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 Amour, danse et salon de thé

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wolfgangamadeusmozart



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A écrit : 570; Lettre à moi-même; Prise de conscience; Au claire de lune l'amour renaît de ses cendres ; Amour, danse et salon de thé; Je me suis faite toute petite pour une poupée
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MessageSujet: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 17:38

Pseudo: Wolfgangamadeusmozart

Nombre de chapitre:25

Rating : NC18 (scène explicite)

Genre : Romance

résumé: Découverte de l'amour par une étudiant mordue de danse.


Terminée


Dernière édition par wolfgangamadeusmozart le Mar 25 Oct 2016 - 12:55, édité 2 fois
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wolfgangamadeusmozart



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A écrit : 570; Lettre à moi-même; Prise de conscience; Au claire de lune l'amour renaît de ses cendres ; Amour, danse et salon de thé; Je me suis faite toute petite pour une poupée
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 17:40


CHAPITRE 1
"Dringggggg

« Il est 7 heures vous écoutez France info
Nous sommes le 1er septembre c'est la fin des vacances et … »

Nonnnnnnnn. Pas déjà l'heure de se réveiller. En plein milieu de ma variation du lac des cygnes à l'opéra de Paris c'est tout pas cool.

Bon, sous la douche, lavage de dent queue de cheval, jeans, pull, basket et surtout mon lecteur CD.
Quoi ? Une antiquité ? Alors qu'il existe les iPod et les mp3 ?
Vous avez raison mais j'ai une passion pour la musique classique et la compresser m'est insupportable donc j'écoute des cd. Mes cd.

Alors rachma, grieg, Mozart le 20 et 21.
Comment ça vous ne comprenez pas ?
Bon, je traduis concerto pour piano numéro 2 de Serge Rachmaninov, le concerto pour piano d'Edvard Grieg et les concertos pour piano numéro 20 et 21 de Wolfgang Amadeus Mozart, mon idole.
Une fois ma bulle de protection contre le monde extérieure choisie, c'est l'heure d'aller en cours. Quel cours ? Masseur kinésithérapeute bien sûr !

Je sais ce que vous vous dites : Timide, mais qui veux faire un métier de contact avec les autres ?
Je n'ai jamais dit que j'étais simple. Je sais que là j'esquive. Alors comme je suis ici pour me raconter je vais le faire.

D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais eu confiance en moi. Ce qui fait que j'ai toujours eu peur de m'ouvrir aux autres et d'en souffrir. Je me suis alors protégée soit en jouant les miss « je sais tout et je parle pour ne rien dire » soit en restant dans mon coin
Bien sûr, mes goûts et mes activités n’ont pas aidé. Je n’ai jamais pu participer aux conversations sur les groupes à la mode écoutant de la musique classique. Je ne connais pas non plus les séries que mes contemporains regardent puisque toutes mes soirées sont occupées par mon piano et ma danse classique. Et comble de malchance, je ne lis que de l’héroïc fantasy et me désintéresse complètement des fringues, du maquillage et des discussions de " filles".

Alors pourquoi des études de kiné et pas d'ingénieur informatique comme je souhaitais faire au collège ?

Dès mes 12 ans, j'ai su que je ne pourrais pas être danseuse professionnelle. J'avais la passion mais pas le physique, un peu trop grande et pas assez souple, donc j'ai eu l'idée de créer des ballets sur informatique.

Tout ça m'a passé quand, vers 15 ans, je suis tombée malade. Une cochonnerie de lymphome qui m'a donné le plaisir de connaître les joies des effets secondaires de la chimiothérapie :nausée, perte de cheveux et risque de stérilité.
C'est drôle mais c'est la seule info que j'ai retenu quand mon médecin m'a parlé de ma maladie. Je n'avais pas compris que c'était un cancer et tout ce que cela comportait comme risque, j'avais juste entendu que je risquais de ne pas avoir d'enfant.
Donc pendant un an, tous les quinze jours, j'avais cinq jours de chimiothérapie et je voyais mes parents présents à mes côtés mais minés parce que ne pouvant rien faire de plus. Et là, j'ai décidé que je serai médecin pour ne pas avoir ce sentiment d'impuissance si mes enfants tombaient malades. Oui encore une incohérence, car je ne savais pas et ne sais toujours pas si je peux en avoir mais comme je dis toujours, l'espoir fait vivre.

Je sais, je sais, je n'ai toujours pas expliqué pourquoi des études de kinésithérapie ?
Disons qu'il est difficile de travailler suffisamment pour réussir le concours d'entrée quand on visite Paris avec son petit copain au lieu d'aller en cours et que le soir, on continue la danse et le piano plutôt que de travailler sa biochimie. C'est donc naturellement que la kiné, après cet échec, a été mon choix avec en plus l'espoir de pouvoir m'occuper de danseur.
Je vous laisse car si je continue je vais rater mon train et cela se fait pas d'arriver en retard le premier jour des cours.


Pu...... De M..... C'est fini avec mon copain, par téléphone en plus. Et maintenant plus rien, encore et toujours seule. Mais pas le temps de me lamenter, c'est samedi et ma mère m'attend pour les cours de danse.

Je ne vous ai pas dit, elle est prof de danse et je l'aide en l'accompagnant au piano pour les cours en dessous des adultes. Ainsi, elle n'a pas à perdre du temps dans la recherche de morceaux ayant le bon rythme pour l'exercice qu'elle veut faire et moi cela me fait un peu d'argent de poche.
Je prends mes partitions, je me passe de l'eau sur le visage pour enlever les traces de larmes et j'y vais.
A la salle c'est toujours le même rituel. D'abord le cours des bébés, les 4 -6 ans, là je joue des musiques Disney pour leur faire plaisir et des airs de ballet classique pour leur culture. Le plus drôle c'est quand dans les cours supérieurs, les élèves, qui assistent au cours de danse depuis des années, viennent demander à ma mère de faire l'adage, c’est une variation lente avec beaucoup d'équilibre et de levé de jambe, sur "Ce rêve bleu" d'Aladin ou une variation de petit saut rapide sur "Il en faut peu pour être heureux" du Livre de la jungle.

Enfin mon cours, j'arrête de jouer, j'installe la chaîne hifi et je vais dans le vestiaire me changer. J'y retrouve les adultes confirmés, qui étaient déjà là l'année dernière et leur dit bonjour. Je vais m'assoir sur le banc et là je vois deux nouveaux. Un garçon assis sur le banc en train de se changer, il est brun grand assez costaud pour faire des portés (Même dans mes matages de mecs, le truc que je remarque et qui m'intéresse a à voir avec la danse, je suis vraiment un cas désespéré). Et une fille qui se tient debout face à lui. Elle a un bon maintient, le dos droit, le corps d'une danseuse, musclé et mince.
Maintenant qu'elle se retourne je vais pouvoir voir son visage. Et là, c'est le choc. Ses yeux bleus m'ont littéralement transpercé et mis hors service mon cerveau.

Vite check-list d'urgence:
- Respirer.
- Fermer la bouche en ayant préalablement vérifié l'absence de filet de bave.
- Respirer à nouveau.
- Enfin, l’air de rien, continuer à s'habiller et fouiller dans son sac pour avoir une raison de détourner les yeux.

Je crois que je suis sauvée. Mince mes yeux ont été touchés, je vois moins bien, la lumière me semble plus faible.

Est-ce le même phénomène que lorsqu'on regarde le soleil ? La beauté peut-elle éblouir comme l'astre du jour? Mais qu'est qui m'arrive à délirer comme ça ?

La beauté ? Eh oh c'est une fille réveille-toi !

Oui mais waouhhh quelle fille !

Oui mais une fille quand même.

Et comment expliquer la perte de l'acuité visuelle, si sa beauté n'équivaut pas à celle du soleil?
Mais qu'est ce qui m'arrive à délirer comme ça?

« - Mademoiselle »

J'arrête ma dispute avec moi-même, car, de toute façon, c'est moi qui ai toujours raison et je lève doucement la tête vers le doux son. Oh M....C'est elle, la main tendu pour me dire bonjour.

Ouf je n'ai pas de problème de vu, c'est juste qu'elle se trouvait devant la lumière.

Mais arrête de te parler à toi même et réagis.
Vite serrer sa main et dire quelque chose.

« - Bonjour. »
Je suis trop forte en communication.

« - Bonjour je m'appelle Anne et voici Nicolas mon frère.

- Moi c'est Stéphanie.

- Je sais, répond-elle, nous sommes venus vous voir en juin à votre gala de fin d'année et je vous ai vu danser votre solo sur la chanson de Solveig d'Edvard Grieg et j'ai adoré.

- M… Merci beaucoup, mais honnêtement, il y avait des déséquilibres et des imperfections.

- Je ne les ai pas vus. »

Nonnnn, j'avais réussi à ne pas rougir lors du premier compliment mais là c'est foutu.

« - Anne tu sais que c'est Stéph qui a fait sa chorégraphie toute seule ? »

Ça, c'est Brigitte, la grande amie de ma mère. Elle suit ses cours depuis le début et elle est comme ma deuxième maman mais là je l'aurais étranglée.

« - Non je ne le savais pas, répond Anne en se retournant vers moi »

Elle me réitère alors ses compliments et évidemment je rougis encore plus.

« -Les filles vous êtes prêtes ? »

La douceur et la délicatesse de ma mère sont, pour une fois, les bienvenues et me permettent de reprendre contenance en lui faisant remarquer la présence de Nicolas donc qu'il faut l'inclure dans l'appel. Je finis rapidement de m'habiller et vais la barre."

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wolfgangamadeusmozart



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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 17:54


CHAPITRE 2

" Flashback : Anne.
Salle des fêtes, spectacle de danse de fin d'année.

Les parents rentrent dans la salle en consultant le programme de la soirée. Les "bonsoirs "côtoient les "comment allez-vous depuis l'année dernière ?" et chacun essaie de trouver la meilleure place et d'installer le pied de leur nouveau caméscope acheté pour l'occasion.

Nicolas et Anne arrivent le sourire aux lèvres.
« -C'est marrant d'être de ce côté du rideau, pas de trac pas de pression.
- Tu as raison Nico, mais en contrepartie, tu n'as pas la poussée d’adrénaline juste avant ta première entrée sur scène, la satisfaction immense de sentir la salle retenir son souffle lors des difficultés ou le plaisir infini de recevoir les applaudissements, les remerciements du public, quand on a réussi à l'émouvoir par sa danse.
- Tu es une vraie accroc, ptite sœur.
- Hé je suis née avant toi et oui j'adore danser.
- T'es peut être née avant moi mais tu fais 10 centimètres de moins donc tu es ma ptite sœur. Et moi aussi, j'aime danser mais je n'aime vraiment pas la scène et c'est pour ça que je m'oriente vers la profession d'avocat.
- Et moi celle de prof de danse.
- Oui mais tu rêves de la scène, de chorégraphie merveilleuse et de pas de deux époustouflants.
- Roméo et Juliette de Mc Milan serait un rêve à danser, dit-elle un sourire rêveur aux lèvres.
- Alors pourquoi tu ne fais pas tout pour réaliser ton rêve, demande Nicolas pour la millième fois depuis qu'Anne lui avait révélé son projet professionnel.
- Je te l'ai déjà dit. Je ne veux pas gâcher ma passion de la danse en la confrontant avec la réalité des auditions, des coups bas des autres danseuses ou en passant un ballet entier à être un décor en portant un costume lourd et inconfortable au possible. Bon comme je sais que tu n'as aucun contre argument, on regarde le spectacle sinon Chloé va s'en apercevoir quand elle nous interrogera sur nos impressions."

Fin du spectacle.

Standing ovation complaisante de l'ensemble des parents et de Nicolas. Anne, elle, reste assise comme hypnotisée. Le garçon s'en inquiète et se penche vers sa sœur.

« - Anne, ouh ouh, c'est fini, faut te réveiller! Il est l'or, monseignor!
- Oui,oui, répondit Anne en sortant de son mutisme, pour une école de danse j'ai trouvé le spectacle très intéressant ."

Chloé, toujours en costume de baigneuse des années 1900, arrive en courant et saute dans les bras de Nicolas :
« - Alors vous avez trouvé comment? Vous avez vu quand j'ai fait l'arabesque, dans le premier tableau? Je suis même pas tombée. Et dans le deuxième, quand j'ai fait la chaîne anglaise sans me tromper? Manon, elle dit que dans son cour de cheval, il font des trucs plus super extra cool, mais moi, je lui ai dit que c'était pas possible parce qu'Anne elle en fait pas du cheval, dit-elle en se tournant vers la susnommée. Hein, c'est vrai Anne?"

Nicolas hilare se tourne vers cette dernière et en rajoute :
« - Oui oh toi, la grande Anne devant l’éternel, que penses-tu des propos totalement insensés de Manon?
- Chloé, laisse Anne. Et toi, Nicolas, arrête d'embêter ta sœur, intervient opportunément dans la conversation une femme .
- Tâta ma'ianne ! répond Nicolas en reposant Chloé. »

Il se dirige ensuite rapidement vers la femme, la prend dans ses bras et se met à tourner sur lui-même. Sa tante entre rire et colère le somme de la reposer et lui rétorque :
« - Nicolas, un peu de respect et je t'ai dit cent fois de ne pas m'appeler tâta, je suis trop jeune. »

Intervenant pour calmer les esprits, Anne s'avance et embrasse sa tante.
« - Bonjour Marianne. Comment vas-tu?
- Bien, répond sa tante, surtout quand j'ai les deux pieds sur terre. »

S'en suit les banalités d'usages sur la famille, le spectacle et les études entre les quatre protagonistes. Au moment du départ, Anne fait la remarque qui semble la préoccuper depuis la fin du spectacle : « Je n'aurais jamais pensé qu'un spectacle de fin d’année d'une association présenterait une danseuse pro en guest star."

Devant l'incompréhension évidente de la mère et la fille, elle précise:
« - La jeune dame qui a dansé sur la chanson de Solveig dans le troisième tableau. »

Avant que sa tante ne puisse répondre, Chloé part dans un grand éclat de rire et lui dit:
« - C'est pas une dame, c'est Stéphanie. »

Et de nouveau, elle se met à rire. Anne, perdue, se tourne vers sa tante dans l'espoir d'explication qu’elle lui donne avec plaisir :
« - Oui, c'est Stéphanie, la fille de la prof de danse de Chloé. Elle accompagne les cours au piano et suit ceux des adultes. »

Pensive pendant le trajet, Anne pose une dernière question avant de monter dans la voiture avec son frère :
« - Marianne, sais-tu qui crée les chorégraphies du spectacle?
- Le professeur, je pense.
- Merci. »

Le lendemain matin, dans le salon de thé fermé de la mère des jumeaux , Anne, installée dans un fauteuil, déguste son croissant et son chocolat chaud. Nicolas, goguenard, arrive et ne peut s'empêcher de lancer à sa sœur :
« - Je sais bien que Sylvie Guillem avait les mêmes dans un des documentaires sur l'opéra de Paris, mais moi tes chaussons Titi me feront toujours penser aux personnages des parcs d'attractions de Disney, ridicule.
- Peut-être, mais ils sont chauds et super confortables. »

Leur mère arrive avec le chocolat chaud et les croissants pour son fils.
« - Alors les enfants, comment étaient le spectacle de Chloé hier ? »

Prenant de vitesse sa sœur, Nicolas répond :
« - Très bien, pour une association, la petite adore la scène cela se voit, elle est comme sa cousine et idole.
- Idole, tu y vas un peu fort, mais pour le niveau je suis d'accord. »

Sous le regard étonné des deux autres, Anne replonge son croissant dans son chocolat sans rien ajouter de plus. Ne comprenant pas la façon d'agir de sa sœur et n'ayant pas la patience d'attendre qu'elle donne des explications, Nicolas intervient :
« - Mais qu'est ce qui t'arrive, Anne ? Depuis la fin du spectacle, t'es bizarre. Et là pour la première fois depuis que tu t'intéresses sérieusement à la danse, tu ne trouves rien à dire sur un gala, bien, certes, mais amateur donc avec de nombreux défauts !
- Ton frère a raison chérie, tu es malade ou soucieuse? Voir ce spectacle t'a rappelé combien la scène te manque?
- Hé! Ne vous inquiétez pas, j'étais juste en train de réfléchir.
- Tu as raison mam, Anne est souffrante, elle réfléchit.
- Nicolas, arrête de dire des bêtises et laisse ta sœur s'expliquer. »

Après avoir tiré la langue à son frère, elle continue :
« - Tout d'abord c'est vrai que la scène me manque et de voir Stéphanie, danser merveilleusement bien hier, "

Ne pouvant se retenir, un sourire aux lèvres, son frère l’interrompt :
« - Stéphanie, c'est marrant que tu te souviennes si bien du prénom d'une personne que tu connais même pas. En plus c'est vrai qu'elle danse plutôt bien mais de là à dire "merveilleusement bien", il me semble que c'est un peu exagéré, surtout venant de la personne qui a trouvé prématurée, car pas encore au niveau, la nomination de la dernière danseuse étoile."

Imperturbable aux interruptions de son frère, elle continue ses explications :
« - J'ai eu l’idée de créer, après mon diplôme, un réseau d'ami professeur. On s'inviterait en guest star sur nos galas de fin d'année ainsi on pourrait à la fois continuer à avoir le plaisir de la scène, garder le rôle de prof dans notre association et augmenter le niveau du spectacle de fin d'année.
- Waouhhh, c'est bien pensé ptite sœur. C'est vrai que comme ça les profs gardent leur rôle. Il n'y a rien de pire qu'un prof de danse qui passe ses cours et ses répétitions à danser pour soit disant montrer mais qui le fait pour assouvir sa passion, oubliant de corriger et d'aider ses élèves. Mais tu as éludé le cas Stéphanie.
- Il n'y a pas de "cas Stéphanie". J'ai été, je pense, surtout séduite par la chorégraphie c'est d'ailleurs le sens de ma question à Marianne. J'aimerai m'inscrire dans cette école, car je veux absolument que ma variation libre pour l'EAT (Examen d'aptitude technique. Le concours d'entrée pour les écoles de formation au diplôme d'état de professeur de danse est composé de deux épreuves de danse, une chorégraphie imposée, une chorégraphie libre) soit créée par cette prof. Jamais avant je me suis sentie si en phase, si proche et intime d'une chorégraphie (et d'une interprète ajoute-t-elle pour elle-même).
- Mieux que Roméo et Juliette, dit Nico plus qu'étonné.
- Rien n'est mieux que Roméo et Juliette, c'est mon premier coup de foudre chorégraphique. Dis Nico, t'accepterai de m'accompagner l'année prochaine dans ce cours ? Tu as toujours été là et je n'envisage vraiment pas le défi de l'EAT sans toi.
- Comment veux-tu que je te refuse ça ? »


Retour au présent : Stéphanie.


Cours de danse début septembre.

J'entre dans la salle et me dirige vers ma place à la barre. Non, il n'y a pas écrit mon nom dessus mais je me mets toujours là. La barre est disposée en U, deux latérales, plus petite et une frontale, plus grande et contre la glace. Ma mère, la prof, est sur la latérale à côté de la chaîne hifi. Tous les élèves, Brigitte en tête, sont sur la grande. Les deux femmes profitent souvent de cette proximité pour discuter. Moi je suis sur l'autre latérale, ainsi quand on se retourne, les élèves peuvent copier sur moi ce qui laisse à maman la possibilité de les corriger.

Oh la la, je vous raconte tout ça comme si tout le monde avait déjà suivi un cours de danse.
Bon je vous explique :

- D'abord on se change : collants, justaucorps, chausson et on s'attache les cheveux. Moi je rajoute une sorte de grand pantalon en laine car je suis frileuse et je n'aime pas particulièrement mon corps.
- Ensuite l'échauffement : la barre, qui consiste en la répétition de mouvements côté droit puis côté gauche.
- Enfin, le travail au milieu pour apprendre à danser qui se termine par une révérence.

Arrivée à ma place, je m'aperçois que devant moi se trouve Nicolas et Anne.
Non!!!!
Évidemment, où auraient-ils pu se placer ?
Quand on est nouveau et qu'on arrive dans un cours où tout le monde se connaît déjà ?
Mais moi cela ne m'arrange pas du tout !
Heureusement je ne serai pas hypnotisé par les deux saphirs brillants de mille feux d’Anne.
Attendez, mais c'est quoi ce délire ?
Voilà maintenant que je fais des citations des Aristochats !
Mayday mayday, danseuse en détresse, cours circuit des commandes cérébrales entraînant un délire obsessionnel, demande d'urgence d'une aide musicale.
Comment ça musicale?
M..., la barre est commencée. Coup d'œil discret pour voir où on en est et vérifier si personne n'a repéré mon inattention. Ouf je n'ai ratée que les premiers mouvements.

Heureusement pour moi la danse et la musique ont eu l'effet habituel de prendre l'entière place dans mes préoccupations. J'ai pu ainsi suivre tout le cours et même converser avec Anne sans rougeur ou bafouillage. Ce qui est évidement tout à fait normal puisqu'il n'y a aucune raison qu'il en soit autrement. Et oui! La marmotte met le chocolat dans le papier, je l'ai vu dans la pub."
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 18:23


CHAPITRE 3


Point de vue de Stéphanie.
Dans les vestiaires de l'école de kinésithérapie.

Je n'ai même pas entendu ma musique dans les transports en commun tellement j'étais préoccupée par ma réaction de samedi. Bien sûr, j'avais mon casque sur les oreilles pour me couper de monde mais le bruit de mes pensées était trop fort, pauvre Mozart si injustement ignoré.

J'ai passé mon dimanche en recherche internet. J'ai vu des dizaines de photos de garçons et de filles pour analyser ce que je ressentais. J'ai arrêté au bout d’une heure, ce n'était que des images et il m'est impossible de ressentir quelque chose pour un écran d'ordinateur. J'ai même essayé des vidéos sexy et d'autres franchement hard, aussi bien hétérosexuelles qu'homosexuelles et encore une fois rien. Alors s'en ai suivi une période de remise en cause, suis-je normale? Suis-je insensible ? Enfin une grosse prise de tête. Heureusement comme je n'avais pas beaucoup dormi la nuit précédente, je me suis effondrée de fatigue.

Ce matin, je suis arrivée à la conclusion qu'à la fois l’hyper réactivité aux yeux d'Anne et l'insensibilité aux autres sont dus à ma rupture et que c'est ma manière de me protéger pour ne pas souffrir. Bien sûr, le choix de mon inconscient de craquer sur Anne, enfin je veux dire sur ses yeux, est dû à son corps parfait, du point de vue de la danse classique, j'entends.

Rassurée, c'est gaiement que j'enfile mon maillot de bain et ma blouse blanche. Non, ce n'est pas pour des cours de balnéothérapie, rééducation en piscine, comme mes condisciples et moi-même le pensions lorsque notre professeur nous annonça à la rentrée qu'il nous fallait nous munir de ces deux vêtements ainsi que d'une serviette de bain, mais pour les trois heures journalières de travaux pratiques sur les différentes techniques kinésithérapiques.


Midi à la cafétéria de l'école.

Bon, c'est définitif, ma rupture m'a anesthésié. Après 3 heures de massage aussi bien en tant que kiné que patient, avec des garçons ou des filles, rien, nada, pas le commencement d'un début de frisson, le désert de Gobi. Pourtant, d’après les caquètements des filles tout à l’heure dans le vestiaire, la difficulté de la matinée a été de se concentrer sur la prise de note et le contrôle de ses hormones. Je ne sais même pas si avant j'aurais ressentie quelque chose puisque c'est le premier cours, donc scientifiquement je ne devrais pas en tirer de conclusion. Mais même si avec mon ex, ce n’était pas le feu d'artifice avec les étoiles partout, le plaisir était là. Cette matinée confirme ma théorie matinale sur mon insensibilité.

Je suis trop forte en psychologie stéphanienne. Si je loupe mon diplôme de kiné, j'ouvre un cabinet de psy pour me soigner. Bon je risque de mourir de faim, mais je serai saine d'esprit. Je ne veux aucun commentaire comme quoi ce ne serait pas trop tôt ou que la durée de vie sans manger est de 7 jours et qu'il faudrait largement plus longtemps pour me soigner.

Bien sur mon autosatisfaction n'a été que de courte durée, la réalité s'est rappelée à moi quand je me suis souvenue que ce soir j'avais danse. Rien qu'à l’évocation du cours de danse, je revois ma belle et ses deux magnifiques yeux. Non c'est encore pire maintenant je l'appelle "ma belle", vite le docteur House est demandé en urgence à la cafétéria de l'école de kiné pour procéder à un internement en hôpital psy pour une patiente présentant de graves troubles psychotiques.

- Oui tu as raison tu déraisonnes complètement Stéphanie, jamais une fille aussi jolie ne s’intéressera à toi.

- Oui je sais.

(Silence)

- Attends ce serait ça qui me fait vraiment flipper?

Parce que c'est vrai que même si je n'ai jamais été attiré par une fille, l'intolérance est encore plus éloignée de moi. Donc POURQUOI je me mets dans un tel état parce que les yeux d'Anne m'ont hypnotisé et que j'ai envie de l'appeler ma Anne?
Ce n'est pas son sexe le problème mais son inaccessibilité, elle est trop belle pour moi. Ça j'en ai l'habitude, je côtoie ce sentiment depuis toujours, je sais faire avec.

Soulagée d'avoir trouvé l'origine de mon malaise, qui au final s'avère n'être qu'un vieux complexe d'infériorité, je retourne en cours, non sans avoir effectué un petit pas de danse par fierté d’avoir résolu mon problème. Et oui, j'ai à la fois un complexe d'infériorité pour tout ce qui a rapport avec mon physique ou les relations avec les autres et un ego passablement développé pour tout ce qui est cérébral .


Le soir dans le train ramenant Stéphanie chez elle.

Évidemment, je ne me suis pas contentée de cette explication et mon introspection sauvage a continué toute l'après-midi :

- Pourquoi n'ai-je pas jeté mon dévolu sur son frère qui est tout aussi inaccessible?
- N'ai-je pas flashé sur une fille pour préserver mon ego car, s'il y a rejet, je pourrais toujours me rassurer en disant que c'est parce qu'elle n'est pas homosexuelle?
- Cette focalisation de mon esprit sur les beaux yeux bleus d'Anne n’est-elle pas un dérivatif, une distraction pour ne pas prendre conscience de ma rupture et ainsi éviter d'en souffrir?
- Pourquoi je ne peux penser trois phrases sans que la belle danseuse revienne montrer son beau visage?
- Est-il possible que Cupidon existe et que, comme dans un épisode de Xena princesse guerrière, son fils lui ait volé ses flèches et se soit amusé à les lancer au hasard?

A ce moment de mes réflexions, j'ai prétexté une envie pressante pour demander à sortir de cours et je me suis hâtée de me rafraîchir la tête en la mettant sous l'eau froide. Ne vous inquiétez pas je l'ai essuyée avec ma serviette de Tp avant de retourner en cours. Je n'ai pas besoin ni de tomber malade ni de me faire encore plus remarquer, surtout après une sortie digne d'une enfant de maternelle.

A la fin des cours, je me sentais comme Mickey dans l'apprenti sorcier, noyée sous des seaux d'eau et emportée dans un maelstrom. Ne connaissant pas de magicien pouvant arrêter la cacophonie de mes réflexions qui tournent, tournent en se répétant à l'infinie sans apporter la moindre réponse, je sors mon CD d'urgence:
- L'air de la reine de la nuit tiré de la flûte enchantée de Mozart
- La chanson de Solveig tiré de Peer Gynt de Grieg
- L'air de la Wally de Catalani
- L'air "je crois entendre encore" tiré du pécheur de perle de Bizet
...

C'est apaisée que j'arrive chez moi avec une résolution : laisser le temps au temps. Si mon attirance pour Anne est réactionnelle à ma rupture ou si elle est due à un béguin de midinette, elle passera. Si elle est plus profonde, la précipitation ne fera que l'effrayer donc attendre et voir venir. Enfin pas 107 ans non plus.


Point de vue d'Anne.
Dimanche matin, le lendemain du premier cours de danse dans le salon de thé.

« - Ptite sœur, as-tu déjà déterminée où tu allais ranger chaque chose dans le magasin?
- Plus ou moins Nico, mais tu sais la dépendance du salon de thé n'est pas immense, je vais être obligée d'entreposer une partie de la marchandise dans le grenier.
- C'est bien, comme ça tu vas pouvoir entretenir tes mollets avec les escaliers et tes bras avec les cartons.
- En parlant de carton si tu m'aidais à les descendre pour que j'installe la boutique. Je suis censée ouvrir mardi.
- Je n'en reviens pas que tu aies décidé de financer ton inscription à ton école de danse en créant un magasin de vêtements de danse.
- Tu sais quand j'ai vu qu'il fallait payer entre 3 et 4 mille euros pour être dans une structure qui permettait à la fois d’être formaté pour l'EAT et qui, en même temps, dispensait les cours pour obtenir mon D.E, ce qui permettait de bouclé le tout en 18 mois, je me suis demandée comment réunir autant d'argent.
- Un prêt étudiant, ça n'aurait pas été plus simple?
- Si, mais il faut le rembourser et quand je serais prof, je ne roulerais pas sur l'or. Donc rajouter les mensualités du prêt entrainera forcément des difficultés. Et puis, tu as entendu maman comme moi, se plaindre de la volatilité de sa clientèle au salon de thé. La région n'a pas de vraie boutique où trouver aussi bien des tenues, des chaussons ou des idées cadeaux. Donc, avec le magasin, on fait d'une pierre deux coups.
- En plus, avec ton expérience de la danse, tu sauras conseiller dans les achats.
- Oui. Et, grâce au site de tante Marianne, je vais pouvoir vendre sur internet.
- Et si tu veux intégrer cette école, pourquoi tu veux essayer de passer l'EAT cette année?
- Pour essayer déjà et surtout si je le réussis dès cette année je peux intégrer une école qui prépare au DE moins chère et avec des horaires plus légers. Ainsi je pourrais continuer à aider maman et à gagner de l'argent pour m'installer.
- C'est bien tout ça, mais, et tes entrainements de danse?
- Tu sais, je continue avec notre ancienne prof tous les matins de 9 à 11 et les cours avec la mère de Stéphanie ne sont que le lundi, le mercredi, le vendredi de 19 à 21h30 et le samedi de 17 à 19 heure ce sont des horaires où soit la boutique est fermée soit l'activité au salon de thé est réduite ce qui permettra à maman de s'en occuper.
- Tiens, dit Nicolas subitement tout sourire, madame Dupont est devenue "la mère de Stéphanie" maintenant?
- Oui et je lui ai d'ailleurs remis une carte de visite. J’espère qu'avec celles que j'ai distribuées aux profs de danse dans les différents forums d'associations des villes alentours, je vais rapidement me créer une clientèle.
- ANNE
- NICOLAS
- Ptite sœur tu es une artistique. Tu as une hypersensibilité naturelle. En mettant une carapace sur ton cœur tu vas à l'encontre de ta nature. Bien sûr tu ne souffres pas mais tu n'es pas heureuse. Et pire, l'étincelle qui était en permanence dans tes yeux avant, je ne la vois plus que quand tu danses…

(Silence)

- … et quand, en juin, tu as parlé de la variation interprétée par Stéphanie. Comme c'est elle qui l'a créée, tu vas pouvoir la côtoyer régulièrement si elle accepte de chorégraphier ta variation libre.
- Elle est hétéro et en couple.
- Comment tu le sais? Et tu n'as pas nié, dit-il en dansant tout autour de sa sœur et en profitant pour la chatouiller afin la dérider un peu.
- Le soir de son gala, quand on discutait avec Chloé et Marianne, j'ai vu un jeune homme l'enlacer et l'embrasser à la sortie des coulisses.
- M… , mais tu sais, les choses changent. En travaillant avec elle, tu auras peut-être une bonne surprise.
- Encore faut-il qu'elle l'accepte.
- C'est bien tu te remets à espérer. Bon je crois que là on a fini, si tu n'as plus besoin de moi, j'ai ma chère et tendre qui m'attend.
- Merci Nico, tu es un frère génial. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.
Soudainement plus sérieux et plus tendre, Nicolas prend sa sœur dans ses bras. Après un long câlin et un baiser sur son front, il relâche Anne et part rejoindre sa dulcinée.

Point de vue général.
Lundi soir fin du cours de danse.

- Anne, Nicolas et Stéphanie, je vous ai demandé de rester après le cours parce que j'ai un grand service à vous demander.
- Maman tu as un problème?
- Pas vraiment. Voilà le forum des associations de cette année a été un fiasco tant au point de vue de l'information au public que de son organisation en elle-même.
- C'est vrai que c'était stupide de le faire dans le gymnase le plus éloigné du centre-ville, perdu dans les champs.
- Tout à fait d'accord, le nombre d'inscrit est en chute libre. C'est pourquoi toutes les associations artistiques ont décidé de présenter un petit spectacle dans 3 semaines. Et j’aimerais que vous trois, vous représentiez notre école de danse.

(Silence)

- C'est une très bonne idée Madame. Moi je ne pourrais danser qu'une petite variation pas trop compliquée, car je n'ai hélas que peu de temps disponible. Mais je suis sûr que si Stéphanie acceptait de créer un duo pour Anne et elle ce serait un triomphe.

Madame Dupont les yeux étincelant d'espoir se retourne vers les deux filles qui ne peuvent qu'accepter. Elle rajoute alors:

- Nicolas, je te ferais ta variation mercredi prochain. Anne et Stéphanie, je vous mets cette salle à disposition tous les soirs de 19 à 22 heures jusqu'au samedi du spectacle. Sur quoi voulez-vous danser?
Et comme une seule femme, elles répondirent ensemble :
- La musique de la scène du balcon de Roméo et Juliette de Prokofiev.
Madame Dupont en est étonnée, Nicolas a un grand sourire et les deux filles rougissent."

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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 18:33

CHAPITRE 4
"Pendant les dialogues, les pensées du personnage dont c’est le PdV sont en italique

Point de vue d'Anne
Lundi soir après le cours de danse dans la voiture des jumeaux.

- POURQUOI AS TU FAIS CETTE PROPOSITION ?
Et depuis quand es-tu trop occupé ?
Tes cours commencent en octobre !
- Calme-toi petite sœur.
- Je suis l'ainée.
- De 10 minutes et j'ai 12 cm de plus que toi donc j'ai 2 de plus que toi pe-ti-te sœur.

A chaque fois qu'il dit une bêtise comme ça, il sait que je ne peux qu'en rire et qu'alors je suis incapable de rester en colère contre lui. GRRR!!!

- Tu as toujours été nul en math cher frère. On ne peut pas additionner des poireaux et des carottes. Et ce n'est pas en disant des bêtises que tu vas me faire oublier ma colère.

Maintenant, je suis sure qu'il va jouer l'offensé.

-Quoi ! Tu es en colère contre moi, alors que je me suis arrangé pour que tu puisses savoir, si Stéphanie peut te faire une belle variation pour ton EAT et si travailler avec elle t'est possible !

Je suis sur le cul, il l'a fait pour m'aider.

- En plus, cela ne va pas être une corvée puisque c'est sur la scène du balcon, que vous avez choisi en même temps, c'est surement un signe d’intérêt partagé.

J'ai été super-contente et surprise quand on a répondu en même temps.

- Comme tu vas être seule avec Stéphanie 3 heures par jour pendant plus de deux semaines et demi, tu auras tout le temps pour mieux la connaître et découvrir vos autres passions communes.

Voilà, je m'en doutais. Mais je ne suis pas prête. Non, ne pas pleurer surtout rester forte.

- Je m'en doutais que c'était pour ça ta proposition.

Pourquoi on ne roule plus et pourquoi suis-je dans les bras de Nicolas ?

-Anne tu dois savoir et ne plus rêver. Apprends à la connaître, vois si tes sentiments sont réels ou un fantasme dû à un coup de foudre chorégraphique. Ensuite la côtoyer te permettra de savoir si elle partage tes sentiments, s'il y a une chance qu'il y ait réciprocité ou non. Dans tous les cas, sentimentalement et artistiquement, tu seras fixée dans trois semaines.
- Je sais que tu as raison mais j'ai peur car l'espoir et l'illusion sont quand même réconfortants.
- Oui mais pendant que tu restes enfermée dans ta tête, tu ne vis pas. Plus cela dure plus le réveil sera difficile et douloureux.
- Oui
- Et t'imagine si vous avez un bébé ce sera à coup sûr une danseuse étoile chorégraphe, Sylvie Guillem avec la barbichette de Maurice Béjart.
- Idiot

(Silence dans la voiture)

- Merci Nicolas, jamais je n'aurais osé l'aborder. J'ai passé mon lundi à me torturer le cerveau pour trouver comment lui demander pour la variation libre. Maintenant ce sera plus facile. Enfin, j'espère.


Point de vue de Stéphanie
Le même soir, dans la chambre de Stéphanie

Il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux …
Une danse avec ma belle Anne suffit, oh oui!

Que je chante faux, heureusement qu'Anne m'entends pas sinon elle fuirait d'horreur,hahaha!

Eureka ! J'ai trouvé la partition de la musique. Maintenant plus difficile, il me faut plonger dans l'inconnu et dans mon énorme coffre de pirate où tous mes CD sont rangés. Ça y ai je l'ai ! J'avais commencé à chorégraphier quelque chose quand j'ai découvert le ballet. Voilà! Mon cahier de chorégraphie.
Surtout, ne croyez pas que ma chambre est un vrai capharnaüm, il y a juste plus de contenu que de contenant. Donc elle ressemble plus à celle des enfants gardés par Mary Poppins avant son intervention magique qu'après, mais comme je peux mettre un pied devant l'autre, je dirais plutôt un bazar organisé.

Bon, qu'est-ce que j'avais pondu à l'époque? Dieu, que c'est mauvais. Tiens c'était juste au moment de ma maladie, il y a déjà 8 ans. Hihihi j'avais pensé à un pas de deux avec un garçon. Si mon moi de l'époque voyait avec qui je compte danser sur ce que je considère comme la représentation musicale de la réunion de deux âmes sœurs elle serait …

(Long silence de réflexion)

… complètement d'accord avec moi. Peut-être qu'en ce moment je ne suis pas objective, que mon euphorie n'est là que pour ne pas pleurer ma rupture mais honnêtement cela m'importe peu. J'ai envie de profiter du bonheur d'être heureuse. Cela ne fait aucun mal.

Par quoi commencer? D'habitude, je fais mes chorégraphies pour des personnes dont je connais le niveau en danse et les capacités physiques. Lors des deux cours en compagnie d'Anne, j'ai tellement évité de la regarder pour ne pas me trahir que je ne sais rien d'elle. Je me demande si elle aime la musique classique et le fantastique. J'aimerais bien aller avec elle voir un film, aller au resto pour discuter et mieux la connaître. Quels films aime-t-elle? J'espère qu’elle n'est pas anorexique car souvent les danseuses ont un problème avec...

Mais ce n'est pas un peu fini avec les digressions, j'ai une chorégraphie à créer. Comme je ne peux pas être précise dans le choix des pas, je définis d'abord les déplacements. Tiens, je vais donner à la danse la forme d'un duo avec des moments où l'on dansera en miroir et d'autre où ce sera des solos. La musique détermine les mouvements : quand elle est douce ce sera un adage ; quand elle est rapide, des sauts. Grace au CD et à la partition, je repère minutieusement les différentes parties, je compte le nombre de mesure, division de la partition par groupe de temps et attributs les passages solos en étant équitable. Une fois l'organisation de la danse établie, je chorégraphie mes solos et ébauche les duos et les parties où Anne est seule. La finalisation de l'ensemble se fera avec elle.

Si j'osais, je rajouterai des rapprochements ce qui ferait ressembler plus à un pas de deux amoureux mais autant cela va de soit entre un garçon et une fille autant c'est problématique entre deux filles. Surtout que c'est pour un forum des associations bis pour attirer des élèves, je ne peux pas poser de problème de recrutement à ma mère. Dommage !

DRRRRIINGGGGGG
Il est 7 heure et vous écouté France Info…

Quoi ? Déjà ? Et je n'ai même pas travaillé pour mes cours. De toute façon c'est trop tard, allez, à la douche. Que ça fait du bien, je passerais bien des heures comme ça. Ce soir, 3 heures seule avec Anne, comme je n'envisage pas une seconde de la séduire physiquement, même si elle aime les filles, mon seul atout c'est la danse.


Mardi soir dans le vestiaire

- Tu as l'air aussi fatiguée que moi, Anne ? Toi aussi, tu as fait une nuit blanche?
- Non, aujourd'hui c'était l'ouverture du magasin d'affaire de danse que j'ai créé dans la dépendance du salon de thé de ma mère.
- Tu as créé une boutique ! Waouhhh , je suis épatée !
- Tu sais, moi, je me suis contentée de choisir les affaires. C'est ma mère qui s'occupe de tout le reste.
- Je sais maintenant où trouver mes affaires.
- J'en serais ravie, enfin je veux dire que tu viens quand tu veux.

(Instant de silence mal à l’aise)

- Et toi, Stéphanie, pourquoi es-tu fatiguée?
- J'ai passé ma nuit à travailler sur la danse.
- La nuit entière !
- Bah oui, c'est notre première danse donc il fallait que tout soit parfait.

(Et un nouveau silence mal à l’aise)

- Anne si on commençait.


Point de vue de Stéphanie
Dans la salle de danse

Faudrait vraiment que maman investisse dans une sono digne de ce nom. Mais comme je joue pour 90% des cours, elle n'en voit pas l'utilité.

- Et pourquoi es-tu venue voir notre gala en juin ?
- C'est parce que Chloé, ma cousine, dansait et cela faisait depuis Janvier qu'elle nous suppliait, mon frère et moi, de venir. Elle est experte en yeux craquants façon chat potté, donc on est venu.

Quoiiiii ?

- Attend. Chloé ? La brune du cours des petits ?
- Je pense, elle a 6 ans. Stéphanie que t'arrive-t-il?

Non, ce n'est pas possible!

- Tu es La Anne dont elle parle tout le temps ? La Danseuse qui a arrêté l'école de l'opéra de Paris, la meilleur école de danse du monde, pas parce qu'elle s'est fait débarquée à cause d'un niveau trop faible, mais qui, au contraire, est partie d'elle-même à 15 ans parce qu'elle ne voulait pas que l'ambiance "pourrie" lui enlève le plaisir de danser?
-Oui, c’est moi.

(Silence)

Ce n'est pas possible. Moi qui pensait la séduire grâce à la danse et à mes chorégraphie, c'est fichu. Elle est dans une autre catégorie. Avec mes raideurs et mes défauts techniques, je suis ridicule. Je ne vais plus pouvoir danser devant elle, j'ai trop honte. Et comment lui montrer ce que j'ai imaginé ? Elle va être atterrée, trouver ça simpliste. Cela va être le double effet kiss cool : honte en tant que danseuse et honte en tant que chorégraphe. Mes chances de l’intéresser, de la séduire et d'être avec elle, sont nulles. A côté d'elle, je ne suis qu'une amatrice débutante dans le seul domaine que je pensais suffisamment maîtriser.

Pourquoi Anne s'approche de moi et pose ses mains sur mon visage? Pour essuyer mes larmes ? Je pleure !

Je n'ai jamais rien ressentie d'aussi intense. La chaleur des mains de ma belle Anne et son merveilleux parfum à la vanille m'emporte dans un paradis de sensation.

- Danser avec moi t'es insupportable, je vais demander à mon frère de me remplacer.

L'horreur absolu me ramène à la réalité. Anne pense que je la rejette et le ton de sa voix me prouve sa tristesse.

- Nonnnnnnnnn. Anne , c'est avec toi que je veux être. Je veux dire c'est avec toi que je veux danser, enfin ma mère nous a demandé de danser ensemble.
- Tu es sûre ?

Bien sûr que j'en suis sure. J'ai rêvé de ça toute la journée. Mais là, c'est foutu. Je suis trop nulle pour elle.

- Bien sûr, mais je pense que n’étant pas de ton niveau, il faudrait que tu danses avec ton frère et moi je referais ma chorégraphie du gala de Juin. On a qu'à rentrer vu qu'on est fatiguée. Je parlerai à ma mère.


Point de vue d'Anne

Pour la deuxième fois de la soirée et contrairement à ma nature timide, je réagis devant l'évidente détresse de l'élue de mon cœur et sans le vouloir consciemment en plus. Maintenant j'en suis sûre, ce n'est pas un simple coup foudre chorégraphique. La réaction de mon corps, ou plutôt de mon bas ventre, au contact de la joue de Stéph ainsi que mon besoin viscéral de la consoler, de la prendre dans mes bras est des plus clairs.

Qu'est-ce que je fais ? Pourquoi j'avance vers Stéphanie?

J'ai encore le besoin impérial de la rassurer, de lui dire tout le bien que je pense d'elle. Le contact avec son épaule est wahoou ! Presqu’aussi enivrant que ses joues. ANNE, SOUFFLE ET REPREND TOI. Voilà, c'est fait. Maintenant courage et en piste:

- Stéphanie, je vais être honnête avec toi. Je suis dans le cours de danse de ta mère parce que j'aimerai que tu chorégraphies la variation libre que je présenterai à l'EAT en Juin. Donc, je ne considère aucunement que tu n'es pas de "mon niveau". Et comme je t'ai dit samedi, je t'ai trouvée vraiment très bien en Juin.
- Comment peux-tu trouver ce que j'ai dansé en Juin très bien ? Toi qui as connu l'excellence.

Elle rougit! Qu'elle est belle ainsi. Anne c'est pas le moment de l'admirer, tu dois la convaincre sinon elle va fuir.

- Crois-moi. Honnêtement, te confier ma variation de l'EAT, n'est pas une preuve suffisante?
- Si. Mais je ne sais pas si je vais pouvoir accepter cette énorme responsabilité.
- Je te propose que nous reparlions de l'EAT après ce gala. Concentrons-nous sur ce premier objectif, d'abord.

Qui ne dit mot consent. Donc l'estoc final :

- Si tu me montrais le résultat de ta nuit blanche ?"

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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 19:04


CHAPITRE 5
Mardi soir, dans la salle de répétition.


- Si tu me montrais le résultat de ta nuit blanche ?"


Stéphanie se dirige vers Anne et en l'embrassant dans le cou pour profiter de son enivrant parfum à la vanille, elle lui enlève son justaucorps. Ses mains caressent la peau douce comme du satin de la belle danseuse en descendant le vêtement qu'elle laisse choir sur le sol pour s'intéresser au collant, le dernier rempart. Mais Anne, après s'être noyée dans le plaisir infini du baiser doublé des frissons dus aux mains de la chorégraphe, réagit en déshabillant à son tour sa partenaire. La jeune femme préfère accompagner la descente lente mais inexorable du tissu par une multitude de baisers lui permettant de goûter au velouté de la peau de son amante.

Torse nu, les deux âmes sœurs se font face et se noient chacune dans le regard de l'autre pendant ce qui leur semble une éternité.
Brusquement et en même temps, elles se jettent l'une sur l'autre dans une étreinte sauvage, passionnée et violente. Enfin, leurs bouches entrent en contact pour s'avouer tout leur amour.

Ce baiser est l'acceptation de leur sentiment.
Ce baiser est leur déclaration d'amour.

Maintenant qu'elles sont ensemble, elles ne font plus qu'une. Elles peuvent s'aimer en prenant leur temps.
Le ballet de leur langue est rythmé par leurs gémissements. L'intimité et l'intensité des sensations irradient dans leur bas ventre.
Très vite, il leur faut satisfaire leurs autres sens.

Chacune glisse ses doigts sur la peau de l'autre, dessinant de complexes circonvolutions, voyageant du visage au sein. Là, le mamelon attire et fascine chaque doigt avant que le nombril soit le nouvel objectif irrésistible.
Le baiser se transforme en exploration du goût de la peau de l'autre.

Anne commence par goûter le lobe de l'oreille puis le cou pour terminer sur le téton qu'elle embrasse, mord et lèche. Stéphanie sent monter son premier orgasme. Elle emprisonne la tête de son amante avec ses mains pour qu'elle continue. Le flot de plaisir passe, elle l'attire à elle et l'embrasse passionnément. Après ce baiser, pantelante, Anne se laisse allonger.

Stéphanie explore alors le nombril de sa belle avec sa langue avant de remonter lentement vers le sein droit. Elle excite le téton puis créant la frustration passe lentement au gauche. Ne résistant plus à cette douce torture, son aimée lui capture la tête pour qu'elle reste en place et lui permette d'arriver au nirvâna. Le gémissement ne tarde pas et avec lui, l'extase.

Enlacées, les jeunes femmes profitent du contact l'une de l'autre.

Mais très vite, le désir reprend le dessus. L'urgence de celui-ci les contraints à déchirer le collant de leur partenaire dans un acte brutal et jouissif de pure violence.
Une fois nue, elles s'admirent enfin et comprennent que l'autre est bien la plus belle chose au monde. De cette pensée, elles sont submergées par un raz de marée d'amour entraînant une pulsion sexuelle impérieuse de goûter l'autre, de la faire jouir mais aussi jouir d'elle.
Dans un ensemble, chacune honore l'intimité de Sa Femme. La saveur exquise leur tourne la tête. Les sensations que leur moitié leur procure les liquéfient, les enflamment et les amènent au plaisir ultime.
Amoureuse et satisfaite, elles s'endorment dans les bras l'une de l'autre.


Point de vue de Stéphanie
Dimanche matin, chambre de Stéphanie


- Anne !

