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 A l'ouest de chez moi Tome 1 - Mack

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Mack
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MessageSujet: Re: A l'ouest de chez moi Tome 1 - Mack   Dim 19 Mar 2017 - 23:53

Jeudi 18 févier / Déardaoin 18  Feabhra      
           
            Aujourd’hui, la Une du journal local rapportait la découverte étrange d’un éleveur de moutons dans le nord du comté. Au matin, il avait trouvé tout son troupeau mort. Les ovins n’avaient aucune blessure prouvant qu’ils n’avaient pas été attaqués par une meute de chiens sauvages ou bien des loups. Chose plus déroutante aucun animal charognard n’avait approché les carcasses. L’hypothèse qu’un orage aurait pu être la cause de ce carnage avait été avancée mais aucun coup de tonnerre n’avait été entendu. Le ministère de l’agriculture et les services sanitaires avaient demandé une enquête et une autopsie des moutons pour déterminer la cause de la mort. Les autorités craignant sans doute une nouvelle maladie du type de la tremblante du mouton ou la vache folle chez les bovins.

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MessageSujet: Re: A l'ouest de chez moi Tome 1 - Mack   Dim 19 Mar 2017 - 23:57

Samedi 20 Février / Dé sathairn 20 Feabhra
 
            Lexie était assise sur le rebord de la fenêtre. Il semblait qu’elle aimait beaucoup se percher à cet endroit dans une maison. Rappelez-vous, je l’avais déjà trouvée ainsi chez moi de l’autre côté, au matin de mon anniversaire. Elle tenait à présent une tasse de lait dans ses mains.
 
«  Est-ce que tu bois autre chose ? je lui ai demandé en souriant.
       Bien sûr, tu en as été témoin.
       Quand tu n’es pas à une fête, est-ce que tu bois autre chose que du lait ?
       Non, je ne crois pas. Je ne fais pas attention. »
 
            Depuis quelques temps, j’avais remarqué que si je posais une question précise à Lexie, elle me répondait. Enfin parfois mais c’était un progrès. Ce soir, elle était arrivée dès que j’avais allumé la lumière de mon petit cottage. Comme si elle me surveillait. Et j’aimais un peu cette idée-là.
 
« Qu’est-ce que tu as fais dernièrement ?
       Je suis allée au Nord du Comté.
       Tu es allée voir les moutons ?
       Entre autre.
       Tu sais ce qui s’est passé. »
 
            Ce n’était pas une question car elle savait j’en étais sûre.
 
« Ils vont trouver quoi à l’autopsie ? j’ai demandé à nouveau.
       Que les moutons sont morts de fatigue.
       Comment est-ce possible ? Il faut leur faire faire un grand parcours pour les épuiser à ce point. Et le troupeau n’a presque pas bougé.
       La vague noire a besoin d’énergie. Dans mon monde, elle en consomme beaucoup plus que dans le sien. Elle se nourrit en puisant l’énergie de ce qui l’entoure.
       Les êtres vivants ?
       Oui. La végétation, les animaux…
       Les êtres humains ?
       Si il le faut oui. Mais s’attaquer aux êtres humains serait dangereux. L’exposition serait trop importante.
       Tout est une question d’ombre.
       Rester caché est sa plus grande arme.
       Tu as peur ?
       Non.
       Tu es inquiète ?
       Un peu. J’aimerais savoir pourquoi il a eu besoin de tant d’énergie.
       Tu ne peux pas l’espionner ?
       Tu sais comment espionner une ombre ?
       Non. Tu dis « il » alors qu’avant tu parlais de la vague noire. Tu as trouvé qui c’était ?
       J’ai une idée mais je ne peux rien te dire pour ta sécurité.
       Je comprends, tu as assez de choses à te soucier sans que j’en rajoute. »
 
            Elle a sauté de son perchoir pour venir laver sa tasse dans l’évier.
 
