne pas céder à tes avances. Je ne te voudrai que lorsque tu accepteras tes faiblesses, quand tu arrêteras de collectionner les conquêtes, que tu cesseras de crâner et de te prendre pour quelqu'un que tu n'es pas. "
-" Comment peux-tu dire que je ne suis pas cette personne que je montre ? Et si, comme tu le dis, tu éprouves des sentiments pour moi, tu dois m'accepter avec mes qualités et mes défauts. A ce que je sache, tu es loin d'être une sainte nitouche toi-même. Tu ne te prives pas pour coucher avec la première venue non plus ! "
-" Je n'ai jamais dit que j'en étais une. Que tu passes d'un lit à l'autre ne me dérange pas ! A condition que tu saches pourquoi tu le fais ! Tu as besoin de te rassurer, de te prouver que tu es la meilleure, que te n'as aucune faiblesse. Et surtout, tu ne t'engages pas dans une relation qui pourrait te procurer de véritables sentiments. Moi, lorsque je couche avec une fille, j'ai un minimum de respect pour elle. Tout le monde ne peut pas en dire autant ! "
Je ne réponds pas. Ces paroles me plongent dans une réflexion intense. Mais comment en est-elle arrivée à ces conclusions ? A-t-elle raison ? Suis-je en train de fuir l'amour, tout en le faisant un maximum ? Mais ce que je fais, n'est-ce pas juste 'baiser', des histoires de fesses, des trophées à mon tableau de chasse ? Est-ce que je sais réellement ce que c'est " aimer " ? Me poser ces questions, c'est y répondre.
-" Je ne sais pas pourquoi tu me dis ça maintenant. Mais je sais que quelque part, tu dois avoir raison. Et que tu m'ouvres les yeux aujourd'hui, ça me perturbe au plus haut point. "
-" Je sais. Même si j'ignore moi-même pourquoi c'est ce soir que je te parle. Je sens comme une échéance, un tournant dans ta vie, dans nos vies. Comme si je n'avais plus qu'aujourd'hui pour te parler. Demain, il sera trop tard. "
-" Viens, on rentre chez moi. Je ne veux pas continuer cette conversation ici. On pourrait nous entendre. "
-" Chasser le naturel et il revient au galop ! Ta sacrée réputation ! Et si quelqu'un te voyait sous ton vrai jour ?! "
-" Non, t'as pas compris. Je veux te parler. Je crois que je dois le faire. Mais pas ici. C'est un secret. Il faut que je te le confie. Si quelqu'un doit le savoir, c'est bien toi."
-" Ok. Mais on va chez moi, alors. J'ai pas envie de me retrouver comme toutes les autres. Dans cette chambre qui a vu toutes ces filles défiler. De toute façon, mes parents sont partis pour le week end. On sera plus tranquille que chez toi, avec ta mère dans la chambre à côté. "
-" Oui, t'as raison. Même si ma mère ne risque pas de se réveiller, avec la quantité de somnifères qu'elle prend ! "
Nous voici donc en route pour la maison de Barbara. On n'est même pas rentré dans la boîte pour dire au revoir aux autres. Les réflexions vont fuser quand elles vont se rendre compte qu'on a disparu toutes les deux. Tant pis. Elles penseront ce qu'elles veulent.
Dans la voiture, je dois me retenir pour ne pas poser ma main sur sa jambe. Si j'ai toujours été attirée par elle, son corps svelte, musclé, sa petite taille, son visage parfait, ses yeux bleus, j'ai maintenant une attirance beaucoup plus " intellectuelle ". Ce qu'elle vient de me dire m'a bouleversé. Pas seulement parce qu'elle a raison, mais parce qu'elle me connaît si bien. Me rendre compte qu'elle sait tout de moi, alors qu'elle n'en a jamais rien laissé paraître, me laisse sans voix. J'ai envie de la serrer dans mes bras, de l'embrasser. Mais cela n'a rien à voir avec ce que j'ai ressenti auparavant. Je me concentre donc sur la route et je gare la voiture dans l'allée du garage. Juste le temps de lui dire ce qui se prépare et je retourne chez moi. Ou à la boîte, on verra comment ça tourne et si j'ai besoin de compagnie pour le reste de la nuit !
