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 An other world, the reality side... yours - Vikvika

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YulVolk
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MessageSujet: An other world, the reality side... yours - Vikvika   Dim 15 Mai 2016 - 16:59

Pseudo de l'auteur : Vikvika

Nombre de chapitres : 1

Rating de l'histoire : G
Genre de l'histoire : Romance

Résumé de l'histoire :

La narratrice raconte son affection et son amour pour une jeune autiste...



Terminée et Corrigée
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YulVolk
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MessageSujet: Re: An other world, the reality side... yours - Vikvika   Dim 15 Mai 2016 - 17:01

Tania... Une fille que je n'ai jamais approchée, physiquement oui… mais mentalement... je ne crois pas. C'est difficile.
La première fois que je l'ai vue, je crois, j'avais sept ans. Un an après avoir emménagé dans l'immeuble. J'avais déjà vu sa mère, Madame S, à de nombreuses reprises. Son fils aussi. Mais elle, Tania, je n'avais pas même soupçonné son existence.
Elle devait avoir le même âge que moi. Pourtant elle n'était pas dans l'école du quartier auquel j'étais aussi et l'autre école la plus proche était à l'autre bout de la banlieue, à un kilomètre de là.
Dans les semaines qui ont suivi, j'ai croisé plusieurs fois madame S. A vrai dire, elle habitait dans l'appartement en face de celui où j'habitais... Je l'ai donc croisé dans le hall, un dimanche matin, je lui demandai comment s'appelait la fille que j'avais vue chez elle quelques jours plus tôt et de qui il s'agissait.
En souriant, elle me répondit que c'était Tania... sa fille. Son sourire était à la fois fière... mais surtout triste. Ca m'avait choqué à l'époque mais en fait j'étais loin de tout savoir.

Lorsqu'elle m'a répondu ça, je me suis demandée pourquoi je ne l'avais jamais vue ici avant, si c'était sa fille... Cela faisait tout de même un an que je vivais dans l'immeuble.
Elle me prit par la main et me chuchota "Viens, je vais te la présenter"... Nous avons pris l'ascenseur et je me suis retrouvée chez elle. Elle m'indiqua que Tania était sûrement dans le salon puis elle me dit qu'elle arrivait, qu'elle devait passer un coup de fil.
J'allais dans le salon. Elle était là, assise au milieu du canapé, en train d'observer un tableau magnifiquement étrange qui lui faisait face. Je m'avançai...

Je pense que ce qu'il se passe en moi, dans ma tête, dans mon cœur, dans mes jambes, en fait dans toutes les cellules de mon corps, lorsque je la vois, s'est déclenché à ce moment précis. Et ça n'a pas changé depuis. Lorsque je l'ai vue, devant moi, son regard transperçant mon être comme si je n'étais pas là, cette indifférence subtile et innocente, à ce moment, il n'y avait plus qu'elle dans le monde que je venais de me créer. Le monde qui, à présent, m'entourait, ce monde que je voyais que je sentais et que j'aimais.
Je suis restée en face d'elle et je l'ai observée. Du moindre battement de ces cils, du moindre frisson de sa peau jusqu'à l'expression d'absence qui se lisait sur son visage, jusqu'a sa position, sa façon de se tenir, quelque peu inhabituelle, sur ce canapé.

Je crois, elle a finit par lever les yeux vers moi, au bout d'une grosse demi-heure.
Sa mère a aussi finit par arriver, s'excusant du temps qu'elle avait mit à revenir.
Nous avons parler un peu, Tania, elle, ne parlait pas, elle me regardait. Ca me gênait au début, mais vous verrez qu'avec le temps, ces regards me sont devenus indispensables.
J'ai finit par rentrer chez moi avec l'autorisation de revenir voir Tania quand je voulais.
C'est ce que j'ai fait...