Non, ce n'était qu'un rêve.
Et dire que pendant les cours, j'ai de grande difficulté à me concentrer, mon esprit part toujours vers des danses sensuelles qu'elle exécute pour mon plaisir.
En plus je me surprends à écrire des acrostiches sur son nom.
Lors des répétitions, j’espère un faux mouvement de sa part pour pouvoir jouer les chevaliers blanc en la secourant.
Et maintenant, ce rêve me montrant le plaisir que ce sera de faire l'amour avec elle. Car dieu que c'était wahouuuuu!!
(long silence)
Il serait peut-être temps que j'accepte mes sentiments, réellement. Que je ne cherche plus d'excuse dans une hypothétique fuite en avant pour ne pas souffrir de ma rupture. Je ne souffre pas. Je l'aimais comme un ami et il reste un ami.
Soyons honnête j'aime Anne.
Que ça fait du bien de le dire. Je me sens plus légère.
Maintenant il faut que j'arrive à me déclarer et que ce soit réciproque. Je ne sais pas "draguer" mais je suis sûr que si je pouvais danser un pas de deux avec elle cela m'aiderait grandement.
Bon, je réfléchirais à ça plus tard ma mère m'attend.


Point de vue d'Anne
Dimanche matin, chambre d'Anne


- Stéphanie !
Non, ce n'était qu'un rêve.
Attend, j'ai rêvé que je faisais l'amour avec Stéphanie !
Après le "coup de foudre chorégraphique" en juin, comme dit Nico.
Ma tendresse extrême face à sa détresse mardi soir, je me suis retenue de la prendre dans mes bras.
Ce rêve érotique !
je ne me comprends plus. Ce pourrait-il que je l'aime avec un grand A?
(long silence)
Je l'aime?
Bon, je réfléchirais à ça plus tard ma mère et mon frère m'attendent.

Point de Vue de Stéphanie
Dimanche matin, cuisine familiale, avec sa mère.


- Bonjour mam
- Bonjour chérie bien dormi?
Ne pas rougir, surtout ne pas rougir. Le fémur est un os long. C’est l'os de la cuisse.
- STÉPHANIE ça va? Tu n'as pas l'air dans ton assiette ? La nuit a été mauvaise?
- Ooooooooh non, au contraire.

Maman fronce les sourcils, je dois avoir un sourire d'une oreille à l'autre.
Enchainer vite :

- Je veux dire que ça fait longtemps que je n'ai pas dormi aussi bien.
- Comment ça se passe avec Anne?
- Elle est merveilleuse. Son niveau en danse et sa souplesse sont époustouflants. Au départ, je ne savais pas quel enchainement lui faire, car je ne la connaissais pas. J'avais compté ma musique et prévu les déplacements.
- Dis donc, tu deviens une vraie chorégraphe. Fini le temps où tu arrivais les mains dans les poches en ayant juste écouté ta musique.
- Eh, maman, je ne l'ai fait qu'une fois en plus j'étais la seule à danser. Après, surtout quand tu m'as confié des groupes, j'ai toujours fait comme ça!
- Je sais stéph. C'est que j'oublie souvent que tu n'es plus la gamine de 15 ans qui m'a harcelée pendant tout un été pour faire sa chorégraphie pour le gala prochain et qui le jour de la répétition n'avait rien préparé.
- Peut-être mais je m'en suis sortie.
- Oui mais au lieu de me faire gagner du temps, tu m'en avais fait perdre beaucoup.
- Je sais. C'est pour ça qu'après cet épisode, tout était toujours super préparé.
- J'ai bien vu qu'elle a un très bon niveau dans les cours.
- Ça tu peux le dire. J'ai fait la chorégraphie directement pendant la répèt' avec elle. C'est super facile et agréable. Tout vient naturellement. Elle connait la musique aussi bien que moi. J'ai l'inhabituelle tache de devoir restreindre ces levés de jambes pour conserver l'harmonie de notre duo.
- Je comprends ton étonnement et ton plaisir, avec les autres élèves il faut toujours les pousser.
- J'aimerai dévier vers un pas de deux pour pouvoir profiter des superbes arabesque d'Anne en la tenant.

Ainsi j'ai un prétexte pour la toucher, et surtout pour être plus intime.
- Tu sais ce que tu veux faire est loin d’être simple. Il faut beaucoup de travail avec son ou, dans ton cas, sa partenaire pour avoir la complicité et les automatismes nécessaires et tu n'as plus qu'une semaine et demie.

Être complice avec Anne, le rêve.
- Maman, si l'idée ne te choque pas, je voudrais essayer au moins pendant une soirée. Ainsi quel que soit le résultat on aura suffisamment de temps pour finir.
- C'est bien réfléchi!
- Merci.
- Stéphanie, pourquoi cela me "choquerait" ?
- On est deux filles et si on danse un pas de deux c'est un peu de l'homosexualité.
- Hahahahahahah, ma chérie, j'ai dansé avec beaucoup de monde et je ne suis pas tombée amoureuse de mes partenaires.

Elle m’énerve quand elle me prend pour une gamine
- Ce n'est pas ce que je dis mais comme c'est pour recruter des élèves. Le pas de deux entre deux filles ne va-t-il pas choquer les parents ? Surtout que l'homosexualité colle un peu à l'image de la danse.
- Tu as raison pour les garçons c'est souvent ce qui les fait arrêter vers 10 ans. D'accord j'ai besoin d'élèves, mais si les parents sont coincés à ce point je dirais que je n'ai pas vraiment envie de les côtoyer. Tu sais Stéph je n'ai jamais compris l’intolérance et j’espère ne jamais l'être. Et je peux t'assurer que ton père est aussi tolérant sur ce point et tes deux frères n'ont pas intérêt à penser différemment.

Mais de quoi elle parle?
Je peux finir en pas de deux ou non?
- Donc cela ne te gêne pas?
- Bien sûr que non.

Youpi yahooooooooooo!!!
Ne pas sauter partout. Surtout ne pas bondir dans toute la cuisine et contrôler le sourire idiot.
Je vais faire un pas de deux avec Anne, celui de Roméo et Juliette en plus !
On en est arrivé où au niveau de la musique hier?

- Stéph, quelle est la couleur des yeux d'Anne ?
- Bleu saphir.

Pourquoi j'ai répondu si vite? Pourquoi elle a posé la question?
- Pourquoi tu me demandes ça?

ELLE AURAIT PAS DEVINE!!
- Pour choisir un costume.

Logique, ouf elle ne sait pas.
- Tu sais moi le justaucorps et le collant me suffit.
Je me suis inquiétée pour rien.

- Et comme couleur tu verrais quoi?
- Avec ma faiblesse chromatique, moi et les couleurs, on n’est pas forcement amis.

J’ai été piégé !
- C'est vrai, j'avais oublié.

Mais bien sûr.
C’est sûr, elle sait. J'aurais pas dû répondre si vite pour la couleur des yeux.

- Merci mam' pour ce bon petit déjeuner. Je vais envoyer un sms à Anne pour lui demander si elle est d'accord pour terminer en pas de deux. Et après anat et chorégraphie.

J'embrasse ma mère et juste au moment où je passe la porte, elle ajoute tout doucement :
- Chérie essaie de rester soft, ne finis pas comme Mc Millan.
Là, j'en suis sûre elle a compris. Courageuse je préfère fuir dans ma chambre.

Vous ne comprenez pas ?
Le pas de deux de Mc Millan se fini par un baiser.


Point de vu d'Anne
Dimanche matin, dans le salon de thé


- Bonjour maman, bonjour Nicolas.
- Bonjour chérie
- Bonjour ptite soeur, tu n'es pas en barboteuse et chausson titi ce matin.
- Non

J'ai dû prendre une douche et mettre dans la machine à laver mes draps et ma chemise de nuit tellement ils étaient trempés.
- Chocolat ?
Hein ? De quoi il parle? Ha oui !
- Oui s'il te plait Nico et des croissants.

On mange tranquillement quand les hostilités commencent.
- Chérie comment fais-tu pour garder la ligne en mangeant tant? demande maman
- Oui Anne, comment se fait ce que tu aies une mine de papier mâchée? Tu as encore fait des folies de ton corps toute la nuit.
Comment il sait?
Pff c'est encore une de ses blagues.

- Non, moi, je dors la nuit. Il se trouve juste que 6 heures de danse par jour plus le magasin me fatigue un peu et cela me permet d'éliminer mes petites gourmandises.
Je suis trop forte en excuses. Là il n'y a rien à redire puisque c'est vrai.
C'est bizarre cette réflexion me fait penser à quelqu'un mais je ne sais plus qui?

- Et comment cela se passe avec Stéphanie? demande Nicolas
Trèssssssssssssssss bien !!!
Surtout cette nuit hihihi
Un peu de tenu voyons Anne.
Où est passé la sérieuse jeune fille?
Dans la machine à laver hahah avec ma petite culotte et pourquoi ils me regardent avec ses grands yeux ? Je n’ai pas parlé à voix haute quand même?

- Ouuuh Anne, ici la terre, j'appelle la lune, ironise mon frère
- Désolée, je dois être encore plus fatiguée que je ne le pensais.
- Chérie tu es sur que tu n'en fait pas trop? Tu sais je peux m'occuper plus de la boutique si tu es épuisée.
Avec mes digressions et mes rêves érotiques, j'ai réussi à inquiéter ma mère et à la faire encore plus culpabiliser. Bon arrangeons ça :

- Ne t'inquiète pas, maman, je gère très bien. Il suffit que je me repose encore cet après-midi et tout rentrera dans l'ordre.
- Nicolas tu en es où avec ta chérie?
- Toujours l'amour parfait, on attend le début de la fac en travaillant au fast food, ma chère .
- Je t'ai dit la semaine dernière que tu devais l'inviter pour me la présenter, lui rappelle notre mère.
- Alors Nico, quand amènes tu Christine pour La Question ?
- ANNE MELIANA, IL S'AGIT D'UNE CONVERSATION PRIVÉE ENTRE TON FRÈRE ET MOI.
- Oui maman, pardon maman.

Après que tout le monde ait fini, Nicolas reprend la conversation :
- Alors et ces répèts avec Stéphanie?
- Elle est merveilleuse. Lundi elle est arrivée avec toute la musique comptée. Elle utilise la partition pour repérer les excentricités de Prokofiev et ainsi le comptage des mesures est toujours parfait. Elle avait en plus déjà déterminé tous les déplacements et l'attribution de la musique.
- Une pro quoi.
- Tout à fait Nico. Et vous savez qu’elle a été sa réaction quand elle a appris que j'avais fait l'école de l'opéra ?
- J’espère qu'elle ne s'est pas permise de propos déplacés comme tes anciennes camarades de cette soi-disant école.
- Au contraire maman, elle se sentait pas du tout à la hauteur et était en train de tout ranger. Elle en a même pleuré. J'ai d'abord cru qu'elle régissait comme les autres. Je lui ai même dit que je pouvais demander à Nicolas de me remplacer et là devant sa réaction, j'ai compris que jamais elle n'avait voulu me rejeter et que l'idée même lui était insupportable. Ensuite une fois le malentendu passé, les répétitions ont été. Comme elle ne connaissait pas mon niveau, elle a fait la chorégraphie directement pendant la répèt' avec moi. Cela semblait super facile et agréable. Tout lui venait naturellement. On était comme en communion.
- Anne, invite la, je veux rencontrer la personne pour qui tes yeux étincellen.

Qu’est-ce qu'elle raconte?

- MAMAN, QU'EST CE QUE TU RACONTES ?
- ANNE MELIANA NE PARLE PAS A TA MÈRE DE CETTE FAÇON!!!

C'est la deuxième fois que je me fais engueuler aujourd'hui, ce rêve m'a drôlement secouée. Et c'est peu de le dire car je ne me souviens pas de la dernière fois.
- Je suis désolée maman, mais peux-tu préciser ta pensée quant à la soi-disant étincelle dans mes yeux, s'il te plait?
- Anne tu es amoureuse de Stéphanie.

Comment elle le sait je n'en suis pas sur moi même ?

- Je ne sais pas.
- Mais bien sûr petite sœur.
- NICOLAS GASTON ceci est conversation entre ta sœur et moi tu n'as pas à intervenir.
- Oui maman
- Ma chérie, prends ton temps pour l'accepter mais je peux t'assurer que tu es amoureuse et je veux rencontrer l'heureuse élue.
- Mais maman, on est pas ensemble, elle a un petit copain.
- Ne cherche pas d'excuses et invite-la."

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wolfgangamadeusmozart



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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 19:39

CHAPITRE 6
Point de vue d'Anne
Juste après la discussion avec sa mère, dans sa chambre.


J'entre en trombe et tombe sur mon lit, totalement dépitée : Inviter Stéphanie ?

Et je fais comment moi :
Bonjour Stéph, ma mère a vu des étincelles dans mes yeux quand je parlais de nos répèts et elle en a déduit que je t'aimais donc elle t'invite au salon de thé pour t'interroger façon inquisition.

Ou encore:
Salut beauté, ma mère voudrait discuter avec toi pour déterminer les modalités de notre mariage. Pour ce faire, elle t'invite au salon et ne t'inquiète pas, les instruments de dentiste que tu verras à côté de la table c'est pour la torture pas pour tes dents.

Mieux:
Chérie pour voir les modalités du baptême de notre troisième enfant, maman voudrait te voir chez elle et tester sur toi les cours qu'elle a pris à Guantanamo.

Bon comme je ne trouve pas d'idée passons au problème numéro un :

Que ressens-je pour Stéph? Comment on détermine si on est amoureux? Est-ce que le fait de penser tout le temps à Stéphanie est un signe?
Bon est ce que je pense à elle tout le temps?
Le soir, je suis avec elle donc évidement je pense à elle.
Le reste du temps, c'est vrai que je suis toujours dans la danse classique donc ses beaux yeux marron noisette sont toujours un peu là.
Il faudrait peut-être que je change d'environnement.

J'EN AI MARRE!!

Toc toc toc
Tiens, j'ai dû parler trop fort.

- Entre Nicolas.
- Comment tu sais que c'est moi ?
- As-tu déjà vu maman attendre après avoir toqué ?
- Non, t'as raison.
- Tu voulais me parler?
- Je venais voir si tu allais bien, si l'invitation de maman, te posait pas trop de souci.
- Evidemment que cela m'en pose. Je ne sais pas mes sentiments pour Stéph, que je connais que depuis une semaine et il me faut l'inviter pour que ma mère… Nicolas tu sais pourquoi maman veux voir Stéphanie et Christine ?
- Sûrement pour les connaître, parce qu'elle a compris qu'elles nous étaient vitales.
- Nico je ne sais pas ce que j'éprouve pour Stéphanie. La danse a toujours été mon unique préoccupation. Je ne me suis jamais intéressée aux relations humaines. Comment je sais, moi, si je l'aime?

Mon portable sonne, je vais le prendre sur ma table de chevet. Chouette un message Stéph, j'espère que ce n'est pas pour annuler demain. Ouf non, elle me demande si cela me dérange si notre danse se finit par une sorte de pas de deux. Je suis trop pressée pour lui répondre par SMS et c'est sans vraiment y penser que je l'appelle.

J'en prends vraiment conscience quand j'entends le allo de mon téléphone. J'y réponds précipitamment et s'en suit une conversation animée sur toutes les possibilités chorégraphiques entrecoupée de référence aux pas de deux mythiques pour nous de Mac Millan. Une fois raccrochée, je me retourne vers Nicolas qui tout sourire regarde son téléphone.

- Toi aussi tu as reçu un message de ta chérie?
- Donc Stéph est ta chérie? Non je regardais la vidéo que j'ai prise de toi quand tu parlais avec Stéph. Regardes ce sourire béat et ces étincelles dans les yeux.
Je prends son téléphone et je suis obligée d'en convenir mais une chose m'ennuie toujours :
- Et si c'était la danse toutes ses manifestations. Tu as dit toi-même, en juin, que j'étais pareille quand je suis sur scène. Je me demande si mon intérêt pour Stéph vient de notre passion absolue pour la danse et de notre proximité pendant les répèts.
- Anne, tu sais déjà ce que tu ressens pour Stéphanie. Il faut simplement que tu t'écoutes en faisant abstraction de tout le reste.
- C’est facile à dire.
- Surtout à une fille qui a besoin de sa mère pour prendre conscience qu'elle est amoureuse

Je vais pour répliquer mais Nico me devance :

- Désolé à une fille qui doit réfléchir si par le plus grand des hasards, il y aurait la possibilité d'un commencement d'une once de sentiment pour la personne que tu appelais il y a moins de 5 minutes "ta chérie " ! Anne ce n’est pas comme si tu devais élaborer une théorie devant replacer la mécanique quantique !

Et là je craque et fond en larme

- Je ne sais pas ce que c’est l'amour.
Le travail pendant des heures à la barre ou au milieu à répéter jusqu' à s'évanouir de fatigue ou de douleur, je connais.
Être sur scène, tout donner pour la chorégraphie en faisant abstraction de la souffrance et des soucis pour que le public soit satisfait, je connais.
Être avec toi et les parents c'est normal.
Mais je ne sais pas faire confiance aux autres, je ne sais pas m'ouvrir aux autres, je ne sais pas ou ne sais plus ressentir.
Donc comment veux-tu que je sache si j'aime Stéphanie?
Et comme toujours quand je vais mal, Nicolas devient mon chevalier blanc :
- Anne, je suis désolé. J'oublie toujours que tu n'as pas eu la même vie que moi. Je pense que si cet après-midi tu vas faire le tour du lac et que tu réfléchis en te focalisant uniquement sur Stéphanie et ce qu'elle te fait ressentir en bloquant tout autre considération, tu auras ta réponse.
- Tu crois que c'est si simple ?
- Anne tu as la réponse dans ton cœur, il te faut seulement court-circuiter tes mécanismes de défenses. Plus d'excuse, juste ce qu'elle te fait ressentir, ce que sa présence ou son absence te fait.
- Bon j'irais après le déjeuner. Mais là, j’ai une heure de danse ensuite je dois faire le réassort pour la boutique et après je prends une bonne douche, à tout à l'heure Nico.


Point de vue de Stéph
Juste après le petit déjeuner dans la salle de bain


Après toutes ces émotions, je prends une longue douche où j'essaie de faire le point :

Petit un : j'aime Anne.
Petit deux : ma mère l'a découvert.
D'ailleurs ça m'épate et me frustre, je ne me pensais pas aussi transparente. Bon j'en étais ou? Ah oui !
Petit trois : j'ai des rêves torrides où je fais une danse des plus chaudes avec Anne.

Comment va être notre prochaine rencontre?
Je dois absolument ne pas rougir ou bafouiller à ce moment-là où elle me trouvera bizarre.
Après un long moment, je me souviens et m'écrie :
Le pas de deux.

Il faut que je demande à Anne si elle est d'accord. SMS ou appel? SMS c'est moins risqué et elle ne se posera pas de questions. Pendant les répétitions comment rester professionnelle ?
Comment la séduire , ne pas la faire fuir et résister à son merveilleux corps?
Ses yeux me font déjà chavirer comment me contrôler quand j'aurais ses mains sur moi pour qu'elle puisse lever sa jambe le plus haut possible?

M.... Rien que de l'imaginer en collant et justaucorps luisante par l'effort mon bas ventre se réveille. Je coupe l'eau chaude. Le choc thermique est peut-être plus grave mais c'est moins gênant que l'entrée dans la salle de bain de ma mère me demandant de réprimer mes manifestations hormonales. Mais dieu que je déteste l'eau froide. Si ça continue, il va falloir que je trouve une autre solution car c'est horrible comme sensation. Pour l'instant, je m'habille et écrit Le texto.

A peine trente secondes après l'envoi du message, j'entends la sonnerie de mon téléphone. Je décroche par réflexe, sans regarder qui est mon interlocuteur. C'est Anne, heureusement que je ne savais pas avant de répondre sinon l'émotion m'aurait fait chercher mes mots. S'ensuit une conversation passionnante où, après m'avoir assuré de son enthousiasme à l'idée d'un pas de deux, nous échangeons sur les possibilités chorégraphique ainsi que sur Le pas de deux de Mac Millan qu'elle place, elle aussi, au sommet des pas de deux.
En raccrochant, je suis dans l'obligation de constater qu'elle a un très bon goût, le même que le mien, et que décidément, je l'aime. Je ne peux m'attarder sur cette très agréable pensée car je dois travailler mon anatomie et mes pathologies pour mes cours et revoir la chorégraphie pour demain soir.

1 heure plus tard

M ....
M ....
M ....

Je n'arrive à rien. Il m'est impossible de me concentrer, que ce soit sur mes cours ou sur la danse. Après avoir relue 5 fois la description du tibia sans n'avoir rien compris, j'ai essayé avec la tendinite mais je suis arrivée au même résultat. Je suis passée alors à la danse, me disant que ma passion de Terpsichore serait assez forte.

Que nenni, rien n'endigue le flot d'images qui perturbe si magnifiquement mon esprit rendant ma concentration sur tout autre sujet impossible. OUI, le rêve de cette nuit revient par flash me distraire.

Je suis contrainte de reprendre une douche froide pour être présentable, sans orage électrique dans le bas ventre, lors du repas dominical où mes parents et mes deux frères seront présents. La verve de mon père et de mon dernier frère devrait me distraire suffisamment pour tenir à distance mes pensées érotiques. Mais que faire après? Il faut que je travaille moi! Au grand maux, les grands moyens, je vais faire quelque chose que je déteste : aller courir autour du lac."
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 19:51


CHAPITRE 7
" Point de vue d'Anne

Le repas familial se déroule dans une bonne ambiance. Mon père, au courant de l'invitation de Stéphanie par ma mère, semble être très heureux des raisons implicites de sa venue au salon de thé. Mon frère raconte son travail au fast-food et nous fait de mini sketchs aussi bien de ses collègues que des clients. Nous somme hilares. S'il ne réussit pas à être avocat, il pourra toujours se lancer dans le stand up. Moi, je parle un peu du magasin et des répétitions avec Stéphanie, mais pas trop, pour ne pas avoir de réflexions sur d'éventuelles étincelles dans mes yeux. Je termine en annonçant ma promenade autour du lac pour "m'aèrer". Bien sûr Nicolas ne peut retenir un sourire goguenard.

Et là, ma mère semblant horrifiée, me dit que la femme du commissaire lui a raconté, l'autre jour au salon, qu'il y avait une bande de toxico qui se serait installée dans le sous-bois, se trouvant à 500 mètres du lac. Pour la rassurer je lui certifie que je resterais proche du lac et je lui fais remarquer que vu le beau temps, il risque d'y avoir beaucoup de famille donc je ne serais pas seule, perdue et abandonnée. Le repas fini, je monte enfiler un jogging et des baskets et part pour ma grande balade introspective. Mon frère, sur le pas de la porte, me murmure des mots d'encouragement et me dit de l'appeler quand j'ai fini pour qu'il vienne me chercher. Il ose me dire que c'est pour rassurer ma mère mais je sais bien que c'est surtout pour sa tranquillité d'esprit et avoir la primeur de mes réflexions.

Les choses sérieuses commencent.

Quels sont mes sentiments pour Stéph?
Ce que je sais, c'est que lorsque je range des tenues dans le magasin mon premier réflexe c'est de me demander si cela lui irait, si la couleur mettrait en valeur ses beaux yeux marrons aux reflets noisette.
Comme je travaille toujours en musique, il est vrai que lorsqu'il en passe une qui me plait je me demande immanquablement quelle chorégraphie elle me ferait.

Est-ce juste parce qu'elle est ma partenaire de danse, ma chorégraphe en quelque sorte une amie?
Simplement, ai-je déjà ressenti ça pour quelqu'un d'autre?
Non, évidement, j'étais en compétition avec les autres danseuses donc aucun sentiment n’était possible.
Et au lycée, j'ai eu quelque amies mais elles ne comprenaient absolument pas ma passion de la danse qui me faisait m'entrainer plus de 3 heures chaque soir. Je n'ai, moi-même, jamais compris leurs préoccupations : les garçons, la mode et les chanteurs, donc l'entente avec Stéph est pour moi une première.
La même passion pour la danse nous anime mais sans compétition et c'est même le contraire, car quand elle voit une erreur elle me corrige juste pour que j'y arrive, pas pour montrer sa supériorité. Quand je me laisse à faire de même elle en rougit presque, comme si je lui faisais un compliment de m'intéresser à elle.

Je peux danser pour le plaisir sans compétition avec elle, elle est là comme moi pour le public, pour la danse. Sa chorégraphie est équitable à la note près et toujours en accord avec la musique et son thème. Elle n'est pas là pour épater mais pour faire ressentir et c'est comme ça que j'envisage la danse.
Si j'osais je dirai que je me sens en parfaite harmonie avec elle, chose que même mon frère ne me fait pas ressentir.

Mais cela ne suffit pas pour savoir si je l'aime.
Il me reste le plus dur, l'inconnu absolu pour moi : l'attrait physique, le désir charnel.
Qu'est-ce que j'aime dans son physique?
D'abord ses yeux, j'adore leur couleur changeante avec la lumière.
Et son visage joli comme tout.
Oh j'oubliais son corps longiligne qui lui assure la fluidité de ses gestes.
Ce n'est pas possible je repars sur des considérations de danseuse.
Ça y est, je sais, est ce que j'ai envie de l'embrasser ? Comment savoir je ne l'ai jamais fait mais si c'est comme dans le rêve de cette nuit alors la oui plutôt mille fois qu'une.

Mais le désir physique ce n'est pas l'amour.

Pu... Je décris soit l'amie idéale, soit une œuvre d'art, soit une scène de film porno mais en tout cas pas de sentiment, pas d'amour. Je suis malade je ne ressens rien. De frustration et de dépit je m'écris à voix haute:
- J'EN AI MARRE

Et contre toute attente, une voix d'homme me répond :
-Hé connasse, passe-moi ton fric!

C'est à ce moment-là que je m'aperçois que je ne suis plus au bord du lac mais dans les bois. Mon sang se glace, car en me retournant, je vois un homme devant moi me menaçant d'un couteau, je reste pétrifiée par la peur incapable de lui répondre.


Point de vue de Stéphanie

Comme je m'y attendais, l'animation du déjeuner me permet de ne pas penser au rêve de la nuit dernière. Mes frères font leurs études en alternance dans la vente donc ils aiment bien, surtout le plus petit, nous raconter les lubies de leurs clients. Moi je les écoute, car je ne vois pas en quoi mes cours de kiné ou mes répétitions avec Anne peuvent les intéresser. Je raconte quelques petits trucs pour ne pas sembler rester dans mon coin mais rien d'exceptionnel.

Au dessert, j'annonce mon intention d'aller courir autour du lac. J'ai eu raison de le faire à la fin du repas sinon j'aurais été sous le bombardement des questions tout le déjeuner. Là, c'est court mais intense. Mon père s'inquiète de savoir si cette course n'est pas pour maigrir, ma mère et mes frères répondent à ma place qu'au vue de mon bon coup de fourchette habituelle ce n'est pas une de mes préoccupations majeures. Heureusement qu'ils n'ont pas remarqué qu'aujourd'hui mon appétit était en berne. Évidement mon petit frère insinue que c'est pour m'entraîner à rattraper les garçons qui me fuient et ma mère lui donne un coup de serviette en lui disant qu'elle est sûre qu'il sera le premier à passer l'éventuel prétendant à la question pour s'assurer de sa qualité. Mon autre frère rajoute qu'il l'aidera et qu'eux deux vivants ils ne laisseront jamais un idiot me faire du mal. Et avant que je n'intervienne, mon père leur signifie qu'ils doivent impérativement revoir leur technique d'interrogatoire, car ils ont été incapables de détecter la démence pré-sénile de mon ex copain.

Je crois qu'il n’a pas digéré qu'il me quitte avec un simple coup de fil. La larme à l'œil je les remercie tous les trois et rappelle à mes frères que je suis l'aînée et bien assez grande pour me défendre toute seule. Évidement comme à chaque fois que je leur dis ça ils se lèvent et m'attrapent chacun sous un bras , me soulèvent de ma chaise pour me zerbeter la joue.

Quoi vous ne savez pas ce que c’est que zerbeter! Vous n'avez jamais vu le Crosby show? Bon je vous explique, zerbeter c'est faire un bisou en soufflant très fort. C'est désagréable mais dans notre relation, mes frères et moi, c'est notre façon de nous dire qu'on s'aime quand la tension émotionnelle est trop forte. Je crois que si moi, je m'en veux toujours d'avoir accaparé mes parents pendant ma maladie, mes frères ont eu très peur de me perdre et n’ont pas vraiment digéré, même après tout ce temps. Après cette fin de repas chargée émotionnellement, je monte me changer, prends mon Walk-Man avec le cd de Roméo et Juliette dans l'espoir de travailler sur la danse et part au lac en petites foulées.

Évidemment toute la partie déjà chorégraphiée ne pose aucun problème. Ce n'est qu'arrivée à la partie où je dois imaginer notre rapprochement pour permettre à Anne de poser ses mains sur mon avant-bras et mon épaule pour avoir un soutien lui permettant de se pencher et ainsi d'augmenter significativement l'amplitude de sa jambe que les choses dérapent. Invariablement, j'imagine le visage d'Anne se rapprocher du mien pour me donner un baiser enflammé, déclenchant le remake du rêve de cette nuit. Je regrette alors de ne pas avoir pris une bouteille d'eau froide. Je coupe ma musique pour laisser vagabonder mon esprit qui, de toute façon, n'en fait qu'à sa tête.

Est-ce que Anne veut avoir des enfants? Moi j'aimerai en avoir 4. Ce qui serait bien c'est que chacune on ait deux grossesses. FIV ou artisanalement. Je dois avouer que je préférais FIV j'ai des tendances à la jalousie comme toute personne pas sûr de soi.

De tout façon faut attendre les lois sur l'adoption et surtout je n'envisage ça qu'une fois que je serais kiné. D'après ce qu'elle a dit mardi, Anne veut être prof de danse ce qui fait que nous devrions finir à peu près nos études en même temps.
Je me demande si elle veut rester ici ou si elle veut partir en province?
Attends, tu ne sais même pas si elle t'aime que déjà tu imagines ta vie avec elle. Bah oui, c'est trop dur de penser que mes sentiments ne sont pas partagés.

Bon, il va falloir que je trouve un moyen d'au moins essayer de la draguer. Mon dieu que je déteste ce mot, cela me fait toujours penser au chalutier et je trouve ça beurk de comparer ma belle à une dorade. Posons la question autrement : comment amener Anne à considérer une relation amoureuse avec moi comme une évidence? Voilà qui est plus joliment dit. Mais cela ne me donne toujours pas de solution.
Il n’y a pas si longtemps, il suffisait de mettre le prix. Ouais, mais il n'y a pas si longtemps l'homosexualité était considéré comme une maladie psychiatrique. Encore des digressions et pas de solution. Est ce qu'il y a des cours sur internet?

A ce moment, sorti de nulle part, en contre bas, j'ai la divine apparition de ma douce Anne. Automatiquement je pense que je délire, que c'est un mirage que mon cerveau a créé, comme mon rêve de cette nuit. Mais je l'entends crier :
J'EN AI MARRE

Je vais pour signaler ma présence quand retentit :
Eh connasse passe-moi ton fric!

Et j'aperçois un homme dégingandé la menaçant d'un couteau. Mon cœur prend alors la direction des opérations, mettant mon cerveau aux abonnés absents. Je pars alors à fond de train dans la descente en hurlant au misérable individu qui a osé s'attaquer à Anne :
LAISSE MA FEMME TRANQUILLE!!

Tous deux se retournent vers moi. Je jubile en pensant que j'ai enfin le rôle du chevalier blanc sauvant sa dulcinée. C'était sans compter sur l'herbe mouillée et la terre détrempées. La course héroïque se transforme en glissade maladroite. Heureusement j'arrive à l'orienter pour percuter l'agresseur et l'éloigner d'Anne.

Point de vue d'Anne

Devant le couteau, je reste tétanisée de peur, incapable de réagir.
Et là, derrière nous, retentit :
LAISSE MA FEMME TRANQUILLE

Je retourne et voit Stéphanie arrivée en courant. Et la seule chose que mon esprit à assimiler c'est qu'elle m'a appelé sa Femme et cela me ravit au-delà de tout ce que j'ai connu précédemment.

Mais, après la plus grande joie de ma vie survient la pire horreur que je n'ai jamais vécue. Stéphanie glisse à cause de l'humidité du sol et percute à pleine vitesse le porteur du couteau. J'ai bien vu qu'elle avait dirigé sa chute pour l'éloigner de moi, mais, de ce fait, la collision a été frontale donc en plein sur l'arme blanche. Cette pensée qu'il pourrait arriver malheur à mon amour me sort immédiatement de ma torpeur et je me précipite vers l'enchevêtrement de corps.

Point de vue de Stéphanie

Merde, c'est raté pour l'entrée triomphale, au revoir journal de vingt heure bonjour vidéo gag.

Et attend, il avait un couteau. Si jamais il a touché à Anne, je le tue. A cette pensée, je me relève comme un diable sort de sa boîte et me précipite sur Anne pour m'assurer de l'absence de blessure. Ouf elle n'a rien. Je vais pour dire une bêtise pour détendre l'atmosphère quand je vois ma douce, blanche comme un linge, regarder alternativement le sol et mon bas de T-Shirt. Au même moment, je commence à avoir des sueurs froides et à voir trouble. Et merde, j'aurai dû manger plus ce midi avant de courir, je vais faire un malaise vagal après une lamentable glissade. Jamais Anne ne voudra de moi, tant pis elle est saine et ..

Point de vue d'Anne

Je n'ai eu le temps de faire qu'un pas que je vois Stéph se relever d'un bon et venir m'examiner pour je suppose vérifier que je ne suis pas blessée. C'est un amour elle pense à moi avant tout. Visiblement soulagée, elle s'écarte de moi et là, je vois son T-Shirt maculé de sang et sur le sol le couteau dégoulinant du liquide vital. Avant que j'ai pu la rattraper, Stéphanie s'écroule, évanouie."

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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 19:57

CHAPITRE 8
Point de vue d'Anne

Instantanément, devant l'horreur du corps de Stéphanie étendu sans connaissance face à moi, je passe en mode automatique.

D'abord la mettre en position latéral de sécurité.
J’enlève mon maillot qui est en coton et remet ma veste de survêt’.

J'attends du bruit et tourne la tête. C'est l'immonde individu, responsable de cette tragédie qui se relève. Je lui lance d'un ton glacial :
- Pars loin, si elle ne se relève pas je te tue.

Après avoir vu son couteau ensanglanté, il détale comme un lapin.

Retour à l'objectif vital.
Je soulève le T- Shirt de Stéphanie et applique mon maillot roulé en boule sur la plaie pour tenter de stopper l'hémorragie.
Je prends mon téléphone portable de mon autre main et j'appelle le 15 le seul numéro d'urgence dont je me souvienne.
C'est le Samu.

Je leur dis que ma Femme vient d'être agressée par arme blanc dans le bois du lac, qu’elle a perdu connaissance et que j'appuie sur la plaie avec un tissu. Il m'assure arriver promptement et prévenir la police.
Je raccroche et commence à parler à Stéphanie pour qu'elle sache qu'elle n'est pas seule :
- Tiens bon Stéphanie

Appuyer sur la plaie pour qu'elle ne se vide pas de son sang.
- Tu sais que tu occupes tellement mes pensées que cette nuit j'ai rêvé de toi.

Ne pas faire attention à la douleur de mon bras, je dois tenir.
- Tu as été grandiose de courage aujourd'hui.

Vite, arrivez, je ne peux la perdre quand je viens de comprendre enfin que je l'aime.
- Surtout tu ne refais plus jamais ça. Qui ferait ma chorégraphie pour l'EAT ?

Je ne crois pas en dieu mais je jure de brûler un cierge chaque dimanche du restant de ma vie si elle s'en sort.
- Stéphanie, tu dois te réveiller, j'ai des choses importantes à te dire.

Je t'aime et je viens de le comprendre par la douleur inimaginable que je ressens en ce moment.
- Stéphanie, il faut que tu m'expliques pourquoi tout à l'heure tu m'as appelé " ta femme".

Je sais maintenant que c'est un de mes plus chers souhaits.
Mon bras ne tient plus, je dois changer de main.
Doucement, mais surtout ne pas relâcher la pression.
Je dois me repositionner pour qu’elle me voit, si elle .. non, quand elle se réveillera.
- Steph, j'ai aussi plein de questions à te poser donc reviens vite du pays des songes.

S'il vous plait, faites qu'elle ne soit pas morte.
S'il vous faut une âme, prenez la mienne en échange.
- Stéphanie, tu sais, j'ai toujours détesté jouer au mime alors réveille-toi, ce n'est plus drôle.
Non c'est cauchemardesque jamais encore je n'ai autant eu mal.

Je dois avoir parlé pendant longtemps, car j'entends des appels sur la gauche.
Le samu.
Je crie pour indiquer ma position.

Ils arrivent et veulent que je me lève pour pouvoir examiner Stéphanie.
Je leur dit qu'il m'est impossible de lâcher le tissu car sinon elle va se vider de son sang et mourir.
Une jeune femme s’accroupit à côté de moi et me dit qu'elle va prendre le relais. Elle prend le tissu de mes mains et un homme m'aide à me relever, mes jambes refusant de m'obéir.
Il me tend un mouchoir et seulement, à ce moment je m’aperçois que mes joues et mon haut sont inondés de larmes.

Ensuite, il m'interroge pour savoir si je suis blessée, sur les circonstances de l'incident, sur nos identités. C'est seulement à ce moment que je prends conscience que je n'ai pas prévenu nos familles.

Au moment où je vais lui en faire la remarque, j'entends la plus belle chose de toute ma vie :
- ANNE

Je me précipite vers Stéphanie bousculant les sauveteurs aux passages. Je m'agenouille en lui prenant la main et lui réponds :
- Oui Stéphanie, je suis là.
- Comment tu vas? Il ne t'a pas touché pendant mon malaise?
- Mais non, il est parti en courant.
- Ouf. C'est mignon de t'être inquiétée pour moi et d'avoir appelé le Samu mais ce n'était pas la peine pour un simple malaise vagal, une paire de claque et ça repart.
- Chérie, tu t'es fait poignarder et tu as perdu beaucoup de sang. C'est ça la cause de ton évanouissement.

Je la vois froncer les sourcils. Dieu qu'elle est craquante quand elle fait une moue pareille. Elle reprend étonnée :
- Chérie? Poignardée? Je suis dans un rêve là?
Oups j'ai laissé passer un "chérie". Que dire? Nier ou mettre les pieds dans le plat?

Je suis sauvée par le Samu qui nous informe qu'ils doivent nous transférer à l’hôpital maintenant que ma belle est stabilisée. Elle rajoute alors :
- Ce n'est pas un rêve ? Je suis tombée sur le couteau du type ?
- Oui tu m'as sauvé de cette agression. Mais nous en reparlerons après. Pendant que tu es mise sur le brancard, j'appelle nos parents.

Mais un infirmier me signifie que vu de l'état de choc dans lequel je suis, moi aussi je dois être sur une civière. Je n'en crois rien et veux lui montrer son erreur en me relevant seule.
Heureusement qu'il n'était pas loin, il m'a évité de tomber sur Stéphanie.
Après cette preuve flagrante, je coopère et appelle de ma couche, nos parents. Je n'évoque qu'un léger incident et leur demande de nous rejoindre aux urgences avec des vêtements de rechanges.

Dans le véhicule, je récupère la main de Stéphanie pour m'assurer que le cauchemar est terminé. Je suis contente qu'elle accepte sans poser de question, je n'ai pas envie de m'expliquer devant les urgentistes. Nous le ferons quand le calme sera revenu.


Point de vue de Stéphanie

J'étais partie loin là.
Où je suis?
Ça me revient l'agression.
- ANNE

Qui sont toutes ces blouses blanches?
Anne est devant moi et me prend la main. Mais que lui est-il arrivé ? Elle a les yeux rouges d'avoir pleuré.
Non, le connard a profité de mon malaise pour l'agresser. Je vais le tuer.

Attends elle me parle:
- Oui Stéphanie, je suis là.
Bon faut que je lui réponde. Test : un, deux. Ça a l'air de marcher. Je me lance:
- Comment tu vas? Il ne t'a pas touché pendant mon malaise?
- Mais non, il est parti en courant.
- Ouf. C'est mignon de t'être inquiétée pour moi et d'avoir appelé le Samu mais ce n'était pas la peine pour un simple malaise vagal, une paire de claque et ça repart.
- Chérie tu t'es fait poignarder et tu as perdu beaucoup de sang. C'est ça la cause de ton évanouissement.

Où je suis là? Si c'est une blague, c'est la plus cruelle qu'on pouvait me faire:
- Chérie? Poignardée? Je suis dans un rêve là?

Avant qu'Anne puisse me répondre, un grand type annonce qu'on nous emmène à l’hôpital.
Je demande quand même des précisions:
- Ce n'est pas un rêve ? Je suis tombée sur le couteau du type ?
Anne le visage illuminé d'un grand sourire me dit alors:
- Oui, tu m'as sauvé de cette agression. Mais nous en reparlerons après. Pendant que tu es mise sur le brancard, j'appelle nos parents.

J’espère qu'elle va revenir sur le "chérie".

J'ai dû m'endormir, car je n'ai pas souvenir d’être arrivée et entrée dans l'ambulance. C'est la main d'Anne dans la mienne qui m'a réveillé. Que c'est agréable et naturelle. Mais que se passe-t-il avec l'élue de mon cœur ? Il faut absolument que nous mettions les choses au point quand le calme sera revenu."
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 20:09

CHAPITRE 9

"Aux urgences de l'hôpital
Point de vue d’Anne

A l'arrivée aux urgences de l’hôpital, nos familles nous attendent. De nos brancards, nous les voyons changer de couleur au fur et à mesure qu'ils nous reconnaissent pour finir blanc comme un linge. Alors, comme un seul homme, ils accourent vers nous. Après leur avoir demandé tact et douceur à notre égard, du fait de notre état de choc, les infirmiers les laissent nous approcher. Une fois tout le monde rassuré, c'est sous la double escorte infirmière et familiale que nous allons à l'accueil.

A ce moment, je prends conscience qu'inévitablement il va y avoir un compte rendu exhaustif de l'incident. Nos parents vont tout entendre et comprendre que ma version téléphonique était très édulcorée. J'espère qu'ils ne vont pas m'en vouloir et qu'ils comprendront que c’était pour leur éviter une panique inutile.

Bien sûr je peux retarder ça en utilisant le secret médical, mais ils devront l'apprendre tôt ou tard donc mieux vaut que ce soit quand je suis protégée par de grands urgentistes et dans un hôpital.

Eh! Pendant toute ma pensée j'ai utilisé nous pour parler de Stéphanie et moi. Cool, ça veut dire que je me sens déjà en couple avec elle.
J’espère juste que c'est bien réciproque comme son cri de guerre me l'a laissé entendre, sinon je ne sais comment continuer maintenant que j'ai écouté mon cœur.

A l'accueil, le médecin du SAMU reprend la parole et donne son compte rendu à l'infirmière :
- Agression de ce couple de jeunes femmes dans le bois du lac. La jeune femme, il me désigne, était en état de choc à notre arrivée mais n'a aucune blessure. Il faudra surveiller ses deux membres supérieurs car elle a maintenu la compression sur la plaie de sa femme sans discontinuer pendant la demi-heure qu'il nous a fallu pour les trouver.

Il s'interrompt pour lui laisser le temps de taper puis reprend quand elle lève la tête :
- La deuxième jeune femme, en désignant Stéph, a une plaie à l'arme blanche d'une dizaine de centimètres, profonde d'au moins un demi centimètre au-dessus de la crête iliaque gauche. Il faudra faire une échographie pour savoir si le grand oblique gauche est touché et pas mal de point de suture. A notre arrivée, elle était inconsciente.

Après son rapport, il nous salue et s'en va.
Nos deux pères le rattrapent et le remercient. Il dit qu'il n'a fait que son boulot et qu'il faut surtout féliciter la jeune femme, je crois que c'est moi, car sans sa présence d'esprit de comprimer la plaie, le pronostic de sa compagne n'aurait pas été si bon. J'interviens ne pouvant laisser dire une chose pareille :
- Mais j'ai rien fait moi. Ce n'est pas moi, l'héroïne, qui m’est interposée devant un type armé d'un couteau. Moi je suis restée tétanisée par la peur. Stéphanie, elle, a agi en me sauvant.

Et là on entend ma belle parler doucement, surement à cause de la fatigue:
- Moi je me suis contentée de glisser et de tomber. Toi, tu m'as maintenu en vie, alors oui c'est toi l'héroïne.

Il n'en fallait pas plus pour sortir nos frères de la torpeur engendré par notre arrivée sur des brancards. Et avant que je réplique, Nicolas intervient :
- Donc Anne tu as sauvé Stéphanie.

Un grand garçon ressemblant beaucoup à ma chérie, son frère surement, poursuit :
- Et toi, Stéphanie, tu as sauvé Anne ? C'est bien son prénoms demande-t-il à Nico?

Évidement ce dernier tout sourire acquiesce doublement de la tête. Et ce qui semble être le deuxième frère de ma chorégraphe, nous achève en finissant par :
- Et vous êtes un couple d'après le médecin du SAMU ?

Et là je ne sais plus ou me mettre. Comment vas réagir Stéphanie? Va-t-elle nier avec force et me tuer?

Je n'ai pas le temps de m’inquiéter plus longtemps, nos deux mères interviennent en disant qu'il nous faut du calme et des soins. Elles poussent les hommes vers la salle d'attente nous laissant aux mains des infirmières qui emmènent Stéphanie dans un box, pour les points de sutures je pense. Moi, on me donne des médicaments pour lutter contre la douleur de mes bras et me détendre.

Avant de partir, la jeune femme m'informe que lorsque " ma compagne", que j'aime cette idée, aura fini ses soins, nous serons montées dans une chambre double pour observation pendant au moins une nuit. Une fois que j'ai intégré ses paroles, je me fais l'effet d'une enfant le matin de Noël, je suis heureuse, excitée et impatiente. En plus, je suis sûre que mon sourire va d'une oreille à l'autre et mon esprit répète en boucle :
- Je vais passer une nuit dans la même chambre que Stéphanie.

Reprenant mon sérieux je décide que je vais utiliser ce temps, seule avec elle, pour lui ouvrir mon cœur ainsi demain matin je serais fixée, ce sera soit le paradis soit l'enfer.


Point de vue de Stéphanie


Le voyage en ambulance a été court tellement l'émotion d'avoir la main d’Anne dans la mienne était grande, une vrai midinette lors de son premier rendez-vous.

Honnêtement, je pense aussi que j'ai dû somnoler un peu.
Arrivée à l'hôpital, c'est dans le brouillard et pas très bien réveillée, que je suis transportée en civière vers l’accueil. Là je m’aperçois que nos deux familles nous attendent. C'est apathique que j'entends le médecin parler à l'infirmière de ce qui nous est arrivée.

Je n'ai même pas réagi quand il présente Anne comme ma femme.
Par contre, c'est instinctivement que j’interviens quand ma douce ose se dévaloriser en lui rappelant le ridicule de mon intervention et l’efficacité de la sienne. S'en suis le trio de nos frères, heureusement, interrompu par nos mères.

Je me retrouve séparée d'Anne dans un box. Un interne en chirurgie, c'est marqué sur son badge, je ne suis pas devenue devin grâce au coup de couteau, entre en me saluant :
- Bonjour mademoiselle Durand, félicitation pour votre courage face à un inconnu armé.

Devant mon visage interrogatif, il précise:
- J'ai entendu votre Femme le raconter à l'accueil.

Bougonnante et rougissante, je lui précise :
- Chui juste tombée sur lui.

Il fait mine de ne pas avoir entendu et commence à me poser mes points de sutures. L'infirmière entre m'amener mes anti douleurs et me fait une piqure anti tétanos. Par chance, cela se passe rapidement, ainsi je n'ai pas eu le temps d'y réfléchir.

Depuis mes soucis de santé, les piqures et l’odeur des hôpitaux me sont insupportables. Je sais qu'avec ma future profession cela semble paradoxal mais je compte exercer en libéral donc je ne subirais ça que pendant mes stages.
Elle m'annonce que lorsque le docteur aura fini, je serai transférée à l'étage. Affolée je ne la laisse pas terminé et lui dit :
- Je ne peux pas rentrée chez moi ? Ce n'est qu'une petite estafilade.

Le docteur intervient et répond :
- Vous avez une plaie de 12 centimètres, ce n'est pas une estafilade. En plus vous avez perdu connaissance. Nous ne pouvons pas vous laisser sortir comme ça. Ce ne serait pas raisonnable.

Avant que je réplique, sur les alèses en plastique transpirante et bruyante, le réveil aux aurores pour la prise de température, sur les odeurs donnant la nausée, l'infirmière intervient :
- Il ne faut pas vous inquiéter pour votre compagne, nous nous sommes arrangés pour que vous soyez ensemble dans une chambre double cette nuit puisqu'elle aussi reste en observation.

Instantanément je m'inquiète :
- Elle a quelques chose ?
- Mais non, c'est à titre préventif à cause de l'état de choc observé par le SAMU à leur arrivée. Me précise le docteur.

Rassurée, j'intègre enfin le concept de "nuit seule avec Anne". Le sourire type "banane" apparait alors sur mon visage, rassurant le personnel médial. Moi je pense surtout que je vais utiliser ce temps seule avec elle pour lui ouvrir mon cœur ainsi demain matin je serais fixée, ce sera soit le paradis soit l'enfer.