Lorsqu'elle me fait rentrer dans la maison, je me sens mal à l'aise. Comme lors de mon premier rendez-vous à 14 ans. Le trac qui me submerge me déstabilise. Moi qui ai toujours été si sûre de moi… Si c'était juste pour baiser, je saurais quoi faire. Mais là, il s'agit d'avoir une discussion, et une sérieuse. Et surtout pas de succomber à notre envie, même si elle est partagée. Son honnêteté envers moi m'oblige à en faire autant. Et ce n'est pas en lui sautant dessus que mes idées seront plus claires. Bien au contraire.
-" Alors, c'est quoi ce fameux secret ? "
-" Je pars jeudi matin. Je ne sais pas quand je vais revenir. "
-" Tu pars jeudi ? Et tu vas où ? Loin ? Ta mère part aussi ? Je n'avais pas l'impression qu'un déménagement se préparait chez toi ! "
-" Non, ma mère reste. "
-" Tu te mets en ménage avec quelqu'un ? Tu prends un appart toute seule ? Tu vas étudier à l'étranger ? T'as trouvé du boulot ? "
-" Houla, doucement ! Tu ne vas pas me laisser t'expliquer ? Si tu poses autant de questions sans me laisser le temps d'y répondre, tu ne sauras jamais rien ! Et puis, si c'était ça, ce ne serait pas vraiment un secret. Je ne vois pas pourquoi j'en aurais fait un si grand mystère. "
-" Juste. Vas-y, je t'écoute. "
-" A partir de jeudi, je serai injoignable. Je rentre à la Star Academy. "
-" Ah ? C'est vrai ? Tu n'en as jamais parlé… "
-" Non, je ne voulais pas me porter malheur. La directrice du casting m'a appelé jeudi soir pour me prévenir. C'est pour ça que je tenais absolument à voir tout le monde ce week end. Vous allez me manquer. Et ma vie, après cela, ne sera plus jamais la même. "
-" Mais tu reviendras, on se verra encore. On fera encore des teufs d'enfer, comme tu les aimes. Tu ne pars pas au bout du monde pour toute la vie ! "
-" Non, mais comme j'y vais pour gagner, après ce sera plus pareil. Je serai une star, tu comprends. Je ne pourrai plus me promener en rue, comme avant, je serai sollicitée de toutes parts, je serai assaillie par les médias… Ça va être différent. "
-" Tu ne doutes pas de toi ! Tu ne crois pas que tu vas un peu vite ? "
-" Non, je suis sûre. Toi-même, tu m'as déjà dit que je chantais bien et que j'ai une belle voix ! "
-" Oui, mais de là à gagner la Star Ac, y'a du chemin ! Beaucoup de candidats ont été éliminés alors qu'ils avaient bien plus de talents que d'autres qui sont restés plus longtemps. Tu le sais aussi bien que moi. "
-" Je sais. Mais je vais leur en mettre plein la vue. Je suis la meilleure. Je veux gagner. Et je vais gagner… "
-" Si tu le dis. Et la vie en communauté ? Ça ne te fait pas peur ? Toi qui détestes les compromis et les contraintes… je suis curieuse de voir comment tu vas te débrouiller. "
-" On verra bien. Je ferai des efforts. Il faut se dire que c'est pour quatre mois. Je peux mettre de l'eau dans mon vin pour une période, si je sais que ça peut m'amener quelque part ! "
-" Je t'en crois capable, en plus. C'est vrai que lorsque tu as décidé quelque chose, rien ne peut t'arrêter. "
-" Si, toi ! Tu es la seule que je n'ai jamais pu avoir ! "
-" Je ne suis pas un trophée. Je suis une personne et je veux être considérée comme telle. C'est pour cela que tant que tu me considéreras comme un de tes caprices, tu n'as aucune chance. "
-" Je suis sûre que tu en as envie autant que moi. "
-" A mon avis, peut-être bien plus encore. Parce que moi, je te connais. Contrairement à toi qui ne vois en moi qu'une proie qui t'échappe constamment. "
-" Alors, pourquoi tu me repousses ? Qu'est-ce que je dois faire pour te convaincre ? "
-" Sois toi-même. Arrête de jouer un rôle. Cesse de vouloir impressionner tous ceux qui t'entourent. Accepte de ne pas être la meilleure en tout. Fais de tes faiblesses une force. Ne les cache pas derrière une attitude désagréable, hautaine, méprisante. Tu as le droit d'être aimée pour ce que tu es. Pas pour ce que tu veux montrer de toi. "
Ses paroles me bouleversent. Je reste sans voix. Moi qui ai toujours réponse à tout. Moi qui ai une réflexion toute prête en toute circonstance. Barbara s'est levée et se dirige vers la cuisine. Je l'entends qui fouille dans le frigo et dans l'armoire. Elle va nous servir un remontant, j'en ai bien besoin !