«  Tu reste avec moi cette nuit ?
       Si tu veux. »
 
            Bien plus tard, alors que j’étais sur le point de sombrer, bien calée dans les bras de Lexie, j’entendis un murmure, un souffle à mon oreille.
« Je me soucie toujours de toi et je te protège. »

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MessageSujet: Re: A l'ouest de chez moi Tome 1 - Mack   Dim 19 Mar 2017 - 23:59

Mercredi 24 Fevrier / Céadaoin 24 Feabhra
 
            Le ciel était resté bas toute la journée. L’horizon bouché. Un petit mot sur mon bureau me conseillait de ne pas trop m’éloigner du village. Ma miss météo particulière venait de frapper à nouveau.
            Ecoutant son conseil, je suis donc restée chez moi à travailler. Les analyses de l’eau de la rivière attendraient un autre jour. Bien m’en a pris car une heure avant que je prenne mon service au pub, un orage a éclaté.
            Et j’ai cru que l’apocalypse arrivait. Entre les éclairs et le tonnerre, d’énormes grêlons venaient s’abattre sur le sol. Gros comme des balles de tennis. Le bruit était assourdissant sur le toit de la maison. Sur le sol de la cour, les boules de glaces éclataient sous l’impact, recouvrant à nouveau de blanc, l’herbe qui s’était débarrassée de la neige deux jours plus tôt.
            Un orage de grêle en cette saison était incongru. Une tempête de neige oui mais pas ça. L’hiver était encore bien installé et le printemps encore loin.
            La durée était aussi inadaptée. Plus de 55 minutes de glaçons venus du ciel. Je mentirais en disant que je n’avais pas peur. Je restai bien sagement au milieu de la pièce loin des fenêtres. Je pensais à Lexie et espérait fortement qu’elle soit chez elle à l’abri et pas en train de courir à travers la tourbe pour sauver la veuve et l’orphelin lutin.
 
            La nuit était tombée sur la catastrophe. Beaucoup de villageois s’étaient réunis au pub. Le premier bilan faisait état d’aucun blessé humain seulement des dégâts matériels. Bons nombres de toitures avaient souffert et devraient être réparées dès demain pour ne pas que les charpentes souffrent avec l’hiver. Il faudrait aussi faire venir le vitrier et les pompiers pour pomper l’eau qui avait envahi les caves. Les grenouilles de bénitier se préparaient déjà à faire une collecte pour remplacer les deux vitraux mis en pièce par les grêlons.
            Certains avaient eu le sentiment de vivre la fin du monde. Ce qui leur donnait un prétexte pour boire encore plus de bières.
            Grand-Père s’en était sorti sans aucun dommage, il y aurait peut-être quelques tuiles à changer mais rien de bien grave. Il m’a rapidement raconté que « ses squatteurs » avaient eu très peur et qu’ils les avaient calmés en leur donnant des dès à coudre de gnole maison. Ils dormaient tous à l’heure actuelle.
            Alors que je descendais à la réserve pour changer le fût, je ne pouvais m’arrêter de penser à Lexie. J’étais inquiète.
 
« Ne sois pas inquiète, elle va bien. »
 
            La voix était de retour mais pour la première fois dans un lieu public.
 
«  Merci du renseignement.
       Mais de rien.
       Où est-elle ?
       Chez elle.
       Bien.
       Tu ne râles pas aujourd’hui ?
       Non.
       C’est étrange. Pas de répartie cynique, de réaction outragée, de théorie inadéquate ?
       Non mais si vous continuez cela pourrait arriver.
       Tu me rassures, j’ai eu peur l’espace d’un instant.
       Vous avez pris un grêlon sur la tête ?
       Non mais merci de te soucier de ma santé.
       C’était du cynisme.
       Oh. »
 
            Une fois la manipulation effectuée, je suis remontée et dans la cuisine, j’ai croisé Margarett.
 
«  Tu parles toute seule ?
       Oui ça m’arrive surtout quand je dois accomplir une tâche manuelle. Je me répète les étapes.
       C’est une méthode. »
 
            Géniale à ce rythme-là, les gens vont me croire folle.

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MessageSujet: Re: A l'ouest de chez moi Tome 1 - Mack   Dim 23 Avr 2017 - 21:49

Lundi 29 Février / Dé luain 29 Feabhra

Je continue mes analyses sur la rivière rouge. Ce matin, j’ai attendu que le soleil pointe le bout de son nez pour partir avec mon matériel. J’ai été étonnée de voir Lexie apparaître à la croisée d’un chemin. En jeans et pull, une besace à l’épaule, le froid encore humide de ce dernier jour de février ne semblait pas avoir d’emprise sur elle.

«  Tu m’autorises à t’accompagner ?
— Bien sûr. »

Elle a réglé son pas sur le mien.