Point de vue général
Dans la chambre

Anne et Stéphanie retrouvent leurs parents en arrivant dans leur chambre.
Obnubilées par leurs sentiments respectifs, elles ont totalement oubliées la raison de leur présence entre ses murs.

C'est le père de Stéphanie qui se charge de leur rappeler quand il leur demande de raconter ce qui s'est passé.

Anne, n'ayant aucun dommage physique et psychologiquement va beaucoup mieux depuis qu’elle a vu que sa douce avait meilleure mine, raconte en première :
- J'étais allée me détendre en marchant autour du lac après déjeuner. C'est parce que j'avais la tête dans les nuages que je suis arrivée dans le bois et que je me suis retrouvée devant un grand type armé d'un couteau qui voulait mon argent.

Sa mère intervient, la voie teintée de peur et de colère:
- Je t'avais pourtant prévenu à midi!
- De quoi parlez-vous ? demande alors monsieur Durand
- Je sais par une confidence de la femme du commissaire qu'il y a des toxicomanes dans le bois et j'ai prévenu ma fille de ne pas y entrer.
- C'était évitable, conclut alors la professeure de danse.

Un lourd silence s'abat dans la pièce. Ce sont les bruits de pleurs qui y mettent fin. Chacun se retourne vers Anne qui entre deux sanglots dit :
- Je viens de réaliser que si je ne m'étais pas aventurée dans le bois, Stéphanie n'aurait pas été blessée.

La chorégraphe, instinctivement, se lève, vient dans son lit et la prend dans ses bras. Anne se calme dès le contact avec sa belle. Toutes les émotions vécues aujourd'hui ainsi que le cocon de bien être qu'elles viennent de se créer ont raison d'elles. Elles s'endorment enlacées.

La tendresse, la spontanéité du geste et l'évident réconfort qu'il provoque sont vus de tous les observateurs. Chacun pense qu'au moins un grand bonheur est né de ce très fâcheux incident même si les demoiselles ne semblent pas encore être ensemble. Tacitement, les deux familles se retrouvent dans le coin le plus éloigné de la chambre à murmurer, laissant les deux jeunes filles se reposer.

Stéphanie est la première à se réveiller, la position tirant sur les sutures, Anne le ressent et ouvre les yeux. Elles restent un long moment à se regarder, admirant l'autre en espérant pouvoir bientôt l'appeler amour. Doucement, l'une desserre ses bras et l'autre réintègre son lit. Mais un grand vide les envahit.

Voulant l'oublier, la blessée demande à la cantonade si son histoire intéresse quelqu'un. Embrayant sur la proposition, tout le monde se réinstalle et elle commence :
- D'abord, je ne sais pas si vous l'avez fait en nous attendant mais je vais commencer par présenter ma famille à Anne.

Profitant de l'occasion qu'elle venait de se créer, elle la regarde dans les yeux plus longtemps que nécessaire, puis reprend en désignant d'abord sa mère, qui demande à être appeler Nathalie en dehors des cours, son père, Franck, son premier frère, Frédéric, puis pour finir son plus jeune frère, Olivier.
Anne en fait alors de même et commence par sa mère, Bérénice, son père, Marlon et son jumeau Nicolas.

L'ambiance s'est très largement détendue, les trois garçons ayant fait le pitre en venant soit faire la bise, soit une révérence ou les deux aux jeunes filles.
Enfin Stéphanie raconte:
- Ce midi, avant le déjeuner, je me suis aperçue que je n'arrivais pas à me concentrer sur mon boulot donc j'ai décidé d'aller courir en début d'après-midi. Le casque de mon baladeur sur les oreilles, je suis allée au lac. Je pensais faire quelques tours et rentrer. Mais j'ai rapidement changé d'avis quand tes élèves maman, sont venues chacune leur tour, me dire bonjour ou me présenter à toute leur famille.

Olivier l'interrompt :
- C'est ça d'être une star!

Visiblement habituée de ses remarques, elle continue :
- J'ai donc décidé de courir dans les bois, bien m'en a pris d'ailleurs. Arrivée sur une hauteur, j'ai aperçu Anne. J'ai donc éteint ma musique pour l'appeler et là j'ai entendu le type la menacer. Je me suis mise à courir vers eux en lui criant de se barrer.

Frédéric l’interrompt:
- Tu pensais que ça allait le faire fuir?

Elle lui répond, penaude :
- Je n'ai pas vraiment réfléchi, trop obnubilé par le couteau. Donc j'ai couru vers eux et j’ai glissé lamentablement jusqu'au toxico que j'ai percuté de plein fouet.

Olivier, pas dupe une seconde, commente :
- Si la danse classique t’ennuie, je pense que tu peux te diriger vers le hockey sur glace.

Ne trouvant rien à dire elle lui tire la langue.

Son père, pour changer de sujet, lui fait remarquer la modernisation de l’hôpital depuis sa dernière chimiothérapie. Il continue en lui montrant qu'il y a plus de chaines de télé et que la couleur de la chambre est plus jolie que le blanc sale qu'il y avait avant. Fred lui montre la plaque d'un donateur pour la peinture des chambres et Olivier lui dit qu'à l'époque il n'existait pas la TNT.

Anne et sa famille s'étonnent et interrogent sur ces propos. Stéph, après avoir fait les gros yeux à son père pour lui signifier son mécontentement, explique qu'à l’âge de quinze ans, elle a eu une sorte de cancer ,qu'elle a soigné avec des chimiothérapies pendant 18 mois.

Le silence après cette annonce est heureusement interrompu par la mère d'Anne qui invite tout le monde au salon de thé dimanche prochain pour le goûter et ce qui permettra de se revoir tous dans un cadre plus agréable et pour une raison moins grave.

S'en suit des conversations diverses et variées entre les membres des deux familles, les filles continuant à se reposer sur leur lit.

Les deux frères de Stéph profitent que les adultes commencent une discussion sur la politique du maire en matière de sécurité pour parler à leur sœur. Ils lui disent qu'en l'attendant tout à l'heure, ils ont visité un peu le service et qu'ils sont épatés de son courage pour avoir subir l'hospitalisation seule toutes les 2 semaines à 15 ans. Ils ajoutent qu'eux n'auraient pas pu. Anne les écoute discrètement. La chorégraphe répond que quand on ne peut pas faire autrement on fait avec. Olivier lance alors que c'est comme quand le terrain est glissant et qu'il faut sauver sa dulcinée, il vaut mieux tomber sur un couteau que de ne rien faire.

Évidemment, tout le monde a entendu, Anne sourit et Stéphanie rougit puis devient livide.
Sa danseuse et son frère interpelle ses parents. Non, Anne panique et Olivier demande s'il ne faut pas appeler les infirmières. Nathalie regarde sa montre, tend un chewing-gum extra fort à la menthe à sa fille et lui demande si c'est le chariot transportant le repas qui vient de rentrer dans le service. Elle acquiesce par un hochement de tête. Son père se lève et s'habille précipitamment et lui demandant si c'est toujours coca, frite et hamburger.

Nicolas est le premier à réagir à ces étranges échanges entre la demoiselle et ses parents:
- Vous allez chercher à manger au fast-food? Mais pourquoi si le chariot à nourriture arrive? Et comment Stéphanie le sait elle, vu que nous sommes dans la chambre la plus éloigné de l'entrée?

Franck lui répond:
- La chimio a laissé comme effet secondaire une monstrueuse sensibilité olfactive pour la nourriture de l'hôpital à ma fille. De ce fait, elle la détecte avec énormément d’acuité et cela lui déclenche de fortes nausées. Seul le coca et de la nourriture non hospitalière la calme un peu.

C'est au tour de Marlon d'intervenir :
- Nos filles sont coincées ici cette nuit, si nous organisions un dîner fast-food dans la chambre pour rendre un peu festif ce dimanche bien morne!


Tout le monde approuve et les hommes vont chercher le ravitaillement.
Le calme revenu, les mamans en profitent pour ranger les vêtements tranquillement. Non sans préciser méthodiquement quel vêtement a été choisi et où il est rangé. Une fois fini, les demoiselles n'ayant pu s'endormir grâce à leur mère, la conversation s'oriente naturellement sur la danse. Anne aborde tout de suite le sujet du forum disant qu'il ne fallait pas que Stéph y danse. Bougonnante, elle l’accepte sachant que si elle veut récupérer vite il ne faut pas faire de bêtises.

Juste avant que Nathalie dise qu'elle va se retirer du spectacle, Anne propose de danser la variation de la fée dragée de Casse-Noisette. C'est l'ébahissement pour la prof de danse et la chorégraphe devant le haut niveau de la jeune fille. Bérénice, au contraire, est en colère et le fait savoir :
- Anne, je te préviens, il est hors de question que tu travailles autant que la dernière fois.

Et pour être sûre de ne pas revivre la même angoisse, elle raconte :
-Pour son bac, ma fille s'est mise en tête de faire cette variation horriblement difficile. Elle y a passé tous ses temps libres, pendant parfois plus de 10 heures. Son épuisement était tel qu'elle a dû être hospitalisée la veille du bac. Ensuite, elle est partie en convalescence pendant trois mois chez sa grand-mère à l'île de ré pour reprendre du poids et du sommeil.

Stéphanie, les yeux humides, promet qu'elle fera tout ce qu'il lui est possible pour que jamais une telle chose se reproduise. Bérénice est alors totalement rassurée, car cela vient de la femme qui n'a pas hésité à se jeter sur un couteau pour protéger sa fille.

Les garçons reviennent avec les bras chargés de sacs de nourriture. Le dîner est très joyeux grâce au duo Nicolas et Olivier qui font un festival de blagues et d'anecdotes.

A 20 heures, les visites étant finies, les deux familles, après force câlins et bisous, laissent Anne et Stéphanie seules."
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 20:15

CHAPITRE 10
" Point de vue général
Le silence après le maelström de cette journée est savouré par les demoiselles. Les secondes s'égrènent et l'atmosphère dans la chambre devient douce et romantique. Ses occupantes sont plongées chacune dans leur cœur à se délecter de la sensation submergeante, affolante et merveilleuse que sa voisine engendre.
Elles n'ont plus aucun doute sur l'amour infini qu'elles portent pour l'autre. Elles espèrent la réciprocité mais malgré les différentes allusions au cours de la journée, elles ne peuvent pas croire que la merveilleuse personne qui fait battre leur cœur puisse partager leur sentiment.

Point de vue de Stéphanie

Aujourd'hui, j'ai compris ou plutôt j'ai admis que j'aimais Anne. Je sais maintenant que je donnerai ma vie pour elle et que je ne réfléchis plus quand elle souffre, qu'il me faut immédiatement agir pour qu'elle aille mieux. Avec le rêve de cette nuit, je sais que j'ai aussi un immense désir pour elle.
Dans ma jeunesse, non je ne suis pas une vieillarde donc je vais plutôt dire avant, j'ai toujours été réticente à déclarer ma flamme par peur d'être rejeter. Mais là je ne peux absolument pas laisser passer cette chance de vivre avec Anne, d’être heureuse.
Il faut que je me lance, tout plutôt que regretter, car comme dit le proverbe les regrets sont éternels.
Si elle ne partage pas mes sentiments, je continuerais à faire comme avant, avec juste l'espoir en moins de connaitre le bonheur. Je dois pouvoir le faire puisque je le fais depuis que je suis née. De toute façon je dois vivre. Je ne veux pas être encore responsable d'un autre malheur, mes parents et mes frères ne méritent pas ça.


Point de vue d'Anne

Le rêve cette nuit, ma mère qui me dit que j'aime Stéphanie et cet après-midi l'horreur absolu, la sensation la pire de tout ma vie quand Stéphanie était inconsciente avec sa blessure dégoulinante de sang dans mes bras.
Mon cœur se serre rien qu'à ce souvenir, ma gorge et mes yeux doivent lutter pour ne pas laisser échapper un sanglot
Et si ce n'était pas suffisant, jamais je ne me suis sentis si bien, en sécurité et à ma place que lorsqu'elle m'a prise dans ses bras quand j'ai compris que j’étais responsable de sa blessure.
Je l'aime, je le sais maintenant et je n'ai jamais rien senti d'aussi fort de toute ma vie.
Mais comment lui dire je ne connais rien aux relations humaines.
Je lui dis tout de go ?
Je fais des insinuations dans l'espoir qu'elle comprenne?
J'attends en priant qu'un miracle se produise?


Point de vue de Stéph

Et attends, ma réaction samedi dernier avant le cours de danse c'était un coup de foudre!
Moi qui pensais ne jamais avoir la chance de connaitre ça, à toujours réfléchir et ne jamais être spontanée.
J’ai eu le coup de foudre pour Anne!
Oh non, j'ai à nouveau le sourire d'une oreille à l'autre. Surtout il faut que je reste à regarder le plafond si Anne tourne la tête vers moi, elle va croire que ce sont les médocs. Si elle croit que je suis shootée, elle ne prendra pas la déclaration que je vais faire au sérieux.
Eh, attends, on était juste en train d'y penser et toi hop tu fonces.
Oui, je fais comme pour enlever le Sparadra, d'un coup sec!

Point de vue d'Anne

M.... Nico avait en partie raison en juin. C'était bien un coup de foudre mais pas chorégraphique.
C'était un vrai comme dans les films.
Super extra cool, j'ai eu le coup de foudre pour Stéphanie. J'ai été très lente à m'en apercevoir donc maintenant : courage fonçons!


Point de vue général

Au moment où les demoiselles dans un synchronisme parfait allaient déclarer leur amour, un discret coup à la porte de leur chambre les interrompt. C'est donc avec une exaspération contenu qu'elles s'écrient :
-Entrez !
C'est l'infirmière qui vient leur apporter leurs médicaments.

Elle est visiblement impatiente de parler et n'a pu se contenir que le temps de délivrer sa pharmacopée. Pendant qu'elles les prennent, elle se lance dans le discourt tant retenu:
- J'ai attendu le départ de vos familles.
Hochement de tête et sourire des filles qui ont la bouche pleine de médicaments.
- Votre histoire a fait le tour de l'hôpital. C'est d'ailleurs ce qui a permis de libérer cette chambre. Tout le monde a été si touché par le romantisme de vos actes que le service s'est démené. Même la grand-mère ronchon qui occupait votre lit, dit-elle en montrant Anne, à tout de suite coopérer en apprenant votre histoire et c'est très exceptionnelle.
Mal à l’aise, elles parlent en même temps :
- Merci infiniment et surtout faites parvenir à vos collègues et à la personne âgée au fort caractère, nos sincères remerciements.
La jeune femme reprend :
- Je n'y manquerai pas. Et que c'est beau l'amour! Vous êtes en parfaite harmonie même pour parler.
Anne et Stéphanie piquent alors instantanément un fard qui passe totalement inaperçu pour l'infirmière qui continue :
- Surtout n'ayez pas peur des maladies nosocomiales, tout est désinfecté entre chaque patient.
C’est sans laisser le temps de répliquer qu'elle enchaine juste avant son départ:
- Vous ne vous êtes pas changée pour la nuit ? dit-elle en s'adressant à Stéph. Heureusement que vous êtes dans la même chambre que votre compagne sinon je ne sais pas comment j'aurais fait avec ma collègue absente. Bonne nuit et n'hésitez pas à sonner si vous avez un souci.
Les deux demoiselles n'ont pas le temps de réagir devant ce que cela implique qu'elle est déjà partie.

Point de vue de Steph

Anne doit m'aider à me déshabiller puis à me rhabiller.
Anne va passer ses mains sur ma peau.
Comment je vais faire pour résister?
Comment lui cacher mon trouble et mon désir ?
COMMENT?
M....
Je suis dans le même état d'excitation que ce matin, ce n'est pas possible.
Comment lui dire que je l'aime dans ces conditions?
bouuuuhhh!!

Point de vue d'Anne

Bon, ce n'était qu'un faux départ.
Une tornade blanche qui, d'après ce que je vois, a pas mal fatigué Stéphanie.
Revenons à nos moutons. Allez comme avant le lever de rideau :
Respiration
Revoir ce que je vais lui dire: je t'aime
Se lancer:
ATTENDS
Elle est en couple avec un garçon, nonnnn!!!
(Silence)
Comment je continue sans elle maintenant que j'ai compris qu'elle est ma moitié, mon âme sœur?
(Silence)
Et c'est maintenant que je comprends que c'est impossible que je réalise tout ce qu'elle représente.
PUT... de vie


Point de vue de Stéphanie

La tendinite est comme son nom l'indique une inflammation du tendon. Elle a deux origines soit un frottement répété du tendon sur l'os lors des mouvements, soit une contracture du muscle entrainant son étirement permanent.
Rien de tel que des cours de pathologie pour refroidir les ardeurs.
Maintenant, je respire un bon coup et comme lors des galas, je me lance:
- Anne j'ai quelques chose de vital à t'avouer.
Elle ne réagit pas. BO...DE M... que ça fait mal cette cicatrice quand je me retourne trop vite dans ce F.. lit d'hôpital.
Oh, non elle pleure!
Allez Stéph, serre les dents et descends voir ta Dulcinée.
Aouch!!
Pendant qu’instinctivement je lui essuie ses larmes, je lui parle:
- Anne que t'arrive-t-il? Tu sais, je peux très bien dormir comme je suis là.

Point de vue d'Anne

Pourquoi d'un coup je suis bien alors que mon univers s'est effondré?
Stéphanie est à côté de moi, elle me caresse la joue. Que je suis bien prêt d'elle! Que j'aime son attention à mon égard !
Secoues toi Anne, ce n'est pas possible!
Maintenant il faut que tu saches ce qu'elle veut?
Oui mais comment paraitre naturelle?
Hé, il y a plus important, Stéphanie est debout alors qu'elle est blessée par ta faute.
Que dit-elle? Pourquoi elle me parle de "dormir comme elle est »?
Et en plus, elle croit que je ne veux pas l'aider à se mettre en pyjama!
- Stéphanie, il n'y a pas de problème pour moi, je t'aiderais volontiers à te mettre en pyjama.
- Pourquoi pleures-tu alors?
Mince, je pleure et elle s'en est inquiétée et elle m'essuie mes larmes et elle est près de moi et je n'ai qu'une envie, c'est de la prendre dans mes bras et lui crier mon amour et je ne le peux pas.
Toujours moi, là il faut rassurer la femme de ma vie mais qui ne le sera jamais:
- C'est surement toute cette journée qui m'a épuisé, car je ne m'en suis pas aperçu.

Point de vue de Stéphanie

- Anne, j'ai quelque chose de vital à te confier et comme c'est difficile je te demanderais de ne pas m'interrompre.
Elle hoche sa très jolie tête.
Stéphanie, de la concentration!!!
- Ce n'est surement pas le moment, puisque tu es éreintée. Mais l'épisode de cette après-midi m'a fait comprendre que demain n'est pas certain. Donc je préfère ne pas procrastiner. Tout d'abord, je tiens à dire que quelle que soit l'issue de cette conversation, je m'engage à te faire ta chorégraphie pour l'EAT et à te la faire travailler si tu le veux toujours.
Elle fronce les sourcils d'incompréhension.
Allez, plongeon :
- Anne, samedi dernier, dans le vestiaire, il s'est passé un événement que je n'ai pas compris tout de suite. Il a obnubilé mon esprit toute cette semaine et ce n'est qu'il y a quelques minutes que j'ai compris ce que c'était.
Je lui prends le menton, car je veux voir ses merveilleux yeux quand je vais lui dire:
- J'ai eu le coup de foudre pour toi, Anne. Je suis totalement, complétement, entièrement et follement amoureuse de toi.
Maintenant !

Point de vue d'Anne

Mon dieu, elle s'est rendu compte que je l'aimais et elle me rejette en douceur.
(Silence pendant la déclaration de Stéph)
ELLE M'AIME!!!!!!!

Point de vue général

Anne ne laisse pas Stéphanie se reculer après sa longue tirade et s’empare de son visage pour l’embrasser."
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 20:26


Chapitre 11
Point de vu d'Anne

C'est le baiser de mes rêves mais attends:
-"hé Stéphanie et ton petit ami?"
Elle me regarde sans comprendre, en fronçant les soucils.
-"en juin je t'ai vu embrasser un jeune homme en descendant de scène."
Elle comprend alors et me répond:
-"c'était mon copain mais nous avons cassé samedi dernier"
Youpi!!!!
Attends:
-" tu as eu le coup de foudre pour moi, juste après t'être séparée de ton copain. Comme c'est bizarre?
-Anne mon amour, je ne peux pas te prouver mes sentiments.
Je ne peux pas t'assurer qu'ils seront éternels. Je peux juste t'affirmer que cette semaine, je me suis torturer l'esprit pour déterminer si ce n'était pas pour fuir ma rupture ou pour combler un vide. Je peux te jurer qu'à l'instant où je te parle, tu es ma vie. Mon cœur et ma tête ne raisonnent que de ton nom.
En ce moment, je n'ai qu'une volonté, c'est d'être aimé par toi. Anne, je ne peux pas prédire l'avenir mais, pour l'instant, je ne le veux qu'avec toi.
S'il te plait donne nous une chance, donne-moi une chance.
-Stéphanie, je n'ai jamais aimé avant toi. Ce sentiment est nouveau pour moi.
Avant, je ne vivais que pour la danse et j'ai appris à parfaitement le gérer même quand j'ai quitté l'école de l'opéra, c'était pour la danse.
L'amour, je ne le connais que par toi. C'est l'immense horreur et l'infini douleur que j'ai enduré quand tu as perdu connaissance qui mon permis de prendre conscience de mes sentiments pour toi. Et je n'ai compris qu'il y a quelques minutes qu'en juin, lors de ton gala, j'ai eu le coup de foudre pour toi.
Je suis novice et pour moi c'est l'inconnu absolu d'être amoureuse et d'envisager de vivre toute sa vie avec toi. Tu comprends, alors, que la concomitance de tes sentiments pour moi et ta rupture m'effraient.
-Je comprends et je ne peux que rajouter que pour moi aussi, c'est comme une première fois. Attends Anne, je m'explique.
Lorsque tu t'es retournée vers moi dans le vestiaire, quand j'ai vu tes deux merveilleux yeux saphirs, j'ai immédiatement perdu pied, plus rien n'existait qu'eux. Je n'avais jamais même imaginer pouvoir être atomiser par un regard. Tu m'as tellement retournée que je n'en ai pas dormi de la nuit.
Pour finir, je peux juste ajouter que mes larmes, lorsque j'ai découvert que tu avais fait l'école de l'opéra, venait du fait que je n’envisageais t'intéresser, te séduire que part la danse. A ce moment pour moi, je n'avais plus aucune chance au bonheur.
-J'entends ce que tu dis Stéphanie et tu n'imagines pas le bonheur dans lequel tu me plonges mais j'ai peur de souffrir. J’ai peur que ce ne soit qu'une passade, que tu me quittes après que tu es digérée ta rupture.
-Je te comprends et ne peux te forcer à m'aimer.
-Mais je suis totalement folle amoureuse de toi. Pour moi tu es mon âme sœur, la femme de ma vie.
-Alors faisons comme Descartes, parions que mon amour est comme je crois éternelle et réunissons nos âmes sœur pour notre plus grand bonheur."

Je voudrais tant fermer les yeux et me blottir dans ses bras, ne plus penser.
Oui c'est ça !

-"Stéphanie, je vais prendre une douche. Tu crois que tu peux attendre vingt minute avant de te changer? "

Imitant l'infirmière, je n'ai pas vraiment laissé le choix à ma douce, je me suis emparée de mon nécessaire de toilette et j'ai filé.
Brzzz, que c'est glauque!!
Olivier et Frédéric ont raison, moi non plus je n'aurais pas pu venir toutes les deux semaines pendant cinq jours dans un endroit pareil.
Dieu que cette douche me fait du bien. Bon récapitulons, j'aime Stéphanie, elle m'aime, nos deux familles, si je suis lucide, sont au courant et en sont heureuse. Mais, j'ai peur de n'être qu'une roue de secoure émotionnelle.
Comme un fait exprès au moment où j’accède au paradis il.
Mais quel conne !
Non mais c'est pas vrai comment je peux tenir une couche pareil !
Audiard dirait que si la connerie pouvait se mesurer je serai maitre étalon à Sèvre.

Point de vue générale
dans la salle de bain

Anne, ne prenant le temps que d'éteindre l'eau, d'enfilé peignoir et claquette, rassemble précipitamment ses vêtements et sort en trombe. Elle court presque dans le couloir. Tel le petit poucet, elle laisse derrière elle de petite flaque d'eau. Elle ne ralentie pas devant la porte de leur chambre qu'elle ouvre à la volée. Elle la rattrape d'ailleurs de justesse avant qu'elle explose le mur dans un bruit pas du tout approprier à un hôpital.
Elle est stoppée dans sa progression par la vision de Stéphanie roulé en boule dans son lit, ravager par les sanglots , la mine défaite, les yeux rougis et son haut trempé de larme. Pour elle s'était une preuve de plus de son incommensurable bêtise. Un être doué d'une once d’intelligence n'aurais jamais fait souffrir ce martyre à la femme de sa vie.

Point de vue de Stéphanie

Après le départ plus que précipité d'Anne, je sais que tout est fini. Le baiser sera unique. Plus jamais je ne serais heureuse, le bonheur ce n'est pas pour moi . Et là mon contrôle sur moi lâche et je m'effondre en pleure dans mon lit, plus rien n'a d'importance.
Je ne sais combien de temps je suis restée comme ça mais je n'ai vraiment pas l'impression que cela fasse 20 minutes quand Anne rentre en trombe dans la chambre.
Si les circonstances étaient différentes j’éclaterai de rire. Je vous explique, elle est statufiée devant moi, les cheveux tombant encore mouillés, gouttant, autour de son visage. Son peignoir dégouline d'eau et la flaque à ses pieds grossit, de tous ces ruissellements, à vu d’œil. Et là, le miracle que je n'espérais plus s'est produit, elle me sauve en s'expliquant.

-on ne fait pas exprès d'aimer, c'est inconscient. Donc, peu importe que tu m'aimes pour un coup de foudre pour mes yeux ou pour compenser une rupture. L'important c'est que tu m'aimes et que je t'aime.
A nous d'entretenir la flamme, en ne considérant rien comme acquis, pour que notre amour soit réellement éternelle.
Stéphanie, je t'aime de tout mon cœur, acceptes tu de m'accorder une deuxième chance et que nous fassions un bout de route ensemble."

Du purgatoire, je me retrouve à nouveau au paradis, c'est la journée montagne russe. Précautionneusement je descends du lit et je vais embrasser mon Amour après lui avoir murmuré : je t'aime.
Le baiser est tout aussi passionné que le premier mais plus serein, sans retenu et beaucoup plus mouillé. Notre étreinte s'en trouve écourtée tant ma douce dégouline. Elle m'explique qu'elle a compris sa bêtise en prenant sa douche et qu'elle s'est déjà obligée à mettre un peignoir pour me rejoindre alors s'essuyer était complètement exclu. Elle me propose de m'aider à me changer ainsi nous faisons d'une pierre deux coup: enlever ma tenue trempé et me préparer pour dormir.
Nous nous dirigeons enlacée vers la salle de bain. Évidement je commence à stresser. J'ai peur de ne pas me contrôler. Pour moi un gémissement de désir, de plaisir après seulement cinq minutes avec Anne ne rentre absolument pas dans mes critères romantiques type" bisounours".
Comme toujours quand j'angoisse, je parle:
-"Comme ça tu m'as espionné à la fin du gala, tu as trouvé où était l'école de danse et tu es venu t'y inscrire.
Je vais porter plainte pour harcèlement."

Oh quel est mignonne quand elle rougie mais elle réplique:
-"Consciemment c'était pour que ta mère me fasse ma chorégraphie que je suis venu dans son école.
-Pas trop déçu que ce soit moi?
-Tu n'imagines pas mon étonnement et la grande admiration que j'ai eu pour toi quand Brigitte a dit que c'était de toi la danse".

Voilà elle as réussi à me faire rougir, réponse du berger à la bergère.

-"Tu as réellement aimé ma chorégraphie au point de me vouloir pour ta variation libre?
Honnêtement, je ne comprends pas. Tu as été à l'école de l'opéra, tu as côtoyé des sommités. Comment as-tu pu être touché par moi?
-la chorégraphie que tu as créé est celle qu'inconsciemment j'aurai faite. Bien sûr, quand tu termines par une attitude arrière au moment de la première note maintenu pas la soprano, j'aurais fait une arabesque et
-Anne, comment connais tu si bien cette danse? Tu as une mémoire photographique?"

Murmurante elle me répond:
-"Chloé, ma cousine, a le DVD de votre gala et je l'ai un peu regardé cette été.
-juste un peu!!! En tout cas suffisamment pour connaître la chorégraphie par cœur et avoir pensé à une variation!"

Et là, elle rougi et me tire la langue. Mon sang ne fait qu'un tour et je la lui attrape avec ma bouche. S'en suit un baiser des plus torrides. Heureusement que nous avions fini de nous changer sinon cela aurait dérapé et je ne veux pas que notre première fois soit dans le cabinet de toilette d'une chambre d'hôpital.
Terminant simultanément, nous nous lavons les dents puis nous allons nous coucher après un dernier bisou tout tendre et un je t'aime merveilleux.
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 20:34


Chapitre 13
" Point de vue de Stéphanie

Je cours autour du lac pour essayer d'oublier le rêve érotique de cette nuit et l'excitation qu'il a provoqué toute la matinée quand je vois en contrebas Anne. Je m'apprête à l’appeler quand apparaît mon ex un couteau à la main. Il la menace. Je me précipite en lui intimant l'ordre de laisser tranquille ma Femme. Malheureusement, je m'étale lamentablement à leurs pieds. Il en profite pour poignarder Anne, en me regardant dans les yeux et part en riant. Avant que je n'ai le temps de réagir, les secours sont autour d'elle. Au bout de quelques secondes, le médecin se tourne vers moi, la mine sévère et me dit que si j'avais vraiment aimé ma Femme, je l'aurais sauvé. Là, je comprends qu'elle est morte par ma faute. Une immense douleur m’envahit et je me mets à crier.


Point de vue d’Anne

Je suis dans mes réflexions sur mes sentiments pour la belle chorégraphe quand, excédée de n'arriver à aucune conclusion, je râle à haute voix. Cela me fait m'apercevoir que je me trouve dans le bois. L'ex de Stéphanie apparaît soudain devant moi armé d'un couteau, ma belle suit la seconde d'après en lui hurlant de me laisser tranquille.
Pas du tout impressionné, c'est en me regardant dans les yeux que l'immonde individu poignarde Stéphanie. Son méfait accompli, il part en riant. Avant que je n'ai le temps de réagir les secours sont autour d'elle. Au bout de quelques secondes, le médecin se tourne vers moi, la mine sévère et me dit que si j'avais vraiment aimé ma Femme, je l'aurai sauvé. Là, je comprends qu'elle est morte par ma faute. Une immense douleur m’envahit et je me mets à crier.



Point de vue général
Dans la chambre d'hôpital milieu de la nuit



Simultanément, les demoiselles se réveillent en sueur, en criant le nom de leur âme sœur.

Elles sortent précipitamment de leur lit pour se prendre dans les bras et pleurent de soulagement une fois le baiser terminé. Après un long moment d'immobilité à se fixer dans les yeux pour être sûre que ce n'était qu'un cauchemar, Stéphanie prend Anne par la main, se dirige vers son lit, s'y allonge et ouvre les bras en un appel à un gros câlin. Anne, délicatement, se blottit dans les bras de sa bien-aimée. Ce cocon de douceur et de bonheur chasse les craintes engendrées par l'horreur du mauvais rêve. Morphée peut alors emporter les amoureuses dans le pays des songes.

La danseuse, à peine quelques minutes après s'être endormie, se réveille en sursaut au souvenir de la douleur que cette position avait provoqué à son Amour cette après-midi. Elle tente de sortir de la magnifique étreinte sans la réveiller mais dès son premier mouvement, elle se retrouve devant les yeux interrogatifs de Stéph. Un mouvement de main vers la cicatrice lui suffit à s'expliquer. Le sourire et le baiser de reconnaissance de la chorégraphe manquent de la faire déraper vers l'assouvissement de ses désirs mais la douche froide vient encore une fois de la blessure. Ensemble elles descendent, poussent le fauteuil qui se trouve entre leur deux lits puis les rapprochent. Enfin satisfaites, elles se réinstallent pour dormir en se tenant par la main après un dernier baiser. La symbiose entre elles est si parfaite qu'aucune parole n'a été nécessaire.


Le matin

L'infirmière leur a assuré le sommeil le plus long possible mais elles doivent quand même se réveiller à 8 heures. Ne parlons pas des choses qui fâchent comme du petit déjeuner ou de l'intimité, l'hôpital n'est pas le lieu pour ça. Les filles attendent en se faisant un câlin l'arrivée de leur parents. Stéphanie est contente que les sorties ne se fassent plus à quatorze heures, car elle n'aurait pas supporté le déjeuner.

Elles profitent de l'attente pour parler de leur cauchemar et concluent qu'il était logique après les événements de la veille. Évidemment, Anne s'excuse d'en avoir rajouté avec sa crise de paranoïa. Stéph l'embrasse pour l'arrêter dans ses bêtises, très heureuse d'avoir trouvé le moyen de lui faire comprendre son désaccord sans pour autant trop la blesser et en prenant beaucoup de plaisir.

Evidemment, c'est ce moment que leurs deux mères choisissent pour entrer, naturellement sans frapper, dans leur chambre. Elles n'ont même pas marqué un instant de surprise. Elles saluent les demoiselles. Bérénice dit à sa fille que son jumeau ne peut pas venir. Puis les matriarches rangent les affaires en faisant remarquer qu'étant adulte elles pourraient le faire elle-même. Stéph joue alors la grande blessée et, d'un ton agonisant, dit à sa mère qu'elle va s'en occuper et s'approche du placard en claudiquant. À peine a-t-elle dit cela qu'elle reçoit sur le visage une paire de chaussettes lancée par Nathalie. Elle lui rappelle qu'elle lève toujours suffisamment haut la jambe pour lui botter le derrière si elle continue à se moquer ainsi.

Les plus de 10 minutes de marche pour aller jusqu'aux voitures maternelles font comprendre aux amoureuses que leur corps a été secoué par tous les événements de ses dernières vingt-quatre heures. D'ailleurs, après un dernier baiser et une promesse de se retrouver très vite, elles se sont endormies dès le premier ronronnement du moteur.


Dans les maisons des filles en simultanée.

Avant le repas, les demoiselles appellent pour s'excuser de leur absence et en donner les raisons. Stéphanie, c'est à son école et elle prévient de son retour le lendemain si son état le permet. Anne, elle, contacte son professeur de danse du matin et l'informe qu'elle ne reviendra que mercredi, demain il lui faut s'occuper de la boutique qu'elle a délaissé depuis samedi soir.

Le repas mère/fille se passe tranquillement. Mais, au dessert, les filles sont surprises d'apprendre que leurs familles parlaient d'elles comme d'un couple dès leur sortie de l'hôpital, hier soir. D'ailleurs, l'avis général a été que cet incident fâcheux avait au moins eu le mérite de les rapprocher.

Elles ne peuvent retenir un sourire en pensant qu'au moment de cette discussion, elles étaient encore célibataires à cause de l'interruption de l'infirmière de nuit.
Curieuses, elles interrogent sur l'élément qui a amené à cette conclusion. La réponse n'a demandé aucune réflexion aux mères : c'est la réaction immédiate de Stéphanie qui s'est précipité quand Anne s'est mise à pleurer et l'apaisement de cette dernière dès qu'elle s'est retrouvée dans les bras de la chorégraphe.

Fatiguées, Stéphanie et Anne montent dans leur chambre se reposer. Le calme de la chambre leur fait prendre conscience du vide abyssal qui les habite depuis leur séparation.
Bien sûr, elles ne sont ensembles que depuis hier soir. Évidemment, elles vont se retrouver demain soir pour la répétition. C'est certain que dans la soirée elles vont s'appeler pendant longtemps. Mais être ensemble est si normal. Elles se sont même aperçues qu'elles considéraient le temps antérieur à leur rencontre comme une préparation, une répétition, leur vie a débutée hier, avec le baiser et leur je t'aime.

Et là, elles se retrouvent seules, amputées de la partie la plus importante d'elle-même et dépriment. Alors elles s'allongent sur leur lit et écoutent la musique qui les a réuni : la scène du balcon de Roméo et Juliette de Prokofiev.

Quelques temps après, Bérénice vient voir Anne pour s'assurer que tout va bien et là, elle la voit prostrée dans son lit. Comme elle est rentrée dans la chambre sans frapper, elle peut s'en aller sans se faire remarquer. Elle appelle Nathalie, qui va constater le même malaise chez sa fille.
Elles organisent alors un goûter surprise au salon de thé pour elles quatre.



Point de vue de Stéphanie

Maman vient me proposer de faire une balade. Heureusement que pour une fois, elle a frappé à la porte avant d’entrée sinon elle m'aurait découverte me lamentant de l'absence de ma douce. Je peux donc simuler le réveil de ma sieste. J'accepte sa proposition en espérant que cela va me permettre de penser à autre chose.
Nous faisons les magasins. Alors qu'habituellement cela m’ennuie au plus haut point, là je regarde chaque article en me demandant si cela peut être un futur cadeau pour Anne. J'ai même accepté d'entrer dans une boutique de lingerie. Ma mère n'a rien dit mais le sourire sur ses lèvres est suffisamment explicite pour que je comprenne qu'elle n'est pas dupe de la cause de ce changement.

Moi, je suis contente d'être une fille à ce moment-là, car je peux regarder et fantasmer sur la lingerie que j'aimerai qu'Anne porte et prétendre que je cherche pour moi. Les hommes, dans ma situation, passeraient, à coup sûr, pour des pervers.

Après ce shopping, maman nous conduit dans un salon de thé. Moi, je ne fais pas du tout attention à ce qui m'entoure. Pour ne plus souffrir de l'absence d'Anne, je me suis mise à faire des rêves où ma douce est en tenue légère et affriolante, à exécuter des poses toutes plus osées les unes que les autres mais la douleur est toujours là.

En entrant dans la boutique, Le tourbillonnement de mes pensées s'arrête net, les négatives, comme les coquines. Une paix intérieure m'envahit et j'ai alors le pressentiment d'un bonheur imminent.
Essayant de comprendre ce qui m'arrive, je n'entends pas ma mère. Je me dirige comme une automate vers l'endroit qu'elle m'a heureusement indiquée du doigt.
Au fur et à mesure que je marche vers l’alcôve où nous allons goûter, un sourire idiot s’étale sur mon visage, je le sais car je l'ai vue dans les miroirs qui décorent le lieu et mon cœur bat de plus en plus vite. Le paradis m’apparaît lorsque, tournant après la cloison gardant l'intimité du box, je me retrouve devant la table.


Point de vue d'Anne

Ma mère frappe à la porte de ma chambre et attend. Je lui dis d'entrer et me recompose un visage enjoué pour ne pas l'inquiéter avec mon manque douloureux de ma douce. Elle me demande si je peux l'aider à préparer des pâtisseries parce que des personnes importantes viennent prendre le goûter. Évidement j'accepte, je ne peux faire autrement. En me précédent dans la cuisine, l'air de rien, elle me dit que nous y sommes conviées.

M... , j'ai horreur de ça, je suis super mal à l'aise en société. Avant même que je réplique, maman précise qu'il est impossible de décliner l'invitation.
La mort dans l’âme, je mets un des tabliers et commence à cuisiner. Après un temps de bouderie incompressible de 10 minutes pour bien montrer mon mécontentement, je suis ravie de m’apercevoir que les habitudes et le plaisir reviennent tout seul. Cela me ramène loin en arrière, avant mon entrée à l'école de l'opéra de Paris, vers mes 8 ans, période où mes loisirs se partageaient entre la danse et la pâtisserie. La complicité avec ma mère m'amène aussi beaucoup de plaisir.

Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, vers 16 heures maman me conseille d'aller me rafraîchir avant l'arrivée des invités. Ce qui veut dire en langage commun, Anne va te laver, met une tenue correcte de fille sage et dépêche-toi. Après une bonne douche, je fais le minimum syndical : un chemisier blanc, une jupe noire arrivant aux genoux et des chaussures à petit talons noires aussi, un chignon et un peu de maquillage sur les yeux et c'est bon. Stresser, je vais voir ma mère qui approuve ma tenue et me dit de l'attendre dans l'alcôve que les invités et elles arrivent tout de suite. L'attente est désagréable, cela augmente encore plus mon envie de fuir.

La sonnette de la porte d'entrée retentit. Une grand vague de sérénité me submerge et chasse toutes mes craintes et mes angoisses. Ensuite, vient la certitude de l'imminence d'un immense bonheur, alors j'attends. Quelques secondes suffisent et le paradis m'apparaît."
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 20:41

Chapitre 13

" Point de vue général

Sidérée de se retrouver face à face, les filles sont sans réaction et même sans pensée pendant quelques secondes. Lorsqu'elles reprennent leurs esprits, elles prononcent un unique mot, Amour. Ensuite, elles se dirigent l'une vers l'autre pour s’étreindre et s'embrasser.
Le baiser d'abord tendre, empli de tout l'amour qu'elles ressentent, devient passionné.
Elles l'approfondissent et ainsi intensifient leur plaisir par une danse lascive de leur langue où chacune séduit l'autre par d'habiles caresses décuplant les sensations merveilleuses. Ce ballet à son jumeau au niveau des mains. Elles s'explorent pour se sentir et se serre pour se retenir.
Leur bas ventre devient incandescent et le premier gémissement ne peut être retenu.

C'est la douche froide qui leur rend leur contrôle et les stoppent avant de succomber à l'appel de leur sens.

Toujours dans les bras l'une de l'autre, elles retrouvent l'usage de la parole. Stéphanie est la première à s'en servir :

-"Anne, tu m'as manqué, jamais l'absence de quelqu'un m'a fait si mal.
-Je te comprend, Steph, j'ai cru devenir folle par la douleur du manque de toi."
Après un baiser et un câlin de réconfort, elles s'étonnent de cette heureuse rencontre.

Au moment où l'éclair de compréhension les touche, leurs deux mères arrivent portant deux grands plateaux chargés des pâtisseries, de thé et de chocolat chaud. Les filles se lèvent pour les aider. Une fois le goûter installé, elles prennent dans leur bras leur maman respective et les remercient.
Après ce moment de grande tendresse, les quatre femmes se jettent sur toutes ces victuailles, sous prétexte que les émotions creusent.
Heureusement que les mamans alimentent la conversation, car les demoiselles ne peuvent s'empêcher de s'admirer, de se désirer et mettent toute leur énergie à contrôler leur corps qui réagit.


Point de vue de Stéph

Que donnerai je pour pouvoir enlever la petite miette de gâteau qui se trouve au coin de ses lèvres avec ma langue et prolonger ça par un baiser. Ensuite, je veux mordiller son oreille puis continuer en léchant sa jugulaire et finir tel Dracula par mordre amoureusement son trapèze plus qu’appétissant.
Vraiment le chignon d'Anne est un pousse au crime. Sa nuque ainsi dégagé est un appel à la goûter.

Pour accentuer mon désir, ses yeux magnifiquement rehaussés par son maquillage me fixent et ça me liquéfient.

Mais le pire vient de sa poitrine qui déforme de plus en plus son chemisier et semble appeler mes mains pour être caressée, ce qui enflamme mon bas ventre à peine remis du baiser de retrouvaille.


Point de vue d'Anne

Pourquoi Stéph ne laisse pas ses mains sur ses genoux?
La voir manipuler sa tasse, s'y réchauffer les mains et en faire le tour est insupportable. Je ne rêve que de ma poitrine à cette place, qu'elle la caresse, y porte ses lèvres et s'en délecte.

Oh non, comment retenir mon râle de désir quand elle se met à lécher son pouce pour enlever de la confiture qui y a couler ? Immanquablement, j'imagine mon bouton d'amour amoureusement déguster par la langue de ma belle.

La surchauffe est trop proche, je me lève prestement prétextant une envie urgente, ce qui est vrai même si elle est d'un autre genre et me réfugie aux toilettes pour me passer de l'eau sur le visage.


Point de vue de Stéphanie

Il faut impérativement que je me rafraîchisse sinon je vais être victime d'une combustion spontanée.
- Excusez-moi mais il faut que j'aille aux toilettes.

J'entre dans les toilettes et je vois Anne devant le lavabo. Elle a déboutonné les deux premiers boutons de son chemisier et grâce au miroir je la vois qui se passe un morceau de papier humide sur son cou, ensuite sur son buste et continue surement à l'arrière de sa nuque. Mes yeux ont suivi sa main, au début, mais n'ont pas dépassé le décolleté où ils ont été irrémédiablement attirés par la naissance de ses seins.

Ce n'est plus une combustion spontanée que je risque maintenant c'est une explosion nucléaire avec comme épicentre de la déflagration mon bas ventre suivi d'un tsunami provoquer par l'onde de choc de mes gémissements de désir. Ma femme ne devrait pas être aussi sensuelle et attirante sinon mon cœur ne va pas tenir.

Ma femme.
J'ai encore du mal à réaliser la chance que j'ai qu'une si merveilleuse personne s'intéresse à moi et encore plus, m'aime.

Ça ne m'aide pas comme réflexion, ce serait plutôt le contraire même !

Cela m'incite à laisser mon désir s'exprimer et faire l'amour à Anne, ici, maintenant, tout de suite pour lui montrer toute la force de mes sentiments et le bonheur que je ressens d'être avec elle.

Attends, comment fait-on l'amour à une femme?
Je n'y ai pas vraiment réfléchi.
Bien sûr, il y a ce rêve, hier et je l'ai déjà fait avec mon ex, mais c'est un homme.
Les vidéos que j'ai vu quand je m'interrogeais sur mes sentiments étaient explicites. Mais si je me réfère à la différence qu'il y a entre les vidéos hétérosexuelles et mon expérience, je ne peux pas m'en inspirer.

En plus, Anne ne l'a jamais fait d'après ce qu'elle a dit hier.

C'est décidé, je n'aurais même pas dû m'interroger, je refuse catégoriquement que notre première fois soit à la va-vite dans des toilettes. On va prendre notre temps.

Maintenant, retour à la case départ, gérer ces pulsions sexuelles.
Je vais faire comme les japonais lors du tsunami et utiliser l'eau froide.
Bien sûr le plus efficace serait de refroidir directement le réacteur mais je suis sûre que de m'en occuper ici avec Anne comme spectatrice entraînerait une réaction en chaîne totalement incontrôlable avec un effet diamétralement opposé, très sûrement merveilleusement agréable mais absolument contraire à la décision que je viens de prendre d'attendre un moment plus romantique pour explorer cette dimension horizontale de notre relation.

Je me dirige vers le deuxième lavabo et tout en ouvrant le robinet d'eau froide, je fais la remarque totalement idiote mais sensé me justifier:
- Il fait très chaud aujourd'hui !

La championne du monde du lieu commun que je deviens grâce à ce bijou de concision s'asperge d'eau sur tout le visage et la nuque. Je fais très attention à ne pas mouiller mon T shirt pour éviter que l'excitation de mes seins devienne apparente. Une fois, ma température interne redescendue à des niveaux acceptables et considérée comme normale par l'académie des sciences, je m'empare d'un papier et m'éponge avec.
L'eau et toutes mes digressions ont fait retomber la pression. C'est plus sereine, que je me redresse et regarde Anne par l'intermédiaire du miroir.

Point de vue d'Anne

Stéphanie, pourquoi j'ai autant envie que tu me caresses, que tu me lèches et que tu dégustes mon clitoris?
Jamais je n'ai eu pareil désir.
Hier, après le rêve érotique, j'étais toute chose, c'est vrai, mais là je suis une vraie obsédée !
C'est surement parce que c'est la première fois que j'ouvre mon cœur.
Oui, mais cela ne veut pas dire que je dois ouvrir les cuisses.

Oh , non, maintenant je deviens vulgaire!!

Allez ma fille, passes-toi de l'eau sur le visage cela te rafraîchira les idées.
Hummmmm que j'aimerais que ce soit les mains de ma douce à la place de ce bout de papier.

Oh! Elle vient de rentrer dans les toilettes. Elle est derrière moi à me fixer. J'adore, son regard suit ma main. La coquine, elle l'a arrêté sur ma poitrine. Il n'y a pas que moi qui aie les hormones en ébullition. Hihihi!

Savoir que je l'attire, ou plutôt que ma poitrine l'hypnotise me fait un effet immense. J'ai envie de hurler à mon aimée : fais-moi l'amour!

( Silence intérieur)

Mais je ne suis qu'une immonde égoïste, toujours moi !
Stéphanie se fait poignarder pour ME sauver.
JE la fais pleurer parce que JE suis puérile avec des doutes dont elle n'est pas responsable.
Et maintenant, JE n'envisage même pas procurer du plaisir à ma femme.
Non je ne pense qu'à moi et à ce que j'aimerais qu'elle me fasse comme douceur.

Je ne suis vraiment pas digne de l'amour de Stéphanie.
Et devant ce constat je fonds en larme.


Point de vue de Stéphanie

J'observe ma chérie et au lieu de la voir radieuse, je la vois pleurant.
Après m’être copieusement insultée pour avoir laissé mes hormones se déchaîner alors que la femme de ma vie se ressentait encore de l'agression qu'elle a subi hier, je prends ma douce dans mes bras pour la réconforter.
- Mon Amour ne t'inquiète pas, tu es en sécurité ici.