Lorsqu'elle reparaît, je la trouve rayonnante. Une lueur brille dans ses yeux. Une lueur que je n'avais jamais vue auparavant.
-" Qu'est-ce qui te rend si joyeuse ? La perspective de ne plus me voir pendant quatre mois ? "
-" J'étais en train de réfléchir. Et je me dis que cette Star Ac pourrait être une opportunité pour toi. "
-" Moi, je le prends comme ma seule et unique chance de faire ce que j'ai envie de faire. Je veux devenir chanteuse. Et c'est le seul moyen d'y parvenir. "
-" Je ne crois pas. Bien d'autres voies peuvent te mener à ce métier. Mais le fait d'être enfermée quelques temps, de devoir aller chercher au fond de toi des émotions que tu caches depuis si longtemps ça ne peut que te faire du bien. Même si sur le moment, ça risque de te faire mal. "
-" Merci. Je vois que j'ai à faire à ma plus fervente admiratrice ! "
-" Détrompe-toi. Je suis derrière toi à deux cents pourcents. Mais peut-être pas pour les mêmes raisons que toi. "
-" Tu ne veux pas que je devienne une chanteuse célèbre ? Si ça se trouve, tu pourrais même sortir avec elle ! "
-" On y revient ! Tu n'abandonnes jamais, hein ? Faut toujours que tu essaies… "
-" Ça ne coûte rien ! Et puis, peut-être qu'un jour, tu diras oui ! "
-" Peut-être bien. Mais ça ne dépend pas de ta carrière de chanteuse, crois-moi. Moi, celle qui m'intéresse, c'est celle qui est au fond de toi. Celle qui se cache derrière cette armure. Je reviens dans une minute. "
Barbara se lève et se dirige vers le couloir. Je suppose qu'elle va aux toilettes. A moins qu'elle n'aille se changer et mettre une tenue sexy pour moi ! Bon, ça suffit ! Arrête de rêver !
Je réfléchis à tout ce qu'elle vient de me dire et je crois qu'elle a raison. Je rentre dans la vie d'adulte. Il est temps que je sache qui je suis vraiment. Cette idée m'effraie au plus haut point. Et si ce que je découvre ne me convient pas ? Comment est-ce que je fais, moi pour vivre heureuse si je ne m'aime pas ? De toute manière, je ne saurai pas le dire tant que je n'aurai pas trouvé ma véritable identité. Toutes ces questions me tourmentent. Barbara tarde à revenir. Je m'enfonce tout doucement dans le sommeil.

Un rayon de soleil me réveille tout doucement. Il me faut quelques instants avant de réaliser où je suis. Je tourne la tête et me rends compte que Barbara est assise sur le canapé, juste en face de moi. Elle me regarde avec un sourire au coin des lèvres.