Elle m’a regardée prélever de l’eau à différents endroits de la rivière, prendre des notes et repêcher quelques baies. J’ai l’impression qu’elle s’amusait beaucoup à me regarder faire. Elle ne disait rien. Elle me laissait travailler. Elle a juste tendu la main pour me stabiliser alors que je venais de glisser sur un rocher. Elle jouait même les assistantes en étiquetant les échantillons et en les rangeant dans la mallette.

La neige a recommencé à tomber en petits flocons éparses. Mon ventre a commencé à gargouiller. Lexie m’a guidée jusqu’à une grotte. Nous nous sommes installées sur des cailloux tout plats. De sa besace, elle a sorti des sandwiches, des gâteaux et un thermos de chocolat.

«  Je vois que tu as tout prévu.
— Je me suis dit que je pouvais prendre le temps de pique-niquer avec toi.
— C’est gentil de ta part. Ta maison n’a pas trop souffert de l’orage de grêle ?
— Ma maison n’était pas là.
— Tu peux m’expliquer ?
— Tu me prêtes ton bloc de notes ? »

Je lui ai tendu et elle a fait le dessin suivant :



« Quelle est cette autre couche ?
— Les fans de science fiction appelle ça une dimension parallèle je crois.
— Et toi comment appellerais-tu ça ?
— Une distorsion.
— Tu peux y rester longtemps dans cette distorsion ?
— Toujours si je veux.
— Est-ce que je dois comprendre qu’il y a un autre monde dans cette distorsion ?
— Ce n’est pas moi qui l’ai dit. »

Serait-ce un nouveau moyen de m’apprendre des choses sur son monde ? Elle me donne des pistes et c’est moi qui dois formuler l’hypothèse qu’elle ne confirmera pas mais infirmera si ma théorie est erronée ?

«  Je me suis déjà retrouvée dans cette distorsion ?
— Deux fois, si mes souvenirs son bons mais pas de la même manière.
— Quand ? »

Elle m’a regardée comme pour me faire comprendre quelque chose. C’est le signal qui dit que je dois trouver par moi-même. Deviner.

«  Quand la forêt nous a rendues invisibles. Nous sommes passées ? »

Elle n’a rien dit, elle m’a juste fait un clin d’œil.

«  Pour l’autre je ne sais pas, j’ai changé plusieurs fois d’état physique mais est-ce que c’était juste un changement de lieu ou pas. »

Je l’ai entendue fredonner un air. Il me disait quelque chose, je l’ai déjà entendue ailleurs mais où. Je faisais tourner ma mémoire. Lexie avait son regard plongé dans le mien.  Je sentais comme si un chemin se créait dans mon cerveau. Je me suis mise moi aussi à fredonner le même air. Des images ricochaient dans mon hémisphère droit. Mon lobe pariétal se disputait avec mon lobe temporal pour tout faire remonter à la surface.
La musique m’accompagnait. Je revoyais les maisons aux pierres grises et aux toits de chaume. Les rues pavées dans lesquelles je courais après Lexie. La Banfhreastalaí (la serveuse) qui avait accueilli chaleureusement Lexie.

«  Le village de Scotty. »

Elle me sourit avec indulgence comme pour me dire : « tu en as mis du temps à trouver. »

La question que je me pose à présent est de savoir si c’est elle qui a stimulé ma mémoire ou bien a-t-elle juste servi de catalyseur pour que je me concentre vraiment. La première hypothèse ne m’étonnerait même pas mais la deuxième serait plus scientifique.

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MessageSujet: Re: A l'ouest de chez moi Tome 1 - Mack   Dim 23 Avr 2017 - 21:56

Samedi 5 Mars / Dé sathairn 5 Márta  

La première vraie belle journée avait pointé le bout de son nez. Ce n’était pas encore le printemps, rien est en avance ici. Les crocus et les jonquilles débarrassés de la neige apparaissaient dans les champs et aux bords des chemins.

Lexie m’avait prévenue qu’elle serait à la rivière pour réparer le moulin des Leprechauns aujourd’hui. Je passais à la boulangerie pour acheter une brioche et à l’épicerie pour le lait et je pris la direction de la rivière à nouveau.

Elle était en train de poser la charpente du moulin quand je l’ai rejointe. Son pantalon relevé jusqu’aux genoux, elle avait les pieds dans l’eau.