Au lieu de la calmer, ma petite phrase la fait pleurer de plus belle. Je suis un peu désemparée. Heureusement elle se met à parler:
- Je ne dois pas être avec toi.

Mes jambes, d'un coup, ne me soutiennent plus. Je ne m’effondre pas parce qu'Anne me rattrape. Ses larmes se sont arrêtées et ses yeux m'observent inquiets. Un éclair de compréhension passe dans ses deux saphirs et elle me dit alors :
- Je t'aime et je n'ai absolument pas honte d'être avec toi. Je ne suis simplement pas digne de ton amour.

Soulagée, je l'embrasse et tente de faire passer tous mes sentiments par ce baiser. Mais comme précédemment l'effet est désastreux, ma femme se remet à pleurer. Mais là, elle s'explique en même temps :

- Tu es généreuse et moi égoïste. Tu penses à moi et t’inquiètes immédiatement d'une éventuelle angoisse due à notre agression alors que moi je ne pense qu'à te demander de me faire l'amour. Tu te sacrifies pour moi et moi au lieu de te montrer mon amour je remets en doute le tien.
Là, j'utilise la technique du baiser coupe-bêtise que j'ai inventé ce matin. Et les propos de ma belle sont enfin analysés par mon cerveau. Ce qui me fait immédiatement stopper et réagir :

- Tu veux que je te fasse l'amour?
Cette répartie a le mérite de la calmer et de la faire rougir. Et Dieu qu'elle est belle quand elle rougit. Elle me répond :

- Oui, mais ce n'était pas l'information la plus importante de mon discours.
- Oh si, tout le reste ce sont des carabistouilles que je vais excuser en les attribuant au contre coup d'hier.
- Et pourquoi tu les sépares de mes pulsions sexuelles?
- Parce que j'ai les mêmes et que cela me fait trop plaisir de n'être pas la seule obsédée.

Avant qu'elle ne continue la discussion, je l'embrasse à nouveau puis conclue par :
- Anne, tu es la Femme de ma vie. Je ne veux pas que tu te dévalorises devant moi. J'ai aussi envie de te faire l'amour mais j'ai très peur car je ne sais pas comment faire.

Elle me coupe par ma technique du baiser, la copieuse, et continue avec :
- Moi non plus je ne sais pas comment on fait mais je sais que si c'est avec toi cela ne pourra qu'être merveilleux.
- Merci, mais tu n'es pas objective.
- Autant que toi.
- Ok, ce que je voulais dire avant que tu me coupes par ton merveilleux baiser.

Et elle m'embrasse à nouveau et demande:
- C'est d'un baiser comme ça que tu parlais? ou plutôt de celui là?

Anne recommence en introduisant sa langue cette fois ci. Je suis obligée d'interrompre cette exquise sensation, car mon corps recommence à être en ébullition. Je lui dis :
- Anne tu n'es pas possible, comme veux-tu que je résiste?
- Qui te dit que je veux que tu résistes?
- C'est de ça que je veux te parler depuis tout à l'heure. Je veux attendre d'être dans des conditions plus tranquilles et romantiques pour nous découvrir.
- Tu as évidement raison mais j'ai du mal à résister.
- Moi aussi.

Après un dernier baiser, nous remettons de l'ordre dans nos tenues et allons rejoindre nos mères. "
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 20:48

Chapitre 14


Bras dessus bras dessous, les filles reviennent à la table.
Elles sont plus sereines, même si leur désir de l'autre est toujours présent.
Mais maintenant, il n'est plus subi comme une invasion de leur esprit, fini le sentiment d'être un monstre de perversion.
La conversation qu'elles viennent d'avoir leur a permis de savoir que l'autre ressent les mêmes pulsions. Elles ont compris que c'est normal d'avoir ces envies quand on est une femme amoureuse.
En plus, comme elles savent maintenant que c'est ensemble qu'elles vont découvrir l'amour au féminin l'angoisse de n'être pas à la hauteur a disparu. Bien sûr, cet inconnu les inquiète toujours un peu mais avec la femme de leur vie, elles sont certaines que cela ne peut que bien se passer.

A leur arrivée, Nathalie interroge sa fille sur ses deux premières semaines dans son école de kinésithérapie.
La demoiselle comprenant qu'il s'agit de relancer la discussion, qui n'a d'ailleurs jamais vraiment commencé avec la tension sexuelle entre les deux jeunes filles, accepte de bonne grâce.

Point de vue de Stéphanie

Je me lance dans le récit :

- Je commence par le début le premier jour de cours.
Comme d'habitude, je n'avais pas pu m'endormir avant deux heures du matin et c'est donc en catastrophe que j'ai dû me préparer pour ne pas rater le train.
Heureusement pour moi, il ne me faut qu'un quart d'heure entre mon lever et le laçage de mes chaussures sinon il me serait passé sous le nez.

J'arrive à mon école où je croise deux anciens élèves de ma prépa et on échange quelques banalités.
Le directeur nous accueille. Il est habillé comme dans la revue du chasseur français, une veste en tweed, chemise crème avec des lignes horizontales et verticales de couleur, un pantalon en velours côtelé et surtout une belle moustache comme dans la série des brigades de tigre. Par chance pour moi, il n'a pas d'accent sinon je n'aurais pu me retenir de rire.
Son discours a servi autant à nous gonfler l'égo qu'à tresser des lauriers à son école.

Ensuite le responsable de la première année est venu nous présenter le programme et nous parler du déroulement de l'année.
Toute la partie théorique est classique. Ce sont des cours magistraux avec soit des formateurs de l'école, soit des intervenants extérieurs, médecins, chirurgiens ou kinés.
Ce qui l'est moins c'est la partie pratique.

Il faut que vous sachiez qu'en juillet, avec la confirmation de notre réussite au concours et notre formulaire d'inscription, on nous a donné la liste des fournitures dont on aura besoin pour l'année et entre le mètre de couturier, les fils à plomb et autre goniomètre se trouvait un maillot de bain deux pièces pour les filles, une grande serviette de plage, des tongs et une blouse de chimiste.

Je dois dire que je ne suis pas particulièrement une militante du M.L.F. mais là nous obliger au port du deux pièces pour, j'en étais sûr, les cours de balnéothérapie cela me choquait quand même un peu.

C'est pendant cette réunion que j'ai compris mon erreur et la raison de cette demande.
Les élèves de première année de kiné passent toutes leurs matinées en travaux pratique à apprendre les techniques masseurs kinésithérapiques en étant alternativement masseur puis massé, mesureur puis mesuré, kiné puis patient.
Pour travailler sur nous-même, il faut que notre corps soit accessible facilement et décemment d'où le maillot de bain pour l’accessibilité et la blouse pour la décence et éviter d'avoir froid. Autre précision, pendant ces matinées, nous sommes repartis en quatre groupes.

La première semaine, les TP ont été consacrés à l'étude du corps. Nous avons, lors du premier cours chacun notre tour défilé en maillot de bain et pied nu devant les autres. Le prof faisant des remarques pour porter notre attention sur tel particularisme de notre marche, sur une épaule plus haute que l'autre, sur une éventuelle scoliose. Bref chacun a eu son costard pour l'hiver, ce qui fait que même les beaux gosses et autre bimbos ont compris qu'il fallait jouer profils bas niveau physique.
Le reste de la semaine a été consacré à l'apprentissage de la prise de mesure aussi bien articulaire que segmentaire pour permettre d'établir des références d'un côté par rapport à l'autre ou du début de la rééducation avec la fin.

La deuxième semaine, nous avons commencé les mobilisations et les massages.
Autant les premiers TP étaient classiques dans la prise de note car l'élève qui jouait le rôle du patient aidait celui qui faisait le kiné, l'un écrivait sur la feuille pendant que l'autre lui traçait des repères au crayon pour les yeux sur la peau.
Mais là, c'est plus compliqué.
Celui qui fait doit apprendre le geste et enregistrer les informations qu'il doit surveiller pendant l’exécution de la manœuvre.
Celui qui subit doit se concentrer sur son ressenti pour analyser sa propre pratique future.

Donc on doit s'inventer un langage, avec des croquis, des plus et des moins et même parfois des impressions.
Le plus compliqué c'est les massages.
Évidemment, au début du premier cours, certains élèves étaient un peu mal à l'aise mais étant donné que très vite, il a fallu s'exercer en reproduisant le bon geste et pour les massés sentir les effets positifs ou négatifs qu'ils entraînent,
l'ambiance midinette minaudant a très vite laissé la place à des professionnelles qui se concentraient pour apprendre une technique.

C'est tellement devenu naturelle et sans arrière-pensée, que vendredi les intervenants n'avaient plus besoin de rappeler qu'il fallait dégrafer le soutien-gorge quand on était patient, nous le faisions une fois allongées sur le ventre."


Au moment où je bois mon chocolat chaud après cette grande tirade, je vois Anne blanche comme un linge se lever en disant qu'elle va chercher du coca à la cuisine. Intriguée par son comportement, je vais pour l'accompagner quand ma mère pose sa main sur la mienne pour me faire rester à ma place et je vois Bérénice suivre sa fille.

Ma mère me dit, une fois les deux femmes disparues :

- Stéphanie rassure moi, tu as compris ce qui vient de se passer?
- Bah oui Anne est en hypoglycémie et elle est allée se chercher du coca et sa mère l'accompagne pour qu'elle ne fasse pas de malaise vagal.

Ma mère se masse les tempes puis l'arête du nez avant d’ajouter :

- Non, ma chérie, absolument pas. Anne vient de faire une crise de jalousie. Elle est bien élevée donc elle est restée discrète. Mais je peux te dire que ta chérie est du genre très jalouse surement parce qu'elle n'a pas confiance en elle.
- Comment tu as vu tout ça? Pourquoi serait-elle jalouse, je n'ai rien fait?
Et oui, elle n'est pas sûre d'elle et en plus je suis ...

Heureusement j'ai réussi à m’arrêter avant de trop parler.
- Comment tu as vu tout ça maman?
- J'ai vu qu'elle a changé de couleur quand tu as parlé de tes TP en maillots de bain deux pièces et elle a franchement pâli quand tu as négligemment évoqué le fait que vous dégrafiez spontanément vos soutien-gorge.
- Mince ! Mais c'est pour apprendre à masser.
- Je sais ma chérie, mais il va te falloir y aller en douceur avec Anne, la rassurer. Après cela ira mieux.
- Je ferais tout mon possible. Mais j'ai peur de lui faire mal sans m'en apercevoir comme aujourd'hui.
- C'est l'apprentissage de la vie de couple. Votre réussite à vous entendre fera votre longévité.
- Merci de m'avoir aidé maman.
- C'est normal.



Dans la cuisine du salon de thé

Bérénice entre après sa fille. Elle est en colère mais contrôle sa voix pour que ses invités n'entendent pas :

- ANNE MELIANA, quel est ce comportement? Tu veux que Stéphanie arrête ses études? Parce que si tu continues à être jalouse, pour rien, de ses camarades, elle t'aime si complètement que pour toi elle trouvera une raison de stopper son école ! Tu n'as pas vu le plaisir qu'elle a de les suivre?

Laissant ses larmes couler, la danseuse répond :

- Je sais tout ça. J'essaye de me contrôler mais c'est dur. J'ai tellement peur de la perdre, qu'elle trouve mieux ailleurs ou pire qu'elle me dise qu'elle s'est trompée.

La maman prend sa fille dans ses bras et lui chuchote à l'oreille :

- Pour toi, tout ça est nouveau. Parles avec elle, dis-lui tes craintes mais préserve-la, car si elle n'a pas hésité une seconde à foncer sur un homme armé pour te défendre, abandonné ses études ne devrait pas la faire ciller.
- Je sais et je vais faire attention.

Après un dernier baiser et avoir trouver le coca, elles retournent à leur place.

A la table

Bérénice prend la parole :

- Anne, as-tu déjà fait visité ta boutique d'affaires de danse?

Stéphanie réagit avant sa Douce :
-J'aimerais vraiment, depuis que tu m'en as parlé dans le vestiaire, j'ai hâte de la voire.
- C'est facile c'est l'annexe du salon de thé qu'on a aménagé en boutique.
- Chérie, si tu faisais visiter Nathalie et Stéphanie pendant que je débarrasse la table.
- D'accord maman, mais on pourrait aussi t'aider à débarrasser et faire la visite ensemble?
- Ta fille a raison Bérénice, je t'aide à faire la vaisselle et nos filles rangent le reste. Comme ça cela ira vite.

En vingt minutes, tout est rangé et elles se retrouvent dans l'annexe abritant le magasin.
Tel des enfants dans un magasin de jouet, le professeur de danse et sa fille regardent partout, commentent chaque justaucorps ou chausson qu'elles trouvent. Pendant près d'une heure le magasin est décortiqué, analysé et unanimement loué. Les joues roses, Anne les en remercie.

Soudain Nathalie regarde sa montre et s'écrie, tel le lapin dans Alice au pays des merveilles :

- Je suis en retard pour mes cours de danse. Steph, je ne peux pas te ramener maintenant à la maison.
- Ne t'inquiète pas Nathalie, elle peut rester ici jusqu'à ce que tu aies fini.
- Merci Bérénice. En plus maman, cela va me permettre de travailler sur la chorégraphie de samedi avec Anne.

Instantanément et simultanément Stéphanie se retrouve braquée par trois paires d'yeux aux sourcils froncés de désapprobation.
Levant les mains en signe de paix, elle reprend :
- Je parlais de travailler sur la vidéo et éventuellement la partition si je la trouve sur le net.

Visiblement rassurées, l'affaire est entendue. Nathalie va donner ses cours et les deux amoureuses montent dans l'appartement de la famille d'Anne qui est situé au-dessus du salon de thé fermé le lundi.



Dans le salon d'Anne


Les filles sont devant la télé. Elles viennent de décortiquer la chorégraphie grâce à la vidéo de la fée dragée. Stéphanie a trouvé la partition de la musique et elles ont placé chaque pas sur la partition pour ensuite faire de même avec le cd qu'Anne va utiliser. Ainsi la danseuse a compris les raisons des quelques difficultés d'enchaînements qu'elle avait.

La pianiste commente :
- C'est vraiment très technique et tu as réussi à la danser.
- J'arrivais à faire tous les pas sur la musique mais je n'ai jamais réussi à danser la chorégraphie.
- Mon amour, tu es trop dure avec toi.

Stéphanie s'est rapprochée d'Anne, a pris son visage entre les mains et l'embrasse à la fin de chaque phrase:
- Faire tous les pas.
Quand cela fait trois ans qu'on a quitté l'école de danse
Quand on suit une scolarité normale de 7 heures par jours
Quand on doit travailler ses cours pour passer son bac
Moi j'appelle ça danser de la meilleure des façons.

Anne inverse les rôles :
- Tu as oublié quand on travaille au salon de thé de sa mère pour se faire l'argent de poche.

Devant l'air choqué de sa chérie, elle l'embrasse passionnément pour éviter qu'elle réplique.
Juste au moment où leurs mains commencent à s'aventurer dans une exploration peu chaste, Nicolas rentre de son travail au fast-food et s'exclame :

- Bonjours Stéphanie, n'oublie pas de respirer. Les tissus cicatricielles ont paraît-il besoin de plus d’oxygène.

Les demoiselles se sont écartées dès le début de la tirade. L'interpellée réplique :
- C'est vrai?
- Je viens de l'inventer pour t'embêter.

Et là, il reçoit un coussin de la part de sa sœur. Mais avant de pouvoir répliquer, sa mère et Nathalie arrivent derrière lui et signale leur présence par un bonsoir. Après que les filles aient fait un tour dans la chambre d'Anne pour se dire bonne nuit convenablement, les femmes Dupont remercient pour la très agréable après-midi qu'elles ont passé et s'en retournent chez elles."
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 21:05


Chapitre 15

Mardi

point de vu de Stéphanie

Après une soirée passée à réfléchir sur ce que m'a dit ma mère à propos de la jalousie de ma chérie, le réveille a été très dur. Oui, je sais tous mes matins évoqués ici sont des courses poursuites contre le temps et ce dernier à quasi gagné à chaque fois.
Mais là, c'est pire, il me faut être en avance à l'école pour donner mes papiers de l’hôpital justifiant de mon absence de la veille et prévenir les formateurs des travaux pratiques de mon impossibilité à être patiente pendant quelque temps pour tous les massages au niveau du tronc. Mon réveil sonne, donc, une demi-heure plus tôt que d'habitude.
Tel un zombie, je me dénude et je rentre dans la douche.
Heureusement, par reflexe, j’attrape le pommeau de douche avec ma main gauche. La douleur, qui s'en suit me rappelle, immédiatement, l'impossibilité de me laver ainsi. Fortement contrarier de ne pouvoir suivre mon rituel du matin, seul capable de m'assurer une sortie des bras de Morphée agréable et complète, je me met devant le lavabo et me lave au gant pestant contre le froid et le manque d'agrément de la méthode.
Perdu dans mon obnubilation, lors de mon choix de l'heure de réveille, j’ai compté sur ma promptitude habituelle pour me préparer et une fin au sprint pour attraper mon train. Dans l’incapacité de le réaliser du faite de ma cicatrice, j’ai raté celui que je voulais prendre et j’arrive juste dix minutes avant le début des cours.
C'est au pas de charge que je dois mener toutes mes démarches et c'est en ayant juste effilée mon bas de maillot de bain, conservant mon haut trop douloureux à enlever, que je me présente à la salle de tp avec 5 minutes de retard. Le professeur, informé par mes soins dix minutes avant, ne fait aucun commentaire.
Il m'a attendu, c’est l’avantage d’être dans une école de kinésithérapie, les soucis de santé sont pris en compte, il commence, alors, l'exposé de la théorie de la pratique du jour.
À l'intercours quelques camarades viennent m'interroger sur mon absence de la veille et ma tenue inhabituelle. Prise de cours, je dis que je me suis blessée dimanche et que c’était trop bêtement pour raconter les circonstances sans passer pour une nunuche donc que même sous la torture je n’avouerais rien. J’accepte juste de préciser la localisation de la plaie ce qui ouvre un débat sur le muscle touché et les mouvements douloureux et proscrits.
Fière de m’en être sortie si bien, je reprends ma vie estudiantine.
A midi, entre les carottes râpées et la côte de porc purée, mon téléphone sonne et le monde s’arrête. Je suis dans une parenthèse enchanté, un instant idyllique, ma Dulcinée, ma Femme, Anne est la petite fée responsable de ce miracle et du sourire idiot sur mes lèvres. Elle m’appelle pour prendre de mes nouvelles. Notre conversation est, honnêtement, des plus banales mais elle me touche et me met en joie. Finir le repas est difficile, il est froid et là je ne veux qu’une chose : rentrer, prendre ma Douce dans mes bras et l’embrasser.
D’accord cela fait trois vœux mais pourquoi l’amour serait qu’aveugle, hein ?
Chez moi il entraine aussi de la dyscalculie.
De retour à l’école, comme les deuxième et troisième années après leur stage matinal à l’hôpital, je me fais aborder par la secrétaire du bureau des étudiants. Elle m’informe que la soirée d’intégration se passera ce jeudi à partir de 22 heures sur une péniche arrimée sur les quais de seine. Elle me donne l’adresse et me précise que le trésorier doit venir me voir à la fin de mes cours, qui coïncident avec ceux des siens, pour voir le nombre de place que je veux prendre.
A peine le temps de m’étonner qu'elle et le trésorier, deux étudiants d’année différente de la mienne, me connaissent et savent que je n’ai pas été mise au courant de cette soirée dû faite de mon absence la veille, qu’un garçon, que je n’ai jamais vu vient me serrer la main.
Il enchaine en me félicitant pour mon courage d’avoir sauvé ma femme au péril de ma vie et me conseille de porter mon bras gauche en écharpe pour ne pas entrainer des contractures de défense.
Je n’ai le temps que de dire merci qu’il est déjà reparti vers sa salle de cours.
En me retournant pour faire comme lui, je m’aperçois que la scène vient d’intéresser quelques élèves, dont mon ancienne interlocutrice, qui l’air de rien se dépêche de s’éloigner avant que j’émette le moindre commentaire.
Je ne sais quoi penser de ce que je viens de vivre et décide de me concentrer sur les cours et de laisser l’avenir là où il est, c'est-à-dire plus tard.
Les quatre heures de cours ponctuées d’autant de poses, merci les fumeurs invétérés, passent.
J’essaie de joindre Anne pour lui demander si elle serait d’accord pour m’accompagner à cette soirée qui n’aimant pas l’alcool, la musique moderne et le monde risque d’être un véritable calvaire si j’y vais seule. Je n’arrive pas à l'avoir.
A 18 heures, en rangeant mes affaires je décide de demander un délai pour l’achat des places.
A la sortie de la classe, le trésorier, un garçon de troisième année, vient à ma rencontre après avoir regardé un papier et observé l'ensemble des élèves de ma classe. Il me demande alors:
-" tu es Stéphanie Durant?
-oui, mais comment le sais-tu?
-en début d'année tu as donné une photo d'identité et on l'a utilisé pour faire un trombinoscope. D'ailleurs voilà le tien ce sont tous les élèves de l'école avec leur noms et leur adresse Email.
-merci. Je suppose que cela a été distribué hier?
-oui, d'ailleurs félicitation pour ton courage, ta cicatrice ne te fait pas trop mal?"
Un peu interloqué, je reste malgré tout polie et répond:
-"merci et ma cicatrice me laisse tranquille quand je reste tranquille avec mon bras gauche.
-met l'écharpe comme ta dit bob, cela t'évitera des complications"
Je le coupe:
"-Bob?
-un grand brun pas très costaud qui est en stage dans l'hôpital où tu as été hospitalisé.
-oui je vois.
-bon tu prends deux places, pour ta femme et toi pour jeudi?"
Le naturel avec lequel il me pose la question me sidère tellement que je ne peux que lui répondre:
"- je n'ai pas pu encore lui en parler n'étant au courant que d'aujourd'hui. En plus elle a coupé son portable. Je peux te le dire demain?
-J'ai le même problème avec ma copine, elle est toujours au téléphone et quand je veux la joindre elle ne me répond quasi jamais. Demain c'est la limite parce que s'il nous reste des places il faut impérativement qu'on puisse les vendre aux étudiants des autres écoles pour rentrer dans nos fonds.
-je te donne ma réponse demain sans faute, bonne soirée.
-bonne soirée."

Je me dirige alors vers la sortie et je suis interceptée par les 4 élèves, Alain, Bernard, Julie et Chloé, qui m'ont interrogé ce matin.
Alain: « alors sauver sa femme est considéré comme passer pour nunuche maintenant?"
Chloé: « Parce que pour nous, c'est un acte de pure héroïsme"
Bernard: « bien sûr nous ne sommes que des étudiants en kinésithérapie "
Julie: « mais nous on aimerait être sauvé par nos moitié ainsi"

Je reste bouche bée devant ce quatuor. Eux, ils éclatent de rire et me disent qu'ils ont répété lors de la dernière pose quand ils ont appris ce qui c'est vraiment passé. Je m'apprête, en bafouillant un peu, à leur expliquer pourquoi je ne leur ai rien dit et il recommence à nouveau:
Julie: « nous comprenons que c'est ta vie privée »
Bernard: « nous la respectons et jamais ne jugeons »
Chloé: « nous n'attendons pas de confession ou de contrition »
Bernard: « juste nous sommes là comme tes compagnons ».

Là j'applaudis très émue et je veux les prendre dans mes bras pour les remercier mais ils se dérobent en me rappelant que je suis blessée.
Nous allons ensemble jusqu'à la station de métro. Je m'étonne au près d'eux de leurs complicités. Ils m'expliquent qu'ils étaient l'an dernier dans la même prépa, passionnés de théâtre et originaire de province, ils se sont naturellement rapprochés. Ensuite, Ils ont pris un appartement en collocation. J'ai juste le temps de leur parler de ma passion pour la danse et le piano avant de nous séparer.

Une fois seules, je repense à cette journée.
Je suis contente que les quatre mousquetaires m'aient trouvé, ils ont l'air vraiment sympa.
Mon statut d'homosexuelle ne semble gêner personnes dans l'école.
Les cours sont toujours aussi intéressants et l'ambiance studieuse pousse au travail.
Et dans une heure je retrouve Anne.
Bon, je travaille dans les transports en commun cela m'évite de perdre du temps.
Évidement mon esprit en décide autrement et s’interroge sur tout autre chose que la pathologie ou l'anatomie:
-suis-je homosexuelle ou bi?
-est ce que je suis attirée par les filles et les garçons?
-est que j'ai eu du désir pour la fille ou le garçon que j'ai massé ce matin?
Après une introspection de quelques minutes, j'en viens à la conclusion que je n'ai rien ressentie, mon intérêt est purement professionnel.
Remarque cela tombe bien cela fait deux jours que je suis avec ma chérie, je serais une horreur si je fantasmais déjà sur quelqu'un d'autre.
J'essaie de me replonger dans mon cours mais je n'arrive à rien. Je me mets à regarder par la fenêtre ne pensant à rien.
Et là, je me souviens, d'après les scientifiques mon cerveau est baigné de tout un tas d'hormones qui me font voir Anne comme la huitième merveille du monde, ce qu'elle est d'ailleurs en toute objectivité. Donc toutes ses questions sur mon identité sexuelle n'ont pas lieu d'être tant que je suis folle de ma Dulcinée car actuellement je n'ai qu'une orientation sexuelle: elle.
Et j'espère ne jamais en changer.

Je somnole sur mes cours plutôt que de les travailler, je ne me suis pas aperçue avant de mon état de fatigue. C'est le besoin viscéral de voir ma Douce qui me fait me lever de mon bureau.
À 19h30, je suis devant le salon de thé de Bérénice et sonne à la porte de l'appartement privé. C'est Nicolas qui est descendu m'ouvrir. Je l'embrasse pour lui dire bonjour et le suit jusqu'à chez lui. Il me dit que sa sœur se prépare comme pour le bal des débutantes. Il se retourne vers les chambres et cri : -"Anne, ta cavalière est arrivé et elle, elle n'a pas fait d'effet de toilette."
Au moment où j'allais lui faire remarquer que je ne suis pas non plus habillé comme un épouvantail, sa mère me devance en lui bottant le derrière et en lui rappelant que ce n'est pas comme ça qu'on parle à la fiancée de sa sœur.
L'entendant, je fais un arrêt sur image.
J'ai de la chance d'avoir une belle-mère si compréhensive. Mais Il faut au moins que nous ayons nos diplômes pour nous marié, donc Bérénice ne sera ma belle-mère pas avant trois ans.
Eh mais ce n’est pas possible dans ma tête. Je ne connais Anne que depuis 10 jours, je suis avec que depuis 3 et déjà je pense mariage. Manquerait plus que je décide de ma tenue et de la couleur des nappes maintenant !
Pour ma tenue, je n’en ai pas la moindre idée mais pour ma chérie, je la vois bien avec un bustier crème bien ajusté avec des broderies dessinant des arabesques bordeaux et se fermant dans le dos par un lacet et la jupe, en satin crème, longue mais pas avec une traîne.
Au moment où je m'interroge sur la nature du pendentif, une perle de culture crème comme la robe ou un saphir bleu comme les yeux, une douce chaleur apparaît sur ma joue, un parfum envoûtant à la vanille m’envahit et la voix d'une sirène me propose un baiser pour mes pensées. ANNE!
J'ouvre immédiatement les yeux, je ne me suis pas aperçue que je les avais fermés, et plonge dans ceux bleu azur de ma douce.


Point de vu général

La mère et le frère assistent à la connexion visuelle des deux amoureuses. L'intensité est tel qu'ils se sentent obscène à les regarder ainsi et silencieusement ils sortent de la pièce.
Mais le temps file et l'heure de la répétition est proche. Bérénice revient au salon pour les en avertir. Elle interrompt alors un baiser torride. Les filles sont gênées de n'avoir pu refréner leur passion et d'être surprise ainsi. Elles utilisent le prétexte d'être en retard pour fuir.


Point de vu de Stéphanie

Nous avons presque couru jusqu'à ma voiture. Une fois installé à l'intérieur nous nous regardons enfin et nous éclatons de rire aussi bien pour évacuer la pression qu'à cause du comique de notre comportement d'enfant prise à voler un bonbon, alors que nous sommes censées être deux adultes. Il nous faut cinq minutes pour nous calmer et enfin partir très en retard à la salle de danse.
Pendant le cours trajet, je résume ma journée à ma douce et conclu sur la tolérance auquel j'ai eu droit.
Arrivé devant la salle nous restons immobiles et silencieuse dans la voiture pendant quelques secondes, nous y sommes bien et nos lassitudes nous poussent à la paresse.
Mais un regard nous décide à bouger et nous allons au vestiaire pour que ma danseuse étoile puisse se changer.
Lorsque nous y sommes, je lui parle de la soirée d'intégration en lui expliquant que ce n'est absolument pas ma tasse de thé mais que je veux faire un effort pour qu'une fois, au moins, je m'intégrer dans l'école où je suis.

Elle me répond, blanche:
-" tu me laisses seule pour la répèt mais ne t'inquiète pas j'en ai l'habitude. Et ne t'en fais pas tant, tu ne devrais pas t'embêter longtemps à cette fête, belle comme tu es?"

Avant, que je ne réplique quoique ce soit, elle est déjà sortie du vestiaire. Étant toujours avec mes chaussures de ville, je me dépêche d'enfiler mes chaussons de danse et me précipite dans la salle.
Je la retrouve à l'extrême droite de la barre, le plus près du mur possible, le plus loin de la porte. Elle me fuit. Elle est toujours très pâle, faisant des échauffements, les lèvres pincées, les yeux brillants de larmes retenues et évitant ostensiblement de me regarder.
Je m'approche d'elle et l'enlace pour lui murmurer tout l'amour que je ressens pour elle et lui expliquer ce que je voulais réellement lui dire mais avant de me laisser m'explique, dans un mouvement d'humeur elle se dégage de mon étreinte et part par la gauche.
Evidemment, conformément à la théorie de l'emmerdement maximal, comme elle est plus petite que moi, en se retournant, pour s'esquiver, son coude heurte ma cicatrice. Si le coup de poignard, grâce à l'adrénaline dû à la peur pour ma belle, a été indolore, là la douleur m'a coupé le souffle, plié en deux et tiré des larmes.
Je sens venir le malaise donc je m'allonge et commence à ventiler pour espérer y échapper.
Pendant que je contrôle du mieux que je peux pour rester consciente j'entends un cri d'horreur et les tap tap précipité des pointes sur le parquet.
Anne apparaît au-dessus de moi et me rafraîchit avec sa serviette mouillée grâce à sa bouteille d'eau.
Incapable de parler car j'utilise toute mon énergie pour retrouver mon souffle et contrôler le douleur, je laisse ma douce dans l'ignorance de mon état.
Les joues ruisselantes de larmes, elle psalmodie en boucle:
-"Non, Stéphanie ne meurt pas. Ne me laisse pas, je ne pourrais pas y survivre. Je ne peux être à nouveau seule maintenant que je sais ce que c'est d'être entière et heureuse. Si je ne te suffis pas, ce sera dur mais je te laisserai aller voir ailleurs, mais ne meurt pas Stéphanie, je t'en supplie."

Après ce qui me semble être une éternité, je reprends, enfin, le dessus, stimulée par la détresse voir le désespoir d'Anne. Ce coup de fouet est suffisant pour évacuer au second plan, la douleur et mon malaise. J'arrive à attraper sa main, elle sursaute comme si elle se réveillait et contrôlant suffisamment ma voix je lui dis:
-" Amour, je vais bien c'est juste parce que notre conversation de ce midi m'a agréablement privé d'un mauvais repas et que j'ai quand même été un peu touché par ton mouvement d'humeur."

Essuyant ses joues avec sa serviette et buvant à sa bouteille, pour reprendre pied il me semble, elle me parle:
-"Chérie, je sais que tu es en train de me mentir pour essayer de me rassurer et de me déculpabiliser. Tu as fait la même chose dimanche. Je suis impardonnable et rien ne me fera changer d'avis mais l'heure est à tes soins."
Adoptant le ton de ma mère pour réprimander une élève indisciplinée, je réplique:
"-minute papillon, l'heure est à la mise au point.
Plus jamais, tu m’entends, plus jamais tu oses insinuer en ma présence que tu n'es pas tout pour moi. Tu es mon âme sœur, rentre le dans ta très jolie caboche. Il n'y a personne d'autre que toi dans mon cœur.
Ensuite, je me suis sûrement mal exprimé dans le vestiaire. Ce que je voulais c'était t'inciter à venir avec moi pour que ce pensum qu'est pour moi cette soirée qui réunit tout ce dont j'ai horreur, l'alcool, la musique trop forte et le monde devienne un jour mémorable. Je veux que ce soit notre premier rendez-vous. Si tu acceptes de m'accompagner je veux t'inviter d'abord au restaurant pour être enfin seule avec toi dans un cadre romantique et terminer sur la péniche.
Et enfin, est ce que je n'aurais des compliments de toi que lorsque tu seras en colère?"

La femme de ma vie est à nouveau en larme, mais son visage est partagé entre la joie et la culpabilité, elle me demande:
-"je suis infiniment désolée Stéphanie de ce que je t'ai fait ce soir mais ne comprenant pas ce que tu me trouves, je m'attends toujours à ce que tu t'aperçois de ma médiocrité et rompt."
Et là, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase, après ces 3 jours plus que difficile mon seuil de tolérance est atteint, j'oublie la douleur qui pulse dans ma cicatrice, je me relève et amène Anne devant la glace et l'engueule:
-"REGARDES TON VISAGE D'ANGE, TES YEUX D'UN BLEU SAPHIR ET TON CORPS TOUT SIMPLEMENT PARFAIT.
TU DANSES SI MERVEILLEUSEMENT BIEN QUE JE SUIS TRANSPORTÉE À CHAQUE FOIS QUE JE TRAVAILLE AVEC TOI
ET TU ES LA SEULE PERSONNE POUR QUI J'AI EU UN COUP DE FOUDRE ALORS QUE JE CROYAIS CELA DU DOMAINE DU MYTHE
DONC JAMAIS PLUS TU NE DIS QUE TU ES MÉDIOCRE OU QU'IL M'EST POSSIBLE DE TE QUITTER DEVANT MOI CAR TU M’ES AUSSI INDISPENSABLE QUE L'OXYGÈNE POUR VIVRE.
ANNE JE T'AIME ET JE COMPTE PASSER TOUTE MA VIE A TES CÔTES"

Au moment où je la retourne vers moi pour l'embrasser, l'épuisement se rappel à moi et je m'étale sur le sol, ralenti de justesse par Anne qui amortie ma chute et évite que ma tête cogne contre le parquet.

Paniqué, ma chérie veut appeler les pompiers. Heureusement ce n'est qu'un étourdissement donc je l'en dissuade. Je lui demande de prendre les clefs qui sont restées sur la porte du vestiaire et d'aller dans le bureau de ma mère, de prendre à l'intérieur du le placard qui se trouve à droite de la porte d'entrée, en bas à gauche, la bouteille de coca et la boite à gâteaux qui se trouve sur l'étagère du dessus et de me les amener.
Je profite de son absence pour regarder si ma cicatrice c'est rouverte.
Je soulève donc mes vêtements, décolle les pansements en serrant les dents puis regard grâce au miroir l'état de la plaie. Aucun des points n'a sauté, par chance et pas de suintement ou d'écoulement de sang. L'hôpital n'est pas nécessaire. Elle revient juste au moment où je recolle les pansements. En fronçant les sourcils, qu'est-ce qu'elle ressemble à sa mère à ce moment-là, elle me dit:
-" tu m'as envoyée te chercher tout ça pour avoir la possibilité de me cacher une éventuelle aggravation parce que tu penses devoir me protéger?
Mais je suis une adulte moi aussi et j'aimerai avoir mon mot à dire dans notre couple. "

Honteux devant l'évidence de ses paroles, je soulève à nouveau mon haut. Mais au moment où j'attrape le sparadrap, elle pose sa main et me dit qu'elle me fait confiance comme elle veut que je lui fasse confiance. Ne résistant pas à sa proximité, je l'embrasse avec toute la fougue que mon état me permet.
Après ce merveilleux baiser, elle s'assoie par terre en s'adossant au mur et me prend dans ses bras. Je m'y blotti avec un très grand plaisir.
Je ne sais combien de temps nous sommes restées ainsi sans bouger mais quand j’émerge de mes pensées, je me saisis de la bouteille et en boit un bon quart, puis mange un gâteau. Une fois sûr de ne plus être en hypoglycémie, je m'explique:
-"Tu sais, chérie, j'ai regardé en ton absence ma cicatrice parce que je ne voyais pas l’intérêt de t'accabler plus si j'y découvrais des dégâts.
Et ce n'était pas une excuse, la crise d'hypoglycémie. J'en ai très souvent quand je ne mange pas suffisamment. D'ailleurs, c'est pour ça que tu as trouvé du coca et des biscuits dans le bureau de maman. Je pense, honnêtement que si dimanche et aujourd'hui, j'avais avalé un vrai repas, je n'aurais pas fait de malaise même avec une telle douleur."
Caressant toujours mes cheveux, elle demande d'une toute petite voix:
-"tu as eu très mal avec mon coup ?
-pour ne pas te mentir je vais te dire que jamais je n'ai connu souffrance plus insupportable."
Grâce à sa souplesse, elle réussit en se penchant à m'embrasser pour s'excuser. Je me fais la remarque que si les places étaient inversées jamais je n'aurais pu faire pareil.
Après ce divin baisé, je continue la conversation:
-"Amour, je pense que je te dois des excuses pour la façon dont je t'ai parlée."
Pour m'interrompre, elle pose son index sur mes lèvres et me dit:
-"je n'ai jamais été disputé avec des propos qui ont autant regonflé mon égo et provoqué une si intense vague d'amour pour la personne me criant dessus. Alors je te remercie.
-tu es un ange, merci de me pardonner."
Nous restons silencieuses profitant de la proximité de notre moitié.
Je dois à nouveau interrompre le silence, pour évoquer un problème qui me préoccupe:
-" Anne, je crois que nos réactions sont dues à notre fatigue, pour moi j'en suis quasi sûr. Je pense que je ne vais pas aller à la soirée de l'école pour me reposer et ne plus risquer de m'emporter contre toi.
-Stéphanie, la kiné, c'est ton futur métier. Tu vas peut être avoir besoin un jour d'un de tes camarades. Donc il faut montrer que tu as l'esprit de corps et y aller.
En plus je veux y aller avec toi et avoir mon premier rendez-vous.
Demain on annule la répétition et vendredi on travaille la chorégraphie pour la simplifier pour que je puisse la danser au forum avec moins d'effort.
-toi aussi tu es exténuée?
-honnêtement, j'ai tellement l'habitude de toujours pousser au-delà de mes limites que je ne sens plus la fatigue. C’est d'ailleurs la raison de mon gros malaise avant mon bac.
Non, je te fais cette proposition parce que je sais que sinon tu vas t'inquiéter.
Mais en contrepartie, je veux ta chorégraphie la plus sublissim pour un pas de deux avec toi, pour le gala de juin et je ne veux pas être seule avec toi à la péniche. Et non tous tes camarades ne comptent pas.
Je ne veux pas me retrouver comme dimanche ou aujourd'hui avec toi inerte seule sans savoir quoi faire.
-tu es vraiment un amour. Pour la chorégraphie je ferais de mon mieux. Pour la soirée, je ne vois que nos frères qui pourraient nous accompagner. Ils ne seront d'aucune aide pour tout ce qui est médical mais ils sont suffisamment costauds pour me porter et avec la tête sur les épaules pour gérer une crise.
-c'est aussi mon choix mais je préférais te laisser la décision puisque c'est ta soirée d'intégration.
-Je vais leur demander ce soir au diner et je te donnerais leur réponse après par téléphone.
-Je te dirais, à ce moment-là, la décision de Nicolas. S’il veut venir avec sa copine, cela pose-t-il un problème?
-s'il reste des places, non, mais je ne le saurais que demain vers deux heures.
-je lui dirais ça, alors.
-Amour, j'adore être dans tes bras mais la douleur devient insupportable. Il faut que je prenne un antidouleur.
-Oh désolé, je mets juste mes chaussure et on y va."
Elle se lève comme un diable sort de sa boite et je n'ai pas le temps de lui demander de l'aide qu’elle est déjà dans le vestiaire. Cela ne sert à rien de l’appeler, la salle est insonorisée. Il me faut attendre son retour. Elle revient quelques minutes plus tard, toute penaude, se confond en excuse et m’aide à me relever et à mettre mes chaussures. La conduite est un peu douloureuse mais nous arrivons toute les deux dans nos maisons respectives sans incidents.
Nos frères sont d’accord pour venir jeudi à la soirée et nos parents sont rassurés de leurs présences à nos côtés. Eux, semblent plus inquiets, des réactions homophobes dû à la désinhibition avec l’alcool que d’autre chose.
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 22:05

Chapitre 16

Mercredi


Point de vu de Stéphanie

Pour pouvoir dormir sans problème, mardi soir j'ai pris un cachet de paracétamol. C'est donc en ayant fait une nuit complète que je me réveille mercredi matin. J'ai pris mes dispositions, mon réveil a sonné à 6h30. Tranquillement, une heure, jamais je n'aurais mis si longtemps, je me prépare et sans courir j'attrape mon train.
Quand j'arrive à l'école, c'est l'émoi devant les panneaux d'affichage de notre emploi du temps. Curieuse, je vais en voir la raison.
Une affichette est punaisée sur notre tableau:

Cours magistral pour les trois promotions
Le kinésithérapeute et le secret médical
Présence obligatoire
le directeur

Les 4 mousquetaires sont déjà là, Chloé se retourne à mon arrivé et dit:
-" je crois que le directeur n'a pas du tout apprécier que ton séjour à l’hôpital est fait l'objet d'une médiatisation si importante dans tout l'école.
-moi non plus!
Mais cela m'a permis de faire votre connaissance de manière très drôle d'ailleurs."

Nous allons nous changer et comme la veille, je ne mets que le bas de mon maillot de bain. Après le coup d'hier soir, ma cicatrice est plus douloureuse que mardi matin, j'économise mes mouvements.
Le premier TP se passe comme d'habitude, nous travaillons sur le massage des membres inférieurs. Mais le deuxième, traitant de leur mobilisation, m'interdit le rôle de kiné.
Je suis dans l'incapacité physique de soulever la jambe de ma camarade pourtant fluette. Même lors de mes chimiothérapies, j'ai toujours pu danser comme je le voulais. Bien sûr, mon corps n'a pas la souplesse suffisante pour être une danseuse professionnelle, mais j'ai toujours réussit à exécuter mes chorégraphies. C'est donc frustré et dépitée que je sors de la salle pour me rhabiller. Enfermée dans ma tête, la musique dans les oreilles, je descends manger. Arrivée à la cafétéria, pour me donner du courage je me réconforte en me disant que ce soir je suis à la danse avec Anne. Nouveau coup de bambou, je me souviens, alors, que ce soir c'est repos pour être en forme pour demain. P.... de M.... de soirée qui me fait me disputer pour la première fois avec mon amour hier et qui m'empêche de la voir aujourd'hui. Heureusement qu'il y ce diner romantique de prévu avant sinon j'aurais tout envoyé bouler.

C'est en râlant que je replis mon plateau. Au moment de payer, pressée pour ne pas faire attendre la caissière, j'ai un geste réflexe avec mon bras gauche pour rapprocher mon sac. Une aimable pointe me traverse alors au niveau de la cicatrice et me coupe le souffle. Après cinq secondes d'apnée, pour me contrôler, je paye mon repas.
Mais comme un malheur n'arrive jamais seul, j'ai chargé mon plateau n'importe comment en mettant le plus lourd à gauche, bouteille d'eau et plat principal, donc lorsque que je veux l'emporter à ma place , en plus de me faire à nouveau très mal, je n'arrive pas à le décoller. Je me décale sur la voie de garage, vous savez celle qui fait un angle avec la caisse et qui s'arrête brutalement par les grands chariots servant à mettre les plateaux avec les assiettes sales. Sur le point de fondre en larme, je vois des mains s'emparer de ma bouteille, de mon plat et de mon dessert. J'arrête ma musique, enlève mon casque et en tournant la tête je vois mon quatuor d'amis, tout sourire avec mes denrées sur leur plateau. Alain me dit tout sourire:
-"on a vu que tu avais quelques soucis avec ton plateau donc Cloé a proposé que l'on t'aide en te délestant d'un peu de ta charge.
-Moi, dit la jeune fille, j'avais dit de prendre les trucs lourds pour que tu puisses porter plus facilement ton plateau, mais Alain aime toujours faire compliquer quand il raconte."
Contre toute attente de la part d'un jeune homme taillé comme un demi de mêlée de presque deux mètres, il lui tire la langue. Elle se met alors, à vouloir lui botter le derrière. Ce qui est très drôle car du haut de son mètre cinquante, elle doit choisir entre tenir son plateau et atteindre son objectif. Alain le sait très bien puisqu'il tortille son popotin pour la narguer.
Julie intervient:
"les enfants, maintenant que Stéphanie a retrouvé le sourire, si nous allions manger?"
Instantanément, ils doivent en avoir l'habitude, les deux lurons s'arrête et se mettent l'un à côté de l'autre, têtes baissées, mines contrites des bambins pris en train de faire une bêtise et en cœur répondent:
-" oui, maman!"
Les deux garçons et Chloé, éclatent de rire et Julie et moi sourions franchement. Je les suis à une table et en m’asseyant, je les remercie pour l'aide et le sourire qu'ils m'ont rendu. Ils me font un sourire tous les quatre qui veut dire c'est normal.
Les filles commencent à parler de la tenus qu'elles veulent mettre demain, les garçons du cours de ce matin et moi je dévore n'ayant pas encore mangé ce matin.
Chloé, à brûle pourpoint, me demande si je vais à la soirée demain avec ma Femme. Je lui réponds que oui, je vais avec Anne, tout en me demandant si je dois leur raconter la vérité. Elle m'interroge alors sur la tenue que je vais porter. Là, je reste statufier, pris de panique, je n'y ai absolument pas pensée.
Julie intervient: « cela ne doit pas être le même stress quand on est mariée que quand on est célibataire. »
Stéphanie craque et d'une toute petite voix avoue: » je suis avec Anne que depuis le soir de l'agression. »
Bernard étonné:" pourquoi Bob en deuxième année a dit que tu avais sauvé ta femme? »
Stéphanie: « quand elle a appelé les urgences, je crois que dans la panique elle m'a désigné comme sa femme »
Chloé des étoiles dans les yeux: « son lapsus dans la panique est trop romantique »
Stéphanie tout sourire: « j’y avais pas réfléchi comme ça, mais c'est vrai que tu as raison Chloé. »
Alain logique: « mais Bob ne travaille pas au SAMU. »
Stéphanie encore plus gêner: « A notre arrivée aux urgences, on a laissé le personnel de l'hôpital le croire parce que cela nous a permis d'être dans la même chambre. »
Les quatre amis souriants : »les coquines!!! »
Stéphanie rouge pivoine: « je ne vois pas comment nous aurions pu être coquine. Je vous rappelle qu'Anne venait de maintenir son T shirt sur ma plaie pendant près d'une heure et que moi je venais de me prendre un coup de couteau. »
Leur réaction est immédiate: « QUOI? »
Leur cries a stoppé les conversations dans la cafétéria.
Julie est la première à réagir: « nous n'en savions rien, bob nous a juste dit que tu t'es blessée en sauvant ta Femme. »
Stéphanie agréablement surprise: « Il sait garder le secret professionnel en fin de compte."
Bernard: « heu il n'aurait quand même jamais du révéler que tu as été aux urgences »
Chloé: « oui, tu as raison. Dit Steph, tu nous raconterais ce qui s’est passé ? »
Ces trois amis choqués: « CHLOÉ »
Chloé: « bah quoi, je suis sûr que vous aussi vous mourrez d'envie de connaître le fin mot de l'histoire. »
Alain: « peut-être mais c'est un épisode douloureux pour Stéph et lui faire revivre en nous le racontant n'est pas vraiment sympa. »
Chloé, désolé :" j'y avais pas pensé, je m'excuse Stéph, oublie ma demande."
Stéphanie: « vous savez moi je ne suis absolument pas perturbé. Je courrais dans le parc près de chez moi et j'ai vu un mec pointé un couteau devant Anne. Je n'ai pas réfléchis et me suis précipité vers eux. Comme l'herbe était glissante, j'ai très vite compris qu'à la vitesse où j'allais, je ne pourrais pas m’arrêter pour la protéger donc j'ai orienté ma glissade pour percuter l'agresseur. J'avais juste oublié qu'il avait un couteau et je me le suis pris au-dessus de ma hanche. Surtout demain, n'en parlez pas à Anne, elle a compressé ma plaie pour stopper le sang jusqu'à l'arrivée des secours, elle a cru que j'allais mourir et cela la plus que choquée. »
Un long silence suivit mes paroles.
Chloé: « et c'est ce dimanche soir que vous vous êtes déclaré votre amour? »
Steph: « oui »
Julie: « vous vous connaissez depuis longtemps? »
Steph: « pour moi une semaine »
Bernard: « comment ça pour toi? »
Steph rougissant à nouveau: « ça je ne peux pas en parler ce n’est pas un de mes secrets. »
Alain pour changer de sujet: « donc demain c'est votre première sorti en couple? »
Stéph, mal alaise: « notre première sorti tout court »
Julie: « il faudra vraiment qu'un jour tu nous explique comment tu risques ta vie et déclare ta flamme à une personne que tu connais depuis seulement une semaine? »
Alain, regardant Chloé: « il ne faut qu'un centième de seconde pour avoir un coup de foudre »
Bernard un sourire en coin sur les lèvres: « et parfois des années pour se déclarer. »
Steph ayant très bien entendu les paroles des garçons: « tu sais Julie, dimanche j'ai compris que j'avais eu le coup de foudre pour Anne la première fois que je l'ai vu et j'ai aussi compris que l'existence peut basculer à tout moment. J'ai donc décidé d'être fixé en me déclarant pour ne pas passer à côté du bonheur. »
Alain, très intéressé: « mais si cela n'avait pas été réciproque? »
Stéph: « j'aurais été dévasté mais j'aurais su qu'elle n'était pas mon âme sœur. Cela, de toute façon, m'a permis d'éviter de tourner en rond en m'interrogeant sans cesse sur ses sentiments à mon égard. »
Alain: « tu n'as pas eu peur de perdre son amitié? »
Steph: « Honnêtement si je l'avais perdu à cause de ça, je me serais posée des questions sur sa force et sa sincérité. Tu ne crois pas qu'une vraie amie, si tu lui ouvre ton cœur et que par malheur elle ne ressent pas la même chose, restera quand même toujours ton amie? »
Alain pensif: « Si »
Après un silence où chacun semble réfléchir au parole échangé, Chloé intervient pour détendre l'atmosphère: « -donc tu as prévu une super tenu pour éblouir Anne? »
Steph dépité: « Non, c'est vous qui venez de m'y faire penser. En plus comme mon éternel jeans et mon pull l'indique, je ne suis pas portée sur la mode. »
Julie réconfortante: « la première fois qu'elle t'a vu, tu étais habillée comment? »
Stéph: « en costume de danse »
Julie: « et quand tu lui as ouvert ton cœur? »
Stéphanie comprenant où son amie veut en venir: « en blouse d'hôpital et pantalon de jogging. Mais je voudrais que notre premier dîner romantique soit parfait."
Après dix minutes de discussions avec les deux filles, je me souviens qu'Anne ne m'a pas appelé. Je sors mon portable du sac et regarde s'il y a eu un appelle. Rien! J’oscille entre l'inquiétude et la tristesse.
Apparemment mon visage est très expressif parce que Bernard me dit:
-"Stéphanie va appeler ta Dulcinée, nous nous chargeons de ton plateau."
je les remercie et sort en vitesse de la cafétéria. En me retournant, un peu coupable, je vois Alain et Chloé se chamailler, Julie et Bernard s'en amuser. Au moment où je déverrouille mon portable, il sonne. C'est Anne.
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Lun 24 Oct 2016 - 22:18

Chapitre 17

Point de vu de Stéphanie


C'est un miracle je suis debout avant que mon réveil sonne. Le diner de ce soir avec Anne m'obnubile tant que ma flemme est provisoirement vaincue. Pendant que je me frigorifie en me lavant devant mon lavabo, je repense avec plaisir à ma fin de journée de la veille.
Anne m'a fait une surprise hallucinante en venant me chercher à la gare. Avec elle, tout est si simple et si merveilleux. J'arrive à discuter de tout sans retenu. Elle m'a tellement apaisé que j'ai mis qu'une demi-heure pour trouver ma tenue de ce soir, jupe et veste en jeans bleue, chemisier blanc et ballerines bleues. Je pense faire une mèche et une queue de cheval et j'ai prévu de mettre des créoles.
Jamais je n'ai autant réfléchi à ce que je vais mettre comme vêtement, en tout cas mon ex n'en a pas eu le privilège.
Sans m'en être aperçu, je suis prête pour partir à mon école.