-" Qu'est-ce que je fais là ? "
-" Je me suis absentée quelques minutes pour aller à la salle de bain. Quand je suis revenue, tu dormais à poings fermés. Je n'ai pas eu le courage ni la volonté de te réveiller. "
-" Quelle heure est-il, il faut que je rentre, ma mère va s'inquiéter. "
-" Je lui ai envoyé un texto. Elle sait que tu es chez moi. Je lui ai dit que tu avais un peu trop bu et que j'avais préféré que tu restes chez moi. Elle m'a dit de te dire qu'elle partait chez sa sœur et qu'elle ne serait pas là de la journée. "
-" Merci. Mais je sais que je n'ai pas trop bu. Et je sais aussi très bien tout ce qui s'est passé hier soir. Et je sais surtout qu'il ne s'est rien passé entre nous. Malheureusement. "
-" Je vois que tes idées sont bien claires, même le matin ! "
-" Je t'assure que ce n'est pas le cas tous les jours. Il y a des dimanches où je ne sais même plus comment je m'appelle ! "
-" Je peux très bien le concevoir. Un peu comme nous toutes ! "
-" C'est bizarre. Après la manière dont tu m'as parlé hier, j'ai du mal à t'imaginer comme une sorteuse et une dragueuse. Tu me sembles si sérieuse, si honnête. "
-" Ce n'est pas incompatible. Peut-être auras-tu l'occasion de t'en rendre compte un jour ? "
-" Je l'espère. En tout cas, tes paroles ont eu un impact inespéré sur moi. J'ai envie de te plaire. J'ai envie de te séduire. Et pas par mon physique ou mes belles promesses. Juste en étant moi-même. Je sais qu'il est temps que je devienne celle que je suis au fond de moi. Et je n'ai qu'un espoir : que cette personne te plaise. "
-" Je suis sûre qu'elle me plaira. Rien que ce que j'en ai entraperçu, ça m'a vachement séduit. "
Barbara se lève et se rapproche du fauteuil sur lequel je suis toujours à moitié allongée. Elle s'assied à côté de moi et m'embrasse délicatement sur les lèvres. Un frisson me parcourt des pieds à la tête. Je ne m'attendais pas à ça du tout. Et maintenant, je ne souhaite plus qu'une chose, qu'elle recommence…
Je prends appui sur mes mains pour me redresser. Je suis un peu engourdie après ces quelques heures dans le canapé. En bougeant, je sens Coxy au fond de ma poche. Je ne peux m'empêcher de sourire.
-" Qu'est-ce qui te fait rire comme ça ? C'est si marrant que ça que je t'embrasse ? "
-" Non, pas du tout ! Au contraire ! Mais il faut que je te montre quelque chose. "
Et je sors timidement Coxy de sa cachette.
-" C'est un porte-bonheur. Tu vas rire, mais je ne la prends jamais quand je vais en boîte. Hier, je l'ai laissée dans ma poche, j'ai oublié de la laisser dans la voiture, ce que je fais d'habitude. C'est assez étrange, que le jour où nous nous rapprochons réellement, c'est celui où je l'ai gardée sur moi. "
-" Tu ne vas pas me dire que tu crois dans ces conneries ? "
-" Bin si ! Il n'y a pas de hasard. Je l'ai toujours eue avec moi pour les examens scolaires, et je m'en suis toujours brillamment sortie. Je l'avais pour les différentes étapes du casting pour la Star Ac et j'ai été prise. Je l'avais hier soir et je suis chez toi ce matin, et tu viens de m'embrasser. "
-" Tu n'as jamais imaginé que tout cela était dû uniquement à ton travail. Tu réussis à l'école parce que tu es intelligente et que tu étudies. Tu as été sélectionnée pour entrer à la Star Ac parce que tu as un véritable don pour la chanson. Tu es ici parce que nous le voulons toutes les deux. "
-" Tu as peut-être raison. "
-" Bien sûr que j'ai raison. Viens ici et embrasse-moi au lieu de dire des bêtises. "
-" A vos ordres, chef. Et avec plaisir, mademoiselle. "
Cette fois, c'est moi qui prends les choses en main. Enfin, façon de parler. Avec autant de délicatesse que la beauté de son visage réclame, je pose mes lèvres sur les siennes. Rien de plus. Même si j'en crève d'envie, je sais qu'il est encore trop tôt.