Les années ont passé, 5 pour être exacte. J'avais 12 ans, c'était fin août, j'allais rentrer au collège une semaine plus tard, j'avais peur. J'étais venu voir Tania car elle m'apaisait...
Elle ne m'avait encore jamais parlé. Sa mère m'avait expliqué qu'elle était autiste, sans me dire ce que cela signifiait. J'avais compris avec le temps. Je m'étais faite à l'idée que Tania ne me parlerait peut-être jamais. Moi je lui parlais, nous nous regardions beaucoup, et les paroles n'étaient pas utiles entre nous, nous avions appris à faire sans, enfin moi.
Madame S. me signala qu'elle allait partir mais que je pouvais rester sans problème.
J'allais voir Tania dans sa chambre. Je toquai, la porte s'ouvrit sur un visage angélique à qui je souris. Elle me regarda, elle n'avait aucune expression. Moi j'étais triste comme jamais. Je n'allais pas la voir pendant 4 mois. Ce n'était pas la première fois, mais j'étais de plus en plus dépendante de sa présence. Elle retourna jusqu'à son bureau, j'allais m'asseoir sur son lit. Je le regardai. Je ne sais pourquoi, une vague de tristesse m'envahit, j'étouffai un sanglot mais je ne pu retenir quelques larmes.
Tania se tourna vers moi, elle me regarda. J'aimais ses yeux... ils étaient... entre le vert et le bleu, parfois même, j'apercevais comme des reflets jaunes prêt de la pupille. Mais ce n'était pas pour leur couleur que j'aimais ses yeux. Ils étaient en quelque sorte ce qu'il y avait de plus expressif chez elle.
Après 5 ans passés à l'observer, je pouvais presque lire dans ses pensées. Elle se leva et vint s'asseoir à côté de moi. Et... pour la première fois en 5 ans... J'entendis le son de sa voix.
- P... Pourquoi tu pleures ?
Hésitante au début, la phrase, bien que banale, provoqua en moi un tel chamboulement que tous mes sens s'emballèrent et d'autres larmes coulèrent de mes yeux. Je me blottie contre elle. Elle ne réagit pas... ses bras restant pendants le long de son corps. Elle ne fit aucun mouvement de recul, aucun geste pour répondre.
Je finis par m'écarter d'elle, gênée. Je m'excusai, bafouant, sachant qu'elle n'aimait pas les contacts physiques.
Tania se leva et recommença à colorer ce qu'elle faisait avant que j'arrive.
Je me laissai tomber sur le dos en soupirant.
Elle allait incroyablement me manquer ! Je le sentais. Ca allait être horrible ! Quatre mois sans la voir, sans pouvoir la caresser des yeux, sans pouvoir m'enfermer avec elle dans son monde.

Malheureusement, ça arrivait. L'année scolaire qui suivit fut longue. Très longue. Ponctuée de rares semaines, durant lesquels je retrouvais Tania. Elle n'avait plus prononcé de mots devant moi, mais un jour, elle m'avoua, alors que je venais d'entrer chez elle, que je lui manquais. Elle me demanda même de dormir chez elle.
Mes parents hésitèrent, sa mère un peu moins mais au final, je restais dormir chez elle pour ma plus grande joie.
Nous passions la plus grande partie de la soirée à nous regarder, pour ne pas changer. Je la regardais peindre. J'aimais énormément ces tableaux. Ils m'avaient toujours fasciné et je pouvais passer des heures à les observer, je découvrais sans cesse de nouveaux sentiments au travers de ces filaments colorés, se mélangeant dans une parfaite harmonie.

Trois années filèrent à une allure vertigineuse. Je me retrouvai un matin, mon brevet en poche, sans même me rappeler avoir passer l'examen.
Cet été là, je dus beaucoup travailler. Il fallait que je paie une partie des frais de l'internat.
J'allais partir dans un lycée d'Arts. Je vouais une véritable passion au théâtre, à la peinture, à la littérature et à la cinématographie.
Pour comble de mon bonheur. J'allais me retrouver à une station à peine de l'Institut où Tania allait rentrer.
La première année se passa merveilleusement bien, comme je l'imaginais. Les cours étaient passionnants et je pouvais sortir de temps en temps au resto ou au ciné avec Tania. Je compris que ça lui faisait du bien de sortir.

Madame S. m'avait confié, quelques années plus tôt, lorsque je lui avais demandé pourquoi Tania n'était pas guérie alors que l'autisme était une maladie qui pouvait être en grande partie soignée, que Tania présentait une forme très rare d'autisme. De ce fait, contrairement à ce qu'on aurait attendre, son activité sociale (le terme n'est pas juste) ne pouvait se développer qu'après beaucoup d'années. Je m'étais promis de tout faire pour faciliter ce développement.
Malheureusement, les sentiments, de plus en plus forts, que j'éprouvais à l'égard de Tania ne me rendaient pas la tâche plus facile.

Bientôt, je finissais le lycée, obtenant jusqu'à la mention "très bien" à mon bac, et j'entrais dans une école d'Arts appliqués. Tania aussi !
Elle n'étudiait pas dans la même partie de l'école que moi, mais il arrivait que nous nous croisions lorsqu'elle était amenée dans la deuxième partie de l'école.
Nous passions les week-ends ensemble. Les vacances ensemble.

Un soir, j'étais chez elle. Comme à notre habitude, nous ne parlions pas, enfin elle. Moi je lui parlais quand même beaucoup.
J'étais encore une fois allongée sur le dos, sur son lit, fixant le plafond où était accroché l'une des toiles de Tania que j'aimais le plus. Elle était à son bureau. Je l'entendis se lever, je fermais les yeux, pour me concentrer sur les bruits qui me provenaient.
Je sentis la couverture se tirer à ma droite, puis à ma gauche, en même temps qu'elle y posait ses mains.
Je sentis ce parfum que j'aimais tant. Je sentis la chaleur de son corps que sa peau dégageait, à quelques centimètres de ma joue. Puis, j'entendis chuchoter quelque chose que, même dans mes rêves les plus fous, je n'avais jamais ne serais-ce qu'osé espérer sortir de ses lèvres. Lèvres que je sentis quelques secondes plus tard se poser sur les miennes... .


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