La matinée se passe mieux que la veille, j'ai compris ce que je peux ou non faire. L'ambiance dans la promotion est euphorique. Toutes les discussions tournent autour de la soirée. Les célibataires se conseillent pour ne plus l'être, les fous de musiques et de danses confrontent leurs playlists idéales, seuls quelques rares élèves s'intéressent aux cours.

A l'heure du déjeuner, je descends à la cafétéria avec mon quatuor d'amis. Nous devisons sur le dernier TP, les poses ayant épuisé les sujets tournant autour de la soirée.
Moi-même j'ai participé activement aux conversations en annonçant fièrement avoir trouvé ma tenue. Évidemment, les filles m'ont demandée immédiatement de la leur d'écrire. A cette occasion, j'ai remarqué que même les garçons qui ont toujours joué les indifférents à nos futilités de fille, comme ils disent, écoutaient avec attention.
Une fois arrivée au self le ballet de mes assiettes et de ma bouteille s'est à nouveau reproduit sans que mes protestations n’altèrent d'aucune façon le voyage de ceux-ci vers les plateaux des quatre mousquetaires. Le repas est encore une fois gai et animé.

A 13h15, j'appelle Anne, nous n'avons rien à nous dire mais nous trouvons quand même le moyen de passer une demi-heure au téléphone et d'avoir la plus grande difficulté à raccrocher.

Le cours de l'après-midi passe à une vitesse incroyable. C'est un cours de psycho pour nous préparer à l'écoute des patients, à encaisser leurs problèmes et d’autres choses.

A 18 heures, je me retiens de courir, ma cicatrice et ma peur de ne pas être pleinement présent pour Anne si j'ai mal me freinent, mais je laisse rapidement mes amis.

J'arrive chez moi et je me dépêche de faire le plein de ma voiture, une vielle 205 que ma grand-mère maternelle m'a vendu pour 200 €. Ensuite j'appelle le restaurant que m'a conseillé Olivier et réserve une table pour deux pour un dîner romantique. Heureusement qu'on ai jeudi parce que sinon je m'y prend vraiment à la dernière minute.

Maintenant douche, maquillage, coiffure, habillage, bisous à mes parents et je files chercher ma beauté.

Arrivée dans ma voiture je regarde l'heure pour m'assurer de n'être pas en retard: 18h30.
J'ai une demi-heure d'avance.
J’éclate de rire. Je suis la seule fille en avance à son premier rendez-vous.
Bon que fais je?
Je vais bosser un peu mes cours ou je me détends avec Shéhérazade de Rimski-Korsakov?

Le GPS et l'adresse du resto et de la péniche!
Je reviens dans ma voiture après vingt minutes. Mon père m'a appelé pour me conseiller de chercher s'il y a des parkings près de mes deux destinations pour éviter de tourner pendant des heures pour trouver une place.
J'ai trouvé, bien sûr, mais celui près du restaurant demande un peu de marche.

He, je suis presque en retard. Musique pour me détendre et en route vers Anne pour notre soirée romantique.

J'espère que tout sera parfait et plaira à ma douce.

Arrivée chez elle, je descends pour sonner à sa porte. Je n'attends même pas dix secondes que celle-ci s'ouvre sur la plus belle femme que m'ai été permis de voir. Anne est habillée d'un body blanc épousant parfaitement son magnifique corps, d'un jean stretch noir, véritable deuxième peau, d'un petit blouson et d'escarpins à haute talon, tous les deux en cuir marron. Elle ne s'est, comme moi, que très légèrement maquillée et coiffée d'une queue de cheval. Elle est juste sublime. Nous restons, face à face, à nous admirer, nous dévorer du regard, sans pouvoir bouger. Nos cerveaux semblent être déconnectés devant, ce qui représente pour nous, l'image parfaite de la Femme, de l'Amour. Bérénice nous sort de notre torpeur en demandant à sa fille qui est la personne qui a sonné. Elle lui répond que c'est moi. Nous nous saluons, Anne coupe court à notre échange et m'emmène vers ma voiture, après avoir récupéré sa pochette.
Nous nous embrassons passionnément, intensément, comme si nous ne nous étions pas vu depuis des siècles.

Dans la voiture, je la complimente pour sa tenue en la grondant qu'elle aurait dû me prévenir qu'il fallait que j'engage un garde du corps pour empêcher une émeute de fan et de paparazzi sur notre passage à cause de son incroyable beauté. Elle rougie mais réplique que ce n'est pas elle qui concurrence les tops model. C'est donc toutes les deux le rouge aux joues que je démarre.

Nous nous remettons de nos émotions en discutant de tout et de rien.
Pour ma part, je suis contente d'être au volant cela me permet de me concentrer sur autre chose que sur ma belle et ainsi de calmer mes hormones, qui une fois la sidération dû à la magnificence de ma douce passée, se sont réveillées et ont amené beaucoup trop d'idées tentantes mais déplacées.
Quoique dans une voiture certaine d'entre elles sont envisageables.

Tellement focalisé sur notre soirée, nous avons oublié nos frères qui viennent eux aussi à la péniche. C'est leurs coups de fils pour nous demander l'adresse et où se trouve leurs places qui nous le rappellent.
Ces appels sont providentiels car ils m'ont permis de m'apercevoir que j'ai oublié de prendre les places, sûrement un acte manqué dirait mon prof de cet après-midi. Ma mère les retrouve dans le sac que j'ai utilisé aujourd'hui. Nous leurs donnons les coordonnées de la péniche et rendez-vous devant à 22h30.

Mon stress qui a disparu grâce à la présence d’Anne remonte en flèche dans les embouteillages parisiens de sortie de bureau et à cause de la misogynie ambiante contre une jeune femme au volant. Je regrette même un moment de n’avoir pas remis mon vieux A , mais très vite j’ arrive à la conclusion que cela ne change rien quand je vois une pauvre conductrice de mini, qui l’a, complètement affolée s’arrêtée au milieu d’un carrefour et abandonné sa voiture sous les klaxonne rageurs des autres automobilistes.

J’arrive enfin au parking. Je tente de reprendre mon calme en faisant des exercices de respirations quand ma portière s’ouvre et que je vois la jolie main de ma chérie apparaitre. Je m’en saisie, elle me fait sortir. Je suis accueilli par un superbe sourire, une fois redressée. Elle me dit alors :
-« tu as été une grande conductrice ce soir.
-J’ai appris sur Paris à conduire mais je dois avouer que là le problème est que je veux que tout soit parfait pour notre premier rendez-vous »
Je ne peux terminer ma phrase qu’elle pose son index sur ma bouche et me dis que pour l’instant ça l’est. Ses talons lui permettant d’être à la même hauteur, elle en profite pour m’embrasser avant que je puisse répliquer.
Perdu dans ce baisé passionné, nous n’entendons pas la voiture qui ralenti à notre niveau. Nous sommes donc brutalement interrompues quand le conducteur nous lance :
-« He les gouinasses, il y a des hôtels pour ça ! »
Avant que nous réagissions, le courageux injurieure (je sais ce mot n’existe pas mais il devrait) part sur les chapeaux de roue.
Prête à réconforté ma douce, je la vois se pencher à mon oreille. Elle me chuchote alors :
-« si nous n’avions pas donné rendez-vous à nos frère se serait une merveilleuse idée. Mais deux heures, c’est définitivement trop court pour notre première fois avec tout ce que nous avons à découvrir. »
Elle ponctue alors ses propos d’une délicieuse caresse sous ma jupe qui me provoque instantanément un orage dans mon bas ventre. Il me faut quelques secondes pour récupérer ma voix et lui dire qu’elle est une sublime coquine et que j’ignorais cela d’elle. Avec un grand sourire, elle me dit qu’elle aussi, elle ne se savait pas comme ça et que ce n‘est pas de sa faute si je suis incroyablement sexy et désirable. Evidement je pique un nouveau fard.
Main dans la main, nous nous dirigeons vers la sortie. Arrivées devant l’ascenseur, je la sens qui se crispe. Je me tourne vers elle et lui dit :
-« Tu es claustrophobe ?
-Pas du tout, j’ai juste du mal avec les endroits exiguës. »
Je souris. Dieu qu’elle est mignonne!
-"Allez, on a que deux étages à monter ainsi je pourrais admirer tes très jolies formes."

Anne se met à monter les marches comme une pin up, roulant des hanches, et chantant:
-"I wanna be loved by you
Just you and nobody else but you."

Je la rattrape, l'enlace et lui murmure à l'oreille:
-" Dis amour, nos frères ont leur places, ils n'ont plus besoin de nous. Si nous mettions ta suggestion en pratique?
-J'en ai très envie mais d'abord je veux que tu t'intègres à ton école pour notre avenir et ensuite j'ai prévu que notre première fois soit dans des conditions spéciales.
-lesquelles?

-I wanna be loved by you alone
Pooh pooh bee doo !"

N’obtenant pas de réponse, je me contente d'admirer la superbe vue qui s'offre à moi.

Arrivée à l'air libre, elle se retourne, les yeux bleus foncés de désir et s'avance vers moi.
Je déglutie tant elle ressemble à un félin s'approchant pour dévorer sa proie. Elle murmure alors:
-"I wanna be kissed by you
Just you and nobody else but you"
Capture mon visage dans ses mains et me fait un bisou tout doux et tout tendre.
J'en reste sans voix d'étonnement ce qui la fait bien rire.

Au moment où je veux lui dire qu'il nous faut remonter toute la rue pour atteindre le restaurant.
Il se met à pleuvoir à verse.

Je me décompose.
Pourquoi tout ne peux pas aller bien?
B...de M..... je voulais une soirée parfaite pour ma Dulcinée.

Et là je l'entends chanter:
-"Doo-dloo-doo-doo-doo
Doo-dloo-doo-doo-doo-doo
Doo-dloo-doo-doo-doo-doo
Doo-dloo-doo-doo-doo-doo..."

Anne chante "Singing in the rain" la chanson que j'ai toujours associée à l'Amour.
Un tsunami d'émotion m'envahit. Si je le pouvais-je la demanderais en mariage maintenant. Mais je crois que c'est mes hormones qui parlent.

Je me réveille et reprend avec elle:
-"I'm singing in the rain
Just singing in the rain
What a glorious feelin'"

Puis nous nous mettons en route en dansant un peu à la manière Gene Kelly.
Je suis épaté par Anne qui malgré ses talons y arrive très bien.

-"I'm happy again
I'm laughing at clouds
So dark up above"

Nous mimons les funambules sur le bord des trottoirs, tournons autour des lampadaires, nous nous attrapons par la main au milieu de la route pour danser une gigue endiablée.

-"The sun's in my heart
And I'm ready for love
Let the stormy clouds chase."

L'une derrière l'autre nous alternons les monter et descente du trottoir, d'abord ensemble puis en opposition.

-"Everyone from the place
Come on with the rain
I've a smile on my face"

Claquettes et pirouettes nous emmènent en haut de la rue, devant le restaurant. Nous terminons yeux dans les yeux, main dans la main.

-"I walk down the lane
With a happy refrain
Just singin',
Singin' in the rain."

La chanson finit, nous éclatons de rire pendant près d'une minute.
Puis nous reprenons notre sérieux et je dis :
-"Anne, si tu n'existais pas, je ne saurais pas ce qu'est le bonheur.
-Stéphanie, si je ne t'avais pas rencontré, je ne saurais pas ce que c'est l'Amour."

Nous nous embrassons à nouveau.
Mais la pluie continuant à tomber, nous l'écourtons pour nous réfugier dans restaurant.

Notre enthousiasme associé à notre précipitation pour fuir la pluie rend notre entrée dans l'établissement absolument pas discrète. De ce faite, tous les yeux se tournent vers nous.
Une fois au sec, je m'aperçois que l'ensemble de mes vêtements sont trempés, en me tournant vers ma douce je constate qu'il en est de même pour elle. Je remarque aussi que son body est devenu quasiment transparent. Un sentiment nouveau de jalousie, de possession et de protection m'amène à lui fermer son blouson.
Étonné de mon geste, je la vois ouvrir la bouche. Mais elle la referme dès que ses yeux se sont baissés vers mon buste. Un grand sourire apparaît sur son visage, tandis qu'elle, aussi, ferme ma veste, en me murmurant:
-" Jolie soutient gorge en dentelle.
- Merci, le tient est jolie aussi."
Nous sommes heureusement interrompues, vu l'état d'hyperréactivités de mes hormones et l'esprit coquin dont ma moitié à fait preuve tout à l'heure en sortant du parking, je suis sûr que la conversation m'aurait permis de sécher en trente secondes mes affaires.
C'est le responsable qui vient nous apporter des serviettes de table pour tenter de nous essuyer. Une jeune femme munie d'un balai et d'une serpillère le suit pour éponger la petite flaque dont nous somme responsable.
Après nous être épongées, je lui fais part de ma réservation.
Il nous emmène alors dans une partie isolée, le coin des amoureux, nous précise-t-il, qui est désert, ce qui est normal, d'après lui, un jeudi. Il nous installe à la table jouxtant un chauffage qu'il allume. Il ramène ensuite deux chaises qu'il place près du radiateur et nous dit que nous pouvons y suspendre nos vestes pour les faire sécher sans crainte, la salle devrait nous être dévolu toute la soirée au vue du temps extérieure. Il nous donne les menus et nous précise le plat du jour avant de s'éclipser. Nous suivons son conseil et finissons de nous sécher dans les endroits que nous n'avons pas osé aborder en public. La chaleur commence déjà à nous envelopper rendant l'humidité de nos vêtements supportables.
Anne me dit:
-" Très jolie restaurant
- Merci mais il faudra surtout qu'on remercie Olivier. C'est lui qui m'a donné l'adresse.
- En tout cas j'espère que la pluie aura cessé tout à l'heure quand on devra récupérer la voiture.
- Moi aussi.
- Chérie, as-tu emmené une brosse dans ton petit sac?
- Bah non. Ce n'est pas un truc auquel je pense. Ma coiffure est si horrible?
- Je suis mauvaise juge, je ne te trouverais jamais horrible. Regarde par toi même dans la glace qui se trouve derrière toi."
Je me lève pour la remercier d'un baisé et lui dire que je la trouve aussi magnifique, puis je me regarde dans le miroir. Ma mèche pendouille lamentablement le long de mon visage. Il ne me reste plus qu'à faire comme ma douce, une queue de cheval simple mais pour l'instant je les détache pour qu'ils sèchent. Je retourne à notre table et trouve Anne les cheveux défait, elle aussi.
Elle me dit:
-" Je suis sûr qu'un établissement de ce niveau à des sèches mains électriques. Si nous sommes encore mouillé."
Comme deux adolescentes nous rions à cette allusion.
Elle reprend:
-" Moi, j'ai un peigne, je t'aiderai pour ta queue de cheval.
- Comment tu sais que c'est ce que je veux faire?
- Honnêtement je n'en savais rien mais c'est la seule coiffure que nous pouvons faire dans l'urgence.
- Merci."
Une toux signal la venue du serveur, je vérifie que mon chemisier est bien reboutonné pendant qu'il arrive.
Après avoir commandé, je reprends:
-au moment où la pluie nous a surprise j'ai été désespéré mais quand tu t'es mise à chanter une vague d'amour m'a submergé.
-Je chante si bien?
Si tu es submergée par une vague d'amour pour moi à chaque fois, je ne vais plus m’arrêter quand nous sommes ensemble."
Et elle se met tout de suite à fredonner:
-"le restaurant est jolie
mais la plus belle c'est ma Stéphie."
Je suis pris d'un fou rire que je communique à ma douce.
Mais ma cicatrice me rappelle à l'ordre. Je tente de contrôler à la fois mon hilarité et ma douleur en faisant des exercices respiratoires et le vide dans ma tête.
Je suis ramenée à la réalité par une douce chaleur sur ma blessure. Inquiète que ce soit du sang, j’ouvre précipitamment les yeux et vois ma douce agenouillée devant moi la main sur mon pansement, le regard inquiet, le visage livide, me dévisageant pour déterminer mon degrés de souffrance.
-« Ne t’inquiète pas tant mon Amour, ce n’est qu’un petit rappel à l’ordre. Les points n’ont pas aimé deux fous rires en moins d’une demi-heure.
-tu es sûr ?
Tu ne veux pas encore me protéger pour m’éviter de m’inquiéter ? »
Je fini de déboutonner le bas de mon chemisier et décolle une partie du Sparadrap et soulève la compresse en souhaitant ne rien trouvé de grave en dessous.
Je suis soulagée tout est propre et bien fermé. Apres voir tout refermé je remercie Anne de sa sollicitude et l’embrasse.

Elle regagne son siège et nous commençons nos plats que nous n’avons pas vus arrivés.
Je m’en étonne auprès de ma Douce :
-« Anne, tu as vu le serveur amener les plats ?
-Non, justement je me demandais presque comment ils étaient arrivés.
- On est vraiment complètement dans notre bulle quand nous sommes toutes les deux.
- Oh oui ; Heureusement que nous sommes sages, sinon cela aurait pu être gênant.
- Tu n’es pas possible !
Tu ne penses qu’à ça !
- Mais non, juste quand nous sommes ensembles.
Tu peux continuer ton explication sur Singing in the rain ?
-Je te disais qu’une vague d’Amour m’a submergée quand tu t’es mise à chanter. J’ai une relation particulière avec elle. »
Je suis brutalement interrompu par ma moitié :
-Quoi tu me dis que tu m’aimes, nous sortons ensemble et toi tu entretenais déjà une relation avec une chanson. C’est définitif, je te boude. »
Elle croise les bras, baisse la tête et fait la moue.
Je craque complètement pour cette fille, c’est définitif. Je sens que je vais me faire mener par le bout du nez par se très jolie minois.
Je me lève, fais le tour de la table et agenouille devant elle :
-« Tu es la seule et l’unique, Anne. Tu es ma moitié.
- Même si je ne comprends pas ce que tu me trouves. Je le sais, Stéphanie. »
Elle capture mon visage de ses mains et m’embrasse.
Le baisé finis, yeux dans les yeux, je lui raconte/
-« Quand, à quinze ans, j’étais hospitalisée une semaine pour mes chimiothérapies, je me couchais tard et passait mon temps à regarder la télé.
Je suis alors tombée sur un cycle de comédie musical qui m’a permis de voir tous les Gène Kelly et les Fred Astaire.
J’ai adoré le film « Chantons sous la pluie » et surtout la scène où Gène Kelly chante la chanson qui a donné le titre au film. Tu te souviens qu’il l’entonne après son premier baisé échangé avec l’héroïne.
Depuis cette chanson représente pour moi l’état d’euphorie et de plénitude que l’Amour doit entrainer.
Donc quand tu l’as chanté au moment où je me désespérais de la pluie, cela m’a réchauffé le cœur et ramener en mémoire tous mes sentiments amoureux.
Cela a agis comme la madeleine de Proust ou ton parfum à la vanille, en ouvrant une ligne direct sur ma mémoire et en ouvrant les vannes de mes émotions. A ce moment-là j'ai eu envie de te demander ta main.
-je t'aurais dit oui tout de suite.
-Anne, je t'aime, tu es ma moitié, mais je veux t'épouser quand nous serons diplômées et autonomes financièrement.
-Stéphanie, tu as raison mais c'est dans longtemps. J'ai envie de vivre maintenant avec toi.
- Moi aussi mon Amour. »

Nous mangeons en silence, occupé par nos pensées, quand je me souviens:
-« Ma douce, et toi comment as-tu connu cette comédie musicale?
- comme ma mère t'a dit dimanche, après mon surmenage, je suis partie pendant trois mois à l'Ile de Ré chez ma grand-mère. J'y ai fait une cure de crêpes, gâteaux, et bons petits plats, ainsi que de toutes les comédies musicales qu'ils existent car elle en est fan.
Tous les après-midis, nous faisions une balade et nous terminions souvent en chantant et en dansant un de nos airs préférés. Ils changeaient suivant notre inspiration, mais si nous rencontrions la pluie, invariablement, nous rentrions avec singing in the rain.
- Je comprends mieux la spontanéité de tout à l'heure.
- oui, mais cela ne m'était plus arrivé depuis mon retour chez mes parents. Je crois que c'est ta mine dépité qui m'a inspiré. En te voyant, j'ai tout de suite voulu te redonner le sourire et vu le circonstance, cet air m'est venu naturellement.
- Et tu as eu complètement raison, tu m'as fait un effet incroyable.
- Merci. »

Nous finissons notre plat. Après avoir commandé nos desserts elle me demande, un sourire coquin aux lèvres:
-« Qu'est-ce que mon parfum te déclenche comme sentiment? »
Je rougie et me demande, un instant, si je dois répondre ou éludé la question mais cette option est impossible après la soirée de mardi, donc je lui réponds:
-« je crois que cela vient de ma petite enfance. Quand je perçois l'odeur de la vanille, j'ai l'eau à la bouche. Seulement avec toi, cela me donne envie de te manger de bisous de cou pour commencer, jusqu'à bien plus bas.
-plus bas?
-ne joue pas les innocentes!
- qui moi, jamais, mais je ne vois pas du tout de quel lieu tu parles. »
Pour toute réponse je lui lance ma serviette et lui tire la langue.

Elle me répond:
-« range la où je te l'attrape. »
Nous rions quelque seconde. Nous sommes interrompus par l'arrivée de sa mousse au chocolat et de ma poire Belle Hélène.
Je commence à dévorer ma glace, quand levant les yeux vers ma moitié, je la vois dessiner de sa cuillère sur son entremet:
-« tu n'as plus faim?
Ce n'est pas bon?
-ni l'un, ni l'autre. Si je te pose une question délicate, tu me répondras sincèrement et honnêtement, même si cela peut me blesser? »
Je panique. Que veut elle savoir qui l'intimider tant, elle qui a été plutôt très direct toute cette soirée?
De toute façon, je lui dois la vérité si je veux que notre couple marche:
-« Oui »
D'une toute petite voix, comme si elle redoutait les paroles qu'elle prononçait:
-« Amour, est-ce un cancer que tu as eu à quinze ans?
Peut-il revenir à nouveau?
Peux-tu en mourir? »

Je suis sans voix pendant dix secondes puis me reprend. Je vais l'enlacer et lui murmurer:
-« je suis guérie, c'était bien un cancer, un lymphome non Hodgkinien qui ne devrait pas revenir."
Nous restons ainsi puis retournons finir nos desserts. »

Pour détendre l'atmosphère nous parlons de la chorégraphie de la fée dragée.

Avant de partie, Anne me convainc de passer, avec elle, aux toilettes pour nous refaire une beauté.
Après vingt minutes de coiffure, de maquillage, de défroissage nous sommes enfin prêtes et pouvons payer et nous en aller.
La pluie a cessé, nous descendons tranquillement la rue en regardant les vitrines jusqu'au parking.

Le trajet vers la péniche se passe sans encombre et en moins d'une demi-heure.
Nous retrouvons nos frères à l'entrée.
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Mar 25 Oct 2016 - 0:11

Chapitre 18


Nous retrouvons nos frères et Christine la copine de Nicolas. Après les embrassades générales et habituelles, nous prenons la passerelle, donnons les places et montons à bord.
Je repère facilement Alain avec ses deux mètres, le pauvre il frôle à chaque pas le plafond qui est vraiment bas. J'emmène toute ma petite troupe vers mon quatuor d'amis. La salle est à moitié remplie, je suis contente d'être arrivée si tôt, nous allons pouvoir trouver un coin pour s’asseoir plus facilement. En plus la musique n'est pas encore trop forte, tout le monde pourra discuter pour faire connaissance. La jonction de nos groupes se fait au bar, je propose que chacun prennent un verre et que nous allions nous présenter et discuter plus loin.

Il n'a pas été simple de trouver un endroit pouvant nous accueillir tous les dix mais en réorganisant un peu les tables grâce à l'humour d'Olivier et aux sourires de Julie, nous y sommes arrivés.

Après un moment de flottement où personnes ne sait quoi dire, la conversation démarre grâce aux sujet habituel, boulot, musique et film.
La table est animée, les blagues fusent, je me dis que décidément cette soirée est réussi.

Au bout de plus d'une demi-heure de discussion, je m'aperçois qu'Alain tient la main de Chloé, d'un mouvement de menton et un regard, je lui fais comprendre ce que j'ai vu. Il rougie et sourie. Sa belle, qui a suivi notre conversation muette, en fait de même.
Sous l'insistance de mon regard, le géant se lance:
-" C'est après la conversation que nous avons eu mercredi, je me suis décidé à me déclarer. Tout à l'heure, une fois rentrée à l'appartement, après que Bernard et Julie se soient enfermés dans leur chambre respective pour se préparer pour la soirée, j'ai demandé à Chloé du temps pour discuter avec elle. Après maintes circonvolutions sur tous les événements heureux que nous ayons vécu en commun, je lui ai déclaré ma flamme. Inquiet et sur de son refus, je m'étais déjà levé pour m'excuser et sortir, c'est alors qu'elle m'a sauté dans les bras en me disant qu'elle m'aimait depuis la première fois où elle m'avait vu mais qu'elle était sûr que je ne la voyais que comme une petite sœur enquiquinante. Je lui ai alors répondu que moi j'ai été plus lent qu'elle car il m'avait fallu près d'une minute pour être totalement fou d'elle et je l'ai embrassent."

Il termine son histoire encore plus rouge que lorsqu'il l'a commencé et moi j'explique rapidement à Anne ma conversation de la veille en évitant de lui révéler que j'ai demandé d'éviter le sujet de ma plaie sinon elle va encore penser que je l'a préserve comme une enfant. Ce qui est parfaitement faut, je lui évite juste le plus de désagrément possible.

Vers minuit, tout le monde semble être arrivée, le DJ monte le son de la musique et la piste de danse se rempli.
D'un coup, aux premières notes d'une musique qui m'est totalement inconnue, Chloé, Julie et Christine s'écrient qu'elles adorent cette chanson et se précipitent pour danser, emmenant avec elle, bien sur Nicolas et Alain, mais aussi Frédéric qui ne semble pas insensible aux charmes de Julie.
Pour ma part, je me penche à l'oreille de ma chérie et lui demande si elle connaît ce que nous entendons, elle me dit que c'est une chanson qui passe sur toutes les radios.
Je lui réponds, en rigolant, que je ne l'ai jamais entendu sur radio classique.

Je prends alors conscience qu'elle aimerait peut être allé danser mais qu'elle n'ose pas pour que je ne me sentes pas obliger de l'accompagner et ainsi préserver ma cicatrice.
Je lui murmure à l'oreille:
-" veux-tu aller danser?
- Je suis bien prêt de toi, mon Amour."
Je me lève la prend par la main pour qu'elle me suive et me dirige sur la piste.
Maintenant que j'y suis, je commence à être très mal car jamais je n'ai été en boîte et je ne sais absolument pas comment on y danse.
Je sais bien que j'ai plus de quinze ans de danse classique derrière moi mais ce n'est pas pareil car il y'a toujours une chorégraphie. Là, j'ai pas le mode d'emploi.
Pendant ma réflexion, je suis restée plantée, Anne s'est alors aperçu de mon malaise et m'a dit de juste la suivre. C'est merveilleux, elle a compris la raison de mon malaise sans que je le lui explique, je lui en fais la remarque. Elle m'explique qu'avec ma blague sur radio classique, elle a compris que jamais je n'écoute autre chose donc elle en a déduit que je n'étais sûrement jamais allé en boîte, ce que je lui confirme bien sûr. Elle me dit, devinant encore mes pensées, ce qui me réjouit mais m'inquiète aussi un peu, que l'année dernière, étant redoublante et donc connaissant déjà très bien le programme, elle s'est autorisée à aller dans quelques soirées organisées par des camarades de classe. Elle a trouvé cela rafraîchissant de danser sans contrainte.

Le début est laborieux. J'ai l'horrible impression d'être ridicule surtout face à la grâce incarné de ma Femme. Mais l'observation de mes camarades me rassure sur ma performance et me détendant, je commence à prendre plaisir, surtout que ma douce opère plusieurs rapprochements des plus coquins.


Arrive le quart d'heure des slows.
Je vois Fred et Julie être plus que proche, Alain et Chloé un peu mal à l'aise à cause de leur différence de taille mais sur un petit nuage, même Olivier et Bernard se sont mis à danser pour la première fois de la soirée avec deux filles de notre promo. Je ne vois pas Nicolas et Christine. Ah ça y est, ils sont derrières mon ami l'armoire à glace c'est pour ça que je ne les ai pas vu tout de suite.
Maintenant que j'ai bien joué mon rôle d’aînée, je peux profiter de cette danse avec ma dulcinée.
Nous sommes dans notre bulle, son parfum m'enivre et je fais de gros effort pour ne pas succomber à la tentation de la dévorer devant tout le monde mais il m'est impossible de résister quand elle pose ses lèvres sur les miennes. Le baisé qui s'en suit est volcanique, passionné, un véritable appelle à la luxure mais terriblement bon et addictif. Je ne veux pas qu'il se termine.

Et c'est justement à ce moment qu'une main se pose sur mon épaule et qu'un couple m'interpelle:
Un garçon, passablement éméché : « Hé Wonderwoman! Tu devrais essayer une bonne queue ça te remettrait dans le droit chemin »
Une fille dans le même état : « ouai , rien tel qu'une bonne bitte pour monter au rideau »

Automatiquement, je me met entre le couple et ma chérie.
Mon premier réflexe est de vertement les engueuler, je sais le terme est grossier mais il reflète parfaitement mon intention et mon état d'esprit. Mais ce sont de futurs collègues et surtout ma douce est là, donc je ne veux pas passer pour une folle furieuse à ses yeux, alors j'opte pour une autre riposte:
- "Je ne vois pas pourquoi vous parlez de sexe, de jouissance ou de retour à une sexualité normal, alors qu'il est question d'amour et le mot est faible.
Ma relation avec Anne n'est pas une histoire d'assouvissement de plaisir, de recherche du nirvana par l'acte sexuelle ou de critère esthétique.
Et évidemment, il n’ y a aucune volonté de perpétuer mon patrimoine génétique.

Pour moi, Il n'y a pas de choix dans notre couple, ma vie c'est d'être avec elle. Je ne peux pas plus me passer d'oxygène que de ma moitié.
Tout comme on ne choisit pas son orientation sexuelle, je n'ai pas choisi Anne.
Je ne l'ai pas choisi parce qu'elle est superbe.
Je ne l'ai pas choisi parce qu'elle est une fille.
Je ne l'ai pas choisi pour marquer une quelconque différence.
Je ne l'ai pas choisi du tout.
Je l'ai vu et plus rien n'a existé à part elle, tout autre pensée fut reléguée au rang de futilité.
Je ne dis pas que je ne me suis pas interrogée sur ma sexualité, je vous dis que je ne peux pas vivre sans elle.

Imaginez, avant d'avoir l'immense chance de la rencontrer, j'avais toujours cette impression d'être seule, cette sensation d'être un îlot au milieu d'un océan de personne qui passe autour de moi, me côtoie pendant un temps mais jamais ne me comprend.
Avec ma douce, nous sommes ensemble, une unité, un tout constitué par deux individus distinct et au caractère bien marqué mais deux moitiés d'une même entité.
Maintenant, je ne suis plus jamais seule.

Je ne peux vous dire l'incommensurable bonheur qu'elle engendre en moi le midi quand elle me passe juste un coup de fils, alors je vous laisse imaginer ce que sa présence à mes côtes entraîne comme tsunami amoureux.
Chaque seconde passée avec elle est simplement merveilleux.

Alors je suis sûr que vos propositions ne m'intéresseront jamais, mais merci de vous inquiéter de mon bien être."

Le couple qui s'attendait sûrement à une effusion de cris et peut être même de violence est médusé après mon discours. Je suis content de mon effet

Là, je m’aperçois que la musique est arrêter et que nous sommes le centre d'attention de tout le monde.
Je me rend aussi compte que nos trois frères sont bras croisés, mâchoires crispés à ma gauche, Alain, Bernard et les trois filles à droite. Le regard des garçons sur le couple vindicatif ferait fuir n'importe quel bête féroce tant la haine si reflète.


Dans le silence qui suit mon petit discours, j'entends la voix d'Anne roque d'émotion s'élever doucement derrière moi:
-"Je ne vous comprends pas."

Ma douce les yeux brillants des larmes qu'elle retient me regarde, me sourie puis se tourne vers le couple perturbateur et leur parle à nouveau:
-" Vous avez la chance apparemment d'être en couple, profitez de chaque moment ensemble, goutez et prenez conscience du bonheur d'être à deux, plutôt que de faire l'intervention de ce soir.
Dimanche, pendant une heure, j'ai cru que mon âme sœur, Stéphanie, était en train de mourir devant moi.
Pendant une éternité j'ai comprimé sa plaie qui continuait de déverser sur mes mains, son sang rouge et visqueux, sa vie qui partait, qui glissait entre mes doigts, que je ne pouvais retenir. J'ai connu alors l'horreur de perdre ma moitié. Nous n'étions pas encore ensemble et pourtant je savais déjà intiment qu'elle était l'amour de ma vie, tant la douleur était immense devant son agonie et que sa mort serait la mienne aussi.
J'ai eu, je le sais, beaucoup de chance car elle n'est pas morte
Mais cela m'a fait comprendre que la vie est courte et qu'il m'est impossible de la vivre sans elle.
Donc vos propos m'ont énormément blessé parce qu'ils ont remis en cause mon existence même.
Je ne peux vivre sans ma moitié et si elle devait se remettre dans le droit chemin, comme vous dites, je n'y survivrait pas."

J’enlace et embrasse Anne puis lui murmure que je serais toujours là.

Point de vu général
L'émotion est palpable dans la péniche, les amis des alcooliques les évacuent rouges de honte vers le pont. Les proches de nos héroïnes essaient, silencieusement pour laisser les demoiselles se retrouver, de digérer les paroles d'Anne.
Nicolas est le plus touché, il s'en veut de n'avoir pas compris toute la douleur que sa sœur avait enfouie en elle, Christine le connaissant bien, après l'avoir câliné, lui murmure que l'important s'était d'être maintenant au courant et la pour elle.
Frédéric et Olivier sont fiers de leur sœur et se disent qu'Anne sera une belle sœur des plus formidables.
Les quatre mousquetaires se retrouvent, juste ensemble sans échanger le moindre mot, Chloé dans les bras d'Alain.

La musique reprend, animant la piste et poussant les dix amis vers leur ancienne table.

Mes deux frères complotent dans leurs coins, je les interroge du regard, ma femme dans mes bras se remettant doucement. Ils finissent par arrêter leur conciliabules et nous étonnent en nous invitant tous à venir prendre une glace dans un restaurant encore ouvert, ils en sont sûr, pour que cette bonne soirée ne se termine pas sur une note si déplaisante.

Anne se redresse et tout sourire nous dit qu’un bon banane split lui ferait le plus grand bien. Nous y partons donc.

Le quatuor n’ayant pas de voiture, je joue de mon statut d’aînée du groupe pour organiser leur transport. Je m’arrange pour avoir le tout jeune couple dans ma voiture. Je dis à Olivier d'aller avec le frère d’Anne pour lui indiquer la route. Ayant compris où je voulais en venir, je pense, Bernard le suit en commençant une conversation sur un chanteur qui m'est totalement inconnu. Je glisse tout bas à Nicolas de surtout bien me suivre parce que mon frère n'a pas de sens de l'orientation du tout. Certain en ont un mauvais et se perde tout le temps, mon frère lui ne si intéresse pas suffisamment pour même avoir un avis sur le chemin qu'il faut prendre. Il me répond que de toute façon il a un GPS et que Fred lui a déjà donné l'adresse.
Ainsi Julie doit monter dans la voiture, seule, avec mon dernier Frère, ce qui semble lui plaire vu le sourire qu’elle arbore. Prétextant de m’expliquer la route, il me remercie nullement dupe de ma manœuvre.

Dans la voiture, le silence règne. Chloé est blottie dans les bras de son chéri et ma douce somnole à côté de moi.
J’en profite pour réfléchir.
Je repasse dans ma tête les deux derniers jours à l’école. Je ne trouve rien dans le comportement de mes condisciples qui aurait pu m’alerter et me permettre de prévoir les paroles homophobes de ce soir, sinon, jamais je ne serais venu et aurais fait subir à Anne cela.
Je m’en veux d’avoir été naïve. Sur mon petit nuage, obnubilée par ma Dulcinée, j’ai oublié que le monde n’est pas tolérant comme ma famille .Je fonctionne trop en automatique, pensant que ce qui m’est naturelle, l’est aussi pour les autres. J’ai occulté de mon esprit, sûrement parce que l’amour m’a mise en mode « bisounours », que l’être humain est en générale raciste. Bien sûr en France, c’est tabou de s’afficher comme tel mais cela n’empêche pas de l’être et ce qui s’est passé ce soir en est la preuve.

Nous arrivons au parking proche du restaurant, je m’y gare. Mes passagers arrières s’animent mollement. Il leurs faut plusieurs secondes pour réaliser où ils se trouvent et descendre de ma voiture. Je me charge pendant ce temps de réveiller Anne comme le prince charmant de la belle au bois dormant. Ses lèvres et son sourire me font oublier immédiatement mes sombres pensées.
Nous rejoignons nos amis et rentrons rapidement dans l’établissement, le temps s’étant rafraîchi, nos tenues adaptées à la chaleur d’une discothèque ne nous en protège pas.
Les autres sont déjà là et je vois que Julie porte la veste de Frédéric à qui je fais un grand sourire. L’expression de son visage oscille entre la joie, la fierté d’intéressé la jeune fille et l’embarras d’avoir son frère et sa sœur comme témoins.

Nous nous installons tous les dix au fond du restaurant et commandons nos glaces. À peine le serveur partie, Olivier m'interpelle:
-" Dit donc Stéph, pourquoi tu n’as pas baffé cet idiot ?
Fred en rajoute:
-" oui, je n’ai pas compris, ce n’est pas ton style. »
Je réagis :-« Hé je ne suis pas un bourrin non plus ! »
Mes deux frères ensembles et tout sourire :
-« C’est pas ce que le type d’Eurodisney doit penser. »
Je suis tombée à pied joint dans leur piège et je m’en aperçois trop tard.
Olivier se tournant vers Fred :
-« tu crois que la marque de la main est partis maintenant ?
-Sûrement mais franchement il aurait mérité qu’elle reste à vie. »

Je suis rouge de gêne, mais avant que je coupe court à cette discussion qui allait sûrement m’embarrasser un peu plus, Chloé, dont la curiosité, déjà hyperréactive en général, a été chatouiller par ces propos, demande:
-" Pourquoi dites-vous ça?"
Olivier, contant que sa perche soit saisie, s'explique:
-"Notre chère grande sœur, lors de notre sortie chez Mickey cette été, c’est fait coller de très très près par un jeune de banlieue. Elle était pourtant entourée de trois garçons mais elle a préféré régler le problème seule."
Fred continu:
-" Après, semble-t-il cinq minutes de prise sur elle, elle s’est retournée et lui a envoyé une claque retentissante digne de Lino Ventura dans les tontons flingueurs. «
Olivier finit :
-« Le type était si honteux qu’il a fui en descendant toute la queue de Star Tour sous les protestations de tout le monde. »
Je reprends immédiatement la parole avant toute autre commentaires :
-« Mais il l’avait cherché !
-tu avais parfaitement raison de réagir ainsi, ce que nous disons c’est pourquoi tu n’as pas fait pareil pour l’idiot de tout à l’heure ? »
Toute la tablé abonde dans leur sens et chacun ajoute son petit commentaire sur les sévices qu'ils auraient aimé faire subir aux couples d’importun. Seule Anne reste muette.
Après quelques minutes, je peux enfin répondre:
-" Je ne sais pas pourquoi je n'ai rien fait car au minimum j'avais envie de l'engueuler."
Regardant Anne, j'avoue:
-" Je crois que je ne voulais pas passé pour une hystérique et j'ai pas eu envie d'avoir des soucis à causes de ses idiots dans l'école si ma réaction était violente."
Mes amis m'assurent en même temps et bruyamment de leur soutient si une tel éventualité se produisait, émue je les en remerciais.
Une fois le calme revenu, Anne, presque timidement me dit:
-" Jamais je ne te prendrais pour une personne violente, Stéphanie."
Elle a compris pourquoi je m'étais retenue ce soir. En faisant cette remarque au moment opportun, elle l'expliqua plus efficacement qu'avec un grand discours aux autres.
Elle est géniale.
Plus je la côtoie, plus je la découvre, plus je l'aime.
Ne pouvant résister à la vague d'amour qui me submerge à cette pensée je l'embrasse.
Notre bulle de bonheur est préserver jusqu'au moment où Nicolas dit:
-" Surtout que ce serait mal venu de ta part, petite sœur."
Cette remarque nous stop immédiatement. Olivier s'empresse de demander des précisions que le frère de ma douce n'attendant que ça, se fait un plaisir de nous donner:
-"Ma sœur et moi faisons de la danse classique, en juin, c'est le spectacle de fin d'année. Une saison, pendant tous les répétitions sur scène, ma sœur à tenter d'expliquer à une de nos camarades de la même taille que Stéphanie de baisser sa main qui cachait complètement son visage et qui surtout etait toujours très près de lui donner une gifle. La jeune femme n'en a jamais tenu compte. À la répétition général, Anne excédée lui mordit la main."
Tous nous éclatons de rire. Anne hésite entre gène, rire ou moue boudeuse. Elle se justifie :
-" Imaginez, j'avais pendant presque tout le morceau sa main à dix centimètre du visage"
Alain, rigolant encore plus fort dit alors:
-" Ça, je peux imaginer mais c'est une situation qui ne m'arrivera sûrement jamais."
Nous éclatons tous de rire.
Une fois calmé, je prends la parole:
-" Moi c'est plutôt l'inverse qui m'est arrivée. Il y a trois ans est venu dans mon cours de danse un garçon. C'est la première fois que ma mère en avait comme élève."
Voyant les mines interrogatrices de mes camarades d'école, je m'explique plus en détail:
-"Ma mère est professeur de danse et je suis ses cours depuis l’âge de 5 ans. Donc, quand Alex est arrivé dans le cours, ma mère s'est mise en tête de faire un pas de deux pour le gala de fin d'année. Nous avons donc travaillé ensemble.
Nous avons commencé par des tours fouettés. C'est une pirouette exécuté par la fille sur pointe, le garçon la tenant soit à la taille soit par une main au-dessus de la tête de sa partenaire. La danseuse pivote autour du doigt de son partenaire qu'elle maintient dans sa main. La première méthode nécessite que les deux partenaires aient l'habitude de travailler ensemble, ce qui n'était absolument pas notre cas. Donc on s’est mis à travailler la deuxième méthode qui est plus facile car c'est moi qui contrôle ma rotation et mon équilibre en utilisant la main d’Alex comme axe.
Le problème c'est qu’il ne mesure qu’1.85 mètres. »
Je suis interrompue par Chloé, 1m55 :
-« Oui, moi non plus, je ne comprends pas ces gens qui ne font qu’1m85. C’est pour moi, un manque de savoir-vivre inadmissible. »
Bernard, 1m85 avec une calvitie plus que débutante, enchaîne :
-« Je suis tout à fait d’accord avec toi Chloé. Mais c’est pas ça le pire. Tu t’imagines, il y a des personnes qui non contente de ne faire qu’1m85, sont aussi chauve et comble de l’indécence ne se mettent même pas un sac sur la tête pour sortir. »
Tout le monde rigole.
Je continue vaillamment mon histoire :
-« je sais bien que ce n’est pas de sa faute s’il est si petit et je ne lui en veux pas. »
Évidement nouveau rire.
-« Mais moi quand je suis sur pointe, je le dépasse de 10cm, donc pour me tenir il devait s'approcher plus qu'un partenaire le fait habituellement. Avant de continuer, Il faut que je précise que lorsque l’on fait un tour fouetté, on doit mettre la point de mon pied de la jambe en l'air au niveau de son genou de la jambe pivot, le genou en l’air est donc écarté de l’axe et arrivant à mi-cuisse de la danseuse. Ce qui n’est absolument pas gênante habituellement mais qui dans notre cas arrivais à la hauteur d’une partie de votre anatomie, messieurs, sensible. »
Les réactions de l’assistance oscillent entre l’amusement et une certaine réprobation.
Nicolas, le seul danseur donc celui qui se sent le plus solidaire d’Alex, me dit :
-« Stéph, tu sais bien qu’il faut que la fille dans ce cas-là, mette son pied à mi- tibia.
-je le sais bien Nico. C’est ce que j’ai fait pendant longtemps. Mais quand l’exercice est devenu de la routine, nous avons voulu essayer de faire le plus de tour possible. Là, j’étais focalisé sur la rotation, plus sur mon partenaire et la collision gênante c’est produit. Je me suis retrouvée sur les fesses et Alex plier en deux. J’ai eu du mal à m’asseoir pendant deux semaines. J’avais un bleu énorme. »
Après un moment de silence gênant, la fatigue aidant, les rires démarrèrent d’abord doucement pour finir en fou rire.
Une fois celui-ci terminer, Fred intervient hilare :
-« C’est pour ça qu’au gala, il se tenant toujours avec les fesses le plus loin de toi quand il était derrière toi ?
-Oui, après ce fâcheux événement il a toujours eu peur. »
Les conversations sont joyeuses. Cette fin de soirée rattrape vraiment bien l’incident de tout à l’heure.