Nous passons le reste de la journée à discuter. Mon portable sonne plusieurs fois. Les copines veulent savoir : alors, ça y est, tu l'as eue ? Je ne réponds même pas. Barbara aura tout le loisir de leur expliquer ce qu'elle veut quand je serai partie. Pour le moment, la seule chose que je sais, c'est que j'ai envie de passer un maximum de temps avec elle, partager des tas de choses, la découvrir peu à peu, derrière sa timidité et sa discrétion. Je me rends compte que nous avons énormément de points communs. Elle aime la même musique que moi, elle écrit même des chansons ! Je veux qu'elle m'en chante une, mais elle refuse. Elle prétend qu'elle chante faux. Lorsqu'elle me montre ses textes, j'ai du mal à croire qu'elle ne sache pas chanter ! La sensibilité qui s'y dégage, la richesse de la mélodie, les paroles si bien trouvées… ça ne peut qu'être issu d'une artiste à part entière !
Discrètement, je mets une de ses partitions dans ma poche. Je ne sais pas pourquoi, mais je le fais, tout en sachant que ce n'est pas très honnête de ma part. A la lecture, cette chanson m'a émue. Je voudrais savoir ce que cela donne avec de la musique et ma voix.

Les quelques jours qui restent avant mon entrée au château sont étranges : je passe le plus clair de mon temps avec Barbara, nous discutons pendant des heures alors qu'il serait bien plus judicieux que je prépare mes valises, que j'aille chercher quelques jeux de cordes de rechange pour ma guitare, et que je parle à ma mère. Ce dernier point, je sens que je vais le zapper. Elle est d'une humeur massacrante ! Elle me reproche tout ce que je fais, et surtout, tout ce que je ne fais pas. Comme si c'était le moment de ranger et nettoyer ma chambre !!!
Je suis invitée à rejoindre l'équipe de la Star Academy le jeudi soir dans un grand hôtel de la capitale. Quelques minutes de métro suffiraient. Mais avec la quantité de bagages que j'emmène avec moi, je préfère que quelqu'un m'y amène en voiture. Et certainement pas ma mère. Elle me tape sur le système. Ces quelques mois de séparation nous ferons le plus grand bien à toutes le deux. Surtout à elle ! Tout naturellement, Barbara se propose de m'y emmener. Et évidemment, j'accepte. De toute façon, elle est toujours la seule à savoir où je vais. Les copines se sont faites discrètes depuis mon silence radio de dimanche dernier. Je les comprends. Faut se mettre à leur place : je les convie à une soirée et je m'éclipse alors qu'elle ne fait que commencer, sans donner d'explication et sans même répondre à leurs messages.
Lorsqu'elle vient me chercher, Barbara est resplendissante. Rien de bien différent de d'habitude. Mais là, ça me saute aux yeux. Une gifle que je prends en pleine figure. L'envie de la serrer dans mes bras est insupportable. Ma mère à deux mètres de moi est une des raisons pour laquelle je ne cède pas à ma pulsion. Les discussions que nous avons eues cette semaine en est une autre. Nous chargeons tout dans son coffre. Un rapide au revoir à ma mère et nous sommes parties.
Durant tout le trajet, je triture Coxy dans mes mains. Je sais que Barbara trouve ça ridicule, mais je sais aussi que je vais vraiment en avoir besoin pour les jours, les semaines et les mois qui viennent.
Lorsque nous arrivons devant l'hôtel, un malaise s'empare de nous deux. Elle m'aide à sortir mes valises et nous les déposons dans le hall d'entrée. La directrice du casting se dirige immédiatement vers moi et m'invite à rejoindre les autres candidats dans la grande salle. Je me retourne vers Barbara. Je ne peux pas la quitter ainsi. J'ai envie de passer encore un peu de temps avec elle. Mais ce n'est pas possible. Maladroitement, j'enfonce mes poings dans mes poches. Toute mon assurance, toutes mes certitudes, se sont envolées lors de ces quelques derniers jours. Je ne suis plus sûre que d'une chose : je veux être avec la femme qui se tient là devant moi, aujourd'hui, demain et tous les jours qui suivront, jusqu'à la fin des temps.
C'est ridicule ce que je pense là. Je suis à vingt quatre heures de réaliser mon rêve. Je dois me donner à fond, pour devenir celle que je veux être.