«  Bonjour Lexie.
— Bonjour Léa.
— L’eau n’est pas trop froide ?
— Un peu tout de même mais c’est le lieu le plus facile pour réparer le moulin. Sinon, je suis obligée de me contorsionner.
— Je t’ai apportée le petit déjeuner.
— C’est gentil. Je finis de fixer ça et je te rejoins. »

Je la regardais travailler. C’était comme une maquette qu’elle assemblait. Il fallait de la précision et de la minutie. J’avais très vite compris que Lexie maitrisait le petit. Le premier exemple avait été Scotty et l’habileté avec laquelle elle l’avait soignée. Son écriture sur les petites fioles était une autre preuve.

Elle est sortie de l’eau et est venue s’assoir à côté de moi. Je lui ai tendu une part de brioche et une demi-bouteille de lait.

«  Merci. Tu en es où de tes expériences sur la rivière ?
— J’ai des résultats.
— J’ai le droit de les connaître ?
— C’est toi qui pose des questions maintenant ?
— C’est toi qui réponds par une question ?
— Non là c’est toi.
— Tu as peut-être un peu déteint sur moi.
— Et ce n’est pas bien ?
— Je ne sais pas.
— En ce qui concerne mes résultats, il se passe quelque chose. En amont avant les buissons de baies, j’obtiens un précipité bleu. A hauteur où les baies tombent dans la rivière idem. Dans le bassin le précipité est vert. Et en aval aussi. J’ai testé les baies seules le précipité est jaune.
— Jaune et bleu ça fait du vert non ?
— C’est de la chimie, pas de la peinture Lexie.
— Ok. Je t’écoute.
— Si comme tu le supposes le précipité vert serait dû au mélange de l’eau en amont et des baies j’aurais eu un précipité bleu avec des cristaux jaunes. Ils ne sont pas faits pour se mélanger c’est ce qui permet de les reconnaître.
— Ok je te suis. Alors comment tu fais le vert ?
— Il y a un facteur supplémentaire. Un autre composé qui rentre dans la formule dans le bassin. Quelque chose qui expliquerait la réaction exothermique. L’eau est plus chaude dans le bassin.
— Là, je peux peut-être t’aider.
— Je t’écoute.
— Tu connais la pierre de stéatite.
— Non.
— Cette pierre a la capacité d’emmagasiner la chaleur et de la restituer par la suite. Ma maison est faite avec cette pierre.
— Je comprends pour ta maison mais pour la rivière ?
— A l’emplacement du bassin il n’y a que de la roche stéatite.
— C’est ce qui fait monter la température de l’eau. L’eau plus chaude dégèle les baies congelées par l’hiver. Elles se transforment en sirop et colorent la rivière. CQFD. Merci Lexie. Il suffit que je prélève un morceau de la roche pour valider mon précipité et la démonstration sera validée.
— Si tu le dis.
— Donc pas de Lutins du Nord dans cette histoire.
— Là ta conclusion est trop hâtive.
— Comment cela ?
— Les Lutins du Nord rentre dans ton histoire mais pas comme étant les protagonistes de fait mais comme les récupérateurs.
— Précise tes dires.
— Les Lutins du Nord se servent du bassin rouge pour colorer leur toile et non l’inverse.
— Ils profitent d’un fait scientifique pour créer une légende.
— Si tu veux. C’est juste que l’histoire est racontée à l’envers. Les Lutins du Nord sont habillés en rouge parce que le bassin est rouge et non le fait que le bassin est rouge car les Lutins son habillés en rouge. Si tu veux dès que j’aurais posé la roue du moulin, nous irons prélever un bout de roche.
— Oui. Merci.
— De rien j’aime bien faire de la chimie avec toi. »
Moi aussi j’aime bien faire de la chimie avec elle.

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MessageSujet: Re: A l'ouest de chez moi Tome 1 - Mack   Dim 23 Avr 2017 - 21:57

Mercredi 9 Mars / Céadaoin 9 Márta

La rivière a de nouveau coulé rouge aujourd’hui mais il n’était pas question de baies transformées en sirop.
La rivière était pourpre.
La rivière était rouge sang.
Le sang des Lutins du Nord.
Attaqués pendant la nuit.
Attaque lâche.

Je devais prendre le petit-déjeuner avec Lexie ce matin. A la place sur ma table était posé un mot.