Alain, pendant un relatif silence au cours duquel chacun finit sa glace me demande:
-« Stéphanie, j’ai adoré ton discourt de tout à l’heure, mais pourquoi tu ne t’aies pas contenté de les envoyer bouler ou de les ignorer ?
-je crois que c’est mon côté professeur et mon horreur de la bêtise. J’avais besoin de leur faire comprendre que si j’étais avec Anne ce n’était pas pour du sexe, mais par amour. »
Fred :-« pourquoi tu ne l’as pas dit comme ça ?
Steph :-« C’est comme une réponse en math, tu ne peux pas seulement donner le résultat, tu dois en faire la démonstration. »
Olivier, hilare :-« Grande sœur ! On ne te refera pas tu as fait l’une des deux plus belles déclarations d’amour que j’ai jamais entendu et en parlant de se chef d’œuvre de romantisme tu parles du truc le moins poétique que je connaisse les maths. »
Là je pique un nouveau fard car tous, un petit sourire d’admiration mêlé à de l’amusement, hochent de la tête pour s’associer à mon frère.
Frédéric lui demande :
-« L’autre c’est évidement celle d’Anne.
-« Évidemment, comment pourrait-il en être autrement ? »
Nouvelle approbation de l’ensemble de la tablé heureuse et fière de pouvoir ainsi nous exprimer son admiration pour notre intervention.
Le problème c’est que maintenant ma douce et moi sommes rouges pivoines et nous ne savons plus où nous mettre devant tant de compliment.
Heureusement Olivier nous sort de cet état par un de ses traits d’humour caractéristique :
-« Frédéric ça y est j’ai trouvé le duo pour faire la pub pour les tomates en grappe pour le cours de marketing. »
Sous les rires de tout le monde nous reprenons contenance et lui lançons nos serviettes. Je lui fais un petit hochement de tête et un sourire de reconnaissance.

Une fois le calme revenu, Alain nous dit :
-« En tout cas ces deux pochetrons illustrent parfaitement la réplique d’Audiard. »
Mes frères et moi, l’œil pétillant de malice et un demi-sourire aux lèvres nous citons, avec l’accent titi parisien des années 50, en même temps que lui :
-« Les cons ça osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît. »
Nouveaux rire.
Bernard intervint un fois calmé :
-« J’aime bien aussi : le jour où on mettras les cons en orbite tu n’auras pas fini de tourner. »
Nous échangeons pendant quelques temps sur les répliques tournant autour de la bêtise, pour finir par ma douce :
-« moi, j’ai pas beaucoup lu ni vu de film car j’ai surtout passé mon temps dans les salles de danse mais ma grand-mère aime bien utiliser l’expression : bête à manger du foin. »

Olivier se lève alors brusquement regarde partout, revient sous nos regards étonnés à table et d’un ton de comploteur dit :
-« Anne fait attention ce que tu dis, je voudrais pas que ma futur belle-sœur soit envoyée devant les tribunaux par Brigitte Bardot pour injure raciste à l’encontre d’animaux. »
Nous éclatons de rire et Nicolas enfonce le clou :
-« C’est vrai petite sœur, parce qu’en plus personne ne trouvera de circonstance atténuante à tes propos, t’imagine tu as quand même insulté de pauvres ânes d’être comme ses deux idiots. C’est grave ! »
Anne entrant dans le jeu. Elle se lève, sérieuse les mains jointes :
-« Messieurs les juges je plaide la folie passagère. Comment voulez-vous que je reste lucide quand la plus belle femme au monde se trouve à quelques centimètres de moi et que son parfum m’enivre. Comment voulez-vous que je reste cohérente quand ses lèvres ne m’ont plus embrassée depuis au moins une heure. Les plus grands spécialistes de l’addictologie vous confirmerons que c’est une maladie s’apparentant au delirium tremens des alcooliques, ils l’appellent le stéphanie tremens. Seule une consommation régulière de baiser permet d’atténuer les pertes de lucidités. »
C’est définitif j’aime cette femme à la folie. Je l’embrasse passionnément sous les applaudissements et les sifflets de mes amis.
Les conversations reprennent après que tous nous ayons félicité Anne. Les 4 mousquetaires lui ont même demandée si elle fait du théâtre. Elle leur a répondu qu’à l’école de l’opéra, elle y a été un peu initiée.
Puis, Julie nous pose, à Anne et à moi, la question qui semble lui brûler les lèvres depuis le début de soirée:
-" Comment vous faites pour si bien assumer votre homosexualité?"
Nous réfléchissons quelques secondes, tous attendant nos réponses. Je me lance la première :
-« J'assume mon homosexualité parce que, d'abord et surtout, pour ma famille ce n'est pas un problème. Je ne suis pas seule contre tous. Notre éducation à mes frères et moi par nos parents est ultra tolérante donc tout ce genre de haine est à des années lumières de mon quotidien. Maman a même organisé lundi après-midi, un thé, avec la mère d’Anne, pour que nous nous retrouvions, après notre sortie d’hôpital, chacune chez nous, nous déprimions, seule dans nos chambres. La gestion à la maison est celle d'une relation amoureuse, c'est à dire qu'il faut que je subisse les taquineries de mes deux frères et renseigne mes parents sur comment se porte Anne.
Ensuite, c'est aussi parce que cela fait seulement 5 jours que je suis avec mon amour qui est ma première petite amie et le restera pour toujours, j'espère. Je n'ai pas eu à subir, à ce propos, la bêtise de camarades du collège ou du lycée, leurs brimades ou leurs moqueries. Je dirais que je suis une petite nouvelle sans passif négatif. En plus étant adulte, bien entouré par famille, ayant vécu deux, trois petites choses, j'ai une indépendance certaine vis à vis du regard des autres. Je ne dirais pas que je m'en fout de ce qu'il pense, parce qu'on veut toujours être accepté, mais cela n'a pas beaucoup d'importance comparé au bonheur d'être avec Anne.
Donc je ne dirais pas que j'assume mon homosexualité, je dirais que j'agis comme je considère devoir agir avec mon âme sœur, sans me cacher ni m'exhiber. »
Mon auditoire reste muet. J'ai dit de grosse bêtise. Ma dulcinée me regarde, les yeux brillants et m'embrasse.
Pendant le baisé, j'entends nos amis dire à mes frères qu'ils ont de la chance d'avoir des parents si cool.
Anne poursuit:
-" J'ai le même style de famille que Stéphanie et pour moi aussi elle est ma première petite amie, donc j'assume parfaitement notre relation pour les mêmes raisons.
Par contre, je n'arrive pas à me considérer comme homosexuelle.
Ce n'est pas seulement parce que je n'envisage pas de relation autre qu'avec mon amour, c'est parce qu'aucune fille ne m'a jamais attiré avant, physiquement ou intellectuellement. Ayant passé toutes mes années collèges en internat, à l'école de danse de l'opéra de Paris, j'ai côtoyer beaucoup de fille et jamais je ne n'ai eu la moindre attirance. Au lycée, j'ai continué la danse et je n'ai pas plus eu d’intérêt.
Pour être honnête, je ne me suis jamais retourné, non plus, sur les garçons. La seule chose qui pouvait m’intéresser chez eux, c'est leur capacité à être un partenaire de pas de deux.
Je me suis longtemps considérée comme asexuelle et j'ai rencontré mon âme sœur.
Je pense donc que j'aime Stéphanie point barre. »
Je ne laisse personne faire de commentaires et enchaîne immédiatement tellement ravi de ce que vient de dire ma moitié :
- « c'est exactement ce que je pense. La semaine dernière je me suis beaucoup interrogée n'ayant jamais ressentie un tel amour pour personne d'autre. J'ai repensé à ma relation avec les deux garçons avec qui je suis sortie, j'ai dû admettre qu'à chaque fois j'ai surtout accepter d'être avec eux par amitié plus qu'autre chose mais j'avais peur que cela soit dû à l'euphorie d'une nouvelle rencontre. »
Nous tombons dans les bras l'une de l'autre.
Olivier, après nous avoir laissé un petit temps d'intimité, nous dit :
- « Honnêtement, les filles, une telle communion est trop un rêve pour jouer les difficiles et chercher à aller contre votre bonheur. Je vous envie votre complémentarité. J'adore votre théorie des âmes sœurs.Je trouve que vous avez bien raison de ne pas vous prendre la tête avec les questions sur votre sexualité, vous aviserez, si l'aveuglement de l'amour fou vous passe, ce que je ne vous souhaite pas. »
Ma femme et moi, après le speech de mon frère, nous nous regardons et lui répondons tout sourire :
- « oui papa, merci papa. »
Tout le monde rigole.

Avant de pouvoir entamer une nouvelle discussion, le patron du restaurant vient nous dire qu'il aimerait aller se coucher. En cinq minutes nous sommes dehors.
Cette fois-ci c'est Frédéric qui se propose spontanément pour ramener mes amis, pour le plus grand plaisir de Julie qui affiche un sourire éblouissant. Nicolas rentre avec Christine et Olivier vient avec nous. Dans la voiture, Anne somnole pendant que je discute avec mon frère de nos études. Arrivée dans notre ville, je le dépose en premier pour pouvoir dire en revoir convenablement à ma douce.
Devant le salon de thé, dans la voiture je lui demande :-« Amour, as tu passé une bonne soirée ?
-Oh oui ! Bien sûr j'aurais aimé qu'il n'y ai pas eu les deux idiots mais cela m'a permis d'avoir la plus belle déclaration d'amour qu'on puisse rêver.
- Tu dis n'importe quoi. C'est moi qui ai eu la plus belle. »
Avant qu'elle ne réplique, je me jette sur ses lèvres. Le baisé fini, je la raccompagne à la porte et nous nous disons à demain en cours de danse.
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Mar 25 Oct 2016 - 10:11


Chapitre 19

Vendredi matin lendemain de la soirée

Je viens d'être réveillée par ma mère!
Cela n'était pas arrivé depuis que je suis entrée au collège.
Cette année-là, j'ai quitté la chambre où je dormais avec mes frères pour celle que j'occupe encore actuellement et mes parents mon offert le radioréveil que j'utilise toujours. Je devins autonome le matin, pour le réveil, l’habillement et le petit déjeuner. Bien sûr maman passait toujours pour vérifier ma tenue et que je mange bien à cette époque.
Mes frères ont, eux aussi, eu droit au même traitement à leur entrée respectif en sixième.
Maintenant que ma mère n’a plus à nous surveiller, elle en profite pour faire la grasse matinée avec mon père. Elle, ses cours ne commence qu'à 10 heures auprès de femme au foyer voulant s'entretenir et papa, finissant tard au boulot, compense en commençant à la même heure.

Et comble de l'étrange, elle m'annonce que papa va nous déposer mes frangins et moi, à la gare pour qu'on ait une chance d'avoir notre train.
Si j'étais adepte de la théorie des complots au de X file, je crois que je partirais en courant, je ne me souviens pas de la dernière fois où il m’a emmené le matin.

Je comprends pourquoi, dans la voiture, quand, l'air de rien, il commence à nous demander:
-"comment c'est passé la soirée d'hier et pourquoi êtes-vous rentrée en décalé?"

Avec mes frères, nous nous regardons et nous sourions devant l’éternelle curiosité de notre paternel.

Sans lui répondre, je lui demande comment connait-il notre heure de rentrée, alors qu'il dormait.
Il me répond:
-" vous croyez vraiment que votre mère et moi pouvons dormir profondément quand l'un de vous êtes sortis?
À chaque bruit nous nous réveillions. Mais vous n'avez pas répondu à mes deux questions."

Fred lui explique que j'ai ramené Olivier et Anne pendant que lui ramenait mes quatre amis. Avant qu'il nous interroge plus, Olivier lui signale que nous sommes arrivés et que de ce faite nous allons devoir attendre ce soir pour en parler.
Nous avons juste le temps d'attraper pour mes frères, leur RER et pour moi, le train.

Point de vu général, maison de Stéphanie
Franck, à son retour, va directement dans la cuisine où l’attend sa femme. Elle l’interroge sur la soirée. Il lui répond que d’après lui elle s’est plutôt bien passée même s’il y a surement eu un problème, ses enfants n’ayant rien répondu.
Nathalie s’en inquiet. Il l’a rassure en disant que si cela avait été sérieux, ils en auraient parlé.
Et pour leur retour échelonné lui demande-t-elle, il lui livre la version de son plus jeune fils en concluant que son deuxième a plus vraisemblablement été séduit par une amie de Stéphanie et qu’il a voulu faire plus ample connaissance sans son frère et sa sœur.

Point de vu de Stéphanie
J'arrive juste juste en TP, tout le monde comate, la tête posé sur les tables de massage. Je vais rejoindre le quatuor qui semble être victime de la mouche Tsé Tsé au vu de leur visage.
.Stéphanie:-« bonjour vous. Dis donc, on jurerait que vous avez fait une nuit blanche.
Julie, d’une voix où perce de la colère :-« Mais c’est le cas. Nos tourtereaux ont décidé la nuit dernière d’expérimenter le péché de chair. »
Bernard, dans le même état que son amie :-« Et pour que nous ne mourrions pas idiot, ils ont évité de mettre la sourdine. »
Les tourtereaux, rouges pivoines : « désolé »
Chloé, incapable de se retenir : « Mais c’était si énorme, dans tous les sens du terme, que je n’ai pas pu me retenir. Je n’avais jamais été si rem »
Elle est bâillonnée par son chéri qui est devenu vermillon tant il est gêner par les indiscrétions de son aimée.
D’abord très surpris, nous éclatons de rire tous les cinq, détendant l’atmosphère.
Au moment où je veux interroger Julie sur sa relation avec Fred , le cours commence. Je reviendrais à la charge au déjeuner, ce n’est que partie remise.

Les profs, anticipant l’état des élèves, ont prévu des révisions de tout ce qui a été fait depuis le début de l'année. C'est une chance pour moi de voir ce qui a été fait lundi, pendant mon hospitalisation et d'essayer de refaire tout ce que ma cicatrice m'a empêché de faire cette semaine. Pour cela, je fais équipe, exceptionnellement, avec Chloé. Son petit gabarit et sa souplesse me permette de la mobiliser sans douleur. Pendant les exercices, je me remonte les bretelles, si j’avais demandé plus tôt à être avec elle, mardi n’aurait pas été un si grand calvaire.

Après trois heures de mobilisation, de massage et de prise de mesure, je suis épuisée. Je remercie intérieurement mon entraînement de danseuse parce que sinon je serais, comme mes condisciples, endormie sur les tables. D'ailleurs, j'ai passé la dernière demi-heure seule à travailler avec le prof sur le TP raté de lundi.

Je réveille mes amis et nous allons à la cafétéria.

Le déjeuner est une alternance de moment de silence où seul le bruits des couverts signal notre éveil et de rire. Puis vient le moment où les ébats nocturne de Alain et Chloé reviennent sur le tapis.

Bernard :- « Dès ce week-end, nous réorganisons la répartition des chambres. »
Julie :- « Oui, ce serait vraiment bien que vous soyez dans celle du bout et qu'il y ait une zone tampon entre vous et nous. »
Stéphanie : « Mais vous ne croyez pas que c'est simplement l'attrait de la nouveauté ? »
Chloé, des étoiles dans les yeux : « oh non ! Vu les dimensions, il va en falloir de l’entraînement avant que je me blase. En plus monsieur semble très imaginatif, donc la lassitude ce n'est pas pour tout de suite. »
Alain, très mal alaise et sur un ton suppliant : -« Chloé, s'il te plaît, sois plus discrète sur notre vie privée. »
Bernard et Julie, hilare : -« Oh oui s'il te plaît Chloé soit plus discrète. »

Rire général à table, mais la petite demoiselle reste tout de même un peu boudeuse. Je trouve la parade parfaite en lui demandant de me raconter leur histoire.

Chloé :- « Comme tu le sais déjà, Stéph, nous nous sommes rencontrés tous les quatre dans notre prépa l'année dernière. J'ai immédiatement repéré Alain. Tu me diras qu'avec ses deux mètres, c'est normal, mais moi c'est sa voix qui m'a fait le remarquer. Ensuite notre passion commune pour le théâtre nous a rapprochés et j'ai découvert l'homme et j'en suis tombée amoureuse. Je m'en suis rendue compte que pendant les vacances de Noël en m'interrogeant sur le pourquoi de mon manque et de mon obnubilation à son égard. Ensuite j'ai espéré la réciprocité des sentiments et attendu un signe, un geste qui est enfin arrivé hier. »
Stéphanie:- « Pourquoi tu n'as pas fait le premier pas ? »
Chloé:- « J'avais trop peur de son refus et de perdre son amitié si la réponse était négative. »
Stéphanie : - « Si Anne n'avait pas risqué de mourir dimanche j'attendrais toujours donc je te comprends. Et toi Alain ? »
Le jeune se redresse visiblement ennuyer de ne plus être oublié:- « Moi, j'ai remarqué Chloé a mon arrivé à la prépa et ses remarques lors de la première heure de cours ont confirmé que j'avais eu un coup de foudre. »
Les quatre amis en même temps : - « Comment ça ? »
Alain embarrassé : - « Comment expliquer, sinon, que je trouve craquant qu'une jeune fille demande s'il y aura toutes les vacances scolaires."
Nouvelle éclat de rire et confirmation de tous qu'il faut être totalement amoureux pour trouver cette phrase mignonne.
Ensuite le géant confie avoir eu les mêmes peurs que ça douce. C'est mon histoire qui lui a fait comprendre que la vie n'est pas si longue que ça et qu'il faut la vivre et ne pas l'imaginer. Hier, il a donc pris son courage à deux mains et s'est lancé, quitte à en souffrir, mais au moins être fixé lui permettra d'avancer quel que soit la réponse.

Sa tirade est conclue, interrompu, par un baisé passionné de Chloé.

Face à la pureté des sentiments irradiant de cet échange, j'ai l'affreuse impression d'être une voyeur ou un vil paparazzi. Je prends alors mon plateau et m'en vais pour laisser mes amis seule pendant ce moment intime. Je m'aperçois, alors, que Julie et Bernard font de même. Je leur dit, en sortant du restaurant, que je vais appeler Anne et les rejoins tout à l'heure.


Je m'installe sur le banc devenue, depuis mardi, le témoin inanimé et discret de nos échanges téléphoniques et je l'appelle:
-" Amour, coucou, comment vas-tu?"
Anne, la voix totalement endormie, mais légèrement affolée:-" Stéphanie! Il est déjà 13 heures! M.... maman m'a encore laissée dormir."
Stéphanie, s'inquiétant:-" Tu as encore eu un cauchemar? C'est les deux poivrots d'hier soir qui t'ont perturbé?"
Anne:-" oui, je pense."
Stéphanie:-" Tu ne crois pas que tu pourrais demander de l'aide à un psy?"
Anne:-" peut-être mais j'essaye de régler le problème par moi-même parce que je n'ai pas les fonds en ce moment."
Stéphanie: " amour, je te les donnes, moi les sous."
Anne:" Stéph, laisses moi, s'il te plait, tenter de le faire selon ma méthode. Si je n'y arrive pas, nous en reparlerons."

S'en suit une conversation sur tout et rien dont le seul intérêt est dans la présence de l'autre.

Après un quart d'heure, je dois interrompre, à contre cœur, nos échanges si plaisant. Je remonte, ensuite, rejoindre les quatre mousquetaires pour les cours de l'après-midi.
Nous rigolons ensemble devant notre classe, quand une fille, devant la classe des deuxièmes années éclate violemment et bruyamment en sanglot.
Tout le petit couloir de l'école reste stupéfait et silencieux devant l'évidente détresse de la jeune fille. Après ce qui semble être des explications difficiles avec des amies, elle est emmenée dans le bureau du responsable pédagogique de son année.
La vie reprend alors mais tout le monde chuchote et plus personne ne rit, les manifestations trop ostentatoires nous semblant inconvenantes si proche d'une personne si triste.

C'est notre responsable et non le professeur prévu qui nous fait rentrer dans la classe de cours. Son visage à les traits tendus, tous nous nous en apercevons et le silence se fait naturellement, il prend alors la parole:
-" cette nuit, après votre soirée d'intégration, trois élèves de deuxième année sont morts dans l'accident de leur voiture. Selon les informations que nous avons pu avoir, le conducteur était ivre et a enroulé sa voiture autour d'un arbre. Les cours de cette après-midi sont annulés et des psychologues sont là. N'hésitez pas à les consulter."
Daniel, le seul élève redoublant, blanc comme un linge demande:
-" qui sont les élèves?"
-" Messieurs James Dean et Paul Walker, mademoiselle Grâce Kelly."

Ma première réaction est de me forcer à me souvenir que je viens de parler avec Anne, que j'ai vu mes parents et mes frères ce matin donc que les êtres qui me sont chères sont en vie.
Ensuite seulement, je pense à mes camarades disparus, je récupère le trombinoscope et m'aperçoit avec horreur que Paul est le garçon qui nous a ennuyer Anne et moi au cours de la soirée. En me tournant vers mes amis, je vois à leur visage qu'ils sont arrivés à la même conclusion.
Immédiatement, je me demande si je n'ai pas une part de responsabilité. J'interroge alors notre référent sur la possibilité de voir un des psychologues, j'ai besoin de savoir tout de suite même si je suis effrayée à l'idée qu'il établisse une causalité entre les deux événements.


J'ai passé presqu'une heure avec le psy. Une fois le récit de la soirée entendu, il m'a rassurée sur ma responsabilité dans l'accident des deuxièmes années. Ensuite il m'a écoutée pour l'incident de dimanche et ses conséquences. Enfin, il a donnée des numéros gratuits qu'Anne pourra appeler si ses cauchemars persistent.
C'est dingue, moi qui me pensait pas du tout atteinte par l'agression ou tout au moins capable d'y faire face toute seule, je sens qu'il n'en était rien tant je suis apaisée maintenant.
C'est quelque chose que je dois dire à mon Amour, cela l'aidera sûrement à franchir le pas d'un thérapeute.

Mes amis sont rentrés chez eux, j'en profite pour rattraper mon retard accumulé à cause de l'incident et de mes cours de danse.
Une fois fini, je décide d'aller voir ma douce dans son magasin, même si elle m'a rassurée au téléphone, j'ai un besoin irrépressible de l'enlacer maintenant que mon esprit n'est plus préoccupé.
En sortant de la salle d'étude, les couloirs de l'école sont déserts.
Heureusement qu'il fait encore jour sinon je jurerais me retrouver dans un film d'horreur où l'étudiante esseulée rentre le soir et se fait immanquablement tuer par le maniaque sanguinaire de service.
Je n'ai jamais compris l’intérêt de ce genre cinématographique où, à de rare exception près, l'absence de scénario, de bons acteurs et de véritable réalisateur est totale.
Le seul qui ne m’ait jamais impressionné c'est "les dents de la mer". En plus, ce n'est pas au moment où je l'ai regardé mais quand je me suis retrouvée, lors des vacances d'été, six mois après l'avoir vu, à la bouée délimitant la limite maximal de la baignade surveillé.
Après la petite fierté d'avoir réussi à l'atteindre, je m'y accroche pour reprendre mon souffle. Là mon esprit vagabonde et évidement je repense à ce film. La marée haute étant à son apogée, il m'est impossible de voir le fond, seule, tous les autres nageurs sont au bord de la plage à 200 mètres, l'angoisse grandit.
Pour revenir, je n'ai jamais nagé aussi vite de toute ma vie, même pendant mon épreuve du bac.

Bon, après cette séquence souvenir d'ancien combattant, revenons au présent.
Cet accident de voiture a confirmé que la vie est courte et qu'il faut en profiter.
Pas comme ses idiots qui testent tout et n’importe quoi et qui au final meurent ou tombent dans les paradis artificiels. Non, plutôt en n'oubliant pas ce qui est vraiment important.

Je ne sais même plus si j'ai dit à Anne que je l'aimais et qu'elle bonheur c'est de l'avoir rencontré.

J'adore, quand je pense à ce qui est réellement important, c'est l'image de ma Douce qui me vient immédiatement à l'esprit. Heureusement que l'humain n'est pas télépathe sinon cela ce serait et je serais irrémédiablement catalogué dans la catégorie des filles encore plus guimauve que les midinettes fan de Justin Bieber, l'horreur quoi!

Ce n’est pas tout ça, mais à quoi je pensais?
Ah oui, je voulais faire un gros câlin à mon aimé et profiter du bonheur présent.

C'est un bon programme, facile et agréable. J'espère qu'il lui conviendra.
Quel heure est-il?
M.... déjà 17 heures! J'ai un train dans moins d'une demie heure, faut que j’accélère.

Outch!! Pu... de cicatrice.
Finalement, je vais y aller en marchant tranquillement, je prendrais le train que je pourrais.

En sortant de l'école, je mets mon discman et, la tête plein d'image de ma belle, je choisis naturellement Roméo et Juliette de Prokofiev la scène du balcon plus précisément, c'est l'ultime représentation de l'amour en danse, pour moi.

La première fois que j'ai vu Alessandra Ferri le danser, cela a immédiatement résonné en moi. Je trouve cette chorégraphie parfaite, tout va de soi, cette musique avec ces pas et surtout avec ces sentiments que les danseurs expriment à merveille.
J'ai compris que c'était mon saint graal, la danse que je voulais pouvoir faire avec l'homme de ma vie.

Bien sûr, je sais maintenant que cela ne se fera jamais puisque mon âme sœur est la plus belle demoiselle existant au monde mais qui n'arrivera jamais à me porter.
Peut-être faut-il que j'envisage d'endosser le rôle du garçon alors?
Non, même sans ma cicatrice, je n'y arriverais pas non plus.

En tout cas, c'est extraordinaire qu'elle semble l'apprécier autant que moi.

(Après l'écoute de quelques mesures de musique)

Mais comment je vais faire, moi, pour créer une chorégraphie pour le gala?
Forcément, elle la comparera à l'originale. Déjà que je ne suis pas de son niveau en danse, quand elle verra mes piètres talents de chorégraphe, que va-t-elle penser de moi?

Que dois-je faire?
Me ridiculiser à ses yeux et la décevoir en faisant cette chorégraphie?
Mentir et me défiler?

Non, jamais je ne veux la tromper, je lui en parlerais tout à l'heure.

Ce n'est pas possible, je suis dans le métro et la prochaine station c'est la mienne, je ne me suis aperçu de rien.

Le trajet en train est, lui aussi, passé sans que je ne m'en rende compte, ayant dormi dès les première minutes du voyage. Encore une fois, je me suis réveillée juste à temps pour ne pas rater ma gare.

Il est déjà 18 heures 15 quand j'arrive chez moi. Je fais mon sac de danse rapidement, même si je ne peux pas bouger, je me change quand même, Pavlov, quand tu nous tiens !
Je mange pour ne pas faire de nouveau malaise.
Puis j'attrape mes clefs, ma bouteille de coca et je file à la boutique de ma Dulcinée.

En me garant non loin du salon de thé, je vois, sur le trottoir opposé, un fleuriste. Je m'interroge une demie seconde puis traverse prestement.
Je ne sais si cela se fait pour une femme d'offrir des fleurs à une autre et cela m'importe peu puisque le temps où ses convenances ont été décidé, est aussi celui du reniement, et je suis gentille, voire naïve, de mon orientation sexuelle.

J'entre dans la boutique. Je suis accueillie par l'odeur caractéristique des fleuristes, un mélange de terre humide, de parfum de fleur et d'humus. Les bouquets et les plantes forment une jungle où serpente un étroit chemin permettant d'accéder au comptoir. Là, une petite dame, cheveux gris en chignon et châle sur les épaules, me présente son dos. Elle confectionne un bouquet avec tant d'attention qu'elle semble ne pas m'avoir entendue. Je ne peux trop patientée alors je tousse pour signaler ma présence. La fleuriste se retourne:
-"Bonjour mademoiselle, que puis-je pour vous?
-Je voudrais une rose rouge.
-Je suis désolée mais j'ai vendu ma dernière il y a à peine un quart d'heure et mon fournisseur ne m'en livrera d'autre que demain matin, vers cinq heures."

Ce n'est pas de chance, j'avais vraiment envie d'offrir un petit cadeau à ma douce. Maintenant, il faut que je me dépêche il manquerait plus qu'Anne ne soit plus là.

Devant ma mine défaite, la vendeuse me demande:
-"Vous vouliez l'offrir à l'élue de votre cœur?
-Oui.
-Vous semblez ne pas savoir qu'il existe d’autres fleurs permettant d'exprimer votre amour?
-J'ai toujours été très mauvaise en langue étrangère, sûrement à cause de ma dyslexie. Je ne parle que le français avec quelques notions en SMS donc le langage des fleurs met totalement inconnu."

Mon trait d'humour, enfin ce que je pensais en être, tombe à plat. Mais elle quitte le comptoir et vient me prendre le bras et m'emmène dans la boutique:
-"Il y a le chrysanthème rouge qui veux dire je vous aime.
-Mais ce sont des chrysanthèmes, les fleurs de cimetière.
-Oui, mais ils y sont mis parce qu'ils veulent dire l’éternité.
-Je comprends très bien que pour une experte dans le langage des fleurs comme vous, c'est une évidence, mais pour le commun des mortelles, elles représentent la mort.
-C'est vous qui voyez. Il y a le Gerbera qui veut dire amour profond."

Elle me montre ce que j'avais d'abord pris pour des marguerites avec des pétales de couleurs. Les offrir à Anne me donnerait l'impression d'être redevenu une petite fille qui a cueilli des fleurs dans un parc et le offre à sa mère et ce n'est absolument pas ça que je veux dire:
-" Elles sont jolies mais j'aimerais voir les autres fleurs avant de me prononcer.
-Il y a la sauge rouge qui veut dire votre pour toujours et le myosotis qui signifie amour sincère.
-Superbe, le bleu des myosotis est très proche de la couleur des yeux de mon aimée.
Mais une plante en pot, qui semble avoir pour vocation d’être replanté au jardin, aussi belle soit elle, n'est pas des plus approprié pour un cadeau romantique. J'ai choisi d'offrir des fleurs parce que c'est plus présentable, surtout quand elles sont en boutons, sinon je lui aurais apporté des bonbons parce que les bonbons c'est tellement bon, enfin vous connaissez la chanson."

Ma référence à la chanson de Jacques Brel tombe, comme ma blague, dans l'oreille d'une sourde. Heureusement que j’ai choisis la carrière de kinésithérapeute, parce que celle de comique, avec autant de succès, c’est impossible.

Sans aucun commentaire sur ma boutade ou mes arguments, elle m'emmène plus en avant dans sa boutique et s'arrête pour me montrer deux nouveaux choix:
-Enfin, il y a les tulipes rouges qui veulent dire amour éternelle et l'orchidée blanche qui signifie amour pur."

Je suis soulagée, je commençais à désespérer de trouver.

Ces deux fleurs sont très belles:
-"Elles sont superbes. Laquelle me conseillez-vous?
-L'orchidée durera très longtemps avec un minimum d'entretien contrairement aux tulipes.
-Je prends, alors l'orchidée."

La vieille dame prend celle que j’ai désignée. Sans m’adresser le moindre commentaire, elle retourne à son comptoir. Il me semble tout de même l'entendre maugréer contre les jeunes qui quand il s’agit de sauge et de chrysanthèmes critiquent les plantes en pots mais quand c’est sur une orchidée l’oublient, ne s'arrêtant qu'aux apparences. Et en plus ils osent utiliser une superbe chanson de Brel pour essayer de faire de l’humour. Au moins j’ai été entendu.
Malgré ses récriminations à mon égard, elle me fait un joli emballage.

Après cet interlude très étrange, je me hâte sinon mon aimée sera partie au cours avant que j'arrive.

Arrivée devant la porte du magasin, je reprends mon souffle et rentre.
La boutique est silencieuse, je suis arrivée trop tard. Je vais pour sortir quand j'entends la plus jolie voix que je connaisse:
-"Je suis à vous dans quelques secondes, je vous laisse commencer à regarder seule."

Rassurée, je fais à nouveau demi-tour et m'approche de la pièce d'où provenait la voix d'Anne, en prenant soin de mettre mon paquet dans le dos pour conserver la surprise.
Ce n’est pas possible, je viens de me voir dans un des miroirs et j'ai un énorme sourire aux lèvres sans même m'en apercevoir. Je suis complètement atteinte, une parole d’elle et je souris bêtement.

Après, à peine quelques instants d'attente, elle apparaît.
J'oublie tout, aussi bien l'accident de mes camarades que les fleurs dans mon dos. Je suis à nouveau submergé par une vague d'amour emplissant mon cœur et mon esprit.

N'ayant pas l'effet de surprise, je suis la première à reprendre contenance. Je viens l'embrasser et l'enlacer d'un bras. Je lui murmure, ne voulant pas briser ce moment de pur intimité:
-" Bonjour amour de ma vie, comment va l'être que j'aime le plus au monde?
-On ne peut mieux maintenant qu'il est dans les bras de son âme sœur.
-Je suis venue te dire que je t'aime et que je n'ai jamais eu de plus grand bonheur dans ma vie que ton amour et ta présence à mes côtes."
-Je pense exactement comme toi. J’ai l’impression de vivre un rêve. J’ai d’ailleurs pensé un moment mettre à mon poignet un élastique pour régulièrement vérifié que je ne suis pas au pays des songes.
-c’est une vieille méthode de sevrage tabagique.
-Ah bon, moi je ne connais que les patchs.
-A chaque fois que le fumeur a envie d’une cigarette, il fait claquer sur son poignet l’élastique. C’est pour associer le tabac à la douleur.
-J’ai bien fait de ne pas le faire alors. Je ne veux absolument pas t’associer à autre chose qu’à l’amour. »
Elle se jette sur mes lèvres pour un baisé torride, faisant monter en flèche ma température interne, liquéfiant, par la même occasion, mon bas ventre.
Une demi seconde avant que le gémissement de désir que je tente de retenir réussisse à sortir,
Anne s'écarte brutalement de moi, son visage est livide, elle me demande alors, contrôlant difficilement sa voix:
-" Tu n’es pas venue m’annoncer que tu vas mourir ou que tu dois t’en aller ?
-Absolument pas mon amour. Mais pourquoi penses-tu cela ? »
Anne semble alors gêner. Comme une petite fille elle se tortille les doigts, dieu qu’elle me fait craquer quand elle est comme ça, et me dit :
-« Parce que dans tous les films, quand le héros dit à sa belle qu’il l’aime, c’est pour lui annoncer après qu’il doit partir ou qu’il est atteint d’une grave maladie. Avec tout ce qu’on a vécu en six jours, plus que dans tout le reste de ma vie, je m’attends à tout. En plus, depuis que j’ai appris que tu as eu à quinze ans un cancer, j’ai très peur qu’il revienne et t’enlève à moi. »
Elle est en pleure.
Je la prends dans mes bras pour la consoler. Je m’en veux de ne pas plus lui avoir expliqué ce que j’ai eu, cela lui aurait évité de se torturer l’esprit :
-Anne, les docteurs, pour mon lymphome, c’est le nom du cancer, ont dit que j’étais guérie, pas en rémission. Cela veut dire que je n’ai plus aucune cellule atteinte. Il ne reviendra pas. »
Evidemment, je ne lui dis pas que cela ne veut pas dire que je n’en aurais pas un d’un autre type comme tout un chacun, ce n’est pas la peine d’en rajouter.
Non je ne lui mens pas par omission, j’évite d’aborder des points de rhétoriques inutiles dans un moment douloureux.
En plus, ça, elle en a conscience. Ce qu’elle voulait savoir c’est si moi, j’avais une épée de Damoclès au-dessus de la tête à cause de mon lymphome non hodgkien et la réponse est non.
Et c'est ce que je lui ai dit.
Bon, ok si je lui avais tenu ce discours, plutôt que de l’avoir dans ma tête, j’aurais été parfaitement honnête mais ce n’est pas de ma faute si je suis lente au démarrage et maintenant il est trop tard.

Séchant ses larmes, elle se détache de mes bras et me regarde droit dans les yeux :
-« Tu pars ?
-Jamais loin de toi.
-Alors pourquoi cette superbe déclaration ?
-C'est juste qu'un événement m'a rappelé qu'il est primordial de se focaliser sur l'essentiel. Comme c'est ce que tu représentes pour moi et que je tiens à ce que tu le saches, je suis venue te le dire. J'ai aussi voulu souligner mes propos d'un petit présent."
Je lui offre alors les orchidées.

Elle éclate de rire, m’embrasse rapidement et disparait pour revenir à peine cinq secondes après avec une orchidée qu’elle m’offre elle aussi.
Je suis très agréablement surprise et je l’en remercie avec un baisé où j’essaie de faire passer tout mon amour pour elle.
Nous sommes toute pantelantes quand il se termine.

Anne en profite pour me dire :
-« toi aussi, tu as été voir Mireille ? »
L’incompréhension doit se lire sur mon visage parce qu’elle s’explique d’elle-même :
-« La fleuriste se prénomme Mireille. Elle est connue comme le loup blanc car c’est la seule qui n’a jamais de rose rouge même pour la saint Valentin. Je crois que c’est à cause d’une histoire dans sa jeunesse. Un garçon dont elle était amoureuse, serait venu chercher une rose rouge chez son père, l’ancien propriétaire de la boutique. Elle se trouvait dans la réserve à préparer des bouquets, elle l’aurait entendu raconter qu’il voulait l’offrir à la fille de ses rêves. Elle aurait espéré toute la semaine mais jamais le jeune homme n’est venu. Depuis, plus aucune rose rouge n’est vendue chez ce fleuriste et immanquablement quand une personne en demande elle répond. »
Nous le disons ensemble :
-« Je suis désolée mais j'ai vendu ma dernière il y a à peine un quart d'heure et mon fournisseur ne m'en livrera d'autre que demain matin, vers cinq heures."
Nous éclatons de rire.
Elle me dit, après avoir fini de rire qu’il existe d’autre hypothèse mais que c’est celle-ci qu’elle préfère. Je la taquine en la surnommant la midinette romantique aux yeux bleus.

En représailles, elle tente une séance chatouille mais mes premières grimaces, l’en dissuadent. Ma cicatrice ainsi sollicitée, ce rappelle à mon bon souvenir.

Après cet épisode, elle reprend son sérieux :
-« Quelle est cette évènement qui t’a, à ce point perturbé, pour t’amener ce genre de réflexion. »
Je joue les offensées :
-« Voilà, cela fait six jours que nous sommes ensemble et tu dis, déjà, que je ne réfléchis pas de moi-même. »
Elle me fait les gros yeux, signifiant qu’elle ne me laissera pas m’en sortir avec une pirouette et qu’il lui faut la véritable raison :
-« Je suppose que tu te souviens du couple saouls d’hier soir ? »
Elle hoche la tête. Je continue :
-« Cette nuit le garçon a pris le volant pour rentrer, il raccompagnait deux autre camarades. Ils ont eu un accident mortel. »
Anne me prend dans ses bras pour un gros câlin et me demande tout bas à l’oreille si je vais bien. Je la rassure.
Désireuse de changer de sujet, je la dispute gentiment :
-« Pourquoi, dans notre couple, je ferais l’homme ? »
Elle met quelques secondes à comprendre où je veux en venir :
-« J’ai parlé de héros mais tu as raison c’est un homme. Je te répondrais que c’est parce que dans l’essentielle de la production cinématographique et littéraire c’est lui qui sauve sa belle et pas l’inverse. Et comme c’est exactement ce que tu as fait dimanche, le rôle de héros t’est attribué d’office.
-Je ne suis pas du tout d’accord avec toi.
Premièrement parce qu’il faut plus de courage et de sang froid pour maintenir en vie une personne que de bêtement foncer sans réfléchir sur un type. Donc pour moi, et je n’en démordrais jamais, tu as été la véritable héroïne de l’incident dominical.
Deuxièmement, il existe des héroïnes sauvant son homme. Il y a Sydney Fox qui n’arrête pas de sortir du pétrin Nigel. »
Anne semble ne pas connaitre. Je n'avais pas l'impression que c'était une si vieille série. Idiote, comment peut-elle l'avoir vu, je la regardais à l’hôpital quand elle était encore à l’école de l’opéra de Paris. Je poursuis :
-« c’est une série télé, un remake au féminin d’Indiana Jones. Mais il y a aussi Katniss l’héroïne de Hunger games »

Au moment où je m’apprête à me lancer dans une argumentation pour prouver que j'ai raison, ma douce, utilise ma technique pour me faire taire, la traitre. Elle m’embrasse sauvagement puis me glisse à l’oreille que je serais toujours sa Stéphanie et que c’est tout ce qu’elle veut.
Je fonds complètement.
Cette magnifique jeune fille va me mener par le bout du nez et je vais adorer ça.


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wolfgangamadeusmozart



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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Mar 25 Oct 2016 - 10:41

Chapitre 20

Le baisé est brutalement interrompu par la douce et mélodieuse voix de Bérénice, la mère d'Anne, qui lui rappelle, à elle et à tous ceux alentour, qu'il va être l'heure de son cours de danse.
Cette douche froide entraîne aussi l'arrêt du câlin, surtout que sa fille sait, qu'à peine quelques secondes après ce coup de semonce, la tornade blanche déboulera, tambour battant, pour vérifier qu'elle a été entendu.

C'est exactement ce qui arrive.
Nullement ému d'avoir interrompu un instant fort pour sa fille, ce qu'elle a évidemment déduit du malaise flagrant des deux amoureuses. Elle agit comme si son enfant avait encore huit ans et n'avais pas d'intimité pour sa mère, elle vient faire la bise à Stéphanie pour lui dire bonjour, cette dernière lui rend la pareil.

Après ces formalités d'usages, elle presse à nouveau les deux danseuses de se dépêcher pour dit-elle que Nathalie n'ai pas à les attendre.

L'élève kiné la rassure en l'informant que ce soir, elles travailleront seules sur la variation de la fée Dragée pour le spectacle de samedi prochain.
La commerçante se rembruni lorsqu'elle entend le nom de la danse responsable, selon elle, du malaise et de l'hospitalisation de son petit ange.
Ce changement est discret, mais, les jeunes filles s'en aperçoivent. Et elle, sûrement à cause de tous les événements vécus, en sont chagrinées et tentent de la réconforter. Anne la prend dans ses bras et essaie de la rassurer en lui disant que ce soir elles doivent travailler à simplifier la chorégraphie pour la rendre moins fatigante. Stéphanie confirme dans un premier temps.
Puis au moment de prendre congé, lors des embrassades, elle lui glisse à l'oreille que jamais elle ne laissera Anne courir le moindre risque, ni d'inutile épuisement. Bérénice lui répond qu'elle le sait et que c'est pour ça qu'elle laisse sa fille recommencer à travailler cette variation sans plus protester. Mais, rajoute-t-elle, la peur de revivre ce souvenir est tenace, tant ce moment a été horrible.

Point de vu de Stéphanie

Arrivée à la salle de danse, nous nous changeons puis partons nous échauffer à la barre.
Bien sûr chacun de mes gestes est scrutés et analysés par ma chérie.
Je trouve cela à la fois trognon et agaçant mais ni pouvant rien je me venge en la chatouillant quand la surveillance est trop visible et crie à la mort dès qu'elle veut se venger.
Après de nombreuses crises de fous rires, je lui propose de regarder la vidéo ensemble.
D'un coup, elle a son visage de petite fille prise en faute et me dis qu'elle ne l'a pas prise parce qu'elle la connaît par cœur.
Je reste sans voix, cela fait normalement un an qu'elle ne la travaille plus et elle la connaît encore suffisamment pour la danser comme ça. Ou alors:
-" Tu ne l'aurais pas étudié dans ton coin, pendant que je suis en cours toute cette semaine?
-Je l'ai un peu travaillé pour m'occuper l'esprit.
-Pourquoi as-tu besoin de t’occuper l’esprit ?
Tu as d’autre manifestation que tes cauchemar, mon amour?"

Elle fond en larme devant mes yeux. Je me précipite pour la prendre dans mes bras et lui murmure des je t'aime et des je serais toujours là.
Évidement ma promptitude a réveillé la douleur de ma cicatrice mais je préférais me couper un bras plutôt que desserrer mon étreinte et lui indiquer ainsi mes soucis. Je refuse catégoriquement qu'elle culpabilise encore.
Au bout de quelques minutes de gros câlin, elle m'avoue que dès qu'elle ferme les yeux, qu'elle laisse son esprit vagabonder, immanquablement elle me voie un couteau dans le ventre en train de mourir.
Choqué, je l'embrasse et lui murmure que je suis en vie mais que je pense qu'il faudrait qu'un professionnel nous aide à passer cette difficile expérience.
Je pensais adoucir ma proposition en m'y incluant, mal m'en a pris, maintenant Anne s'inquiète pour moi.

Que faire?

La vérité est la seule option que je veux envisager, alors je lui dis:
-" Anne, mon amour, je n'ai aucun problème avec l'incident qui nous est arrivé, à part bien sûr qu'il t'a traumatisé. Je ne l'ai pas vraiment vécu puisque j'ai été dans les pommes tout de suite. Je me suis incluse pour t'inciter à accepter de l'aide.
- Mademoiselle Stéphanie, vous n'êtes qu'une vile manipulatrice. Mais je pense que tu as raison et ce soir j'en parlerais avec mes parents, je refuse que ce C...... Me gâche plus la vie.
- Tu as raison. Si nous commencions la répét´ ?"

Prétextant devoir aller au toilette, je vais prendre un antalgique dans mon sac au vestiaire et en profite pour examiner ma cicatrice. Ouf elle est nickèle. Après avoir remis mon justaucorps, je lève la tête et découvre ma douce adossé au chambranle de la porte, le bras croisés, les lèvres pincées et les sourcils froncés. Elle est pas contente:
-"On va dire que comme moi pour mes visions d’horreurs, tu n'as pas voulu m'inquiéter.
-Oui.
-Comment est ta cicatrice ?
-Propre et belle.
-Tu as eu mal tout à l'heure quand tu m'as réconforté ?
-Oui.
-Tu as pris un cachet ?
-oui."
Pour clore cet échange plus que tendu, elle vient m'embrasser et m'enlacer.

Une fois de retour dans la salle, puisqu'elle connaît déjà la chorégraphie, le plus simple pour savoir ce qu'il faut modifier, est de voir là où elle a des difficultés, je lui propose de la danser.

Anne s'avance au centre de la pièce.
Je mets la musique.
Elle commence alors à faire tinter, du bout des doigts, des clochettes imaginaires. Dès les premières notes, son synchronisme est parfait, elle donne l'illusion que c'est elle et non la chaîne Hi-fi la responsable de ce que j'entends.
Bon, ok là je recommence à jouer« les filles encore plus guimauve que les midinettes fan de Justin Bieber, » mais à ma décharge quand elle sourit comme ça en me regardant droit dans les yeux avec ses saphirs brillant de mille feux, je ne peux plus penser rationnellement.

Fini les digressions, la chorégraphie commence réellement.
Elle enchaîne toutes les difficultés, les équilibres sur une pointe, jambe arrière à l'équerre, en arabesque ou le pied opposé en retiré, soit en restant statique soit en pivotant. Elle les associe à des sauts de chat, des petits pas sur pointes semblant glisser sur le parquet tel les patineuses sur la glace. Intercalé, elle fait une démonstration de pirouettes et tours.
Evidemment, elle ne les fait pas quadruple comme dans la chorégraphie originale mais elle les double voir les triples pour certains avec maestria. Son visage resplendit. Elle rayonne de bonheur. Cette première minute est juste géniale, je n'ai rien vu à redire.

Les difficultés augmentent encore pendant la deuxième partie. Les pirouettes se complexifient car associées à des équilibres ou d'autres tours qui en contrecarrent la rotation. Il est donc indispensable de les maîtriser parfaitement pour ne pas être en retard sur la musique et surtout pour pouvoir l’exécuter. La fatigue commence à faire son œuvre elle ne sort presque plus que des pirouettes simples.
Bien que toujours hallucinante de grâce, la perfection du geste diminue.
Bien sûr pour une danseuse que ne s’entraine pas six à huit heures par jour c'est extraordinaire mais je suis sûr que ma belle rage de n'être pas parfaite.
Il n’empêche, le sourire est toujours là et ce n'est pas celui de façade qu'arbore nombre de danseuses dans l'effort. Non là les yeux pétillent de bonheur aussi, ma moitié, bien que fatigué, est heureuse.


Le manège final, de quarante-deux tours tout autour de la salle est un exploit sportif plus que de l'art surtout après deux minutes d'une chorégraphie aussi dure que celle-ci. Mais il colle si bien sur la musique que l’effet est spectaculaire et cela même si Anne la fini en retard et très essoufflée.

Je me précipite avec sa bouteille d'eau que je lui tends une fois son souffle retrouvé.
Quand elle danse, ma douce est définitivement dans son élément, elle est transcendée.
Un jour il va falloir que j'ose lui demander pourquoi elle a quitté l'école de danse de l'opéra de Paris, parce qu'après une telle prestation et surtout un si grand et si évident plaisir, il est clair que sa vie est là, en tant qu’interprète.

Mais pour l'heure, il faut rendre la variation légèrement moins fatigante pour que mon amour puisse la présenter dans 8 jours sans problème et sans avoir besoin de la travailler quotidiennement comme une força, mais sans la galvauder pour qu'elle continue à être à la hauteur de l'immense talent de mon aimé.