Je détourne mon regard du sien. Je n'ai jamais su le soutenir lorsqu'elle me fixe de cette manière : elle lit dans mes pensées, elle décortique mon âme, elle s'enfonce dans mes désirs les plus secrets. C'est plus que je n'en peux supporter.
Alors que je m'éloigne d'elle pour rejoindre les autres, je me retourne brusquement.
-" Barbara ! "
-" Oui ? T'as oublié quelque chose ? "
-" Oui, tiens, c'est pour toi. Comme ça, tu penseras un peu à moi quand je serai là-bas. "
-" Tu sais bien que je n'ai pas besoin de ça pour penser à toi ! Garde-la. Tu y tiens trop ! "
-" C'est parce que j'y tiens que je veux que ce soit toi qui l'aies. Prends-la. Je te le demande. La savoir avec toi me fera du bien. "
-" Comme tu veux ! M… "
Un rapide bisou et la voilà partie avec Coxy ! Mais qu'est-ce que je viens de faire ?

Quelques semaines au château ont suffit pour me faire comprendre que la vie d'artiste, ce n'est pas comme ça que je la voulais. Après quelques séances musclées de cours en tout genre, je sais que ce que je veux faire, c'est chanter. Mais chanter vrai. Pas en faisant semblant, pas des chansons qui ne me ressemblent pas, pas pour aguicher un public qui ne veut pas de moi ou pour plaire à des profs qui ne font qu'obéir à une société de production ou à des impératifs d'audience. Je l'ai compris le jour où j'ai interprété la chanson que j'avais subtilisée à Barbara. Les larmes qui ont coulé après cela étaient les premières larmes que je versais depuis des années. Sans le vouloir, Barbara a trouvé les mots et la façon de les dire. J'ai été nominée à la suite de cette évaluation, parce qu'incapable de me concentrer sur la chorégraphie et l'improvisation théâtrale qui devaient suivre la chanson. J'ai été éliminée après seulement quatre semaines de présence au château.
Lors de ma sortie, Barbara m'attendait. Coxy au creux de sa main.
-" Tiens, je te la rends. Je crois que tu avais raison, elle te porte chance et je n'aurais pas dû accepter de la prendre. Maintenant, tu es éliminée, et c'est un peu à cause de moi. "
-" Non, je suis contente d'être sortie. Je ne veux pas travailler ainsi. Je veux chanter tes chansons. Je veux que tu écrives des textes et des mélodies pour moi. Je veux gravir les échelons un par un. Commencer par le bas. Ici, tout est superficiel. Je ne peux plus le supporter. "
-" Et tes envies de gloire ? Et tes interviews ? Et les médias qui te tournent autour ? Oubliés ? "
-" Oubliés ! Je ne veux pas de cette vie là. Si je deviens chanteuse, c'est parce que je suis appréciée pour mes talents d'interprétation, pour l'émotion que je fais passer en chantant, pour ma personnalité. Et ce n'est possible qu'avec des chansons comme celles que tu écris. "
-" Pourquoi dis-tu cela ? Je ne t'ai montré qu'une partie de mes partitions. Et tu n'en as jamais chanté aucune. "
-" Si. Je t'ai subtilisé une feuille chez toi, avant mon départ. " Mon autre chemin ", elle s'appelle. Et c'est cette chanson-là que j'ai présentée aux dernières évaluations. Je n'ai jamais ressenti autant d'émotions en chantant. Les larmes coulaient sur les joues de trois des profs. Mais j'ai été incapable de faire quoique ce soit d'autre. C'est pour ça que j'ai été nominée, et éliminée. Mais je ne regrette rien. Parce que j'ai tout compris. "
-" Tu croyais peut-être que je ne t'avais pas vue prendre ma partition et présenter ma chanson ? Tu oublies que j'ai des yeux partout !!!! Mais je voulais t'entendre dire ces paroles. Là, c'est la vraie Alex. Celle que je veux. Celle que j'aime depuis toujours. "
Joignant le geste à la parole, elle me prend dans ses bras et m'embrasse langoureusement. Un baiser doux, tendre, délicat et long. Un baiser plein de promesses.


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Mon autre chemin - Numache
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