« Reste chez toi, ne vas pas à la rivière. Ne fais pas ta tête de mule. S’il te plaît écoute-moi. Lexie »

Les mots employés par Lexie m’inquiétaient. Il y avait du danger dans cette phrase

« Vas l’attendre chez elle, elle aura besoin de toi à son retour. »

Anamacha était de retour et je n’avais même pas sursauté. Est-ce que je m’habituais à cette voix sans consistance physique ou étais-je trop préoccupée par le message de Lexie ? La réponse ne me semblait pas importante à cet instant.

J’ai écouté la voix et je suis allée attendre Lexie chez elle. De nombreuses heures sont passées avant qu’elle ne vienne. Son regard, son visage, son corps tout entier se bagarraient contre plusieurs sentiments : la fatigue, la tristesse et la colère. Le dernier prit le dessus. Je l’ai vue envoyer un grand coup de poing dans le mur. Heureusement pour ses articulations la pierre est devenue molle et a absorbé la violence de l’impact. Elle a attrapé ensuite le vase posé sur la console à l’entrée et l’a balancé. Le vase n’a jamais atteint le mur et après un court vol a repris sa place. Ses poings ne cessaient de s’ouvrir et de se fermer. Sa respiration était saccadée et dans ses yeux la lune avait disparu. Remplacée par le feu. Ses pupilles étaient cerclées d’orange tout comme ses iris, des filaments rejoignaient les deux cercles.
J’aurais dû avoir peur mais ce sentiment n’est pas venu. Le seul à s’imposer était que je devais l’aider. Je me suis avancée vers elle. Jusqu’à la toucher. Son corps était brûlant sous sa chemise. J’ai  délicatement posé ma main sur sa joue. Elle a fermé les yeux sous le contact. Encouragée, je me suis blottie contre elle. Je sentais son cœur cogner. Fort.
Il a fallu attendre de longues minutes avant que je sente ses mains se poser sur mes reins. Elle m’a attirée encore plus près d’elle. Mon corps plaqué au sien. Ses mains poursuivaient leur chemin plus bas les passant sous mes fesses. Je me suis sentie décoller du sol. Dans un pur réflexe, j’ai noué mes jambes autour de ses hanches.
Son regard était redevenu normal. Pas de lune. Pas de soleil. Juste le bleu des mers profondes. Elle m’a emmenée dans la chambre et m’a déposée sur le lit. Il y avait une certaine urgence dans sa manière de me déshabiller. Si bien qu’il n’a pas fallu longtemps pour que nous soyons allongées complètement nues sur sa couette.
Pour cette fois, je n’ai pas cherché à lui rendre ses caresses. A lutter pour savoir qui aurait le dessus. Je l’ai laissée m’aimer car, je le sentais, elle avait quelque chose à prouver en me faisant l’amour.
J’ai compris plus tard qu’il s’agissait de la vie. Qu’elle devait prouver que la vie gagnait tout le temps malgré l’horreur.
Je n’avais jamais fait l’amour avec une telle intensité. Il n’y avait pas de magie aujourd’hui. Juste un désir brut de repousser la mort.

Par la suite, j’ai passé ma main dans ses cheveux humides de transpiration. Nous étions sagement couchées sous la couette. Elle venait de me raconter l’attaque qu’avait subit les Lutins du Nord. Les nombreux morts. Le village brûlé.

«  C’est sûrement un coup des Korrigans. Je ne vois qu’eux.
— Qui sont les Korrigans ?
— D’autres lutins moins sympathiques. Ils ont deux petites cornes sur la tête, de longs doigts griffus et des pattes de bouc. Ils sont souvent autour des Dolmens. Ils vivent dans la lande. Parfois, on peut entendre leurs chants résonner au petit matin dans la brume. Ne rentre jamais dans une de leurs rondes, tu as peu de chances d'en sortir vivante. Ils sont forts et leurs pouvoirs magiques sont puissants. Ils peuvent prendre toutes sortes de formes pour effrayer les hommes. La légende dit qu’ils gardent leurs trésors sous de grosses pierres qui s'ouvrent lorsqu'on les frappe avec une vieille clef rouillée.
— La légende est vraie ?
— Peut-être mais il serait dangereux de vouloir leur prendre leur trésor.
— Les Lutin du Nord et les Korrigans sont en guerre ?
— Non. Ils ne s’entendent pas bien mais une trêve de plus d’un siècle était en place.
— Pourquoi alors ?
— Je pense qu’ils se sont rangés de son côté. Et qu’ils travaillent pour lui.
— Toujours ce « IL ».
— Je le hais. C’est un lâche.
— Tu l’auras.
— J’espère sinon toi et ton monde serez en danger.
— J’ai confiance en toi. »