Et je ferais un procès en diffamation à toute personne osant dire que je ne suis pas objective en disant cela sous le fallacieux prétexte que je suis complétement, totalement et éperdument folle amoureuse d'Anne.
Et je suis sûr de gagner, parce que bien sûr elle est mon âme sœur mais en ce qui concerne la danse j'ai plutôt la dent dure et la critique aisée donc quand je dis qu'elle a du talent, je le dit en toute objectivité et en plus, j'ai toujours raison.
L’enlaçant une fois qu’elle s’est désaltérée et épongée, je laisse éclater mon admiration :
-« Amour, tu as été merveilleuse. Ta prestation a juste été sublime. En plus pour une chorégraphie que tu n’as pas dansé depuis un an, tu as tout enchainé sans erreur et avec aisance, chapeau bas.»
Elle est à nouveau mal alaise, fuyant mon regard et avoue :
-« En réalité je l’ai travaillé avec ma prof de danse depuis mercredi matin.
- Pourquoi tu ne me l’as pas dit ?
-Après ta réaction quand tu as appris que j’avais été à l’école de danse de l’opéra de Paris, je ne voulais pas que tu penses qu’en faisant cela, je ne te faisais pas confiance pour m’aider, m’entrainer me corriger ou chorégraphier ce qui devais l’être.
-Alors pourquoi l’a tu fais ?
-Pour m’occuper l’esprit au début, parce que c’est plus stimulant d’avoir une variation à travailler que de répéter des mouvements sans but et très vite j’ai pensé que je pourrais te la danser pour toi toute seule. J’espérais que tu apprécierais.
-C’est un peu narcissique comme cadeau de s’offrir en spectacle ?
-C’est surtout la seule chose que je puisse t’offrir pour t’exprimer mon amour. C’est mon seul talent et je n’ai pas la fortune suffisante pour te couvrir de pierres précieuses comme tu le mérites.
- Donc comme c’est mon cadeau, tu me la danseras quand je voudrais ?
-Tu as vraiment aimé ?
-Comment peut-il en être autrement tu as été Wahooooooooo.
-Je suis contente parce que j’avais vraiment peur de n’être pas à la hauteur de tes fantasmes de mon niveau de danse.
-Tu as surpassé tout ce que j’aurais pu imaginer si j’y avais réfléchis.
-Je peux avoir un bisou alors en remerciement pour mon cadeau, ça se fait tu sais ?
-tu as raison si ma mère était là elle me disputerait devant mon impolitesse. »
Et je l’embrasse sur la joue alors qu’elle tend ses lèvres, les yeux déjà fermés, et lui dis :
-« Voilà ! »
Devant sa mine boudeuse, j’éclate de rire mais ne résiste pas longtemps et l’embrasse passionnément après l’avoir remerciée pour son magnifique cadeau.


Notre étreinte aurait pu durer encore longtemps mais je sens monter en moi un puissant désir que je ne suis absolument pas sûre d'avoir envie de réprimer. D'autant plus qu'ici, je suis certaine de n'être pas dérangée par qui que ce soit, maman à son cours pendant encore deux heures, trois salles plus loin et personne d'autre n'a les clefs. Mais je veux vraiment que notre première fois soit dans des conditions romantiques et plus cosy. En plus comme aucune de nous deux ne savons où nous allons, il me semble qu'un lit confortable est plus amène à nous aider dans nos explorations, plutôt qu'un parquet dur et froid.

Pour détourner mon esprit de ces pensées, j’arrête donc notre baisé et murmure à Anne:
-" La belle orchidée que tu m'as offerte tout à l'heure, c'était pas pour me dire que tu m'aimes alors, je suis déçu."

Et je me lance dans une imitation de bouderie, lèvres en bec de canard, comme l'appelle ma mère quand mon père le fait et sourcil froncés. Je dis imitation parce que je ne boude jamais ne supportant pas de couper le dialogue.
Olivier, quand j'explique ça, ose dire que c'est parce que je ne peux pas envisager de m’arrêter de parler, ce qui est complétement faux voir diffamatoire.

Ma douce met quelques secondes pour comprendre de quoi je parles, mais une fois tous les wagons recollés, d'une toute petite voix, toute timide, toute mignonne, tortillant avec ses doigts une de mes mèches rebelle sorti de mon chignon, elle me dit:
-"C'est évidemment parce que je t'aime que je te l'ai offerte mais c'est plus que ça.

Cette après-midi, j'ai eu l'irrésistible besoin d'avoir un autre cadeau pour toi, alors j'ai foncé chez Mireille la fleuriste, qui bien sûr, comme tu le sais, n'avais pas de rose rouge, donc je me suis rabattu sur l'orchidée. J'aurais voulu tout te dire tout à l'heure mais la discrète intervention de maman m'en a empêché.

La variation de la fée dragée est mon billet doux déclarant mon immense amour pour toi. Comme je te l'ai dit, j'ai utilisé la danse parce que c'est le seul moyen d'expression que je maitrise suffisamment.

Je t'ai offert la fleur en remerciement pour l'excellence de mon premier rendez-vous amoureux, hier soir."


La claque est violente, je joue pour calmer mon bas ventre et ma douce, presque candidement, vient de me donner une leçon dans l'art d'être une petite amie. Bien sur un tsunami amoureux me submerge mais c'est surtout un profond sentiment de culpabilité qui m'étreint.

Evidemment, je la remercie en l'embrassant.

Pendant ce très plaisant moment, je réalise que pendant les quatre derniers jours, alors que je reprenais une vie normale, comme si de rien était, Anne devait, seule, faire face aux cauchemars et aux réminiscences de l'agression de dimanche et plutôt que d'en être effondré, elle me prépare un merveilleux cadeau.

Quelle amoureuse suis-je?
Non, quel être humain fais-je?

Une égoïste écervelée aveugle des problèmes de son aimée.

Je sens les larmes me venir, comment ma douce peut m'aimer? Vraiment je ne la mérite pas.

M. encore une fois je fais fausse route, la vraie question c'est comment je fais pour montrer à Anne tout l'amour que je ressens pour elle?


Et là, l'illumination, à l'hôpital, elle m'a dit qu'elle avait eu le coup de foudre pour moi au gala quand j'ai dansé sur la chanson de Solveig.

Ai-je le Cd?

Oui, j'ai toujours la copie de travaille de l'année dernière dans le bureau de maman. Mes pointes sont encore bonne, je les avais achetées exprès pour le spectacle.
Petit récapitulatif de la chorégraphie, il manquerait plus que j'ai un trou de mémoire en plein milieu de ma variation.
Je suis prête.
Je mets fin au baisé, demande à ma douce de m'attendre là et me dépêche de chercher ma musique.

Une fois le disque dans l'appareil et avant de commencer, je me dirige vers mon aimée:
-"Anne, tu es la femme de ma vie, j'en suis sûr et pourtant je n'ai pas été à la hauteur cette semaine.

Ne dis pas le contraire, je n'ai même pas vu que tu avais été affecté à ce point par ce qui c'est passé dimanche.

Bien sûr je suis impardonnable mais sache que je t'aime. Accepte cette petite chorégraphie comme gage de mon amour."


Avant qu'elle ne réplique, je pose mon index sur ses lèvres et j'utilise mon imitation du chat Potter.
D'un hochement de tête elle accepte alors et se dirige vers le lecteur de cd pendant que je vais au milieu de la salle.


La musique commence, je me concentre comme jamais, il faut que je sois parfaite, je ne peux pas faire moins pour que ce soit un vrai cadeau, nos deux chorégraphies ne sont vraiment pas de la même difficulté, pour être acceptable la mienne doit être dansé sans erreur et avec émotion.


Ma variation raconte une histoire d'amour, plutôt d'actualité, non?

Avec au début le coup de foudre qui me laisse pantelante et hagarde, ensuite le questionnement, m'aime-t-elle? Suis-je assez bien pour elle? ...
Les hésitations, les tentatives de rapprochement et les reculades puis enfin, au moment de la première superbe vocalise de la soprano, la réunion des deux êtres.

Ce premier acte est tout en sensation, en mime et jeu d'acteur. Bien sûr, je ne déambule pas bêtement, mais les enchaînements sont simples, les équilibres et les pirouettes douces et délicates sans amplitudes extrêmes.

À l'inverse, La deuxième partie montre l'euphorie de l'amour, le regain d'énergie qui nous envahie, la passion amoureuse avec comme point d'orgue, la jouissance, suggéré mais pas montré, lors de la deuxième vocalise.

La musique ne change pas de rythme donc pour exprimer ces émotions, j'ai fait une chorégraphie où toutes les amplitudes sont maximums, les pirouettes doubles.

Ce deuxième acte est épuisant mais ma douce mérite que je me fatigue pour elle.

L'introduction musical fini, je comme à danser.

Les pas s'enchaînent facilement, tout est naturel, comme j'aime. Je n'ai qu'à me focaliser sur les sentiments que je veux faire passer.

À la fin de la première partie je valse avec ma partenaire imaginaire.

Et sur les ultimes notes de la soprano, je fais une diagonale de déboulés, enchaînement de demi-tours sur une pointe, d'un pied sur l'autre, puis je m'arrête au milieu dos au public, en équilibre sur mes deux pointes en positionnant mes mains pour donner l'illusion que je suis enlacé.

Et là la musique s'arrête et la porte s'ouvre à la volé sur ma mère, furieuse qui me dit :
"STÉPHANIE, ADÈLE, ANGÈLE, DUPONT!
POURQUOI AI-JE ENTENDU LA CHANSON DE SOLVEIG?
ET QUE FAIS TU AU CENTRE DE LA SALLE TRANSPIRANTE?
TU SAIS TRÈS BIEN QUE TU NE DOIS PAS FAIRE D'EFFORT POUR QUE TA CICATRICE NE SE RÉOUVRE PAS."

Ma cicatrice, je l'avais complètement oublié avec tout ça.
Anne, non, elle m'a laissé danser tant que ce n'était pas dangereux pour moi et a coupé la musique avant que cela devienne risqué.
Elle connaît vraiment très bien ma chorégraphie et encore une fois elle veille sur moi.

J'ai beau être l'aînée de notre couple, c'est elle qui prend soin de moi, qui me fait des cadeaux.

Avant que je dise quoi que ce soit, ma douce prend la parole:
-"Nathalie, Stéphanie me montrait comment mettre plus de sentiment dans ma variation. Bien sûr, elle n'a dansé que la partie du début, sans aucun risque pour elle."

Elle me sauve en plus d'un sermon de mère, embarrassant devant elle.

Maman lui répond:
-" Je sais qu'il est très dur de s’empêcher de danser, surtout que parfois on ne trouve pas de meilleur façon d'expliquer un mouvement. Mais s'il te plait Anne, continue à être vigilante parce que je sais que ma fille ne le sera pas. Elle est comme moi, elle ne fait jamais attention à elle.
- Tant que je serais là, je ne laisserais rien lui arriver.
- J'en suis persuadé, merci.
Vous avancez avec ta variation?
Parce que je ne veux pas que tu t'épuises pour moi, donc s'il y a le moindre souci, je préfère annuler ma participation à ce gala de présentation.
-Ne vous inquiétez pas.
Stéph, a beaucoup d'idée pour me simplifier la chorégraphie et en plus je me suis un peu entrainée depuis trois jours donc je sais que pour samedi prochain je n'aurais aucun problème.
-Alors je vous laisse travailler et retourne à mon cours."

Et sur cette dernière parole, elle s'en va.
Elles ont discuté ensembles comme si je n'étais pas là.
Je sais bien que j'ai agi comme une enfant mais quand même.

Mais il n'est plus temps d'être puérile. J'ai complètement oublié la raison de notre venu ici. C'est quand même pour le travail de ma mère que ma douce reprend cette si difficile variation. Elle en a fait un superbe cadeau pour moi, bien sûr, mais on est sensé travailler toutes les deux et je n'ai encore rien fait.

Je me dirige vers mon Aimée et lui dit:
-"Merci Amour de m'avoir couvert auprès de ma mère.
-C'est moi qui te remercie pour ce superbe spectacle en V.I.P
-Arrêtes, amour, je n'ai dansé que la partie facile. Tu as surveillé que je ne risque rien en stoppant la musique avant le morceau de bravoure.
-Chérie, la danse c'est justement cette première partie pleine d'émotion et de sentiment. L'art est là et pas dans l'accumulation de difficultés comme dans ma variation ou ta deuxième partie.
En te revoyant, j'ai compris pourquoi j'ai eu le coup de foudre en juin. Ta sensibilité m'a touché au plus profond de mon être."

Et elle m’embrasse passionnément.

Je ne suis même pas une enfant, je suis un nourrisson immature.
Hélas sexuée, les lèvres et la langue de mon aimée mon font un effet prodigieux. Je ne vais pas pouvoir résister encore longtemps à l’appel de mes sens.

Ouf, elle a mis fin à ce merveilleux moment avant que je ne puisse plus me contenir.

Nous sommes toutes les deux rouges, je me suis vue dans le miroir.

Elle reprend la parole :
-« Stéphanie, il faut vraiment que tu fasses plus attention à toi.
Tant que tu n’auras pas cicatrisé complètement, il n’y aura pas de pas de deux possible pour nous deux, que ce soit vertical ou horizontal. »

Un fois remise de l'étonnement dans lequel la dernière phrase d’Anne m'a plongée, nous travaillons sur la chorégraphie.

Pour des raisons de taille de scène, je suggère de raccourcir le manège final, ce qui m'obligera ce soir ou demain matin à retravailler la musique pour enlever les mesures inutiles, mais évitera à ma douce de faire trois fois le tour du plateau samedi prochain. Évidemment elle accepte.

Ensuite je propose de remplacer le morceau de bravoure initial où la danseuse doit faire successivement des triples et des quadruples rotations sans s’arrêter.
Là, elle semble chagrinée.
Après beaucoup de câlins et de bisous, je réussi à lui faire dire que cela l'ennuie d'enlever cette partie qui est la raison d'être de cette variation et qui a, de tout temps, permis de montrer l'excellence technique des ballerines la dansant.

Je décide d'être dans une relation de couple et pas dans celle habituelle entre un chorégraphe et sa danseuse. Je lui demande donc si elle se sent capable de l'exécuter parfaitement, seul façon acceptable à ses yeux, d'ici une semaine et sans y passer plus de deux heures par jour.

Elle me répond, mal à l’aise, que c'est pour réussir cette partie qu'elle a travaillé à s'en rendre malade, il y a deux ans. Elle ajoute dépitée qu'elle n'y est pas arrivée comme elle le désirait à l'époque alors il ne lui parait pas possible d'y arrivé en une semaine.

Je l'enlace pour la réconforté puis me met au milieu de la salle et lui dit:
-"c'est à ça que je pensais."
Grace à la télécommande, je lance la musique.
Avant qu'elle ne réagisse, j'enchaine les tours et les pirouettes doubles et planés pour collés à la douceur de la musique. J'alterne ces prouesses avec des ports de bras, de mon seul bras droit évidemment, ainsi que des déplacements et quelques pas plus simples, me permettant de récupérer mon souffle. Je termine par les petits pas sur pointe de la chorégraphie initiale.

Je suis ravie d'avoir réussie à faire toutes ses difficultés, comme je voulais et en plus sans rien ressentir au niveau de ma cicatrice.

Le sourire aux lèvres, je demande à ma douce:
-"Alors?
Bien sûr tu devras utiliser les deux bras mais moi je ne pouvais pas."

Je vois Anne interdite

Je comprends qu’elle est inquiète.
Tout sourire, je le lui dis :
-« Amour, tu es inquiète par rapport à ma blessure, je trouve ça trognon et cela me touche.
Mais je sais faire attention à moi depuis le temps. »
Elle hausse les sourcils pas convaincue.
Je continue :
-« Bien sûr cette phrase venant d’une personne qui a délibérément foncé sur un couteau n’a pas beaucoup de sens, bien que jamais je ne regretterais cette action, au contraire même.
Mais je peux t'assurer que je n'ai absolument pas eu mal. Les points de sutures n'ont même pas tirés.
En plus comment veux-tu que je ralentisse délibérément ma cicatrisation après ton ultimatum?"

Anne retrouve le sourire et ouvre la bouche pour me répondre. Je lui coupe l'herbe sous le pied et ajoute:
-" J'ai trop envie de travailler au pas de deux sur la musique de Roméo et Juliette."

À l'entente de ma blague, ma danseuse étoile me fait une superbe moue boudeuse.

Elle est vraiment mignonne ainsi, je craque complément mais ce n'est pas le moment.

Je me précipite sur elle et la couvre de petits bisous sur toutes les partie de son corps dénudée en lui disant à chaque fois soit désolé soit je t'aime.
Ma douce ne tient pas longtemps et éclate de rire.

Ensuite, nous parlons de ma suggestion chorégraphique. Elle la trouve très bien et décide de l'utiliser à la place de l'original qui lui a toujours donné du mal.

C'est un régal de travailler avec ma moitié. La technique et l’endurance ne sont plus un problème après les légères modifications que nous avons apporté. Nous pouvons nous focaliser sur l’interprétation. Pendant toute cette dernière partie de répétition nous ne parlons que d'intention, de sentiment, de détail sur un mouvement de bras ou de tête.
Elle est aussi pointilleuse que moi, c’est génial.

A la fin de ces plus de deux heures de travail non-stop, cérémonieusement et muette face à mes questions, Anne va chercher la chaise qui se trouve dans le bureau de ma mère et l’installe le long du mur de miroir. Ensuite après m’avoir embrassée, elle m’assoie me dit qu’elle puis se place au centre de la salle.
La musique commence, j’ai alors devant les yeux le plus merveilleux spectacle de danse.
Ce n’est plus ma belle exécutant une variation très technique et très compliqué du répertoire que je regarde, c’est la fée Dragée que j’admire en train de recevoir ses invités et organiser les festivités.
En une soirée, ma moitié a réussi maitriser cette variation au point de raconter une histoire et de ne plus simplement danser.
Je suis subjuguée, émerveillé et émue aux larmes. Elle est définitivement une grande interprète.

Telle un diable sorti de sa boite, la pose finale à peine achevée, je me précipite sur ma femme et l’emprisonne dans mes bras. Là je l’inonde de larmes, de compliment et de baisés.
Un peu perdu devant mon exubérance, elle me demande timidement :
-« C’était bien alors ?
-Mieux qu’Alessandra Ferry. »

Le gardien arrive quelques minutes après, nous trouve enlacé, goutant à ce plaisir simple d’être au meilleur endroit du monde. Après avoir toussé pour signalé sa présence, il nous prévient qu'il est l'heure de fermer.

Il est alors temps de rentrée, je ramène Anne chez elle et la laisse après un dernier baisé.




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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Mar 25 Oct 2016 - 11:11

chapitre 21

Je rentre en quatrième vitesse chez moi. Tout le monde m'attend pour manger. Je dirais plutôt que mes parents ont tout organisé pour nous avoir ensemble et ainsi pouvoir enfin savoir comment c'est passé notre sortie de la veille.
Au cours du dîner, nous racontons, donc, mes frangins et moi, cette soirée. Ils omettent délibérément l'incident avec le couple ivre pour, je suppose, ne pas inquiéter nos géniteurs.
Mais je reviens dessus à cause de la mort accidentelle du garçon. Je crois que j'ai besoin d'en parler encore pour mieux le digérer, merci le psy de cette après-midi pour le conseil. Je l'avais complètement oublié, lui. Dire que j'ai osé dire à Anne que je n'en avais pas besoin. En plus, je ne lui ai pas donné les numéros gratuits pour qu'elle puisse parler, mais quelle C...
Je me dépêche de relater l'annonce de l'accident, les réactions des élèves, l'accompagnement mis en place par l'école et mon utilisation du thérapeute appeler par la direction à cette occasion, pour revenir sur l'agression de dimanche. Je leurs fait part de mon étonnement d'avoir constaté un mieux-être après cette consultation alors que je croyais honnêtement ne pas en avoir besoin.
Une fois cela fait, je m'excuse auprès de mes parents et file appeler ma moitié. Je lui raconte alors mon après-midi à l'école et lui donne le numéro.
Elle me rassure en me disant que ce n'est pas grave d'avoir oublié de lui dire tout ça tout à l'heure. Elle ajoute que c'est même plutôt une chance, ainsi j'ai eu une excuse pour l’appeler.
Ensuite elle me remercie pour les numéros d'aide psy mais m'annonce n'en avoir plus besoin. Elle me raconte qu’en rentrant, elle a immédiatement parlé avec ses parents de sa volonté d’en finir avec ses angoisses et autres cauchemars. Son père lui a alors demandé si elle voulait voir un thérapeute, ce à quoi elle répondit par l’affirmative. Il lui proposa alors un rendez-vous avec un professionnel pour elle lundi. Surprise, elle accepta et lui demanda comment il avait deviné qu’elle voudrait aller en voir un maintenant. Il lui expliqua qu'il avait pris le rendez –vous dès mercredi et leur discussion nocturne, au cas où. Il avait convenu avec le psy qu’il l’appellerait ce samedi matin pour annuler si elle n’émettait le désir de le consulter. Il finit en lui disant qu’il ne lui en avait pas parlée pour que cela vienne librement d’elle, ce qui est un meilleur gage de réussite.

A mon retour à table, Olivier s'étonne que j’aie eu autant à raconter à ma moitié venant à peine de la quitter.
Après lui avoir tapé sur la tête, j'explique la raison de cette conversation. En apprenant l'existence des tourments de ma belle, le silence se fait à table. Maintenant je n'ai plus aucun doute, ce malaise est la preuve que ma famille l’a intégré. Je les rassure en leur indiquant qu'elle allait avoir l'aide d'un psy, dès la semaine prochaine.

Pour détendre l'atmosphère, j'enchaîne en expliquant avec beaucoup d'enthousiasme l'extraordinaire variation que ma douce m'a offerte. Devant mon émotion, la curiosité de ma mère est titillée. Elle me demande la possibilité de la voir avant samedi, moment où elle sera trop occupée pour réellement l’apprécier. Je lui réponds qu’elle doit voir ça directement avec Anne demain, en cours.

Samedi matin
Il est 10 heures et je me réveille seulement. Au moins la cicatrice me permet de me reposer.
Je vais pouvoir prendre mon temps pour me laver en écoutant radioclassique. Bien sûr j’aimerais pouvoir prendre un bain ou une douche mais c’est impossible. J’allume le poste de la salle de bain sur 101.1 :
« Vous êtes bien sur radioclassique.
Bonjour, c’est Albina Belabiod qui vous accompagne jusqu’à 11h55. Avant d’écouter l’introduction de l’opéra de Mozart, Don Giovanni, j’ai des places de cinéma à vous faire gagner, avec notre partenaire Pathé cine live. Les cinq premiers à appeler gagneront deux places pour la retransmission, demain après-midi dans votre cinéma pathé, de la Bayadère par le Bolchoï.
Pour cela, il vous suffit d’appeler au 3223 et de dire radioclassique, il vous en coûtera 30 centimes la minute »

Evitant de justesse le grand écart, à cause de mes pieds mouillé et de ma promptitude à me jeter sur mon portable que j’avais emmené exceptionnellement, au cas où Anne m’appellerait, je compose le numéro cité. Je cris presque « radioclassique » à la boite vocale.
Pour la deuxième fois de ma vie, j’ai de la chance. La personne à l’autre bout du fils me dit que je suis la cinquième à appeler.
Apres avoir donner tous les renseignements administratifs, je raccroche enfin et laisse éclater ma joie.
Evidement ma chance n’a qu’un temps et à faire l’andouille, je tombe sur le sac de linge sale qui amortie le choc mais pas le sentiment de honte.
Bah oui, je suis une danseuse qui ne tient même pas sur ses pieds. Heureusement personne n’a rien vu.
Je me relève en faisant attention. J’ai réussi à ne pas me faire mal en tombant ce serait bête de le faire en me relevant.
Je finis de me laver euphorique à l’idée d’aller voir ce super ballet avec ma belle. En plus cela fera une semaine que nous sommes ensemble, c’est un chouette cadeau.
Attends j’espère qu’elle n’a rien prévu demain.
Je m’habille et l’appelle pour savoir.

Lundi matin
Comme d’habitude le réveil est difficile. Je ne suis définitivement pas du matin.
En éteignant mon radioréveil, je pose la main sur mon billet de cinéma. Hier a été un super après-midi. Anne n’avait rien de prévu. Elle m’a presque rendu sourde par son cri de joie quand je l’ai invité au cinéma après avoir tâter le terrain pendant cinq minutes.
Arrivée une heure à l’avance comme me l’avait conseillé Brigitte, mise au courant par ma mère aussi contente que si elle y allait elle-même, nous avons été bien placées, au milieu de la salle.
Le spectacle a été grandiose. Tout a été parfait. Même le réalisateur n’a pas fait la bêtise de faire de gros plan sur le visage des artistes quand ils étaient en train d’exécuter des prouesses techniques avec ses jambes.
Après, Anne m’a invité à manger une crêpe sucrée dans un petit resto breton.
Un merveilleux après-midi en z’amoureux.

Bon ce n’est pas tout ça mais il faut que je m’active sinon jamais je n’attraperais mon train.

Lundi à 13 heures

Anne a eu sa première séance chez son psy ce matin, je suis impatiente de savoir comme cela s'est passé.
Je décroche dès la première sonnerie.
Après les douces paroles habituelles, je l’interroge sur son rendez-vous.
Il ressort qu’elle doit aller déposer plainte contre notre agresseur. Elle m’explique qu’il s'agit d'une étape importante, la reconnaissance étant essentielle dans le processus de réparation, d'après le psy.
Je sens qu’elle essaie de se convaincre en me disant tout ça.
Ne pouvant la laisser ainsi, je lui propose de l’accompagner et de déposer plainte aussi.
Son enthousiasme me confirme qu’elle craignait d’y aller seule. Je lui donne rendez-vous à la gare dans une heure. Elle proteste mollement, arguant que j’ai mes cours. Je lui réponds que les quatre mousquetaires me les prendront, que c’est son seul jour de congé et l’après-midi le moins chargé de ma semaine. Je coupe court en lui disant que je dois prévenir mes amis et mon responsable pédagogique avant d’attraper mon train dans une demi-heure.

La gare

Une fois descendu du train et arrivée dans la gare, je cherche Anne. D’un coup je sens des mains posé sur mes yeux et une fausse grosse voix me dit :
-« Qui sait ? »
Comme mon père m’a contaminé avec les sketches de Fernand Renaud dès l’enfance, je réponds automatiquement :
-« C’est le plombier. »
Les mains se retirent de mes yeux dans le plus grand silence. Je me retourne et vois Anne, bras croisés, en train de bouder.
Je me décompose et m’apprête à m’excuser et à m’expliquer quand elle explose de rire en me criant :
-« Je t’ai eu. »
Furieuse et amusée, j’utilise mes grands bras pour la chatouillée et crie forcement de douleur dès qu’elle tente de se défendre.
Cela à durée quelques minutes, sous le regard des voyageurs et du personnel SNCF, mais cela semble avoir fait le plus grand bien à ma moitié qui arbore un magnifique sourire sur le chemin du commissariat.
L’angoisse semble la reprendre à quelques mètres du bâtiment si j’en crois la compression de mes doigts. Je m’arrête, l’enlace et l’embrasse puis lui assure que tout va bien ce passer puisque c’est nous qui portons plainte.
Mes propos lui redonnent le sourire, je récupère sa main et nous entrons.

Au commissariat
Nous sommes accueillies par un policier en costume qui nous demande la raison de notre venue.
Naturellement, je prends la parole et lui explique que nous venons porter plainte pour une agression que nous avons subie dans le parc dimanche en huit.
Il me demande des précisions pour, m’explique-t-il, savoir si notre cas peut faire l’objet d’une plainte.
Je lui raconte donc. Il confirme la validité de notre démarche et nous informe que les officier de police nous relèverons à 15 heures.

Il nous faut donc patienter vingt minutes. Je demande à ma douce si elle veut faire un tour et revenir ou si elle préfère rester ici, à attendre. Elle choisit de rester pour ne pas être tenté de ne pas revenir.
Je lui fais alors un gros câlin pour patienter.
Nous attendons très agréablement lovées l'une dans l'autre.
Après un temps trop court, une superbe blonde aux yeux presqu'aussi bleue que ceux de ma douce, suivi d'une très belle brune, à la peau un peu mate et aux yeux verts émeraude arrive devant nous. Elle nous demande:
-" mesdemoiselles Dupont et Pavlova?
Acquiescent, nous nous levons un peu honteuse, comme des enfants prises en faute. Mais le sourire des officiers nous rassure.
La grande blonde fait les présentations:
-" voici l'agent Dubois et moi, je suis l'agent Martin."
Je leur tends la main, qu'elles serrent et me présente:
-" Bonjour, je suis Stéphanie Dupont."
Ma douce fait de même:
-" Bonjour, je suis Anne Pavlova."

Après cela, la policière reprend:
-"vous êtes là pour déposer une plainte pour agression par arme blanche?"
Nous hochons la tête.
Elle poursuit:-" Alors, je vais vous demandez de nous suivre jusqu'à notre bureau."

Nous passons les portes de l'accueil et nous nous retrouvons dans un univers diamétralement opposé aux séries policières américaines, fait d'open space. Là, c'est une administration française, donc avec des bureaux, la seule différence c’est qu’ici les fonctionnaires sont armés.

Nous nous arrêtons en même temps que nos guides devant une porte vitrée. Mademoiselle Martin nous fait passer devant elle en nous disant:
- "Installez-vous, mesdemoiselles."
Nous entrons dans un bureau microscopique qui serait étouffant s'il n'était pas entièrement vitré et uniquement meublé d'une table vide et de quatre chaises. L'environnement est spartiate, impersonnel mais fonctionnel. Je m'attendais à voir, comme dans les policiers que j'ai vus avec ma mère, le porte-pipe de Maigret ou la vielle machine à écrire du commissaire Moulin.
Nous nous asseyons. Je conserve toujours la main d'Anne dans la mienne.

Et là, devant nos yeux, les deux policières exécutent un vrai ballet, sans fausse note, ni parole, lors de leur installation.
La brune, en entrant est allée ouvrir un placard et en a sortie papiers, stylos et ordinateur portable, qu'elle passe, sans avoir à se retourner, à sa collègue qui les installe sur la table et lui tire sa chaise avant de s'asseoir.
Elles doivent vraiment avoir l'habitude de travailler ensemble.

Nous sommes ramenées à la raison de notre présence ici par l'agent Martin qui semble être celle qui va mener l'audition:
« Bon, avant d’entendre votre déposition, il me faut d’abord avoir quelques renseignements administratifs. »
Nous lui donnons pendant cinq minutes aussi bien nos noms que nos adresses, notre lieu de naissance que nos profession. Une fois cela fini, l’audition peut commencer :
-"Alors cette agression a eu lieu où et quand?"
Je vais pour répondre quand ma belle me sert la main.
Qu'elle idiote je suis! Comment vas-t-elle être reconnu comme une victime si c'est moi qui fais toutes les démarches?
Je lui sers à mon tour la main et fait un discret signe de ma main pour lui dire d'y aller, ce qu'elle fait:
-"Dimanche, dans le parc dans le bois.
-Vous souvenez-vous de l'heure?
-vers 14heure.
-Pouvez-vous me dire ce que vous faisiez au moment où l'individu c 'est présenté devant vous?"
Avant de répondre, elle me regarde et rougie un peu.
Pourquoi ?
Il faut que je n’oublie pas de lui demander tout à l’heure.
Elle reprend la parole:
-" je me promenais dans le parc, m'interrogeant sur beaucoup de choses. C'est d’ailleurs parce que j’étais perdue dans mes pensées que je ne me suis aperçu de la présence de cet homme que lorsqu'il m'a parlé, un couteau à la main.
-Vous n’étiez pas toutes les deux ensembles au moment de l’agression ?
-Non, pas encore.
-Que vous a-t-il dit ?
- passes moi le fric connasse. »
Je suis épaté par le détachement avec lequel ma moitié raconte ça, je pensais que c’était ça qui la hantais.
Elle continue à parler :
- « Juste après, j’ai entendu crier. Instinctivement, je me suis tourné vers le bruit, le type aussi. J’ai vu alors Stéphanie courir vers nous en criant de me laisser tranquille.
-Vous, Mademoiselle Dupont ? »

Je réponds d’un petit oui toujours un peu honteuse de mettre si lamentablement étalée. Moi qui rêvais d’un sauvetage héroïque.

M’étonnant de ne pas entendre Anne reprendre sa déposition, je me retourne vers elle. Elle pleure en silence. Je la prends dans mes bras, l’embrasse et lui murmure que tout est fini, que le type ne l’embêtera plus, que l’inspecteur l’arrêtera. Cela la fait réagir :
-« Mais je m’en fou du type. Mes cauchemars c’est toi mourant poignardé. »
Bien sûr mercredi, elle me l’avait dit mais je ne pouvais pas vraiment le croire. Je la prends dans mes bras. Elle fait des exercices respiratoires de yoga et se calme très vite. Elle sèche ses larmes, m’embrasse pour me rassurer, puis s’excuse auprès de l’officier avant de recommencer sa déposition :
-« Donc je vois Stéphanie dévaler la petite colline à toute vitesse et venir percuter de plein fouet mon agresseur. »
Je me fais le plus petite possible, m’attendant à entendre l'une des belles inspectrices éclater de rire, elles n’en font rien, je les en remercie mentalement.
Par contre, elles se sont lancées un coup d’œil, suivie d'un sourire bienveillant, pourquoi ?

Je n'ai pas le temps de me poser plus de questions puis qu’Anne continu de leur raconter les événements.
J’ai maintenant compris qu’il s’agit de la partie la plus dur pour elle. Mais serrant fort ma main pour se donner du courage, les larmes recommençant à coulées sans qu’elle semble s’en apercevoir, je me garde d’ailleurs de le lui faire remarquer pour qu’elle en finisse au plus vite, elle raconte :
-« A peine tombée, Mademoiselle Dupont s’est relevée pour vérifier si j’étais touchée. Mais sa blessure saignant beaucoup, elle a perdu connaissance une fois rassuré sur mon état. L’homme voyant son couteau, à terre, maculé de sang, s’est enfui sans demander son reste. J'ai alors installé mon amour en position latéral de sécurité, enlevé mon T-shirt pour le comprimé la plaie et empêcher le sang de trop sortir et j'ai appelé le 15 à qui j'ai tout expliqué.
-Vous avez été d’une rare présence d’esprit mademoiselle. »
L'agent Dubois a posé ses doigts sur le poignet de sa collègue pour l'interrompre. Elle est pour le moins très tactile cette belle brune et prend la parole :
- « Et ce couteau, qu'est-il devenu ?
Qu’en les secours sont arrivés, avez-vous vu un officier de police ? »
C'est évidement ma moitié qui répond puisque j'étais dans les vapes :
- « Pour le couteau, je n'en ai pas la moindre idée. Je ne me suis préoccupée, jusqu'à l'arrivée du SAMU, que de garder en vie Steph en compressant sa plaie avec mon T-shirt. Ensuite nous avons été emmenées à l’hôpital. Je n’ai vu que les membres du SAMU, enfin personnes ne s’est présenté comme policier. »
Ma chérie essuie ses larmes et je dépose un bisou sur ses doigts.
Pendant ce temps les deux policières échangent entre elles à voix basse. Je préfère me focalisé sur ma danseuse et lui demande dans un murmure comment elle va. Elle me rassure et me confie que de parler lui fait du bien, lui permet de prendre de la distance.

Nous arrêtons nos messes basses quand l'officier Dubois se lève et nous informe qu'elle va chercher s'il n'y a pas déjà un rapport sur notre incident. Elle précise que le service d’urgence n'a pu faire autrement que de prévenir le Commissariat quand il a reçu votre l'appel.

Et là je suis scotché. Je viens de surprendre l’inspectrice en train d’admirer la chute de rein de sa collègue alors qu’elle sortait du bureau. Mon étonnement est tel que je n’arrive pas à me recomposer un visage neutre quand elle retourne son attention vers moi. Elle devine alors que je l’ai vu et rougie. Notre malaise cesse grâce au parole d’Anne :
-« Cette agression nous aura au moins permis à Stéphanie et moi de comprendre ce qui est réellement important et de nous mettre ensemble. »
Pourquoi elle dit ça ?
Attends, elle pense qu’il y a quelque chose entre les deux inspectrices. Oui mademoiselle Dubois rougie encore. Ma femme est trop forte.
Bon à moi d’apaiser la situation. Avec un grand sourire sincère et bienveillant, je demande:
-« Agent Dubois, voulez-vous que je vous raconte mon point de vu ? »
Elle me sourit, elle doit avoir compris que je change de sujet, et redevenant professionnel, elle me demande :
-« Que faisiez-vous dans le parc et pourquoi êtes-vous entrée en collision avec l’agresseur de mademoiselle Pavlova ? »
Je savais bien qu’en venant ici, je ne pourrais pas y échapper. Allez, il parait que le ridicule ne tue pas :
-« Moi j’étais dans le parc pour courir et essayer de répondre à certaines questions, avec mon Walkman sur les oreilles. Je suis au sommet de la petite colline, au niveau du bois, quand j’aperçois Anne en contrebas. Je m’arrête et enlève mon casque quand presque aussitôt je vois l’homme armé. Je ne réfléchis pas et me précipite vers eux dans l’intention de m’interposer. C’était sans compter sur l’herbe mouillé qui m’empêcha de contrôler ma course. J’ai juste pu essayer d’orienter ma chute pour éviter mademoiselle Pavlova et éloigner l’agresseur d’elle. »

Très professionnel, la policière tape à l'ordinateur, sans faire de commentaire, ni rictus. Cela m'épargne et j'apprécie. Ma moitié m'a tenue la main pendant tout ce temps.
Une fois le dernier mot retranscrit, elle se retourne vers nous, nous ébloui de son sourire, le malaise de tout à l’heure semble heureusement passé et nous demande si nous voulons boire de l'eau. Nous acceptons, pour ma part surtout pour me retrouver un peu seul avec Anne après ses deux moments difficile.
Je profite de cet intermède pour la câliner et l'embrasser. Je lui demande comment elle va. Elle me dit que dans mes bras, elle va toujours parfaitement bien. Je fonds pour cette demoiselle c’est définitif. Je l’embrasse à nouveau. Quand nous arrêtons, je lui pose la question qui me tracasse :
-« Pourquoi penses-tu que les deux policières sont ensembles ?
Anne, jouant l’étonnée : -Mais jamais je n’ai insinué une telle chose.
Stéphanie, agacé :- Alors pourquoi à tu dis « Cette agression nous aura au moins permis à Stéphanie et moi de comprendre ce qui est réellement important et de nous mettre ensemble » même l’inspectrice l’a interprété comme « vous aussi vous êtes ensemble et c’est bien parce que l’Amour est ce qui est le plus important ».
Anne : Pendant que nous venins ici, sa collègue brune n’a pas arrêter de regarder ses fesses et elle en a fait de même quand elle est sortie. Et tu as vu leur entente pour installer le bureau ! »Stéphanie, se penchant pour embrasser dans le cou sa douce :-tu es une vrai Sherlock Holmes, Amour, mais de toute façon nous ne serons jamais si tu as raison parce que ce ne serait pas correct de demander.
Anne, appréciant les baisés : Evidement. »
Je sursaute bien sûr à l'ouverture de la porte annonçant le retour de l'agent Martin et me rattrape de justesse au dossier de la chaise de ma moitié. Je pique logiquement un fard. Ma douce, cette traite en rigole et même l'officier s'en amuse vu son sourire et ses yeux rieurs.
Pour reprendre contenance je bois mon verre d'eau et me réinstalle sur ma chaise.
Une fois assise à son bureau, la policière blonde reprend son professionnalisme et nous demande:
-"Mesdemoiselles, pouvez-vous me donner une description précise de votre agresseur?"
Je réponds immédiatement que je ne l'ai pas vraiment vu, étant focalisé sur le couteau et ma belle. Je peux juste dire qu'il fait à peu près ma taille et pas très gros.
Anne est restée silencieuse et les yeux fermés pendant tout ce temps. Elle prend la parole d'un ton assuré:
-"Il est grand 1m80 environ, blanc, les cheveux châtain. Il était habillé d'un jean bleu, d'un T-shirt blanc et d'une veste longue brune, le tout sale et pas en bonne état."
L'agent et moi sommes étonnées d'autant de précisions. Elle nous explique qu'elle a eu le temps de remarquer tout ça à force de faire le cauchemar où il me poignarde toutes les nuits.
Mal à l’aise mademoiselle martin nous dit quand même:
-"Je vais vous montrer des photos de délinquants à armes blanche sur le secteur de l'agression. Si certains visages ressemblent à votre agresseur, nous les convoquerons pour une identification."

A ce moment, on frappe à la porte. Sans attendre de réponse la personne entre, c’est l’officier Dubois. Si nous avions encore des doutes sur leur relation, les deux superbes sourires sur leur visages lorsque leurs regards se sont accrochés nous les ont totalement dissipés.

Un dossier à la main, elle s’excuse auprès de nous et demande à sa collègue de venir dans le couloir.
Seule, Anne se lève et fait une danse de la victoire, puis s’assoie sur mes genoux et m’embrasse après m’avoir dit :
-« j’avais raison. »
Les deux policière reviennent justes au moment où ma chérie retourne sur son siège.
Cette fois si, c’est la brune qui parle. Elle nous annonce qu’il y avait bien un policier en même temps que le SAMU. Mais compte tenu de notre état, l’officier ne s’est pas manifesté, a récupéré le couteau et nos coordonnés auprès de l’hôpital dans la soirée.

L’agent Martin dépose devant Anne un lourd album, lui demande de le regarder attentivement et de lui dire si elle y reconnait notre agresseur.


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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Mar 25 Oct 2016 - 11:40

Chapitre 22
Anne n'a besoin que de regarder 5 pages pour identifier l'agresseur. Une fois cela fait, les inspectrices nous raccompagnent à la sortie. Là, elle nous assure nous tenir au courant de l'évolution de leur enquête, nous les en remercions et les quittons après une dernière poignée de main.
Un fois dehors, je me retourne vers Anne et m'aperçois de son degré d'épuisement malgré son grand sourire. Elle est pâle et tremble légèrement. Je lui demande comment elle va même si j'ai déjà ma petite idée. Elle me répond qu'elle se sent soulagée, que maintenant elle a l'impression d'avoir, pour la première fois depuis dimanche, repris sa vie en main. Après un gros câlin et un tendre baisé, je lui propose d'aller chez elle. Elle accepte et l'air de rien je la soutiens de mon bras droit tout en marchant.

Arrivé chez elle, je la dirige vers le salon de thé pour qu'elle mange quelque chose, je suis sûr qu'à midi l'inquiétude de la confrontation policière lui a coupé l'appétit.

Je l'assois dans l'alcôve que nous occupions la semaine dernière et vais voir sa mère. Pendant que Bérénice prépare le chocolat chaud et que moi j'installe les gâteaux sur un plateau, elle me demande si je peux venir dormir chez elle vendredi soir. Je suis très surprise car c'est diamétralement opposé au stéréotype des relations avec sa belle-mère. Devant mon air étonné, elle m'explique qu'elle a peur que l'association des cauchemars de l'agression et du trac pour le spectacle du lendemain provoque une nuit blanche, ce qui, continue-t-elle, peut être dangereux au vu de l'extrême difficulté de la variation. J'accepte et tente de la rassurer en lui expliquant que sa fille domine maintenant complètement sa danse, tant au niveau technique, qu'au niveau de l'endurance, tout en croisant les doigts pour que cela ne la fasse pas revenir sur sa proposition. Mon petit speech semble avoir porté ses fruits puisque son visage est plus détendu. Contrairement à mes craintes, elle ne retire pas son invitation, au contraire, elle me propose d'expliquer ma présence par un dîner de lasagnes entièrement fait maison. Je lui rappelle, poliment que nous ne pourrons pas être chez elle avant 22 heures à cause de la répétition, ce à quoi elle me répond que cela l'arrange parce que la sauce doit mitonner longtemps et quel pourra ainsi éviter de petit déjeuner dans les odeurs d'oignon et de viande haché revenus. Je suis mélangée entre l'euphorie de dormir avec Anne et l'inquiétude de cette véritable premier rencontre avec ma future belle famille. Madame Pavlova ne me laisse pas m'angoisser longtemps. En prenant le plateau et elle m'oblige à la suivre dans le salon de thé. Moins de dix minutes ont été nécessaires pour tout préparer et pourtant nous retrouvons Anne endormi la tête posée sur la table. Le goûter disposé sur la table, nous nous regardons pour savoir si nous réveillons la belle endormie. La question ne se pose pas, mon téléphone sonne et la réveille. Sa maman s'occupe de la servir pendant que je réponds, c'est Julie. Elle appelle pour prendre des nouvelles, je lui raconte succinctement et retourne auprès de ma chérie.
Je suis accueilli par Bérénice, tout sourire, qui me demande si j'aime les lasagnes. Il me faut deux secondes pour comprendre qu'elle met son plan à exécution et entre dans son jeu. Anne semble mal réveillé et pas plus enthousiaste que ça de ma venue chez elle vendredi. C'est sa mère qui assure l'animation en nous soutirant des informations sur notre déposition au commissariat de police. Je suis quasiment la seule à répondre, ma douce se contentant de monosyllabe boudeuse. Quelque chose ne va pas pour ma danseuse et je ne sais pas quoi. La présence de sa mère m'empêche de mettre les pieds dans le plat pour savoir ce que c'est. Je tente de lui prendre discrètement la main, sous la table, pour la réconforté, elle me la retire. Maintenant l'angoisse de ne pas savoir ce qui lui arrive est remplacer par l'horreur de savoir que c'est moi qui l'a met dans cette état.
Mais qu'est-ce que j'ai fait?
Bérénice, en colère interpelle sa fille:
-"Anne exprime toi, maintenant!
Ne fais pas souffrir inutilement Stéphanie!"

Dieu, je suis si transparente qu'elle a vu ma douleur!
Attends, elle sait ce que j'ai fait à sa fille et pas moi!
Toujours ignorante de ses raisons, je me tourne vers ma chérie pour l'interroger mais son visage est toujours aussi fermé et elle fuit ostensiblement mon regard.
C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Mes premières larmes commencent à glisser le long de mes joues. Je m'excuse auprès de Bérénice, et fuie avant d'éclater en sanglot.
Avant de pousser la porte du salon j'entends sa mère l'engueuler:
-"ANNE, MELIANA, PAVLOVA, JE NE T'AI PAS ÉLEVÉE AINSI! TU N'AS PAS A FAIRE SUBIR TA JALOUSIE A STEPHANIE SANS LUI EN EXPLIQUER LA CAUSE. SI CA CONTINUE TU VAS LA PERDRE."
Cela me stoppe, larmes et course. Pourquoi est-elle jalouse?
Je retourne vers l’alcôve où les deux femmes sont encore. Ma tête est un maelstrom d'émotion. L'incompréhension côtoie la tristesse, la douleur excite ma colère. Je me poste devant Anne et lui demande, désespérée par la perspective de la perdre mais aussi énervée par son mutisme:
-"Qu'ai-je fait pour que tu sois jalouse, Anne?"
Les Pavlova, ne m'ayant pas entendu arriver, sursautent.
Au bout de quinze interminables secondes, je sais, je les ai comptées, n'ayant aucune réponse, je pars.

La porte du salon de thé claque.
Anne reste immobile, muette, en larme.
Sa mère tente tous les tons, tous les propos pour la faire réagir, rien ne marche.
Anne reste immobile, muette, en larme.
Alors elle appelle son fils, le seul qui a une chance d'avoir une réponse:
-"Nicolas, c'est maman. Tu es où?
-Je raccompagne Christine.
-Il faut que tu rentres rapidement, Anne est prostrée et en pleure.
-Pourquoi ?
-Je crois qu’elle vient de faire une méga crise de jalousie à Stéphanie, sans prononcer un mot. Sa chérie, face au mutisme de ta sœur est partie.
-Définitivement ?
-En tout cas il faut tout faire contre ça. C’est pour ça que tu dois revenir au plus vite.
-Je suis là dans un quart d’heure. »
Pendant toute la conversation, Bérénice observa sa fille. Elle espérait que ses paroles la sorte de sa catatonie, mais rien.
Anne reste immobile, muette, en larme.
Elle s’occupe en débarrassant la table, mais n’ose s’éloigner. En désespoir de cause, elle prend sa fille dans ses bras et la berce en lui chantant les chansons de son enfance.
C’est dans cette position que Nicolas découvre les deux femmes.
Il se place devant le visage de sa sœur jumelle. Elle sort enfin de son mutisme en reconnaissant son frère :
-« Elle est partie »
Un ouf de soulagement est involontairement émit par la mère et le fils qui interroge :
-« Qu’est-il arrivé, Anne ?
Pourquoi as-tu réagis comme ça ? »
Ses pleurs redoublent mais après un court temps, elle s’explique :
-« J'ai déconné.
Cette nuit, j'ai encore très mal dormis. Alors quand je suis sortie du commissariat, j'ai eu un coup de barre. Stéph l'a vue et m'a emmené ici directement. Elle a été prévenir maman, pendant ce temps je me suis endormie. J'ai été réveillée par son téléphone quand elles ont ramené le goûter. Je ne pourrais pas te dire pourquoi, mais quand je l'ai vu parler avec un grand sourire à son interlocuteur, je me suis immédiatement dit qu'elle était avec son véritable amour. Une partie de moi criait que c'était impossible parce qu'elle a prouvé depuis une semaine qu'elle m’aimait, mais l'autre posait toujours la même question: Pourquoi voudrait-elle de toi? Elle est si bien."
Bérénice l'étreint un peu plus pour la réconforté, mais se tait pour ne pas couper son élan.
-"Quand elle est revenue à table, je suis en plein doute, triste, en colère et elle ne vient pas me réconforté comme elle l'a fait tout cette après-midi. Pour moi c'est la preuve que j'ai raison. Bien sûr elle tente de me prendre la main mais je préfère penser qu'il trop tard. Mon orgueil fait le reste et je m'enferme dans ma pensée plutôt que d'envisager que je peux avoir tort. Au moment où Stéphanie revient pour me laisser une chance de lui expliquer, je me dis qu'après un tel comportement, il est évidement qu'elle serait mieux sans moi, alors je la laisse partir sans prononcer un mot. Je suis anéantie, je viens de perdre l’amour de ma vie. Et là c’est le bug dans ma tête où ne raisonne plus qu’une seule pensée : Elle est partie. »

Nicolas devant l'urgence de sauver le couple de sa sœur ne laisse pas exploser la colère que son immaturité lui inspire mais lui demande quand même:
-" Comment Stéphanie était-elle sensé deviner toute tes pensées? Par télépathie?"
Honteuse, Anne baisse la tête et pleure en silence.
Son jumeau ne la laisse pas retomber dans sa léthargie et prend les choses en main:
-" Anne, aimes-tu Stéphanie?
-oui!
-attends, je te parle du vrai amour, pas d'un passe-temps pour ne pas être seule.
-Nicolas, je donnerais ma vie pour Stéph.
-Veux-tu votre bonheur ?
-Comment ça ?
-Anne, géniale danseuse et ignorante absolue de l’être humain, Stéphanie et toi ne serez heureuse qu’ensemble donc si tu veux qu’elle le soit tu dois la reconquérir.
-Alors je le ferais !
-ok, alors d'abord tu vas te rafraîchir ensuite je t'emmène chez elle. Réfléchi à ce que tu vas lui dire parce que tu auras intérêt à être convaincante après tout ça.
- Je sais. Merci Nicolas, merci maman."


Stéphanie, en larmes, a déjà enjambé la rambarde de sécurité, du vieux pont en ruine, quand elle prend conscience de son geste. Alors, comme à chaque fois, elle se souvient de la promesse, qu'elle s'est faite à elle-même après sa maladie : ne jamais plus être responsable de nouvelle tristesse pour ses parents et ses frères. Elle sait bien que c’est un peu présomptueux de sa part de pensée que sa mort engendrerait de tels sentiments mais comme il n’y a pas de retour en arrière possible, elle, ne peut prendre ce risque, donc comme à chaque fois elle sursoit son geste.

Elle rentre la mort dans l'âme chez elle, s'interrogeant sur ce que va être sa vie.



Les deux âmes sœurs se rencontrent devant la maison de l'aînée. Cela arrange Anne. Elle demande à son frère de mettre à fond le Cd qu’elle lui tend et de l’attendre à l’intérieur. Elle descend. Stéphanie arrive sans regarder devant elle, perdu dans sa déprime, elle ne l’a pas remarquée. Ce sont les premières notes de la chanson de Solveig qui raisonne dans cette rue que la sort de sa torpeur, lui fait lever la tête et enfin la voir.
Elles sont face à face, espacées de deux, trois mètres.
Anne se met alors à chanter, en norvégien pour elle.




Kanske vil der gå både Vinter og Vår,
og næste Sommer med, og det hele År; —
men engang vil du komme, det véd jeg visst;
og jeg skal nok vente, for det lovte jeg sidst.

Gud styrke dig, hvor du i Verden går!
Gud glæde dig, hvis du for hans Fodskammel står!
Her skal jeg vente til du kommer igen;
og venter du histoppe, vi træffes der, min Ven!

traduction
L'hiver peut s'enfuir, le printemps bien aimé
Peut s'écouler.
Les feuilles d'automne et les fruits de l'été,
Tout peut passer.
Mais tu me reviendras, Ô mon doux fiancé,
Pour ne plus me quitter.
Je t'ai donné mon cœur, il attend résigné,
Il ne saurait changer.

Que Dieu daigne encore dans sa grande bonté,
Te protéger,
Au pays lointain qui te tient exilé,
Loin du foyer.
Moi je t'attends ici, cher et doux fiancé,
Jusqu'à mon jour dernier.
Je t'ai gardé mon cœur, plein de fidélité,
Il ne saurait changer



Les deux demoiselles à la fin de l’air sont en pleure et plus qu’à un mètre l’une de l’autre.
Stéphanie :-« Tu sais ce que cette chanson dit ? »
Anne, la regardant droit dans les yeux : « Que je t’aime, que tu as mon cœur pour l’éternité et que je t’attendrais à jamais. »
Silence pendant lequel elles s’observent.
Stéphanie : « Pourquoi ? »
Anne, totalement gênée et mal à l’aise : « Une crise de jalousie à cause du coup de fils puis un orgueil mal placé. »
Stéphanie, stupéfaite : « Mais c’était Julie qui demandait de nos nouvelles. »
Anne : « Cela aurait été de la publicité, j’aurais pu réagir pareil. Je vais travailler sur ça aussi avec mon psy. »
Stéphanie : « Oui, parce que je ne sais pas si la prochaine fois j’aurais la force d’y survivre. »
Anne, comprenant parfaitement les sous-entendus : « Pardon. »
Nouveau silence
Anne, plein d’espoir : « Tu m’aimes toujours ? »
Stéphanie : « tu es l’Amour de ma vie, je ne peux faire autrement. »
Anne : « Tu me pardonnes ? »
Stéphanie : « Tu as fait exprès ? »
Anne, horrifié par la question : « Non ! Bien sûr »
Stéphanie : « Alors, je ne peux faire autrement. »
Anne posant la question qui lui tient le plus à cœur : « On est toujours ensemble ? »
La Chorégraphe hoche la tête, c’est ça façon de montrer son mécontentement.
Un immense sourire apparait sur le visage de la danseuse. Cela envoie une vague d’amour dans le cœur de Stéphanie qui s’engeule de sa faiblesse de ne pouvoir rester en colère contre son amour quand elle irradie ainsi.
Stéphanie, voulant changer de sujet : « en tout cas tu as tous les talents, tu as chanté merveilleusement bien. »
Anne, pas du tout convaincu : « Je n’ai pas le plus important, celui de te rendre heureuse. »

CLAC

Stéphanie vient d’envoyer une baffe monumentale sur la joue de sa belle qui a manqué de s’en écrouler. Elle reste interdite devant le geste imprévisible.

Stéphanie, pleurant de colère et contrôlant difficilement sa voix : « Je t’ai pardonné pour l’horreur de cette après-midi parce que cela m’a touché moi et ce n’est pas grave. Par contre jamais je n’accepterai que tu puisses penser de pareilles choses. Je t’aime et tu es la seule à pouvoir me rendre heureuse. »

Anne enlève les larmes du visage de sa belle de ses pouces, l’enlace, lui dit qu’elle aussi elle l’aime et avant toute réponse de sa part l’embrasse passionnément.

Les filles sont interrompues par Nicolas:
-" Anne !"
Au moment où la demoiselle se retourne, son jumeau la prend en photo avec son téléphone et lui dit, dans un éclat de rire:
-" Maintenant quand tu joueras les miss parfaites je te ressortirais avec plaisir cette photo. Et quand vous disputerez vos enfants plus tard n'oubliez pas que je pourrais toujours leur raconter vos enfantillages d'aujourd'hui avec cette preuve à l'appui."
Si le jeune homme est hilare, les demoiselles sont rouges. Mais absolument pas décidé à ce laissé faire, elle contre- attaque. Stéph avance vers lui de façon prédatrice et lui dit:
-" tu sais que j'ai risqué ma vie pour sauver ta sœur et que j'ai récolté une cicatrice. Il te faut donc me ménager."
Anne, avançant sur l'autre côté de son frère:-"Et tu n'oserais pas faire de mal à ta chère petite sœur, non?"

Nicolas tout sourire et reculant vers sa voiture en pianotant d'un pouce sur son portable:-" Vous savez ce qu'il y a de bien avec les Smartphones actuelle, non? Ils permettent d'envoyer une photo à plusieurs correspondants en même temps, d'un clic."
Les filles comprenant qu'elles ont perdu, stoppent leur avancé, penaudes. Lui reprend:
-" On va arrêter ses bêtises et aller chercher une pommade à la pharmacie pour traiter ta jolie marque. Il serait ennuyeux que pour samedi tu l'aies encore."
Stéphanie culpabilisant, se décompose devant les jumeaux. Anne lui murmure alors:-" je ne t'en veux absolument pas Amour."
Stéph:-"Mais que vont dire tes parents?"
Anne:-"Nous leurs expliquerons avec Nico que tu as du calmé ma crise d'hystérie quand tu m'as dit que c'était une fille qui t'as appelée."
Stéph:-" Mais il n'y a que dans les films que les filles réagissent comme ça et je ne pense pas qu'une baffe résoudrai le problème."
Anne:-" l'important c'est que cela semble crédible pour que l'incident soit clos, non?"
Stéph:-" oui, tu as sûrement raison mais j'ai pas envie de mentir à mes beaux-parents."
Silence
Stéph, mal alaise:-"Je crois que j'ai trop parlé."
Anne, des étoiles dans les yeux:-"Tu veux te marier avec moi?"
Stéph, dans ses petits souliers:-"Même si cela ne fait que huit jours que nous sommes ensemble, je dois t'avouer que l'idée m'ai plusieurs fois venu comme étant dans le future idéal. Bien sûr, je ne l'envisage qu'après l'obtention de nos diplômes respectifs mais oui, j'aimerais t'épouser. Et toi?"
Anne, euphorique, virevoltant en parlant:-"J'aimerai aussi que tu m'épouses. Raison de plus pour qu'on ne leur parle pas des raisons de cette gifle qui bien que montrant ton amour pour moi n'est absolument pas politiquement correct voire carrément inadmissible dans une relation amoureuse non sadomasochiste."
Ce tournant vivement vers sa douce, elle demande:-" Tu n'as pas de pareille tendance amour?"
Stéph, amusée:-" Idiote si c'était le cas j'aurais l'habitude de sévir et de ne pas faire de marque, non?"
Anne, surexcitée:-"Tu sais, après ta course de dimanche, je peux tout à fait envisager que tu n'aies pas une dextérité hors pair."

Les filles s'immobilisent à cette parole malheureuse.
Un froid sibérien s'abat sur elles.
Anne est choquée par les paroles qu'elle vient de prononcer et Stéphanie blessée. Elle dit en revoir à la cantonade et se dirige vers la porte de sa maison, la danseuse toujours statufiée.

Nicolas hors de lui face aux comportements des demoiselles se manifeste bruyamment:-" Nom de Dieu de bordel de M... Arrêtez d'être des enfants, toutes les deux. Vous avez l'immense chance d'avoir rencontré l'amour de votre vie, ce que peu de personne connaisse et vous déconnez au risque de vous éloigner l'une de l'autre. Anne réfléchis bon sang avant de parler ou de faire des conclusions hâtives. Si tu as une inquiétude parle avec ta chérie. Stéphanie, comment peux-tu penser que foncer sur un homme armé pour sauver sa femme est ridicule? C'est taré oui mais même si tu es tombée, personne ne peut en rire car on rêve tous d'avoir ton courage dans ce genre de circonstance. Maintenant j'ai besoin de m’aérer la tête. Je vous laisse, Anne tu te débrouille pour rentrer. Je rassure maman et vais voir Christine."
Juste avant de monter dans sa voiture, il leur dit un dernier mot:-" Je corroborerais n'importe quel version, pour la marque de la baffe."

Les amoureuses sont toujours immobiles et muettes quand la voiture disparaît au coin de la rue.
Anne est la première à parler:- " Amour, je suis désolée d'avoir insinué que tu avais été ridicule dimanche. Je penses tout le contraire."
Stéphanie:-" J'ai été blessée par tes paroles parce que je les ai interprétées comme tel. Je ne considérerai jamais ce que j'ai fait comme exceptionnel. C'est pour ça que je trouve hautement ridicule, voir pitoyable ma chute alors que je voulais te protéger."
Anne réduit, en entendant ces paroles, prestement, la distance entre Stéph et elle, lui attrape le visage à deux mains et lui parle à quelques centimètres, la voix remplie de colère:-" si tu redis encore ça devant moi, ou si je te vois le penser, je pourrais ne plus me contrôler et utiliser, moi aussi, ta méthode de tatouage faciale pour te graver dans ton esprit que c'est une grosse bêtise."

Leur proximité balai très rapidement leurs ressentiments, remplacée, alors, par un irrépressible désir.

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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Mar 25 Oct 2016 - 12:04

Chapitre 23
Lundi soir, après avoir emmené Anne à la pharmacie et chez elle pour chercher ses affaires de danse, nous allons directement au studio.
Nous y arrivons en avance, j'en informe donc ma mère par téléphone.
Pendant que ma douce se prépare en mettant ses pointes et son tutu plateau pour s'habituer aux positionnements de ses mains qui ne doivent pas heurter le costume, j'installe le caméscope et l'écran LCD.
Nous nous échauffons sur la musique de La Fée Dragée pour que je vérifie avec une chaîne Hifi la qualité de la coupure faite dimanche matin. Je suis satisfaite du résultat.
Stéphanie:-"Amour tu danses une première fois ta variation sans trop forcé pour terminer ton échauffement?"
Anne, faisant des pointes:" Oui, je suis pas encore bien dans mes chaussons et cela me permettra de me focaliser sur les modifications. Tu vas filmer?"
Stéphanie:-" Oui, je me suis aperçue, lors des précédentes répèts, qu'il y avait comme un grain de sable qui enlève de la fluidité à ta danse. Je n'ai pas arrêté d'y penser mais je n'ai pas trouvé où. Donc le plus simple est de la décortiquer grâce à la vidéo."
Anne:-" Ok"
Stéphanie:-"Je mets la musique."
Il faut que je m'oblige à analyser sa danse. Elle est si douée que j'ai tendance à simplement l'admirer. Heureusement que tout à l'heure la caméra me secondera.
Stéphanie:-" tu as été bien, amour. Maintenant, tu penses pouvoir y aller complètement."
Après deux tours sur pointe et une grande arabesque, elle me répond positivement. J'enclenche donc l'enregistrement, met la musique et passe en mode chorégraphe.
Nous passons trois heures à retravailler chaque imperfection détectée. Nous avançons rapidement. La vidéo permet, en plus, à ma douce de se voir, donc de comprendre plus facilement mes remarques. Je stoppe bien avant l'arrivée du gardien, prétextant une petite douleur à ma cicatrice quand Anne, très pale ne réussit plus ses pirouettes doubles.
Pendant qu'elle va prendre sa douche, pour ne pas être tenté de la rejoindre, je visualise, à nouveau sa variation. Je suis subjuguée par sa technique, je ne vois plus rien à y redire.
Au moment où je me fais cette réflexion, je suis enlacé par deux bras, un tendre baisé est déposé dans mon cou et le doux parfum de la vanille m'enivre.
Anne, murmurant à l'oreille de sa douce:-" Alors cela te conviens?"
Stéphanie, joueuse:-" La danse ou le bisou?"
Anne:-" Les deux."
Stéphanie:-"Le bisou est parfait, ta danse n'a plus aucun défaut."
Anne:-" Que reste-t-il à travailler?"
Stéphanie:-"L'interprétation et ce sera divin."
Anne:-" Comment tu vois les choses toi?"
Stéphanie:-" Amour, tu y as sûrement déjà pensée, vu que c'est la deuxième fois que tu la travailles."
Anne:-" La fée Dragée danse pour Clara et Casse-noisette en préparant un buffet. Je pensais être espiègle au début, sur les clochettes et sur les difficulté juste souriante."
Stéphanie:-" C'est aussi comme ça que je vois la variation mais nous verrons ça demain. En plus cela me permettra, ce soir, de revoir toutes les versions existant sur youtube et de me faire une idée plus précise des différentes possibilité que je te soumettrait."
Anne:-" C'est toi la chorégraphe, je suis l'interprète, je t'écouterais donc."

Vendredi soir, studio de danse

Ces trois dernières soirées de travail ont été intenses. Nous avons étudié chaque enchaînement du point de vu de l'interprétation, discutant de l'intention de la fée Dragée et du ressentie du spectateur. Anne, à chaque nouvelle expression que nous sélectionnions, refaisait deux, trois la variation en entier pour à la fois parfaitement l'intégré, mais aussi pour que la chorégraphie, dans sa totalité, soit aussi naturelle à danser qu'il est possible de l'être. Ce qui veut dire qu'en l'espace de trois jours elle l'a interprété plus de soixante fois. J'ai dû faire l'andouille plus d'une fois pour faire retomber la pression. Mais au final, ma douce a, je pense, atteint la perfection pour cette variation.
Cette nuit j'y ai réfléchi. J'ai repensé à chaque pas, aussi bien d'un point de vue technique qu'artistique. Au final, je n'ai pas trouvé ce qui pouvait être amélioré tant je trouve tout parfaitement juste et équilibré.
Avant de m'endormir, je me suis fait la réflexion qu'avec plus de temps, elle aurait pu danser l'original et être tout à fait crédible. Mais au vu de sa fatigue d'hier soir, je vais éviter de lui en parler. Je ne veux pas qu'elle ne se mette pas dans la tête de vaincre sa baleine blanche et qu’elle s'y épuise.
J'ai aussi décidé qu'il fallait, dès à présent, réfléchir à sa variation libre pour l'E.A.T, je ne veux pas travailler, à nouveau, dans l'urgence.
Dimanche, après le repas chez sa mère, j'aborderais le sujet.
Oui, j'ai appris hier, par ma moitié que Christine et moi étions convier à un déjeuner de, je le cite, "présentation des fiancées", ma pâleur à l'entente de cette annonce l'a beaucoup fait rire, pour me rassurer, elle m'a alors dit:-"Ne t'inquiète pas, Amour, ce sera moins difficile que vendredi où tu seras seule face à mes parents, là au moins vous serez deux à subir la question."
Je me suis vengée en la soumettant à une minute de chatouille qu'elle ne pouvait me rendre. Parfois ma cicatrice à du bon.

Mais ce soir, ce n'est pas d'actualité.
Ce soir chacune de nous avons notre épreuve à passer.
Anne va danser devant ma mère. Elle verra ses yeux braqués sur elle, au contraire de demain où les spectateurs lui seront cachés pas l'obscurité de la salle.
Et moi, je dîne avec elle en compagnie de ses parents et de son frère. Mais contrairement à ce que pense ma douce, ce n'est pas ça qui sera le plus dur. Mercredi elle m'a dit qu'elle avait deviné que sa mère avait arrangé le repas pour que je dorme avec elle, pour qu'elle puisse ne pas faire de cauchemar et se reposer avant la représentation. Mais elle a réaffirmé qu'il était toujours impossible pour elle que nous dansions horizontalement tant que je n'étais pas complètement guéris. Je lui ai demandé comment elle résistait, elle, à l'appel de ses sens. Elle m'a répondu:-" Par Amour, pour que cela soit vraiment sans nuage, ni remord."
Comment vais-je survivre en dormant à côté d'elle ? Je dois déjà lutter contre la combustion spontané quand je ne fais que l'embrasser !

Pour l'heure, je suis dans la salle de danse, avec maman, attendant ma douce qui a demandé deux minutes d'isolement pour se concentrer avant de danser.

Dringggggggggggggggggggggggg
Nous sommes vendredi 7 novembre, veille du long weekend de quatre jours fêtant l’armistice de 1918, il est 7 heures et vous écoutez France Info.

C'est ce soir que je pars pour l’île de Ré. Il faut absolument que je vérifie une dernière fois mon sac pour ne rien oublier. Interdiction formelle que quoi que ce soit gâche ce premier week-end avec Anne et j’espère notre première fois.

WOuach !!!!
Maudite vieille carcasse toute rouillée. Mon premier cours de danse depuis 45 jours m’a laissée quelques mauvais souvenirs. Impossible d’être dans cet état sinon ma douce va encore reculer pour me préserver.
Bon utilisons les cours de kiné. Alors le traitement des courbatures c’est étirement, chaleur et antidouleur. Pour gagner du temps, je m’étire en me posant par terre cela me permet d’inspecter mon sac en même temps, la douche servira de thermothérapie tout à l’heure. Je m’adosse à mon lit, tend mes jambes, bon D… que ça fait mal. Je crois que refaire l’inventaire, m’aidera surtout à supporter ces tortures. Alors la lingerie achetée à ma sortie de l’hôpital est là, la nuisette très décolletée et transparente aussi, jeans pour le vélo, la petite tenue sexy pour le cas où on puisse sortir, le gros pull et le gilet si le temps est capricieux.

Depuis les répétitions à marche forcée avant le spectacle de présentation des associations, j’ai l’impression de ne pas mettre posé.
Et en même temps il me semble, que c’était hier que maman et moi attendions à la salle de danse que ma chérie danse devant nous.
Ce fut si merveilleux !
Je suis persuadée que si ce n'était pas déjà fait, à ce moment-là, je serais tombée amoureuse d'Anne tant je fus bouleversée par son interprétation et sa perfection. Ma mère, elle, en est restée sans voix, pas longtemps bien sûr, puisqu'elle lui a demandé, presque timidement, de pouvoir revoir sa performance une nouvelle fois, pour je pense, s'assurer de n'avoir pas rêvé. Ce que ma douce fit de bonne grâce.
Ensuite nous sommes rentrées chez elle pour aider Bérénice. Le repas fut bon et convivial.

Mes chaussures pour aller avec ma petite robe!!!
J'ai fait une dizaine de magasins pour les trouver ce n’est pas pour les oublier maintenant.
Bah oui, ce n’est pas évident d'allié le coté sexy et un petit talon pour ne pas faire girafe.
Toutes les sandales qui me plaisait avaient dix centimètres de hauteur et je trouve que plus d'1m85 cela fait grand quand même, surtout quand on n'aime pas attirer l'attention.

Je me souviens encore du vendredi soir. Nous somme allées nous coucher avec pour ma part de l’excitation et un peu d'appréhension. Anne n'a qu'un grand lit dans sa chambre, nous allions devoir dormir très très près l'une de l'autre.
Heureusement, nous avions eu la même idée pour nos tenues, un grand T shirt informe et un bas de pyjama bien lâche, masquant nos formes, pour ne pas susciter de désir.
Mon amour, une fois que nous nous sommes installées, prit tout de suite la parole, comme pour ne pas laisser ses pulsions prendre le dessus. Elle me raconta sa vie à l'école de danse et les raisons qui l'ont poussé à la quitter.

Après m’avoir expliqué qu’elle a adoré tout le travail, les cours de danse, de mime ou de comédie, les spectacles mais qu’elle a souffert de l'ambiance détestable où la compétition entre les élèves était la norme et les remarques forcement acerbes.
Elle me confia avoir décidé de partir le jour où elle s’aperçu qu'elle passait plus de temps à se demander quelle crasse on allait lui faire et comment les éviter plutôt que de travailler ses examens de fin d'année. Elle est d'ailleurs arrivé première, pied de nez supplémentaire à l'institution puisqu'elle a profité de l'annonce des résultats et de sa réussite, pour dire tout ce qu'elle pensait du climat délétère et partir dans la foulé.
J’y ai beaucoup repensais depuis et j’arrive toujours à la même conclusion, l’opéra de Paris a perdu une danseuse étoile et moi j’ai gagné la femme de ma vie.

Mais sur le moment J'ai surtout été très touché par cette preuve d'amour, étant la seule à qui elle a raconté toute l'histoire.
Le bisou et le câlin qui suivirent la fin de son récit étaient si tendres qu'ils ont totalement occulté nos pulsions et nous ont permis de nous endormir dans les bras l'une de l'autre sans problème.

Il est 7h30.
Il faut que j’aille me doucher. J’ai encore ma trousse de toilette et de maquillage à préparer.

Sous l’eau bien chaude je me mets à rire toute seule en me remémorant la représentation du samedi soir.
La tête de la prof de moderne jazz après la danse d’Anne restera dans les annales familiales comme un doux moment de vengeance pour ma mère.
Cette femme a réussi depuis quelques années à monopoliser le devant de la scène dans le domaine de la danse par un habile jeu politique, Brigitte dit de coucherie. Ainsi elle peut toujours choisir les dates de ses galas en premier ou positionner ses numéros aux meilleures places lors des manifestations collégiales.
Maman, après l’émerveillement du vendredi, savait qu’elle serait accusée par sa rivale d’avoir engagé une professionnelle. Elle vint donc au théâtre avec les attestations d’assurance et les bulletins d’inscription datés du forum des associations, antérieur de deux semaines à la décision d’organiser le spectacle. Elle les présenta au maire lorsque celui-ci arriva dans la loge des jumeaux après leur danse. Une fois la bonne fois de ma mère prouvée, il félicita ma femme et mon beau-frère chaleureusement et envoya une pique à la calomniatrice en assurant venir à notre prochain gala pour être à nouveau transporté de bonheur par tant de grâce. Elle en fut verte de rage mais du ce taire. Nous par contre, les deux partis, nous éclatâmes de rire.


Le samedi soir avait bien commencé, j’avais accompagné Anne. C'était la première fois que je venais dans les loges en visiteuse, c'était étrange de ne pas être maquillée, coiffée d'un chignon et de ne pas jongler avec mes costumes dans les étroits couloirs pour éviter les décors et les autres artistes. Depuis notre entrée, ma douce était silencieuse, se concentrant pour sa variation. Nous arrivâmes à sa loge où se trouvaient déjà Nicolas et Christine. Maman amena le programme de la soirée peu de temps après et leur indiqua leur passage puis repartie.
L’attente fut agréable grâce aux anecdotes que chaque jumeau racontait sur l’autre pour que la compagne puisse mieux connaître son aimé.
Au moment de danser, Contrairement aux règles de la galanterie, ce fût Nico qui commença pour qu’il ne soit pas éclipsé par sa sœur. Il fit sensation, comme d'habitude le public d'enfants et de parents venus voir le spectacle qui leur permettra de choisir une activité culturelle, ne savaient pas que les hommes peuvent danser, après l'étonnement, voir la moquerie, ils ont été séduits par son excellente performance.
Anne entra ensuite sur scène. Sous la directive de ma mère, la régis n'envoya la musique que lorsque le calme revint.
Une fois que ma douce dansa, la magie opéra et elle charma toute la salle. Il fallut presque cinq secondes pour que nous redescendions des sommets où ma douce nous avait emmenés et que nous nous apercevions de la fin de la danse. Ce fut alors une standing ovation spontané et générale aussi bien de la salle que des personnes dans les coulisses.



Déjà quarante-cinq, lavage de dent, coup de peigne, il faut que je m'accélère pour avoir le temps de boucler ma valise.
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MessageSujet: Re: Amour, danse et salon de thé   Mar 25 Oct 2016 - 12:21

Chapitre 24
La matinée a été éprouvante, la mobilisation des membres inférieures avec pour patient Alain, 100 kilos presque 2 mètres, c'est du sport. D'ailleurs, je lui ai demandé de me faire une série d'étirement, en compensation, avant le début des cours de l'après-midi pour ne pas avoir de difficultés à conduire tout à l'heure. Je sais bien qu'Anne vient d'avoir son permis mais je suis vraiment trop malade quand je suis passagère. Alors quand cela doit durer cinq heures, c'est juste l'horreur. Donc, je pense qu'on se partagera le volant pour diminuer la fatigue et ainsi profité pleinement ce soir.
Mais là à table!

Le repas est rythmé par les petits bisous entre Chloé et Alain et les échanges sur nos projets du week-end. Je leur apprends, alors, qu'Anne m'a invitée quatre jours chez sa grand-mère. Elle l'a fait lors du repas fêtant notre mois ensemble. Elle m'avait invitée dans un petit restaurant italien, tout romantique où je m'attendais à voir arriver, à tout moment, les deux restaurateurs transalpins du dessin animé « La belle et le clochard » avec leur mandoline et leur accordéon, pour nous jouer la sérénade, c'était parfait.
Le déjeuner est plus sympa que les précédents. Ces derniers temps, nous avions pris l’habitude de discuter de  l'arrestation des représentants du bureau des étudiants devant toute l'école. Nous faisions des supputations sur leurs auditions ou sur leurs défenses face à leurs mis en examen pour non-assistance à personne en danger. La justice leur reproche de ne pas avoir empêché les quatre élèves morts de prendre la route alors qu'ils étaient ivres. Et moi, cela me repose des questions de Chloé après l'arrestation de l'agresseur d'Anne par les deux policières.

13 heures l'heure du coup de fil à Anne.
Stéph:-" coucou amour, comment vas-tu? Prête pour tout à l'heure?"
Anne:-" oui, ma valise est faite et je viens de rentrer avec ma grand-mère que j'ai été cherché à la gare. Elle a fait les courses pour notre week-end, tu te rends compte!"
Stéph:-" Elle est vraiment géniale, nous qui pensions devoir les faire demain matin, nous allons pouvoir, alors, faire la grasse matinée."
Anne:-"ou autre chose"
Stéph:-" Coquine!"

La grand-mère d'Anne c'est un phénomène, mais je l'aime bien.

La première fois que je l'ai rencontrée, c'était pour l'anniversaire de Bérénice. Mes parents et moi étions invités. La fête se déroula dans le salon de thé, décoré, pour l'occasion, par les jumeaux de ballon de baudruche et de banderole colorées pour rendre plus festif ce lieu d'habitude très sage, au couleur et à l'atmosphère d'une bibliothèque d'un manoir anglais, plus propice aux discussions feutrées en dégustant thé et petit gâteau, qu'au chant de joyeux anniversaire.
À peine arrivé, elle m’a accueillie en me serrant dans ses bras, me claquant une bise sur chaque joues puis elle me remercia d'avoir sauvé sa petite fille.
Mal à l’aise, je lui ai dit que je n'avais fait que tomber sur un type, ce qu'elle balaya d'un geste de la main et d'une réplique qui me marqua:
-" Le héros ne se vente pas, le couard si."
À ce moment, Anne arriva et tenta de me soustraire à sa grand-mère, mais elle fit la sourde oreille et me pris le bras pour que je l'emmène, laissant ma douce sur place et désolé pour moi. Pendant ce court trajet, elle me parla de sa petite fille, elle monologua, ne me laissant répliquer:
-" Anne n'a jamais connu l'amour avant toi, tu as donc de lourdes responsabilités sur tes épaules de par ton statut de première amour. Je me fiche que tu sois une fille. Ce que je veux, c'est qu'elle soit heureuse. Donc tant qu'elle le sera, nous nous entendrons à merveille. Mais si un jour cela n'est plus le cas, je serais toujours de son côté même si elle t'a fait du mal et la défendrait bec et ongles. C'est injuste mais c'est comme ça. Bien sûr aujourd'hui ce n'ai pas d'actualité donc parlons d'autre chose."
S'en suit une vraie conversation sur ma vie, mes études et la danse. Elle me posa mille questions et, là, écouta mes réponses. C'est ma douce qui vint clore notre discussion après un bon quart d'heures, en venant nous chercher pour commencer l'apéritif.

Ca y est je suis en Week-end. Une bise à chacun des quatre mousquetaires et je file prendre mon métro et mon train. Alain a fait du bon boulot avec les étirements, tout à l’heure, je ne ressens aucune gêne pour courir. Je prends un petit bouquet pour la grand-mère d’Anne et réussit à attraper quand même le train. Cela fait du bien de retrouver ses capacités physiques. C’est là que je m’aperçois que ma blessure m’handicapait quand même un peu.
Arrivé au salon de thé, après avoir récupéré ma voiture et mon sac, je dis bonjour à tout le monde et donne le bouquet. A cause des cinq heures de route, j’active notre départ. Les dernières recommandations des deux matriarches faites, la valise de ma chérie et le méga panier repas préparé par Bérénice ( deux cakes, un au saumon, l’autre au lardon et reblochon, salade de pate, salade verte, vingt cookies au pépites de chocolat, vingt muffins, vingt brownies , deux bouteilles d’eau, deux bouteilles de coca, assiettes, couverts, verres et serviettes) qui va surement nous évité de faire à manger pendant deux ou trois repas minimum, mis dans ma voiture, les bisous d’en revoir déposé sur les joues des deux femmes et nous partons, enfin.

Je m’arrête dans une ruelle calme après avoir seulement parcouru cent mètres. Anne s’en inquiète. Sans lui répondre, je me tourne alors vers elle, détache nos ceintures de sécurité et l’embrasse passionnément. J’en avais trop envie.  Rapidement l’atmosphère dans la voiture devient torride, les mains exploratrices. Nous avons complètement oublié où nous nous trouvons pour laisser nos pulsions prendre les commandes.  Le klaxon d’un camion de livraison, véritable douche froide,  nous ramène à la réalité. Sans attendre, en bouclant simplement nos ceintures et sans un mot, je démarre.
Apres un moment de malaise, à un feu rouge, nous nous regardons et éclatons d’un rire libérateur, réitéré quand nous nous apercevons de nos tenues débraillées,  ne laissant aucun doute sur les raisons de cette négligence vestimentaire.
La suite du voyage se passe on ne peut mieux. Nous parlons de danse, de notre avenir et de tout un tas de futilité pour passer le temps. Le repas a été pantagruélique. Nous l’avons pris sur une aire d’autoroute, fréquentée, pour ne pas risquer de  faire une mauvaise rencontre.
Après plus de six heures de voiture, à cause  des embouteillages dus au long weekend, nous arrivons enfin à destinations. Nous descendons les bagages et mettons au frigo ce qui doit l’être.
Anne propose alors de prendre une douche. Cela me ravie, la conduite m'a épuisée. Au final j’ai gardé le volant tout le long et cela ne peut que me faire du bien.
Ma douce me prend la main et nous dirige vers la porte vitré, aveuglée par un joli rideau vichy bleu, se trouvant juste à côté de la cuisine salle à manger. Elle m’explique qu’elle va s’occuper de moi, sa grand-mère ayant de nombreux soin de douche.  J’en suis, dans un premier temps, enchantée, puis je comprends les implications. Le trac m'envahit, moi qui ne l'ai jamais eu  en vingt galas de danse,  c’est l'angoisse d'être pour la première fois nues devant elle, pour autre chose que de se changer pour un cours de danse.
Je sors de cet état, grâce au merveilleux baisé de mon aimée, auquel je réponds avec ferveur et plaisir. Une fois fini, j’ouvre les yeux, nous sommes dans la salle de bain, Anne un grand sourire aux lèvres, est devant moi. Avant que je réagisse, elle entreprend de déboutonner mon chemisier, bouton après bouton, bisou après bisou, elle détaille ce qu’elle compte me faire sous la douche. Un brasier c’est allumé dans mon bas ventre en l’écoutant, je ne vois pas comment le contenir. En plus, une fois son ouvrage accompli, elle m’ôte mon vêtement en parcourant ma peau de ses douces mains déclenchant de délicieux frisson dans tout mon corps.
L’atmosphère de la pièce gagne plusieurs degrés.
Mon vêtement à peine à terre, elle tente de reprendre mon effeuillage. Mais désirant moi aussi participer et ne pas être la seule en ébullition, j’attrape son poignet avant qu’elle n’atteigne mon soutient gorge et lui fait faire un demi-tour.  Je plaque, ensuite, son dos contre ma poitrine. Cette position et son chignon lâche me donne un accès privilégier à sa nuque. Je ne résiste pas et l’y embrasse. Pendant que je dessine des arabesques sur son cou, je lui explique, que mes cours de massage vont m’aider à lui prodiguer un délassement complet après ce voyage,  en même temps,  je lui en donne un petit exemple,  mes mains glissent entre sa peau et son sweat. Leur ascensions, pour la déshabiller, m’électrisent.  Le contact de nos peaux déclenche une symphonie sensuelle dans tout mon épiderme.
Anne, désirant reprendre l’initiative,  aide mes mains en pliant les genoux et en levant les bras. Son haut à peine  au sol,  je me retrouve enlacer et embrassée.
Ce premier moment de peau à peau est délicieux mais très vite cela ne nous suffit plus. Nous reprenons notre déshabillage de l’autre sans plus aucune parole. Les maitres mots sont caresse  et lenteur. Toucher et sentir son âme sœur est plus important que de lui enlever ses vêtements. Nous sommes complètement liquide de désir lorsque nous nous retrouvons nue l’une devant l’autre. Mais le saisissement face à la beauté de notre compagne nous fige et nous fait oublier tout ce qui n’est pas ce chef d’œuvre.  
C’est intimidée, comme deux jeunes filles, que nous reprenons constance en nous complimentant. Nous ne cachons pas notre nudité de nos bras uniquement parce que nous ne sommes pas entièrement remises de l’ébahissement qu’une personne si parfaite puisse être notre petite amie.
Après avoir récupéré le nécessaire au soin, Anne m’entraine dans l’immense douche Italienne.

Elle commence à s’occuper de moi de façon presque professionnelle, en passant consciencieusement sa douce éponge sur mon dos, mes fesses et l’arrière des jambes. Ce merveilleux traitement combiné à la chaleur de l’eau embrase à nouveau mes sens. Pour ne pas dépasser le point de non-retour, je me retourne et lui propose de lui montrer comment on fait juste avec les mains. Elle prend sa petite mine d’enfant pour me demander si c’est parce qu’elle ne l’a pas bien fait. Ma résistance est encore plus ébranlée.  Contrôlant difficilement ma voix, je lui assure que c’est tout le contraire. Alors un magnifique sourire illumine son visage et après m’avoir embrassée, elle accepte.
Je prends le savon liquide et commence à l’appliquer sur le corps de mon amour. Ayant débuté par le dos, cela se passe bien. C’est au niveau de son merveilleux fessier que je perds le contrôle de mes pulsions. Et là, incapable de me refreiner, je me redresse et l’enlace. Je lui mordille l’oreille pendant mes mains passent et repassent sur sa poitrine, énervant ces jolies  mamelons totalement érigés. La zone de caresse s’étend toujours plus bas, pendant que sa jugulaire subit les assauts combinés de ma langue et mes dents. J’ai beau vouloir arrêter, je n’y arrive absolument pas tant le concert de sensation que je perçois par ces effleurements est extraordinaires.
Anne se retourne après un premier gémissement et attrape mon visage, m’embrasse puis  me fixe de ses  yeux bleues nuits de désir.
Hypnotisée par son regard, je ne bouge plus. L'eau ruisselle sur nous, emportant les dernières traces de savon.
Je ne sais combien de temps nous sommes restées ainsi mais cela a suffi pour vider le ballon d'eau chaude. Le retour à la réalité c'est fait de façon brutal, par une douche glacée. Nous avons crié de surprise puis beaucoup ri après avoir fui lâchement les gouttes gelées.
Anne sort d’un placard deux peignoirs bien confortable, nous nous enveloppons dedans puis nous nous frictionnons pour nous sécher et nous réchauffer. La bonne humeur règne. Nous nous taquinons en nous lavant les dents et en nous peignant. Cette parenthèse enfantine se termine à notre entrée dans la chambre. La scène de la salle de bain me revient en mémoire comme un boomerang. Je déglutie et me tourne vers ma moitié pour l’interroger sur le côté où elle veut dormir, seule sujet qui m’est venue à l’esprit pour rompre le silence pesant et enlever le merveilleux souvenir de ma beauté dénudée.
Mais l'image que j'ai alors devant moi est la plus érotique qui soit. La plus belle femme au monde, mon âme sœur, le peignoir légèrement ouvert, laissant entrevoir, ou est-ce ma libido qui stimule mon imagination, un peu de son magnifique sein. Cette vision est le summum de l'aphrodisiaque, surtout après les caresses de tout à l'heure. Je m'embrase à nouveau, mon bas ventre n'est plus qu'une boule de désir que je suis très loin de vouloir contrôler. Mais Je m'empresse de porter mon regard sur son visage pour ne pas me laisser aller à mon envie et passer pour une obsédée.
Ses yeux bleus marines, ses jolies lèvres rouges et la perfection de ses traits déclenchent un raz de marée amoureux en moi, occultant complètement toutes autres pensées. Tel une somnambule, ma main capture sa joue et je soude nos bouches d’un baisé où je tente, de toute mon être, de transmettre l'amour infinie qu'elle m'inspire. Mais l’intermède « amoureuse transit » est de courte durée. Mes pures intentions sont réduites à néant par le doux parfum vanillé de ma mie qui réveille l'appétit d'ogre, la faim irrépressible de mon aimée. N’étant qu’une simple mortelle, j’y succombe avec bonheur et passion.
Doucement ma main gauche s’empare de la nuque d’Anne et ma dextre dénoue sa ceinture. Mes doigts glissent sur sa merveilleuse peau vers son dos. J’y caresse toutes cette zone, m’aventurant dans des lieux secrets et pourtant si doux. En même temps, je la plaque contre moi, ressentant ainsi sa délicieuse anatomie. De tendre notre baisé devient passionné. Toute cette combinaison d’informations engendre une myriade de merveilleuses sensations. Cela déclenche un feu d’artifice dans mon bas ventre. Pourtant je sais que ce n’est que le début et j’en veux plus encore. Mon euphorie me fait désirer me fondre dans mon amour pour que nous ne fassions qu’une, pour que nous ne soyons que plaisir. L’impossibilité de réaliser ce rêve me pousse à explorer, à goûter ma ballerine.
Anne n'est pas inactive non plus. Elle parcourt de ses mains mon corps, après avoir, elle aussi, ouvert mon peignoir. J'ai l'impression que ses doigts sont en ligne direct avec mon plaisir. Leurs voyages sur ma peau entraînent une chaleur intense se répercutant directement en jouissance.

Mon cerveau n'est plus que le réceptacle de tout ce bonheur, seul mon désir me commande. Je ne suis plus qu'un animal cherchant à satisfaire ses pulsions.

Je rompt le baisé pour goûter, embrasser la mâchoire de mon aimé puis son alléchante nuque qui m'attire tel une vampire. J’ai besoin de plus sentir son corps. Alors comme dans le pas de deux de Carmen de Roland Petit, je m’empare de sa cuisse gauche pour l’entourer autour de mes reins. Anne gémi, ce qui lui fait reprendre contact avec la réalité. Elle emmène ma main droite sur sa fesse, descend sa jambe puis de ses deux mains capture mon visage pour m’embrasser sauvagement. Sans lâcher mes lèvres, elle me déshabille. Trouvant l’idée excellente, je fais de même. Nues, nous nous enlaçons, nous déclenchant encore plus de sensation. Nos bouches toujours soudées, nos langues exécutant une merveilleuse danse lascive, elle me fait valser, m’étourdissant un peu plus. Sa manœuvre est habille, nous finissons allongées sur le lit, elle sur moi. Elle ne me laisse pas reprendre l’initiative et entame tout de suite son exploration gustative de mon corps. Sa langue et ses lèvres marquent chaque centimètre carré de ma peau d’une brulure magnifiquement agréable. Dans le même temps, ses doigts tracent des sillons de bonheur dans mon derme. Ce raz de marée de merveilleuse sensation a anéanti en moi toute volonté d’action, je me laisse aimer avec plaisir et délectation. Elle s’arrête sur ma poitrine. Ses caresses manuelles et linguales me déconnectent de la réalité. Mon univers n’est plus que ma douce s’occupant de mes seins. Je suis hors du temps. Un mordillement, bien qu’agréable me ramène à la réalité et me permet de me rappeler que je ne suis pas seule. Il faut qu’Anne ressente la même chose. J’ouvre les yeux et m‘empare du visage de ma moitié, l’embrasse et en profite pour renverser les rôles en roulant sur le côté pour me placer sur elle.
Sans attendre, je dépose de léger baisé sur son mamelon pendant que je roule légèrement l’autre entre mon pouce et mon index, alternant aux grès de mes envies. Les sensations sont hallucinantes, je ne peux résister à le prendre en bouche et à le stimuler de la langue. Les gémissements de ma compagne m’indiquent son degrés de satisfaction ce qui augmente mon plaisir.
Ma soif réclame plus. Je veux m’abreuver à la source du plaisir de mon amour. Je descends donc le long de ses magnifique abdominaux parfaitement dessiné jusqu’à son mignon nombril, dernière étape avant le saint graal. Je sens alors la main de ma douce sur ma joue et son redressement. Elle me quémande, d’une petite voix :-« Ensemble. »
Je fronce le sourcil d’interrogation, comment connaît-elle cela, alors que c’est censé être sa première fois ?
Elle est très mal à l’aise, ce qui m’inquiète en plus, je redoute un secret qui me ferait mal, elle me confit alors dans un murmure :-« De peur d’être godiche, j’ai été sur internet me renseigner comment deux femmes pouvait s’aimer. »
Soulagé, un immense sourire aux lèvres, j’accepte sa proposition et m’allonge sur le dos, étant la plus lourde. Cet intermède n’a eu aucune incidence sur mon désir. En face du trésor de ma chérie, l’envie est à son comble. Sans concertation, notre premier baisé sur ce puits d’amour est parfaitement synchrone, nos gémissement aussi. Le plaisir ressenti, associé à celui de donner, provoque en moi des sommets de bonheur, encore jamais atteint pour moi. La source du plaisir de mon aimé déclenche en moi une irrépressible soif, mais la position ne me permet de l'étancher donc je me replis sur la recherche et la dégustation de son bouton d'amour. Que c'est bon. Surtout qu'elle a eu la même idée, m'envoyant loin dans le ciel, très très proche de la jouissance.
Ayant surement consulté les mêmes sites sur internet, nos doigts plongent ensemble à la recherche de notre point G. Je l'atteins la première, le doublement du volume sonore de ma moitié me le confirme. J'entreprends de le stimulé tout en continuant de me délecter de son clitoris. Mais je suis rapidement interrompu par une lame de fond de plaisir qui m'envahit quand mon alter ego le localise. Je lutte pour continuer l'action de mon majeur, vocalisant de concert avec ma dulcinée. Je n'ai jamais vécue de moment d'aussi intense bonheur physique. J'en savoure chaque instant. Trop rapidement, à mon goût, je me sens progressivement submerger par un tsunami de sensation merveilleuse. Comprenant l'imminence de l'apothéose, je redouble d'intensité pour qu'elle l'ait en même temps que moi. À peine quelques dizaines de secondes après, parfaitement en phase l'une avec l'autre, nous atteignons le septième ciel ensemble dans un même cri. Cet orgasme dévastateur m'emmène là ou je ne suis jamais allée avant. Je connais depuis près de deux mois le bonheur du cœur avec Anne et maintenant encore grâce à elle, je connais aussi celui physique.

Chapitre
Me réveiller au côté d'Anne sans être dans un lit d'hôpital est un indicible bonheur. Si on ajoute à cela qu'hier, nous nous sommes endormies nues et enlacées, sortir des bras de Morphée n'a jamais été plus agréable. Doucement les derniers vestiges du sommeil me fuient poussé par de merveilleuses sensations sur ma peau due à nos mouvements du petit matin. Ils multiplient les contacts sur mon corps et amplifient le plaisir de sentir ma douce contre moi.  Le désir de gouter à nouveau ma moitié s’empare de moi, cela me sort définitivement de ma douce torpeur, fait monter en flèche ma température et liquéfie mon bas ventre. Il me faut rapidement fuir le lit, si je ne veux pas succomber à l'appel de mes sens alors que ma douce est endormie. Ne connaissant pas sa façon de réagir, je préfère m'abstenir de la réveiller par des caresses coquines et totalement déplacées pour éviter de faire un impair. Je tente, alors, de battre en retraite. Au moment où je réussis à me dégager de la délicieuse étreinte de ma moitié, cette dernière ouvre les yeux et d'une voix encore endormie me demande ce que je fais. Ne voulant pas passer pour une obsédée, je lui dis qu'une envie pressante m'a réveillé. Je ne mens pas après tout. Elle me dit de revenir vite car elle veut que je lui remontre la chorégraphie d'hier car elle craint de ne pas avoir tout compris.
Je fais alors demi-tour submerger par mes hormones, laissant libre court à ma passion et oubliant totalement tout romantisme. Assouvir mes pulsions devient ma priorité. Maintenant que ma douce ma implicitement expliquée qu'elle aussi est dans la même disposition d'esprit, je me jette sur elle en lui disant que c'est justement l'envie d'un nouveau pas de deux avec elle qui me sortit du pays des songes. En précisant que je l'envisage cette fois ci plus bestiale.
Un sourire coquin accueille ma révélation et elle m'embrasse voracement. Je considère cela comme l’ultime acceptation et je me déchaîne.
Autant hier, c'était notre première fois, notre déclaration d'amour physique, en quelque sorte, tout en douceur et tendresse, autant là c'est l'assouvissement de nos désirs pendant deux mois refoulé, c'est le moment où nous nous libérons de toute notre frustration, sans retenue ni culpabilité. Bien sûr nous sommes encore novices mais d'un commun accord nous nous explorons, nous nous  goutons, nous nous touchons, nous jouissons et donnons du plaisir, sans tabous ni timidité.
Je crois que si à dix-huit heures nos mère ne nous avait pas appelé en même temps, inquiète de n’avoir pas de nouvelle, nous aurions alterné sieste et bagatelle pendant encore longtemps.
Nos téléphones raccrochés, nous découvrons alors l’étendu de notre faim.
Comme deux gamines nous sortons du lit et courrons à la cuisine pour attraper, avant l’autre, le dernier cookie au chocolat. Chatouille et bisous sont utilisés comme arme de déstabilisation mais plus grande, j’arrive, d’un bras à la bloquer contre moi pendant que de l’autre j’attrape l’objet de notre convoitise.
Nues au milieu de la cuisine, dans les bras l’une de l’autre,  j’embouche le cookie, laissant une moitié hors ne ma bouche que je présente devant les lèvres de ma boudeuse mais si adorable Anne. Elle ne se fait pas prier pour s‘en délecter dans un baisé tout chocolat.
Notre désir un temps comblé,  le gâteau rapidement avalé, nous nous embrassons pour montrer à l’autre l’incommensurable amour que nous lui portons.
C’est sûr un petit nuage, les yeux amplis d’étoiles que nous mettons fin à ce divin moment. Après avoir englouti les brownies, ma douce propose de nous doucher l’une après l’autre, pour avoir une chance de pouvoir nous laver en moins d’une heure. Ensuite son idée est de faire une petite balade en ville avant d’aller à la crêperie du coin de la rue pour terminer sur le port.
Je trouve la proposition excellente.

FIN
Nous sommes maintenant Anne et moi un couple de cœur et de corps notre vie est je l’espère ensemble et pour toujours.
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