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MessageSujet: Re: A l'ouest de chez moi Tome 1 - Mack   Dim 23 Avr 2017 - 22:08

Mardi 15 mars / Dé máirt 15 Márta

Mes cauchemars sont à présent quotidiens. Toutes les nuits, je vois la vague noire se répandre sur le monde. Elle a plusieurs représentations :
L’aigle du IIIe Reich, avec son bec acéré et son œil vicieux.
Un dragon tout noir aux écailles luisantes suintant un liquide visqueux ressemblant à du gasoil. Son œil jaune me fixe et me pétrifie.
Une armée de soldats en chemise noir qui avance et qui piétine tout. Leurs regards sombres, sans aucune marque de compassion ou de pitié.  
Un bruit aussi, celui de bottes sur le pavé. Rythmé. Qui va crescendo dans ma tête.

Chaque nuit, je me réveille en sursaut, le souffle court, les poumons en feu et une peur terrible au fond du ventre. Dans mes rêves, la vague noir ressemble à tous les symboles qui ont terrorisé l’Europe pendant la seconde guerre mondiale. A part le dragon mais lui j’ignore d’où il me vient.
Lexie doit le sentir car elle est toujours là pour me réconforter. A la fin de mon réveil en sursaut, il y a ses bras, son corps chaud et rassurant. Sans elle, j’aurais sans doute déjà viré au dingue. Elle ne dit rien. Elle me sert juste contre elle et attend que je me calme. Elle ne m’interroge pas. Elle se contente de me regarder dans les yeux.
Elle a dit ne pas pouvoir lire dans mes pensées, que ce n’est qu’une projection de mon esprit dans le sien. Je ne sais pas ce que je lui projette mais après cet exercice les images sont moins lourdes à porter.

Ce matin Lexie n’était pas allongée à côté de moi comme d’habitude. Elle était debout devant la fenêtre. Il n’y avait pas beaucoup de luminosité.

«  Quelle heure est-il ?
— 9 heures.
— Il fait sombre pour 9 heures.
— Le ciel est en berne.
— Hein.
— Viens voir. »

Je me suis levée et me suis placée à ses côtés. Le ciel était gris foncé et bas. Comme si un énorme nuage s’était arrêté sur le village. Plus étonnant, c’est que les jonquilles et les crocus devant ma fenêtre n’étaient pas ouverts. Les oiseaux ne chantaient pas.  

«  Qu’est  ce qui se passe ?
— Mon monde est en deuil.
— Comme pour Bainríon ?
— Oui. Le nuage ne va pas bouger. Les fleurs ne vont pas s’ouvrir. Le vent ne bruissera pas dans les arbres. Les oiseaux ne chanteront pas. Tous resteront dans le silence.
— C’est la tradition ?
— Oui.
— Et toi, tu dois faire quelque chose ?
— Arrêter la vague noire. C’est mon travail de les protéger. (après un silence) Les protéger tous.

La colère était de nouveau en elle. Je pouvais sentir frémir son corps. Je ne voyais pas ses yeux mais ils devaient probablement être de la couleur du ciel. J’ai glissé ma main dans la sienne. Elle a noué ses doigts aux miens. Une douce chaleur remontait le long de mon bras et prenait possession de mon être.

Le soir au pub, j’ai appris que les vaches n’avaient pas donné une goutte de lait, que les chevaux avaient refusé d’être sellés, que dans les pâturages les moutons étaient restés couchés et que le canari de Mme O’Grady n’avait émis aucune note.

A minuit, Lexie est venue me chercher et m’a emmenée au bord du lac. Assises au bout du ponton, nous avons écouté la musique. Elle venait de la terre, se propageait dans l’air et résonnait à mes oreilles. Une musique et un chant typique d’ici. Une balade pour accompagner les défunts.
Nos mains étaient juste enlacées. Un simple contact. Un trait d’union entre deux mondes.

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